‹ Annales des sciences naturelles (volume 4)Chapitre 1 sur 27 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

- FAMILLE DES NEPHTHYDIENS Gr.

GENRE NEPHTHYS Cuv.

Il est difficile d'établir les espèces du genre Nephthys sans tenir un compte important de la forme des deux rames des pieds. Mais comme cette forme varie souvent dans le même animal selon les régions du corps, il est important de bien indiquer à quelle région appartient le pied d’après lequel on fixe une espèce. C'esl pour avoir négligé cette règle qu'OErsted dans ses Grôünlands Annulata dorsibranchiata et Malmgren dans ses Nordiska hafs-Annulater, ont introduit une certaine confusion parmi les espèces du Nord. Mübius (1) pour y mettre de l’ordre considéra la V. ciliata O0. F. Müller, la N. assimilis OErst., la N. incisa Mgr. comme synonymes de la NV. cæca Fabr. Lenz (2) fut aussi du même avis,

(4) Jahresb.der Kommiss. zur wiss. Unters. der Deutschen Meere. Berlin, 1875, in-fol., p. 168.

(2) Die wirbellosen Thiere der Travemünder Bucht (Anhang I zu dem Jahresb. der Komm. zur wiss. Unters. der Deutschen Meere, in-fol. Berlin, 1875, p. 13).

Theel (1) comparant le 20° pied maintint au contraire Ja AN. incisa, la N. ciata, déjà décrite par Ehlers comme espèce distincte, et la NV. assimilis, si on doit en faire le synonyme de la N. Hombergü Aud. et Edw. Levinsen (2) les conserva également. Mais peu de temps après, Wiren (3) au contraire, simplifiant encore plus que Môbius, réunit sous le nom de À. cæca Fabr., la N. cæca, la NN. ciliata, la N. iongisetosa OErst. (4), la N. cirrosa Ehl., la N. emarginata Malm., les regardant ioutes comme appartenant à une forme à laquelle il altribua le nom de N. cæca qui était le plus ancien. À l’appui de son opinion il donna pour les exemplaires recueillis par la Véga, un tableau détaillé des variations observées aux 20%° à 50" segments pour la forme du mamelon pédieux et de la lamelle postérieure dans chaque rame. Mais ne faul-il pas voir là une série de variétés d’une espèce ou même des espèces différentes ? Ce qui me ferait pencher pour cette dernière opinion, c’est que chez les Nephthydiens de Dinard, après avoir examiné de nombreux exemplaires, j'observe comme espèces parfaitement stables et distinctes la AV. cæca Fabr. Ebhl., et la N. cirrosa EbL., sans parler de la N. Homberqu Aud. et Edw. Wiren ne s’est atlaché qu à la forme de certaines parties des rames; mais il faut bien tenir compte aussi d’autres caracières; ainsi la taille tout à fait caractéristique du cirre voisin de la branchie, doit faire maintenir comme espèce la N. cirrosa, el la présence d’une papille dorsale et une ventrale placées en avant des 22 rangées de papilles doit aussi faire distinguer la NV. cohata de la N. cæca.

(1) Les Annél. polych. de la Nouvelle-Zemble (K. Vetensk. Akad. Handlingar, t. XVI, 1879, in-4. Stockholm, p. 24-31).

(2) System. ge0gr. Oversigt over de Nord. Annul. (Vidensk. Meddels. for 1882. Copenhague, 1833, p. 216 et 217).

(3) Chætopoder fr än Sibiriska 1shafvet och Beringshaf imslad. under Vega- Exped., 1878-79 (Vega-Exped. Vet. Jaktlag, t. IL, 1883, p. 392-398). |

(4) Rathke considérait ces trois espèces comme bien distinctes (Nachträgliche Bemerk. zu den Beitr. zur Fauna Norwegens. Archiv für Natürg., 1844, t. 1, p. 260).

Nepuruys HomBerGit Aud. et Edw. (1).

Neparays HomBerGir Milne Edwards, Recherches pour servir à l'hist. de La circul. chez les Annél. (Ann. des sc. nat:,?° série, t. X, p.211 et pl. XII, fig.3 et 3 a). — Règne animal. Les Annélides, pl. 14 fig. 3 et 3 a. — — Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. T, p. 420. — Ehlers, Die Borslenwürmer, 1868, p. 619 et pl. XXIIT, fig. 7 et 42. — — Langerhans, Die Wurmfauna von Madeüra !Zeits. für wiss. Zool., t. XXXIII, 1879, p. 302 et pl. XVI, fig. 38). — — ? Theel, Les Annél. polych. de la Nouvelle-Zemble (K. Sv. vet. Akad. Handl., t. XVI, 1879, n° 3, p. 26).

— Pruvot, Système nerveux des Annél. polych. (Archives de zool. expér., 2e série, t. III, 1885, p. 225).

— — Malaquin, Les Annél. polych. des côtes du Boulonnais (Revue biol. du Nord de la France, t. I, 1890. Tirage à part, p. 33). -—. SCOLOPENDROIÏDES D. Ch., Delle Chiaje, Descr., If, p. 99, et V, p. 106, pl. 99, fig. 11 et pl. 102, fig. 8, fide Clpd.

- —— Claparède, Annél. du golfe de Naples, p. 176 et pl. XVI, fig. 1. = — Marion, Dragages au large de Marseille (Ann. des sc. nat., 6e sér., I NES arte 7, p.16 et pl, XV, üx.2} — Jaquet, Recherches sur le système vasculaire des Annél. (Mitth. aus der zoo. Stat. zu Neapel, t. VI, 1885, p. 364 et pl. XXII, fig. 75-81).

— — Emery, Intorno alla muscolatura liscin e striata della N. scolopendroïides (Ibid., t. VII, p. 371 et pl. XI). — NEAPOLITANA Gr. Grube, Actinien, Echinod. und Würmer des Adriat. und Mittelm. Kônigsberg, 1840, in-4, p. 71.

? — Assimiis OErst., OErsted, Annul. Danic. conspectus, 1843, p. 33 et pl. VI, fig. 93 et 100.

— — Malmgren, Nord. hafs-Annul., p. 105 et pl. XII, fig. 19. — LONGISETOSA Johnst., nec OErst., nec Mgr. Johnston, Catalogue of brit. non parasit. Worms, 1865, p. 172.

PI. I, fig. 4-43.

Commune sur toute la côte dans le sable, recherchée comme amorce pour la pêche sous le nom de chatte, nageant en serpentant. Trouvée une seule fois dans un dragage.

Les plus petils exemplaires que je rencontre ont 5 centimètres de long, sur 3 à 4 millimètres de large, rames comprises, dans la partie la plus large, et 90 à 95 segments. Les plus grands ont 9 à 15 centimètres de long, sur 7 à 9 millimètres de large, et 103 à 140 segments.

Le corps gris, légèrement rosé et irisé, diminuant de largeur vers l'extrémité inférieure, est tétragone avec le dos convexe, el la ligne médiane ventrale encaissée entre deux

(4) Recherches nour servir à l’hist. nat, du littoral de la France, t. If, p. 235, et pl. V*, fig. 1-6.

. lignes longitudinales latérales saillantes, formées par les deux faisceaux musculaires longitudinaux ventraux. Les deux côtés du corps sont teintés de rouge à chaque segment, par le sang qui afflue dans les branchies et sous la paroi du corps dans l’espace qui sépare les deux rames.

La tête (fig. 1) pentagonale, large de 4 millimètre sur 1°" ,35 de long, se termine en avant par un front rectiligne, et en arrière par une pointe qui atteint l'extrémité postérieure du premier segment, dans lequel à peu près les deux tiers de la tête sont enchâssés. Au bord externe de chaque côté du front, il y a une antenne longue de 0"*,3 el à peu de distance en arrière une autre paire d'antennes à peu près égale, naissant sous la tête et souvent rabaltue en dessous, ce qui explique que Quatrefages a pu croire que celte deuxième paire manquait chez quelques Nephthydiens pour lesquels il établit le genre Portelia. En bas de la tête de chaque côté de la naissance du cinquième angle, on observe un petit mamelon arrondi de 0°*,13 de diamètre au sommet duquel s'ouvre une fente transversale (fig. 1, 4). Je pense comme M. Pruvot (1), qu’on peut rapprocher ces mamelons des fossettes vibratiles si communes chez les Annélides polvchètes.

Les pieds très saillants sont partout biramés, mais leur forme diffère plus ou moins selon les régions du corps; elle est parfaite à partir du 15"°— 20"° segment jusqu'au 30° avant-dernier. C’est un de ces pieds que nous décrirons d’abord (fig. 2).

La rame supérieure se compose d’un mamelon pédieux unilobé (2, a) enfermé entre deux lamelles minces, l’une antérieure (2, 4) bilobée, dont le lobe digitiforme le plus rapproché du dos, est assez développé pour avoir été pris par Audouin et Milne Edwards pour un cirre dorsal, l’autre postérieure (2, c) unilobée dominant un peu ce prétendu cirre dorsal, puis se rabaissant obliquement pour venir

(4) Loc. cit., p. 232.

rejoindre en arrière du mamelon pédieux, le lobe ventral de la lamelle antérieure. En dessous du mamelon pédieux vient un petit cirre long de 0"",5 (2, d), attaché à la base d’une longue branchie recourbée en faucille garnie de deux rangées longitudinales de cils vibraliles, el pendant dans l'espace qui sépare la rame supérieure de la rame inférieure. Cet espace équivalent à un peu plus de la hauteur de la rame supérieure est bordé de cils vibratiles. Un gros acicule jaune recourbé au bout vient buler contre une plaque chitineuse Jaune, épaississement de la cuticule, à la surface de la partie centrale du mamelon pédieux. Entre la lamelle antérieure et le mamelon pédieux sort un faisceau de soies courtes, droites, quadrangulaires qui vues de côté (fig. 3) paraissent bordées de crénelures et vues de face (fig. 4), sont garnies de crans semblables à ceux d’une roue dentée occupant toute la largeur de la soie. De l’autre côté du mamelon pédieux, entre le mamelon et la lamelle postérieure, se déploie un éventail de soies jaunes, plus longues, dépassant la lamelle de plus de 1 millimètre, recourbées en arrière, et bordées de denticules serrés et arrondis (fig. 5) qui, vus de face, sont de petites plaques. Ces soies sont beaucoup plus nombreuses que celles de la forme précédente, et les plus rapprochées du dos sont enfermées entre la lamelle postérieure et la partie de la lamelle antérieure qui a la forme de cirre dorsal. Il s’y joint quelques soies droites, plus fines, plus longues, paraissant unies, mais que les forts erossissements montrent couvertes de très petites épines (fig. 6), qui ne me paraissent pas loujours distribuées régulièrement en rangées transversales formant plaques.

La rame inférieure consiste en un mamelon pédieux vaguement bilobé (2, e), une lamelle antérieure échancrée en haut, se prolongeant en arrière jusqu’au-dessous du mamelon (2, /), et unelamelle postérieure, ovale, allongée, plus longue que large, dépassant beaucoup le mamelon pédieux, et s’avançant plus loin que la lamelle postérieure de la rame supérieure (2, 9). Un petit cirre ventral massif est placé en arrière du ma-

melon pédieux (2,k). L'acicule et les soies sont disposés comme à la rame supérieure et semblables; les plus longues soies ne dépassent guère l'extrémité de la lamelle postérieure.

Aux 35 à 40 derniers segments le lobe dorsal de la lamelle antérieure de la rame supérieure se rapetisse et s’arrondit, et la lamelle postérieure de la rame inférieure diminue de longueur petit à petit et ne dépasse plus guère le mamelon pédieux qui devient conique aux 2 rames. Chacune des 2 rames étant sensiblement moins haute, l’espace entre elles équivaut à deux fois et demie la hauteur de la rame supérieure. Enfin, aux 6 derniers segments, la branchie devient tout à coup rudimenlaire. Au-dessous de l’anus qui s'ouvre plus près du dos que du ventre dans le segment anal, le corps se termine par un cirre anal unique incolore, très caduc, long de 4 à 5 millimètres.

Le premier segment qui encadre le bas de la tête a un acicule à chaque rame comme les autres, mais les 2 rames sont excessivement rapprochées. La rame supérieure se compose d’une lamelle antérieure sans lobes bien distincts, d'un petit mamelon pédieux unilobé et d’une lamelle postérieure qui a la forme d’un tentacule allongé dirigé vers le bas (fig. 1, a); les soies sont les mêmes qu'aux segments suivants et de deux sorles. La rame inférieure qui n'est pas parallèle à la supérieure, mais dirigée vers le haut de la tête, comprend une lamelle antérieure rudimentaire, d'où sortent de longues soies dentelées d’une seule sorte, au-dessus d’un mamelon pédieux qui tient à la têle; la lamelle postérieure est représentée par un vérilable tenlacule aussi long que la deuxième paire d'antennes, et coalescent avec la partie dorsale de la lèvre qui ferme la bouche du côté ventral; le faisceau de soies se trouve placé entre ce tentacule et la têle. Le deuxième et le troisième pieds, où les 2 rames commencent à être largement séparées, ont la rame supérieure avec une pelite lamelle antérieure légèrement bilobée, un mamelon pédieux unilobé, une lamelle postérieure basse et un petit cirre foliacé qui, à parlir du 4° segment, sera

accompagné d’une branchie; la rame inférieure est semblable à celle des segments parfaits, mais avec une lamelle postérieure ne dépassant pas celle de la rame supérieure. Au 4" segment apparaissent les branchies. Jusqu'au 15°° à 20*° segment, dans la rame supérieure le lobe dorsal cirriforme de la lamelle antérieure est encore peu marqué et la Iamelle postérieure est relativement moins basse que plus loin.

D’après ce qui précède, on voit qu'il est important d’indiquer à quel segment appartient le pied qu'on décrit ; mais ces variations qui viennent d'être notées sont très stables el je les retrouve chez tous les exemplaires.

La bouche s'ouvre sous le premier segment. Elle est fermée par deux lèvres en forme de plaques qui se rabattent sur elle comme les battants d’une porte. Sous la parlie ventrale des segments 2 à 4, elle est suivie d’une sorte de soufflet à sept plis longitudinaux, qui en se dilatant sous la pression de la trompe, permet à celle-ci de sortir au dehors. A la bouche succède la première parlie de la trompe qui est sinueuse et composée d’une membrane mince, lisse, avec couche extérieure de muscles longitudinaux et circulaires, et cuticule interne chitineuse ; à l’extrémilé inférieure de cette partie de la trompe sont disposées 22 rangées longitudinales de deux ou généralement trois papilles coniques superposées, dont la pointe est dirigée vers le haul. Elles ont des bouquets de poils tactiles semblables à ceux dont il sera question plus bas à propos des papilles des lèvres de la partie musculeuse de la trompe. La plus inférieure de ces papilles est plus longue (1**,50 sur 0,6 de large dans la partie la plus large) (fig. 7), que celles placées au-dessus et les recouvre presque entièrement, ce qui explique comment Audouin et Milne Edwards n'ont figuré qu'une seule papille à chaque rangée. En avant de toutes ces papilles, sur la ligne médiane dorsale seulement, il y en a une plus longue et plus mince que les aulres, dont la pointe est dirigée vers le bas. La deuxième partie de la {rompe commençant au 12% — 13"° segment, et s'étendant

jusqu'au 28°, toute droite, irès musculeuse, est formée du . dehors en dedans d’une couche mince de muscles longitudinaux, puis d’une couche extrêmement épaisse de muscles circulaires, et enfin d’une cuticule chitineuse brillante. L'entrée en est dominée par 2 lèvres verticales garnies chacune à leur bord supérieur de 10 papilles bifides (fig. 8), dont la branche extérieure est d’un tiers plus haute et d’un tiers moins large que l’intérieure. En face de la ligne médiane dorsale, chacun des demi-cercles de 10 papilles est séparé de l'autre par une petite papille simple, basse. Les papilles doubles qui la suivent dans chaque demi-cercle vont en augmentant de hauteur jusqu’à la 5°, pour décroîlre ensuite jusqu'à une autre pelite papille simple sur la ligne médiane ventrale. La cuticule des 2 branches des papilles est percée d'ouvertures en demi-lune d’où sortent de petites brosses de poils tactiles très courts, qui semblent en relation avec les fibres nerveuses longitudinales de l'intérieur; un petit bouquet de poils semblables termine l'extrémité antérieure des 2 papilles. Celte portion musculeuse de la trompe est d’abord cylindrique intérieurement sur une longueur de 3 millimètres, jusqu'à l'endroit où sont placées en regard l’une de l’autre 2 mâchoires cornées en forme de pyramides triangulaires terminées par un petit croc lrès pointu recourbé en avant. Alors il se dessine dans l'épaisseur de la paroi 4 grosses colonnes musculaires, et le canal intérieur prend la forme d’une croix grecque.

La trompe extroversée a la forme cylindrique; la partie musculeuse avec sa couronne de papilles doubles est projetée hors de la bouche, et la partie membraneuse mince qui, au repos, se trouvait en avant d'elle, la recouvre comme un doigt de gant avec ses 22 rangées de papilles qui alors sont en avant au lieu d’être en arrière, et ont la pointe dirigée vers le bas, tandis que la papille unique dorsale antérieure a sa pointe dirigée vers le haut, le tout à l’inverse de ce qui existe lorsque la trompe est rentrée dans le corps. À la trompe fait suite l'intestin, qu'on peut diviser

en 2 parties : 1° l'une antérieure, toute droite, longue de > millimètres environ, à parois épaisses et dont la membrane à cellules brunes bordant le canal intérieur, y forme quelques replis très saillants; 2° l’autre postérieure, s’étendant jusqu'à la fin du corps, légèrement étranglée à chaque segment, à parois plus minces et dont la membrane interne forme 12 à 14 petits replis vers le 70° segment (fig. 9, c).

Ce qui a rapport aux systèmes circulatoire, musculaire et nerveux de la NV. Hombergü, a été traité en détail par Jaquet, Emery et Pruvot. Aussi n'insisterai-je que sur quelques points.

Dans la partie du corps occupée par l'intestin, le vaisseau dorsal qui à un diamètre de 0"",18 et le vaisseau ventral un peu moins large sont appliqués contre l'intestin (9, à et f. Dans chaque segment il part du vaisseau dorsal un vaisseau dorso-pédieux de 0"*,072 de diamètre, qui se divise en 2 branches, l’une très courte alimentant un réseau vasculaire capillaire superficiel de l'intestin, l’autre plus longue allant à la rame supérieure et à la branchie où elle forme l'artère, et à l'extrémité de laquelle elle se recourbe pour en revenir comme veine à la rame inférieure, et de là au vaisseau ventral. Dans ce dernier trajet, elle est entourée d'une membrane mince où naissent les éléments sexuels entremêlés de nombreux petits vaisseaux aveugles (9, 2), et elle détache une branche qui se jette dans l’un des 2 vaisseaux latéraux longitudinaux (9, /) placés entre la chaîne nerveuse ventrale el les faisceaux musculaires ventraux. A la base de chaque rame et le long de l’espace qui les sépare, il y a un riche réseau vasculaire (1). Lorsque la trompe succède à l'intestin, le vaisseau dorsal se détache de celui-ci,

(1) Sur un exemplaire long de 5 centimètres avec 95 segments trouvé dans un dragage et sur un autre de 10 centimètres et 110 segments recueilli sur la côte, j'observe dans la lamelle postérieure de la rame inférieure, aux segments médians seulement, un élégant réseau capillaire arborescent où circule le sang (fig. 10). Quelquefois, dans cette lamelle, il y a des traces de ce réseau vides de sang; mais jamais je n'ai rencontré rien de semblable

ni dans les lamelles de la rame supérieure ni dans le cirre accolé aux branchies. . .

formant un cœur allongé après lequel il redevient vaisseau . contournant la trompe; poursuivant son trajet contre les parois du corps sur la ligne médiane dorsale, il passe ensuite sous Je cerveau pour se recourber, se diviser en 2 branches et redescendre le long de la parlie antérieure de la trompe du côté dorsal. À la limite entre les 2 portions de la trompe, les 2 branches se séparent l’une de l’autre, formant une sorte d’anneau sinueux, et vont se jeter dans le vaisseau ventral qui est resté accolé du côté ventral à la partie musculeuse de la trompe, et ne s'étend pas plus loim (1). Cette jonction s'opère dans la parlie antérieure de la trompe musculeuse, dont les parois sont très amincies à cet endroit ; aussi lorsqu'on ouvre la trompe on aperçoit les vaisseaux par transparence au-dessus des 2 mâchoires et au-dessous des lèvres papilleuses (2). Les vaisseaux latéraux qui accompagnent la chaîne nerveuse, ne vont pas plus loin qu'elle et me semblent se jeter dans les deux branches du vaisseau dorsal; mais je ne puis l’affirmer complètement. Avant l'extrémité inférieure de la trompe, le vaisseau dorsal envoie en avant à chacun des segments qui sont en regard dans la moilié inférieure de la trompe musculeuse, des vaisseaux dorso-pédieux assez longs pour suivre, sans se rompre, la trompe lorsqu'elle est extroversée. Plus loin, dans tous les segments antérieurs, les vaisseaux pédieux ne sont plus en rapport avec le vaisseau dorsal, mais seulement avec les 2 vaisseaux latéraux de la chaîne nerveuse (fig. 12, e).

Le système musculaire est très riche et très compliqué. Chaque fibre musculaire se compose d'une enveloppe et d'un contenu granuleux grisâtre. Les plus minces ont 0°°,004 de large, les plus grosses 0°",008 et 0**,012 à l'endroit où se trouve le noyau (fig. 11). Ces fibres sont accolées les unes

(1) Jaquet a représenté exactement la circulation dans sa figure 75 ; seulement il omet le cœur qui est un élargissement assez considérable du vaisseau dorsal à l’endroit où il se détache de l'intestin pour gagner les parois du corps.

(2) C’est ce que Audouin et Milne Edwards me paraissent avoir représenté figure 3 a.

aux autres, formant des bandelettes plus ou moins larges. La couche des muscles circulaires manque. Deux faisceaux musculaires longitudinaux dorsaux, irès rapprochés l’un de l'autre et presque coalescents (9, a), occupent le dos de l’animal au-dessous de l’hypoderme et de la cuticule chilineuse jaunâtre, couverte de stries très fines se coupant à angle droit, et percée de pores. Les 2 faisceaux musculaires longitudinaux ventraux (9, 7) sont placés de chaque côté de la chaîne nerveuse, dont ils ne sont séparés que par les 2 vaisseaux latéraux dont il a été question plus haut. Au-dessus de la chaîne nerveuse naissent des muscles obliques nombreux et puissants, allant les uns à la rame supérieure {9, g), les autres à la rame inférieure (9, Z). Avant la naissance de lachaînenerveuse, quinecommence qu’en bas du 4% segment, ces muscles sont insérés dans l'hypoderme veniral, de chaque côté du soufflet qui suit la bouche dans les segments 2-4. Des muscles dorso-ventraux s'étendent de chaque côté du corps, fixés à la paroi ventrale, entre les muscles longitudinaux ventraux et la rame inférieure, et à la paroi dorsale, entre les muscles longitudimaux dorsaux et la rame supérieure (9, d et). Enfin, les acicules sont mus par des muscles qui vont de la base de l’acicule aux parois du corps (9, e et 12, a).

Ces appareils musculaires se retrouvent dans tout le corps, mais ilest d’autres muscles particuliers aux diverses régions. Entourant comme d’une cage à claire-voie la partie antérieure mince et sinueuse de la trompe, 12 gros muscles plats papillaires sont insérés d’un côté autour de la bouche, aux 2° el 3° segments, de l’autre à la partie antérieure de la 2*° portion musculeuse de la trompe. Lorsque la trompe est extroversée, ils se trouvent enfermés entre la région musculeuse et la région molle, et servent de rétracteurs. À la partie supérieure de la portion musculeuse, il y a 2 très gros faisceaux musculaires latéraux triangulaires, dont la pointe est dirigée vers le bas, el qui doivent servir à ouvrir et fermer les 2 lèvres garnies des papilles

doubles. La partie inférieure de la trompe musculeuse est rattachée à la partie antérieure de l'intestin, du côté dorsal par plusieurs muscles courts, et du côté ventral par 2 muscles longitudinaux extrêmement gros, accolés l’un à l’autre, mais non coalescents, qui s'étendent jusqu'au 40% segment environ. De la partie antérieure de ces 2 gros muscles partent 2 longs muscles minces flottant dans le corps, et venant s’insérer au 13*° segment, dans les faisceaux des muscles longitudinaux dorsaux à gauche et à droite (1). La trompe flotte librement dans le corps aux parois duquel elle n’est pas fixée; mais la partie antérieure de l’inteslin est maintenue en place à chaque segment par 3 à 4 bandelettes musculaires minces, assez longues pour lui permettre de suivre la trompe lorsqu'elle est projetée en avant. Ces bandeletles sont insérées d’un côté à la paroi du corps, entre chaque segment, et de l'autre à une bande museulaire longitudinale peu épaisse qui, recouvrant le vaisseau dorsal, occupe la ligne rnédiane dorsale de l'intestin jusqu'à l'extrémité du corps. Elles persistent (9, r) sur la portion suivante de l'intestin (erddarm) qui, devant rester immobile, est de plus fixé latéralement aux parois du corps, en regard de chaque pied, par un faisceau de muscles courts, plus épais, qui forment une sorte de dissépiment imparfait. Alors apparaissent en même temps de véritables dissépiments ventraux (9, p), composés d'une membrane très mince et de muscles fins, qui s'étendent d’un côté du corps à l’autre sous l'intestin, à la limite de chaque segment. Il y a donc un pseudo-dissépiment en regard de chaque pied, et un véritable dissépiment ventral entre 2 pieds conséculifs. Du côté dorsal, il n’y a pas de dissépiment, et l'intestin reste bre; seulement, il est sous-tendu du côté ventral par quelques muscles qui se détachent du dissépiment pour aller se fixer au corps, auprès des faisceaux longitudinaux dorsaux (9, g). |

(4) Ehlers représente exactement cette disposition pour la Nephthys cæca (loc. cit., pl. XXIIT, fig. 25 mv el mr).

Tous ces muscles dont il vient d’être question sont lisses (1). Il nous reste à dire quelques mots d'un système musculaire strié, propre aux .Nephthydiens, unique jusqu’à présent chez les Annélides polychètes, et probablement dans le reste du règne animal.

Découvert par Ebhlers (2) chez la Nephthys cæca, 11 a été décrit plus tard par Langerhans (3) et par Pruvot (4), mentionné sommairement par Schack (5), et étudié d’une manière plus complèle par Emery (6), qui n’a pas réussi plus que les autres auteurs à en déterminer les fonctions.

