DIT LEREBOULLET., — EMBRYOLOGIE COMPARÉE
$ 7. Pendant cet accroissement de la vésicule et de l’œuf tout entier, les éléments de l’une et de l’autre sphère se modifient et se différencient de plus en plus. Les taches germinatives se changent en cellules, tandis que les granules vitellms se constituent en globules, et ceux-ei tendent à se multiplier par génération endogène.
= 8. Vers les derniers temps de son existence , la vésicule germinative renferme des corpuseules de nature diverse (cellules , oranules, vésicules graisseuses ). La présence de ces divers matériaux annonce une transformation qui aura bientôt pour résultat a production des corpuscules plastiques destinés à constituer l’embryon futur. La graisse intervient d’une manière évidente dans la formation de ces éléments nouveaux.
$ 9. C’est lorsqu'elle a préparé ces éléments embryonnaires que la vésicule se rompt et les répand à la surface de l’œuf sous la forme de corpuscules microscopiques , qui n’attendent plus, pour subir de nouvelles modifications, que l'impulsion vitale qu'ils doivent recevoir du fluide fécondant.
$ 10. La fécondation ne prend donc aucune part à cette rupture de la vésicule germinative, ni à la dissémination de ses éléments.
Je crois avoir établi d’une manière positive, pour le Brochet et pour la Perche, ce fait important qu’on vient aussi de constater dans la femme, et qui s’appliquera sans doute à tous les Vertébrés, probablement même à tous les animaux. |
$ 14. D'abord réunis en petites masses, et occupant encore la place qu'occupait la vésicule germinative, les corpuscules plastiques produits par eette vésicule se répandent peu à peu dans l’œuf tout entier, et se mêlent aux éléments vitellins.
$ 12. Le dernier acte de la vie de l’œuf dans l'ovaire est la concentration , vers un de ses pôles, de tous les éléments dont il se compose, c'est-à-dire des corpuscules plastiques , des globules vitellins nutritifs, et de la graisse, pour former une tache jaunâtre ou grisätre, tandis que le reste du vitellus est d’une limpidité parfaite.
J'ai aussi observé cette réunion des éléments vitellins en un seul amas dans le Rotengle (Lenciscus erythrophthalmus), tandis que
DU BROCHET, DE LA PERCHE ET DE L'ÉCREVISSE. 2h45 M. Vogt l’a vue dans la Palée (Coregonus palæa). Ce phénomène parait donc ètre général chez les Poissons.
$ 13. Appelé à vivre dans l’eau , l'œuf est entouré d’une membrane très perméable, traversée par une infinité de petits tubes qui facilitent l’absorption de ce liquide, et servent ainsi à sa respiration.
$ 1/4. Je ne pense pas qu’on doive assimiler soit l’œuf en entier, soit seulement la vésicule germinative , à une véritable cellule.
Si c’est l'œuf tout entier que l’on compare à une cellule , la vésicule en sera le noyau; mais cette comparaison ne saurait être admise , puisque la vésicule ne cesse de croître depuis sa naissance jusqu’à sa disparition , en même temps que ses éléments inclus se multiphent.
La deuxième hypothèse , qui compare la vésicule à une cellule , n'est guère plus satisfaisante, à cause de son contenu , les taches germimatives, qu'il faut alors regarder comme des noyaux multiples, assimilation qui ne s'accorde pas avec leurs changements de forme et de volume, et avec leurs transformations.
Si l’on veut ranger l’œuf dans la classe des cellules endogènes , on rencontre d’autres difficultés. Les cellules endogènes ont pour caractère principal et essentiel la similitude des éléments reproduits dans des cellules incluses et qui dérivent les unes des autres. Ici, au contraire , nous trouvons des éléments hétérogènes dans l'œuf et dans sa és": et nous voyons ces éléments se Et en outre avec l’âge de l'œuf.
Nous pensons done qu'il faut renoncer à ces comparaisons, et se borner à regarder l'œuf comme un petit organisme dont les deux parties essentielles ont chacune un rôle particulier à remplir.
B. Différences.
$ 15. D’après ce qui précède, les différences qui existent entre l'œuf du Brochet et celui de la Perche sont peu nombreuses , et relativement peu importantes. Elles consistent dans l’arrangement des œufs , leur couleur, l’aspect de leur surface , la disposition des éléments qui les constituent.
Aüinsi les œufs du Brochet sont libres, ceux de la Perche sont
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agglutinés les uns aux autres. Dans le Brochet , ils ont une couleur jaunâtre ; ils sont verdâtres et beaucoup plus transparents dans la Perche.
Leur surface est lisse dans le Brochet ; elle est, au contraire, dans la Perche, couverte de filaments roides et recourbés qui servent à les attacher les uns aux autres.
Enfin, dans l’œuf du Brochet, la graisse est disséminée en petits amas vésiculeux ; tandis que, dans celui de la Perche; presque toute la graisse est concentrée en une grosse goutte huileuse.
Ces différences sont, comme on voit, d’un ordre secondaire. Elles constituent des caractères qui permettent de reconnaitre faerlement les œufs de ces deux Poissons, et qui sont, par conséquent, spécifiques, peut-être même génériques, mais qui sont étrangers au développement.
La composition de l'œuf, ainsi que l’évolution et la transtormauon de ses éléments, sont essentiellement les mêmes dans le Brochet et dans la Perche.