‹ Annales des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 29 sur 232 · PT · texte numérisé non relu

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tures ont vomi, les unes du sable gris jaunâtre très-fin, micacé , qui est le même que celui du bord de la mer à Alicante , sans aucun mélange de parties métalliques ; d'antres ont jeté également en grande abondance une fange noire et liquide , quelques-unes de l’eau de mer, des coquillages et des herbes marines. [Il n’existe pas de sources minérales sur le terrain en question ; les sources sulfureuses d’Archena et d’Alhama en sont éloignées de 7 à 8 lieues , et les tremblemens de terre n’ont produit aucun effet sur elles, non plus que sur le cours de la rivière Segura.

Le sol qui doit être considéré comme le foyer de ces tremblemens de terre est de deux formations différentes. Sur la rive gauche de la Segura , c’est un terrain d’alluvion qui se compose d'une couche de terre végétale de 4 à 5 pieds d'épaisseur, au-dessous de laquelle on rencontre d’abord une couche d’argile molle, et plus bas une couche de sable qui a été rejetée en grande quantité par les petites ouvertures que j’ai décrites.

« La rive droite de la Segura est un terrain ancien, composé de petites collines gypseuses et calcaires. Il est à remarquer que les secousses ont été plus multipliées et de plus de durée sur cette rive droite que sur la gauche. »

Ainsi l’on voit que d’après ces renseignemens donnés par M. Cassas , il n'est nullement question de cratère et de produits évidemment volcaniques, comme les journaux l'avaient annoncé.

Raprorr sur un Mémoire de M. Roulin , ayant pour objet la découverte d'une nouvelle espèce de Tapir dans l’Amérique du sud, fait à l’Académie royale des Sciences.

Par M. le baron Cuvier (1).

(Séance du 13 avril 1829.) Nous avons été chargés, M. Duméril et moi, de rendre

(x) Le Mémoire de M. Roulin, qui est accompagné de plusieurs planches , paraîtra incessamment dans ce recueil. ë

compte à l'académie d'un Mémoire qui lui a été pré- senté par M. le docteur Roulin, et qui a pour objet

l’histoire naturelle du Tapir, et particulièrement celle d’une nouvelle espèce de ce genre que l’auteur a découverte dans les hautes régions de la Cordilière des Andes.

On sait que jusqu'à ces derniers temps une seule espèce de Tapir avait été connue des naturalistes, et même qu’on la connaissait si mal, que le véritable nombre de ses dents ainsi que leur arrangement n’a été indiqué pour la première fois que par notre confrère M. Geoffroy Saint-Hilaire , et n’a été représenté, ainsi que toute son ostéologie, que dans les recherches de l’un de nous sur les ossemens fossiles.

On croyait néanmoins encore le genre du Tapir propre au nouveau continent, lorsqu'une seconde espèce plus remarquable que celle d'Amérique , découverte à Sumatra et dans la presqu'ile de Malaca, fut décrite et envoyée en Europe, par MM. Duvaucel et Diard ; son ostéologie assez différente de celle du Tapir d'Amérique a paru aussi dans l’ouvrage que nous venons de citer.

À ces deux espèces M. le docteur Roulin en ajoute une troisième, parfaitement distincte des deux autres et qui est même très-intéressante en ce qu’elle se rapproche un peu, du moins par sa tête, des formes des Paléothériums.

L’Auteur avait déjà soupçonné son existence d’après les passages d’Oviedo, et de quelques autres anciens auteurs Espagnols qui attribuent au Tapir un poil épais et noirâtre, Caractère qui ne convient point au Tapir des plaines, lequel est presque nu. À la vérité, on pouvait croire que, transporté dans les hautes montagnes, son poil comme celui de tant d’autres animaux ÿ aurait pris de l'épaisseur et de la force; mais M. Roulin ne conserva pas long-temps cette idée, lorsqu'il vit que ce Tapir des plaines ne s'élève pas au-dessus d’une certaine hauteur, et qu'après en avoir perdu pendant long-temps les traces, si marquées par sa piste, par ses fumées et surtont par les sentiers qu'il pratique dans les broussailles , il revit des animaux de ce genre vers les sommets des montagnes.

I! eut enfin le plaisir de voir deux individus de cette

espèce tués dans le Paramo de Summa-paz à une journée

de Bogota ; et, n'ayant pu en faire l'acquisition en entier, il en prit une figure et en obtint du moins la tête et Les pieds qu la rapportés a Paris.

La tête difière déjà à l’extérieur de celle du Tapir commun par la forme générale ; ; son occiput n'est pas saillant; sa nuque est onde et n’a point cette crête charnue si remarquable dans l espèce ordinaire ; tout le corps est couvert d'un poil très- “épais d’un brins noiratre plus foncé à la pointe qu’à la racine; sur la croupe , on voit de chaque côté uue place nue large comme deux ne la paume de la main, et au-dessus FA la division des doigts une raie blanche dégarnie de poil. Le menton a une UE blanche qui se Prolonge vers la bouche et revient jusqu’à la moitié de la lèvre supérieure.

