‹ Annales des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 9 sur 232 · Cmionecron EFFusuM ( N · texte numérisé non relu

Cmionecron EFFusuM ( N

C. Thallo (crusta) albo-subniveo, molliusculo, lineolis atris verruciferis peragrato ; Apotheciis (tubercalis ) elongato deformibus, approximatis, molliusculis, subcotoneis, albissimis; ostiolis multis, sub

rotundis.

Fée, Æssai sur les Cryptogames des Ecorces exot.

officin., p. 63, tab. XVII, fig. IV.

Hapirar in America meridionali (regno novo granatensi) supra cortices Cinchonæ cordifoliæ, Mutis (Quinquima Lima , Gallor.)

Icon. , tab. 3, fig. 2. Magnitudine naturali B. Fragmen-

Lum auctum.

Le thalle de cette belle cryptogame est illimité et comme voilé, dans un grand nombre d’individus, par la prodigieuse quantité d'individus dont il est recouvert : il envahit des espaces considérables sur les écorces du Quinquina , connu dans les pharmacies françaises sous le nom de Quinquina de Lima. Les rameaux qui en sont chargés sont fragiles, et tout semble annoncer qu’ils étaient languissans, quand ils ont été récoltés. Les échantillons de cette plante , conservé dans notre collection, et ils sont nombreux, offrent tous des lignes noires , variables dans leur largeur et remarquables par les points verruciformes dont ils sont bordés. Ces lignes, tantôt transversales et tantôt dirigées en biais, ne sont pas, à proprement parler , de vraies limites , car le lichen s’étend bien au-delà et toujours l’endroit où il se termine manque de bordure. Cette circonstance rapproche cette espèee du Chiodecton myrticola. Plusieurs autres lichens présentent un thalle parcouru par des lignes ordinairement noirâtres ; nous pensons qu’on peut expliquer ce phénomène par Le développement simultané de plusieurs thalles d’une même plante sur une même écorce. Les thalles s’accroissent , se touchent et se génent réciproquement. Il arrive alors que le point de contact recoit une plus grande quantité de parties organiques , la vitalité se modifie, s’augmente même, et il résulte de ce changement que les parties en contact doivent différer des parties éloignées , c’est presque une nouvelle plante qui a recu naissance, et l’on ne doit plus s'étonner de voir s'élever des verrues, des tubercules , etc., sur cette bordure, non plus que de la voir se colorer en noir, en brun, etc.

Les äpothécies sont en fort grand nombre et constituent quelquefois la plante entière. Il n’est pas toujours facile d’en déterminer les formes ; ils s'élèvent peu au-dessus de leur support ; leur consistance est fragile, leur aspect cotonneux. Ce sont tantôt des groupes considérables formés

-par la confluence d’un certain nombre d’âpothécies, tantôt des masses indistinctes marquées d’enfoncemens diversemeut dirigés, tantôt enfin quelques apothécies isolés, aplatis, peu réguliers et ne portant qu’un petit nombre d’ostioles ; il arrive aussi que ces organes carpomorphes sont allongés et présentent des extrémités élargies ou lobées. Les thala -

. mium affectent une disposition linéaire ; ils sont distincts où conf uens, et se terminent en un ostiole noirâtre de forme carrée ou arrondie.

Le périthécium est épais, il entoure les thalamium qu’il ceint d’une large bordure ; les ostioles sont assez souvent voilés par le périthé cium; ils sont alors indiqués par une éminence d’une apparence nacrée , lors-

que la plante est humectée.

Le Ghiodecton effus diflère de lui-même par un thalle parcouru par

un plus ou moins grand nombre de lignes noirâtres, montrant ou ne montrant pas les petites verrues dont nous avons parlé ; par des apothécies variables dans leur nombre, leur forme, le nombre des os-

tioles , etc.

‘Cette charmante plante n’est pas rare sur le Quinquina de Lima {Cin-

chonæ cordifoliæ Mutis). Elle envahit dans des espaces presque indéterminés l’épiderme de cette écorce; peu de cryptogames vivent dans son voisinage ; il n’en est point. non plus qui paraïssent se plaire plus particulièrement sur les Quinquinas qui nous ont montré ce Chiodecton,

espèce distincte et fort remarquable.

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