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Malgré la communication de mes dessins et.de imiës
observations, malgré celles de M. Achille Richard , que l’on vient de lire, M. Henri Cassini n’a pas cru devoit se rendre à l'évidence relativement à la fausse coléorhize des embryons des Raves et des Radis, puisque dernièrement encore il a reproduit son Mémoire, pour la troisième fois, et sans y rien changer, dans ses Opuscules phytologiques (x).
Je vais maintenant décrire toutes les évolutions que subit successivement l'embryon du Raphanus! sativus , depuis le premier instant de sa germination jusqu’à celui où le tubercule de la Rave ou du Radis est entièrement développé.
La graine ( PI. 5, fig. 1), de la grosseur d’un’grain de Millet, se compose d’une feuille ovulaire dont la lame reste soudée ( tégument.) et d’un embryon enveloppé et protégé par cette.petite feuille qui ne se dessoude ou me se déchire qu’au moment de la germination. La forme de
cette graine est aplatie où déprimée, oblique! convexe
peut étre assimilée à la partie que l’on nomme une coléorhize ,'et que, conséquemment, les oreillettes des Radis ne font point une éxception à la division primaire des végétaux en endorhizes et en exorhizes : cette division a bien assez de toutes celles qui sont déjà bien prouvées et de toutes celles que l'observation journalière apportera , soit d’embryons monocotylédons sans coléorhize , soit d'embryons dicotylédons qui en seront pourvus. Une écorce qui continue de croître avec la radicule , ou qui, en perdant cette faculté de bonne heure, abandonne une racine qui s’allonge , ne peut offrir un caractère d’assez grande huportance pour pouvoir servir à distinguer convenablement les groupes immenses de végétaux déjà désignés sous les noms de monocotylédons et de dico tylédons.
(1) TI, p. 380.
du côté qui correspond à la tigelle (1) de l'embryon , et obtusément anguleuse du côté opposé. À sa base se trouve la cicatricule du hile où'point par lequel la feuille ovulaireet l'embryon adhéraïentau végétal-mère. Non loin de cétte cicatricule et du côté convexe de la graine est situé le Micropyle, qui apparaît sous la forme d'une petite protubérance ét vers lequel aboutit intérieurement la partieinférieure de la tigelle de l'embryon. Lasurface dela feuille ovulairée est finement chagrinée, etsa-couleur est d’un fauve grisatre. | Dans l’intérieur de! la feuille ovulaire et protectrice est placé ce petit bourgeon terminal, ée corps propagateur de l'espèce, cette plaritule ou plante future que lon
(1) L’embryon végétai, tdut qu'il est contenu sous les enveloppes de la graine, est, rigoureusement parlant , un véritable bourgeon terminal, formé par une simple extension du tissu; cellulaire de la plantemère. Dans cet état, comme tout autre bourgeon , il n’a encore grandi que dans le sens ascendant. Rien jusque-là ne pouvant être considéré comme unévadicule où un système descendant, il faut nécessairement nommer tigelle la partie des embryonsiqui porte les protophylles et les autres petites feuilles de la gemmule, lorsque celle-ci est, assez développée pour en avoir.
Il faut , pour qu’il ÿ ait radicule ou développement opposé à celui de la tige ascendante, que l’embryon ait brisé ses enveloppes, ét qu'il ait subi un commencement de germination.
