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ORGANES GÉNITAUX PROPREMENT DITS

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Acéphales dioïques.

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Organes femelles (ovaires).

L’ovaire des Acéphales dioïques varie beaucoup avec le moment de l’année où on l’examimne, l’âge et l'espèce de l'animal. C’est à cela que tiennent les changements dé couleur, de forme , de situation et de rapport qui n'ont certainement pas contribué peu à faire tomber les auteurs dans une série d'erreurs que noùs aurons soin de relever dans le courant du travail. La ponte surtout change complétement l'aspect de l'abdomen. Ainsi, tandis que dans les Peignes bigarrés (1), les Clovisses (2), l'Huître vermeille (3) et la plupart des autres espèces, on rencontre des individus dont la masse viscérale est presque globuleuse , d’autres, au contraire, présentent leur abdomen aplati , lamelliforme , et l’on peut distinguer, au travers des téguments , les circonvolutions intestinales et les muscles du pied. Du reste cela n’a rien qui puisse étonner, quand on Sait

(1) Pecten varius.

(2) Venus decussata.

‘3) Spondylus gæderopus.

DES ACÉPHALES LAMELLIBÉRANCHES. 171

quelle prodigieuse quantité d'œufs est pondue par une seule femelle.

Il semble que les jeunes Acéphales, toute proportion gardéé, 6ht une glande génitale inoins considérable. Ainsi le nombre des lobules glandulaires est d'autant plus grand que l’animal est plus 8ros ; il n’augmente pas proportionnellement à l’accroissement du corps, il le dépasse ; relativement, l'animal âgé pond beaucoup plus d'œufs que 16 jeuné , car une Surface dé ün centimètre carré, par exemple, renferme peut-être deux fois plus d'acini dans le premier que dans le second. Aussi les études anatomiques sont moins difficiles à cause de la distinction plus grande des éléments sur les individus de petite taille.

Le volume de l’ovaire varie essentiellement avec les espèces : cela n'est pas douteux, mais c’est difficile à préciser ; d’abord parce Qué la taille des individus n’est pas la même, et que l’on vient de voir des variations causées par l’âge. Cependant , d’une manière générale , on peut dire que plus la glande ovarique s’avancé sur le foie, et plus elle acquiert de développement. Ainsi dans la Lime (4), où l'ovaire enveloppe tous les orgañes, à l’exception du manteau, des bränchies, du pied et des voiles labiaux (2), l'animal paraît complétement rouge quand il est en gestation ; moins la couleur, les Pholades sont dans le même cas, leurs glandes génitales prennent un développement excessif. Dans la Nacre (3), bien que l'ovaire ne s’étende pas sur le foie et én soit parfaitement distinct (4), il forme uné masse considérable. Dans l'Huitre vermeille (5), il est aussi très développé, et je crois qu'on peut lé considérer comme relativement plus volumineux que dans les Bucardes , ete. (6).

La position, on le comprend , doit se ressentir des variations de volume. Elle est caractéristique surtout dans les jeunes, et c’est sur de jeunes Peignes bigarrés (7) et des Lucines (8) que l’on peut fa-

(1) Lima squammosa.

(2) PL 7, fig. 1.

(3) Pinna nobilis.

(4) PL 5, fig. 1 et 2 (o).

(5) Spondylus gæderopus.

(6) Cardium edule, Cardium rusticum.

(7) Pecten varius.

‘8) Lucina lacteu.

cilement s’en rendre compte, ainsi que dans la Bucarde rustique, si facile à disséquer. Dans la Lueine, le pied très long se détache nettement de la masse viscérale, et permet de constater, ainsi que dans les Bucardes, que l’ovaire ne pénètre pas dans son intérieur, comme on l’a trop souvent dit. La glande oceupe la partie du corps qui se trouve au-dessous du foie et du cœur, en arrière de la bouche , au-dessus du pied et en avant du muscle postérieur des valves ; elle entoure les circonvolutions intestinales.

