‹ Annales des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 8 sur 78 · XXI · texte numérisé non relu

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deux artères calleuses de même que deux spinales en arrière de la moelle épinière. La jonction des calleuses se remarque quelquefois, mais elle s’opère partiellement et de la même manière que cette dernière. Je ne fais ici qu'indiquer des rapports; on conçoit en effet qu'il serait inutile de rechercher pourquoi les spinales se réunissent en avant et non en arrière de la moelle épinière ? pourquoi les calleuses restent disjointes tandis que les deux basilaires sont presque toujours réunies ? L’isolement des artères , leur dualité étant un fait primitif et constant chez les jeunes embryons , la question que j'avais à résoudre était de déterminer comment deux artères se convertissent en une seule; comment deux aortes se transforment en une seule; comment de deux basilaires que présente le jeune embryon, il n’en reste qu'une chez l’animal parfait ; comment enfin les deux spinales antérieures se transforment en une artère unique.

Je devais arriver là par les faits, afin de montrer que le système artériel est assujetti aux mêmes règles de formation que les autres systèmes organiques. Une aorte unique et primitivement unique, à moins de trouver les deux lames qui l’avaient formée , eût été une exception si contraire à la loi de symétrie, qu’il était indispensable de vérifier avec exactitude le mécanisme de sa formation. J'ai trouvé deux aortes: Pander les a trouvées et dessinées, mais il les a méconnues ; Malpighi, avant nous tous, les a parfaitement représentées sans se douter que ce fussent les aortes. Et, en effet, il était difiicile de les reconnaître, en voyant d’abord les branches d’où elles proviennent projetées en dehors du champ

du poulet, entrer ensuite dans ce champ , se porter aïnsi l’une vers l’autre en marchant de dehors en dedans, de la circonférence au centre, puis ramenées au point du contact par ce mécanisme général, se toucher, s’unir et se confondre de manière à former un canal simple placé sur l’axe central du corps. La formation de l’aorte ainsi expliquée , il fallait montrer que toutes les artères uniques et occupant le centre ou la ligne médiane des organes, sont une reproduction des règles qui ont présidé au développement de l'aorte. J’ai choisi pour exemple les artères uniques et centrales les plus remarquables, l'artère spinale antérieure et la basilaire.

Cela posé, une autre proposition se trouve à examiner. En parlant du fractionnement des organes des embryons de l’homme et des mammifères supérieurs , nous avons dit que cet état était souvent représenté par la disposition permanente des mêmes organes chez les animaux des classes inférieures. Cela est-il pour laorte ? existet-il des animaux chez lesquels on trouve deux aortes, l’une à droite, l’autre à gauche? L’anatomie comparée a déjà résolu cette question. Personne n'ignore, depuis les travaux de Rédi, de Duvernoy et de M. le baron Cuvier, que la plupart des reptiles sont dans ce cas. Les Chéloniens , les Sauriens, les Ophidiens et les Batraciens ont deux aortes comme les jeunes embryons ; on les distingue selon la position qu’elles affectent en droite et gauche , en antérieure ou postérieure. Les reptiles sont donc sous ce rapport les représentans permanens des jeunes embryons (1),

(5) Cette duplicité de l'aorte n’existe chez la plupart des Reptiles qu'à la partie supérieure; mais, chez les crapauds, elle est double en

Il en est de mème des cas d'anatomie pathologique dans lesquels on a trouvé , chez l’homme, l’aorte bifurquée avant son insertion à la base du ventricule gauche. Ces aberrations acrtiques rentrent dans les dispositions permanentes que nous offrent les reptiles, ou dans les dispositions passagères de l'embryon. Je conserve au Musée anatomique des hôpitaux un exemple de cette bifurcation de l'aorte , qui, dans sa partie supérieure, reproduit celle que l’on obsenve chez les Sauriens, L'homme sur lequel je l’ai rencontrée est mort à un âge avancé, et rien n'indique que son organisation ait souffert de cette disposition insolite. Il en était de même, sauf quelques modifications, des exemples rapportés par divers auteurs.

On voit donc, d’une part, que l’anatomie de l’embryon explique l'anatomie comparée; on voit aussi , de l’autre, que les aberrations organiques de l’homme sont ramenées , par ces rapprochemens et ces comparaisons, soit à l’état primitif et transitoire de l’organogénie, soit à l’état permanent et fixe de l’organisation de certains animaux inférieurs. Ce double rapprochement, fusion de toutes les anatomies, est le caractère de ce que J'ai nommé anatomie itranscendante.

En définitive, toute artère médiane et unique est primitivement double : cette dualité artérielle tend à l’unité en marchant de dehors en dedans , et arrive à ce terme par une série de transformations que j'ai comprises sous les trois règles dites lot de formation de la circonférence au centre, loi de symétrie et loi de conjugaison.

haut et en bas, et simple uniquement dans sa parlie moyenne , et dans

l'étendue d’environ huit ou dix lignes.

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