‹ Annales des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 171 sur 228 · MÉMOIRE SUR LA GÉNÉRATION ALTERNANTE DES SYLLIS · texte numérisé non relu

MÉMOIRE SUR LA GÉNÉRATION ALTERNANTE DES SYLLIS

Lorsque je communiquai, au mois d'août 1843 , à l’Academie des sciences (1) les faits que je venais de constater relativement à la reproduction des Svllis, je ne connaissais pas encore le remarquable ouvrage publié depuis peu par M. Steenstrup (2). Je ne pouvais donc, à cette époque , rattacher ce que j'avais observé au phenomêne de la génération alternante. Cependant ce fait ne restait pas pour moi isolé; et, en 1846 (3), j'ai cherché à montrer comment il se reliait pour moi à toutun ensemble de phénomènes qui se passent, soit dans le Règne animal, soit dans le Règne végétal,

Dans l’écrit que je viens de rappeler, je ne pouvais donner des détails techniques. J'avais pourtant indiqué ce fait important que , chez les Syllis, l’individu de nouvelle formation ne ressemble pas à celui qui le produit. Or il m'a paru que les auteurs qui ont traité depuis la même question croient encore, avee Müller, qu’il n’en est pas ainsi. Aucun d’ailleurs, que je sache, n’a représenté et décrit avec détail les individus souche et les nourrices. Au moment où tout ce qui touche à la génération alternante préoccupe à un si haut degré, et à si juste titre, tous les naturalistes, j'ai pensé que ces descriptions et ces figures, quoique relatives à un fait publié depuis plusieurs années, pourraient intéresser mes confrères.

Jai observé la génération des Svllis sur deux espèces, mais sur-

(1) Comptes rendus de l’Académie des sciences. (2) Ueber den Generationsweohsel.

(3) Revue des Deux-Mondes, 15 février 1846.

14h A. DE QUATREFAGES.

tout sur laSvllis monilaire. Cette Annélide est bien connue. Elle a été décrite et figurée, quant à l'extérieur, par Savigny (4), et MM. Audouin et Edwards (2). Son organisation interne ressemble entfièrement à celle de la Svllis tachetée, que M. Edwards à fait connaitre (3 .. Je n’ajouterai done rien à ce qu'ont déjà dit ces naturalistes, et me bornerai à prendre leurs écrits pour termes de comparaison.

Je n'ai pas suivi dès le commencement la formation du nouvel individu ; mais les études faites par M. Edwards sur le mode de production des nouveaux anneaux pendant le développement des jeunes, ce que J'ai Vu moi-même sur un grand nombre d’espèces d’Annélides en train de reproduire les parties postérieures qu'elles avaient perdues , enfin les faits que les Myrianides ont montrés à M. Edwards, me font adopter l'opinion émise par ce naturaliste (4). Il s’agit bien probablement ici d’un phénomène de gemmation, el non point de scissiparité, comme l'avaient cru les anciens observateurs, et comme je l’avais d’abord pensé moi-même.

Il n’en serait que plus intéressant de suivre avec soin le développement des nouveaux individus , des nourrices , pour employer le langage de Steenstrup. Je trouve dans mes cahiers des observaüons recueillies sur des individus plus ou moins avancés , et ces notes, d'accord avec mes souvenirs, montrent que la distinction est d’abord assez peu prononcée ; que les divers organes ne se caractérisent que progressivement ; enfin les figures même qui accompagnent ce travail montreront que les caractères différentiels de la mère et de la fille ne se prononcent que peu à peu , et n’acquièrent toute leur valeur qu'après la séparation.

Le plus ordinairement, les Syllis que j'ai rencontrées en train de se reproduire se présentaient dans l'état que j'ai figuré 1e1 (5).

(1) Système des Annélides.

(2) Recherches pour servir à l’histoire naturelle du littoral de la France, L. AN.

(3) Règne animal illustré, pl. 45. Je ne suis pourtant pas certain que les quatre petits cæœcum figurés par M. Edwards à la base de la trompe existent chez la Syllis monilaire,

(4) Mémoire sur le développement des Annélides (Ann, des sc. nat., 3° série, 1845).

(5) PI. 4, fig.-3, 4, 5 et 12.

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