Par les progrès du développement, les lobules se multipliant, on les voit remonter peu à peu sur les côtés du foie qu'ils finissent par recouvrir ; il est même des espèces où les organes sont totalement cachés sous la couche glandulaire ovarique , comme cela s’observe dans l’Arche, la Lime, le Spondyle, les Pholades. Jamais on ne rencontre la disposition que j'ndique ici dans les Jambonneaux (1). Le foie dans cette espèce forme une masse nettement séparée et antérieure à l'ovaire (2).

. Ainsi il est difficile d’assigner une forme spéciale à la glande génitale ; on peut dire qu’elle occupe tous les espaces du corps laissés libres par les autres organes , et qu’elle s'étend et remonte davantage à mesure qu'elle est plus développée. C’est ainsi que dans les Huîtres vermeilles (3) on la voit accompagner le rectum jusque vers l'anus, au-dessus du muscle postérieur des valves.

Ce qui précède suffit pour montrer que les rapports varient avec les conditions diverses; mais on peut cependant voir que la glande est toujours placée autour de l'intestin. Dans quelques eas, celui-ci s’en détache et s’en sépare avec une facilité remarquable. Dans les Cardium , les Vénus, les Pecten varius, par exemple , rien n’est plus facile à voir que les grappes de l'ovaire groupées autour des circonvolutions intestinales ; mais dans l’Anodonte , pour peu surtout que la gestation soit passée, c'est un travail des plus pénibles que de che”cher à isoler l’intestin ; on n'y parvient qu'avec les plus grandes difficultés. |

Dans l’Anomie et la Moule comestible, l'ovaire occupe une

(1) Pinna nobilis.

(2) PI. 5, fig. 4 et 2.

‘3) Spondylus qæderopus

position toute différente ; il est logé en grande partie dans l'épaisseur du manteau, et par cela même affecte des rapports très différents. Dans l’Anomie (1), l’un des voiles du manteau seulement enferme une parle de la glande ; dans la Moule comestible, les deux voiles sont occupés entièrement par la presque totalité de l'ovaire (2). Nous aurons occasion de revenir sur cette disposition, anormale dans la première espèce, naturelle dans la seconde.

On peut consulter avec beaucoup d'utilité les magnifiques planches qui accompagnent les ouvrages de Poli (3) et de M. Deshayes (4) pour toutes les généralités qui touchent à la position , au volume, aux rapports, ete., de l'ovaire; mais il faut se tenir en garde contre la confusion que ces auteurs ont faite entre l'ovaire et le testicule. Le travail de Garner (5) renferme aussi à cet égard beaucoup de renseignements.

Il est un autre caractère de l'ovaire sur lequel il faut s'arrêter à cause de son importance , et surtout à cause des erreurs commises à son égard. Sa couleur, en effet, est tantôt blanche , tantôt jaune, et tantôt enfin d’un rouge plus ou moins vif, plus ou moins caractéristique. La première teinte s’observe nettement, parce qu'elle tranche sur la teinte brune du foie, dans les Bucardes (6), les Clovisses (7) où Vénus, les Peignes bigarrés, les Lucines (8), les Pholades (9), les Rupicoles (10), les Gastrochènes (14), les Lavignons (12), les Prères (13), ete. Cependant pour être complétement

(4) Anomia ephippium.

BA PL, 6. fe.

(3) Poli, Testacea utriusque Siciliæ.

(4) Deshaves, Exploration scientifique de l'Algérie, MoLLusques. (5) Garner, On the anatomy of Lamell. conch.; Transact. of z0ol. Soc. of London, IT, 1841, ou dans le Mag. de Charleswor th, LAS Là (6) Cardium rusticum.

(7) Venus decussata.

(8) Lucina lactea. 7 (9) Pholas dactylis.

(10) Petricola striata.

(11) Gastrochæna tarentina.

(12) Trigonella piperata.