Lorsqu'on ouvre une N. Homberqu par le dos, et qu'on écarte la trompe et l’intestin, ce système apparaît de la manière la plus distincte comme une élégante bandelette argentée peu adhérente s’enlevant facilement avec une pince. Du 3*° au dernier segment, elle occupe la ligne médiane ventrale. À chaque segment, on y distingue 2 petites étoiles formées par 2 bandelettes latérales argentées, qui s’enire-croisent au-dessus de la bandelette médiane, et qui y sont fixées par une petite plaque ronde centrale plus foncée (fig. 12, c, d). L'étoile qui se trouve à la limite de chaque segment (12, c) est plus nette que l’autre (12, d) qui est en face de chaque pied. La première de ces étoiles, dans * la partie antérieure du corps jusqu'au commencement de l'intestin, est placée directement sur le cordon nerveux, le reste de la bandelette reposant sur les muscles obliques qui naissent du cordon. Plus loin, ces étoiles elles-mêmes me paraissent reposer aussi sur les muscles obliques (fig. 9, 0). La bandelette médiane, large de 0"",18, se compose de

(1) Les muscles des Annélides polychètes sont lisses. Cependant, en examinant les muscles de certains Annélides vivants, Mettenheimer y observa des stries transversales ou en zigzag à peine indiquées qu'il attribua à la contraction (Ueber eine eigenthümliche Querstreifung an den Muskeln der Anneliden (Archiv für Anat. und Physiol., 1860, p. 361 et pl. X, fig. 6-11).

(2) Die Borstenwtrmer, p. 600.

DEoc: cit., p. 305 et pl.,XVL fic. e, f,.0, h, à:

(#) Loc. cit., p. 236 et pl. XII, fig. 6 e. de À

(5) Anatomisch-histologische Untersuchung von Nephthys cæca Fabricius.

Kiel, 1886, in-8, p. 25 et fig. 17-18.

(6) Loc. cit., p. 375-379 et pl. XIII, fig. 1-3 et 7-11.

2 cordons accolés qui, eux-mêmes, sont formés de 2 bande- leltes longitudinales superposées. Les bandelettes latérales n'ont que 0°**,06 à 0**,09 de large; les 2 qui appartliennent à l'étoile c (fig. 12) s’enfoncent aussitôt au milieu des fibres musculaires placées en dessous et disparaissent ; il en est de même d'une des 2 bandeleittes de léloile d (fig. 12), mais l’autre (12, e) resle superposée aux muscles et se dirige du côté des parois du corps jusqu'au bas de l’acicule de la rame supérieure, à côté de la grappe des petites glandes dont il sera parlé plus loin. Cette partie de la bandelette est bordée d’un tissu incolore garni de cils vibratiles (voir N. cæca, fig. 18). Chacune des bandelettes de ce système, se colorant à la lumière polarisée, est striée en zigzag et comme moirée (1). Les 3 qui s’enfoncent sous les muscles au sortir des 2 étoiles se dirigent de chaque côté vers une étoile unique existant à chaque segment, entre la rame dorsale et la rame ventrale, sur une bandeletie longitudinale striée parallèle à la médiane, et cachée entre les muscles longitudinaux ventraux et la paroi du corps sous les muscles obliques et dorsaux ventraux et sous les dissépiments lorsqu'ils existent. De cette étoile unique, elles se dirigent l'une vers l’acicule de la rame inférieure et les deux autres vers le faisceau des soies de chacune des 2 rames. A l'extrémité de toutes ces branches de la bandelette, les fibrilles sont dissociées et se perdent dans le tissu qui entoure les acicules et les soies. Ÿ a-t-1l là une disposition rappelant la terminaison des fibrilles nerveuses? Mais en sectionnant ou en excitant chez l'animal la bandelette centrale, je n’ai obtenu aucun mouvement correspondant.

En avant du cerveau, à la hauteur de la 2°° paire d’antennes, il y a dans la tête de puissants muscles transversaux que Quaitrefages avait pris pour des ganglions. C’est jusque-là que parvient le vaisseau dorsal qui passe sous le cerveau. Le cerveau lui-même se prolonge en arrière de la

(4) Voir Emerv, loc. cit., fig. 10.

têle jusqu'au milieu du 2"° segment (fig. 1, d), se terminant par 2 lobes. A sa surface dorsale, 2 petits yeux très bruns, d'un diamètre de 0 ,024, sont placés à la limite du 1” et du 2" segment (1, c). La chaîne nerveuse venirale, légèrement rosée, qui commence au bas du 4"° segment, entourée d’un névrilème, est partagée en deux cordons séparés par une cloison mince de tissu conjonctif (9, m). Le névrilème et la cloison sont d’un beau rouge orangé. Chacun des cordons se compose d’une couche corticale épaisse, enveloppant de toutes parts un centre médullaire percé d’une fibre nerveuse colossale (9, »). C'est ce que représente exactement M. Pruvot (1), au Mémoire duquel je ne puis que renvoyer pour tout le reste de ce qui concerne le système nerveux.

L'extrémité inférieure de l’acicule de la rame supérieure, qui à à sa base un gros noyau, est entourée d’une membrane d’où sort une grappe de petits sacs piriformes d’un blanc mat, longs de 0"",20 sur 0*",10 de diamètre, au nombre de 8 à 10 environ. Entourés d’une cuticule mince, ils renferment une substance granuleuse grise avec un noyau, qu'on n aperçoit le plus souvent qu’en écrasant le sac, et ils se prolongent en avant dans la membrane basilaire de l’acicule, par un petit canal incolore étroit auquel je ne découvre pas d'orifice de sortie (fig. 13, el aussi à NN. cæca, fig. 18). Ces sacs existent chez les mâles et chez les femelles. Contrairement à l'opinion d’Ehlers, et d'accord avec Schack (2), je ne les considère pas comme produisant des éléments sexuels. Ceux-ci, placés près de la base de l’acicule de la rame inférieure, sur le vaisseau dont il a élé question plus haut, forment une pelite masse ronde, d’un jaune rouge, qui consiste en nombreux vaisseaux aveugles et en une membrane mince, où naissent soit des ovules, soit des cellules spermatogènes de 0%*,072 à 0"*,096 de diamètre. Ces éléments sexuels se répandent dans le corps. L'ovule devient un œuf gris rosé de

(4) Loc. cit., pl. XII, fig. 12.

(2) Anat.-histol. Unters. von Nephthys cæca Fabr. Kiel, 1886, in-8, p. 34.

0"*,12 de diamètre, et les spermatozoïdes sortis de la cellule - spermatogène ont une tête ovale réfringente d’une longueur de 0"*,006. Je trouve des éléments sexuels en novembre et en avril. Je ne réussis pas mieux qu'on ne l’a fait jusqu'ici à découvrir les organes segmentaires.

Un exemplaire a les 10 derniers segments régénérés, dont l’avant-dernier achète et apode et le segment anal; le cirre anal a déjà 2°°,40 de long, tandis que les 10 segments régénérés atteignent à peine à eux tous 1 millimètre de haut.

La Nephihys scolopendroïdes, comme je m'en suis assuré sur des exemplaires de Naples, est identique à la N. Hombergii, et la 1°° branchie apparaît aussi au 4*° segment, et non au 3%, comme le dit Claparède. |

Mers du Nord. Atlantique (Le Croisic, Concarneau). Méditerranée. Draguée à 169 mètres de profondeur dans l’expédition du Porcupine.

Neparays CÆCA Fabr. (1).

NEPHTHYS CÆCA (forma fig. 80) OErsted. Grôünl. Annul. dorsibr., p. 193 et

pLoVE fig:18; 14,115: 86.

— — Malmgren, Nordiska hafs-Annul., 1865, p. 104 et pl. XII, fig. 18.

— — Johnston, Catalogue of british non parasitical Worms, 1865, D: 165 EL HE. PAXIV.

— Ehlers, Die Borstenwürmer, 1868, p. 588 et pl. XXII, fig. 10-34.

— — Môbius, Jahresb. der Kommission zur wiss. Unters. der Deutschen Meere. Berlin, 1875, in-fol., p. 168.

— (forma pl. XXXI, fig. 3) Wiren, Chætopoder frän Sibiriska ishafvet och Beringshaf imslad. under Vega-Expedition, 1878-1819 (Vega-Exped. Vet. Jakttag., t. I, 1883, p. 392- 398).

— MARGARITACEA olim Johnst., Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. I, p. 423.

4 — Graber, Morph. Unters. über die Augen der freileb. Würmer (Archiv für mikrosk. Anat., t. XVII, 1880, p. 289, et pl. XXVIIL, fig. 14, et pl. XXIX, fig. 15-18).

PI. I, fig. 14-18.

Trouvée dans le sable, sur la côte, dans l’anse de Dinard, près du port de Saint-Jacut à la Chabotière, à Grosse- Roche, et au nord-est de la Tour des Ehbhiens.

(4) Nereis cæca., Fabricius, Fauna groenlandica, 1780, p. 304. — Skrifter af Naturh. Selsk., t. V, Copenhague, 1799, p. 185 et pl. IV, fig. 24-29.

L'exemplaire le plus long a 25 centimètres sur 1% millimètres de large, rames comprises, et 148 segments. D’aulres ont 20 centimètres de long sur 12 millimètres de large, et 131 à 133 segments; l’un de ceux-là a 93 segments mesurant 16 centimètres, el 39 segments régénérés en mesurant 4. Un exemplaire de 14 centimètres de long sur 7 millimètres de large a 140 segments, un aulre de 16 centimètres en a 150.

Le corps, gris, irisé sur le dos et sous le ventre, un peu foncé sur les côtés, à cause des longues soies jaunes, est moins tétragone que celui de la N. Homberqii, surtout chez les exemplaires de taille moyenne, parce que l’espace entre les 2 rames est moins grand. La lêle pentagonale a la même forme que chez la N. Hombergü, sauf que le front est légèrement arqué en avant et non rectiligne. il y a aussi 2 petits mamelons arrondis à la base de la partie la plus large de la tête, avant la pointe terminale. Le cerveau, rougeûtre, qui s'étend jusqu'à la limite entre le 1% et le 2*° segment, est bilobé en arrière, et porle à sa surface dorsale, au milieu da 1* segment, 2 petits yeux d'un brun très foncé.

Les pieds sont parfaits dès le 4*° segment, et restent alors semblables entre eux jusqu'aux 20 derniers segments environ. ne différant que par la taille, qui atteint son maximum du 40° au 80*° segment. La rame supérieure (fig. 14) se compose : 4° d’un mamelon pédieux bilobé avec acicule droit venant buter contre une plaque chitineuse d’un jaune foncé, épaississement de la cuticule au point de jonction des 2 lobes; 2° d’une lamelle antérieure unilobée, basse, dominée par le mamelon pédieux ; entre cette lamelle et le mamelon sortent des soies courtes, quadrangulaires, crénelées, semblables à celles de la N. Hombergü ; 3° d’une lamelle postérieure unilobée assez élevée, presque ronde, dominant le mamelon pédieux ; entre cette lamelle et le mamelon pédieux sortent de très longues soies (3"*,80 à % millimètres) presque droites, incolores, ou d’un jaune foncé, qui dépassent beau-

coup la lamelle. Elles sont quadrangulaires, et souvent cou- ANN. SC. NAT. ZOOL. XVI, 2

vertes de petites algues ou de Cofhurnia maritima ; vues de côté, elles paraissent garnies de petits denticules (fig. 15); mais en les examinant de face, on conslate que ces denticules ne sont que le bord externe de petites plaques denticulées, superposées les unes aux autres (fig. 16). Ces plaques sont très caduques, et lorsqu'elles sont tombées la soie paraît unie ; 4° d’un cirre un peu plus gros que celui de la N. Hombergii, attaché à la base de la branchie recourbée en faucille. L'espace qui sépare les 2 rames est moins grand que la hauteur de l’une des deux. La rame inférieure consiste en une lamelle antérieure basse et arrondie, un mamelon pédieux très vaguement bilobé, et une lamelle postérieure moins allongée et plus cordiforme que celle de la N. Hombergü, et dépassant un peu celle de la rame supérieure. L’acicule et les soies sont semblables à ceux de la rame supérieure et disposés de même. Aux 20 derniers segments, à la rame supérieure, le mamelon pédieux est moins nettement bilobé, la lamelle postérieure très abaissée, et la branchie, devenue rudimenltaire, disparaît tout à fait aux 2 derniers segments; à la rame inférieure, le mamelon pédieux dépasse la lamelle postérieure devenue très courte.

Quant aux 3 segments antérieurs du corps, qui sont abranches, le 1% est tout à fait semblable à celui de la N. Hombergqü, le 2% et le 3°° ont une rame supérieure avec une lamelle antérieure ronde, un mamelon pédieux vaguement bilobé, une lamelle postérieure qui le dépasse de toutes parts, el un cirre aussi développé qu'aux segments suivants où il sera attaché à la branchie. La rame inférieure a une lamelle antérieure basse, un mamelon pédieux plus nettement bilobé que celui de la rame supérieure, une lamelle postérieure cordiforme développée, dépassant beaucoup celle de la rame supérieure, et un cirre ventral.

La bouche est formée par 2 lèvres ou plaques ventrales et le soufflet qui y fait suite, sillonné de 10 plis longitudinaux, s'étend jusqu’à la limite entre le cinquième et le sixième segment. La trompe extroversée a, en général, la

forme d’un petit baril et ses deux lèvres sont formées de 20 papilles bifides coniques dont la branche extérieure est plus mince et plus haute que l’intérieure; elles forment 2 demicercles de 10 séparés l’un de l’autre par une petite papille simple médiane très basse du côté ventral et du côté dorsal comme chez la N. Hombergt. Au-dessous, et la pointe dirigée vers le bas, vient une couronne de 22 rangées de 5 à 6 papilles simples (fig. 17) superposées dont l’antérieure, près de 2 fois plus longue que les autres, mesure 1 millimètre de long. Il n'y a pas de papille longue et solitaire en avant des 22 rangées n1 du côté dorsal n1 du côté ventral. A la suite de ces papilles, la surface de la trompe extroversée est couverte de petits mamelons irrégulièrement distribués. Au repos, la trompe s'étend dans l’intérieur du corps jusqu’au 28" segment.

La portion antérieure de l'intestin longue de 15 millimètres environ occupe les 14 segments qui suivent la trompe ; la portion postérieure, colorée en vert, a une membrane externe plus mince et plus fragile.

Le dernier segment se termine par un cirre anal ventral unique aussi long que les 8 à 9 derniers segments.

Les systèmes circulatoire, musculaire et nerveux sont semblables à ceux de la N. Hombergu, et on retrouve aussi chez la N. cæca la bandelette étoilée et les sacs piriformes de la base de l'acicule de la rame supérieure qui sont ici au nombre de 18 à 20 (fig. 18).

Tout ce qui a été dit de la N. Homberqu pour les éléments sexuels et l'époque de la maturité est applicable ici.

D'après la description ci-dessus, on peut constater de nombreuses différences entre la N. Hombergu et la N. cæca. Cette dernière a le corps moins tétragone, moins rosé, plus irisé et plus foncé sur les côtés à cause des longues soies jaunes, le front légèrement arqué et non rectiligne, les mamelons pédieux bilobés, la lamelle antérieure de la rame supérieure unilobée, sans le lobe caractéristique simulant un cirre dorsal, la lamelle postérieure de la rame inférieure

moins allongée et plus cordiforme, les soies placées aux deux rames entre le mamelon pédieux et la lamelle postérieure beaucoup plus longues, plus droites et garnies de plaques plus distinctes, l’acicule droit et non recourbé, les deux rames séparées par un espace moins large, les papilles faisant partie des 22 rangées au nombre de 5 à 6 non précédées d’une papille antérieure dorsale et suivies de nombreux petits mamelons, les sacs piriformes de la base de l’acicule de la rame supérieure plus nombreux.

L'espèce de Dinard qui est très stable et dont je n’observe pas de variétés, répond bien à celle décrite par Malmgren, Johnston, Ehlers, OErsied pour la forme de sa figure 80, Wiren pour la forme de la figure 3 de sa planche II. Il resterait à élablir si toutes ces formes différentes de N. cæca d'OErsted et de Wiren sont des variétés ou des espèces, et pour cela il faudrait posséder autre chose que la description, souvent incomplète, des pieds et avoir examiné de nombreux exemplaires. L'espèce d'Ehlers a le mamelon pédieux de la rame inférieure plus nettement bilobé que l'espèce de Dinard. Quant à celle de Kiel, décrite par Schack (1), elle en diffère par la forme de la tête et des pieds et par la présence d’une papille antérieure dorsale et ventrale devant les 22 rangées de papilles.

Océan Glacial arctique. Mers du Nord. Manche. Atlantique. |

NEPHTHYS CIRROSA Ehl. (2).

NepxTays CIRROSA Malaquin, Les Annélides polychètes des côtes du Boulonnais (Revue biol. du Nord de la France, t. 11, 1890, tirage à part, p. 33).

? PoRTELIA ROSEA Qfg. Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. I, p. 431 et pl. VII, fig. 12-15.

PI. I, fig. 19.

Sur la côte dans le sable, à la plage des Bains et entre Dinard et Saint-Énogat.

(4) Anat.-hist. Unters. von Nephthys cæca Fabricius. (2) Ehlers, Die Borstenwürmer, p. 624 et pl. XXII, fig. 6, 37 et 38.

Cette espèce se reconnaît au cirre branchial qui, assez petit aux segments antérieurs, grossit peu à peu aux segments suivants et devient presque plus considérable que la branchie aux 30 derniers segments environ.

Le corps mesure 6 à 8 centimètres de long sur 4 millimètres de large, rames comprises, et compte 94 à 95 segments.

La descriplion d'Ehlers est exacte. Aussi ai-je peu de choses à y ajouter. Sur le cerveau qui dépasse la tête en arrière, Je trouve deux petits yeux à la limite inférieure du premier segment. Dans la région moyenne, la lamelle antérieure de la rame supérieure a, du côté le plus rapproché du dos, un lobe arrondi qui disparaît dans la région postérieure. Les soies longues garnies de petites plaques dépassent le pied de 1**,50. Il vient s’y mêler à chaque rame 12 à 15 soies plus courtes (0**,32), plus transparentes, coudées en forme de baïonnette; les plaques y sont plus hautes qu'aux autres soies et manquent à l'extrémité qui est très effilée (fig. 19). Je n’observe pas, comme Ehlers, de papilles doubles du côté dorsal sur la partie molle de la trompe extroversée.

On retrouve la bandelette étoilée chez cette espèce comme chez les précédentes.

Il me paraît probable que la Portelia rosea Qfg. est la même que la N. cirrosa. Sur l’exemplaire unique du Muséum, J'ai pu m'assurer qu’il y a bien quatre antennes à la tête et non deux, comme l'avait déjà constaté Grube (1). De plus, je trouve les pieds pareils à ceux de la N. cirrosa avec les soies parliculières que j'ai figurées. Mais je n’ai pu vérifier si la trompe était semblable.

Manche. Atlantique (Le Croisic).

(1) Grube. Bemerk. über Annel. des Pariser Museums (Archiv für Naturg., t. I, 1870, p. 284).

FAMILLE DES GLYCERIENS Cr.

Genre GLYCERA Sav., Gr. char., emend. (incl. Rhynchoboius Clpd.) (1).

GLYCERA GIGANTEA Qfg. (2).

GLYCERA GIGANTEA Grube, Bemerk. über die Familie der Glycereen (Jahresb. der Schles. Gesells. für 1869. Breslau, 1870, p. 56).

PI. II, fig. 20-29.

Trouvée une fois sous une pierre dans un chenal entre l’île des Ehbiens et l’îlot de Gleglin, une autre fois à Grosse-Roche et enfin dans le sable sur la côte entre Dinard et Saint- Énogat. Ce dernier exemplaire, incomplet, a 25 centimètres de long et 216 segments; il semble y manquer une partie importante du corps.

Cette belle Glycère, qui a 28 à 30 centimètres de long, et 318 à 410 segments biannelés, a le corps presque rond, d’un rose nacré en avant, un peu grisâlre en arrière. La parle antérieure à 3 millimètres de large pendant quelques segments seulement et la partie postérieure 2 millimètres de large, puis 0**,40 tout à fait au bout; le reste est d’une largeur uniforme de 6 millimètres. Les segments sont moins hauts au milieu du corps qu’à l'extrémité postérieure. Le dernier segment se termine par deux cirres blancs, minces, inarticulés, longs de 0**,75.

La parlie antérieure du corps devient très rouge lorsque le liquide cavitaire y est poussé pour amener la projection de la trompe.

À la moindre inquiétude, la (r/. Gigantea se roule en spirale pyramidale à 9 tours de spire, et lorsqu'on lui touche la tête, elle l’invagine dans l’intérieur du corps avec les 30 premiers segments, entre la paroi venirale du corps et Ja

(4) Pas plus que Ebhlers (Gütting. gelehrte Anzeigen, 1869, p. 630) et Grube, je ne puis admettre le genre Rhynchobolus Clpd. qui me paraît inutile. (2) Hist. nat. des Annél., t. IL p. 183.

trompe. Cette particularité, signalée pour la première fois par Claparède (1) chez la G/. fallax (GI. retractilis Qfg.), ne semble pas être rare chez les Glycères.

La lêle en cône très pointu, aussi longue que les huit segments suivants, composée de 12 à 14 pseudosegments indisüinctement biannelés, sauf le basilaire plus haut et plus large que les autres, est terminée par quatre pelites antennes longues seulement de 0*",12, dont 2 supérieures et 2 inférieures, qui sont très caduques. Elle est parcourue par un canal longitudinal médian où doit pénétrer le liquide cavilaire. Le cerveau bilobé el les deux ganglions des nerfs antennaires sont, ainsi que les commissures œsophagiennes et les nerfs antennaires bordant le canal céphalique, entourés d’une enveloppe de couleur rouge et semblables à ceux que je figure pour la Glycera convoluta (fig. 30).

De chaque côlé de la base de la tête, entre le pseudosegment basilaire et le premier segment du corps, il sort un organe rétractile court, massif et cilié qui doit exister chez tous les Glycériens, mais qu'on n'aperçoit pas toujours et qui a été vu pour la première fois par Audouin et Milne Edwards chez la Glycera Meckelu Aud. et Edw. (2). I faut donc joindre les Glycères à la liste que donne Spengel(3)des Annélides pourvus de ces organes vibraliles. Les deux lèvres qui bordent la bouche sont formées par la partie ventrale des 5 premiers segments.

Les deux premiers pieds sont uniramés avec un seul acicule et manquent de cirre doral.

Les pieds suivants (fig. 20) portés sur un pédicule (20, à), presque aussi longs que la moitié de la largeur du corps, sont biramés. La rame supérieure se compose d’un pelit cirre dorsal en forme de bouton (20, 6) placé en arrière du pédicule, puis d’une branchie rétractile (20, c) très transpa-

(1) Beob. über Anat. wirbel. Thiere, 1863, in-fol., p. 54 et pl. 15, fig. 14.

(2) Recherches pour servir à l'hist. nat. des côtes de la France, t. I, pl. VI, x Spengel, Oligognathus Bonelliæ (Mitth. aus der zool. Stat. zu Neapel, t. II, p. 33).

rente, ronde, manquant seulement aux segments antérieurs, et enfin d’un mamelon antérieur en cône tronqué (20,e) qui dépasse sensiblement le mamelon postérieur arrondi (20, d) (1); entre les deux mamelons sortent un faisceau inférieur et un faisceau supérieur de soies simples finissant en pointe fine, légèrement recourbées en arrière et, sauf sur ce point, ressemblant complètement à l’article terminal des soies composées de la rameinférieure, qui sera décrit plus loin. Un acicule droit et pointu pénètre jusqu’à l'extrémité du mamelon antérieur.

À la rame inférieure, il y a : 1° un mamelon postérieur rond (20, g)s’avançant moins quele mamelon postérieur de la rame supérieure ; 2° un mamelon antérieur (20, /) semblable à celui dela rame supérieure; 3° un gros cirre ventral massif etobtus (20, 2);4° un acicule droit pénétrant dans le mamelon antérieur; 5° deux faisceaux de soies composées (fig. 22) : les deux branches de la fourche qui termine la hampe de ces soles sont d’une certaine épaisseur; d’un côlé, elles sont reliées l’une à l’autre par une lamelle chitineuse transparente, dentelée au bord (22, a); de l’autre côté, cette lamelle n'existe pas. L'article terminal (22, 4) est comme moucheté de très petites épines (22, c)et le bord intérieur est garni de pelites crénelures (22, d). Les soies simples de la rame supérieure ont aussi ces petites épines et ces crénelures.

la partie postérieure du corps, les deux mamelons antérieurs et le cirre ventral deviennent plus pointus (fig. 21), mais rien ne change aux autres parlies des deux rames.

Les branchies ne peuvent se voir que sur l’animal vivant. Ce sont des poches rondes rétractiles qui rentrent, sortent, se gonflent, se dégonflent, se plissent et se tordent continuellement, mais sans mouvement rhythmique. Quand elles sont sorties, on y distingue le liquide cavitaire et les globules du sang qui y tourbillonnent très vite, mis en mouvement par des cils vibratiles. Quand elles sont rentrées, on voit à

(1) Chez l’exemplaire incomplet, ce mamelon moins arrondi, se rapproche de la forme triangulaire.

la surface du pied, à l'endroit qu’elles occupaient, un espace plus clair où on distingue des raies transversales qui sont sans doute les plis de la membrane {ransparente (21, c).

Dans le liquide cavitaire flotient des corpuscules incolores lymphatiques, des globules rouges du sang (fig. 23) (1) et enfin de grosses plaques blanches qui sont des éléments sexuels en voie de formation (fig. 24); le liquide mis en mouvement par les contractions du corps pénètre dans le pédicule, mais non dans les mamelons et les cirres des pieds. |

La G. gigantea, comme les autres Glycériens, n’a pas de vaisseaux.

L'animal projette très souvent, avec violence, sa trompe qui est à peu près du même calibre que le corps et qui a environ 12 centimètres de long. En l’examinant lorsqu’elle est au repos dans le corps, la surface extérieure en est lisse partout, mais la partie antérieure, parcourue par une vingtaine de lignes blanches équidistantes qu'on voit par lransparence et qui sont des cordons nerveux du tissu intérieur (2) (fig. 25, a), est séparée de la partie postérieure (25, 4) par un anneau membraneux (25, c) garni en avant de 24 papilles lancéolées reposant chacune sur un pelit mamelon (25, d et fig. 26), et en arrière de quaire grosses protubérances (25, e) qui sont appliquées sur le commencement de la partie postérieure en y étant plus ou moins adhérentes; elles renferment chacune une glande blanche (25, f) qui aboulit par un petit canal à la base de chacune des quatre mâchoires qui

(4) Voir sur le sang et la circulation chez les Glycériens : Wiren, Om blodet och blodomloppet hos Glycera alba (Biologiske Forenings Férhandlingar, t. IT, 1889-90. Stockholm, in-8, p. 32-37). — Grobben, Die Pericardialdrüse der chætopoden Anneliden nebst Bemerkungen über die perienterische Flüssigkeit derselben (Sitzb. der k. k. Akad. der Wiss. zu Wien, t. XCVII, Abth. I, Juni 1888, p. 261). — Cuénot, Etudes sur le sang et les glandes lymphatiques des Invertébrés (Archives de zool. expérim., 2® série, L. IX, 1891, p. 413, 423, et pl. XVI, fig. 7, 11, 12).

(2) Voir Jourdan, L'innervation de la trompe des Glycériens (Comptes rendus

du 20 avril 14891). — Etude sur les épithéliums sensitifs de quelques Vers annelés (Ann. des sc. nat., 7° série, t. XIII, 1892, p. 231 et pl. V, fig. 1-6).

sont placées dans l'intérieur de la trompe au-dessous de l'anneau membraneux dont nous avons parlé. Entre chaque protubérance et au-dessous, 11 y a une glande blanche ronde qui fait saillie dans l’intérieur de la trompe (25, g).

