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LEREBOULLET. — EMBRYOLOGIE COMPARÉE

$ 9. En effet : u

1° Les divisions vertébrales commencent presque aussitôt après l'apparition du sillon dorsal. Elles partagent chacune des deux carènes par des lignes transversales en groupes similaires, composés de cellules allongées qui se disposent en séries , et se préparent à se transformer en cylindres musculaires.

2 Un long fuseau composé d'éléments gélatineux rudimentaires d’abord, mais qui, plus tard, se développent en vésicules , la corde dorsale , apparaît au centre du corps embryonnaire , de manière à en former exactement l’axe.

Elle se distingue par sa position centrale, par sa structure, et par la longue durée de son existence et le peu de changements qu'elle éprouve.

Elle semble d’abord ne pas être symétrique, et faire exception, à cause de sa position centrale, à la grande loi de symétrie qui Caracs, térise les parties supérieures de l'embryon ; et cependant, si l’on examine sa structure, surtout dans les premiers temps de sa formation, on est frappé de voir qu'elle se compose de deux séries parfaitement symétriques d'éléments primordiaux ( voyez nos figures ).

3° Dès que la grande vessie céphalique est formée, des éléments nerveux se déposent sur ses parois intérieures , et la remplissent peu à peu en se multipliant de dehors en dedans. La même matière nerveuse se dépose dans le sillon dorsal, même avant sa fermeture, pour former l’axe nerveux rachidien.

Cet axe est double et symétrique dès les premiers temps de sa formation. Il est composé de deux tubes juxtaposés qui se remplissent de cellules nerveuses.

La vessie céphalique, à son origine, n’est pas encore un organe nerveux, pas plus que les carènes dorsales ou même les lamelles vertébrales ne sont des organes musculeux. Ces parties sont composées, dans le principe, des mêmes cellules embryonnaires qui se différencient plus tard, pour former, les unes, des cellules nerveuses, les autres des cylindres contractiles.

4e Pendant que les divisions vertébrales s’opèrent , c’est-à-dire pendant que le travail vital détermine la division des carènes dorsales en un certain nombre de pièces semblables entre elles, la

DU BROCHET, DE LA PERCHE ET DE L'ÉCRENISSE. 267 vessie céphalique , obéissant en quelque sorte à cette tendanee , se partage transversalement en trois vessies secondaires placées l’une au-devant de l’autre, et de grandeur très inégale.

Ces trois vessies correspondent à trois divisions de la masse nerveuse encéphalique et à trois appareils sensitifs.

Cependant, de ces trois appareils, celui qui se montre le premier est l’appareil de la vision qui se détache, sous la forme d’une ampoule, de la vessie céphalique moyenne, la plus volumineuse des trois.

L'appareil auditif ne se montre que plus tard, et celui de loi faction plus tard encore. |

$ 10. Quand cette première série d'organes préparatoires (earènes dorsales et lamelles vertébrales , corde dorsale, axe nerveux rachidien, vessies céphaliques et vessies oculaires) est formée , ces organes , qui constituent en quelque sorte les bases de l'embryon animal , se complètent par l'apparition des vésicules audiüves , des id olfactives, et par la dépression des ampoules oculaires.

L'oreille est d’abord une petite sphère solide, formée par une accumulation de cellules sur les côtés de la vessie postérieure , et qui ne tarde pas à se changer en vésicules. Sa formation est indépendante du renflement nerveux qui l’avoisine.

La vessie oculaire se déprime pour constituer une sorte de bourse.

Les fossettes olfactives sont des ML cutanées.

D'où il suit que les appareils des trois sens supérieurs ont des modes de production différents.

$ 11. Jusqu'ici la puissance formatrice s'était concentrée , pour ainsi dire, vers la région supérieure de l'embryon, pour former les rudiments des appareils qui président aux fonctions de l’animalité. Maintenant nous allons la voir se porter vers la région opposée , et provoquer |’ apparition et le développement de deux appareils qui président aux fonctions de la vie végétative; nous voulons parler du cœur et de l'appareil digestif qui se montrent presque en même temps.