° (13) Corbula striata.

dans la vérité, je dois ajouter que dans quelques individus , des: Peignes, des Lucines, des Lavignons, elc., la teinte passe un peu au jaune, mais très légérement. Pans les Unios des peintres la couleur jaune est bien sensible, mais elle est faible. Dans lesChames elle devient jaune-bistre pâle ; dans le Solen (Solen vagina) elle est brun-chocolat, quelquefois un peu vmeuse ; tandis que dans les Dattiles (1) elle est fanve ou rouge-brique mêlé de jaunâtre ; dans la Moule comestible, elle est d’un rouge de litharge.; dans la Nacre, cette teinte se rapproche du rouge-brique foncé, devient presque vineuse dans la Lime, et l'Arche de Noé ; enfin dans le Spondyle pied d'âne la couleur est magnifique : elle ressemble à celle du jus de la: framboise, et elle a valu à cette espèce le nom d’Huître vermeille, d'Ostia vermella, qui lui a été donné par les Mahonais.

Ce caractère a une grande valeur pour faire reconnaitre les sexes, mais seulement après l'examen microscopique.

Poli semble avoir fait une étrange confusion : il a remarqué ces belles couleurs , et a surtout exprimé son admiration (2) à l'égard du Spondyle , mais il les a mal interprétées ; au lieu de les consi-: dérer comme le caractère des ovaires parfaitement développés, il a supposé qu’elles n’appartenaient qu'aux germes non encore arrivés à complète maturité, et il croit qu'au moment où les œufs sont mûrs ils changent de couleur et deviennent blancs ; évidemment l’auteur a pris les mâles pour les femelles : cela résulte essentiellement, du reste, de sa croyance à un hermaphrodisme général (3).

(1) Modiola lithophaga.

(2) Loc. cit.,t. M, p: 108:

(3) T. Il, p. 68, dans les généralités sur la couleur il s'exprime ainsi: « In » diversis autem stadiis... tum colore admodum variare conspicitur... quibus » sensim à fœtu deductis, rosæus ipsorum color in aureum immutatur, donec » postremo ovis ad integram maturitatem perductis, ramuli prædicti ultra mo- » dum distenti.. promiscuam massam effingunt lacteo veluti humore turgidam » lacteoque splendentem lacteus iste humor ; ingentem veluti errorat ovulorum » cumulum, quem in suo sinu fovet;.… sunt quædam Testacea in quibus sub- » fuscus est ovarii color, qui deinde D nes tempore in albicantem illico immu- » tatur. » Et il cite les exemples où ce changement. peut être observé facilement , la Moule comestible , le Spondyle, la Chame grypoïde, les Huîtres de Saint-Jacques, et bigarrées, les Limes, les Pinnes nobles, etc., etc. — Lei le

M. Deshayes admet comme Poli le changement de la couleur avec les progrès de la maturité des œufs ; pour lui, l'ovaire passe du blanc au rouge. Quoique plus près de la vérité, il n’en reste pas moins dans l'erreur ; croyant à l’hermaphrodisme, 1l prend, à l’opposé de Poli, le testicule pour l'ovaire non développé (1).

Il suffit, je crois, d'opposer ces deux opinions pour montrer combien cette idée préconçue de l’hermaphrodisme a servi à embrouiller et à obseurcir la question. Certainement la vivacité de lu couleur augmente à mesure que les germes s’approchent davantage du terme de leur maturité; d'un autre côté, après la ponte, les ovaires pälissent beaucoup ; mais je dois dire que dans des Pinnes marines, alors que les œufs n'étaient encore reconnaissables qu'aux vésicules germinatives , la teinte de l’ovaire était déjà très caractérisée. Aussi toutes les assertions sur le changement de couleurs doivent être considérées comme des erreurs résultant des idées fausses qu'avaient les auteurs sur les sexes. Faisons toutefois cette restriction, que lorsque la glande est complétement vidée, la teinte peut disparaitre absolument, comme cela s’observe avec pleine évidence dans une espèce monoïque, le Pecten Jacobeus, où, comme on le verra plus loin, la partie femelle est d’un bel orangé avant que les œufs soient sortis.

Structure.