Lorsque la trompe est extroversée, on voit en avant un trou à l’entrée duquel sont placées en regard les unes des autres en carré, 2 du côté dorsal et 2 du côté veniral, 4 mâchoires en forme de serres qui saisissent la proie et l'introduisent dans la trompe par un mouvement de bascule; elles sont encore consolidées par un aïleron chitineux noir fixé en arc-boutant, incliné à droite de la base de chacune. Cet aileron est en forme d’angle dont un des côtés est à peu près deux fois plus long que l’autre (fig. 29). La surface de la trompe qui fait suite est tapissée de papilles de deux sortes : les unes allongées et hautes de 0*°,12 (fig. 27); les autres moins nombreuses, plus grosses et arrondies (fig. 28). On y voil pénétrer un nombre assez considérable de fibrilles irès fines, probablement nerveuses, qui s'y réunissent pour former un filet longitudinal et qui doivent être en communication avec les cordons nerveux dont nous avons parlé. Ce tissu, couvert de papilles et parcouru par les cordons nerveux, est celui de l’intérieur de la trompe dans sa partie antérieure et n’apparaîl à l'extérieur que lorsque étant extroversée elle est retournée comme un doigt de gant.

Beaucoup plus courte que l’antérieure, la portion postérieure de la trompe débouche dans l'estomac qui est de même longueur qu'elle mais plus large, et dont elle est séparée par un sphincter musculeux. Le tissu intérieur de cette partie de la trompe esi lisse et sans papilles; quant à celui de l’estomac, il est enlièrement tapissé de grosses cellules épithéliales qui forment des plissements disposés assez régulièrement en rangées transversales, landis qu'elles sont plutôt en rangées longitudinales dans l'intestin plus étroit qui fait suite à l'estomac.

La Glycera siphonostoma D. Ch. est une espèce voisine de la G. gigantea, mais elle manque de branchies.

Manche. Océan Atlantique (Saint-Guénolé).

GLYCERA CONVOLUTA Kef. (1).

GLYCERA CONvVOLUTA Ehlers, Die Borstenwürmer, p. 663 et pl. XXIV, fig. 29 et 30. — — Quatrefages, Hist. nat. des Ann., t. II, p. 188. = — Grube, Die Familie der Glycereen (Jahresb. der Schles. Gesells. für 1869. Breslau, 1870, p. 59).

RyYnNcHoBoLUS coNvOLUTUS Claparède, Annél. de Naples, p. 186 et pl. XVI, fig. 3.

PI. II, fig. 30-38.

Dans le sable vaseux sur toute la côle. Animal aclif tirant continuellement sa trompe, cheminant très vite dans le sable et se roulant en spirale dès qu’on le touche.

Le corps rose nacré, transparent, long de 6 à 10 centimètres sur 3 millimètres de large dans la région moyenne, très aminci en arrière, a 170 à 180 segments biannelés chez les exemplaires de 7 à 10 centimètres.

La tête conique terminée par quatre petites antennes de 0"°,12 de long, a 14-17 pseudosegments biannelés portant chacun une rangée transversale de poils tactiles (fig. 30).

Les pieds des 2 premiers segments sont uniramés et manquent de cirre dorsal.

Les 3 premiers segments ne sont pas biannelés.

Les pieds biramés de la région moyenne (fig. 31) se composent : 1° d’un cirre dorsal rond placé très en arrière el couvert de poils tactiles (2); 2° d’une branchie creuse non rétractile, longue de 0*”,48, qui est assez éloignée du cirre dorsal, apparaît au 22° ou 23" segment et disparaît aux derniers; 3° de 2 mamelons antérieurs plus ou moins triangulaires et plus ou moins en cône tronqué, ce qui fait que les figures de Claparède, Ehlers et Keferstein, quoique ne se ressemblant pas, sont exactes; 4° d’un mamelon postérieur supérieur de même forme ; 5° d’un mamelon postérieur inférieur caractéristique invariablement court et rond; 6° d’un

(1) Keferstein, Unters. über niedere Seethiere (Zeits. für Wiss. zool., t. XII, p. 106 et pl. IX, fig. 28, 29).

(2) Eisig (Die Capitelliden, Berlin, 1887, in fol., p. 515) pense que ces cirres dorsaux à poils tactiles des Glycériens, sont des organes latéraux (Seitenorganen) en voie de formation.

cirre ventral massif plus ou moins triangulaire ou tronqué. L'acicule de la rame supérieure est droit et celui de la rame inférieure terminé par un petit crochet (fig. 32). Les soies sont semblables à celles que j'ai figurées pour la G/ycera gigantea, mais plus petites.

Aux derniers segments, le corps devient très mince et la forme des pieds se modifie : le pédicule s’allonge, les 2 mamelons antérieurs, le mamelon postérieur supérieur et le cirre ventral deviennent cirriformes; le mamelon postérieur inférieur seul ne change pas. Le dernier segment apode se termine par 2 cirres inarticulés longs de 1 millimètre avec poils tactiles. ;

Grâce à la transparence du corps, on voit très bien le liquide cavitaire et les globules rouges du sang mis en mouvement par les contractions du corps et par les cils vibratiles qui en lapissent la cavité. Ce liquide rouge pénètre dans le pédicule des piedset dans les branchies lymphatiques dont le tissu très mince et transparent paraît ciliéintérieurement.

La trompe au repos dansle corps, longue en tout de 16 millimètres, a sa partie antérieure séparée de la partie postérieure par un anneau membraneux découpé en avant en quatre lobes arrondis et suivi en arrière de quatre grosses protubérances plus ou moins adhérentes à la surface de la portion postérieure de la trompe et dans l'épaisseur de chacune desquelles on aperçoit par transparence une glande blanche aboutissant par un petit conduit à la base de chacune des mâchoires renfermées dans la trompe; entre chaque protubérance est placée une glande ronde remplie de petits boyaux contournés (fig. 33). Il y a 4 mâchoires disposées comme chez la Glycera gigantea et avec un arcboutant (fig. 34). Le tissu intérieur de la portion supérieure de la trompe est tapissé de petites papilles hautes de 0**,07, recouvertes à leur extrémité d’une plaque chitineuse en forme d’ongle, transparente et finement striée, à travers laquelle apparaît le bout de la papille (fig. 35); elles manquent à la portion postérieure de la trompe.

Après la trompe vient l'estomac qui a 5 centimètres de long, puis l'intestin qui, comme chez les autres Glycères, est droit et non étranglé à chaque segment, puisqu'il n’y a nulle part de dissépiments. A la surface dorsale de l’intestin court une bande musculaire plate, colorée en rouge, sur laquelle viennent s'insérer des ligaments mésentériques fixés de l’autre côté à la ligne médiane dorsale des parois du corps (1). Il n’y en a pas à l'estomac. |

L'intestin maintenu par les ligaments mésentériques flotte librement dans le corps au-dessus d’un plancher ventral à claire-voie qui se compose de petites bandelettes rouges musculaires disposées en échelons comme les figure Claparède pour la G. siphonostoma (2). Il y a pour chaque segment un échelon tendu comme une corde au-dessus de la chaîne ventrale sous-jacente sans y poser (3). | | Dans le liquide cavitaire flottent des hématies rouges d’un diamètre de 0°*,018 et des corpuscules ronds de 0**,48 de diamètre incolores, avec noyau central et petits granules entourant le noyau (fig. 36).

Le segment basilaire de la tête renferme les deux organes latéraux rétracliles (fig. 30, d) et le cerveau (fig. 30 c, et 37) légèrement rosé, large de 0**,60 sur 0**,35 de haut, consistant en deux lobes coalescents dont l’enveloppe corticale renferme une couche épaisse sous-jacente de cellules ganglionnaires el un tissu fibrillaire central. Il s’en détache : 1° en avant, deux nerfs (30, a) qui au sortir du cerveau se renflent en deux ganglions (30, 6)et se prolongent ensuite jusqu'auxantennes ; 2° en arrière, les deux connectifs œsophagiens (30, e)

(1) Cette disposition est exactement figurée par Claparède pour la Glycera (Rhynchobolus) siphonostoma, D. Ch. (G. folliculosa Ehl.?) (Annél. du golfe de Naples, pl. XVI, fig. 2 B).

(21 Toid.,' pl. XVI, fig. 2F.

(3) Ehlers croit qu'il s’agit là de véritables dissépiments (Die Borstenwürmer, Gôtting.gelehrte Anzeigen, 1869, p. 631). Mais je me rattache plutôt à l'opinion de Claparède. La disposition des ligaments mésentériques et des bandelettes musculaires est la même chez la Glycera gigantea, mais, plus que chez la G. convoluta, les ligaments mésentériques de la

portion antérieure de l'intestin sont très longs, pour lui permettre de suivre la trompe lorsqu'elle s'évagine.

qui relient le cerveau à la chaîne nerveuse ventrale. Cette chaîne nerveuse complètement recouverte en dessus par la couche des muscles longitudinaux ventraux se compose de deux cordons longitudinaux parallèles formés de fibrilles nerveuses ondulées extrêmement fines et entourés d’une gaine qui enveloppe chacun des deux cordons et les sépare l’un de l’autre (fig. 38). Au milieu de chaque segment ils ont un renflement qu’on peut attribuer à un épaississement du névrilème, ce qui serait un moyen de consolidation (/emmatochorde d’Eisig). Dans l’intérieur de chacun des cordons il y a une fibre tubulaire d’un faible calibre (0**,016). La gaine des cordons est plus ou moins complètement entourée de petites cellules qui leur donnent une teinte rouge et qui d’après M. Cuénot (1) sont des hématies naissantes.

On aperçoit très bien la chaîne nerveuse à travers les parois du corps, car il n'y a au-dessous d’elle qu'une mince couche d’hypoderme etla cuticule chitineuse percée de pores, la couche des muscles circulaires (38, 6) s’arrêtant avant d’atteindre la région nerveuse comme l’a indiqué Mc Intosh (2) pour les Glycériens, peut-être d’après ce qu'Ehlers avait constaté chez la Glycera dibranchiata Ehl. (3).

La Glycera fallax décrite assez incomplètement par Claparède (4), qu'il ne faut pas confondre avec la G. fallar Qfg. et à laquelle Quatrefages a donné le nom de G. retractilis, ne me paraît pas devoir être identifiée avec la G. convoluta comme le voudrait Ehlers.

Manche, Océan (5). Le Cap. Méditerranée.

(41) Études sur le sang et les glandes lymphatiques : Polychètes (Arch. de Zool. expérim., 2° série, t. IX, 1891, p. 424 et pl. XVI, fig. 11).

(2) Mc Intosh, On the arrangement and relations of the great nerve cords in the marine Annelids (Proceed. of the R. Soc. of Edinb., t. IX, 1878, p. 373).

(3) Die Borstenwürmer, p. 674 et pl. XXIV, fig. 18.

(4) Beobachtungen üb:r wirbel. Thiere, etc., 1863, in-fol., p. 54 et pl. XV, fig. 14 et 15.

(5) J'ai rencontré la G. convoluta au Croisic et à Concarneau.

GLYCERA CAPITATA OErst. (1) nec Kef.

GLYCERA CAPITATA Johnston, Catal. of brit. non paras. Worms., p. 186 et pl. XV 6, fig. 1-10.

— — Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. IX, p. 174. — — Ehlers, Die Borstenw., p. 648 et pl. XXIII, fig. 47-49. — — Grube, Die Familie der Glycereen (Jahresb. der Schles. Gesells. für 1869. Breslau, 1870, p. 64).

— — Mc Intosh, Report on the Annelida of the Challenger, p. 343. 2? — Mürrert Qfg. Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. II, p. 172.

PI. IL, fig. 39-42.

Trouvée une seule fois dans un dragage au N. de Cézembre.

Le corps blanc nacré à 8 centimètres de long sur 3 millimètres de large rames non comprises, sauf à l'extrémité postérieure qui va en s’amincissant. Il y a 165 segments un peu indistinctement lriannelés ; les pieds avec les soies sont aussi longs que la moitié de la largeur du corps.

La tête qui mesure 1**,7 de long dans l'alcool, pointue et terminée en avant par 4 petites antennes, à 11 pseudosegments dont le basilaire qui est plus large et plus haut.

Chaque pied (fig. 39) se compose : 1° d'un cirre dorsal très petit placé loin en arrière près du dos (a) ; 2° de deux mamelons antérieurs renflés à la base et finissant en pointe dont le supérieur est moins long que l’inférieur (d, 6); 3° d’un mamelon postérieur unique, presque rond, recouvrant la base des deux mamelons antérieurs comme un bouclier (c); 4 d’un cirre ventral plus massif aux premiers segments du corps et moins gros aux segments moyens et postérieurs, mais se terminant toujours en pointe et n’atteignant nulle part le niveau des mamelons antérieurs (d). Un faisceau de soies simples peu nombreuses sort du corps au-dessus du mamelon antérieur supérieur et deux faisceaux de soies composées sortent l’un au-dessus et l’autre au-dessous du mamelon antérieur inférieur. Ces soies (fig. 40) ont le bas de l’article terminal, qui vient s'emmancher dans la fourche

(4) Grônt. Annul. dorsib., p. 196 et pl. VIH, fig. 87, 88, 90-94, 96, 99.

de la hampe, plus courbe que pour les soies de la G. gigantea et de la G. convoluta. Nulle part il n'y a de branchies.

À partir du premier tiers du corps les deux mamelons antérieurs et le cirre ventral sont plus pointus, le pied et les soies plus longs se maintenant semblables jusqu'aux derniers segments. |

La trompe esi lapissée à l’intérieur de papilles de deux formes différentes : les premières très nombreuses, longues et minces (fig. 41); les secondes irès rares, courles, grosses, arrondies (fig. 42). Toutes deux renferment des fibres longitudinales peut-être nerveuses et une substance granuleuse. Les quatre mâchoires sont semblables à celles de la Gl, convoluta ; dix-huit petits mamelons charnus, arrondis sont disposés dans les intervalles qui séparent les mâchoires les unes des autres.

Quoique cet exemplaire ait des segments indistinctement triannelés, il répond assez exactement aux descriptions de la G/. capitata UErst., pour que je le rattache à cette espèce. La G/. setosa OErst. a bien les segments triannelés, mais elle diffère sur plusieurs points de la G/. capitata, entre autres par la grande taille des pieds qui sont aussi longs que la largeur du corps, ce qu'indique bien du reste la figure d’OErsted (1). C’est à cause de ce caractère que Levinsen (2) qui en a examiné beaucoup d'exemplaires n'admet pas qu’elle puisse être confondue avec la G/. capitata comme le voudrait Ehlers. En tous cas ces deux espèces sont très voisines.

Grube avait déjà rencontré à Saint-Vaast la G/. capitata OErst. qui jusque-là paraissail propre aux mers du Nord.

La Gl. capitata Kef. est une espèce différente de celle d'OErsted comme Ehlers l’a démontré (Borstenw., p.652); ilen a fait la G/. lapidum Qïs.

Manche.Océan Glacial arctique. Mers du Nord. Atlantique. Océan Pacifique. Draguée pendant l'expédition du Porcupine

(1) Grünt. Annul. dorsib., pl. VIE, fig. 89.

(2) Syst. geog. Overs.over de Nord. Annul. (Vidensk. Meddels., 1884, p. 219).

à 1214 mètres de profondeur, pendant celle du Challenger près de Sétubal à 860 mètres et pendant la sn Nordhavs Expedition à 1187 mètres.

Genre GONIADA Aud. et Edw. Ehl., rev. (incl. Leonnatus Kbg.).

GONIADA EMERITA Aud. et Edw. (1).

GontADaA EMERITA Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. II, p. 191. — — Ehlers, Die Borstenwürmer, p. 718 et pl. XXIV, fig. 49-51. — Klorida Anneliden (Memoirs of the Museum of comp. zool. at Harvard college, t. XV, p. 124).

PI. IL, fig. 43-50.

Trouvée une seule fois dans le sable vaseux des herbiers à l'ilot des Ormelettes au-dessous de Lancieux. Exemplaire incomplet.

C’est une femelle mûre de 161 segments ayant 16 cenlimètres de long dont 8 pour la première région; une grande partie de la deuxième région doit manquer.

Le corps exactement décrit par Ehlers est d’un gris perle opaque avec de beaux reflets irisés, ayant comme chez une Heteronereis 2 régions bien distinctes, la première de 8 millimètres de large rames comprises, et la deuxième de 12 millimètres de large. La première région qui renferme la trompe et l'estomac est presque ronde et la deuxième qui est d’abord seulement un peu plus aplatie ne tarde pas à devenir à peu près quadrangulaire comme le corps d’une Nephthys; le rames pédieuses y sont alors profondément incisées, de sorte que le corps proprement dit y est moins large que dans la première région.

La tête aussi haute que les 8 premiers segments du COrps, conique, mais plus massive que celles des Glycères, très bien figurée par Audouin et M. Edwards (/oc. cit., fig. 2), terminée par 4 courtes antennes, divisée en 8 pseudosegments

(1) Recherches pour servir à l'hist. nat. du littoral de la France, t. Xf, p. 247 et pl. VIA, fig. 1-4.

ANN. SC. NAT. ZOOL. / XVIL, 9

ayant chacun de chaque côté une petite fossetle, est reliée par un neuvième pseudosegment basilaire, aussi haut que le tiers des 8 autres, au premier segment du corps qui est de même largeur ; il en résulte qu’elle est beaucoup mieux reliée au corps que chez les Glycères. Une assez large ouverture placée de chaque côté sur la limite du pseudosegment basilaire céphalique et du premier segment doit donner passage aux organes exsertiles vibratiles. La bouche s'ouvre sous le pseudosegment basilaire céphalique et sous les 2 premiers segments du corps.

La première région du corps se compose de 62 segments à pieds uniramés ; [es 4 premiers segments ont des pieds encore incomplets avec 2 mamelons seulement au premier, 3 au deuxième, 4 au troisième et au quatrième où ce quatrième mamelon est un cirre dorsal à peine indiqué. C'est seulement à partir du cinquième segment que les pieds uniramés de la première région (fig. 43) sont bien complets. Ils sont implantés sur les côtés du corps et se composent : 1° d’un cirre dorsal épais un peu foliacé (a); 2° d'un pédicule cylindrique à 3 mamelons delongueur égale : les 2 antérieurs en forme de doigt (c, d), le postérieur en pointe {riangulaire (b); entre les mamelons antérieurs et le mamelon postérieur sort un éventail de soies composées dont l’article terminal est dentelé au bord; un gros acicule droit, jaune foncé et pointu, fait un peu saillie hors du corps entre les 2 mamelons antérieurs ; 3° d’un cirre ventral (e) épais, massif, obtus, dont la pointe arrive à peu près au même niveau que celle des 3 mamelons.

Au 63° segment commence la 2°° région avec les pieds biramés; les segments 63 à 85 qui ne sont pas plus larges mais moins cylindriques ont des pieds avec le même cirre dorsal que ceux de la 1” région ; ce cirre placé de même est suivi immédiatement d’un mamelon obtus plus court que lui, contenant un gros acicule et livrant passage à 2 grosses soies aciculaires droites d’un jaune foncé à la base et noires au bout ; c’est la rame supérieure qui fait son apparition. La

rame inférieure avec les soies à article est composée de 3 mamelons et 1 cirre ventral semblables à ceux des pieds antérieurs, un peu plus aplatis.

Au 86*° segment les segments deviennent ar plus larges ; les pieds (fig. 44) sont formés des mêmes parlies que ceux des segments 63 à 85 ; seulement ils sont beaucoup plus larges (4**) et DE incisés ; le cirre dorsal est plus rapproché du dos etla rame peine (6) beaucoup plus séparée de la rame inférieure (c, e) qui est toujours la même que précédemment sauf les différences suivantes : elle se compose de 2 lèvres plates et discoïdes dont l’antérieure, offrant une échancrure médiane, se prolonge de chaque côté en un mamelon digiliforme, tandis que la postérieure se prolonge en un seul mamelon conique médian (fig. 44, d'et 45); le cirre veniral (f) n'arrive plus au même niveau que les 3 mamelons. Les soies qui sortent en éventail au nombre de 120 à 125- entre les 2 lèvres, beaucoup plus nombreuses et plus longues que celles de la 1" région, sont semblables du reste : la hampe est terminée par une fourche (fig. 46) et l’article terminal long ici de 0"*,50 à 0*®,54 est cilié au bord (fig. 47).

On remarquera que, dans la description des pieds des 2 régions, Je ne suis pas d'accord avec Ehlers qui, selon moi, décrit comme postérieurs les 2 mamelons antérieurs el comme antérieur le mamelon postérieur. |

J’observe, comme Elhlers, en dessous du corps à égale distance entre la base du pied et le milieu du ventre un pelit mamelon qui doit jouer un rôle semblable à celui des papilles ventrales chez les Aphroditiens.

La trompe au repos dans le corps se compose de 2 portions, l’une antérieure et l’autre postérieure. Dans l’intérieur de la première qui a 35 millimèires de long sont implantées non loin de la bouche, 2 rangées longitudinales ventrales de 10 chevrons chitineux d’un brun très foncé emboîtés les uns dans les autres, la pointe tournée vers le bas, et tels que les représentent Audouin et Milne Edwards

(oc. cit., fig. 4). La surface intérieure est parsemée de papilles écailleuses, chitineuses, transparentes, à pédicule très bas, réniformes, marquées de stries très fines se coupant à angle droit (fig. 48). Elle est parcourue par 18 sillons longitudinaux équidistants et parallèles, de sorte que le tissu compris entre chacun d’eux et disposé en bandes parallèles transversales forme autant de colonneltes (fig. 49, a). Ces colonnettes, plus larges à la partie ventrale, apparaissent chacune à la surface extérieure de la trompe qui est unie et sans papilles comme des bourrelets longitudinaux saillants. La 2*° portion de la trompe avec laquelle communique la 1° est entourée intérieurement, à son entrée, d’une couronne de 18 papilles charnues en forme de massue (fig. 49,4) qui sont suivies du système maxillaire. Ce système consiste en 2 mâchoires chitineuses très foncées à 3 dents pointues et recourbées en avant, placées du côté ventral, et en 48 paragnathes (fig. 50) dont 20 placés entre les 2 mâchoires du côté ventral et les 28 autres du côté dorsal faisant une ceinture complète, le tout bien représenté par Ebhlers (loc. cit., fig. 49). L’estomac fait suite à la 2°° portion de la trompe ; ils atteignent ensemble 30 millimètres de long environ et leur surface interne et externe esl lisse. L’intestin commence avec la 2°° région du corps.

Lorsque la trompe est extroversée, la porlion antérieure relournée comme un doigt de gant coiffe la partie postérieure qui fait saillie hors dela bouche avec ses papilles en massue qui en couronnent l'entrée, tandis que les 2 rangées de chevrons sont près de la bouche (1).

Le liquide cavilaire introduit entre la surface engainante de la 1" portion de la trompe et la surface engainée de la 2* porlion, contenant ‘des globules sanguins, colore en rouge la trompe chaque fois que l’animal la projette.

Le corps est rempli de gros œufs gris ayant 0°**,36 de diamètre.

(1) Cette disposition de l’extroversion de la trompe a été très bien figurée par Ehlers pour la Goniada maculata OErst. (Die Borstenwürmer, pl. XXIV. fig. 36).

L'exemplaire de la collection du Muséum, venant de Nice, décrit par Audouin, Milne Edwards et Quatrefages, est plus mince que celui de Dinard. La trompe est renfermée dans le corps; la surface interne de la 1”° portion est seule lirée au dehors et laisse apercevoir les 2 rangées de chevrons près de la bouche. On ne peut donc pas dire qu'il n'y à pas de mäâchoires ni de paragnathes à l’entrée de la 2° portion; il est extrêmement probable, au contraire qu’on en trouverait de semblables à ceux observés par Ehlers et par moi.

Méditerranée : Nice (Aud. et Edw.), Naples (Ehlers), Marseille (Marion). —Draguée dans le golfe du Mexique, pendant l'expédition du Blake près des côtes de la Floride, à 587 mètres de profondeur.

FAMILLE DES SPHEÆERODORIDES Mgr.

Presque en même temps que Rathke créait le genre Ephesia pour son €. gracihis, OErstled créait le genre Sphærodorum pour le S. flavum.

Le genre Syhærodorum, adopté par Grube, Claparède, Kôlliker, Mecznikow, Johnston et Greeff (1), mais modifié par ce dernier pour y faire entrer son S. Claparedü, fut condamné par Malmgren (2) qui le fondit dans le genre £phesia, ne voyant pas de différence entre l’£. gracilis el le S. flavum . C'élait par erreur et pour ne pas avoir employé d’assez forts grossissements que Rathke avait trouvé à l’£. gracilis la peau lisse, seul caractère important qui la séparât du S. flavum dont la peau est couverte de petites papilles. Levin sen (3) lout en partageant l'opinion de Malmgren en cequiconcerne la fusion du genre Sphærodorum OErst. dans le genre Ephesia, Le fit revivre en en donnant une nouvelle diagnose ap-

(1) Ueber die Anneliden Gattung Sphærodorum OErst. und einen neuen Repräsentaten derselben : Sphærodorum Claparedii (Archiv für Naturg., 1866, t. T, p. 349 et pl. VI). — Traduit dans les Annals of natur. hist., t. I, 1867.

(2) Annul. polych., p. 190.

(3) System. geogr.Overs. over de Nord. Annul.(Vidensk. Meddels. Copenhague, 1884, in-8, p. 93).

plicable au S. Claparedii Greeff. Voici donc comment il définit les deux genres dont se compose actuellement la famille :

Genre Ephesia Rathke : Côté dorsal avec deux rangées de capsules de la peau en forme de sphères terminées par une pelite papille ronde; segment buccal avec une paire d’appendices semblables. Corps long et cylindrique.

Genre Sphærodorum Lev. nec OErst. : Côté dorsal avec six rangées et côté veniral avec quatre rangées de capsules de la peau en forme de sphères sans papille ; segment buccal avec une paire d’appendices en forme de massue. Corps court et large. |

Il serait peut-être préférable de conserver le genre Ephesia pour l’Æ. gracalis qui n'a que des soies simples et de ranger dans le genre Sphærodorum toutes les espèces qui ont des soies composées. Il est impossible de ne pas remarquer une certaine ressemblance entre ces deux genres et le genre £urysyllis de la famille des Syllidiens.

GENRE E PHESIA Rathke, Lev. rev. (SPHÆRODORUM OErst.).

EPHesiA GRAGILIS Rathke (1).

SPHÆRODORUM FLAVUM OErst. OErsted, Annul. Danic. consp., 1843, in-8, p. 43 et fig. 7, 92, 101.— Zur Classif. der Annul.(Archiv für Naturg., 184#, t. I, p. 108).

— — Mecznikow, Beiträge zur Kennt. der Chætop. (Zeits. für uiss. Zool., t. XV, p. 338 et pl. XV, fig. 19 et"20)- — PERIPATUS Johnst. Johnston, Catal. of bril. non parasit. Worms., p. 208 et pl. XIV, fig. 1-6.

PI. IIL, fig. 51-54.

Rare à Dinard dans les dragages. Trouvée une fois sur la côte à l’île de Cézembre.

Je n’en ai rencontré que 7 exemplaires : l’un, le plus long, de 26**,5 sur 1 millimètre de large, de couleur brune avec 89 segments, les cinq autres beaucoup plus pelits, de 5 millimètres à 3*",60 sur 0**,36 de large, de couleur jaune plus ou moins claire, ayant de 33 à 42 segments.

