‹ Annales des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 5 sur 228 · TRIACANTHUS LONGiROSTRIS , Nob · texte numérisé non relu

TRIACANTHUS LONGiROSTRIS , Nob

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Caractères. — Profil de 30 degrés ; museau très avancé; formes allongées ; le front de largeur médiocre. — Deux rayons prédonmnants à la dorsale épineuse : le premier égalant la hauteur du corps, le second les 3/5°, les trois autres courts, en décroissance rapide. — Dorsale molle très basse, déclinantde moitié du commencement à la fin ; anale conservant de la hauteur en avant, mais à décroissanee moins rapide que dans les précédents :

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La projection et l’abaissement de la région céphalique, puis la longueur extraordinaire des deux premiers rayons de la dorsale épineuse, caractérisent parfaitement cette espèce. L’abaissement de la dorsale molle est notable ; celui de l’anale est sensible, sa ligne de déclinaison étant modérément infléchie. Le nombre des rayons de ces deux nageoires molles a encore subi une réduction.

Je n’ai plus retrouvé dans le système de coloration la tache noire qui existe dans les deux espèces précédentes à Ia base de la dorsale épineuse, sur le premier rayon. Les teintes générales m'ont aussi paru plus ternes et plus grisâtres.

Quant aux proportions, celle de la hauteur à la longueur est dans le rapport de 4 à 3. La ligne de profil qui part de la grande épine est encore 1ei des 2/5° de la longueur, en sorte que la distance de la dorsale épineuse à l'extrémité du museau, quoiqu'elle augmente dans un sens absolu du premier au troisième terme de la série des Triacanthes, reste dans les mêmes rapports avee la longueur; ce qui change, c’est la proportion de la longueur à la hauteur , le corps s’abaissant graduellement du T', brevirostris au T'. longirostris, ou mieux sa longueur proportionnelle augmentant d’une manière très sensible.

Cette élongation modifie du côté de la tête la position de l'œil qui

remonte successivement dans l'angustifrons et dans le longirostris, ce qui le rapproche de sa position la plus ordinaire dans les Balistides, La fente branchiale, à son tour, de verticale qu’elle est d’abord, devient assez oblique dans cette dernière espèce. Enfin , quand , de l'extrême bord de la lèvre supérieure, on tire une droite, qui aboutit à la naissance de la caudale à égale distance de ses rayons extrêmes, on trouve que cette ligne arrive au tiers inférieur de la fente branchiale dans le brevirostris ; qu’elle la laisse un peu au-dessus d’elle dans l’angustifrons, et qu’elle l'entame à peine dans le longirostris, malgré l'allongement que cette fente présente chez ee dernier Triacanthe. Ces différences sont dues à la projection du museau dans les deux dernières espèces ; car la limite inférieure de la fente branchiale se confond dans les trois espèces avec celle du tiers inférieur de la hauteur pectorale. Ces considérations , minutieuses en apparence, ont pour but d'établir que les modifications des formes et des proportions du corps dans les Triacanthes sont le résultat d’une augmentation de la longueur proportionnelle du corps, fait qui ressort d’ailleurs très évidemment de la comparaison, dans les trois espèces, de la distance croissante des ventrales à l'anale. Or l’élongation est en zoologie un caractère de dégradation, qui se rattache à d'importantes considérations de physiologie et d'anatomie comparée.

Le Triacanthus longirostres n’est représenté dans nos collections que par un très petit nombre d'exemplaires.

habite les mêmes régions maritimes qus les précédents.

If. — Genre BALISTES, Cuv.

Caractères. — Dorsale épineuse de trois rayons, dont le premier prédominant et plus ou mois robuste, le troisième écarté des deux autres. — Bassin dépourvu de rayons etde tout vestige de ventrales, mais formant à son extrémité postérieure une saillie hérissée d’aspérités et séparée de l'anus par une sorte de fanon épineux. — Bouche non protractile, garnie de grosses lèvres, armée de huit dents marginales à chaque mâchoire, et d’un second rang de six dents en haut, — Écaillure assez régulièrement ordonnée, et composée de

squames subosseuses que surmontent des tubercules ou des épines. —— Ligne latérale irrégulière, interrompue et non constante.

