LONGICORNES
Cette famille, presque aussi nombreuse en espèces que les Curculionites et les Chrysomélines, renferme les plus grands Coléoptères connus , après le genre Scarabœus. Leurs habitudes sont assez variées , et ne correspondent pas aux divisions de tribus qu’on y a établies. Je suivrai , pour les genres , les coupes nombreuses créées par MM. Lepelletier de Saint-Fargeau et A. Serville, qui se sont spécialement occupés de ces insectes ; el, comme leur travail estencore inédit , je rapporierai tous ces genres à ceux du Catalogue de M. le comte
Dejean, lorsque cela sera possible.
CODE ) Parandra ( Lat.). — Ces insectes ressemblent, sous
le rapport des habitudes , à ceux de la famille précé-
dente. On les trouve toujours sous les écorces humides, et Jamais sur les feuilles, ni à l'extérieur des arbres. On les voit voler fréquemment à l’entrée dé la nuit. Les deux espèces suivantes, P. glabrata etmaxillosa , Dej., commencent à paraître au milieu de février, et sont assez communes au Brésil. Je n’en ai pas trouvé d’autres.
Macrodontia ( Lepel. et Serv. ), Prionus (Fab.) — L'espèce unique qui constitue ce genre, et qui est l’un des plus grands insectes connus , M. cervicornis , Fab. , sans être bien rare au Brésil, ne s’y rencontre pas fréquemment. On le trouve ordinairement dans les plantations , sous les écorces ou au pied des arbres. Il ne fait usage de ses ailes que le soir et rarement; son vol est lourd, bruyant, peu élevé au-dessus de terre et de courte durée. Il ne produit aucun son par le frottement de son corcelet contre le pédicule de l’abdomen. Il commence à paraître en janvier.
Ctenoscelis (Lepel. et Serv.), Prionus (Fab.). — Ce genre ne renferme également qu'une espèce , le C. scabricollis, Dej., qui atteint presque la taille du précédent. Je l’ai trouvé assez communément sous les écorces, et quelquefois courant à terre le long des chemins dans les bois, ou volant à l'entrée de la nuit. Il produit un bruit assez fort en frottant ses pattes postérieures contre le bord des élytres. Je n'ai jamais trouvé que des femelles , et le mâle m'est inconnu. Suivant M. le comte Dejean , qui possède les deux sexes dans sa collection, ils différeraient beaucoup entre eux.
Mallodon ( Lepel. et Serv.), Prionus (Fab.). — On
connaît déjà plusieurs espèces de ce genre , mais jen = ai jamais trouvé qu'une, M. spinibarbis (P. melanopus, Fab.-Dej., Cat.), qui se trouve communément au Brésil , à Buénos- Ayres et dans tout le Tucuman, jusqu'au pied des Andes. Il vit dans les trous profonds que sa larve creuse dans l’intérieur des arbres et sous leurs écorces. Jamais il ne fréquente les feuilles ni ne vole de jour. Il ne produit également aucun bruit.
Anacanthus (Lepel. et Serv.), Prionus (Fab.). — Ce genre a été établi sur un insecte du Brésil connu depuis peu de temps, À. costatus , Dupont. Il est très-rare aux environs de Rio-Janeiro ; mais je l’ai trouvé assez communément sous les écorces, dans certaines localités de l’intérieur. C’est un insecte lourd, à marche lente, vu la petitesse relative de ses pattes , et je ne l'ai jamais rencontré volant. Il ne produit aucun bruit.
Orthosoma (Dej.), Prionus (Fab. ). — L’unique espèce que j'ai trouvée , O. badia, Dej., N. Sp., vit sous les écorces comme les précédens, et n’est pas rare dans l’intérieur du Brésil. Elle vole rarement , et ne produit aucun bruit.
Pækilosoma (Lepel. et Serv.), Prionus (Fab. ). — Ce genre s’éloigne beaucoup des précédens par la forme, les couleurs variées et brillantes des espèces qui le composent, et par ses habitudes. On ne le trouve que sur les feuilles , les troncs d'arbres, ou volant pendant le jour dans les bois. Des quatre espèces que j'ai trouvées, deux, P. 4-punctata et versicolor, Dej., sont communes aux environs de Rio-Janeiro; une autre, ?. rufipennis, Dupont , l’est un peu moins ; et la dernière, P. 4-ma-
culata , Dej., N. Sp. , paraît rare. Je l’ai trouvée dans
(173) T'intérieur. Ces insectes ne produisent aucun bruit, et paraissent au milieu de janvier.
