‹ Annales des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 195 sur 228 · MoNACANTHUS LONGIROSTRIS · texte numérisé non relu

MoNACANTHUS LONGIROSTRIS

Caractères. — Formes abaissées , museau très atténué et projeté horizontalement. — Écaillure multispinulée, offrant une brosse sur la région caudale. — Pointe pelvienne saillante, suivie d’un pli cutané rentrant ; tout le corps couvert de taches claires encadrées de noir. -— Région pelvienne pointillée de blanc ; une tache noire sur la caudale.

DM. 30. A. 29. P. 40 ou 12.

Le profil de ce poisson est remarquable par son abaissement ,

. ” ” hé à 382 | HOLLARD. * qui, de 30 degrés, arrive presque à l'horizontalité, et projette le museau en lui donnant, plus que dans aucune autre espèce, une forme de grouin. La ligne dorsale monte jusqu’à la dorsale molle, la ventrale ne s’abaisse sensiblement qu'à quelque distance de la bouche, ce qui concourt encore à faire ressortir la projection de celle-ci.

Le grand rayon épineux , tout à fait sus-oculaire, égale la hauteur du corps; il est grêle, un peu sinueux, porte en avant des pointes petites et nombreuses dirigées en haut, en arrière des épines très courtes.

La dorsale molle et l’anale, toutes deux médiocrement élevées et arrondies en avant, n’offrent ni perforation ni amineissement de leur membrane interradiale.

La saillie pelvienne est longue, étroite, couverte d’épines courtes, dirigées d’arrière en avant. La peau de l’abdomen fait derrière cette saillie une rentrée qui met celle-ci plus en évidence , après quoi la hgne abdominale gagne l’anus dans une direction subverticale.

L'écaillure est épineuse sur les côtés du corps; chacune de ses squames porte un petit nombre de spinules , et celles-ci s’allongent en arrière de manière à former une carde à pointes recourbées.

Le système de coloration de ce Monacanthe est bien caractérisé par des taches disposées en séries longitudinales, entourées d’un cadre brun noir, et séparées par des trajets un peu moins foncés que le cadre et moins clairs que les taches; celles-ci sont allongées sur la tête, irrégulièrement arrondies sur le corps ; audessus de la pointe pelvienne est un espace noir couvert de nombreux points blancs : la caudale porte une tache noire plus ou moins prononcée.

Sur plusieurs spécimens de celte espèce que possède la eollection du Muséum, un seul porte une indication d’origine; il vient de l'ile Maurice. Tous ces exemplaires sont de petite taille ; ils ne dépassent pas 0,08 de longueur totale : à cette dimension correspond une hauteur pectorale de 0,02 et une hauteur pelvienne de 0%,03. La caudale ne compte dans la longueur que pour 0,01 ; la région céphalique y entre pour 0,023. La fente branchiale, dirigée verticalement , n'a que 2 millimètres, tandis que le rayon épineux a prés de 2 centimètres de longueur.

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Synonymie. - Bal. hispidus, Linn., Gm., p. 1463; Séba, t. IT, pl. 34, fig. 2, et pl. 24, fig. 19. (Les deux figures que je cite se rapportent évidemment à deux variétés de la même espèce). Bal. hispidus, var. a. longirostris, Bl., ed. Schneider. — Lija trompa, Ant. Parra, p. 46, pl. 22, fig. 4.

B. C’est bien près du groupe précédent, et À sa suite, sinon dans ce groupe lui-même, que se place un petit Monacanthe à formes hautes et comprimées, à grand rayon dorsal, à nageoires médianes élevées, et dont les squames sont surmontées chacune de plusieurs tubercules épineux ou non très rapprochés par leur base, sans compter que tout le corps est couvert de petits filaments mous, cirrhiformes, qui ont valu à ce poisson le nom spécifique de villosus. Ici le rayon principal de la dorsale épineuse est armé de pointes assez iortes.

