Fœtus anencéphale
M. Gcoffroy Saint-Hilaire présente un fœtus anéncéphale, chez lèquel ôn a, pour la première fois, conservé l’excroissance spongieuse en laquelle se convertit l’encéphale.
M. Géoffroy Saint-Hilaire donne des éloges à M. le directeur Fauché, médecin accoucheur, auquel il doit la communication du monstre en question conservé dans toute son intégrité. « Cet habile praticien, dit-1l, s’est parfaitement montré au courant des besoins de la science, en attachant un aussi grand prix qu’il l’a fait à me remettre, sans la moindre mutilation , l’enfant anencéphale que je mets aujourd'hui sous les yeux de l’académie.
Jusqu'ici, en effet, des monstres anencéphales, qui étaient venus à la connaïssance de M. Geoffroy, aucun ne lui avait été remis. com-
let. « On prenait, dit-il, la peine is les parer par un lavage, et ils ne m’arrivaient que trop bien nettoyés de ce qu’on appelait une excroissance molle, sanguinolente et spongieuse, laquelle, sans consistance, se brisait facilement et tombait en lambeaux. » Cette excroissance, qu'on enlevait comme un objet sans importance , ‘était pourtant ce qui restait du cerveau, et
son oblation privait le naturaliste | philosophe de notions qu'il lui importait de connaître.
La gêne qui résultait, dés l’abord, pour les deux frères, de leur union ventre à ventre , tête contre tête et bouche contre bouche, les a naturellement portés à prendre une position oblique, qui met les différentes parties de leur Corps dans un rapport moins im-
274, — Monstruosité humaine trèsremarquable (les Sramors).
M. Nils, médecin, adresse des
détails, fournis par le directeur Danem de Boston, sur deux jeunes gens de dix-huit ans, réunis par l’ombilic, qui viennent d'arriver à Boston, du royaume de Siam. Ces jeunes gens devaient partir sous peu pour l’Europe.
— M. Geoffroy Saint-Hilaire fait, en son nom et au nom de M.Serres, un rapport sur ces deux frères attachés ventre à ventre ; présentement âgés «de dix-huit ans, transportés de Siam aux Etats-Unis, et
qui doivent arriver incessamment
en France.
L'honorable Académicien commence par se livrer: à des considérations théoriques sur le genre de monstruosité dont cesideux frères
offrent un exemple si curieux. Il
rappelle plusieurs faits d'organisation tout-à-fait semblables ; mais, dans aucun de ces précédens, les individus, attachés l’un à l’autre, n'étaient parvenus adulte. |
Puis il entre dans quelques détails sur les particularités relatives aux jeunes gens monstrueux dont il est question. Ces détails sont fournis par le docteur Waren, qui les a observés avec le plus grand soin, et qui a consigné ses observatiôns dans un rapport fait à la demande du capitaine de vaisseau (M. Cosson ) qui les a conduits de Siam à Boston.
Les deux frères, par la couleur de leur peau et les traits de leur visage , appartiennent évidemment à la race chinoise ; leur front est moins large et plus élevé qu'on ne le remarque ordinairement, leur taille au-dessous de l'ordinaire. La ressemblance des deux frères serait frappante au premier aperçu; mais, en les observant de près, on remarque en eux des différences très-
marquées.
jusqu’à l’âge
médiat. La masse charnue, qui les unit depuis la poitrine jusqu’au
nombril, s'est naturellement prêtée aux tractions exercées sur elle depuis l'enfance, et une sorte d’arti- Culation en est résultée, au point d'insertion de -cette masse avec le cartilage commun, par lequel elle tient aux deux poitrines. La distance des deux poitrines est seulement de: deux pouces; maïs, à Ja partie inférieure , la masse charnue, qui unit les deux frères, s’élargit à une longueur de 4 pouces sur uné largeur de 5.