(1) Beiträge zur Fauna Norwegens (Nova acta Acad. LL. C. natur. curios., t. XX, p.176 et pl. VII, fig. 5-8).

Le corps à segments très indistincts est cylindrique, diminuant brusquement de largeur près de la têle, revêtu d’une cuticule chitineuse très fine qui enveloppe même les appendices, couvert sur le dos el sous le ventre de petites papilles rondes au centre de chacune desquelles aboutit un filet nerneux (fig. 51) qui s’y termine comme l’admet Kôlliker pour le S. peripatus Clpd.

La tête (fig. 52), imparfaitement figurée par OErsted et Johnston, tient à la fois de celle du S. peripatus Clpd. et de celle du S. Claparedu Greeff. Indistincte du segment buccal, elle a tout à fait en avant #4 antennes minces cylindriques dont deux supérieures et deux inférieures ; les deux paires sont séparées l’une de l'autre par 3 papilles allongées placées au bord antérieur de la tête, il y a de plus deux papilles allongées ayant la forme de petits tentacules à la base des antennes supérieures. La tête est presque toujours plus ou moins complètement rentrée dans l'intérieur du corps, ce qui explique comment on en a donné des descriptions incomplètes. Je ne l’observe bien sortie que chez un exemplaire de 3"*,60. Elle n’a pas d’yeux; ceux-ci au nombre de deux paires, réniformes, consistant en granules pigmentaires rougeâtres accompagnés d'un cristallin, sont placés sous la peau très en arrière au dos du 2° et même du 4*° segment.

La bouche s'ouvre en dessous du segment buccal achète de chaque côté duquel est un appendice dorsal en forme de sphère, surmonté d’une petite papille comme il y en a à tous les segments suivants ; au segment buccal seulement elles sont plus petites. Ces sphères tenant lieu de cirres dorsaux ont été trop bien décrites par Claparède et Kôlliker pour le S. peripatus Clpd., chez lequelelles sont tout à fait semblables, pour que j'aie rien à changer à ce qu’ils en ont dit. Je ferai seulement observer qu'un filet nerveux aboutit à l'extrémité de la papille terminale tout comme aux autres papilles du corps {{).

(4) Voir sur ces sphères comparées à celles des Ewrysyllis la première

partie des Annélides polychètes des côtes de Dinard (Ann. des sc. nat., Te série, t. I, 1887, p. 192).

Au 2°° segment (1” sétigère), d’un rudiment de pied placé au-dessous de la sphère dorsale sortent une ou deux grosses soies simples en forme de croc (fig. 53) déjà signalées par Mecznikow chez ses exemplaires d'Helgoland (/oc. cit., p.338 et pl. XXV, fig. 19, a) et accompagnées d'un petit acicule droit. Au 3° segment, au-dessous d’une véritable frange de petites papilles bien figurées par OErsted (oc. cit, fig. 101), sont placés les pieds qui ont deux lèvres pinniformes entre lesquelles sortent 4 à 5 soies simples assez fines dont la pointe terminale recourbée est précédée d’un renflement (fig. 54) ; elles sont accompagnées d’un seul acicule clair. Il en est ainsi jusqu'à l’avant-dernier segment. Cachés d’abord par la sphère dorsale puis par l'écran des papilles, les pieds sont difficiles à observer à moins qu'on n’examine l’animal du côté ventral.

Entre chaque pied il y a 1, 2 ou 3 petites papilles, mais ce sont celles qu'on retrouve partout sur le corps et elles ne sont pas distribuées dans ces intervalles en nombre régulier. .. Le segment anal achète se termine par deux sphères dor-

sales semblables à celles des autres segments ; il a de plus un cirre ventral impair pinniforme comme le S. peripatus Clpd.

La bouche est suivie d’une large trompe musculeuse inerme protractile qui au 8*° ou 9*° segment débouche dans l'intestin flottant librement dans le corps où il n’y a pas de dissépiments. On remarquera. que chez les Glycériens qui peuvent, comme les Sphærodoridés, invaginer la tête dans l'intérieur du corps, les dissépiments manquent également.

LE, gracilis a des mouvements très lents comme les Eurysyllis, et lorsque sa tête est rentrée, on la prendrait pour un animal mulilé et malade.

Cette espèce est la seule de la famille des Sphærodoridés qui ait des soies simples (1) ; elle y est une exception au même titre que l’Haplosyllis hamata Clpd., les Ancistrosylhs Mc

(1) Le S. peripatus de Johnston a des soies simples et doit être l'Ephesia gracilis.

Int. et les Séreptosyllis Webst. dans la grande famille des Syllidiens. Les soies sont composées chez toutes les autres espèces de Sphærodoridés : le S. (Ephesia) peripatus Clpd., le S. (Ephesia) abyssorum Hans. (1), le S. Claparedu Greeff, l'Ephesia antarctica Me Int. Chall., l'£Ephesia minuta Webst. et Bened. (2) qui rentre dans le genre Sphærodorum Lev. Je ne sais quelles soies aura trouvées M. Giard au S. Greeffn Giard (3), parasite de l’Ophiocoma neglecta, dont il n'a pas encore publié la descriplion.

Manche. Océan Glacial arctique. Mer du Nord. Draguée par le Porcupine à 1214 mètres et dans la Norske-Nordhavs Expedition à 836 mètres de profondeur.

EPHESIA PERIPATUS Clpd. nec Johnst. (4).

SPHÆRODORUM PERIPATUS Kôlliker, Kürzer Ber. über ein. an der W'estk. von Schottland anal. Unters. (Würzb. Naturw. Zeits., t. V,1864, p. 240, 245 et 248 et pl. VI, fig. 1).

Très rare à Dinard où je n'en ai dragué qu'un seul exemplaire de 7°*,5 de long sur 0**,5 de large avec 58 segments. Je ne puis admettre, comme le fait Malmgren, que l'espèce de Claparède soit la même que l’£phesia gracilis, dont elle se islingue par plusieurs caractères, entre autres par la forme distingue par pl Û l tres par la f des soies qui sont composées.

Je ne puis que renvoyer à la longue description de Claparède en signalant seulement quelques points :

La grosse papille inférieure des pieds me paraît être sans aucun doute un cirre ventral. Il n’y a pas au-dessous des pieds l'éventail de papilles qui existe chez l’Ephesia gracilis.

Les quatre yeux réniformes sont au 2° segment.

(1) Der Norske Nordhavs-Expedition, 1876-78 : Annelida. Christ., 1882, in-fol. p. 37 et pl. VI, fig. 16-19.

(2) Webster et Benedict, The Annelida chætopoda of Eastport (Maine) (U.S. Comm. of fish and fisheries. pars XIII for 1885. Washington, 1887, p. 728 et pl. VI, tig. 66).

(3) Giard, Les Orthonectidés (Journal d'anatomie et de physiologie, 1879, t. XV, p. 452). M. Giard a trouvé aussi l’Ephesia gracilis vivant sur l’Amphiura squamata à Wimereux (Bulletin scient. de la France et de la Belgique, 1890, p. 60 à 88. Le laboratoire de Wimereux en 1889).

(4) Sphærodorum peripatus. Claparède, Beob. über Anat. und Entwick. wirbelloser Thiere, etc., in-fol. Leipzig, 1863, p. 50 et pl. XI, fig. 8-18.

Je retrouve bien au dernier segment le cirre ventral impair signalé par Claparède, mais l’avant-dernier segment a * des soies.

Les papilles qui couvrent le corps et celles qui terminent les sphères dorsales contiennent le filet nerveux dont il a été parlé pour l’Ephesia gracilis.

FAMILLE DES CIRRATMULIENS V. Carus.

Cette famille me paraît devoir être partagée en deux grandes divisions : 1° Cirratuliens sans gros tentacules préhensiles ; 2° Cirratuliens à gros tentacules préhensiles rappelant ceux des Spiodiens. |

La 1° division comprend : 1° le genre Cirratulus Lmck., Qfg. rev. (incl. Timarete Kbg. p.p.?, Promentia Kbg., Archidice Kbg.), où les filets tentaculaires dorsaux apparaissent en même temps que les branchies latérales en nombre plus ou moins grand et sur un ou plusieurs (?) segments plus ou moins antérieurs ; 2° le genre Audouinmia Qbg. (incl. Timarete Kbg. p.p.), où le segment ou les segments qui porlent les fileis tentaculaires sont précédés d'un nombre variable de segments n’ayant que des branchies latérales (1); 3° le genre Cirrineris Blv. (Labranda Kbg.), où il n’y a que des branchies latérales et pas de filets tentaculaires.

Sur cette 1° division il faut remarquer : 1° que les filets tentaculaires des genres Cirratulus et Audouinia ne diffèrent pas à première vue d’une manière très sensible des branchies latérales, mais que leur structure anatomique n’est pas la même ainsi que l’a démontré Claparède (2) ; ils n’ont

(1) De la diagnose de Quatrefages pour les genres Cirratulus et Audouinia je ne conserve que les deux caractères que j'indique, les autres me paraissant s'appliquer indifféremment aux deux genres.

(2) Annélides du golfe de Naples, p. 263 et pl. XXILE, fig. 4 B et 4 C. — Recherches sur la structure des Annél. sédent. (Mém. de la Soc. de phys. et d'hist. natur. de Genève, t. XXII, 1873, in-4, p. 25 et pl. XI, fig. 6-7). — Voir

aussi : Cunningham and Ramage, Polychæta sedentaria of the Firth of Forth. (Trans. Edinb. Soc., t. XXXIIL, p. 644 el pl. XXXIX, fig. 9Cà9F.)

qu’un seul vaisseau aveugle comme les gros lentacules préhensiles des Cirratuliens de la 2°° division, mais ceux-ci, en général trois fois plus gros que les branchies, sont beaucoup plus massifs que les filets tentaculaires et se roulent souvent en spirale. Quant aux branchies, elles renferment un vaisseau en anse dont les 2 branches sont reliées l’une à l’autre par de nombreuses anses transversales; 2° qu'il faut être prudent avant de ranger une espèce dans le genre C#rineris, car il peut quelquefois s'agir d’un Cirratulien ayant perdu ses gros tentacules préhensiles très caducs et devant alors rentrer dans un des genres de la 2*° division.

La 2°° division comprend : 1° le genre Dodecaceria OErst., Lang. rev., avec 2 gros tentacules ventraux et une paire de branchies dorsales au segment buccal, un très petit nombre de branchies latérales aux segments suivants ; 2° le genre Narangaseta Leidy, avec 3 paires de gros tentacules au 1° segment et 5 paires de branchies aux 5 segments suivants ; 3° le genre Âeterocirrus Gr. Char. mut. (incl. Tharyx Webst. el Benedict), avec une paire de gros tentacules dorsaux et une paire de branchies latérales apparaissant ensemble à l’un des segments antérieurs et de nombreuses paires de branchies aux segments suivants. Je développerai plus loin cette diagnose en expliquant pourquoi j'ai cru devoir modifier celle de Grube ; 4° le genre Acrocirrus Gr., von Marenz. . rev., avec une paire de gros tentacules préhensiles à la tête, 2 paires de filets tentaculaires au segment buccal accompagnés d’une petite papille et une paire de branchies latérales aux 2°° et 3°° segments ; soies ventrales composées avec article en serpe ; 5° le genre ChAætozone Mgr. Lang., von Marenz. char. ert., avec têle sans appendices, une paire de gros tentacules accompagnée d’une paire de branchies lalérales au 1* des segments où apparaissent les appendices du corps, et une paire de branchies latérales à beaucoup des segments suivants ; soies simples garnissant presque tout le tour des segments postérieurs du corps. Malmgren n'ayant pas établi la diagnose de ce genre dont le caractère domi-

nant est la ceinture de soies des derniers segments, Langerhans l’a fait d’une manière insuffisante et von Marenzeller l'a complétée en y ajoutant la présence de 2 gros tentacules. En effet, ils existent dans les deux espèces qui composent le genre : la Chætozone macrophthalma Lang. et la CA. setosa Mgr. (1). Chez la CA. setosa, Malmgren les observe sur beaucoup d'exemplaires, et Theel (2) les retrouve toujours chez une espèce qu'il croit identique; von Marenzeller (3), Cunningham et Ramage (4), Webster et Benedict (5) les constatent également. Cependant Meyer (6) ne les signale pas. Il est probable que les exemplaires qui en manquent les ont perdus, ces gros tentacules étant très cadues.

Il n'a élé question ci-dessus des soies qu’à propos du genre Chætozone, à cause de leur distribution particulière aux derniers segments, et à propos du genre Acrocirrus, où elles sont très différentes de celles des autres genres. Partout ailleurs elles sont capillaires ou aciculaires. Mais dans leur répartition il se produit 3 sortes de combinaisons d’après lesquelles von Marenzeller peu confiant, non sans raison, dans la classification d’après les appendices du corps, voudrait voir répartir les Cirratuliens en 3 groupes : 1° soies capillaires seulement aux 2 mamelons sétigères ; 2° soies capillaires seulement au mamelon dorsal et crochets aciculaires à un certain nombre de mamelons ventraux ; 3° soies capillaires et crochets aciculaires à un certain nombre des mamelons dorsaux et ventraux. Dans ce dernier groupe, les crochets aciculaires dorsaux se montrent toujours à un

(1) Je ne parle pas des espèces plus ou moins avariées du Challenger. (2) Les Annél. polych. des mers de la Nouvelle-Zemble (Kongl. Svenska Vetensk. Akad. Handl., t. XVI, 1879, p. 54 et pl. IV fig. 49 et 50).

(3) Spitzbergische Annel., dans : Beitr. zur Fauna Spitzb. Resultate eines

im J. 1886 untern. Reise von Dr. Kükenthal (Archiv für Naturg., 1889, p. 132).

(4) The Polychæta sedent. of the Firth of Forth (Trans. Edinb. Soc., t. XXXIIL, p. 647 et pl. XXXIX, fig. 11).

(5) The Annelida chætop. of Eastport (U. S. Comm. of fisheries, part. XIIT for 1885. Washington, 1887, p. 7#1).

(6) Studien über den Kürperbau der Annel. (Mitth. aus der zool. Stat. zu Neapel, t. VII, 1887, p. 692 et pl. XXII, fig. #).

ete mie + sh

segment plus éloigné de la lête que les ventraux, mais le numéro de ces segments varie beaucoup avec l’âge comme on le verra plus loin, et ne peut servir de caractère générique ; c’est même avec précaution qu'on doit en faire un caractère spécifique.

Pour établir la classification des Cirraluliens d’après les soies, on serait amené à créer trois genres nouveaux el à supprimer tous ceux qui existent, sauf un. Voici comment y seraient réparties les espèces actuelles, celles du moins dont on connaîl les soies à peu près exactement : |

1° genre. Soies capillaires seulement aux 2 mamelons sétigères : Cirratulus chrysoderma Clpd. — Cirratulus fili-

formis Kef. — Cirratulus abyssorum Mans. — Cirratulus tenuis Verr. — Cirrineris tenuisetis Gr. — Cirrineris fusca Gr. — Heterocirrus multibranchis Gr. — Heterocirrus Marom N. S. — Tharyx (Heteroctrrus?) acutus Webst. et

Bened. — Tharyx (Heterocirrus ?) similis Webst. et Bened. — Cossura longocirrata Webst. el Bened. ? (1).

2° genre. Soies capillaires seulement au mamelon dorsal et crochets aciculaires à un certain nombre de mamelons ventraux : Cirratulus medusa Qfg. (C. borealis Kef.). — Cirratulus melanachantus Fr. Müll. Gr. — Archidice (Cirratulus) glandularis Lang. — Cirratulus (Audouinia ?) punctatus Gr. OErst. |

3"° genre. Soies capillaires et crochets aciculaires à un certain nombre des mamelons dorsaux et ventraux: Cirratulus cirratus O.F.Müll. (Cerratulus borealis Lmck.). — Cirratulus capensis, anchylochœtus, cylindricus, miniatus Schmarda.

— Cirralulus auricapillus Ebr. Gr. — Cüirratulus pallidus Gr. — Cirratulus grandis Verr. — Cirratulus viridis Lang.

— Terebella (Audouinia) tentaculata Mont. (Cirratulus Lamarchku Aud. etEdw.) — Lumbrineris filigerus D. Ch. (Audouima Chiajei sec. von Marenz.; Audouinia filigera Clpd.). —

(1) Ce genre, qui n’a pas de branchies et qui est caractérisé par un seul et énorme tentacule au dos du 2"° segment sétigère, ne me semble pas appartenir à la famille des Cirratuliens.

Cirratulus (Audouinia) gracilis Ehr. Gr. — Cirratulus (Audouinia) Polytrichus Schmarda. — Cirratulus (Audouinia) nigromaculatus Ehr. Gr. — Cirratulus (Audouinia) Danielssenm Van Bened. Hans. — Cirratulus (Audouinia) dasylophius von Marenz. — Cirratulus (Audouinia) comosus von Marenz. — Cirratulus (Audouinia) tenuis Webst. — Cirratulus (Cirrineris) bioculatus Kef. — Cirratulus (Cirrineris) caribous Gr. OErst. — Labranda (Cirrineris) crassicollis Kbg.? — Cirrineris (Paracirrineris) pulchra Cziern. (1). — Dodecacera concharum OErst. — Narangaseta corallii Leidy. — Cüirratulus (Heterocirrus ?) fragilis Leidy. — Heterocirrus caput esocis N. S. — Heterocirrus flavo-viridis N. S. — Chætozone setosa Mgr. — Chætozone macrophthalma Lang.

L'ancien genre Acrocirrus subsisterait à cause de ses soies composées qui sont jusqu’à présent uniques dans [a famille, à moins qu'on y comprenne le genre Wacrochæta Gr. qui me paraît plutôt, comme à Levinsen (2), devoir rentrer dans la famille des Syllidiens, et le genre Ledon Webst. et Bened. voisin du genre Macrochæta.

Le tableau ci-dessus établit que le 1° groupe ne comprend que des Cirraiuliens de petite taille appartenant à 3 genres actuels différents, que le 2*° groupe ne renferme que des Cirratulus sauf une seule exception, et que le 3°° groupe de beaucoup le plus nombreux contient toutes les A wdouinia, Dodecaceria, Narangaseta, Chætozone, quelques Cirratulus, Cirrineris et Heterocirrus, c’est-à-dire des animaux bien différents les uns des autres. D’après le peu qu'on sait du développement des Cirratuliens, il semble acquis que, dès l’âge le moins avancé, les crochets aciculaires se montrent déjà, même aux 2 mamelons, chez les espèces qui doivent en avoir. On peut donc les attribuer à un des 3 groupes, mais à quelle espèce? C’est alors que l’observation des ten-

(1) D’après Cziernavski cette espèce n'aurait absolument que des soies

aciculaires au mamelon ventral.

(2) Syst. geog. Oversigt over de Nord. Annul. (Vidensk. Medd. for 1883.

Copenhague, 1884, p. 282).

tacules devient nécessaire et il serait difficile de ne pas subdiviser en sous-genres le 1* et surtout le 3*° groupe, en tenant compte de la forme et de la position des tentacules qui n'arriveraient alors qu’en seconde ligne. On ignore, il est vrai, pour un animal encore jeune à quel segment exact seront placés les tentacules lorsqu'il sera adulte, comme on l'ignore également pour les crochets aciculaires, mais en général, quand il doit y avoir des tentacules, ils apparaissent aussi tôt que les crochets aciculaires.

Dans l’état actuel de nos connaissances, il me paraît encore prudent de s’en tenir à la classification que j'ai indiquée en premier lieu. On pourrait peut-être seulement diviser chacun des genres en sous-genres d'après les 3 combinaisons des soles et des crochets aciculaires. C’est ce qu'a déjà fait Cziernavski en divisant le genre Ctrrineris en sous-genres d'après ce principe (1).

CIRRATULUS FILIFORMIS Kef. (2).

CIRRATULUS FILIFORMIS, Langerhans, Die Wurmf.von Madeira (Zeits. für wiss. Zool., t. XXXIV, 1880, p. 98).

Peu commun dans les dragages.

Les exemplaires mâles mürs ont en général 40 millimètres de long sur 0”, 92 de large et 187 segments. Un exemplaire femelle rempli d'œufs et dont l'intestin contient de nombreuses Opalina lineata Schultze (3) (Anoplophrya nodulata Müll., Sav. Kent.) a 26 millimètres de long et 145 segments.

Le corps mince légèrement teinté de brun ne colore pas l'alcool. La tête en cône oblus souvent verdâtre et toujours sans yeux est dépassée par la trompe massive, lorsque celleci est tirée.

Au 1* segment sétigère il y a une paire de filets tentacu-

(1) Loc. cit., p. 374.

(2) Unters. über niedere Secthiere (Zeits. für wiss. Zool., t. XII, p. 122 et pl. X, fig. 28-31).

(3) Schultze, Beitr. zur Naturg. der Turbellarien, Greifswald, 1851, in-4, pl. VIL, fig. 12.

laires dorsaux et une paire de branchies latérales un peu plus minces, placée en dessous. Ces branchies se continuent par paires à beaucoup des segments suivants; mais le dernier tiers du corps en manque.

Il n’y a que des soies purement capillaires, droites et fines, à tous les segments, presque aussi longues que la largeur du corps au mamelon supérieur, un peu plus courtes au mamelon inférieur. Nulle part il n’v a de crochets aciculiformes.

La 1" paire des gros organes segmentaires est disposée comme l'indique Keferstein (/oc. cit., fig. 30, s). Elle me paraît répondre aux organes thoraciques des Térébelliens. Cosmovici (1) a observé chez le C. jiliformis des organes segmentaires beaucoup plus petits, servant à l'évacuation des éléments sexuels, à plusieurs segments. Williams (2) le premier en avait déjà vu de semblables chez le Cirratulus (A udouinia) Lamarckü, et depuis, Cunningham (3) les a retrouvés chez le Cirratulus cirratus et Meyer(4) chez la Chzætozone setosa, à partir du 12° segment. Il est donc très probable qu’ils existent chez tous les Cirratuliens.

Atlantique. Manche.

GENRE AUDOUINIA Qfe.

AUDOUINIA TENTACULATA Mont. (5).

CirRATULUS Lamarckir And. et Edw. Audouin et Milne Edwards, Recherches pour servir à l’hist. natur. du littoral de la France, t. II, p. 271 et pl. VI fig. 1-4.

— — Règne animal illustré, pl. XVII, fig. 1.

(1) Glandes génitales et organes segmentaires des Annél. polych. (Archives de Zool. expér., t. VIIL, 1879 et 1880, p. 345 et pl. XX VIIL, fig. 11-13).

(2) Researches on the structure and homology of the reproductive organs of the Annelids (Phil. Trans., t. CXLVIIL, 1858, p. 128 et pl. VIIL, fig. 22).

(3) On some points of the Anatomy of Polychæta (Quart. microse. Journal, t. XXVIII, 1887, p. 244, et pl. XVII, fig. 3-6).

(4) Studien über den Kôrperbau der Anneliden (Mitth. aus der zool. Stat. zu Neapel, t. VII, 4887, p. 685, pl. XXILL, fig. 4-5 et pl. XXVI, fig. 1-6 et 25).

(5) Terebella tentaculata, Montagu, Description of several marine animals found on the coast of Devonshire (Trans. Linn. Soc., t. IX, 1808, p. 111 et pl. VI, fig. 2).

CurratuBus Lamarckit Grube, Zur Anat. und Phys. der Kiemenwürmer. Kônigsberg, in-4, 1838, p. 32. — Actinien, Echinod. Eund Würmer des Adriat.und Mitlelmeeres. Künigsberg, in-4, 1840, p. 70. — TENTACULATUS Johnston, Catal, of bril. non parasil, Worms, in-8, 1865, + er:

Te] — Rue and Ramage, The Polychæta sedent. of the Firth of Forth (Trans. Edinb. Soc.,t, XXXIIT, 1888, p. 616 et pl. XXXVIII et XXXIX, fig. 10}.

es — Von Marenzeller, Polychætlen der Angra Pequena Bucht (Zool. Jahrb., Abth. für System., etc., t. IT, 1888, p. 18). AuDouINIA Lamarckr Qfg.Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. I, p. 460. 2? — CRASSA Qfg. Ibid., p. 461.

PI. III, fig. 55-57.

Commune tout le long de la côle dans le sable vaseux, où elle déploie tout autour de son corps ses longues branchies qui lui servent à respirer et peut-être aussi à se haler. Trouvée aussi quelquefois à l’état jeune dans les vieilles coquilles d’huîtres des dragages remplies de vase.

Les exemplaires les plus longs ont 220 millimètres sur 5 millimètres de large et 355 segments.

La tête conique sans yeux est suivie de 3 segments achètes de couleur plus claire que le reste du corps, qui est d’un brun plus ou moins foncé et auquel le lacis inextricable de branchies qui l'entourent donne une apparence de rouge foncé. Le corps rond du côté dorsal est plat du côté ventral. [Il y à une branchie plus ou moins longue de chaque côté du 1° segment séligère et des suivants. C'est au 7*°segment sétigère (1) que sont placés de chaque côté du dos audessus de la branchie latérale les filets tentaculaires disposés en rangée transversale se rejoignant presque au milieu du dos. Tous les segments séligères suivants ont chacun une paire de branchies placée immédiatement au-dessus du mamelon dorsal sétigère ; elles deviennent plus rares au milieu du corps et cessent aux derniers segments.

Au mamelon séligère dorsal il y a toujours des soies simples capillaires légèrement denticulées au bord (fig. 55);

(1) Les animaux conservés à l’alcoolse contractent tellement qu'il est,

difficile souvent d'y déterminer exactement le numéro du segment tentaculifère.

à parlir du 85” segment sétigère il s’y joint 2, puis 4 crochets aciculaires jaunes, un peu courbés à leur extrémité. Au mamelon sétigère inférieur, qui est en général, surtout dans la partie antérieure du corps, accompagné d’une tache pigmentaire noirâtre placée en dessous, il y a les mêmes soies capillaires qu’au mamelon dorsal, et les crochets aciculaires qui y sont plus foncés, plus nombreux et plus forts, s’y montrent dès le 43*° segment.

Chez les jeunes exemplaires qui sont colorés en rouge

orangé et ressemblent à première vue à des Polycirrus, les soies aciculaires apparaissent à des segments plus rapprochés de la tête que chez les adultes.

. Ainei chez une À. tentaculata de 12 millimètres et 125 segments, la 1" soie aciculaire apparaît à la rame inférieure du 10*° segment sétigère, puis une 2*° vient bientôt s’y joindre et Je nombre des soies capillaires diminue. Au 22*° segment, à la rame inférieure, il ne reste plus qu’une seule soie capillaire qui persiste jusqu à la fin du corps, accompagnant 3 ou 4 crochets aciculaires. C'est au 22° segment sétigère que se montre le 1% crochet aciculaire de la rame supérieure. Claparède et Mecznikow (1) ont vu chez une Audouinia Cluajei de 1 millimètre environ les 1° crochets aciculaires veniraux au 3°° segment sétigère el les 1° dorsaux au 5%.