On a distingué dans les plantules , c’est-à-dire, dans les embryons germans , une partie que l’on a nommée tigelle. Cette dénomination inutile , puisque toûte la tige d’une jeune plante est nécessairement une tigelle, au lieu d'apporter de la facilité dans l'étude, y a au coutraire introduit la confusion. Les uns ont vu cette tigelle) dans le mérithalle primordial qui élève les protophylles épigés , en les éloïgnant du point médian , fig. 8, a ,b, c, tandis que d’autres ont désigné comme telle le mérithalle secondaire qui sépare les protophylles des feuilles qui leux
succèdent (fig. 17, g).
nomme un embryon dans les végétaux d'ordres supérieurs, |
Cet embryon, dans la composition duquel il n'y à encore aucune partie qui puisse être considérée comme une radicule, possède déjà tout ce qu’il y a d’essentiel dans Île système ascendant d’un végétal appendiculé tout développé, c’est-à-dire , une tige et des organes appendiculaires (feuilles). Il manque, comme ses analogues, les bourgeons et les bulbilles, du système descendant ou de racines; sa partie-principale consiste dans une tigelle qui a grandi au sein de la feuille ovulaire, en s’élevant et en s’éloignant du point par lequel l'embryon, en sa qualité de bourgeon terminal, a d’abord adhéré à la plante-mère dont il n’est, dans tous les cas, qu’une simple extension des tissus d’une mère qui précède.
Il faut remarquer que l'embryon du Raphanus sativus , en continuant de croître sous une feuille ovulaire qui a perdu la faculté de s'étendre, qui a cessé de vivre, qui s’est durcie ; que cet embryon, après avoir atteint le sommet de la cavité ovulaire, est forcé, dans sa végétation ou dans son accroissement , de retourner sur luimême et de prendre cette forme à laquelle le célèbre De Candolle a attaché la dénomination de cotylédons condupliqués , fig. 3, 4, et 6. Rien n’est plus aisé que de sentir qu'une telle conformation est entièrement due à l'emprisonneruent du jeune végétal , qui s’est en quelque sorte moulé sous la feuille ovulaire comme une racine développée dans l’intérieur d’un tube prend l’aspect d’une queue de renard.
Lorsque l’on met des graines du Raphanus salivus dans le cas de germer , ou, pour parler plus exactement,
lorsque l’on met les embryons de ces graines dans le cas de végéter ei de croître , en leur offrant chaleur et humidité convenables : ces embryons , en sortant de l’état de torpeur dans lequel ils étaient, en absorbant, en assimilant de nouvelles substances , se gonflent et forcent la feuille ovulaire à se fendre dans sa partie la plus faible, et à s’isoler pour toujours de la plantule, qui peut alors se passer de sa protection.
L’exirémité inférieure de la ugelle située, comme nous l’avons dit plus haut, tout près de l'ouverture du hile , profite de cette issue pour développer au dehors les premières évolutions d’une radicule dont l'existence ne commence jamais qu'au moment même de la germination.
Si on observe la germination d’un embryon au bout de sept à huit jours , fig. 7, on trouve la feuille ovulaire fendue , entr'ouverte par l'accroissement des deux protophylles (cotylédons ) qui en même temps ont verdi. Au-dessous de ces protophylles a végété une tige cylindrique dans laquelle on distingue déjà trois choses fort importantes à bien distinguer, savoir : un nœud renflé et “velu qui est le point médian ou point de départ dans deux sens opposés des systèmes terrestre et aérien de la plante future; une partie inférieure qui est la radicule propre, et enfin une troisième partie située entre l'insertion des protophylles et du point médian , qui est le commencement du mérithalle primordial du sysième ascendant de la plante ; mérithalle qui , en s’allongeant , doit exhausser les protophylles en les rendant épigés , et qui, en se gonflant et en se décortiquant , doit former les oreil-
lettes , et devenir plus tard le tubercule de la Rave et du Radis.
En continuant toujours de croître, fig. 8, l'embryon se dégage de la feuille ovulaire , le nœud médian a perd sa villosité, le mérithalle primordial 2 s’allonge, les deux protophylles c, opposés , à pétioles longs et hérissés en dedans de quelques poils, à lames vertes et échancrées en cœur au sommet d , semblent s'être éloignés du point médian. Dans leur centre est un bourgeon e dans lequel repose tout le reste du développement futur de la plante. Au-dessous du point médian , le système des racines g, en cheminant dans le sens opposé du système ascendant , a continué de faire des progrès.