L'anatomie intime des glandes génitales est très difficile dans certaines espèces ; aussi faut-il en commencer l'étude par des exemples convenablement choisis si l’on veut arriver à des notions

mot illico semble indiquer que le changement est brusque, et certainement l’auteur a pris le testicule et les individus mâles pour des ovaires et des individus femelles.

(1) Mollusques de l'Algérie, t. 1, p. 151. « Nous avons eu l'occasion d'obser- » ver dans le Solen legumen ce phénomène fort remarquable du changement de » couleur de l'ovaire; avant que les œufs soient en état d'être pondus, l'ovaire » reste d'un blanc jaunâtre, tel que nous l'avons fait représenter (planches et » figures du Solen legumen) ; les œufs étant complétement mûrs changent de cou- » leur et donnent à l'ovaire une couleur lie de vin très prononcée. » Il n'est pas douteux que le testicule n'ait été pris encore pour l'ovaire, comme cela ressort des descriptions des Mésodesmes (p. 400) et des Lavignons (p. 465).

176 M, LACAZE-DUTHIERS. — ORGANES GÉNITAUX précises ; et c'est peut-être pour n'avoir pas agi de la sorte que des auteurs sont tombés dans l’erreur. Le Peigne bigarré et les Bucardes , surtout la Rustique , se prêtent d’une manière remarquable à l'observation. : |

Sur les côtés du foie d’un Peigne bigarré de taille moyenne, on voit de petits ilots de substance blanche ou légèrement jaunâtre , disposés en grappes. Cela paraît à l’œil nu, et devient bien plus évident sous la loupe, qui permet de reconnaître des éléments parenchymateux glandulaires, groupés autour des dernières ramificaons d’un conduit excréteur (L).

Le parenchyme se présente, dans le point que nous avons choisi, en une couche mince, dont les éléments se distinguent facilement, car le foie , par sa teinte obscure, forme un fond sur lequel ils se détachent parfaitement. Avec une étude attentive, on distingue sans difficulté dans ces petites masses une quantité de grains devenus polyédriques par leur rapprochement, et auxquels je conserverai le nom d'acini, uniquement pour la commodité de la description, bien que ce mot ait perdu de sa valeur, et que les auteurs, Müller en particulier, rejettent absolument son emploi (2). Ces grains ou acini présentent à leur centre une teinte plus foncée ; ils sont net: tement séparés par une ligne obscure, quoique très près les uns des autres. Il est facile de voir (3) qu'ils se groupent en nombre variable autour des ramifications des conduits qui serpentent entre eux , et qu'ils produisent des lobules primitifs ; que ceux-ci en se réunissant forment des lobules secondaires, constituant les lobes principaux ; et qu'enfin , à cause de ces dispositions, on doit placer l'ovaire des Lamellibranches parmi les glandes en grappes.

Les conduits sont très nettement dessinés. Dans les espèces dont il est ici question, on les observe entre les lobules primitifs dont ils sortent pour se réunir deux à deux d’une manière irrégulière , et pour former peu à peu des troncs plus considérables dont la marche devient plus difficile à suivre, car ils plongent dans la couche profonde de la glande , et se confondent par leur couleur , leur trans-

(4) PL 6, fig. 4. — PI. 8, fig. 4.

(2) Physiologie, traduction française de Jourdan, (3) PI. 6, fig. 1.

parence avec les filaments musculaires ou fibreux. Jai été assez. heureux pour rencontrer la glande génitale, dans un'état tout particulier, sur un Peigne bigarré (4), et cet état m'a permis de pouvoir me former une idée exacte de la marche des conduits principaux que j'avais cherchés bien longtemps, et toujours, malgré les soins les plus assidus, avec un insuccès désespérant. Tout le parenchyme de la glande était réduit à de petites masses terminant les ramifications, dans lesquelles on ne distinguait plus d’acin ni de grains quelconques. Était-ce un parenchyme avorté avec des canaux excréteurs bien développés, ou bien était-ce une glande revenue sur elle-même après la ponte? C’est ce qu'il ne m'a pas été possible de décider. Toujours est-1l que j'ai pu suivre les conduits excréteurs avec pleine certitude, et que j'ai remarqué qu'ils consistaient en deux trones principaux : lun, antéro-supérieur (2), venant du lobe sus-hépatique ; l’autre , postéro-imférieur (3), venant du lobe abdominal. Ces deux conduits, formés par la réunion successive des ramuscules des canaux des deux lobes , se confondaient dans un point très voisin de l’orifice (4) de la génération, Le tronc unique n'avait pas À millimètre de longueur, il recevait quelques petits ramuseules des acint Voisins ; aussi ne mérite-t-il guère le nom d’oviducte. 45