Dans le liquide cavitaire d'un mâle mür je trouve de grosses capsules grises légèrement teintées d’orangé de 0*®, 29 de diamètre (fig. 56), renfermant un grand nombre de régimes de spermaiozoïdes oblongs ayant 0°, 014 de long sur 0"*, 008 de large qui s'en échappent (fig. 57). Dans l'intestin circulent des Opalina lineata et de nombreuses Grégarines parmi lesquelles sont mêlées ces formes longues à peau striée longitudinalement, se tordant comme des vers, que j'ai rencontrées chez des Annélides d’autres familles. Schneider qui les avait déjà vues chez l'A wdouinia

(4) Beitr. zur Kennt. der Entwick. der Chætop. (Zeits. für wiss. Zool., (. XIX, 1869, p. 194 et pl. XII, fig. 5).

ot

Lamarchü (1) pensait que c'étaient peut-être des Nématoïdes ; mais comme elles ont un noyau central bien accusé, elles me semblent être des Grégarines. C’est la forme nématoide de la Gregarina cirratuli Ray Lank. que HIER appelle Polyrabdina cirratuli (2).

Claparède avait remarqué (3) que l'A. tentaculata diffère de l’Audouinia filgera D. Ch. (Audouinia Chiajei d'après von Marenzeller) en ce qu'elle a ses filets tentaculaires sur le dos du 7° segment séligère et non sur celui du 5°. Von Marenzeller a constaté une autre différence : l’A, fentaculata aurait les 1° crochets aciculaires ventraux aux 33°°-45°*° segments sétigères et les dorsaux aux 163"°-175"*, tandis que chez l'A. Chiajei les ventraux apparaïîtraient aux 21*°-23% et les dorsaux aux 40*°-44"°, J’admets donc, mais non sans quelque doute, qu'il y a là 2 espèces distinctes, l’une propre à l’Ailantique et l’autre à la Méditerranée.

Grube a vu dans la Méditerranée des À. fentaculata avec les tentacules au 5*° ou au 7° segment, Cunningham dans la mer du Nord la même espèce avec les tentacules au 5”° et au 6° segment, Langerhans/{4) dans l’Atlantique des A. Chiajei avec les tentacules tantôt au 4°, tantôt au 5° segment, moi-même Je crois avoir observé des À. éenfaculata avec les tentacules au 5*° segment, ce qui prouverait que la position des tenlacules n’est pas invariable. Quant au numéro des segments où apparaissent les crochets aciculaires ventraux, puis les dorsaux, 1l me paraît probable qu’il est soumis à de grandes variations même chez les adultes, car les chiffres que je donne plus haut pour un animal de 355 segments sont bien différents de ceux de von Marenzeller pour les acicules dorsaux ; on peut donc se demander aussi si ce second caractère est établi. En tous cas les 2 espèces sont extrêmement

(1) Schneider, Grégarines des Invertébrés (Archives de Zool. expér., t. IV, 1875, p. 598 et pl. XXII, fig. 85 et 86).

(2) Mangazzini, Gregarine monocistidee nuove o poco conosciute del golfo di Napoli (Atti della R. Accad. dei Lincei, 4° série, t. VII, 2° semestre, fasc. 7, 1891, p. 230).

(3 | Annélides du ait de Naples, p. 267. (4) Die Wurmfauna von Madeira (Zeits. für wiss. Zool.,t. XXXIV, 1880, p. 37).

voisines et si l’on reconnaît par la suite qu’elles n’en font décidément qu’une, le nom d'A. fentaculata qui est le plus ancien devra lui être appliqué, comme le pense Langerhans.

Je trouve l’A. tentaculata au Croisic, au Pouldu, à Concarneau et à Saint-Guénolé où Je recueille un exemplaire de 37 segments, long de 29 centimètres, qui ne mesure plus que 14 centimètres dans l'alcool.

Mers du Nord. Manche. Atlantique. Méditerranée ?

GENRE HETEROCIRRUS Gr. char. emend.

Le genre ÆHeterocirrus el que l'avait fondé Grube comprenait l’H. saxicola Gr., l'A. ater Qfg., l'A. frontifilis Gr. et l'A. multibranchis Gr. Plus tard Langerhans a établi que l’H. ater et Marion a pensé que l’/. saxicola n'étaient autre chose que la Dodecaceria concharum OErst. Quant à l’A. fronhifilis, il servit à Grube à établir un nouveau genre Acrocirrus. Il ne restait donc que l'A. multibranchis ; mais celte espèce ayant des branchies à beaucoup de segments et non pas seulement à quelques segments antérieurs, ne répondait pas, d’après Grube lui-même et d’après Quatrefages, à la diagnose du genre telle que Grube l’avait formulée. J'ai trouvé moi-même 3 espèces nouvelles décrites plus bas, qui ont les deux gros tentacules et de {rès nombreuses branchies. Je crois donc tout en conservant le genre Aeterocirrus devoir en changer la diagnose de la manière suivante :

Tête sans appendices, avec ou sans yeux. Une paire de gros lentacules dorsaux et une paire de branchies latérales au 1° des segments où apparaissent les appendices du corps; une paire de branchies latérales à beaucoup des segments suivants, devenant plus rares à mesure qu’on approche de l'extrémité postérieure du corps; soies capillaires et crochets aciculaires ou soies capillaires seulement.

Si on adopte cette définition, le genre Æeterocirrus comprendrait actuellement les espèces suivantes : 4. mulfibranchis Gr., H. caput esocis N. S., H. flavo-nritis N. $., H.

Marioni N.S., H. (Cirratulus) fragihs Leidy?, H. (Cirratulus) veridis Lang. ?, Tharyx(Heterocirrus?) acutus Webst. et Bened., Tharyx (Heterocirrus ?) similis Webst. et Bened.

HETEROCIRRUS CAPUT EsOCIs N. S.

PI. III, fig. 58-60.

Recueilli souvent dans les dragages.

Le corps un peu jaune brun, long de 15 à 17 millimètres et large de 0"*,8, a 84 segments. La tête très caractéristique (fig. 58) a la forme d’un museau de brochet un peu aplati en avant avec deux gros yeux noirs placés à la partie postérieure sur les ganglions cérébraux. De chaque côté de la tête, un peu plus bas que les yeux et près de la limite du segment buccal, s'ouvre une fossette vibratile (fig. 58, a). Le segment buccal allongé et achèle est suivi d’un second segment achète qui en est à peine distinct et qui porte à sa partie dorsale deux gros tentacules museuleux à gouttière ciliée, de 1**,70 de long, rappelant les tentacules des Spionidiens ; au-dessous de chaque tentacule il y a un filet branchial trois fois plus mince qui a deux vaisseaux, tandis que les tenlacules n’en ont qu’un comme nous l'avons déjà dit. La trompe courte et bilobée sort quelquefois de la bouche quand l’animal est comprimé. Le 3°° segment qui est sétigère et les suivants ont presque tous, sauf les 14-26 derniers, à une petite distance au-dessus du mamelon sétigère dorsal, une paire de file(s branchiaux ciliés, minces et longs, manquant plus souvent à mesure qu on s'éloigne de la lête. Au mamelon supérieur il'y à à tous les segments des soies capillaires très fines au nombre de 8 à 9, auxquelles il vient se joindre dans les 23 derniers segments { à 4 soies aciculaires moins courbes et plus minces que les crochets aciculaires du mamelon ventral dont il va être question. Le mamelon inférieur a dans les 10 à 12 premiers segments des soies simples plus épaisses que celles du mamelon dorsal et légèrement recourbées, qui, dans les segments suivants, prennent la forme de soies aci-

culaires plus courtes, un peu plus courbes et terminées par un pelit croc à peine indiqué : il y en a d'abord 2, puis 5 à 7 et depuis le 30"° segment il y en 9 (fig. 59) ; partout ces soies sont entremêlées de 1, 2 ou 3 soies capillaires.

Le segment anal uni du côté dorsal est bordé de cinq festons du côté ventral (fig. 60). L'intestin est rempli de sable.

Je trouve souvent l'A. caput esocis rempli d'œufs gris ou de spermatozoïdes. Les œufs qui ont un diamètre de 0°*,12 se montrent dès le 14"segment etmanquent dans les 18 derniers.

Les exemplaires arrivés à maturité parfaile ont au mamelon supérieur 4 à 5 soies plus fines et quatre fois plus longues que les autres.

La paire des gros organes segmentaires antérieurs lougs de 0,96, composés chacun de deux branches ciliées intérieuremeni, recourbées et accolées l’une à l’autre, occupant les cinq 1° segments sétigères, débouche de chaque côté du corps à la partie ventrale du 1°” segment sétigère. L'une des branches qui est incolore s'ouvre par un pavillon vibratile dans l'intérieur du corps au 2*° segment achète el l’autre légèrement colorée en brun communique avec l'extérieur par un pore cilié.

Cette espèce est voisine de l’Aeterocirrus multibranchas Gr... mais celui-ci n’a que des soies capillaires.

HETEROCIRRUS FLAVO-VIRIDIS N. S.

Pl. IL, fig. 61.

Différant de l’Æ. caput esocis par la couleur du corps et par la forme et la distribution des soies en crochets.

Dans les coquilles draguées. Moins commun que l’AÆ.caput esOCs.

Le corps long de 11 millimètres à 11*°,5 sur 0**,36 de large, avec 86 segments, est comme les tentacules et les branchies, coloré en vert foncé ou jaune d’or; dans ce dernier cas la peau est couverte de corpuscules qui renferment

des granules jaunes; souvent les deux couleurs sont mélangées sur le même animal. |

La tête est à peu près de même forme que chez l'A. caput esocis avec deux yeux.

Deux gros tentacules très longs à gouttière ciliée, s’enroulant en spirale, sont placés sur le segment (1) qui suit le segment buccal, ayant chacun au-dessous un filet branchial. Les segments suivants sont séligères; beaucoup d’entre eux, comme pour l’Æ7. caput esocis, portent une paire de branchies latérales. Les deux 1° segments sétigères ont 5 soies capillaires à la rame dorsale el à la rame ventrale ; au 3*° segment apparaissent à la rame ventrale 5 crochets bifides (fig. 61) qui remplacent les soies capillaires jusqu'à l’extrémité du corps. Au 13° segment, à la rame dorsale, il disparaît 4 des 5 soies capillaires qui y avaient persisté jusque-là, et celle qui reste est alors accompagnée jusqu’au segment anal de deux crochets bifides comme ceux de la rame ventrale.

Pour ce qui concerne le segment anal el les gros organes segmentaires, je ne pourrais que répéler ce qui a été dit plus haut pour l’Æ. caput esocis.

Cet Heterocirrus se rapproche du Cirratulus(Heterocirrus ?) fragilis Leidy (2) et du Cirratulus (Heterocirrus ?) viridis Lang. (3), qui ont aussi des yeux à la têle et des crochets bifides ; mais chez le 1* les deux gros tentacules sont placés au 2°° segment séligère et chez le second au 1° segment sétigère ; enfin chez les deux les soies sont réparties différemment. Il serapproche aussi du Corratulus (Cirrineris) bioculatus Kef., mais alors il faudrait admetlre que ce dernier ait perdu ses deux gros tentacules.

(1) Je ne suis pas certain s'il est achète ou sétigère.

{2) Leidy, Contribution towards a knowledge of the invertebrate fauna of the coasts of Rhode Island and New Jersey (Journal of the Academy of natural science at Philadelphia, 2° série, t. IL, 1855, p. 147 et pl. XI, fig. 39-43).

(3) Langerhans, Die Wurmfauna von Madeira, II ter Beitrag. (Zeits. für wiss. Zool., t. XXXIV, p. 98).

HETEROCIRRUS Mariont N. S.

PI. IL, fig. 62-64.

Différant des deux Heterocirrus précédents en ce qu'il n’a pas d’yeux à la têle et en ce qu'il n’a que des soies capillaires partout aux deux rames. Assez rare dans les dragages. Plusieurs exemplaires recueillis une fois à la pêche pélagique.

Le corps rouge brun, colorant l'alcool en rouge, a 35 à 70 millimètres de long. Ceux de 35 millimètres ont 206 segments et 0"",84 de large.

La tête en cône obtus (fig. 62), sans veux, quelquefois verdâtre, est presque confondue avec le segment buccal achète, qui livre passage en dessous à une trompe massive dépassant la pointe de la tête lorsqu'elle est tirée.

Sur le 2%° segment qui est séligère sont placés deux gros tentacules verdâtres à gouttière ciliée, se roulant en spirale, et une paire de branchies latérales en dessous. Il y a une paire de branchies latérales verdâtres à chacun des segments suivants qui sont séligères, puis elles s’espacent et disparaissent entièrement à l'extrémité inférieure du corps.

À chaque segment sétigère, on n'observe partout aux deux rames qu un faisceau de soies capillaires ; à la rame dorsale elles sont toutes droites, très fines et aussi longues que la largeur du corps. Dans les segments antérieurs, les soies ventrales sont semblables aux dorsales ; mais vers le 16" à 20° segment, quelques-unes d’entre elles deviennent un peu plus courtes, plus larges et légèrement courbes (fig. 63). Le segment anal est comme chez l'A. caput esocis bordé de 5 lobes en dessous.

L'intestin contient des Opalina lineata.

La circulation du sang a été étudiée par Keferstein chez le Cirratulus filiformis, puis par Claparède (1) chez le Cirratulus chrysoderma et l’A udouinia filigera, et enfin par Meyer (2)

(4) Annélides du golfe de Naples, p. 265 et 269 et pl. XXII, fig. 3 et 3 B. — Recherches sur la structure des Annélides sédentaires, p. 91 et pl. XE, fig. 1-41.

(2) Studien über Kürperbau der Annel. (Mitth. aus der zool. Stat. zu Neapel, t. VII, 1887, p. 690-695 et pl. XXII, fig. 4-8, et pl. XXVI, fig. 1-6 et 25).

chez la Chætozone setosa. Ce dernier a découvert chez les Cirratuliens un sinus sanguin péri-intestinal que j'observe bien nettement chez l'A. Marioni. s’en détache au 60"° segment séligère un très gros vaisseau dorsal qui devient plus mince à partir du 15° segment sétigère et s’arrêle avant le o"° segment pour se diviser en trois branches : l’une très fine se dirigeant vers la tête, les deux autres plus grosses se recourbant latéralement pour descendre vers l'extrémité inférieure du corps. Du 6” au 60"° segment le vaisseau dorsal contient les trois bandelettes de couleur foncée propres aux Cirratuliens. C’est le corps cardiaque des Flabelligériens, Sabellariens, Amphicléniens, Ampharétiens et Térébelliens dont 1l sera question plus longuement à propos des Térébelliens. Claparède pensait que c’est un boyau contourné dont les replis prennent l’apparence de bandelettes (1). Mais il y a bien réellement des bandeleites indépendantes et flottant librement dans le vaisseau comme Cunningham l’a constaté chez le Cirratulus cirratus (2) et comme je l’ai vu chez l’Æ7. Marioni. Les cellules qui les composent sont remplies de granules pigmentaires foncés. Tous les détails précédents sont applicables au Cwrratulus filiformis et à l'Heterocirrus capul esocis, seulement chez le 1° le vaisseau dorsal se détache du sinus péri-intestinal au 70" segment sétigère, et chez le second là branche fine antérieure du vaisseau dorsal est beaucoup plus nette que chez l'A. Marioni. Elle arrive jusqu'en dessous des deux yeux, où elle se bifurque pour contourner le cerveau, au delà duquel ces deux branches se réunissent pour former un vaisseau unique qui se prolonge jusqu'à l’extrémité de la tête et redescend vers le vaisseau ventral.

Les deux gros organes segmentaires antérieurs (fig. 64) semblables à ceux décrits plus haut chez l’Æ. caput esocis occupent les quatre 1° segments sétigères. La branche colo-

(1) Recherches sur la structure des Annélides sédentaires p. 95 et pl. XI, fig. 8. (2) On some points in the anat. of Polych. (Quart. Microsc. Journal, n° cx, t. XXVIIT, 1887, p. 265 et pl. XIX, fig. 21).

rée en brun débouche au 1°* segment sétigère sous le ventre à l'extérieur; dans la branche incolore qui s’ouvre par un pavillon vibratile à l'intérieur du corps au 2% segment achète, il existe un courant cilié actif se dirigeant vers la branche colorée. Les œufs en général verts occupent chez les femelles mûres les segments depuis le 21*° sétigère jusqu'au 32*° avant-dernier.

Cette espèce très voisine de l’Æeterocirrus multibranchis Gr. n'en diffère que par l'absence d’yeux à la tète el par sa taille plus considérable. |

On peut également la rapprocher de deux espèces qui n ont aussi que des soies capillaires à tous les segments, mais qui

appartiennent à d'autres genres : le Crratulus filifor mis Kef.

et la Crrrineris tenuisetis Gr.

FAMILLE DES SPIONIDIEXS Sars.

Genre POLYDORA Bosc (Leucodore Johnst.), Carazzi el Lo Bianco Char. auct. | |

On comprend que les roches granitiques des côtes de Dinard ne sont pas favorables aux Polydoriens qui ne peuvent creuser leurs demeures que dans les roches calcaires (1). Aussi en rencontre-l-on rarement. Ceux qu’on trouve en très petit nombre se font dans les vieilles coquilles du fond de la mer un trou au-dessus duquel ils se construisent un petit tube de vase agglutinée avec du mucus.

(4) M. Léon Vaillant a suggéré un ingénieux moyen de se rendre compte du niveau moyen de la mer, “ans les localités habitées par les Polydoriens, en observant la limite jusqu’à laquelle ils percent les roches calcaires. Cette limite correspond presque exactement au niveau moyen de la mer (Nouvelles études sur les zones littorales. Ann. des sc. nat., 7° série, t. XII, 1891, p. 39 à 50).

Porypora cæcA OErst. (1).

-LeuconorA cæÆca Willemoës-Suhm, leber Annel. an der Küsten der Fær OEr (Zeits. für wiss. Zool., t. XXII, p. 348 et pl. XVIII, fig. 4-5). ?POLYDORA CILIATA var. minuta Lang. Langerhans, Die Wurmfauna von Madeira (Zeits. für wiss. Zool., t. XXXIV, 1880, p. 91). Pozypora FLAvA Clpd.Claparède, Supplément aux Annélides du golfe de Naples, p.123. Carazzi, Revisione del genere Polydora Bosc e cenni su due specie che vivono sulle Ostriche (Mitth. aus der zool. Stat. zu Neapel, t. XI, 1893, p. 22, et pl. IT, fig. 9 et 10). Lo Bianco, Gli Annel. tubicoli trovati nel golfo di Napoli (Atti de l’Accad. delle scienze di Napoli, ?e série, t. V,n° 11,1893, p. 31).

PI. IL, fig. 63-70.

Quelquefois je recueille dans les dragages, habitant de petits tubes sur de vieilles coquilles d’huîtres, une Polydora que je crois être la Po/ydora cæca. Presque incolore ou faiblement jaunâtre, elle a 6 à 20 millimètres de long sur 1 millimètre de large et 47 à 98 segments en tout. La tête (fig. 65), reposant sur le segment buccal qui la déborde des deux côtés et qui est cilié à son extrémité antérieure, se termine en avant par deux petits lobes un peu divergents et se continue en arrière par une carène étroite jusqu’à la limite du 2*° segment. Il n’y a pas d'yeux. De chaque côté du segment buccal qui est confondu avec la tête s'élèvent deux longs tentacules à gouttière ciliée très caducs. Ce segment buccal a, comme les segments 2, 3, 4 et 6 de chaque côté une rame dorsale et une rame ventrale avec un cirre à chaque rame et un faisceau de soies simples limbées. Quant au o" segment, il est apode comme chezles autres Polydoriens. Il a un faisceau supérieur et un inférieur de 4 soies limbées ; entre les deux faisceaux, le corps est un peu en retrait de chaque côté et il en sort 4 à 6 grosses soies aciculaires à pointe très obtuse un peu recourbée, suivies de deux petits crocs rudimentaires comme Claparède les figure bien pour

(1) Leucodorum cæcum, OErsted, Annul. Dan. consp., p. 39. — Zur Class. der Annul. (Archiv für Naturg., 1844, p. 106, pl. IL, fig. 13-16). — Webster (Annel. chæt. of the Virginian coast, 1879, p. 52 et pl. IX, fig. 119-122) décrit comme espèce nouvelle une Polydora cæca dont le nom est à changer.

la Polydora cornuta Bose (1). Une fois j’observe 5 grosses soies d'un côté et 6 de l’autre avec 1 seul croc rudimentaire des deux côtés. Les grosses soies sont entremêlées d'un nombre égal de soies beaucoup plus fines en houlette (fig. 66 et 67). Des muscles puissants placés entre la paroi du corps et l'intestin qui est rétréci dans ce segment aboutissent aux grosses soles comme Mc Intosh l’a observé chez la P. ciliata(2).

Au 7° segment apparaissent les poches glandulaires piriformes particulières aux Polydoriens et que Claparède a figurées pour la P. À gassisi (P. ciliata) (3). A la rame supérieure commencent les branchies en languette ciliée renfermant un vaisseau en anse recourbée, qui sontrabattues sur le dos, et les soies limbées persistent. Mais à la rame inférieure elles sont remplacées jusqu’à la fin du corps par 3 à 5 crochets bifides dont l’exirémité est encapuchonnée d’une gaine bivalve transparente entr'ouverte en haut (fig. 68). Ils sont accompagnés au 7, 8" et 9" segments et aux 3 derniers par une soie beaucoup plus fine que les soies limbées dorsales et ventrales ordinaires. Les branchies ne se montrent quelquefois qu’au $°° segment.

Aux 13°° à 15°° segment, les poches glandulaires cessent et : vers le dernier tiers du corps, les branchies disparaissent (ainsi au 58" segment chez un exemplaire de 20 millimètres avec 98 segments), et les crochets de la rame inférieure ne sont plus qu’au nombre de deux. Au 25" avant-dernier segment commence à apparaître au faisceau des soies dorsales une soie droite, pointue, presque aciculaire, à laquelle il s’en joint une 2° du 8*° au 3° avant-dernier segment. En même temps les soies limbées deviennent peu à peu presque capillaires. Les 2 segments anteanaux me paraissent man-

(1) Claparède, Ueber Polydora cornuta (Müller Archiv für Anat., 1861, p. 544 et pl. 13, fig. 17), et Études anatomiques sur les Annélides, etc. observ. dans les Hébrides (Mém. de la Soc. d’hist. nat. de Genève, t. XVI, 1862, p. 117).

(2) Mc Intosh, On the structure of the body wall in the Spionidæ (Proceed. of the Royal Society of Edinburgh, t. IX, 1878, in-8, p. 128).

(3) Annélides du golfe de Naples, pl. XXII, fig. 1B. — Voir aussi : Eisig, Die Capitelliden, in-fol., 1887, p. 334.

quer de soies ventrales et de crochels ventraux. Le segment anal se termine en ventouse.

Le canal digestif, à un segment qui n’est pas le même chez tous les individus, tantôt le 15° ou 16*°, tantôt le 20°, tantôt Le 25°°, se rélrécil en une sorte de gésier à parois musculeuses épaisses (fig. 69) que Marion (1) a déjà indiqué chez la P. Agassizü(P. cæca?). Je n'ai rencontré cette disposition que dans cetle espèce et n’y ai jamais vu les 4 corps durs que Marion prenait pour des organes trilurants et que Carazzi considère comme des concrélions minérales.

Les œufs et les spermatozoïdes à tête allongée (fig. 70) sont dans les derniers segments.

La Polydora ciliata, var. minuta de Langerhans n’est pas la même que celle de Grube et se rapproche de la P. flava déerite par Carazzi et Lo Bianco. Carazzi fusionne cette dernière espèce avec la P. cæca. Mais la description d’OErsted est si incomplète qu'il est difficile de se prononcer. En tous cas l'espèce (s’il n’y en a qu’une) devrait prendre le nom de P. cæca qui est le plus ancien. La Polydora à laquelle 7 attribue le nom de cæca a les soies en houlette que semble figurer OErsted (/oc. cit., fig. 16) au 5° segment, tandis qu'elles sont lancéolées chez le P. flava. De plus je ne trouve pas plus qu'OËrsted les soies courtes et capillaires observées par Carazzi et Lo Bianco à la rame dorsale des 9*° segment et suivants chez la P. flava, en admettant que ces soies appartiennent bien à la rame dorsale et ne soient pas des produclions glandulaires, comme je l’indiquerai plus loin. J'hésite donc à identifier les deux espèces.

Mers du Nord. Méditerranée ?

(1) Annél. du golfe de Marseille (Ann. des sc. nat., 6° série, t. IL, 1875, p. 84).

POLYDORA CILIATA Johnst. [1).

LEucononum cicrATuM OErsted, Ann. Danic. consp., 1843, p. 39 et pl. I, fig. 31, pl. VIT, fig. 104. — Zur Classif. der Annul. (Archiv für Naturg., 1844, p. 105).

LEUcODORE CILIATA Williams, Report on the brit. Annel. (Report of the brit. Associat., 1851, p. 206) — > Keferstein, Unters. über niedere Seethiere (Zeits. für wiss. Zool., t. XII, 1862, p. 116 et pl. X, fig. 1-10). — — Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. Il, p. 300. — — . À. Agassiz, On the young stages of a few Annel. (Ann. Lyceum Nat. hist. of New York, t. VIII, p. 328 et pl. VIII et IX, fig. 26-38).

— — Ray Lankester, On Lithodomous Annelids (Ann. of nat. hist., 4e série, t. 1, 1868, p. 233 et pl. XI).

— — Mc Intosh, Rock boring Annelids (Ann. of nat. hist., 4e série, 1868, t. IT, p. 2:6 et pl. XVIII et XIX).

— — Tauber, Annulata danica. Copenhague, 1879, in-8, p. 118. — — Jacohi, Anat.-hist. Unters. der Polydoren der Kieler Bucht (Inaug. Dissert. Weiïssenfels, 1883, in-8).

— Levinsen, Syst. geogr. Overs. over Nord. Annul. (Vidensk. | Meddels., 1884, p. 99).

— — Cunningham and Ramage, Polychæta sedentaria of the Firth of Forth (Trans. Edinb. Soc., 1888, in-4, t. XXXIII, p. 641 et pl. XXX VII, fig. 5).

—— — Giard, Le laboratoire de Wimereux en 1889 (Buil. scient. de la France et de la Belgique, t. XXII, 1890, p. 277). — — Whitelegge, Report onthe Worm disease affecting the Oysters on the coast of New South Wales (Records of the Australian Museum. Sydney, t. 1, 1890, p. 41-54 et pl. IT, fig. 1-4 et 10). ee Joyeux-Laffuie, Sur la présence et l’action destructive de la P. ciliata sur les côtes du Calvados (Bull. Soc. Lin. de Normandie, 4° série, &. V, 1891, p. 173).

— — Carazzi, Revisione del genere Polydora (Mitth. Naples, t, XI 1893, p. 179, et pl. IL, fig. 4-5).

— Lo Bianco, Gli Annel. tubicoli del golfo di Napoli (loc. cit., A2) LEUCODORA CILIATA Var. minuta Gr. Grube, Beschr. neuer oder wenig bekannt. Annel. (Archiv für Naturg., 1855, p. 107).

Poryrora AGassizrr Clpd. Claparède, Annélides du golfe de Naples, p. 314 et pl. XXII, fig. 1.

PULL fe. eva

Vivant dans de petits tubes. Trouvée aux Ormelettes dans une éponge (2) et aux Oitellières sur des tubes de Sabellariens entremêlés de tubes de Pomatoceros triqueter.

Le corps légèrement jaunâtre a 10-12 millimètres de

(4) Leucodore ciliatus, Johnston, Mag. Zool. and Bot., t. II, 1838, p. 67 et pl. ILE, fig. 1-6. — Catal. of brit. non parasit. Worms, p. 205 et pl. XVII, fig. 1-6.