Mais les caractères distinctifs les plus frappans de cette espèce ne se voient bien que dans son squelette. Les arêtes temporales sont beaucoup plus basses, et ne se rapprochent pas pour former, comme dans le Tapir commun , une crête unique et élevée, le bord inférieur de sa mâchoire est beaucoup plus droit les os du nez sont plus forts, plus allongés et plus saillans ; sous ces divers rapports ce Tapir des Andes ressemble dayantages à celui de Sumatra, et toutefois indépendamment de La couleur il en diffère par moins de hauteur proportionnelle de la tête.

La tête du Fapir des Andes, ainsi que celle du Fapir oriental, ressemble plus que célle du Tapir ordinaire au PS ériom. Cette dernière, quant à l’ensemble, diffère principalement des Tapirs par un crâne plus allongé et par des màchoires plus courtes, surtout dans cette Sen e dénuée de dents que l’on nomme les barres et qui a lieu comme on sait dans ces deux genres aussi bien que dans celui des chevaux.

Les Paléothériums , les Lophiodons, les Tapirs, les Chevaux forment sous ce rapport comme sous beaucoup d’autres , quatre genres très-voisins et en quelque sorte une petite famille dans l’ordre des Pachydermes.

Que l’on ne pense point toutefois qu'il y ait le moindre sujet de soupçonner une métamorphose de ce genre antédiluvien des Paléothériums dans les Tapirs de notre monde actuel. Les mâchelières des uns et des autres ne

se ressemblent point, etles différences en sont mème trèsfortes ; beaucoup d’autres détails de leur ostéologie en offrent de non moins grandes, et les Tapirs ont au pied un doigt de plus que les Paléothériums|: or il n’y a dans toute |” store des animaux, aucun fait reconnu d où l’on puisse induire que des éncenths quelconques de régions d'air et de température ayent produit des variations sensibles dans les formes des dents , le type le plus profond peut-être, que la nature ait imprimé à ses ouvrages.

Sans doute en se transportant en imagination dans des temps et des espaces dont personne n’aura jamais d'idées positives, on peut tirer de prémisses vagues etarbitraires, : des conclusions qui ne le seront pas moins; mais sortis de ces généralités sur lesquelles le raisonnement n’a point de prise, dire nettement et en indiquant les espèces , tel animal du monde actuel descend en ligne directe de tel animal antédiluvien et le prouver par des faits ou par des inductions légitimes , voilà ce qu'il faudrait. pouvoir faire et ce que, dans l’état actuel de nos connaissances, personne n'oserail seulement essayer.

Au reste, M. Foulin ne propose pas les hypothèses dont nous parlons et ce n'est que par l'analogie du sujet que nous avons été conduits à en dire quelques mots ; mais il ne laisse pas que d’éclaircir un fait qui à rapport à l’histoire des animaux antédiluviens, et qui avait même fait avancer par quelques auteurs, qu'un genre de ces animaux, celui des Mastodontes existe probablement encore dans les hautes vallées des Cordilières. I] règne en eflet parmi quelques-unes des peuplades de l'Amérique l’opinion que les forêts de ces contrées nourrissent un grand animal connu sous le nom de Pinchaque qu ils redoutent , et que les uns égalent au cheval , mais dont la taille est indiquée par d’autres comme beaucoup supérieure ; on avait même prétendu en trouver des vestiges tout près de Bogota et l’on y apporta des fumées et la mesure de ses impressions , On y Joignit même des x poils

ui étaient demeurés attachés aux buissons; mais M. Roulin d après l'examen le plus suivi, monire que, dans tout cela il n’est rien qui ne puisse se rapporter, soit à la nouvelle espèce de Tapir, soit à l’Ours des Cordi-

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lières. C’est ainsi, dit-il, qu'un grand nombre de faits vrais en eux-mêmes venant à se grouper autour d’un premier fait grossi par la frayeur, ont dû confirmer les Indiens dans leur croyance à un être tel que le Pinchaque; ils auraient pu même douer cet animal d’une force prodigieuse , ou en raconter des choses assez extraordinaires sans s'écarter en rien de la vérité. Le Tapir des plaines lui-même est si vigoureux , qu'il rompt d’un premier effort les lacets avec lesquels les chasseurs espagnols arrêtent les taureaux sauvages les plus furieux.

Au reste, le Pinchaque n'est pas le seul être fabuleux qui ait tiré son origine des récits exagérés faits sur des animaux du genre des Tapirs. Les Chinois ont dans leurs livres un quadrupède qu'ils appellent Hé, et dont la figure est évidemment celle d'un Tapir avec la livrée du jeune âge, et seulement avec une trompe exagérée pour la longueur, et ils lui attribuent des propriétés merveillenses. Par exemple, ses os résistent au fer et au feu; il dévore les serpens, il ronge le cuivre ei le fer. Tout cela encore peat avoir quelque fondement dans la véritable histoire de l'animal.