Allocerus (Lepel. et Serv.), Prionus (Fab. ). — La belle et unique espèce qui compose ce genre, 4. Spenci, Kirby, est rare, et vit sous les écorces. J’en ai trouvé des débris dans la province de Montevideo. Elle ne pro-
duit aucun bruit.
Ceroctenus ( Dej.). — C. abdominalis , De. ; il est assez commun à Rio-Janeiro, sur les feuilles, et on le trouve volant pendant la grande chaleur du jour. Il ne produit aucun bruit.
Megaderus (Dej.), Callidium (Fab.). — Ce genre ne comprend encore qu'une espèce, M. stigma, Fab., commune aux environs de Rio-Janeiro, sur Îles feuilles. Elle se distingue de tous ses congénères par l’odeur forte et désagréable qu'elle exhale , et qui ne ressemble à aucune de celles des autres Coléoptères. Elle vole bien et fréquemment, et ue produit aucun bruit.
Hamathicherus (Meg.). — On les trouve, comme leurs congénères d'Europe , sur les feuilles ou volant dans les bois le soir. [ls produisent le même bruit avec leur corcelet. Je n’en aï trouvé que deux espèces, A. militaris, Dej., du Brésil, et Lacordaire , ejusd., N. Sp. , de Buénos-Ayres.
M. le comte Dejean a rapporté à ce genre un très - bel insecte que J'ai recucilli à Cordoba, dans le Tucuman, et que je présume vivre comme les précédens, A. Atropos , mihi.
Criodion (Lepel. ei Serv.) et Xestia , des mêmes. — C. erythropus Dej., cylindricolle, ejusd. N. Sp. ;
( 174 ) X. confusa , Dej., du Brésil. Mèmes habitudes que les Hamaticherus.
Chlorida (Lepel. et Serv.), Stenocorus (Fab.). — On en trouve communément deux espèces au Brésil, C. festiva et costata , Dej. ; elles vivent sur les feuilles, le tronc des arbres, et quelquefois sous leur écorce. Il n’est pas rare de les rencontrer pendant le jour, volant dans les bois. Elles produisent un son très-aigu avec le corcelet.
Dorcacerus (Dej.). — On n’en connaît qu'une espèce, D. barbatus , OI. , qui se trouve communément depuis le Brésil jusqu'à Corrientes. Elle vit sur les feuilles et les troncs d'arbres, et vole fréquemment pendant le jour. Elle produit un son aigu avec le corcelet.
Cerambyx ( Lin.). — Toutes les espèces de ce genre, tel qu’il est établi maintenant depuis qu'on en a retiré une grande partie des espèces que Fabricius et Olivier y avaient comprises, se distinguent par l'odeur de rose qu’elles répandent comme le C. moschatus de nos pays. Celle du Brésil, chez qui elle est la plus forte, est le C. phyllopus , Dej., qui est assez rare. On le sent à une grande distance dans les bois, où il vit sur les feuilles avec les suivans : C. sericeus , vittatus, Fab., equesiris, Dej., qui sont assez communs.
On en trouve une espèce à Buénos-Ayres, C. lœtus, Dej., N. Sp. , qui est odorante comme les précédens.
Orthostoma (1.epel. et Serv.). — Je n’en ai rapporté qu'une espèce , À. abdominalis , Schœnherr, qui vit sur les feuilles , et qu’on trouve également volant pendant le jour. Elle produit un son aigu avec le corcelet.
Cosnius ( Lepel. et Serv.), Callichroma (Lat.). — Toutes les espèces de ce genre, remarquables par le faisceau de poils qu’elles ont aux antennes, se trouvent sur les feuilles , les troncs des arbres contre lesquels elles grimpent avec rapidité, et volant pendant le jour dans les bois. Elles produisent un son aigu avec le corcelet. J'ai rapporté du Brésil les suivantes : C. scapulicornis , Kirby , lursuticornis, ejusd. (Callichroma plunucornis , Dej., Cat.), dimidiatus, insignis, jucundus , De]. , N. Sp.
On en trouve communément trois espèces à Buénos- Ayres , C. equestris, aulicus , spinosus , Dej., N. Sp.
Compsocerus (Lepel. et Serv.), Callichroma (Lat.). — C. barbicornis (Saperda plumigera, Oliv.) du Brésil ; mêmes habitudes que les Cosnius. On le trouve aussi à Montevideo.
Ropalophora (Lepel. et Serv.). — À. sanguinicollis, Dej., marginicollis, ejusd., N. Sp.; mœurs des précédens.