L'orifice se trouve dans la cavité de l'organe spongieux (5), dans cette glande placée entre le cœur, l'abdomen et le musele postérieur des valves ; mais ce qui arrive dans le Peigne varié , le Spondyle (6) ne se présente pas dans les Cardium, etc. Comme l'étude de cet orifice se lie intimement à celle de l’organe de Bojanus , NOUS rENVOYONS pOur Nous EN CCCUper au moment où nous traiterons de ce dernier. Nous dirons seulement iei que l’orifice génital est toujours placé sur les côtés du corps, à la racine de l'abdomen, tantôt dans l'organe de Bojanus, tantôt au sommet

4° série. Zooc. T. IL. (Cahier n° 3.) 4 412

d’une papille confondu avec celui de cette glande; tantôt enfin il en est distinct et s'ouvre tout près. Son rapport avec le connéctif bueco - branchial facilite sa recherche; il est toujours en dehors de celui-ci, et vers le point où le cordon nerveux plonge dans la masse viscérale. |

Les exemples aussi heureux que celui que je viens de citer sont rares, et quand on veut suivre les vaisseaux excréteurs, on éprouve dans quelques cas des difficultés insurmontables, si l’on ne prend beaucoup de précautions. C’est surtout en commençant la préparation qu'il est utile d'apporter tous ses soins ; car pour peu que l’on déchire les tissus plus qu'il ne faut, l’on est bientôt au milieu d’une sorte de bouillie où l’on a peine à se reconnaitre; les difficultés tiennent, pour la plupart, à une délicatesse et une fragilité extrêmes des tissus : au moindre attouchement les acinr se rompent, mondent la préparation de leur contenu , et voilent les conduits exeréteurs , dont la transparence et lé peu de résistance les fait échapper facilement à la vue. Les conduits excréteurs sont surtout évidents quand ils sont remplis d’œuis ; mais si on les ouvre ils se vident, leurs parois s’accolent et ils disparaissent. On peut encore les découvrir par desinjections ; mais combien les précautions nedoivent-elles pas être minutieuses pour ne pas entamer les parois de l’orifice génital: car par la moindre déchirure tous les tissus s’injectent, surtout les vaisseaux sanguins ; et l’on court risque de prendre eeux-ei pour les canaux excréteurs de la glande. Si j'insiste sur ce fait, e’est pour montrer que les auteurs ont pu facilement faire des erreurs ; elles sont, en effet, nombreuses à cet égard.

Dans les Bucardes et le Peigne bigarré, où les choses sont les moins difficiles à constater, on voit, de chaque côté du corps , un orifice- génital , auquel aboutit un conduit excréteur unique., formé par la réunion de deux troncs principaux venant des lobes sus hépatiques et abdominaux. Il y a donc deux ovaires, placés symétriquement un de chaque côté; mais la distinction entre l'ovaire droit et l'ovaire gauche n’est pas aussi marquée que semble l'indiquer la description; les deux glandes , en effet, se mêlent et s’enchevêtrent sur la ligne médiane, où il est impossible de reconnaître les parties gauches des parties droites. Il ne serait même pas

DES ACÉPIALES LAMELLIBRANCHES. 179

impossible qu'il y eût communication entre les cdnaux de l'une et les conduits de Fautre ; je n'ai pas cherché à constater ce fait, à cause de la difficulté des préparations.