(2) Hornell avait aussi observé des Polydora cæca vivant dans une éponge, la Microciona plumosa Bowerbanck (Nature, t. XLVII, 1892-1893, p. 78).

long sur 0"*,6 de large et 74 à 81 segments. La tête bifide se prolonge en arrière jusqu'au 2*° segment par une carène étroite sur laquelle sont placés 2 yeux en regard l’un de l’autre. De chaque côté de la tête s'élève un tentacule qui, rabaitu sur le dos, atleint jusqu’au 10° segment. Le segment buccal fusionné avec la têle n’a pour les 2 rames que des soies ventrales faiblement limbées. Les 3 segments suivants ont une rame dorsale et une ventrale chacune avec un cirre et des soies comme les précédentes. Au 5*° segment, outre ces soies dorsales et ventrales qui sont en plus pelit nombre, il y a 5 grosses soies aciculaires bifides (fig. 71) suivies de 2 soies semblables rudimentaires et accompagnées chacune d’une soie en fer de lance comme celle que je figure pour la Polydora pusilia N. S. (fig. T6), mais plus forte. Les glandes apparaissent très petiles au 6° segment, deviennent plus grosses au 7” et persistent jusqu’au 16*° ou 17° où elles sont à peine distinctes. Au 7° segment les soies ventrales sont remplacées jusqu’à la fin du corps par des crochets bifides encapuchonnés (fig. 72) au nombre de 3 à 7 dont la base à la limite du tiers antérieur offre une légère constriction. C’est à ce segment aussi que commencent les branchies à longs cils avec le vaisseau en anse qu'on retrouve jusqu'au 27° ou 31*° segment. Le segment anal coloré en brun a, vu de côté, la forme d’un sabot de cheval dont l’échancrure est du côté dorsal. Les œufs sont roses.

L'embryon de la P. chata que j'ai recueilli une fois à la pêche pélagique a été exactement décrit par A. Agassiz (1). Le corps mesurant 1*°,56 de long sur 0*°,30 de large (fig. 73), composé de 17 segments sétigères, a de chaque côté du dos à chaque segment une ou deux taches d’un violet

(4) L’embryon de L. ciliata décrit et figuré par Claparède (Beob., etc., p. 69 et pl. VIT, fig. 4-11) est un embryon de MNerine (voir plus loin). D'après l'opinion de Leuckart el Pagenstecher (Unters. über niedere Seethiere. Müller Archiv für Anat., 1858, p. 613), il en est probablement de même de l'embryon de L. ciliata figuré par OErsted dans son Annul. Danic. conspectus, pl. VI, fig. 96.

foncé auxquelles il s’en joint 2 autres étoilées au milieu du dos aux segments 8-12. La têle ronde, avec 6 yeux, est entourée d’un bourrelet qui est échancré du côté ventral. C'est sur ce bourrelel que prennent naïssance les 2 tentacules longs de 0**,24. Le 1°" segment n'a que des soies dorsales faiblement limbées et un petit cirre dorsal. Tous les autres segments, y compris le 5*°, ont en outre des soies ventrales semblables. Au 5° segment, il y a 2 grosses soies aciculaires bifides suivies d’une soie semblable en voie de formation et accompagnée chacune d’une soie en fer de lance. Du 6*° au 12°° segment se montrent les glandes. Au 7° segment il se joint aux soies ventrales devenues moins nombreuses 2 crochets qui sont ensuite au nombre de 3, tout à fait semblables à ceux des adultes. Le segment anal est aussi le même que chez ceux-ci. L'’intestin verdâtre est rempli de granulalions graisseuses. Il y a une couronne de cils vibratiles longs autour dela tête et du segment anal et une bande de cils plus courts à chacun des autres segments. Nulle part on n observe les longues soies barbelées des embryons de Nerine. L'état de cet embryon me parail intermédiaire entre ceux que représeute Agassiz dans ses figures 27 et 28 (1).

La Polydora ciliata à été décrite par les auteurs avec des différences dans le nombre des segments, des yeux, des branchies et des soies aciculaires du 5% segment. Il me semble que ses caractères distinctifs sont : 1° la longueur des cils branchiaux; 2° la bifidité des soies aciculaires du 5 segment (2); 3° la constriction de la base des crochets ventraux. Ces deux derniers caractères ont été élablis par Agassiz chez les jeunes et par Jacobi chez les adultes et j'ai pu constater l’exactitude de leurs observations.

Mers du Nord. Manche. Atlantique. Méditerranée.

(1) Mecznikow a décrit et figuré le premier stade de l'embryon de la P. ciliata (Beitr. zur Kennt. der Chæt. Leits. für wiss. Zool., t. XV, p. 338 et pl. XXV). — Voir aussi : Whiteleage, loc. cit., pl. EE, fig. 2:

(2) Ces soies bifides existent aussi chez la Polydora hoplura, d’après Claparède.

és . À

POLYDORA HoPLURA Clpd. (1).

PozyporA HoPpLuRA Carazzi, loc. cil., p. 20 et pl. II, fig. 6 et 7.

— — Lo Bianco, loc. cil., p. 30.

Je n’en ai jamais trouvé que des exemplaires incomplets sortant de vieilles coquilles d’huîtres. Cette Pol/ydora, très reconnaissable à ses crocs caractéristiques exactement figurés par Claparède (loc. cit., fig. 20) et qui lui servent à se creuser des galeries dans les coquilles, est voisine de la P. hamata Webst.(2) qui se creuse aussides galeries dans les coquilles et de la P. hamata Lang. (3) qui perfore les tests des Balanes.

Carazzi pense que cette dernière espèce est la même que la P. hoplura; mais M. Mesnel (4) est d’un avis différent, trouvant qu’elle se rapproche davantage de la P. cæca.

Méditerranée. Atlantique?

PoLYDORA PUSILLA N. S.

PI. IL, fig. 74-71.

Dans de petits tubes de vase sur les coquilles draguées.

Cette Polvdora d’un blanc mat, colorée en jaune par l’intestin, a 3"*,60 de long sur 0**,66 de large, et 29 segments en tout. La tête (fig. 74) sans yeux se prolongeant en arrière par une large carène est légèrement échancrée en avant. Les deux gros tentacules placés sur les côtés du segment buccal ont 0"*,48 de long. Le segment buccal et les trois suivants ont une rame dorsale et une ventrale avec un cirre et un faisceau de soies faiblement limbées à chacune. Au 5°° segment, il n'y a ni pied ni cirres maïs un faisceau dorsal et ventral de soies subulées et, entre les deux, 3 grosses soies

(1) Annélides du golfe de Naples, p. 318 et pl. XXII, fig. 2.

(2) Webster, Annel. chætop. of the Virginian coast (Trans. of the Albany Inst., t. IX, 1879, p. 51 et pl. VIIL, fig. 111-116 et pl. IX, fig. 117-418).

(3) Langerhans, Die Wurmfauna von Madeira (Zeits. für wiss. Zool., t. XXXIV, 1880, p. 92). — Le nom de celte espèce doit être changé, ayant été pris auparavant par Webster.

(4) Mesnel, Sur le genre Polydyra Bosc (Comptes rendus de l’Acad. des sc., 6 novembre 1893).

aciculaires (fig. 75) terminées par un croc pointu et entremêlées d’un nombre égal de soies très fines en fer de lance (fig. 76); 2 grosses soies commencent à se former à côté des 3 autres.

Les branchies en lanière ciliée apparaissent au 6" segment en même temps que les glandes des pieds nes comme elles au 22°.

Au 9*° segment 4 crochets bifides encapuchonnés (fig. 77) plus petits que ceux de la P. cæca et de forme un peu différente viennent remplacer, mais en partie seulement, les soies de la rame ventrale jusqu’au 3°° avant-dernier segment où celles-ci reparaissent de nouveau seules.

Au 10° segment jusqu’au 17%, les soies de la rame supérieure sont accompagnées, comme Claparède l'avait remarqué pour la Polydora flava (1), d'un nombre considérable de soies capillaires excessivement fines et plus courtes que les autres. Mais on peut objecter que ces soies ne sont pas adhérentes au corps et qu'elles sont déchargées par les glandes des pieds. Eisig (2) avait aussi remarqué que ces slandes contenaient des soies fines. Enfin Claparède (3) avait observé des soies semblables dans les poches glandulaires de la Snio Bombyx Clpd.

Aux derniers segments les soies des deux rames devenant capillaires ne sont plus limbées. Le segment anal se termine en ventouse.

Genre NERINE Jobhnsl., Sars. rev., sensu Clpd. (AONIS Aud. et Edw. nec Sav., MALACOCEROS Qfe. p. p.).

Ce genre Nerine ayant été créé par Johnston (4), le genre Spio Fabr. (3) OErst. rev. (6) se trouva dédoublé d'une ma-

) Suppl. aux Annél. du golfe de Naples, p. 124: ) Die Capitelliden, p. 335.

) Suppl. aux Annél. du golfe de Naples, p. 122 et pl. XI, fig. 2B. )

Mag. of Zool. and Bot., II, 1838, p. 68.

Von dem Spioge schlechte (Schr iften der Berliner Gesells. naturf. Freunde, t, VI. Berlin, 1785, in-8).

(6) Annul. Danic. conspectus, 1843, p. 39.

nière peu salisfaisante, et Sars (1) qui maintint provisoirement le genre Nerine convint lui-même que les différences élaient peu sensibles et qu’elles consistaient surtout, comme l'avait admis OErsted, en ce que le 1°” avait des pieds à lamelle et le 2*° des pieds à petits mamelons, distinction souvent délicate à établir. Claparède (2) conservant à regret, ainsi que l'avait fait Sars, le genre Merine dans le même sens, regarda comme lamelle la lèvre membraneuse de la rame supérieure lorsqu'elle borde la branchie au moins dans les segments antérieurs. Enfin Malmgren (3) dédoubla le genre /Verine lui-même en faisant revivre le genre Scolelepis (et non Sco/ecolepis) Blv. (4) créé par Blainville pour le Lumbricus squamatus O. F. Müller (Nerine vulgaris Johnst.?) et très vaguement défini par lui. Malmgren n’en donna pas non plus de diagnose, se contentant d'indiquer qu’il en prenait pour type la Nerine (Scolelemis) vulgaris Johnst. à laquelle il adjoignit la Nerine (Scolelepis) cirrata Sars (5) et la Nerine (Scolelepis) oxycephala Sars.

Mais ces 3 espèces ont des caractères différents (entre autres la forme de la tête) et les seuls qui leur soient communs sont des branchies non bordées par la lamelle membraneuse de larame supérieure el un anus entouré de cirres. Ce sont donc ces deux caractères réunis, qui me paraissent êlre ceux que Malmgren a eus en vue, que j'atiribue au genre Scolelepis en le conservant. Quant au genre MNerine, je l’admets dans le sens où le comprenait Claparède. En résumé les trois genres Spio, Nerine et Scolelepis sont si imparfaitement délimités et définis qu'ils ne peuvent être que provisoires. [1 y a là certainement un nouveau classement à faire pour lequel il me manque malheureusement les matériaux nécessaires.

(1) Om Annelideslægten Nerine og dens Norske arter (Forh. i Vidensk. Selsk. à Christiania, Aar 1861. Christiania, 1862, in-8, p. 59).

(2) Annélides du golfe de Naples, p. 325.

(3) Annul. Polychæta, 1867, p. 199.

(4) Dictionnaire des sciences naturelles, t. LVIT, 1828, p. 492. Art. VERS.

(5) Malmgren voudrait même établir un genre à part, Laonice, pour cette Scololepis.

LARVES DE NERINE.

PI. IL, fig. 78-82, et pl AN hr. 83.

Si j'attribue ces larves au genre Nerine plutôt qu'aux genres Scolelepis ou Spio, c'est que les Scolelepis sont très rares el que les Spio manquent complètement à Dinard.

Je recueille quelquefois à la surface de la mer dans le filet d’élamine des embryons de Werine sans qu'il me soit possible de les rattacher avec certitude à une espèce déterminée.

L'embryon le plus jeune et le plus petit que je rencontre est absolument semblable à celui que figurent Claparède (1) et Fewkes (2). Il nage avec une grande rapidité d'une manière qui rappelle celle des protozoaires du genre Halteria, et lorsqu'il s'arrête il déploie en éventail ses deux uniques faisceaux de soies barbelées. Il aune couronne de cils vibra- {iles à la tête et une autre au segment anal. Les 2 rudiments de tentacules sont ciliés (3). Claparède crut pouvoir affirmer que c’élait un embryon de Polydora ciliata, mais plus tard (4) il reconnut qu'il s'agissait d’une larve de Nerine, Agassiz ayant établi que les embryons de Polydora avaient déjà même très jeunes les deux faisceaux de grosses soies aciculaires propres au genre Polydora.

Un embryon un peu plus âgé (fig. 78), long de 0°*,58, a la têle ronde avec trois cercles de cils vibratiles placés en avant de 4 yeux rangés sur une seule ligne. Il y a un segment buccal achète très étroit avec rudiment de tentacules (4), puis 5 segments séligères avec des soies fines subulées auxquelles il vient s'ajouter au 1‘, au 4"° et au 5°° segments de longues soies barbelées (fig. 78, &æ et 79); le corps se termine par un segment anal achète en ventouse. L'entrée de la bouche,

(1) Beob. über Anat. und Entwick. wirbel. Thiere, elc., pl. VIT, fig. 4 et 5.

(2) On the development of certain Worm larvæ (Bullet. of the Mus. of compar. zool. at Harvard college, t. XI, n° 9, pl. IL, fig. 2). |

(3) Je trouve cette forme en abondance à la pêche pélagique à Concarneau.

(4) Beitr. zur Kennt. der Entwick. der Chætopoden (Zeits. für wiss. Zool., t. XIX, p. 168 et 175).

tout l'intestin rudimentaire légèrement brun et la sortie de l'anus sont garnis de cils vibratiles. On peut rapprocher cel embryon de la larve de Merine figurée par Agassiz (1). Plusieurs fois j'en recueille qui se sont mis à l'abri dans le calice vide d’une Campanularia (2).

Un autre embryon plus avancé que le précédent, de 0**,90 de long sur 0"**,30 de large (fig. 80), a la tête plus large que haute, légèrement échancrée en avant et munie de 6 yeux en arrière desquels une couronne de cils vibratiles forme collerette. Du segment buccal achète partent deux larges lamelles foliacées qui sont probablement des rudiments de tentacules (fig. 81). Le corps un peu renflé au milieu se compose de 13 segments sétigères et se termine par un segment anal en ventouse épatée, entouré d’une couronne de longs cils. Tous les segments sétigères ont de longues soies barbelées qui sont beaucoup plus longues au 1° segment, et quelques soies fines limbées à la rame supérieure; de la rame inférieure sortent seulement quelques soies limbées qui sont remplacées aux 4 derniers segments par des erochets bifides (fig. 82). La tête el le segment anal sont colorés en brun. Je vois autour de l'embryon quelques petits follicules bacillipares comme ceux qu'on observe dans les tentacules des Nerine adultes, mais je ne puis vérifier s'ils sortent des rudiments de tentacules. Cette larve se rapproche beaucoup de celle figurée par Claparède dans ses Beobachtungen, pl. VIT fig. 8.

Une autre (fig. 83) a la tête assez semblable à celle qui vient d'être décrite. Deux lentacules rudimentaires rabattus de chaque côté partent du segment buccal achète presque confondu avec le lobe céphalique; puis viennent 17 segments sétigères et Le segment anal, Les 4 premiers segments n’ont

(1) Onthe young stages of a few Annelids (Ann. of Nat. hist., 3° série, t. XIX, 1867, pl. VI, fig. 39).

(2) Un peu plus tard, comme je l’observe à Concarneau, l'embryon a toujours des yeux, une couronne de longs cils vibratiles autour de la base de la tête et du segment anal, et 9 segments sétigères ayant tous de longues soies barbelées,

70 DE SAINT-JOSEPI.

que des soies fines limbées; les 5 suivants ont en outre à la rame supérieure de longues soies barbelées (a), puis les 8 derniers ont à la rame supérieure des soies limbées seulement et à la rame inférieure, au lieu de soies limbées comme il y en avait jusque-là, des crochets bifides semblables à ceux de la figure 82. Le corps transparent, long de 2 millimètres, porte au dos de chaque segment deux marques violettes.

L'entrée de la bouche et la sortie de l’anus sont ciliées. Chaque segment est entouré d’une ceinture de cils vibratiles, qui manque à la tête et au segment anal.

L’embryon le plus développé que je rencontre a 29 segments tous entourés d’une ceinture de cils vibratiles. Il n'y a plus de longues soies barbelées et les crochets bifides apparaissent au 15*° segment (1).

Les larves de Spionidiens sont celles qu’on rencontre le plus souvent à Dinard en traînant le filet fin, et cependant les Spionidiens adultes sont rares sur toute la côte. On doit en conclure qu’ils habitent probablement la vase du fond de la mer (2).

Toutes ces larves sont métachètes ; mais on ne doit pas attacher grande importance au nombre des segments qui portent les longues soies barbelées provisoires, ces sortes de soies étant très caduques. Quoique appartenant probablement toutes au genre Nerine, ces larves sont céphalotroques, ou télotroques ou polytroques. On voit donc que la disposition des couronnes ciliées serait un mauvais caractère pour établir à quel genre peut appartenir un embryon d’Annélide.

(1) Pour les embryons de Spionidiens on peut consulter: Frey et Leuckart, Beiträge zur Kennt. wirbell. Thiere. Brunswick, 1847, in-4, p. 98 et pl. E, fig. 19. — Leuckart, Ueber die Jugendzustände einiger Annel. (Archiv für Naturg., 1855, p. 63 et pl. IT, fig. 1-5). — Leuckart et Pagenstecher, Unters. über niedere Seethiere: Entwicklung von Spio (Müller’s Archiv für Anat., 1858, p. 610 et pl. XXIIL, fig. 1-6). — Horst, Bidrag tot de kenniss der Annel. van onze kust (Tidsch. van de Nederl. Dierk. Vereen., DI. V, 1881, p. 128 et pl. IT, fig. 12). — Cunningham and Ramage, Polychæta sedentaria of the Firth of Forth (Trans. Edinb. Soc., in-4, 1888, t. XXXIII, p. 638 et pl. 36 et 837, fig. 26 à 2 |.

(2) La même observation s'applique à Concarneau.

Le genre Nerine, comme il a été dit, comprend les Spionidiens qui ont une large lamelle membraneuse bordant la branchie en entier ou presque en entier du côté externe, au moins dans les segments antérieurs. :

Les remarques suivantes sont applicables aux 3 espèces qui vont être décrites et probablement aux autres espèces du genre :

Le corps à segments serrés ayant peu de hauteur, est un peu convexe en dessous, et plutôt aplati du côté du dos où une rangée de cils vibraliles relie Les deux bases de branchies dont la face interne qui est tournée vers le dos est seule garnie de cils ; la lamelle membraneuse soudée à la partie externe des branchies n’est pas ciliée.

Comme chez tous les Spionidiens, les deux branches du vaisseau en anse des branchies ne sont pas reliées entre elles par des anses transversales.

Les pieds sont biramés. La rame supérieure comprend une petite lamelle membraneuse antérieure (plus rapprochée que l’autre de la tête de l'animal) et une grande lamelle postérieure et le plus souvent, toujours dans les segments antérieurs, une branchie dont le dos y est bordé par la lamelle postérieure de la rame; les soies sortent entre les 2 membranes. La rame inférieure est constiluée de même, mais les 2 membranes sont plus petites et, bien entendu, il n'ya pas de branchie. Toutes ces lamelles membraneuses ne sont pas ciliées. |

De la bouche sort une trompe massive, courte, inerme, plissée, couverte de cils vibratiles, qui dépasse la tête en avant et un peu sur les côtés.

Les téguments, surtout ceux des tentacules et des lamelles membraneuses des pieds, sont remplis de follicules bacillipares d’où je vois souvent sortir des bâtonnets.

La nourriture des Nerine consiste en fucus et en très pelits coquillages. La coloration vert sombre velouté qui distingue la partie postérieure de leur corps est due à de nombreuses petites glandes qui tapissent l'intestin.

Les longs tentacules placés en arrière de la tête sont très solides, puisque les Nerine circulent dans la vase compacte sans les briser. Mais si l’on vient à toucher l'animal, ils se détachent presque toujours par suite d’un véritable phénomène d'autotomie (1). Il en est de même 1osauior garde quelque temps les Nerine en caplivité, ou qu'on les met dans l'alcool.

NERINE FOLIOSA Aud. et Edw. (2).

NERINE FOLIOSA Sars, Berelning om en i sommeren 1849 foret. zool. reise à Lofoten og Finmarken (Nyt Magazin for naturv., t. VI, 1851, p. 207). — Om Annelideslægten Nerine og dens Norske arter (Vid. Selsk. Forh. i Christiania, Aar 1861. Christiania, 1862, p. 61). ?NerEIS FOLIATA Dalyell, Powers of the Creator, elc., t. II, 1853, p. 155 et pl. XX, fig. 11-18.

AONIS VITTATA Gr. Grube, Beschr. neuer oder wenig bekannt. Annel. (Archiv für Natury., 1855, 41. 1, p° 110) — FOLIACEA, Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. 1, p. 441 et pl. XVIII, fig. 2-4. SPIO FOLiosus Levinsen. Oversigt over de Nord. Annul. (Vidensk. Meddelser for 1883. Copenhague, 1884, in-8, p. 99).

? NERINE CONIOCEPHALA Johnst., Johnston Catalogue of british non parasitical Worms, p.201 et pl. XVII, fig. 9-13.

— — Cunningham and Ramage, Polychæta sedentaria of the Firth of Forth (Trans. Edinb. Soc., t. XXXIII, 1885, in-4, p. 636 et pl. XXXVI, fig. 1).

PI. IV, fig. 84-85.

Dans le sable vaseux sur la côte au N.-0. de Ia pointe de la Vicomté et aux Ehbiens au N.-E. de la Tour dans les herbiers.

Le corps long de 10 à 11 centimètres sur 8 millimètres de large a 220-234 segments chez les individus bien formés; rouge dans la partie antérieure et d’un vert foncé velouté dans la partie postérieure, il est extrêmement fragile comme celui des deux Spionidiens dont la description suit, el teint comme eux l'alcool en. vert.

La tête sans prolongements latéraux, élargie en avant mais

(4) Voir sur l’autotomie chez les Annélides : Giard, L'autotomie dans la série animale (Revue scient., 1er semestre, 1887, p. 629).

(2) Aonis foliosa, Audouin et Milne Edwards, Hist. nat. du littoral de la France, t. II, p. 263 et pl. VE, fig. 9-13.

non échancrée, se continue par une assez large crête (1) sur le segment buccal et se termine en arrière par un très petit appendice conique, que Sars appelle tentacule occipital. Deux gros tentacules préhensiles à sillon ventral cilié sont fixés au dos du segment buccal achète.

De la bouche qui s'ouvre au-dessous de ce segment sort une trompe courte très exactement représentée par Audouin et Milne Edwards (/oc. cit. fig. 9). Les segments suivanis ont à la rame supérieure un faisceau de soies légèrement limbées sortant du pied d’une lamelle membraneuse antérieure rectangulaire bien distincte de la grande lamelle membraneuse postérieure conire laquelle elle est appliquée. La lamelle postérieure se prolonge du côlé externe jusqu’à l'extrémité de la branchie qu’elle dépasse et enveloppe, ce qui donne à celle-ci plus que dans les autres espèces de Nerine une apparence foliacée (fig. 84). La branchie a déjà 4**,5 de long au 6”* segment. À la rame inférieure, les soies semblables à celles de la rame supérieure, mais plus courtes, sortent du pied d’une petite lamelle membraneuse rectangulaire antérieure qui se relie du côté du ventre avec une lamelle membraneuse postérieure parallèle plus grande, de sorte que les soies semblent sortir entre deux lèvres.

Les branchies vont en augmentant de longueur du 2° au 70" segment où les deux branchies opposées se touchent presque au milieu du dos; puis elles diminuent progressivement de taille. À partir du 60°° segment elles ne sont plus bordées par l’ailéron membraneux qui en est indépendant et qui n’en dépasse guère la base ; il en est ainsi jusqu’au 140°° segment où elles disparaissent.

Aux 93 derniers segments qui sont abranches, la lamelle postérieure de la rame supérieure n’est plus qu’un disque et la lamelle antérieure se soude avec elle.

Au 43*°-53*° segment apparaissent à la rame ventrale des crochets terminés par une pointe à peine recourbée, en-

(1) Cette crête, qui est l’homologue de la carène des Polydores, comme le remarque Claparède, existe chez beaucoup de Spionidiens.

capuchonnés d’une petite gaine bivalve enlre-bâillée en haut (fig. 85), et entremêlés de quelques soies capillaires très fines ; sauf aux 40 à 50 derniers segments, il existe encore à l'extrémité de la rame ventrale la plus rapprochée du ventre 4 à 5 soies droites semblables à celles des segments antérieurs à pointe subulée très fine. C’est seulement au 70"° segment environ que les crochets se montrent à larame supérieure entremêlés de soies capillaires et accompagnés des soles légèrement limbées qui jusque-là existaient seules ; les crochels dépassent la lamelle membraneuse trois fois moins que les soies limbées. Cetle nouvelle distribution des soies persiste jusqu'à la fin du corps qui se termine par un segment anal où l’anus s'ouvre au-dessus d’un appendice membraneux demi-circulaire.

Cunningham et Ramage assimilent la Nerine coniocephala Johnst. à la Nerine foliosa, mais la 1" a l'anus entouré de cirres.

Mers du Nord. Manche. Atlantique. Draguée à 1,326 mètres de profondeur dans l'expédition du Porcupine.

NERINE LONGIROSTRIS Qfg. (1).

PI. IV, fig. 86-90.

Dans le sable vaseux des herbiers sur la côte aux Ehbiens au N.-E. de la Tour et à Saint-Énogat au Rocher Vidé.

Les plus gros exemplaires que je rencontre ont 10 centimètres de long sur 8 millimètres de large; les autres ont 7 centimètres sur 5 millimètres et 185 segments. La partie antérieure du corps est rose jusqu'au 40°° à 45°° segment et le reste d’un vert sombre velouté presque noir.

La tête (fig. 86) très pointue en avant et sans prolongements latéraux se continue par une carène sur le milieu de laquelle sont 4 petits yeux disposés en carré qui manquent cependant quelquefois. Cette carène se termine par un ten-

(4) Malacoceros longirostris, Quatrefages. Mag. de Zool., 1843, p. 12 et pl. III, fig. 7 et 8. — Hist. nat. des Annél., t. I, p. 4#4.

tacule occipital en pointe sur le 3*° segment. Le 1 segment qui n’a qu'une rame inférieure séligère porte deux longs tentacules d’un jaune doré (1) qui sont plus minces que dans les autres espèces. Chez un gros exemplaire ils ont 3 cenlimètres de long et continuent à se tordre pendant trois Jours après qu'ils sont détachés du corps. Au-dessous de la partie dorsale du tentacule sur laquelle sont insérées les papilles remplies de follicules bacillipares, je remarque dans l'intérieur du tentacule des capsules à pointillé pigmentaire grisâtre qui semblent fixées à un petit pédicule (fig. 87) et dont j'ignore la signification. J’ai cru voir une fois les papilles dorsales projeter des fils urticants; mais cette observation est à contrôler. Les tentacules sortent du sable lorsque l’animal y est enfoncé et doivent servir à saisir la nourriture. Un vaisseau aveugle unique en parcourt l’intérieur et le sillon ventral est garni de cils vibratiles.

