ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE ANIMALES
M. Geoffroy Saint-Hilaire a consigné des vues générales applicables à toutes les sciences naturelles, mais plus spécialement la physiologie, dans un Mémoire qu’il
(1) Voyez les Annales des Sciences naturelles, t. XNIT, p.5, et Plioreg 3:
a intitulé : Fragmens sur la Nature, et qu’il a publié dans l'Encyclopédie moderne de M. Courtin. La nature, selon lui, se compose des faits et des actions de ce qui existe; ce n’est qu'une manière abrégée d'exprimer les êtres et leurs phénomènes. On en a partagé la science en sciences particulières ; mais aujourd’hui c’est à la nouon des faits simples et primitifs qu’il faut s'élever pour entrer dans les voies de la philosophie générale ; et, à ce sujet, l’auteur essaie d'expliquer les principes de cette doctrine, qui a eu pendant quelque temps de la vogue en Allemagne, sous le nom de philosophie de la nature , et que, selon lui, on à mal comprise et mal rendue en France. En Allemagne, dit-il, on n’est point arrêté par l'insuffisance des observations ; la subtilité de la pensée y supplée, et crée de certaines suppositions employées de suite, comme si elles continuaient la chaîne des faits. Dans la manière de voir des philosophes dont il s’agit, la simple observation n'est pas d’une efficacité suflisante pour porter sur la science absolue ; plus les récherches sont approfondies, et plus on arrive seulement et exclusivement sur la surface des choses : c’est ainsi, du moins, que M. Geoffroy s'exprime en leur nom. Le grand siècle de la philosophie , ajoute-t-1l, fut en partie redevable de ses succès à ses plus audacieux penseurs ; nous sommes dans des temps analogues : à de mêmes causes de semblables effets. El y aurait pour les philosophes de Îa nature, en dehors de l’univers matériel, un autre univers se composant des atomes des fluides impondérables ; mais iei M. Geoffroy répugne à dire ce mot, parce que, suivani lui, ce qui ne pèse pas n'est
point et ne saurait constituer une existence dans le monde