Détails descriptfs.

Ce genre, composé d’un assez grand nombre d’espèces , nous offrira, dans la plupart de ses caractères, des variantes nombreuses. Il est néanmoins très naturellement limité par ses traits principaux, et je citerai avant tout sa dorsale à trois rayons , et ses grandes squames tubereulées, disposées avec ordre.

Les formes des Balistes sont généralement un peu ramassées, et prennent souvent une hauteur proportionnelle assez considérable ; mais en même temps elles demeurent toujours comprimées. La ligne supérieure du corps, après être montée en dessinant le profil de la tête jusqu’à la naissance de la dorsale épineuse, ne s’élève pas plus haut, et court horizontalement jusqu’à la dorsale molle, avec laquelle elle descend très rapidement. La ligne inférieure descend du menton jusqu'à la pointe du bassin ; et quand cette pointe est tres saillante, quand elle est soutenue en arrière par un fanon extensible, l'obliquité de la ligne ventrale s'éloigne beaucoup de l'horizontale ; au delà de la pointe pelvienne, elle remonte avec le fanon jusqu’à l'anus, et avec l’anale jusqu’à la fin de celle-e1 ; dans ce dernier tràjet qui est ordinairement rapide, elle se rapproche de la ligne supérieure, dont elle n’est plus séparée que par un petit espace. Avec ce rapprochement, et à cette limite postérieure de la dorsale molle etde l’anale, commence l’étranglement caudal, qui précède l’épatement ou lobule où s’insérent les rayons de la nageoire terminale (eaudale). Cette petite région, plus ou moins bicône, qui est si allongée chez les Triacanthes, est presque toujours courte dans les Balistes ; mais elle esten général robuste, et souvent bien armée, comme nous le verrons. La projection de la face varie beaucoup dans ce genre ; mais CE qui ne se voit Jamais, quelque raccourcie et rapide que soit la ligne de profil, c’est que l’œil soit presque aussi près de la bouche que du sommet de la tête, comme nous l'avons observé chez le Triacanthe brévirostre.

On remarque au-devant de l'œil une fossette allongée et plus ou

moins profonde , espèce de larmier dont il est difficile de dire la destination. Les narines sont en dehors et au-dessus de cette dépression, occupant elles-mêmes une petite place nue et déprimée.

LesBalistes atteignent des dimensions qui varient beaucoup, mais dont le maximum va bien au delà de celui que nous offre le genre précédent ; certaines espèces m'ont offert jusqu’à 60 centimètres de longueur, et quelques observateurs parlent de mesures encore plus considérables.

La dorsale épineuse, quoiqu’elle n'offre ici que trois rayons, occupe en général une étendue plus considérable que celle des Triacanthes, et sa membrane, prolongée au delà du dernier rayon, atteint souvent le commencement de la dorsale molle. La grande épine varie beaucoup en longueur, en épaisseur, et, quant à sa forme , elle est plus souvent courte que longue. Elle s'appuie sur une deuxième épine qui conserve une certaine longueur relative. Quant à la troisième, elle esttres écartée des deux autres, et demeure souvent assez courte pour que sa pointe sorte seule du sillon qui loge la nageoire ; quelquefois même, elle n’en atteint pas le bord.

La dorsale molle et l’anale se correspondent assez exactement ; la première commence un peu plus en avant, mais finit au même niveau que la seconde. Ces deux nageoires, composées d’un nombre de rayons quis’élève souvent au-dessus de trente, et de rayons toujours divisés, sont en général assez hautes, et plus en avant qu’en arrière.

La caudale varie quant à sa forme, qui est ou fourchue, ou sinueuse, ou droite, ou enfin arrondie à son extrémité. Ces différences entrent dans la caractéristique des espèces aussi bien que celles des nageoires précédentes ; elles comptent surtout parmi les caractères qui servent à la coordination en séries.