© Le vrai Tapir brise et avale du bois ; dans sa nature un peu brute, il saisit avec ses dents toute sorte de corps, etc. Il n’en a pas fallu davantage pour faire dire que le Mé ronge le fer; mais, selon M. Roulin, c’est aussi à lui que doivent se rapporter des fables bien plus anciennes et bien plus célebres.

Des hommes peu instruits voyant le Mé ou le Tapir oriental de loin et dans l’état de repos , lorsque sa courte trompe infléchit son extrémité au devant de sa bouche, ont pu croire cet animal armé d’un bec erochu assez semblable à celui de l'aigle, tandis que ses pieds, divisés en doigts arrondis, ont dü leur offrir quelque rapport avec ceux du lion quand il tient ses ongles retirées ; et de là , selon notre auteur, sera née la fable du Griffon. En effet, quand le Tapir est assis et au repos, il rappelle assez les figures qu’on donne du Griffon, les ailes exceptées, mais les ailes mêmes paraissent être une addition postérieure, et, comme le fait remarquer notre auteur, Hérodote n’en parle point encore dans sa des-

Grxz )

cription de cet animal mythologique. Ces idées sont ingénieuses , et pourront être appréciées ultérieurement par les savans qui s'occupent de l'antiquité. Quant aux naturalistes, M. Role fournit assez de faits nouveaux et certains pour mériter dès à présent leur reconnaissance. Il fait connaître tout ce qui a pu être observé des mœurs et des habitudes de son animal. Il entre dans des détails curieux sur la nomenclature des Tapirs en général dans les différentes contrées de l'Amérique où ils habitent, et sur les erreurs dont elle a été l’objet de la part des écrivains ; il nous apprend que le nom d’Ænta ou de Danta qu’on lui donne dans beaucoup d'ouvrages , est un mot espagnol qui s'entend gé-" nériquemeni de tous les animaux dont la peau peut se préparer comme celle du Buflle, et fournir des vêtemens d’une certaine épaisseur ; el à ce sujet 1l nous donnedes éclaircissemens pleins d'intérêt sur la manière dont les Espagnols et les Portugais , lors de leurs premiers pro-w grès sur le continent de l'Amérique méridionale, ont transporté les noms des animaux d'Europe à des espèces toutes nouvelles pour eux, sans trop s'inquiéter des rapports réels de ces espèces avec celles auxquelles une ressemblance superficielle les faisait comparer. (| Les naturalistes pourront tirer paru de cetie portüon de son Mémoire pour lhistoire de plusieurs animaux autres que le Tapir. î . En un mot on reconnait partout, dans le travail de ce savant voyageur, un esprit aussi actif qu'éclairé, et nous pensons que le Mémoire qui a l'avantage si rare d’avoirk ajouté au catalogue des animaux un grand quadrupèdem appartenant à un genre qui pendant long-temps n’avait compté qu’une seule espèce, et qui de plus dissipe lesw nuages que des faits mal vus avaient jetés sur un point important de géologie, mérite toute l'approbation de l’A: cadémie et d’être imprimé parmi ceux des sayans étrangers.

Signé Duméril, le baron Cuvier, rapporteur

Norice sur le genre Hedychium de la famille des Musacées ( Balisiers et Pananiers ) ;

Par Th. Lesrisoupois,

Docteur en médecine; Professeur de botanique à Lille.

Dans un Mémoire sur les familles des Balisiers et des Bananiers, je fis avec soin la description du Canna indica; et, malgré ses anomalies étonnantes sous plus d’un rapport, je parvins à retrouver le type régulier et le nombre ternaire propre aux monocotylédones dans sa fleur, dont on n’avait pas même donné une description matériellement exacte.

« Dans le Canna (PI. 5), disais-je, je trouve trois divisions extérieures distinctes jusqu’au sommet de l’ovaire (fig. ret2, B), et trois intérieures réunies (fig. x et2, CCC), toutes de même nature : voilà le calice à six divisions. Que, s’il répugne de voir un calice à trois divisions extérieures distinctes , tandis que les intérieures sont réunies , on n'a qu à se rappeler que l’ovaire étant infère , les divisions sont toutes réunies à la base, et que dans les éphémères, où il est à six divisions jusqu’à la base, les trois extérieures sont caliciformes et libres, les trois intérieures, d’une tout autre nature, sont pétaloïdes et ont Îles onglets souvent réunis. Or, dans le Canna, les divisions étant toutes réunies et d’une structure semblable , on doit, à plus forte raison, les considérer comme constituant une seule enveloppe florale.

« Mais il reste intérieurement quatre divisions pétaloïdes , trois dressées (fig. 1, DD et D’) et une révo-

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