‹ Annales des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 7 sur 78 · OBSERVATION XV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XV

Nous trouverons un mécanisme de formation tout-àfait semblable dans les os canons de certains pachydermes; l'ostéogénie nous reproduira l’angiogénie et la névrogénie ; car la nature se répète dans ses productions , la diversité des organes ne change rien à ses règles, elle marche toujours à son but par les mêmes moyens.

Son but est ici la formation d’une artère unique, ses moyens sont deux artères réunies en une ; la nécessité de ces deux artères dérive de la marche excentrique des formations organiques. À quoi bon deux artères pour en former une, dirait Bender? pourquoi cette

complication ? n’était-il pas plus simple de former l’aorue de prime abord? A quoi bon former deux coronaux, deux pariétaux, deux ou quatre occipitaux, puisque l’occipital , le pariétal et le coronal doivent devenir et rester des os uniques? N’eût-il pa été plus simple de former de prime abord un maxillaire, un pariétal , et un occipital ?

Mais on voit que ce qui paraissait très - compliqué dans l’hypothèse des développemens centrifuges est en soi réellement très-simple. Deux parties homogènes se réunissent pour en former une seule de la même manière que les molécules d’un même sel s’agrégent pour donner naissance à leur cristallisation. La cause, nous l’ignorons ; dans l’état présent de la science, nous né saisissons que les effets et nous les généralisons quand nous en trouvons un grand nombre soumis aux mèmes règles. La règle de formation des artères centrales uniques, est de provenir de deux artères analogues. Toutes les artères médianes et uniques des animaux sont le résultat de ce mécanisme de formation.

Aïnsi l'artère basilaire , qui, sur le milieu de la protubérance annulaire , peut être comparée à l’aorte, provient , comme cette dernière , de deux artères primitives. Il y a d’abord deux basilaires , une sur chacun des côtés de la moelle allongée ; ces deux artères, d’abord toutà-fait isolées, marchent l’une vers l’autre et se réunissent dans toute leur longueur sur le plus grand nombre des vertèbres. Souvent, chez l’homme, la réunion ne s’effectue qu'en avant et en arrière, la basilaire présente alors un large anneau sur le milieu de la protubérance annulaire : j'ai rencontré cinq ou six fois cette variété

CB) chez l’homme, et je l’ai vue si fréquemment chez les poissons et chez les reptiles, que je serais porté à la regarder comme l’état normal de ces derniers animaux.

L'artère spinale antérieure est une basilaire étendue sur toute la longueur du sillon antérieur de la moelle épinière; sa longueur égale et dépasse même celle de l'aorte; comme elle, elle est unique chez l'animal parfait, et, comme elle aussi, elle est double chez les jeunes embryons. Leur réunion, leur jonction , leur fusion en une artère, dépend du même mécanisme de formation , de la même loi d'organogénie. Quelquefois , comme sur la basilaire, on la trouve interrompue par des anneaux formés par les deux spinales non réunies sur ce point.

Les artères spinales postérieures restent presque toujours isolées, disjointes ; elles marchent en serpentant légèrement le long de la face postérieure. et ce n’est qu'accidentellement qu'on les trouve réunies sur deux ou trois points; après cette Jonction elles se séparent de nouveau. Leur état normal est véritablement leur isolement, comme l’état normal de l’artère spinale antérieure , est leur fusion en un seul ironc.

Dans l’encéphale, les artères calleuse et basilaire peuvent être opposées aux deux artères spinales. La basilaire, qui occupe la face antérieure de la moelle allongée ou de la protubérance annulaire chez les mammiféres et l’homme, est toujours unique; elle n’est bifurqués qu'accidentellement, de même que l'artère spinale antérieure.

Au contraire, l’artère calleuse, dont la situation est postérieure relativement au corps calleux , répète l’isolement de la spinale postérieure. Il y a presque toujours

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