Trichophorus (Lepel. et Serv.), Stenocorus (Fab.). — Ce genre ne contient encore qu’une espèce , 7°. albomaculatus , Dej. Je l'ai trouvée plusieurs fois à Buénos- Ayres, sur le tronc des arbres contre lesquels elle se tient collée, les antennes repliées sur le des, ou volant le soir. Elle produit un bruit aigu avec le corcelet.
Lophonocerus (Lepel. et Serv.), Caïlichroma (Lat.). — L'espèce qui a servi de type au genre, L. hirticornis, Kirby (Callichroma histrio, Dej., Cat.), se trouve communément au Brésil, et quelquefois en réunions assez nombreuses sous les écorces d’arbres. Sa démarche est
assez lourde, et elle fait rarement usage de ses ailes.
(5508) Üne autre, ZL. strigonus, Dej., N. Sp., est plus agile que la précédente , et vole plus fréquemment. On la trouve ordinairement grimpant contre les troncs d'arbres. Toutes deux produisent un bruit aïgu avec le corcelet.
Trachyderes (Schœnherr.). — Les espèces de ce genre sont médiocrement nombreuses, maïs elles multiplient beaucoup, et ce sont celles qui se trouvent toujours en plus grande quantité dans les collections qui viennent de Cayenne et du Brésil. Toutes vivent sur les troncs d'arbres et s’y tiennent collées, les antennes ramenées sur le dos. Quand on veut les saisir, elles s’enfuient avec assez de rapidité, et quelquefois se laissent tomber. Je les ai aussi vues souvent rassemblées en grand nombre autour des plaies d'arbres , occupées à boire la liqueur qui en découlait. On ne les trouve jamais sur les feuilles ni sur les plantes. Îls volent ordinairement le soir, et quelquefois pendant le jour. Fous produisent un bruit aïgu avec le corcelet.
La plupart des espèces se trouvent depuis la Guyane jusqu’à Buénos-Ayres. De ce nombre sont les 7°. striatus, thoracicus, Fab. On en trouve aussi communément une autre espèce dans le dernier de ces pays ; 7°. vicinus, Dej. , N. Sp. Les suivans sont du Brésil, et tous communs; 7’. rufipes , Fabr., scapularis , notatus , Dej.
Chrysoprasis (Lepel. et Serv.), Callidium (Fab.). — Jolis insectes qu'on trouve ordinairement sur les feuilles, les troncs d'arbres, ou volant pendant le jour dans les plantations. Ils produisent un bruit aigu avec le corcelet. Mallosoma ( Lepel. et Serv.), Callidium (Fab.). — M. elegans, Dej.; mœurs des hrysoprasis.
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Trachelium (Lepel. et Serv.), 7. signatum , Dej., N. Sp. — Habitudes des précédens.
ÆEburia (Lepel. et Serv.), Stenocorus (Fab.). — Les grandes espèces, à corps presque cylindrique, vivent sous les écorces, et même dans l’intérieur des arbres vermoulus, Æ. 4-maculata, Fab., distinguenda , morosa, Dej., N. Sp. Les autres, à corps plus aplati, élytres moins dures que les précédens , et cuisses armées à leur extrémité de fortes épines , vivent sur les feuilles, et s’y tiennent collées, les antennes ramenées sur le dos. Quand on veut les toucñer, elles s’échappent avec rapidité et se laissent tomber à terre : Æ. sex-maculata, Fab. , Lacordairei, similis, Dej., N. Sp. Toutes produisent ur: son aigu avec le corcelet.
Mallocera ( Lepel. et Serv.). — L'espèce unique que j'ai recueillie, M. glauca , Dej., vit sur le tronc des arbres et les feuilles , et produit un son aigu avec le corcelet.
Sienocorus (Fab.). — Ces insectes ont les mêmes habitudes que les Eburia. S. circumflexus, Fab. (Cette espèce présente de nombreuses variétés.), oblütus, spretus , cinerascens , Lacordairei, Dej., N. Sp. , du Brésil ; T°. tucumanus , ejusd., N. Sp., du Tucuman.
Callidium (Fab.). — Mèmes mœurs que leurs congénères d'Europe. C. strepens, Fab. (Cette espèce se trouve aussi en Espagne.), 4-pustulatum , silaceum , Dej., N. Sp., du Brésil ; undulatum, festivum , ejusd. , N. Sp., de Buénos-Ayres. L’avant-dernier se trouve aussi dans le Tucuman.
Clytus (Fab.). — Le Brésil possède un assez grand nombre d'espèces de ce genre, qui toutes vivent sur le