Les segments suivants ont une rame inférieure se composant de deux lamelles disposées comme chez l'espèce précédente et d’un faisceau de soies légèrement limbées, une rame supérieure comprenant aussi deux lamelles dont la postérieure presque aussi large que celle de la MN. fo/osa borde la branchie jusqu’au bout (fig. 88); en arrière de la lamelle antérieure qui est en forme de petit disque aplati sort un faisceau de soies comme celles de la rame inférieure, mais plus longues.

Au 33%°-45*° segment selon la taille des individus, commencent à paraître à la rame inférieure 2 ou 3 crochets bifides encapuchonnés d’une gaine (fig. 89) dont le nombre finit par s'élever plus loin jusqu’à 20; du côté le plus rapproché du ventre 3 à 6 soies subulées suivent la rangée de crochets qui est entremêlée ou non de 3 ou 4 soies capillaires très fines non limbées. En même temps la lamelle postérieure membraneuse de la rame supérieure ne borde plus que le

(1) Sur la stucture des tentacules des Spionidiens voir : Strethill Wright, On the prehensile apparatus of Spio seticornis (New .Edinb. Phil. Journal, t. VI, 1857, p. 90 et pl. II, fig. 18 à 20), et Claparède, Annél. sédent., pl. XV, fig. 11.

premier tiers de la branchie, et la branchie se rapetisse de plus des trois quarts. Aux 12 ou 13 derniers segments les branchies qui se sont airophiées progressivement disparaissent et l'intestin devient jaune. Les soies faiblement limbées persistent jusqu'à la fin du corps à la rame supérieure sans mélange de crochets. |

L'anus s'ouvre au-dessus d’un appendice membraneux multilobé cilié au bord, non entouré de cirres.

La N. longirostris a ordinairement l'intestin rempli de Rissoa parva Costa, dont elle se nourrit. Sur ses branchies ontrouve comme parasite la Trichodina pediculus Ehr. et dans les tissus du corps ou l’intérieur des branchies et des tentacules des distomes enkystés (fig. 90) que je pense provenir des Æissoa engloulis (1).

Celle espèce qui a la tète pointue comme la Nerine coniocephala Johnst (2) et la Nerine cirratulus D. Ch. (3) diffère de la 1 en ce qu’elle a les crochets bidentés et l’anus non entouré de cirres. Quant à la 2°°, les différences sont encore plus grandes. La N. cirratulus est beaucoup plus mince, n'ayant que 2**,5 de large environ; les branchies qui commencent au 2**segment sétigère, bien figurées par Claparède, ne sont pas bordées jusqu'au bout, même dans les segments antérieurs, par la lamelle membraneuse de la rame supérieure, les crochets ne sont pas de même forme et de plus chez des exemplaires de Naples de 165 segments el 7 centimèlres de long, bien mûrs avec des œufs semblables à ceux figurés et décrits par Claparède, je constate qu'aux

(1) Voir : Schneider, Ueber ein. Parasiten der Holothuria tubulosa (Müller’s Archiv für Anat., 1858, pl. XIL, fig. 5). — Villot, Organisation et développement de quelques espèces de Trématodes endoparasites marins (Ann. des sc. nat. 6° série, t. VIIL, pl. 9, fig. 7).

(2) Johnston, Catal. ofbrit. non parasit. Worms, p. 201 et pl. XVIT, fig. 9-13. — Cunningham and Ramage, Polych. sedent. of the Firth of Forth (Trans. Edinb. Soc., t. XXXIIL, 1888, in-4, p. 636, et pl. XXXVE, fig. 1).

(3) Claparède, Annélides du golfe de Naples, p. 326 et pl. XXIV, fig. 1. — Cunningham and Ramage, loc. cit., p. 637 et pl. XXXVI, fig. 2. — Lo Bianco, Gli Annelidi tubicoli trovati nel golfo di Napoli (Atti dell Accad. delle scienze di Napoli, 2° série, t. V, in-4, 1893, p. 32). 4

segments où apparaissent les crochets à la rame ventrale, c’est-à-dire à partir du 42*°, la lamelle membraneuse de la rame inférieure est suivie d’un mamelon ventral achète bien net, et qu’à partir du 65% segment environ, il se joint des crochets aux longues soies limbées de la rame supérieure. Le segment anal est conformé comme l'indique Claparède et comme le figure Cunningham, avec un appendice membraneux demi-circulaire ventral et un anus dorsal.

NERINE FLOROEENSIS N. S. (1).

MALACOCEROS GIRARDI Qfg. Quatrefages, Description de quelques espèces d'Annélides errantes recueillies sur les côtes de la Manche (Magasin de Zool., 1843, in-8, p. 10, et pl. IL, fig. 1-6). — Hist. nat. des Annél., t. I, p. 442, pl. X, fig. 12, et pl. XVIII, fig. 5.

i PI. IV, fig. 91-100.

Johnston, Wiren el Sars, ce dernier avec doute, ont donné le nom de Nerine vulgaris à 3 Spionidiens qui sont 3 espèces différentes. La Nerine vulgaris Johnst. (2) (Scolelepis vulgaris Mgr.) a été très incomplètement décrite et von Marenzeller (3) vient seulement de donner tout récemment quelques indications sommaires fort utiles qui permettent d'établir que cette espèce a les caractères suivants : Tête à 2 petits prolongements antérieurs latéraux quelquefois avec des yeux, 2 gros tentacules, branchies à peine bordées à leur base par le prolongement de la lamelle membraneuse de la rame supérieure existant depuis le 1° segment séligère inclusivement jusqu'aux 10-15 avant-derniers, crochets bidentés apparaissant au 28"°-34"° segment seulement à la rame ventrale, suivis du côlé ventral de 2 soies simples recourbées terminées en pointe très fine, anus entouré de cirres. La Nerine vulgaris de Wiren (4), dont on ne connaît que la partie antérieure et

(1) Nerine vulgaris? Sars, Om Annelideslægten Nerine og dens Norske arter (Forh. à Vidensk. Selsk. i Christiana, Aar 1861, Christiania, 1862, in-8, p. 65).

(2) Mag. of Zool. and Bot., IL, 1838, p. 70 et pl. IL, fig. 1-8. — Catalogue of brit. non parasit. Worms, p. 200 et pl. X VII, fig. 1-8.

(3) Die Polychæten der Bremer Expedition nach Ostspitzbergen (Zool. Jahrbuch. Abth. für Systematik, t. VI, 1892, p. 429).

(4) Chætopoder frän Sibiriska Ishafvet och Berings haf (Vega expeditionens Vetensk. arbeten, t. IL. Stockholm, 1883, in-8, p. 408).

qui ne peut être confondue avec la précédente, a des crochets à parlir du 60" segment à la rame inférieure et plus loin aussi à la rame supérieure.

La Nerine vulgaris (?) de Sars doit être maintenue dans le genre /Verine, tandis que la N. vulgaris de Johnston et probablement aussi celle de Wiren sont des Scolelepis. Elle diffère de l'espèce de Johnston, surtout par la forme des crochets et des branchies et par le nombre de ces dernières. Je crois pouvoir l'appeler Nerine Floræensis du nom de l’endroit où Sars l’a découverte. C’est cette espèce que j'ai trouvée plusieurs fois à Dinard et une fois à Concarneau et que je vais décrire avec quelque détail. |

Dans le sable vaseux des herbiers au N.-E. de la Tour dés

Ehbiens.

L’exemplaire le plus long que je déterre a 16 centimètres de long sur 6 millimètres de large et compte 329 segments. Le corps atténué aux deux extrémités, Jaune rouge en avant, est vert foncé dans la partie postérieure.

La tête sans veux reposant en très grande partie sur le segment buccal a la forme d’un triangle dont la base représentant le front à un pelit prolongement latéral à ses 2 angles. Le 3*° angle dirigé en arrière se termine sur la base d’un petit cirre (£entacule occipital de Sars) qui occupe le dos du 1* segment sétigère et dont la pointe est tournée vers le bas (fig. 91). |

Le segment buccal achète porte de chaque côté du dos 2 gros et longs tentacules, à sillon ventral cilié, se roulant en spirale. Les branchies qui commencent au 2” segment (1* séligère) persistent Jusqu'au dernier. Elles deviennent progressivement plus grandes et atteignent leur maximum de taille vers le milieu du corps pour décroître ensuite jusqu'à la fin. Chaque segment sétigère, y compris le 1” où tous les appendices sont plus petits, se compose: 1° d’une rame supérieure avec une branchie, une petite lamelle mem-

braneuse antérieure en forme de disque, une lamelle posté-

rieure plus élevée qui s'étend Jusque sur la branchie qu'elle

borde jusqu’en haut (fig. 92), mais moins largement que dans les 2 espèces précédentes ; un faisceau de soies sort entre les 2 lamelles au nombre de 60 par exemple au 37° segment; 2° d’une rame inférieure dont les 2 lamelles et les soies au nombre de 50 par exemple au 37*° segment, sont semblables à celles de la rame supérieure mais moins développées. Du côté ventral seulement, chaque segment est biannelé ; les 2 lamelles antérieures de la rame inférieure reposent sur l’anneau antérieur (le plus rapproché de la tête) et Les 2 lamelles postérieures de la rame supérieure sur l'anneau postérieur (fig. 93). |

Vers le 39*°-44°° segment, la lamelle membraneuse de la rame supérieure ne borde plus la branchie que jusqu’au liers de sa hauteur (fig. 94); vers le 90*° elle s'arrête presque à la base et finit par y disparaître complètement à la fin du Corps.

Les soies des 2 rames sont limbées et un peu recourhées en arrière (fig. 95), plus longues à la supérieure qu’à l’inférieure. Elles sont couvertes de siries transversales et longitudinales qui ont l'apparence d’un pointillé ; la partie limbée a des stries obliques. Ces soies restent seules à la rame dorsale jusqu'à la fin du corps, mais à parlir du 39*°-52%* segment, apparaissent à la rame ventrale des crochets tridentés (1), d’abord au nombre de 3 puis de 20 à 24, dont l'extrémité est renfermée dans une gaine bivalve ne formant pas capuchon el laissant la pointe libre (fig. 96). Le croc principal est plus horizontal que chez les autres Nerine el le 3° sensiblement plus petit que ceux qui le précèdent. En regardant les crochets de trois quarts, on découvre qu'entre le 1# et le 2*° crocet entre le 2% et le 3° il ya de chaque côté un petit croc complémentaire. En les regardant de face (fig. 97), ils paraissent avoir un croc unique dont la pointe

(1) Cette forme de crochets ne me parait avoir été observée dans la famille des Spionidiens que chez la Nerine Floræensis par Sars et chez le Spio Atlanticus Lang. par Langerhans (Die Wurmfauna von Madeira, XII ter Beitrag. Zeits. für wiss. Zool., t. XXXIV, 1880, p. 89 et pl. IV, fig. 2).

est dirigée en avant du côté de la tête de l'animal. C’est ce qui explique peut-être l'erreur de Quatrefages qui trouvait les crochets unidentés. Tous ces crochets sont entremêlés de soies beaucoup plus nombreuses que dans les 2 espèces précédentes : les unes semblables à celles des segments antérieurs, les autres moins longues, extrêmement fines, très droites, ayant 2 stries longitudinales (fig. 98) ; enfin après la rangée des crochets du côté ventral, il y a quelquefois un faisceau de 4 de ces dernières soies très fines auxquelles font suite 5 à 6 soies non limbées piquetées recourbées en arrière (fig. 99) qui ne manquent jamais, plus longues que les soïes entremêlées aux crochets et terminées brusquement par une pointe excessivement fine, comme si la soie avait été pincée.

L’anus est entouré d’une membrane circulaire très finement dentelée au bord et portant 20 à 30 cirres minces longs de 1**,04 parmi lesquels, chez un exemplaire, j'en observe 2 plus longs, plus larges et bifurqués qui sont sans doute monstrueux (fig. 100). |

Le Malacoceros Girardi, comme je m'en suis assuré sur les exemplaires du Muséum, répond absolument à la description ci-dessus de la Verine Floræensis el ne peut être assimilé, comme l’indiquait Malmgren (1), à la Scolelepis vulgaris Johnst. |

Une seule fois à Cézembre, dans des corallines, je recueille un jeune exemplaire de cette espèce. Le corps de couleur orangée avec intestin brun, long de 10 millimètres sur 1 millimètre de large, compte 69 segments. L'animal très actif nage en se tortillant violemment. La tête est semblable à celle de l'adulte, mais avec 4 yeux en trapèze à la partie postérieure. C’est un exemple de plus d’un Annélide polychète ayant des yeux à l’état jeune et en manquant à l’élat adulte. En regard de la dernière paire d’yeux naissent sur le segment buccal achète les 2 tentacules longs de 1**,80 à sillon

(4) Annul. Polych., p. 199.

cilié. Le 2*° segment est déjà sétigère et branchifère avec des pieds et des soies semblables à ceux des adultes. Les branchies qui atteignent au plus 0"®,48 de haut dans les segments suivants persistent sur tout le corps, sauf peut-être aux 2 derniers segments. A la rame inférieure du 21*° segment un croc tridenté vient se mêler aux soies; au segment suivant, il y en à 2, puis 3, 4 et 5 jusqu’à la fin du corps. Il y a alors à cette rame le même mélange de soies que chez l'adulte, mais après la rangée des crochets du côté ventral, il n’y a pas de faisceau de petites soies très minces et il n’y a que 2 soies non limbées à pointe très fine au lieu de 5. Nulle part il n y a de crochets à la rame supérieure. L'anus est entouré de 8 cirres longs de 0**,24 avec poils tactiles. Mers du Nord. Atlantique. Manche.

GENRE SCOLELEPIS Blv.

SCOLELEPIS OXYCEPHALA Sars (1).

SCOLECOLEPIS OXYCEPHALA Malmgren, Ann. polych., p. 200. SPIO OXYCEPHALUS Levinsen, System. Geogr. Overs. over de Nord. Annul. (Vidensk. Meddels. Copenhague, 1884, p. 100).

PI. IV, fig. 101-103.

Trouvé une seule fois dans une touffe de corallines sur la côte à la balise de Rochardien. La partie postérieure du corps manquait à cet exemplaire, mais j'ai pu compléter la description au moyen de plusieurs exemplaires que j'ai rencontrés au Croisic dans des fentes de rochers.

Le corps très mince, jaunâtre en avant, plus foncé en arrière, long de 10 centimètres sur 1 millimètre à 1°*,20 de large, compte environ 174 segments.

La tête pointue (fig. 101) avec un prolongement postérieur triangulaire peu distinct s'étendant jusque sur le 1° segment sétigère porte 2 petits yeux placés en arrière à la limite du segment buccal achèle sur lequel sont implantés 2 gros

(1) Nerine oxycephala, Sars (Forh. Vidensk. Selsk. Christiania, 1861, p. 64). ANN. SC. NAT. ZOOL. XvII, 6

tentacules épais à sillon ventral cilié. Le segment suivant sétigère a de très petits appendices semblables à ceux beaucoup plus gros du segment suivant, qui a à la rame supérieure une branchie subulée atteignant plus loin 0"*,40 de haut, entourée d’une grande lamelle membraneuse foliacée triangulaire qui n’est soudée à la branchie nulle part ailleurs qu'à la base; les soies faiblement limbées et un peu courbes sont placées entre cetts lamelle et la branchie. A la rame inférieure 11y à une petite languette membraneuse sémiovale et un faisceau de soies semblables moins nombreuses et plus. courtes.

Au 22°°-23"° segment, selon lesexemplaires, lesbranchies disparaissent et la languette de la rame supérieure devient tout à coup sémiovale et aussi petite que celle de la rame inférieure.

Au 28°° segment séligère, des crochets bifides (fig. 102) entourés d'une gaine transparente commencent à se montrer à la rame inférieure, accompagnés chacun d’une soie capillaire extrêmement fine non limbée; peu à peu le nombre s’en élève à 5 et les soies He limbées des segments précédents disparaissent complètement.

À la rame supérieure les crochets n’apparaissent qu'au 30° segment sétigère, accompagnés aussi de soies capillaires très fines. Au 44*° segment les soies limbées dont quelquesunes avaient persisté jusque-là, sont remplacées par des soies non limbées courbes (fig. 103). A partir de ce 44*° segment, les soies sont donc ainsi distribuées : à la rame supérieure 3 soies courbes, puis 6 crochets entremêlés d'autant de soies capillaires; à la rame inférieure 5 crochets entremêlés de 5 soies capillaires et suivis du côlé ventral de 2 soies plus longues légèrement limbées.

L’anus est entouré de 6 à 8 cirres courts et un peu renflés.

Mers du Nord. Atlantique.

FAMILLE DES MAGELONIDES Cunn. et Ram.

GENRE MAGELONA Fritz Müll.

MAGELONA PAPILLICORNIS Fr. Müll. (1).

MaAGeLoNaA pAPiLLicoRIs Mc Intosh, Beitr. zur Anal. von Magelona (Zeit. für wiss. Zool., t. XXXI, 1878, p. 401-472 et pl. XXIX-XXX VIII). — — Giard, Fragments biologiques sur le développement de | M. papillicornis (Bull. scient. du Dt du Nord, ?e série, 9e année, 1886, p. 98).

— Cunningham and Ramage, On the Polych. sedent. of the Firth of Forth (Trans. Edinb. Soc., t. XXXIII, p. 642 et pl. XXXVIIL, fig. 6).

— Lo Bianco, Gli Annelidi tubicoli trovati nel golfo di Napoli (Atti dell Accad. delle scienze di Napoli, ?e série, t. V, | in-4 1893, p. 34 et pl. Ill, fig. 2).

MAGELONA sP. (JEUNE) Claparède, Beob. über Anal. und Entwick. wirbell. Thiere, | etc., in-fol., 1863, p. 74, pl. X, fig. 9-14, et pl. XI, Mas MIRABILIS JOHNST. Johnston, Catal. of brit. non parasit. Worms, p. 218. PRIONOSPIO TENUIS (JEUNE), Verr. Fewkes, On the development of certain Woire larvæ . (Bullet. of the Museum of compar. zool. at Harvard college, t. XI, 1883, p. 167 et pl. I, fig. 1-13;.

PI. IV, fig. 404.

A la plage des bains de Dinard, dans le sable gris qui découvre à presque toutes les marées.

J'en recueille seulement 2 fragments antérieurs dont le plus long a 28°°,20 et 69 segments séligères.

La description très complète de Mc Intosh me e dispense d'entrer dans de longs détails.

Le corps très mince (0"",84 de large), coloré en blanc rosé, avec intestin brun, se compose de 2 régions séparées l’une de l’autre par le 9°° segment sétigère qui est différent de tous les autres.

La tête sans yeux, bien caractéristique, aplatie en forme de spatule, rappelant celle de quelques Némertiens, très musculeuse, servant à fouir le sable, haute de 1°*,20 sur 0"*,60 de large, est parcourue du côté ventral (?) par 2 sillons ciliés longitudinaux parallèles (2).

(1) Einiges über die Anneliden Fauna der Insel St Catharina (Archiv für

Naturg., 1858, p. 215).

(2) En examinant ces sillons sur l'animal vivant, j'ai omis de noter de

quel côté ils se trouvaient.

La bouche triangulaire qui livre passage à une trompe rouge non ciliée, plissée, en forme de sac allongé de 0"",6 de diamètre (1), s'ouvre à la base de la têle en avant du 1 segment achète sur la partie antérieure duquel sont implantés les tentacules du côté dorsal. Les tentacules longs de 7 millimètres, très peu caducs, à la différence de ceux des Spionidiens, sont garnis en dessous, dans les 6 derniers millimètres, de 2 rangées parallèles de papilles non ciliées hautes de 0**,15. Ces papilles qui se terminent en ventouse sont parcourues par de nombreuses fibres musculaires longitudinales et émettent des follicules bacillipares.

Le 1° segment sétigère fait suite au segment buccal. Comme aux 7 subséquents, les 2 rames sétigères sont placées à la partie antérieure du segment. La rame dorsale se compose d'une lamelle dorsale mince, incolore et comme foliacée qui enveloppe des soies plates à limbe transparent bien figurées par Mc]Intosh (/oc. cit.,pl. XXIX, fig. 2) au nombre de 25 à 32. Larame ventrale comprend une lamelle ventrale plus allongée et moins large que la dorsale et un faisceau de soies à peine limbées, plus longues et moins nombreuses que les dorsales. Le 9*° segment sétigère très peu semblable aux autres, comme le 4*° des Chétoptériens et le 5*° des Polydoriens, est peu élevé; les appendices sont dirigés en avant, entourant comme d’une collerette des soies d’une seule sorte, très différentes des précédentes, terminées par un petit disque surmonté d'une pointe filiforme (2). Déjà je trouve quelques-unes de ces soies à la rame dorsale du 8*° segment, et à l’un de mes exemplaires j'observe au 9% segment des soies ventrales à peine limbées au-dessous des soies en disque.

C’est au 10% segment séligère que commence la 2" région. Les segments me paraissent biannelés et c'est sur l’anneau postérieur que sont placés les pieds. Ils consistent en un fais-

(1) Cunningham (fig. 6€) représente exactement la tête vue de côté avec

la trompe tirée.

(2) Voir Mc Intosh, pl. XXIX, fig. 3 à 6.

ceau supérieur et un faisceau inférieur de 7 à 8 crochets (1) qui remplacent les soies et qui sont séparés l’un de l'autre par une lamelle supérieure et une lamelle inférieure foliacées (2) deux fois plus grandes que celles de la première région (0"°,24 de diamètre au lieu de 0**,12 pour la lamelle supérieure). Vus de face, les crochets apparaissent entourés d’une valve creuse dont l'extrémité supérieure dentelée au bord est rabattue sur le sommet du crochet (fig. 104). |

L'intestin brun est rempli de sable et de diatomées.

Mers du Nord. Manche. Atlantique (3). Méditerranée.

FAMILLE DES ARICIENS Aud. et Edw. (Sars, Mgr. rev.).

Genre ARICIA Sav., Aud. et Edw. rev. (4).

ARICIA LATREILLI Aud. et Edw. (5).

PL. V, fig. 109-118.

Cette espèce est commune dans le sable demi-vaseux sur la côte à Saint-Malo, dans la baie de Dinard, à la plage des Bains, entre Dinard et Saint-Énogat et au Rocher-Vidé. Elie est tellement fragile que je ne puis en obtenir d’exemplaire entier. Le plus long que j'aie trouvé a 28 centimètres de long sur 4 millimètres de large en avant et compte 296 segments ; il ne doit y manquer qu’un pétil nombre de segments de la région postérieure.

(1) Voir Mc Intosh, pl. XXIX, fig. 9.

(2) Voir Cunningham, fig. 6€. .

(3) Voir Andrews, The distribution of Magelona (J. Hopkins Univ. Circ., t. X,

(4) Comme tous les auteurs, j’adopte le genre Aricia dans le sens d'Audouin et Milne Edwards; mais il ne faut pas oublier qu'il avait été établi par Savigny (Système des Annél., p. 35) pour l’Aricia sertulata qui a 4 antennes. On n’a plus retrouvé cette espèce et on l’a supposée mal observée; si on la rencontre de nouveau, il faudra restituer au genre Aricia son sens primitif et en créer un nouveau. |

(5) Hist. nat. du littoral de la France, t. IL, p. 259.

= Le corps d’un rose vif, aplati du côté dorsal (1), convexe du côté ventral, se compose de 3 régions : une 1" antérieure comprenant la tête, le segment buccal achète et 30 à 31 segments sétigères, une 2*° intermédiaire très courte de 5 segments sétigères, une 3*° postérieure à mi lag apparlient tout le reste du corps.

La tête sans yeux a la forme d’un cône légèrement obtus de 0**,72 de haut sur 0**,48 de large à la base. Elle renferme 2 vaisseaux en anse et le cerveau bilobé; le liquide cavitaire peut y pénétrer et la rendre plus rigide, pour aider à la progression de l'animal dans le sable. Elle est comme enchâssée dans le segment buccal achète au-dessous duquel s’ouvre, du côté ventral, la bouche d'où sort une trompe courte, inerme, d’un tissu mince et incolore, revêtue de cils vibratiles et s'épanouissant en petits lobules arrondis dont le nombre peut s'élever jusqu'à 8. R

Les 30 segments séligères qui suivent ont de chaque côté une rame dorsale avec un cirre dorsal qui est plutôt une languette, car ilest parcouru par une anse vasculaire et cilié au bord ; au-devant de cette languette s'élève, ayant à sa base 3 acicules, un faisceau d’environ 45 soies (fig. 109) simples, très légèrement courbes, finissant en pointe très fine. Chacune de ces soies consiste en un faisceau central de fibres chitineuses légèrement jaunâtres, entouré d’une enveloppe transparente, peut-être aussi chitineuse, tétragone. Sur cette enveloppe, à une certaine distance de la base, sont marquées au dos de la soie des annelures et de l’autre côté de pelites plaques carrées placées deux par deux en regard l'une de l’autre et couvertes de stries longitudinales (fig. 110). L'aspect de ces soïes varie beaucoup selon la position dans laquelle on les observe ; dans une de ces positions, elles semblent percées à jour de chaque côté de la ligne ge d'une série de {rous à peu près ronds. |

(4) Dans l'alcool, la partie dorsale devient souvent même concave, surtout dans la région antérieure, par suite de la contraction des muscles dorso-ventraux. 2 di

La rame ventrale très grande, en forme de bourrelet comprimé occupant le côté du corps, est bordée en dessous de 12 à 25 papilles coniques remplies de follicules bacillipares ; en dessus de cette frange et implantées dans le bourrelet, il y a 3 ou 4 rangées {sauf au dernier segment de la 1° région où il n'y en a qu'une) verticales de grosses soies simples, jaunes, recourbées vers leur extrémité qui est arrondie et fendue comme un bec (fig. 111); le bord convexe de la partie recourbée est garni de 22 petites crénelures. Ces rangées superposées formées par environ 160 soies sont disposées en retrait les unes des autres de manière à ne pas se recouvrir complètement et la rangée la plus rapprochée des papilles ne les dépasse pas. À cette rame inférieure il y a encore 40 à 50 soies semblables à celles de la rame supé- rieure, mais moins longues et plus courbes (fig. 112), qui dépassent les papilles.

Les5 premierssegments manquentde branchies ; ellesapparaissent au 6"° (5"° sétigère) à la rame dorsale entre la ligne médiane dorsale et la languette, d’abord très petites et écartées, puis devenant progressivement plus fortes et se rapprochant de plus en plus de la ligne médiane du dos. Garnies à leur bord intérieur de 2 rangées de longs cils vibratiles (1), elles sont parcourues dans le sens de leur longueur par une seule anse vasculaire dont les 2 branches sont reliées l'une à l’autre par de nombreuses anses transversales, qui n'existent pas dans la languette dorsale.

