‹ Annales des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 40 sur 78 · ST · texte numérisé non relu

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physique. Il se défend aussi d’une trop grande similitude que l’on aurait cru voir entre son principe de lunité de composition et la philosophie de la nature. L’unité de composition, loin d’une conception & priori, qui ne reposerait encore sur rien de bien étudié et d’accompli, devenue au contraire le sujet de méditations et de recherches & posteriori incessamment suivies, luisemble constituer un fait parvenu à un tel degré de démonstration et d’évidence, qu’il doit entrer en ligne avec le principe de la gravitation universelle, et s'enregistrer parmi le petit nombre des déductions et des richesses intellectuelles qui composent aujourd’hui le trésor de l’esprit humain. Le reste du Mémoire est employé à réfuter quelques objections faites contre cette théorie , età expliquer ce qu’il pouvait y rester d’obseur. Nous aurons , l’année prochaine ; une autre occasion de revenir sur ce sujet important.

M. Flourens a fait des expériences importantes, concernant l’action du froid sur les animaux (1).

Le même auteur a fait des expériences sur la régénération des os, dans lesquelles il s’est proposé de déter-

miner jusqu'où s’étend cette faculté, et si elle est la mème pour lous Îles os (2).

On connait l’opinion de Le Gallois , qui place dans la

moelle épinière le siége du principe des mouvemens du cœur.

(x) Voy. Ann. des Sc. nat. ,t. XVIIT, p. 62, ( xx. (2) Voy. Ann. des Sc. nat., t. XX, p. 169.

M. Flourens, qui a déjà fait voir en 1823 , par des expériences nombreuses, que, dans les animaux qui vien nent à peine de naître, la circulation survit un certain temps à la destruction de la moelle épinière, et que, dans les animaux adultes eux-mêmes, ia circulation survit à cette destruction, pourvu que l’on supplée à propos la respiration par l’insufllation, en conclut que c’est surtout parce que la moelle épinière concourt à la respira-

tion qu’elle concourt à la circulation (x).

La question agitée depuis si long-temps , et si importante pour la physiologie , de savoir s’il se fait une absorption par les veines , el une autre intimement liée à celle-là , celle des communications plus ou moins multipliées qui peuvent avoir Heu entre les veines et les vaisseaux lymphatiques, continuent d'occuper les anatomistes.

On sait que Harvey, Haller , Meckel, Flandrin , et beaucoup d’autres, ont considéré les veines comme douées de la faculté d’absorber.

Dès 1813 nous avons rendu compte d'expériences dans lesquelles MM. Magendie et Delille disséquaient une partie, une jambe, par exemple, ne lui laissant que des artères et des veines pour moyen de communication avec le corps , et où, appliquant à cette partie quelque substance active , ils en voyaient promptement l’effet se manifester dans le corps même. Les veines . selon eux, pouvaient seules l’y avoir porté, puisque tout autre moyen de communication avait été détruit. En 1820 ,

(x) Voy. Ann. des Sc. nat. , 1, XVII, p. 277.

nous avons parlé d’un Mémoire où M. Magendie , développant davantage sa théorie, chercha à faire considérer l'attraction capillaire des parois des vaisseaux comme la cause la plus probable de l’absorption. Des expériences de M. Segalas, de M, Fodera , dont nous avons aussi donné l'analyse, ont paru confirmer les idées de M. Magendie.

Néanmoins, ceux qui voulaient réserver toute labsorption aux lymphatiques, rappelèrent les anciennes “observations d’un grand nombre d'anatomistes du dixseptième et du dix-huitième siècle, d’après lesquels le canal thoracique ne serait pas la seule communication du système lymphatique avec le système veineux , mais où il paraissait que plusieurs veines situées dans beaucoup d’endroits du corps reçoivent immédiatement des branches de vaisseaux lymphatiques. Ils firent aussi ressouvenir d’une observation de Meckel le père, qui, en 1772, avait vu passer le mercure des vaisseaux Îymphatiques dans une veine qui l'avait reçu dans une glande conglobée , et d’une autre semblable de son fils, publiée par Lindner, en 17937.

Les argumens de Haller, et surtout les immenses travaux de Mascagri , semblaient à la vérité avoir renversé l’idée de toute communication directe ; et, quant à celle qui peut avoir lieu au travers du tissu des glandes , elle avait presque été mise en oubli; mais M. Fohman, aujourd’hui professeur à Leyde , reprit de nouveau tout ce sujet. Il publia en 1821 une dissertation où il établit que , dans les Mammifères , les vaisseaux lymphatiques communiquent avec les branches de la veine porte dans

les glandes du mésentère, et avec les branches de la

veine cave dans les autres glandes conglobées ; où il assura même que bien des glandes conglobées n'ont que des veines pour émissaires ; où il dit enfin que dans les oiseaux , classe qui n’a de glandes conglobées qu’au bas du cou, cette communication se fait d’une manière directe en plusieurs points du système veineux , et surtout au bassin.

MM. Lauth et Ehrman, de Sirasbourg, confirmèrent en 1823 et 1824 les expériences de M. Fohman sur tous les points , et M. Lauth a même présenté, en 1824, à l’Académie une description et des figures des lymphatiques des oiseaux doni nous avons parlé dans le temps, et où il fait ressortir leurs communications directes avec le système veineux (1).

