‹ Annales des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 2 sur 78 · XII · texte numérisé non relu

XII

Formation de l'aorte ; formation des artères centrales uniques , telles que la basitaire et la spinale antérieure.

Nos idées anciennes sur le développement des animaux nous portant à penser que l’aorte devait se trouver chez le jeune embryon à la place qu’elle occupe chez l'animal parfait, ce fut là que d’abord je m'’occupai à la rechercher. Ne la rencontrant jamais dans les premières formations, l’idée qu’elle pouvait ne point exister ne s’offrit pas à ma pensée; on avait dit si positivement que la transparence des organes nous dérobe les premiers développemens, que long-temps je m'en tins à cette espèce de fin de non-recevoir, qui a été si commode à nos prédécesseurs. Enfin je m’aperçus que cette manière d'éluder la question ne la résolvait pas, et comme dans l’anatomie transcendante ces questions doivent être résolues d’une manière ou d’une autre, je re décidai encore à tout voir et tout suivre par moimême.

Je fus encore porté à cet examen par uné raison qui,

ànotre insu , exerce sur l'esprit une puissante influence ; dans le développement centrifuge , l’aorte devrait toujours occuper sa place accoutumée , Haller le dit positivement ; il la place en dessous des artères ombilicales après qu'elles ont pénétré dans le champ transparent; c’est le lieu où je l'ai long-temps cherchée, et où jamais je ne lai vue; je la cherchais néanmoins avec d’autant plus de soin que j'étais préoccupé de l’idée qu'il en était du système sanguin comme du système nerveux. Or on sait que j’ai montré que la moelle épinière se forme dans le lieu même qu'elle occupe toujours. On sait aussi que, plus tard, les nerfs viennent successivement s'implanter sur cet axe nerveux du tronc. L’aorte étant au système artériel ce que la moelle épinière est au système nerveux, j'étais conduit à croire que ces deux parties devaient être soumises au même mode de développement; que l'aorte devait se former en place pour recevoir les artères, comme la moelle épinière reçoit les nerfs. C’est cette préoccupation qui long-temps me tint dans l’erreur, et me faisait méconnaître le mécanisme véritable de la formation de l'aorte.

Nous en avons déjà dit un mot en parlant de la terminaison de la figure veineuse.

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