Bauisres FoRcIPATUS Lin
Caractères. — Hauteur du corps surpassant un peu le fiers de sa longueur. — Plusieurs rayons prolongés en filets au commencement de la dorsale molle ; caudale en croissant à rayons extrêmes très longs ; écaillure finement tuberculée sur toutes les régions. — Couleur fauve, semée de nombreuses petites taches brunes sur le corps et sur les nageoires dorsale molle et anale.
DM. 28. A. 25. P. 45.
Le corps est un peu moins haut dans cette espèce que dans la précédente. La ligne de profil est droite et inclinée à 45 degrés. L’œil en est à quelque distance ; au-devant de lui se voit un sillon court, mais prononcé. La fente branchiale, remarquablement longue, descend presqu'au niveau du bord inférieurde la pectorale,
Le premier rayon de la dorsale épineuse est robuste, très long , droit , obtus, très rugueux ; les autres sont proportionnellement courts ; la membrane se prolonge au delà du troisième jusqu’à une très petite distance de la dorsale molle.
- Cette dorsale molle est non seulement haute en avant, mais ses troisième, quatrième, cinquième, sixième et septième rayons sont développés en longs filets ; les suivants dépassent un peu la membrane. Leur décroissance se ralentit bientôt, en sorte que cette nageoire conserve une certaine hauteur jusqu'à son extrémité. L’anale manque de rayons filamenteux, mais reproduit assez bien la forme générale de la dorsale molle. La caudale a sa ligne terminale convexe, et ses filets extrêmes prolongés en cornes médiocres. | 1
La saillie pelvienne est longue , suivie d’un ph abdomimal ou préanal rugueux, épineux à sa marge, médiocrement extensible, qui gagne l'anus dans une direction rapide.
L’écaillure se compose généralement de squames médiocres , mais couvertes de tubercules mousses serrés, dont les séries antérieures sont prédominantes, et plus régulièrement ordonnées que les postérieures.
Le système des joues offre des séries obliques de squames oblongues et posées verticalement, disposition qui, assez irrégulière supérieurement, se régularise en approchant de la gorge.
Le système ventral, partout bien distinct de celui des systèmes voisins, n'offre pas de particularités remarquables.
Le système latéral présente en arrière, c’est-à-dire sur la queue et sur le diamètre antéro-postérieur de ses squames en losange, un ou plusieurs tubercules principaux qui, quoique plus gros que les autres, ne deviennent jamais très apparents , et restent mousses. Au-dessus d’une saillie scapulaire que le prolongement inférieur de la fente branchiale fait paraître très élevée, on voit les trois scutelles de cette région entourées d’un cadre de très petites pièces , avec une intercalaire supérieure, qui demeure à distance de l'angle rentrant formé par la rencontre des deux grandes plaques. Cellesci sont oblongues ; la postérieure beaucoup plus petite que l’antérieure, et complétée en bas par une intercalaire inférieure proportionnellement grande.
La couleur générale est fauve ; son caractère le plus prononcé est le semis de petites taches brunes qui couvrent le corps et les naseoires verticales.
MONOGRAPHIE DES BALISTIDES. 209
Le Musée ne possède qu'un seul individu de cette grande espèec, Il provient du Sénégal, et présente les dimensions suivantes :
Longueur totales "AL eur UC, 330 Hauteur pactorale tite che Sn ORALE Hauteur pelvienne. . :,,. . .: 0,165 Longueur de la caudale, . . . 0,050
Longueur de la région céphalique. 0,142
Synonymie. — Le Balistes forcipatus d’'Artedi et Linné est mentionné et figuré par Willoughby sous le nom de Guaperva lata (App., p.21, tab. [, 22). Les auteurs, qui attribuaient au capriscus une caudale carrée ou ronde, ont rattaché au forcipatus les exemplaires du premier qui offraient une caudale fourchue, malgré les différences des deux espèces sous le rapport des rayons prolonoés de la dorsale molle, de la longueur de la fente branchiale, de l’écaillure en général, du cadre des plaques scapulaires et du dessin. Il était plus facile et plus excusable de confondre le 2. forcipatus et le vetula, quand les systèmes de coloration de ces espèces étaient effacés. Ces méprises, quoique accidentelles, ont eu pour effet de nuire à l'exactitude des caractéristiques, surtout en ce qui concerne le forcipatus et le capriscus. Si l’on n’eût pas pris, pour appartenant à l’espèce qui nous occupe, les exemplaires à queue fourchue, c’està-dire adultes du capriscus, on n'aurait pas eu un seul instant l’idée de rapprocher ce dernier Baliste du maculatus , comme l’a fait M. Cuvier.