L'année suivante (1825), M. Lippi, de Florence, élève de Mascagni , alla plus loin. Dans un ouvrage publié à Florence, il prétendit rétablir dans les Mammifères les communications directes des lymphatiques avec les veines, et dessina plusieurs troncs des premiers, débouchant immédiatement dans de grosses branches des autres , et même dans le tronc de la veine cave. Les commissaires de l’Académie chargés de répéter les observations se convainquirent qu en beaucoup de cas c’étaient de petites veines que M. Lippi avait prises pour des vaisseaux lymphatiques; maïs, dans les injecuüons qui furent faites à cette occasion , on vit plus d’une fois ie mercure , entré dans une glande par les lymphatiques afférens , en sortir par des veines aussi-bien que par des lymphatiques efférens. C'était revenir simplement à ce

(x) Voyez Ann. des Sc. nat., t. LL, p. 385, et PL. 21, 22, 23, 24 et 25,

que les deux Meckel avaient déjà vu, et à ce qui avait été mieux établi par M. Fohman.

Cependant un autre élève de Mascagni, M. Antomarchi, demeuré plus attaché à la doctrine de son maître, a prétendu, dans un Mémoire présenté cette année (1829), que cette sortie par les veines n’a lieu que lorsque le mercure a rompu les vaisseaux et s’est épanché dans le tissu de la glande, et qu’elle n'arrive jamais lorsque l’on ménage assez la pression pour que le mercure puisse passer lentement des Iymphatiques afférens dans les efférens, sans rompre ni les uns ni les autres. Il a fait en effet des expériences dans lesquelles le mercure est passé au travers de tout le système lymphatique i et Jusque dans le canal thoracique. fi a représenté que, dans l'embryon, la continuité des lymphatiques entre eux est manifeste , parce que le tissu cellulaire de la glande ne la masque point encore ; que dans les oïseaux, oùuiln’y a que des plexus au lieu de glandes, cette continuité se voit encore mieux , mais que ni dans les uns ni dans les autres des veines ne s’y abouchent: ce qui lui paraît confirmer l'indépendance du système lymphatique.

L'Académie a chargé sa commission de faire de nouvelles expériences qui puissent enfin éclaircir la question , si toutefois la chose est possible, dans ce labyrinihe délicat de vaisseaux de tous genres qui composent presque tout le tissu des glandes conglobées.

M. le baron Portal , qui a toujours admis des commurnications des Ilymphatiques avec les veines autres que le canal thoracique , a rappelé dans une note les observations favorables à sa manière de voir, faites par Nuck, par Mertrud , et surtout par Lieutaud , qui a vu le canal

thoracique obstrué par des concrétions imperméables à

FT

(- 250: à tout liquide, dans des sujets très-gras, qui devaient

avoir reçu leur nourriture par d’autres voies.

Les variétés-de structure de l’organe de l’ouïe dans les poissons , et les rapports si divers qui rattachent cet organe à la vessie natatoire , en font un des objets Îles plus curieux d’anaicmie comparée, qui prend même quelque intérêt de plus des hypothèses plus ou moins bizarres auxquelles il a donné lieu.

M. Breschet, qui s’en occupe depuis long-temps, a présenté à l’Académie un Mémoire où il l’examine dans trois genres de poissons fort éloignés (1).

La formation des êtres organisés a passé de tout temps pour le plus grand mystère de la nature matérielle ; l’excessive difficulté de concevoir comment , ainsi que le voulaient les anciens , tant de parties diverses et compliquées se composeraient par le rapprochement de leurs élémens , se grouperaient dans l’ordre constant que l’on observe , s’agenceraient les unes avec les autres, de manière à concourir sur-le-champ à une action simultanée, qui ne doit plus cesser qu’à la mort, a jeté un grand nombre de philosophes modernes dans une supposition tout-à-fait contraire , et qui n’est peut-être guère moins effrayanie pour l’imagination , celle des germes préexistans, créés dès l’origine du monde, qui posséderaient déjà, en infiniment petit, tous les organes qu'ils doivent montrer à l’état adulte, et dans lesquels l'acte de la génération ne ferait qu'éveiller un mécanisme dont tous les ressorts étaient prêts à recevoir cette impulsion.

Il ne faut pas croire cependant que , dans l’opinion de

(1) Voyez Ann. des Sc. nat.,t. XXI, p. 105.

ces philosophes, ces germes auraient eu dès l’origine , en petit, précisément la même forme qu'ils devaient montrer à l’état adulte. Ils n’ignoraient pas qu’il y a une succession dans le développement des organes, et que cette succession continue même bien long-temps après la naissance ; les denis , les cornes dans les quadrüpèdes, les pieds dans les reptiles batraciens , la métamorphose totale ou partielle du plus grand nombre des insectes, en sont des exemples trop connus pour avoir besoin d’être rappelés, et il était facile de concevoir que, dès avant la naïssance, des métamorphoses pareilles, ou plutôt des successions semblables dans le développément des parties, pouvaient avoir eu lieu. De même que, dans leur hypothèse, l'être tout entier demeure invisible avant la fécondation, plusieurs de ses organes et des parties de ces organes peuvent aussi demeurer tels après, et se montrer à des époques déterminées de son existence. Il n’en est pas moins très-intéressant de connaître dans quel ordre cette succéssion à lieu, et de remonter même, autant que nos moyens d'observation le permettent , jusqu'aux époques les plus rapprochées de la conception, jusqu'à ces temps où l'embryon n’a rien encore de Ja forme extérieure sous laquelle il doit paraître au jour, et où une grande partie de ses membres, et même de ses organes les plus essentiels échappent à la vue; où il ne semble encore qu'un globule gélatineux , qu'une vésicule, qu'une goutte à peine douée d’une configuration propre. Beaucoup de grands anatomistes se sont livrés à ces recherches , et l’on distingue surtout , dans ce nom-

bre |; Fabricius d'Aquapendente, Harvey, Malpighi, : Wolf, Haller, et plusieurs modernes qui ont principa=

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