‹ Annales des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 173 sur 228 · AS A. DE QUATREFAGES · texte numérisé non relu

AS A. DE QUATREFAGES

Les mamelons labiaux s'allongent, et deviennent irrégulièrement claviformes (1).

Le tube digeshf s’atrophie de plus en plus.

La cavité générale du corps se farcit de plus en plus d'œufs ou de spermatozoïdes, et le diamètre transversal s’accroit proportionnellement.

Dans la seconde catégorie, je placerai les faits suivants :

La téle se sépare nettement des anneaux suivants.

L'antenne médiane se montre à peu près à sa place ordinaire sous la forme d’un très petit tubercule (2).

La bouche, quoique presque terminale, est placée un peu vers la face inférieure du corps (3). -

L'individu adventif, jusque-là nourri par l'individu souche , saisit et digère des aliments, car l'intestin est rempli d’une matière verte qui ne montre plus dans l’anneau caudal que des molécules dont l’extrême division indique une digestion complète.

Je n'ai jamais rencontré dans les individus souches la moindre trace d'œufs ou de spermatozoïdes. Ces produits se trouvent exclusivement dans les nourrices, et sont toujours portés par des individus différents.

Dans les femelles, j'ai trouvé des œufs à divers âges ; mais je n'ai pas distingué l'ovaire que me cachait, sans doute, la masse très opaque des œufs d’un vert assez foncé.

Chez les mâles, les testicules se montrent sous la forme d'organes arrondis, framboisés (4), formés de granulations assez régulières, qui me semblent ne pouvoir être que des masses spermatogènes. Les Spermatozoïdes eux-mêmes sont extrêmement petits. Dans les nourrices encore attachées à lamère, quoiqu'ils soient déjà isolés et remplis de vivacité, le corps a au plus 1/200 de millimètre de long, et la queue 1/60 de millimètre; en outre, le corps est simplement ovoide, assez allongé (5). Chez les nourrices devenues indépen-

OBS ITCAUUE (2) PL 4, fig. 6 et 7.

(3) PI. 4, fig. 6 et 7.

(4) PL. 4, fig. 4 gg.

(5) PI. 4, fig, 40.

GÉNÉRATION ALTERNANTE DES SYLLIS,. 1419 dantes, le corps se renfle davantage, et présente antérieurement un petit bourgeon sphérique terminal ; quelquefois même il est bilobé (1).

Je n'ai jamais rencontré de nourrices isolées qui ne fussent gorgées d'œufs ou de Spermatozoïdes. Ces produits remplissent toute la cavité générale du corps, et pénètrent jusque dans les pieds qu'ils distendent. Toutefois on n’en trouve jamais n1 dans la tête (2), ni dans les deux ou trois derniers anneaux (3). Une membrane très fine, et qu'on ne distingue que sur ces deux points, parait S’opposer à leur passage.

Du fait général que je viens d'indiquer, j'ai cru pouvoir conclure que la vie des nourrices avait pour terme le moment où les produits, destinés à la propagation de l'espèce, avaient acquis toute leur maturité , et que la dissémination s’opérait par suite de la rupture du corps distendu outre mesure.

Les observations qui précèdent s'appliquent en tout point à l'espèce de Syllis que j’ai étudiée en Sicile ; toutefois celle-ci m'a montré aussi quelques détails assez intéressants.

Sur l'individu que j'ai représenté, et qui était un mâle, il existait encore une large conimunication entre la cavité générale de l'individu souche et celle de la nourrice; aussi la membrane enveloppante des spermatozoïdes faisait -elle de chaque côté du tube digestif une hernie considérable, remontant jusqu'au troisième avant-dernier anneau de la mère (4). Ces deux espèces de sacs étaient remplis d'une matière granuleuse blanche ; mais on n'y distinguait pas de Spermatozoïdes , tandis qu’ils se montraient déjà bien formés dans la cavité générale de la nourrice.

Comme dans la Syllis monilaire, les testicules étaient formés de masses spermatogènes qui étaient ici régulièrement ovoïdes, et avaient environ 1/75 de millimètre de longueur (5). Les Sperma-

(1) PI 4, fig. 44.

(2) PL 4, fig. 4et12.

(3) PL 4, fig. 5.

(4) PL £, fig. 12.

tozoïdes mürs avaient un corps bilobé ou trilobé long d’environ 4/180 de millimètre, et portant une queué très grêle d'environ 4/50 de millimètre de longueur (4).

Observations générales.

Dans tout ce qui précède , j'ai désigné la Syllis agame par les mots demère, d'individu primitif, d'individu souche, de parent, qui tous supposent l’idée de préexistence ; j'ai appelé la Syllis seœuée, l'individu adventif, la fille, exprimant ainsi qu'elle tire son origine de la première , et la nourrice , en donnant à ce mot le sens que lui a attribué Steenstrup. Ces expressions auront, j'espère, été comprises ; mais il me semble qu’on fera bien de les remplacer par des termes plus précis, et qu'il sera convenable d'adopter pour l'exposé desphénomènes analogues X'celui qui nous oceupe , la terminalogie proposée par M. Van Beneden.

On sait que ce naturaliste a désigné par le nom de Scolex les individus agames qui sortent de l’œuf ; par celui de Strobila, les étres polyzoïques sexués où non, résullant de la transformation ou du bourgeonnement du Scolex ; par celui de Proglottis, les individus sexués. Ces expressions me semblent très propres à faciliter l'exposé des faits et leur discussion.

= Sans sortir de la classe des Annélides , et sans toucher aux animaux qui passent par les états de Proscolex, de Deuloscolex, ete., avant de devenir Strobila, remarquons que les distinctions établies par le naturaliste belge présentent de l’une à l’autre des espèces C'INÉMEUANES. Le Sogporl

Les Syllis, décrites jusqu’à ce jour dans les ouvrages, sont indubitablement produites par des œufs; de plus, elles-mêmes ne sont jamais sexuées : ce sont done de véritables Scolex.

Les individus qu'elles produisent par bourgeonnement sont simples et sexués : ce sont donc de véritables Proglottis, et ce sont eux dont il faudra donner les caractères, quand on voudra faire connaitre les Syllis adultes. f

Mais, dans les Myrianides étudiées par M. Edwards, les choses

(I) PMU, A5!

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