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2. Ainsi, daus un épanchement cérébral, ce n’est pas par son poids que cet épanchement agit, c’est-à-dire , détermine les effets qui lui sont propres; il agit par la compression qu'il éprouve de la part du crâne ou de la dure- mère qui le contiennent , et qu’il transmet au cerveau sur lequel il porte.
3. Le mécanisme de l’action de tout épanchement cérébral n’est donc qu'une pression transmise.
4. Pour mettre cette proposition dans tout son jour, il s’agit de montrer par des expériences:-directes 1° qu'un épanchement quelconque ne provoque Jamais par lui seul, ou sans lé concours de la pression du crâne ou de la dure-mère, les effets de la con du cerveau ; et 2° qu'il provoque ces effets, dès qu'à son poids s'ajoute cette pression , Soit de la part du crâne, soit de la part de la dure-mére.
5. On sent que le premier doi , dans toute expérience qui tend à déterminer ou à circonscrire les effets propres d’un épanchement , est denepas compliquer cet épanchement par une lésion ou blessure cérébrale. C’est ici le cas exactement inverse de celui de mes précédentes expériences où le premier poiat était, au contraire, de ne pas compliquer la /ésion ou blessure par un épanchement. En un mot, dans mes précédentes expériences , je cherchais à ne produire que des lésions sans épanchemens; j'ai cherché, dans celles-ci, à ne produire que des épanchemens sans lésions.
6. Mais, dans ces précédentes expériences dont je viens de parler, quelques précautions que je prisse pour éviter les épanchemens, je n’y réussissais pas toujours ; et voici ce que J'observais alors.
Ou le sang épanehé s’écoulait librement à l’ extérieur : et alors l’animal n’éprouvait d'autre effet que le ion affaiblissement qui résulte de toute perte de sang.
Ou l'ouverture du crâne se trouvant fermée , soit par un caïllot , soit par une croûte de sang desséché, le sang
s’épanchaït à l'intérieur ; et alors je voyais bientôt sur-
10007) venir tous les eflets de la compression du cerveau; je voyais ces effets subsister tant que la croûte ou le caïllot subsistaient ;' et, la croûte ou le caillot enlevés, je voyais ces effets disparaître.
bi Ainsi, dans tous ces cas où l’ épanchement, retenu par une croûte ou par un caillot, se faisait à l'intérieur, je voyais, au bout d’un certain temps, c'est-à-dire, après üné certaine quantité de sang épanché et refoulé sur le cerveau, l'animal tomber dans BÉSON RIRE et la léthargie ; sa tété se pencher, se baïsser, s'appuyer à ierré; ses yeux se férmer; sa respiration devenir bruyante, stertoreuse ; et puis , tout-à-coup , il relevait brusquement la tête, surtout si on le touchait, et il la secouait avec force (1). à
8. Dans quelques-uns dé ces cas, la croûte ou le caillot se maintenant dans leur position, lés effets de la compression ne tardaient pas à s’accroitre. À la stupeur se joignait bientôt le trouble des mouvemens ; enfin des convulsions violentes agitaient tout le corps ; et l'animal mourait au milieu de ces convulsions.
9. Dans quelques autres cas, au contraire, les secousses vives et répétées de la tête faisaient sauter le caillot ou la croûte; et aussitôt le sang jaïllissait au loin avec force; et à peine le sang avait-il jailli que l'animal, plongé dans la stupeur, se réveillait brusquement et comme en sursaut, et que le désordre des mouvemens et les convulsions cessaient.
Je remarquais que souvent ; au moment où il se ré
veillait, l'animal poussait un cri perçant ; et que’ pr esque
(1) Voyez mes Aecherches expérin: entales 5 prOphiCies et Les
fonctions du système nerveux, Paris,
toujours , il reprenait , avec une rapidité surprenante, dès que le sangavait jailli, ses mouvemens et ses facultés.
10. Sans doute que ces effets, vingt fois reproduits dans le cours de mes précédentes expériences , suffisaient pour me montrer el quel est le genre d’action des épanchemens , et quelles sont les conditions sous lesquelles cette action s'opère. Maïs, entraîné par le récit de ces expériences et de leurs résultats immédiats , je n'avais pu développer alors , avec le détail convenable , le mécanisme de cette action. J'ai donc cru qu'il ne serait pas inutile de revenir sur le développement de ce mécanisme, et d'en faire l’objet particulier de quelques nouvelles expériences.
