‹ Annales des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 107 sur 228 · DEUXIÈME SECTION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SECTION

Les Balistes qui portent à l’épaule un système de scutelles distinctes des squames ordinaires des régions voisines forment un ensemble de petits types en série les uns à l'égard des autres. Les premiers se font remarquer par des formes hautes , par une région céphalique relativement courte, par un profil rapide et arqué, et par le développement des nageoires médianes. La dorsale épineuse a ses trois rayons plus ou moins longs : le premier est aigu, le dernier dépasse toujours le sillon dorsal ; la dorsale molle et l’anale ont plus ou moins de hauteur, surtout en avant, où quelques rayons se prolongent en pointe ou même en filaments isolés ; la caudale est fourchue, et quelquefois aussi filamenteuse. Dans les derniers types de cette série, nous voyons, au contraire, des formes plus longues que hautes , une région céphalique très projetée et à profil médiocrement incliné, des nageoires médianes peu développées et arrondies. À ces premières différences , qui sont les plus significatives par leur rapport intime avec la locomotion, se rattachent quelques modifications de moindre valeur, et qui toutefois mdiquent aussi une dégradation , par cela seul qu’elles font disparaître peu à peu les caractères qu’elles affectent. Ainsi, le sillon préoculaire et la ligne latérale , prononcés dans les premières espèces de cette section, S’effacent dans les dernières. Quant à l’écaillure , nous la voyons à peu près uniformément tuberculeuse et très faiblement spinoïde au commencement de la série, sans proéminence très

(4) Voy. Ann. des sc. nat., 8° série, t. XX, p.71, et 4° série, t. I, p. 40.— Pour le genre Balistes, p. 47 ; et pour la première section, p. 65.

marquée d’un ou de plusieurs tubercules, soit sur l’ensemble des squames , soit sur celles d’une région particulière ; tandis que bientôt le tubercule médian antérieur des squames caudales se développe et fournit une pointe épineuse dirigée en avant : ce fait se produit d'abord avec de petites proportions , mais sur un grand nombre de squames, puis d’une manière plus prononcée et en même temps sur un espace plus circonscerit ; en sorte que la longueur des épines est en raison inverse de leur nombre. Ces dernières différences, rapprochées de celles que nous offrent les formes du corps, nous montrent dans les espèces à formes hautes et à écaillure faiblement armée, des Poissons qui chassent en pleme eau , et c’est parmi ces espèces, en effet, que nous rencontrons les plus grands Balistes, ceux auxquels on attribue jusqu’à 1 mètre de longueur ; tandis que les plus petits sont dans les types qui portent des épines caudales prononcées et à pointe antérieure , et ceux-ci vivent au milieu des rochers et des récifs madréporiques, occupés à brouter les jeunes Polypes.

La série des Balistes à plaques scapulaires est plus nombreuse que la précédente. Les vingt espèces que j’ai étudiées dans la collection du Muséum se laissent assez facilement grouper en sept petits types : les uns très homogènes dans leur composition , les autres composés d'espèces assez différentes pour laisser soupçonner des lacunes dans nos catalogues.

Comme on le verra, de toutes les espèces de cette section il en est à peine une qui n’ait été déjà décrite, nommée et figurée ; la plupart cependant réclamaient de nouvelles études , une nouvelle descripüon , une coordination rationnelle et des figures exactes , ce qui me fait regretter de ne pouvoir publier en ce moment les planches très fidèles que j’ai fait exécuter, et de devoir me borner à indiquer par un simple trait les quatre modifications les plus prononcées de la forme dans la série qui va maintenant nous occuper.

A. Le premier de nos sept types est caractérisé par des formes très hautes, comprimées, la rapidité et la ligne arquée du profil fronto-nasal. La dorsale molle et l’anale, très hautes en avant, s’abaissent ensuiterapidement ; la caudale a ses rayons extrêmes très

MONOGRAPHIE DES BALISTIDES. 305 longs ; la ligne latérale est très apparente ; l’écaillure est uniformément couverte de très petites saillies un peu rudes, surtout chez les jeunes sujets ; les plaques scapulaires sont entourées d’un cadre à

éléments disjoints. lei se rangent les quatre espèces suivantes de la collection. :

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