‹ Annales des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 164 sur 232 · DE PApparetl mammaire des Kangourous, par M. Morcax · texte numérisé non relu

DE PApparetl mammaire des Kangourous, par M. Morcax

{ Mém. de La Soc. linn. de Londres.)

L'auteur expose d’abord, dans ce Mémoire, les observations anatomiques et physiologiques qu'il a faites sur la bourse d’un jeune kangourous encore à l’état vierge. Il a remarqué qu’à cette époque de la vie, ét même toutes les fois que la bourse ne renferme pas de petits, sa surface interne est lubréfiée par un liquide visqueux, de couleur brune rougeñtre , mais que cette sécrétion cesse plus ou moins complètement durant l’allaitement. Avant la fécondation, on ne voit pas comme plus tard, quatre tétines au fond de la bourse ; les deux supérieures sont les seules développées, etau-dessous de chacune d’elle se trouve une petite ouverture circulaire ayant l’aspect d’un follicule et occupant la place où existeront plus tard les tétines de la paire inférieure. Immédiatement derrière ces ouvertures sont situées les quatre glandes mammaires ; de chaque côté on en trouve une très-petite et une fort grande; la première, située au dessous de la seconde, communique , à l’aide de canaux excréteurs, avec la tétine déjà développée. L’autre glande ne présente pas à cette époque de la vie des conduits analogues; mais chacune des ouvertures déjà indiquées communique avec un canal membraneux de forme cylindrique, qui pénètre profondément dans la sub- Stance de ces glandes , et quise termine par une papille arrondie et faisant saillie dans son intérieur.

Laressemblance frappante quiexiste entre cette papille et l'extrémité des tétines inférieures chez l’animal adulte a porté M. Morgan à penser

que cese organes se forment par ja

rétroversion complète du canal logé dans la substance de la glande, et en effet il est parvenu, par la compression seulement, à opérer la sortie de ces papilles et à produire artificicllement des tétires inférieures, exactement semblables à celles qui se développent pendant la gestation et persistent toujours après l’allaitement.

Dans la seconde partie de ce Mé-

| moire M. Morgan s'occupe de l’ana- 8 P

tomie, de la bourse et des organes mammaires du kangourous adulte mort pendant l’aillaitement. Il a constaté que le pannicule charnu, recouvrant la face antérieure de l’abdomen est extrêmement épais et

f composé principalement de fibres

longitudinales qui, en se portant du thorax vers le bassin, constituent une espèce de sphincter autour de l’ouverture de la bourse; enfin un faisceau assez considérable de ces fibres musculaires passe sur la symphyse du pubis pour se fixer au sphincter du cloaque; en sorte que par leur contraction l’ouverture du vagin est portée avec force vers celle de la bourse; phénomène dont M. Geoffroy avait déjà fait sentir la nécessité pour le transport du fœtus dans l'embouchure de cette dernière cavité.

Après avoir enlevé le pannicule charnu , on découvre une espèce de ceinture également charnue, formée par deux muscles triangulaires fixés à la partie postérieure du bassin et à la ligne blanche. C’est entre les deux couches dont ces muscles se composent que sont logées les glandes mammaires; et, lorsqu'ils se contractent, ces organes sont pressés

contre les paroïs de l'abdomen, qui | animale. Ce travail a des rapports

sont fortifiées en cet endroit par les os marsupiaux. Il résulte de cette disposition, que lafemelle peutpousser le lait vers la bouche des petits qui , pendant les premiers temps de lallaitement, ne paraïssent pas organisés de manière à pouvoir s’en emparér par succion. La sortie du liquide est favorisée aussi par l’existence d’une gaine musculaire qui entoure le canal excréteur dans toute sa longueur; enfin il parait que c’est principalement, sinon uniquenient, dans les glandes inférieures que la sécrétion du laït $’opère.

L'auteur décrit ensuite avec soin les divers muscles et ligamens en “rapport avec les os marsupiaux, et relève plusieurs erreurs commises à ce sujet par sir E. Home; puis ilindique les usages de chacune de cès parties. Enfin il donne une description complète de tout cet appareil curieux, et dans cette païtie de son travail, ainsi que dans celui dont nous avons rendu compte il a enrichi la science de plusieurs faits nouveaux , et en a confirmé d’autres observés avant lui par M. Geoffroy Saint-Hilaire. Ce Mémoire est accompagné de sept planches exécutées avec tout le soin désirable:

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