Les deux frères courent et sautent avec une activité surprenante ; en général leurs mouvemens s’exécutent avec un ensemble qui porterait facilement à penser qu'ils sont mus par une seule volonté ; il n’én est rien pouitant, et l'habitude seule leur a acquis cette harmonie de mouvemens et cette simultanéité d'actions qui frappe au pere aspect, mais qui n'empêche pas que chacun d’eux n’ait sa volonté à part, et que, quelquefois même, ces volontés ne se trouvent en contradiction.
Les ‘deux jumeaux monstrueux se montrent très-intelligens ; ils ont appris facilement lé jeu des dames, et y ont acquis, en peu de temps, une certaine force.
Ils causent volontiers avec tout lè monde, mais on a remarqué qu'ils nese parlent jamais entre eux.
M. Waren est convaincu que ce que l’un éprouve l’autre le ressent également. Suivant lui, ils sont portés en même temps au sommeil, ils mangent tout autant l’un que l’autre, et remplissent toutes les autres fonctions au même moment.
Si, quand ils sont endormis, on
‘vient à toucher l’un d'eux, tous
deux se réveillent.
Les pulsations du cœur sont annoncées aussi comme étant simul-
(WaB1)
tanées chez les deux individus. M. | présentées, le lendemain, au Mu-
Waren dit s’en être soigneusement assuré par l'état du pouls; il a compté 75 battemens par minute, surtout deux en même temps, et sur chacun d’eux séparément, La fatigue de chacun accélère le pouls des deux frères; enfin, leur respiration a paru également simultanée a M. Waren.
MM. les commissaires attendent, pour se prononcer relativement aux faits allégués par M. Waren, l'arrivée, à Paris, des deux jumeaux monstrueux ; qui ne peut tarder.
Cependant leur arrivée, quelque peu éloignée qu'elle soit, sera pré:
cédée d’un autre monstre; plus cu-
rieux peut-être encore. Nous vou- :
lons parler de ces deux jeunes filles, Ritta et Christina, nées, en mars dernier, à Sossary, en, Sardaigne. 5h
MM. les commissaires concluent à ce qu'il soit voté des remerciniens à M. le drecteur Wils, pour avoir donné à l’Académie communication des. importantes observations de sôn ami, M. le directeur Waren.
Séance du 26 octobre.
273.— Arrivée à Paris d’un monstre humain. bicéphale, KRirra- CHRISTINA.
M. Geoffroy Saint-Hilaire annonce la nouvelle intéressante de l’ârrivée à Paris des deux jeunes filles monstrueuses, nées à Sassari,
en Sardaigne, au commencement |
du mois de mars dernier.
Ces deux jeunes filles vivantes, âgées de six mois, sont doubles supérieurement, et simples quand aux perties inférieures. À l’ombilic elles offrent le singulier exemple de deux êtres très-réguliers, placés sur un même bassin, et portés sur deux jambes. Elles ont été considérées comme deux êtres séparés, et baptisés sous les noms de Ritta et de Ghristina. Arrivées à Paris, le lundi, 16 octobre, elles ont été
séum d'histoire naturelle,
276,— Pie res tombées de l'aimosphère aux Etats-Unis.
M. Warden communique une note sur deux chftes d'Aërolithes, qui ont eu lieu aux Etats-Unis, le 44 août dernier, dans le New-Jersey, près de Déal.
‘ La surface des pierres en ques-
tion est noire, unie et irrégulière ; leur intérieur, d’un gris clair et parsemé de grains métalliques." La chute de ces pierres fut précédée, vers minuit, d’un météore lumineux, qui s’éleva d'abord comme une baguette d'artifice, décrivit ensuite une courbe, et éclata. Il yeut douze à treize explosions, accompagnées de scintilations qui ressemblaient àdes décharges de mousqueterie. *
277. — Rapport sur un Mémoire relatif à la formation des monta- STLES
M. Brongniart, rapporteur, fait, en son nom et au nom de MM. Brochant et Beudant , un rapport sur un Mémoiré de M. Elie de Beau-
montintitulé : Recherches sur quel-
ques-unes des révolutions de la sur-
Jace du globe. (Voyez ce Mémoire,
imprimé dans les Numéros de septembre, novembre et décembre des Annales.)