Quelques jours après , la même plantule, fig. 9 , offre, dans le sens longitudinal de son mérithalle primordial b, une fente qui indique un commencement de décortication dans laquelle nous verrons plus tard la cause de la formation des deux oreillettes rubanées placées sous les protophylles et au sommet du tubercule des Raves et des Radis, fig. 12, 13,e,e,e.
Suivons les progrès de développement du mérithalle primordial dans les figures ro et 11, et tout ce qui ést relatif à la nature du tubercule et à la cause de la formation des oreillettes sera , j’espère, parfaitement expliqué. Si surtout on fait bien attention à l’état de la figure 11, on verra qu'en e e l'écorce isolée du tubercule f est sur le point de se rompre et d'isoler les deux oreillettes de la partie inférieure de l'écorce , laquelle se pourrit très-promptement.
La cause de cette excoriation est analogue à celle d'un grand nombre d’auires végétaux. L’écorce du mé-
(mu
rithalle primordial du système ascendant du Raphanus sativus, en perdant très-vite sa faculté de végéter et de s'étendre, estréduite à se déchirer par la végétation sousjécente qui continue de s’épaissir. Quant aux lambeaux d’écorces qui persistent (oreillettes) et qui constamment correspondent au point d’origine ou d’insertion des deux protophylles, comme l’a très -bien observé M. Henri Cassini, la cause de leur position est toute simple, elle est toute physique, les lois physiologiques n'ont rien à faire dans celte disposition, c’est un tube qui cèdé, dans sa partie la plus faible, à une force vitale d'extension intérieure. Les fentes longitudinales doivent nécessairement se faire entre l'insertion des deux protophylles, parce qu’en cette partie ily à absence des faisceaux de fibres qui se continuent dans les protophylles.
D’après tout ce qui a été dit et démontré, il ne peut y avoir de coléorhize dans lembryon du Raphanus sativus , puisque sa radicule, quand elle se développe, n’est jamais pourvue d’un étui et qu'elle s’allonge librement et avec son écorce , comme toutes les racines qui manquent de cet organe.
Il en résulte aussi que MM. Henri Cassini et De Candolle ont eu tort de prendre pour une coléorhize déchirée les deux oreïllettes rubanées qui se w'ouvent au sommet du tubercule des Raves et des Radis, puisque, comme l'observation le prouve, ces oreillettes sont le produit de l’excoriation particulière du premier article ou mérithalle primordial d'une tige montante et non d’une racine descendante.
Le fait qui a donné lieu au, Mémoire que l’on vient
de lire est d’une très- mini me importance; il ne peut
(312) guère s'appliquer qu’à lui-même. Si je me suis déterminé à le publier, c'est que les dessins en étaient faits depuis long-temps, qu'ils expliquaient et faisaient connaitre des organes qui se trouvent sous les yeux de tout le monde, et que, d’une autre part, ces organes, quelque peu intéressans qu'ils soient en eux-mêmes , ayant été mal
interprétés et publiés plusieurs fois par deux des meilleurs observateurs de notre époque, j'ai cru me rendre
tant soit peu utile en empêchant une erreur de se placer plus long-temps au rang des vérités de la science.
Les tubercules fusiforme et napiforme de la Rave et du Radis ne peuvent pas plus être compris parmi les racines que les tubercules de la Pomme-de-terre et du Topinambour , ou que toutes les autres espèces de tiges souterraines , à la surface desquelles le caractère distinctif et tranché , celui des nœuds-vitaux symétriquement disposés, se trouve. Seulement il faut bien observer que si les tubercules des Raves et des Radis n’offrent pas de nœuds-vitaux à leurs surfaces comme la Pommede-terre et le Topinambour , c’est qu'ils sont formés par l’épaississement d’un seul mérithalle ou article ascendant , fig. 8, b, limité par deux nœuds-vitaux , &@, c.