5, Moxacanraus vizzosus, Ehrenb.

PE 429 fe, 2.

Caractères. — Écaillure relevée de tubercules coniques placés en petit nombre au centre de chaque squame ; des cirrhes filiformes et appendiculés répandus sur toute la surface du corps.

DM. 28 à 30. An. 28. P. 12 ou 138.

Le corps de ce Monacanthe est élevé ; la ligne du profil facial est droite et inclinée à 50 degrés, celle du dos horizontale entre ]a dorsale épineuse et la dorsale molle.

Le grand rayon épineux, placé sur la partie postérieure de l'œil, et à une certaine distance au-dessus de cel organe, est long, robuste, armé de fortes pointes en arrière.

La dorsale molle et l’anale sont assez hautes et arrondies en avant, puis elles s’abaissent assez rapidement en arrière; leur membrane interradiale n'offre ni perforation ni amincissement à sa naissance.

La pointe pelvienne porte une petite plaque épineuse ovale, qui

fait peu de saillie, le tégument abdominal s’élevant en ligne droite

et rapide de son extrémité postérieure à l'anus. Cette région tégu- se, mt

33h HOLELARD.

mentaire est sensiblement plus rugueuse ou plus épineuse que les parties voisines, et légèrement plissée.

L’écaillure se compose de petites squames oblongues, relevées À. leur centre de quelques pointes mousses, formant un groupe ou une série simple. Outre ces aspérités, on remarque à la surface du corps une multitude de filaments mous et flottants , qui, examinés au microscope, se présentent comme de longues tiges plus larges à leur naissance qu'à leur extrémité, et sur la longueur desquelles se distribuent de petits rameaux simples et courts, augmentant en longueur, à mesure qu'on les examine plus près de la fin de la tige (4).

Le système de coloration se compose ici de taches irrégulières , semées à distance les unes des autres, et sans ordre, sur un fond plus clair.

Nous ne possédons qu’un seul individu bien reconnaissable de cette espèce, et l'étiquette du bocal qui le renferme n'indique pas son origine. Voici les dimensions de cet exemplaire :

Longieur totale... 10 21002070 Hauteur pectorale, . : . 0",030 Hauteur pelvienne./.4. 44, 0,07 /035 La région caudale entre pour. 0,013 dans la longueur. La région céphalique pour. . 0,020

Le rayon épineux atteint plus de la moitié de la hauteur. Les villosités ont en moyenne une longueur de 4 ou 5 millimètres.

Synonymie. — Le nom que je donne à ce Monacanihe m'est fourni par l'étiquette du bocal qui le renferme. M. Cuvier indique deux espèces sous ce même nom (Règne animal, I, p. 374, notes 2 et 3), l’une attribuée à M. Ehrenberg, l’autre à Cuvier luimême ; mais il est assez remarquable que cette dernière soit placée dans une catégorie qui manque de villosités. Le Monocanthus villosus et le Monacanthe velu des planches du grand Dictionnaire des sciences naturelles me paraissent identiques.

C. Dans notre troisième type, les formes sont moins hautes , les

(1) Quelques-uns de ces petits appendices où ramuscules sont dichotomisés près de leur origine.

MONOGRAPHIE DES BALISTIDES. 999 nageoires médianes plus longues que dans les précédents; mais, à cela près, des affinités évidentes rattachent de près les espèces de ce type à celles que nous avons déjà passées en revue ; non-seulement les squames portent des saillies mulüples et distinctes disposées en séries , saillies qui cette fois sont généralement courtes, mais le grand rayon épineux est encore quelquefois très robuste. La pointe pelvienne est bien armée , seulement sa plaque est très dégagée en arrière, et le tégument abdominal rentre et décrit une ligne concave de cette pointe à l'anus. Parmi les espèces qui viennent se ranger 1C1, il en est qui portent à la région caudale plusieurs épines couchées, la pointe en arrière.

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