La pectorale est médiocre dans toutes les espèces, toutefois avec des différences assez notables. Le nombre de ses rayons varie de treize à seize. Cette nageoire, appliquée sur les flancs, indique par son premier rayon , plus ou moins incliné, la limite postérieure de ce que nous nommerons l'espace scapulaire, petite place anguleuse bornée en avant par la fente branchiale. Là se dessine, au-devant de cette fente et sous la peau, une saillie postérieure de l'os scapulare,

tantôt large et étalée, tantôt plus étroite ef comme entamée supérieu- 4 série. Zooz. T. I. (Cahier n° 4.) 4 4

rement, différence que nous verrons être en rapport avec des dispositions spéciales de l’écaillure.

Le bassin des Balistes a été décrit, commele squelette en général, dans la première partie de ce travail, et jai déjà parlé de la pointe pelvienne, c'est-à-dire de la saillie que fait cette pièce osseuse par son extrémité postérieure. À mesure qu’elle approche de cette terminaison, elle devient plus immédiatement sous-cutanée ; la peau adhère intimement à l’os etsemble même se réduire ici à une couche de granulations calcaires rudes, souvent épineuses. En même temps on dirait que la peau a été comme entraînée au delà de sa limite naturelle par l’abaissement du bassin ; ear cette membrane, abandonnée à elle-même au delà de la saillie pelvienne, se trouve éloignée de la couche charnue du ventre, et, s'appliquant contre elle-même, forme ee pli ou fanon, dont il a déjà été question. Chez les Balistes, ce fanon, sans parler des particularités de son écaillure, est ordinaïrement soutenu par une double série de petites aiguilles qui ne montrent que leur pointe en dehors. Il y a, du reste, d'importantes différences entre les Balistes sous le rapport du développement de cette disposition cutanée, mal à propos comparée par quelques ichthyologistes à une nagcoire médiane.

Les Balistes ont huit dents marginales à chaque mâchoire, et six dents en seconde rangée à la supérieure. Les marginales sont ordinairement très proclives, surtout dans l’âge adulte ; les antérieures, plus longues, tiennent à la fois, et plus ou moins, des formes des incisives et de celles des canines ; tandis que les postérieures, plus ou moins courtes, ressemblent assez à de fausses molures. L'âge, en émoussant les pointes et les tranchants des unes et des autres, contribue beaucoup à leur donner ces dernières formes. Cependant nous voyons chez un petit nombre d'espèces prédominer la forme des incisives (B. ringens), tandis que d’autres fois les premières latérales, dépassant les médianes, peuvent devenir de véritables dents en crochets, rappelant les canmes des Carnassiers (B. niger ). Quant aux dents de la seconde rangée, elles se distinguent par leurs couronnes larges, aplaties, coupées carrément, et appliquées sur les intervalles des dents marginales.

Les squames des Balistes sont non seulement toujours très

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distinctes, mais ordinairement grandes, de formes plus régulières que celles des Triacanthes et des Monacanthes, et arrangées avec beaucoup plus d'ordre que dans ces deux genres.

L’ossification de la couche squamoïde du derme est ici très prononcée ; elle parait avoir lieu sur plusieurs points à la fois ou successivement pour chaque squame, et à ces points correspondent les tubercules mousses ou épineux qui surmontent celles-ci, du moms sur une grande partie de sa surface. En effet, le microscope nous permet de reconnaitre dans la texture de la couche superficielle de ces plaques écailleuses des espèces de trajets saillants qui partent de la base des tubercules, et forment autour d’elle comme une aire de fibres rayonnantes qui vont en se divisant et s’effaçant de plus en plus jusqu’à ce qu’elles rencontrent les aires voismes. Cette disposition appartient, je le répète, à la couche superficielle des squames ; elle ne s'étend même pas toujours à toute eette couche, car le pourtour et souvent une moitié de la plaque sont dépourvus de tubereules, et présentent tout au plus un aspect finement granuleux, où les lignes d’ossification se rapportent à un point commun. Quoi qu'il en soit, il règne un ordre plus ou moins évident dans la disposition des tubercules ; ceux-ci forment ordinairement des séries qui partent du premier centre d’ossification de l’écaille, et se dirigent à droite, à gauche et en arrière de ce point. Celui-ci formera done la partie la plus avancée, en même temps que la plus sallante d’une première série de tubercules. Or cette première série sera très près du bord antérieur de la squame, s’il n’y a pas imbrication ; mais si ce même bord, avec une partie plus ou moins considérable de la surface qu'il limite, passe sous l’écaille précédente, le tubereule prédominant et la série antérieure prendront une position plus reculée, comme on le voit sur les squames des flanes. Ainsi il y aura un tubercule prédominant, toujours antérieur par rapport aux autres ; et ceux-ci formeront des séries divergentes à partir de lui. Ce sera ce tubercule qui prendra le premier la forme d’épines, lorsque celle-ci se prononcera plus ou moins ; ceux qui l’avoismeront le plus, étantles plus développés après lui , la prendront ensuite, et quelquefois toute la ligne, qui, partant du grand tubercule et se dirigeant en arrière, partage l’écaille transversalement en deux parties symétriques ,