Telle est la disposition principale qui peut servir de type, et à laquelle on peut rapporter les différences, qui sont pour la plupart des conséquences des variations tenant au volume, à la position ou au développement.

-Quand on sait où trouver une chose, la recherche en devient plus facile ; aussi, malgré la difficulté, arrive-ton à reconnaitre que , dans les Spondyles (1), la Lime (2), le parenchyme et les canaux glandulaires présentent à péu près la même disposition, que l’organe de la génération s'ouvre dans Je sac glandulaire placé à Ja base des branchies.

Dans les Arches (3), les Dattiles (4), les Moules (5), l’orifice génital est placé au sommet d’ane papille vers le milieu de la longueur du corps. Les acini, très peu distincts dans les deux premières espèces, adhèrent les uns aux autres, et sont trôs difficiles à isoler.

Dans les Nacres (6), il existe pour les canaux exeréteurs des différences marquées. L'orifice (7) est placé très bas presque sur la ligne médiane et en arrière ; aussi les conduits (8)se portentils en avant et en haut pour se distribuer aux différentes parties de la glande. Il y en a deux, l’un supérieur, l’autre inférieur ; le dernier est le plus important. Le parenchyme glandulaire ne semble plus formé d'acini distincts ; il parait comme une masse compacte , dans laquelle on ne reconnaît que bien difficilement les éléments primitifs. Cependant, vers la partie supérieure de la glande, quand on à enlevé le tube digestif et le cœur, on trouve dans le fond de

(1) Spondylus gæderopus.

(2) Lima squamosa. (3) Arca noe.

(4) Modiola lithophaga.

(5) Mytilus edulis.

(6) Pinna nobilis.

(7) PL 5, fig. 4 (c).

(8) PI. 5, fig. 8.

la gouttière (4) qu’elle forme à ces organes une couche assez mince , qui permet de constater que les acini sont disposés le long des canaux excréteurs. |

Dans les Mulettes (2), on distingue nettement les acini quand on ouvre l'abdomen; ils se présentent au moment de la ponte en forme de cœcums allongés, très évidents, et faciles à voir ; souvent ils sont bilobés, et se continuent par leur extrémité adhérente avec les ramifications des conduits excréteurs, disposés comme dans les premières espèces, et venant s'ouvrir auprès de lextr émité antérieure des branchies.

Dans les Lavignons (3), les Vénus (4), les Corbules (5), les Lutraires (6), etc., les acini sont très évidemment appendus aux dernières ramifications des canaux.

J'ai constaté une disposition analogue, avec des modifications insignifiantes, dans toutes les autres espèces objets de mes recherches ; il est donc inutile de les passer toutes en revue.

L’Anomie et la Moule, dont l'ovaire est placé en grande partie dans le manteau, font exception à ce qui vient d’être dit. Cette disposition a été observée pour la Moule par Poli (7), Siebold (8) et Garner (9). Ce dernier auteur a aussi considéré les Modioles et les Lithodomes comme étant dans les mêmes conditions ; mais Siebold remarque avec raison qu’il n’a rien vu de semblable dans le Laithodomus dactyhis , et que, dans cette espèce, l'ovaire occupe l'abdomen ; c’est aussi ce que J'ai toujours vu sur la Dattile de Mahon.

Dans la Moule, on voit les glandes occuper un peu les côtés du foie, et aussi ce rudiment de masse viscérale placé en arrière du

(1) PI. 5, fig. 2 (i).

(2) Unio sinuata , id. littoralis, id. pictorum. (3) Trigonella piperata.

(4) Venus decussata.

5) Corbula striata.

6) Lutraria solenoïdes.

( ( (7 (8) Anatomie comparée.

) ) Loc. cit. Testacea utriusque Siciliæ.

On the anatomy of the Lamellibranchiala, loc. cit.

