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faite avec le plus grand soin ; car, ces aortes étant libres et flottantes en quelque sorte , un rien Îles déplace et les défigure. Tantôt les aortes paraissent brisées et disjointes les unes des autres (Malpighi, 1° Mémoire, figure 12, 1, IT); tantôt elles sont déjetées hors de l’axe du poulet (id. fig. 14, C, ©) ; d’autres fois elles sont déplacées et leur symétrie rompue ( id., 2° Mémoire, fig. 30, O, O; Pander, planche vr, fig. 1, €, À, A); d'autres fois elles paraissent comme des rayons d’un cercle dont le cœur formera le centre ( Pander, planche 1v, fig. 4). Ce sont, sans aucun doute, ces diverses apparences et une multitude d’autres (car elles varient à l'infini) qui les ont fait méconnaître , et qui rendent ce point de l’organogénie si difficile à bien constater (1).
Ilestun moyen cependant de se reconnaître au milieu de ces variations auxquelles la nature est étrangère, mais qu’il est difficile d'éviter à cause de la délicatesse des parties et de leur déplacement dans les préparations anatomiques. Ce moyen consisie à rétrograder dans l’incubation ; à observer d’abord le poulet à l’époque où les deux aortes sont en place ; puis à l’examiner à des heures moins avancées ; on les voit alors se décomposer et se réduire de proche en proche dans les élémens que nous venons de faire connaître. Ces deux procédés, que j'ai plusieurs fois mis en usage, ne m'ont laissé aucun doute sur la certitude du mécanisme que nous venons d’exposer.
(1) Maître Jean a aussi vu les deux aortes ; mais, par ses procédés , elles se trouvaient si déplacées, qu’il a pris l’une pour l’aorte ascendante, l’autre pour l’aorte descendante. Format. du poulet, p. 100, fig. 17.
Par ce premier temps de formation , quatre aortes se sont disposées de manière à ne plus en former que deux , une pour chaque moitié du poulet. Avant de passer outre et d'exposer comment à leur tour ces deux artères se réunissent pour n’en former qu'une seule, il ne sera pas inutile de nous arrêter un instant sur cet état transitoire du système sanguin central.