pourra se relever en une sorte de crête, comme nous le voyons dans les B. ringens et stellaris, etc. Ces considérations, qui pourront sembler d’abord un peu minutieuses , se justifieront aux yeux des zoologistes comme ramenant à une règle assez précise des faits qui appartiennent à la caractéristique des Balistes, et qui, jusqu’à présent, se présentaient comme de simples accidents. On saura maintenant que les épines caudales de certaines espèces ne sont que le développement partiel et extraordinaire d’un tubercule, qui existe plus ou moins prédominant sur toutes les écailles voisines, et que ce tubercule représente un centre principal d’ossification, commun à la généralité des squames des Poissons qui nous occupent.

On n’a pas assez remarqué et pris en considération les différences caractéristiques qu'offre l’écaillure des Balistes selon les régions du corps , d’abord quant à l’arrangement des squames, puis quant à leur grandeur relative et à leurs formes ; enfin, sous le rapport de leur surface et des tubercules qui les couvrent. Les faits de ce genre, qui ont été signalés et utilisés par Cuvier, et mieux encore par les ichthyologistes anglais et américains , demandent à être précisés et complétés. Je vais essayer d’en donner l’ensemble d’après mes propres observations.

Les squames des différentes parties du corps forment plusieurs systèmes locaux assez bien caractérisés. Je distingue comme tels le système des joues, le système abdominal, le système scapulaire, et le système des flancs et de la queue ou latéral. Le passage d’un système à un autre n’a pas lieu brusquement, mais par des transitions où l’ordre des squames est plus ou moins dérangé. Il y à aussi de l’irrégularité au voisinage des lignes médio-dorsale et médio-ventrale. Les squames de ces deux régions reprennent un peu plus de régularité à la base de la dorsale molle et de l’apale , où elles forment plusieurs rangées de petites plaques allongées et étroites, qui se confondent peu à peu avec celles du voisinage. Il suffira de jeter les yeux sur l’une des planches de nos deux sections pour saisir ces dispositions de l’écaillure et constater les différences de toutes les régions ; en comparant l’une des secüons à l'autre, on verra les deux modes principaux du système scapulaire ; en rapprochant les figures du 8. caprisceus et du B.

MONOGRAPHIE DES BALISTIDES, 99 frenatus , on aura une idée des principales différences du système des joues , et ainsi des autres.