DES ACÉPHALES LAMELLIBRANCHES. 181 pied ; mais la majeure partie de la glande est dans le manteau (4). Quant aux conduits excréteurs, ils sont très visibles ; seulement il est à craindre que l’on ait pris pour eux les vaisseaux sanguins. La confusion n’est pas possible, si l’on observe que ceux-e1 se voient sur la face interne du manteau, tandis que les premiers ne se remarquent que sur la face externe , sur celle qui est immédiatement appliquée contre la face interne de la coquille. Il est à peine besom de préparations pour en voir les ramuscules. Nés dans toute l’étendue du manteau, etréunis en trois troncs principaux, l’un antérieur, l’autre postérieur, le troisième médian, ils ne forment plus qu'un seul canal (2) qui s'enfonce dans la glande annexe, en quittant le manteau au bord antérieur du musele postérieur du pied ; de là il se dirige vers la papille qui a été indiquée plus haut, et reçoit les conduits venant des portions glandulaires hépatiques et abdomi- : nales. Cette portion du tube excréteur est assez résistante pour pouvoir être séparée nettement des parties environnantes, et l'on pourrait lui donner ici assez justement le nom d'oviducte.

En raison de ces conditions, on peut dans cette espèce étudier avec beaucoup de facilité la disposition des acini , et leur réunion en lobules primitifs et lobules secondaires.

Tels sont les éléments dont il nous reste à connaitre la texture ; on comprend qu'ils ne sont pas entièrement libres, et qu'ils sont entourés par des tissus formant une trame véritable autour d'eux. Cette trame produite par l’entre-croisement des lamelles des tissus fibreux. ou musculaires , des vaisseaux artériels, etc., forme des aréoles, dans l’intérieur desquelles se logent les acini. Nous verrops , en nous occupant des Acéphales monoïques à glandes confondues, que ces trabécules, ces parois aréolaires, ont été prises par M. Davaine pour une partie même de l'ovaire , mais que cela n'est pas, comme on peut l’observer dans lUnio des Peintres,

(1) PL. 6, Hig. 2. — J'ai fait une observation, malheureusement incomplète, sur une espèce de Moule d'un rose vif, vivant dans le sable des côtes de Bretagne. Le manteau ne renfermait pas la glande génitale qui occupait sa place habituelle, n'ayant pas conservé la coquille que j'avais ouverte sur la plage et n'ayant pas trouvé d’autres individus, je n’oserais donner le nom de l'espèce.

(2) PL. 6, fig. 2 (b).

où les acini se détachent très facilement des parois de l’aréole qui les renferme.

Texture.

De même qu'il était utile de commencer l'étude de la structure de l'ovaire par les exemples les moins difficiles, les moins confus, de même pour la texture le choix est très important, car les difficultés augmentent encore. Quelle est la texture de l'œuf, des acint , du canal excréteur ? Où et comment est sécrété le premier ? Quel rapport a-t-1l avec les seconds? “Telles sont les questions qui doivent nous occuper maintenant.

OEuf.

Rien n’est plus facile à se procurer que l’œuf des Acéphales. Quelle que soit la disposition des glandes, en piquant la masse splanchnique, sans aucune précaution, dans un point quelconque , immédiatement, si l’ovaire est en état de gestation, il s'écoule un liquide coloré comme la glande, où l’on voit une immense quantité de germes à des états divers de développement. Si le moment de la ponte n’est pas très éloigné, on peut, à l’aide de légères pressions, aire aussi sortir les œufs par les conduits naturels , ét j'ai même, en titillant les orifices des glandes annexes ou de Bojanus, produit je ne sais quelle sensation qui a déterminé, chez l’'Huître vermeille (A) et la Lime (2), une ponte presque naturelle. Mais le plus sûr moyen est de prendre un lambeau de la glande, on y trouve toujours des œufs à divers états. |

L'œuf à une forme peu variable. On ne peut en juger que lorsqu'il est pondu. 11 est rond dans l’'Unio (3), le Lavignon (4) ; ovale dans la Spondyle (5), la Lime (6) et l’Arche (7), etc. Ces différences peu sensibles sont d’une importance tout à fait Spondylus gæderopus.

Lima squamosa, pl. 7, fig. À (c).

PL Zifigs 480; di

SI

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