$ 12. La formation des vésicules auditives et F dépression des ampoules oculaires peuvent être regardées comme les avant-coureurs de l'apparition de l'organe circulatoire.

C'est alors que les parties antérieures du corps se soulèvent en

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se détachant du vitellus, que celui-ci se déprime dans la partie correspondante à la région céphalique, et que la chambre cardiaque se produit. Des cellules embryonnaires s'accumulent sous la tête, contre le plafond de cette chambre, et 1l se forme un organe eylindrique, solide, sans cavité, qui est le cœur. Cet organe entre en mouvement pour ainsi dire dès qu'il est formé, avant même qu'il soit devenu creux, conséquemment longtemps avant qu'il contienne du sang et des globules, montrant ainsi, dès l’origine, la force -contractile propre dont il est doué, et qui fait son principal caractére.

$ 13. En même temps, il se forme le long de la carène médiane inférieure du corps, par conséquent le long de la ligne médiane inférieure , une gouttière qui deviendra l'intestin , par le rapprochement et la soudure des deux bords symétriques qui la composent. Cette gouttière inférieure , quoique produite d’une manière différente, est le pendant de la gouttière supérieure qui s'était formée par l’établissement du sillon dorsal. Seulement celle-ci s’est formée par en haut, et s’est constituée en tube rachidien contenant l’axe nerveux , tandis que la gouttière Imtestinale se forme par en bas, longtemps après, et ne se constitue que très tard en tube intestinal.

$ 1%. L'apparition des premiers rudiments du foie appartient encore à cette période qui se termine à la formation du cœur. Cette glande n’est pas produite par une évolvure de l'intestin, mais bien par une végétation cellulaire péri-intestinale , c’est-à-dire par la production de cellules particulières contre les parois de l’intestin.

$ 15. Enfin, pendant que le cœur se forme, le système nerveux cérébral, qui jusque-là se composait d’une masse unique, se divise en deux moitiés longitudinales égales et symétriques, par la continuation de la scissure qui séparait en deux moitiés semblables l’axe rachidien. Le système nerveux céphalique devient alors la continuation directe du système rachidien, et l’axe nerveux tout entier est formé de deux cylindres parallèles et contigus qui règnent dans toute la longueur du corps. C’est alors que ces deux moitiés s’écartent l’une de l’autre dans la région céphalique, puis se rapprochent de nouveau, mais seulementsur quelques points, de manière à lais ser entre eux des intervalles vides qui constitueront les diverses cavités cérébrales.

DU BROCHET. DE LA PERCHE ET DE L ÉCREVISSE. 269 $ 16. La fin de cette période est encore caractérisée par les premiers mouvements de l’embryon , mouvements d’abord très obseurs , et produits par des contractions de la masse entière du COrPS. | B. Différences.

$ 17. Quoique les phénomènes embryologiques que nous venons de résumer n'aient pas été suivis dans tous leurs détails, sur les deux espèces de Poissons dont nous avons étudié le développement, cependant nous pouvons dire, d’après ce que nous en avons vu, que ces phénomènes sont les mêmes dans le Brochet et dans la Perche. Ce n’est que vers la fin de cette période, un peu avant la formation du cœur, que les premières différences entre ces deux Poissons commencent à se montrer.

$ 18. Le corps de l'embryon s'élève davantage au-dessus du vitellus dans la Perche que dans le Brochet. Le détachement est surtout plus marqué pour la région caudale , qui prend de bonne heure une forme cylindrique , et commence déjà à se détacher du vitellus, quand les vessies oculaires se dépriment. Cette queue, chez la Perche , s’allonge rapidement, ce qui annonce un plus grand développement des appareils moteurs. Aussi les mouvements de l'embryon se font remarquer plus tôt dans ce Poisson ; ils ont lieu avant la formation du cœur, ou tout au moins avant qu'on aperçoive ses battements ; ces mouvements sont plus forts, plus rapprochés, et déterminent un déplacement du corps, ce qui n’a pas lieu dansle Brochet.

Ces phénomènes de contraction sont d'autant plus remarquables qu'il n’existe pas encore, à cette époque, de véritables fibres musculaires, mais seulement des cellules allongées ou des chaïnettes de cellules soudées bout à bout.

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