L’excoriation longitudinale du mérithalle primordial de la tige ascendante des Raves et des Radis se remarque aussi sur d’autres espèces de plantes à cotylédons épigés. Je l'ai observée dans la germination du Polygonum orientale, fig. 17, e.
EXPLICATION DE LA PLANCHE Ve.
Fig. 1. Graine de grosseur naturelle.
Fig. 2. Graine grossie. — 4, cicatricule ou point par lequel la graive
K 345 ) achérait à la plante-mère ; d, tigelle ( prétendue rædicule) apercevable sous la feuille ovalaire ( tégument ).
Fig: 3. Coupe horizontale d’une graine , dans le tégument de laquelle on voit que l'embryon est dépourvu de périsperme. — a; tigelle ; b,c, protophylles pliés et chevauchans.
Fig. 4. Embryon entier, dépouillé de son enveloppe protectrice et tégumentaire. — a , tigelle ; b , protophylles.
Fig. 5. Embryon vu de profil et du côté de la tigelle. — a, tigelle ; b, protophylles recourbés, faute d’espace , sur la tigelle.
Fig. 6. Embryou vu différemment. — a , partie inférieure de la tigelle , point par lequel la plantule ou embryon adhéraït à la plante-mère , et duquel ce petit bourgeon terminal s’est développé dans le seul sens d’ascension ; b, protophylles recourbés sous le tégument de la graine, faute d'espace suffisant à son développement.
Obs. Sans cette cause de captivité, cet embryon serait droit comme celui d’un Æmygdalus ou d’un Cucurbita.
Fig. 7. Graine commençant à germer. — a, légument, produit de la feuille ovulaire desséchée , s’entr’ouvrant forcément par le développement des protophyliles et de la gemmule ; #, protophylles ; c, point médian qui distingue les systèmes ascendant et descendant; d, radicule , ou partie descendante développée par l'acte de la germination, mas qui n'existait point lorsque l’embryon était contenu sous son enveloppe protectrice et tégumentaire; e, commencement de la tiselle qui plus tard donne lieu au développement du tubercule de la
Rave ou du Radis que nous mangeons.
Obs. Tous les embryons des graines, observés sous le tégument de la graine, n’offrent rien qui puisse être considéré comme une radicule : rien jusque-là n’a végété dans le sens descendant, Ce que l’ou à pris pour une radicule est une tigelle ascendante, et dont le bout inférieur est le point par lequel ce jeune végétal a teuu à sa mère, et duquel point tout l’embryon s’est développé progressivement de bas en haut , comme le fait un bourgeon ou uue bulbille.
Fig. 8. Germination plus avancée. — a, point médian, ou point de départ du système ascendant ou aérien , et du système descendant ou terrestre. Dans un grand nombre d’embryons germans, le point médian est, comme ici, renflé ; b , tigelle ascendante, provenue de
cette partie que l’on nomme improprement une radicule dans les em-
bryons contenus sous leurs tuniques ; cette tigelle, qu’il faut nommer le mérithalle primordial de la plante, daïit devenir, en se développant , la Rave ou le Radis; e, point d'attache des deux protophylles opposés et pétiolés ; d, partie laminée et verte des protophylles; e, gemmule, bourgeon terminal, ou futur système ascendant ; f, racine ou système descendant. Cette partie reste toujours menue , et forme cette queue de rat que l’on retranche des Raves, des Radis et des Navets.
Obs. Lorsque, dans la germination d’un embryon, les protophylies sont soulevés au-dessus de la surface du sol , au moyen du développement ascendant d’un mérithalle primordial, qu’ils prennent de la
grandeur, et qu'ils verdissent , on les dit épigés.
Fig. 9. La même germination un peu plus avancée. — a, point médian ; b, tigelle ou mérithalle primordial se gonflant pour devenir la Rave ou le Radis, et dont l’écorce commence à se déchirer Jlongitudinalement ; c, pétioles opposés des deux protophylles, dont on a coupé la