Les squames des joues se disposent tantôt en rangées horizontales, ou subhorizontales rapprochées ou disjointes , tantôt en séries subverticales. Le système ventral nous offre des plaques plus longues d'avant en arrière, que hautes, et qui forment, ainsi couchées, des séries presque horizontales. Cette région écailleuse commence au-dessous et un peu en avant de la racime de la nageoire pectorale , et remonte plus ou moins , selon les espèces, derrière cette nageoire , ou s'arrête à sa limite inférieure. La région scapulaire correspond au petit espace angulaire laissé entre la pectorale et la fente branchiale ; nous rencontrons ici, ou bien des squames semblables à celles des côtés du corps, ou bien un petit système de trois plaques principales, bordées en avant et en haut de quelques rangs d’écailles, dont les plus extérieures se confondent avec celles du voisinage : c’est ce que j'appellerai le cadre. Les trois plaques principales ou seutelles de l'épaule remplissent évidement laissé chez le plus grand nombre des Balistes, dans la partie large et avancée de l’os scapulaire, laquelle se réduit par là à une apophyse dont le bord supérieur forme un angle à peu près droit avec le corps de l’os. Dans cet angle se place une scutelle plus grande que les autres, de forme plus ou moins régulièrement ovalaire , et que j'appellerai la plaque antérieure ; derrière elle est la plaque ou seutelle postérieure , un peu moindre que la précédente, et placée de manière à ne toucher celle-ci que par une partie très limitée de son bord antérieur. La troisième scutelle, qui est la plus petite , vient s’intercaler inférieurement, à la manière d’un coin, dont elle a la forme , entre les deux plaques précédentes : je nomme cette scutelle l’intercalaire inférieure. Quant à l’espace beaucoup moins prononcé que laissent supérieurement entre elles les deux grandes plaques , il est occupé, plus ou moins exactement, par une squame du cadre, qui pourrait être distinguée des autres sous le nom d'intercalaire supérieure ; du reste, le cadre lui-même varie beaucoup.

Ces scutelles de la région scapulaire sont plus épaisses que les squames des autres régions, et que celles du cadre. D'un point plus ou moins saillant partent des stries qui rayonnent vers la circon-

férence , et qui se montrent hérissées de petites aspérités où de granulations ; la scutelle antérieure présente en bas et en avant une sorte d’élargissement qui, joint à ses stries partant d’un renflement très inférieur, font ressembler cette plaque à une coquille du genre Pecten.

Enfin, la région latérale du tronc , au-dessus et en arrière de la région ventrale , se compose d’écailles plus ou moins régulièrement lozangiques , presque toujours imbriquées, disposées sur des lignes assez régulières, obliques et un peu sinueuses; plus grandes sur les flancs, ces squames diminuent en arrière, et deviennent très petites sur le lobule qui porte le caudale. Leur partie découverte offre des tubercules assez régulièrement disposés en séries, dans la plupart des cas : la série antérieure se distingue, par la grosseur relative de ses tubercules, et surtout du médian qui est en même temps le plus avancé ; dans les autres séries qui se succèdent d’avant en arrière, le tubercule qui occupe le milieu de la ligne est souvent aussi d’un volume supérieur aux autres , et forme parfois avec le premier une arête médiane. J'ai déjà dit que ce sont ces tubercules qui, en s’exagérant, forment les épines qui hérissent souvent le corps des Balistes , et que le tubercule moyen de la série antérieure joue ici le premier rôle. Je n’ajouterai que deux courtes remarques ; la première, c’est que les épines sont d'autant plus prononcées , qu'elles se montrent sur un plus petit nombre d’écailles ; c’est ce dont on peut se faire une idée en comparant le Balistes armatus, ou le Bal. bursa avec le Bal. lineatus. En second lieu , les épines qui acquièrent le plus de développement ont leur pointe dirigée en avant, ce qui ne se voit que sur la queue.

La ligne latérale n’est pas toujours apparente dans le genre Baliste ; elle est irrégulière, interrompue , côtoie de près le dos, et subit tout à coup une inflexion considérable pour gagner le milieu de la région caudale ; elle forme sur les squames de petits sillons bordés de très petits tubercules.

Nombre et distribution des espèces.

ai déterminé dans la collection du Muséum vingt-neuf espèces de Balistes bien caractérisées ; elles se distribuent en deux sections

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principales , différenciées par les squames de l’épaule. Dans la première, ces squames ressemblent plus où moins à celles du voisinage; dans la seconde, elles constituent ce petit système de scutelles que j'ai décrit plus haut, en faisant remarquer que son existence coïncide avec une échancrure du scapulum qu'il semble destiné à couvrir. Comme nous le verrons, les Balistes de cette dernière catégorie portent souvent sur la région caudale quelques épines à pointe antérieure qui se retrouvent avec une analogie très prononcée chez quelques Monacanthes. Ce rapprochement nous indique les espèces à plaques seutellaires comme venant après celles qui n’ont pas ces plaques à l'épaule.

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