“ Su.
1. Après avoir percé le crâne par un petit trou, sur un jeune pigeon , j'ouvris le sinus longitudinal supérieur du cerveau , avec précaution, et de manière à ne pas blesser les lobes cérébraux entre lesquels ce sinus est placé. |
Cela fait, je bouchaï le trou du crâne ; et je vis aussitôt un épanchement de sang s’opérer entre le cerveau et ses enveloppes. Maïs cet épanchement s’arrêta bientôt ; et J'eus beau le renouveler, il ne devint jamais assez considérable pour que l’animal éprouvät aucun effet sensible.
Je dis que je vis l’épanchement s’opérer ; en effet, dans la plupart des oiseaux, surtout dans le jeune âge, les os du erâne sont assez minces pour que lon distingue,
à travers ces os, la couleur de la dure-mère , celle du
cerveau , isseaux sanguins , celle du sang qui
s'écoule : ce qui permet de suivre à l’œil les progrès et la marche de l’épanchement.
>. L’épanchement produit n'étant pas assez considérable, comme je viens de le dire, je perçai, avec les mêmes précautions, et pour ne pas blesser le cervelet sur lequel il repose, le sinus longitudinal postérieur ou cérébelleux. Celui-ci est beaucoup plus grand que le cérébral dans les oiseaux, particulièrement dans Îles pigeons ; aussi l’épanchement de sang qui résulta de son
ouverture fut-il plus abondant.
Ce sinus étant ouvert, le sang s’épanchait au-dehors ; et Je le voyais , tour à tour, ou comme refluer vers l'intérieur, à chaque inspiration; ou s'écouler en nappe à l'extérieur, à chaque expiration; c’est-à-dire suivre exactement, dans son espèce de reflux et dans son écoulement, les deux mouvemens alternatifs du cerveau qui, comme l’ont appris d'abord les expériences de Schligting, répétées depuis par tant de physiologistes, s’abaisse pendant l'inspiration , et s’élève pendant l’expiration.
Tant que le sang s’écoula à l'extérieur, il ne parut aucun eftet. Je bouchaiï le trou du crâne ; l’épanchement se fit dès-lors à l’intérieur, maïs il s'arrêta bientôt; je le renouvelai , il s’arrêta encore ; et il me fallut le renouveler ainsi à plusieurs reprises. Mais enfin, dès qu'il eut atteint une certaine limite , je vis l’animal tomber tout-à-coup dans un désordre de plus en plus tumultueux de ses mouvemens, désordre tout-à-fait pareil à celui qui suit les lésions de plus en plus profondes du
cervelet. Bientôt à ce trouble des mouvemens se joignit
la perte de la vue; des convulsions survinrent ; et l’animal succomba dans ces convulsions.
3. Sur un second pigeon , je perçai dès l’abord le sinus longitudinal du cervelet ; et je le perçai , comme dans l'expérience précédente, à plusieurs reprises, jusqu’à ce que l’épanchement füt assez considérable; et à chaque reprise , je bouchaï le trou du crâne pour que l’épanchement se fit à l’intérieur ; et dès qu’il eut encore atteint une certaine limite, je vis de nouveau reparaitre le désordre tumultueux des mouvemens et les convulsions.
Mais , cette fois-ci, dès que l’animal me parut sur le point d’expirer, j’enlevai la portion du crâne et de la dure-mère qui recouvre le cervelet; et, sur-le-champ, l'évanchement , d’une part, n’étant plus comprimé par ces parlies ; et ne comprimant plus , à son tour, l’encéphale; et , de l’autre, reprenant son cours extérieur , le désordre des mouvemens et les convulsions cessèrent , et l’animal reprit, avec une rapidité singulière, toutes ses facultés.
4. Je viens de dire , à propos de l’ouverture du sinus longitudinal du cervelet, que le sang s’en écoulait par une effusion inégale ou plus ou moins ralentie (suspendue même dans les cas où , soit par la perte du sang, soit par toute autre cause, la circulation est très-affaiblie) pendant l'inspiration, et renouvelée pendant l’expiraton.
Je vis cette inégalité de l’effusion du sang se reproduire à l'ouverture du sinus longitudinal du cerveau , et être toujours d'autant plus marquée que les inspirations
et les expirations étaient plus fortes, ou que la circula-