‹ Annales des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 104 sur 228 · SUR LE BUCÉPHALE HAIME · texte numérisé non relu

SUR LE BUCÉPHALE HAIME

volume en est très variable; il m’a semblé en trouver même qui se rapprochaient des granulations microscopiques. Quand l’évolution commence (1), on voit la petite vésicule s’allonger et devenir ovale ; bientôt, à l’une de ses extrémités, paraissent deux mamelons qui s’allongent aussi, se courbent et se croisent. Entre eux naït un tubereule en même temps que leur base se renfle : c’est là le commencement des appendices lamelliformes.

Peu à peu, par les progrès du développement, ces parties prennent la forme et les proportions décrites plus haut. Le corps de l'animal , d’abord cylindrique, devient ensuite conique et plat.

En voyant ce mode de développement, il est impossible de ne pas reconnaître qu’il ne représente pas l’évolution ordinaire d’un œuf ; que ces transformations successives sont le résultat d’une augmentation de volume , sans qu’il y ait rien qui ressemblé à la multiplication des parties, telle qu’on la voit se faire dans l'embryon.

Il n’est done pas douteux que les jeunes, dont il vient d’être question, ne soient des embryons nés de femelles qui réunissaient en elles toutes les conditions nécessaires à la reproduction ; mais il est vrai de dire que ces embryons sont à l’état le plus rudimentaire qui puisse être observé, à l’état de vésicule simple et très petite. On le voit, on est en face d’un exemple de génération alternante , mode de reproduction qui, du reste, était admis pour les Helminthes (2).

Les animaux bien développés, tels qu'ils ont servi de type pour la description, sont-ils des êtres parfaits, ou bien sont-ils encore à l’état de larves ? L'opinion de Siebold est, on l’a vu, que le Bucephalus polymorphus est une larve. Ici nos observations n’ont pas été assez longtemps prolongées pour pouvoir juger la question. Toutefois l'absence complète des organes génitaux, dans des êtres nés de mères fécondes , et qui auront plus tard des sexes, donnerait fortement à penser que le développement n’est pas complet, et par conséquent qu'on a affaire à des larves. Alors à quoi se réduiraient les observations ? Elles ne porteraient que sur les individus se reproduisant sans le concours des sexes, et sur les larves nées de

(1) PL V, fig. 6,7, 8,9, 40.

(2) Voyez Siebold, loc. cit., p. 156, t. I; et Steentrup, Uber den Gënerätion wechsel., 1842, etc., etc,

900 LACAZE-DUTHIERS. — MÉMOIRE ceux-c1. On voit que pour avoir le cercle complet des métamorphoses il y a encore bien des recherches à poursuivre.

Quelle idée faut-il avoir des Sporocystes ? Il semble naturel de les regarder comme les mères des nombreuses larves qu’elles renferment ; leur corps tout entier serait transformé en véritable matrice, en une chambre d’incubation. Mais ces mères, nées fécondes , n'arrivent pas à la forme qui termine ou commence la série des alternances ; elles sont elles-mêmes des larves. D’après les observations de Siebold, elles ne seraient qu’une partie d’un embryon, et Steentrup a observé dans les Moules des larves ressemblant beaucoup à des Paramacies , qui, après s’être dépouillées de leur épithélium ciliaire, se transformaient en tube germinatif. Ce serait donc une autre forme à ajouter à celles déjà si nombreuses d’un même Helminthe. Les observations sur le parasite dont il s’agit ici n’ont pas été assez multipliées pour pouvoir décider absolument la question. Mais les contractions du Sporocyste étaient trop évidentes pour ne pas faire naître dans l'esprit autre chose que l’idée d’une poche, d’une partie détachée de la larve, ne servant que de réceptacle aux jeunes qui se développent dans son intérieur. Les contractions étaient si marquées, qu'il est arrivé de voir, des larves assez longues prises par le milieu du corps, et être en partie dans un renflement, en partie dans un autre (A). D’après Baer et Siebold, le Sporocyste du Bucephalus polymorphus serait rigide dans toute son étendue. C’est une différence avec celui que nous décrivons ici.

Un autre fait digne de remarque est celui du bourgeonnement. J'ai rencontré , en effet, des cæœcums plus ou moins longs renfermant

deslarves plus ou moins développées. Lorsque le bourgeon était peu marqué, il ne renfermait qu’une matière un peu brunâtre et granuleuse (2). Du reste, dans toute son étendue, ce Sporocyste avait une

épaisseur autre que celle d’une membrane ; les larves occupaient une cavité centrale creusée au milieu d’une sorte de parenchyme. Quelle est la place zoologique de cet être singulier ? Il ne semble

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