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LA VEUVE VUE TUEUR UL VE VU UE UV LUU VE U UV LEVEL LULU ELU

ANATOMIE TRANSCENDANTE. — Quatrième Mémoire.

Loi de symétrie et de conjugaison du système sAnguUIn ;

Par M. SERRES.

$ XH.

Du système sanguin primitif il faut arriver au système sanguin permanent des animaux. Pour concevoir comment l’un dérive de l’autre, nous devons suivre attentivement la nature dans ses transformations, et dégager notre esprit, s’il est possible, des formes organiques que nous sommes accoutumés à regarder comme les types apatomiques.

Ainsi l'aorte nous rappelle, chez tous les vertébrés, le plus grand des vaisseaux sanguins, situé sur l’axe du tronc; elle est, au système sanguin, ce que la colonne vertébrale est au système osseux , et la moelle épinière au système nerveux de relation. Nous en voyons partir

XXI, — Septembre 1530. I

CS

toutes les artères chez les animaux adultes, nous suivons la colonne sanguine se divisant à chacune de ses radiations, et parcourant sa marche Jusqu'au dernier ramuscule en suivant une impulsion manifeste du cenire à la circonférence. Partant de là, et appliquant au jeune embryon ces notions positives et incontestables : de Fanimal parfait, nous disons : Toutes les artères naissent de l'aorte , et le système sanguin se développe de dedans en dehors.

‘Mais, pour que la conclusion füt rigoureuse, il faudrait que les deux termes de comparaison fussent semblables. Or, un embryon est-il semblable à l'adulte de son espèce? L’embryvon humain est-il la répétition de Fhomme parfait? Qui de nous ignore qu'ils ne se ressemblent complètement par aucune de leurs parties ? Qui ne sait que tous les organes sont d’abord différens de ce qu'ils doivent devenir? Qui ne voit par conséquent que les règles déduites de Panimal adulte ne sauraient être applicables à l'embryon ? Autres sont les organes, autres sont aussi les lois d'après lesquelles ils se gouvernent.

il ne faut que parcourir la série de recherches entreprises pour éclairer les formations organiques, pour se convaincre que l’état d’imperfection de cette partie de la science tient à l'application trop constante de ce principe vicieux, tandis que les résultats posiüfs’et les progrès récens de l’organogénie tiennent évidemment à l’application du principe opposé. L'animal parfait ne peut expliquer le développement de l'embryon; ce sont , au contraire, les transformations successives de l'embryon,

qui peuvent et doivent nous rendre raison de l'animat

parfait, DS

Un coup-d’œil rapide sur ce que sont et ce que doivent devenir l’aorte et le cœur, rendra évidente la vérité de cette proposition. Il n’y a pas d’abord d’aorte sur le milieu du tronc de l'embryon, comme il n’existe pas de cœur à la place qu’il viendra occuper plus tard. Au lieu d’un vaisseau unique qui, chez tous les vertébrés , constitue cette artère principale, on le voit remplacé par plusieurs troncs isolés les uns des autres, et placés à distance loin du centre où bientôt ils doivent se rendre. Pour l'aorte, la série des transformations sera donc de convertir en un gros tronc et en tronc unique des vaisseaux multiples et moins volumineux. La multiplicité sera ramenée à l'unité par ses diverses métamorphoses. Or ce sera l'inverse pour le cœur. Aussitôt que les lames disjointes qui en constituent ses premiers rudimensseront ramenées au point de contact, elles formeront un canal unique ; ce cœur unique devra devenir multiple ; Punité devra produire la multiplicité ; ce devra être et ce sera le résultat définitif des transformations de cet organe. Voilà donc des actions diverses, des résultats opposés , produits dans le même moment sur des organes qui, chez les animaux parfaits, constituent un seul et même appareil , et doivent exécuter une seule et mème fonction, la circulation du sang.

Cet antagonisme dans les premières transformations de l’aorte et du cœur, ne sera pas la seule dificulté qui se présentera pour ramener à des lois simples et uniformes leur formation respective. La position et l’évolution de leurs divers élémens , viendront encore apporter leur part d’obscurité dans la solution du problème. Car, tandis que Îles aortes multiples seront placées hors du

tronc, où leur place est assignée, et où les conduirunt leurs métamorphoses , le cœur, quand il est unique, occupe la sienne, puis il la quitte en se développant et quand il devient multiple; puis il la reprend enfin quand sa formation est accomplie. Ces allées et ces venues du cœur sont sans doute très-singulières : aussi verronsnous aller délaisser son développement centrifuge , et recourir à d'autres hypothèses pour en trouver l’explication.

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