Au20"%* ou 21"°,23"°,24"%" ou 25"*segmentcommencent àse montrer sous le ventre au bord antérieur de chaque segment des papilles coniques semblables à celles de la rame inférieure et leur faisant suite; 1l y en a d’abord 1, 2, puis 4, 6, et dès le 6° segment papillifère jusqu'à 25 au moins de chaque côté du corps, de sorle qu'elles se rejoignent, formant une ceinture ventrale complète, puis alors le nombre va en décroissant progressivement. Il y à 11, 12, 14, 15, 16

(4) Voir sur ces cils vibratiles : Gaule, Das fimmerepithel der Aricia fœtida (Archiv für Physiol., Leipzig, 1881, p. 153 et pl. II).

ou 17 segments papillifères dont tous les derniers de la 1" région, tous ceux de la région intermédiaire dont nous allons parler et quelquefois 1 ou 2 de la région postérieure sur lesquels on remarque encore 1 ou 2 papilles.

La région intermédiaire commence après le. dernier segment de la région antérieure et comprend 5 segments. La rame supérieure s’y compose d’une branchie devenant sensiblement plus haute et plus large que dans la 1" région et d'une languette branchiale avec 15 à 20 soies crénelées (fig. 113) différentes de celles de la 1” région et accompagnées de 3 ou 4 acicules pointus légèrement courbes à leur extrémité et ne sortant pas du corps. Vues de face, elles sont garnies, à une certaine distance de leur base, de rangées transversales de très fins denticules (fig. 114) fixés sur une plaque transparente qui est appliquée sur le faisceau jaunâtre des fibres chitineuses de la soie. Cette disposition s’observe bien sur les soies brisées (fig. 115). 11 se joint aux soies crénelées 4 à 5 soies en fourche plus courtes que les autres, à 2 branches finement ciliées intérieurement (fig. 116), rappelant celles des Scalibregmidés, mais plus massives. La rame dorsale est séparée de la ventrale par un petit cirre subulé qui se montrait déjà aux 3 derniers segments de la région antérieure. La rame ventrale se compose de deux languettes superposées, dont la supérieure plus grande que l’autre, entre lesquelles sortent 4 à 5 soies crénelées semblables à celles de la rame supérieure, mais plus fines et accompagnées seulement de 2 acicules incolores restant noyés dans la rame qui est encore garnie du côté ventral de 10 à 5 papilles sans aucune espèce de soies placées au-dessus

Dans la région postérieure, les rames sont semblables à celles de la région intermédiaire, mais les papilles de la rame inférieure disparaissent et sont remplacées par un petit cirre ventral qui persiste jusqu’à la fin du corps et les branchies grandissent de manière à devenir un tiers plus longues que dansla 1" région (1 millimètre au lieu de 0*”,66).

Toute la base des 2 rames est parcourue par de nombreux vaisseaux dont 2 en anse pénètrent dans la languette dorsale et dans la branchie comme il a été déjà dit, les autres formant un lacis au-dessous des autres appendices sans y pénéirer.

La cuticule qui revêt tout le corps est, comme chez beaucoup d’Annélides polychètes, une membrane transparente excessivement mince couverte de stries très fines se coupant à angle droit et criblée de très petits pores. L’hypoderme contient des cellules glandulaires muqueuses et aux segments branchifères, il s'élève entre les bases des branchies, 3 petits mamelons où l’hypoderme me semble renfermer des follicules bacillipares. Le système musculaire est très puissant : au-dessous de l’'hypoderme, une couche de muscles circu- laires (118, c) fait le tour du corps, mais en passant au-dessus du cordon nerveux ventral; les muscles longitudinaux forment 2 bandes dorsales et 2 ventrales (fig. 118, d) composées de faisceaux bien distincts les uns des autres qui ont, sur les coupes, une apparence pennée et entre lesquels passent les muscles dorso-ventraux à chaque dissépiment ; un faisceau oblique de muscles plais (118, e) vient s’insérer de chaque côté au-dessus du cordon nerveux, se dirigeant vers les rames pédieuses. Tout ceci s'applique surtout à la 1° région. Dans les 2 autres, les faisceaux des 4 bandes longitudinales sont beaucoup moins distincts les uns des autres, et les 2 bandes ventrales deviennent beaucoup plus importantes que les dorsales; les muscles dorso-ventraux des dissépiments sont moins nombreux et plus minces et enfin la couche musculaire circulaire ne me semble pas passer audessus de la chaîne ventrale.

À la trompe dont 1l a été question plus haut fait suite un long œæsophage qui s'étend en droite ligne, sauf une légère constriclion à chaque dissépiment, jusqu’au 42*° ou 44"° segment où le tube digestif se continue jusqu’à la fin du corps par l'intestin coloré en brun clair. Le tissu épithélial qui lapisse l’intérieur du canal œsophagien y forme de nom-

breux plis surtout dans la partie antérieure. Au point de jonction de l’œsophage et de l'intestin, l'intestin envoie de chaque côté de l’œsophage un long cæcum qui remonte jusqu’au segment antérieur de la région intermédiaire (1). Dans chacun de ces cæcums, le tissu épithélial qui le garnit intérieurement présente un gros replis qui y décrit une spire.

Il y à un vaisseau ventral et un vaisseau dorsal reliés l’un à l’autre dans la partie antérieure du corps, sauf aux 1°" segments, par une anse vasculaire qui forme dans chaque segment, de chaque côté, un vaste réservoir sanguin. Le vaisseau dorsal fournit les vaisseaux des branchies et des languettes dorsales. On le retrouve jusqu'au segment où commence l'intestin, mais là, comme l’a observéClaparède(2), il est remplacé par un sinus sanguin qui entoure l'intestin et les 2 cæcums. Dans les segments où ceux-ci remontent, il y a à la fois le vaisseau dorsal et le sinus sanguin des cæcums.

La chaîne nerveuse (118, f) repose directement sur une épaisse couche d’hypoderme, au moins dans la 1" région du corps. Elle se compose de 2 cordons parallèles dont le tiers inférieur est occupé par des cellules nerveuses (118, 7) et les 2 autres liers par de la substance fibrillaire puncliforme (118, 2). Ces 2 cordons entourés chacun d’un nevrilème sont séparés l’un de l’autre du côté le plus rapproché du vaisseau ventral par une fibre tubulaire de petit calibre (118, 9), à laquelle fait suite une cloison qui n’est peut-être que l’épaississement des 2 nevrilèmes ou qui est de tissu conjonctif (118, A).

Vers le 45*° ou 46° segment, les élements sexuels apparaissent soit libres dans F cavité du corps, soit disposés en grappes dans la base des pieds. C’est là aussi que se trouvent les organes segmentaires dont la paroi intérieure fortement plissée est remplie de grosses cellules légèrement teintées

(1) Mau représente bien cette disposition chez le Scoloplos armiger (Ueber Scoloplos armiger, Zeits. für wiss. Zool., t. XXXVI, 1881, pl. XX VII, fig. 19). (2) Structure des Annél. sédent., p. 87.

de rose. Chacun d'eux débouche à l'extérieur au-dessous du pelit cirre ventral par un très gros pore plissé tout autour semblable à celui que figure Mau pour le Scoloplos armiger (loc. ait., pl. XXVII, fig. 28, sg).

J'ai trouvé aussi l’Aricia Latreillù au Croisic.

Mers du Nord {Mec Intosh). Manche. Atlantique.

AricIA Cuviert Aud. et Edw. (1).

AnRicrA Cuviert Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. II, p. 283:

— — Malmgren, Annul. Polych., p. 203.

— M.et G.O. Sars, Bidrag til Kundskab om Christianiafjordens fauna : Annelida (Nyt. mag. for Naturvid.,t. XIX, 1873, p, 231 et pl. XVIII, fig. 17-93).

— — Levinsen, Overs. over de Nord. Annul. (Vidensk. Meddels:, 1884, P- 115).

— Lo Bianco, Gli Annel. tubic. del golfo di Napoli (loc, cit., p. 24 et pl. I, fig. 6).

Dans le sable demi-vaseux sur la plage des bains de Dinard

et au Rocher-Vidé, plus rare que l’Aricia Latreillü. . Je n’en trouve pas d’entière. Parmi les fragments que je récolte, j'en citerai un antérieur mesurant 16 centimètres de long et un postérieur de 30 centimètres auquel manquent toute la région antérieure et intermédiaire et les derniers segments.

Le corps de cette espèce, d’un rouge plus foncé que celui de l’A ricia Latraillu,est aussipluslong et plus large(6 millim.). La 1" région se compose de la tête, du segment buccal et des 21 segments sétigères suivants. Les branchies apparaissent au 6"° segment (5*° séligère). Les 2 rames des pieds et les soies (2) sont tout à fait semblables à celles de l'A. Latreilli, mais les grosses soies de la rame inférieure plus foncées et 3 ou 4 fois plus fortes sont disposées sur 3 rangs superposés. Le pelit cirre qui sépare la rame inférieure de la rame supérieure se montre déjà au 18° segment séligère de

(1) Hist. nat. du littoral de la France, t. II, p. 258 et pl. VII, fig. 5-13.

(2) Sars prétend que si Audouin et Milne Edwards n’ont pas vu les annelures des soies de la rame supérieure chez l'A. Cuvieri, c’est qu'ils n’ont pas employé de grossissements suffisants.

la 1* région. Les papilles ventrales du bord des segments commencent au 17°° segment séligère et persistent pendant 10 segments jusque sous ceux de la région intermédiaire.

La région intermédiaire commençant au 22°° segment séligère et occupant 5 segments et la région postérieure qui y fait suite sont out à fait semblables à celles de l'A. Latreillii et on y retrouve aussi les soies en fourche. Le segment anal se termine par 2 cirres grêles très caducs.

La principale différence entre l'A. Cuuieri et l'A. Latreilln c'est que chez la 1°, la région intermédiaire commence au 22" segment séligère el non au 31°.

Mers du Nord. Manche. Atlantique. Méditerranée.

ARICIA FŒTIDA Clpd. (1). ARICIA FOETIDA Lo 72e; Gli Annel. tubic. del golfo di Napoli (loc. cit., p. 4.

PI. IV, fig. 105-108.

Dans le sable fin sur la côte entre Dinard et Saint-Énogat et à la plage des bains de Dinard.

Cette jolie Aricia d’un rose tendre, se rapprochant plus de l’A. Latreillii que de l'A. Cuvieri, exhale une odeur pénétrante très désagréable déjà signalée par Claparède et qui la fait reconnaitre immédiatement.

Je n’indiquerai ici que les points sur lesquels j'ai à compléter ou à rectifier la description de Claparède.

Le corps des exemplaires complets mesure 15 à 20 centimètres de long sur 3 millimètres de large et compte 345 à 375 segments qui sont moins hauts et plus serrés que dans les deux espèces précédentes.

La tête conique ne me semble pas avoir d'yeux; la trompe a bien la forme figurée par Claparède. La 1° région se compose de 31 ou 32 segments sétigères. Claparède n’en compte que 21, mais sur 2 exemplaires de Naples j'en

(1) Annélides du golfe de Naples, p. 306 et pl. XX, fig. 2. — Recherches sur

la structure des Annélides sédentaires, p. 21, 28, 73, 86, 93, 104, 106, 407, 197, et pl. XIV, fig. 1-8.

observe 23 et 25 ; le nombre n’en paraît donc pas bien constant. Chacun de ces segments a des rames et des soies semblables à celles de l'A. Latreilli, avec les différences suivantes: les grosses soies superposées de la rame inférieure de même taille que celles de l'A. Latreillu et plus pelites que celles de l'A. Cuvieri sont disposées à beaucoup de segments, sur cinq rangées et sont de deux sortes: les unes semblables à celles de l'A. ZLatreillu (voir PI. V, fig. 111), les autres moins grosses, presque transparentes, et parcourues par un canal intérieur étroit qui semble déboucher par un pore non loin de leur extrémité (fig. 105); elles sont flexibles et prennent quelquefois une forme serpentine (fig. 106). Au 11° segment sétigère apparaît un gros épieu d’un brun acajou, fragile, creux intérieurement, parcouru en dessous par une rigole longitudinale superficielle. Il émerge du corps sur une longueur de 0°*,48 à l'extrémité de la rame ventrale la plus rapprochée de la languette dorsale (voir Clpd., oc. cit., fig. 2 B) et persiste jusqu’au dernier segment de la 1° région. Le plus souvent il est accompagné d’un autre épieu beaucoup plus petit renfermé dans le corps, en voie de formation, destiné probablement à remplacer l’autre en cas de rupture.

Les branchies commencent soit au 9%, soit plus souvent au 10*° segment. Il y à un petit cirre entre les 2 rames aux 3 derniers segments de la 1" région.

Le bord antérieur du 19*° ou 20°, 21% ou 24*° segment est garni sous le ventre d'une rangée de pelites papilles (fig. 107) qui persistent sur les derniers segments de la 1° région et sur tous ceux de la région intermédiaire. Il y en a 4, 5, 12, 17 et sur un exemplaire j'en constate 3 ou 4 rangées superposées par segment sous le ventre des segments 23 à 28. Ces papilles sous-ventrales dont ne parle pas Claparède existent aussi sur les exemplaires de Naples.

La région intermédiaire qui a 5 segments et la région postérieure qui en a 310 à 340 sont semblables à celles de VA. Latreillü. La dernière partie de la région postérieure

devient moins large et les 4 à 5 derniers segments me paraissent manquer de branchies. Le segment anal plus haut que les autres avec anus dorsal a 4 petits lobes ventraux arrondis et 2 lobes dorsaux plus forts sur chacun desquels est implanté un cirre filiforme à poils tactiles long de 3 millimètres (fig. 108). Les soies en fourche des régions intermédiaire et postérieure que je retrouve aussi aux 2 exemplaires de Naples ont sans doute échappé à Claparède; je ne les vois pas aux 4 ou 5 derniers segments. | Méditerranée.

GENRE SCOLOPLOS Blv., OErst. rer.

SCOLOPLOS ARMIGER O. F. Müller (1).

Aricia Müzrert Rathke. Rathke, Beitr. zur Fiuna Norwegens (Nova acta Acad. L. C. nat. cur.,t. XX, p. 176 et pl. 8, fig. 9-15). ScoLoPcos ARMIGER OErsted, Ann. Dan. consp., p. 37, fig. 9, 106, 107, 109. — Grôünl: | Ann. dorsib., p. 49, fig. 113, 111, 118.

— — Met16.- 10: Sars, Bidrag til Kundsk. om Christ. fauna (Nyt. Magazin, t. XIX, 1873, p. 240).

= Theel, Les Annélides polychètes des mers de la Nouvelle-Zemble (K. Svenska Akad. Handlingar, t. XVI, 1879, n° 3, p. 45). — — Mau, Ueber Scoloplos armiger (Zeits. für A Zool.. t. XXXVI, 1881, p. 389 à 432 et pl. XXVI et XXVII.

— — Cunningham and Ramage, The Polychæta sedentaria of the Firth of Forth (Trans. of the Roy. Soc. of Edinb., t. XXXIII, in-4, 1888, p. 642 et pl. XXXVIIL, fig. 17).

ARICIA ARMIGER Levinsen, Overs. over de Nord. Annul (Vidensk. Meddels., 188%, p. 114).

PI. V, fig. 119-120.

Dans le sable fin très légèrement vaseux sur la côte entre Dinard et Saint-Énogat et à la plage des Bains. ”

Les exemplaires de Dinard ont 5 à 6 centimètres de long sur 1°°,5 à 2 millimètres de large et 200 à 210 SEE environ.

Le corps de couleur rose agglutine le sable qui y adhère sans cependant former un tube. Du côté ventral, il est convexe et du côté dorsal il est aplati dans la région antérieure et plutôt concave dans la région postérieure.

(1) Lumbricus armiger, O. F. Müller, Zoo!. Dan., t. I, 1788, in-fol., p. 22 et pl. XXII, fig. 4-5.

La région antérieure se compose de la tête qui est en pointe à peine émoussée, du segment buccal achète plus haut el moins large que les suivants, et de 18 segments sétigères. Le 1* et le 2% de ces segments me paraissent n'avoir qu'un seul mamelon peu saillant avec un faisceau de soies. Les segments 3-12 ont 2 mamelons placés sur les côtés du corps au-dessus l’un de l’autre, à chaque pied, accompagnés chacun d’un faisceau de soies et d’un acicule assez fin. Aux 13*°-15*° segments, la rame inférieure se compose de 2 petites protubérances entre lesquelles sortent les soies et qu'elle conserve jusqu'à la fin du corps. Les branchies apparaissent au dos du 15"* segment (1) comme 2 très petites languettes ; le mamelon sétigère supérieur, qu'on peut maintenant appeler dorsal, remonte en même temps vers le dos, entraînant avec lui la rame séligère ventrale. Il en est de même aux 16”° et 17°° segments.

C’est au 18"° segment sétigère que commence la région postérieure du corps. La branchie est sensiblement plus haute et plus épaisse, comme le mamelon dorsal qui devient une languette en forme de lancette plus mince, mais presque aussi haute que la branchie, et au-dessous de la rame ven- {rale à 2 protubérances apparaît un très petit cirre ventral qui disparaît plus loin. Tous ces appendices se rapprochent de plus en plus à ces segments et aux suivants de la ligne médiane du dos. Les 2 rames contiennent chacune 2 acicules assez fins. |

Les soies sont moins nombreuses dans la région postérieure que dans la précédente ; elles y sont plus longues et plus fines surtout à la rame inférieure, mais elles sont partout de même forme aux 2 régions. Vues de côté, elles paraissent crénelées (fig. 119); vues de face, elles sont annelées (fig. 120). Les branchies qui ont la même structure que celle décrite plus haut chez l’Aricia Latreillü atteignent

(1) Œrsted les fait commencer au 15%° segment sétigère, Mau au 10e, et Cunningham les figure au 14°, comme jeles trouve aussi sur un des exemplaires du Muséum.

peu à peu jusqu'à 0"”,84 de haut sur 0"*,14 de large. Elles se terminent par une pointe triangulaire où il n’y a plus de cils vibratiles comme au reste de la branchie.

Les derniers segments anteanaux sont très bas et très serrés ; les branchies y disparaissent comme les autres appendices et les soies. Le segment anal aussi haut que 5 ou 6 des précédents à un anus dorsal entre 2 cirres filiformes incolores et caducs longs de 1°*,32.

La bouche est placée à la partie ventrale du segment buccal ; je n’en vois pas sorlir la trompe. L’'intestin est rempli de sable.

Je n'observe pas de papilles coniques, comme Theel, à la face ventrale des segments 16-21, ni de soies en fourche

comme celles que figurent Cunningham et Ramage sans

aucune explication.

Mers du Nord. Manche.

FAMILLE DES FLABELLIGÉRIENS (PHÉRUSEA Gr.

CHLOREMIENS (fg., SIPHONOSTOMACEE Johnst.) (1).

GENRE FLABELLIGERA Sars. (SIPHOSTOMUM Otto, SIPHONOSTOMA Rathke, CHLORÆMA Duj.).

Le nom de Siphostoma Otto 1821, ayant été appliqué en 1810, par Rafinesque, à un genre de Lophobranches, doit être remplacé non par celui de Chloræma Dujardin 1838, mais par celui de Æ/abelligera Sars 1829, qui est plus

ancien.

FLABELLIGERA AFFINIS M. Sars (2).

CaLoræmA Enwarpsit Duj. Dujardin, Observ. sur quelques Annél. marines (Ann. des se. nat., ?° série, t. XI, 1839, p. 288 et pl. VII, fig. 1-5). i

SIPHONOSTOMA VAGINIFERUM Rathke. Rathke, Beifr. zur Fauna Norwegens (Nova acta,etc.,t. XX, 1843, in-#4, p. 210 et pl. XI, fig. 3-10).

(1) Les noms des genres Pherusa, Chloræma et Siphostoma devant disparaitre, j’ai donné à la famille le nom de Flabelligériens, rappelant celui d'un des genres qui en font partie.

(2) Bidrag till Süedyrenes Naturalhistorie, Bergen, in-8, 1829, p. 31 et.

pl. Il, fig. 16.

SIPHONOSTOMA VAGINIFERUM Leuckart, Zur Kennt. der Fauna von Island (Archiv für Naturg., 1849, t. I, p. 164).

CaLoræwa sorpivum Qfs. Quatrefages, Mémoire sur la famille des Chlorémiens (Ann. des sc. nat., 3° série, t. XII, 1849, p. 285 et pl. IX, fig. 10). — Hist. nat. des Annél., t. I, p. 474 et pl. XII, fig. 3-6.

Cnoræma Dusarpinir Qfg. (forme jeune) Quatrefages, Mémoire sur la famille des Chlor., p. 282 et pl. IX, fig. 1-9. — Hist. nat. des Anné tt pasBbef plxt fes, ni. fo. 7-13, pl. XII, fig. 2. :

FLABELLIGERA AFFINIS Malmgren, Ann. polych., 1867, p. 193. — — Grube, Mitth.über die Familie der Chloræminen (Jahresb. der Schles. Gesells. für 1816. Breslau, 1877, S. A. p. 7). — Cunningham and Ramage, The Polych. sedent. of the Firth of Forth (Trans. Edinb. Soc., t. XXIII, 1888, in-4, p. 617 et pl. XLVI, fig. 40).

PI. V, fig. 124-193.

Rare sur la côte (au Rocher-Vidé et à la balise de Rochardien) et dans les dragages.

Le corps arrondi, entouré d’une épaisse couche de mucus transparent ou mélangé plus ou moins de sable, long de 20 à 40 millimètres, sur 2 à 3 millimètres de large, avec 30 à 41 segments assez mal délimités, s’amincit un peu à sa partie postérieure où un anus plissé au bord sort du dernier segment.

La tête porte du côté dorsal 20 à 25 branchies de chaque côlé, et au-dessous des branchies 2 gros tentacules; la bouche s'ouvre entre ces tentacules et 2 lèvres ventrales rétractiles. Les branchies vertes, minces, ciliées, très caduques, renferment un vaisseau longitudinal recourbé en anse; audessus de chacune des petites anses latérales qui unissent les deux branches de cette anse, la peau est piquetée de brun grisâtre. Les tentacules très caducs, longs de 1**,20 environ, colorés en Jaune ou en rose, sont 2 fois plus longs et 3 ou 4 fois plus épais que les branchies ; renfermant un vaisseau aveugle longitudinal, ils sont parcourus par un sillon médian ventral cilié dont les deux bords charnus sont froncés.

Tous ces organes sont entourés d’une cage céphalique de soies annelées simples, longues de 1**,80, dont les anneaux ressemblant à des articles de conferves ont 0"",025 de haut.

Dominant latéralement la tête et ses appendices, et se recourbant au-dessus, elles forment 2 gerbes de 30 à 40 chacune qui sortent de chaque côté du 1* segment apode, et sont souvent réunies à leur base par une couche de mucus qui simule une collerette. Les segments suivants ont de chaque côté un mamelon pédieux dorsal avec 4 ou 5 soies semblables à celles du 1” segment, mais d’un tiers moins longues, et un mamelon pédieux ventral d'où sort une soie composée avec un article en forme de corne de chamois (fig. 121). Celte corne d’un brun foncé est couverte de stries obliques, qu’on retrouve aussi sur la hampe de la soie dont l’intérieur est divisé en anneaux transversaux. La disposition de ces anneaux peut être très utile pour reconnaître les espèces dans la famille des Flabelligériens. Ici, à la partie antérieure de la trompe qui suit la corne, il y en a environ 86, dont les 53 premiers extrêmement serrés et les 33 suivants’espaçant progressivement, mais sans dépasser 0°*,020 de haut. Ces 86 articles sont suivis d’un long article atleignant 0**,10 de haut, après lequel il en vient un nombre variable (10 à 20) aussi hauts que les derniers des 86. La base de la hampe de cette soie est entourée dans l'intérieur du pied d’une botte de 6 soies simples, longues de 0**,80, minces, annelées, terminées par une pointe excessivement fine qui sort seule du pied sur une hauteur de 0°*,085 (fig. 122). Il y a, mais rarement, à un très petit nombre de segments au hasard, une 2** soie composée à article, et lorsqu'elle manque on remarque souvent à la base de la soie unique dans l’intérieur du pied une corne sans hampe qui indique une 2° soie en voie de formation.

Dans le mucus qui entoure le corps, sont rangées les soies et des papilles pédicellées de 2 sortes, semblables à celles que figure Claparède pour la Flabelligera (Siphonostomum) diplochaïtos Otto (1) : Les unes lagéniformes accompagnant les soies des 2 rames, et aussi longues qu’elles, les autres

(1) Annélides du golfe de Naples, pl. XXV, fig. 3C et 3D.

plus courtes, en forme de massue, réparties sur toute la surface du corps où elles sont plus nombreuses sur le dos. Ces papilles ont été décrites en détail par Kôlliker (1) pour la Stylarioides plumosa O. F. Müller, par Claparède (2) et Jourdan (3) pour la F1. diplochaitos, par M. Joyeux-Laffuie pour la CAloræma Dujardina (4). D'après Dujardin ce sont des organes mucipares et d’après Kôlliker, Claparède, Joyeux-Laffuie et Haswell (5) des organes tactiles. Peut-être sont-elles l’un et l’autre.

Le mucus et les parois du corps sont souvent assez {ransparents pour laisser voir l’œsophage rouge et étroit, d'où se détache à son point de jonction avec l'intestin brun, à gauche, en regardant le côté dorsal, une large poche stomacale d’un rouge vermillon, et à droite le cœur coloré en brun par le corps cardiaque (6), et entouré d’un sinus où circule le sang vert venant du sinus qui entoure l'intestin et d'un mince vaisseau dorsal signalé par Jaquet (7). L’intestin d’abord très brun et plus large que l’œscphage se rétrécit, revient sur lui-même en formant une boucle qui remonte jusqu’au 6° segment, et redescend ensuite droit, étroit et moins brun jusqu'à l’anus. On aperçoit aussi par transparence 2 longs organes segmentaires blancs pendant dans les 7 ou 8 premiers segments, et le système nerveux qui consiste en un cerveau brun placé sur un prolongement frontal de la tête, et portant une paire de 2 yeux coalescents

(4) Kürzer Bericht über cin. vergl. Anat. Unters. an der Westküste der Schottland (Würzb. Naturw. Zeits., t. V, 1864, p. 248 et pl. VI, fig. 7).

(2) Loc:-.cit., p. 911.

(3) Étude anat. sur le Siphonostoma diplochaïtos (Ann. du Musée d'hist. nat. de Marseille, t. III, n° 2, 1887, in-4, p. 21 et pl. I, fig. 11 et 12).

(4) Comptes rendus du 16 mai 1887.

(5) Observations on the Chloræmidæ with special reference to certain Australian forms (Trans. Linn. Soc. of N. S. Wales, t. VI, 1891, p. 340).

(6) Voir sur le corps cardiaque chez les Flabelligériens : Horst, Ueber ein räthselhaftes Organ bei den Chloræmiden (Zool. Anz., t. VIIT, 1885, p. 12). — Cunningham, On some points in the anatomy of Polychæta (Quart. Micros. Journal, n° OX, t. XXVIIL, 1887, p. 261 et pl. XIX, fig. 17-20).

(7) Recherches sur le système vasculaire des Annélides (Mitth. aus der 2001. Stat. zu Neapel, t. VII, 1885, p. 375 et pl. XXIF, fig. 82).

soit 4 yeux en tout. Le cerveau est relié par les commissures œsophagiennes au cordon nerveux d’un gris mat, qui se compose d'une chaîne de ganglions réunis les uns aux autres par 2 conneclifs longitudinaux parallèles (fig. 123). Il y a un ganglion par segment. Les œufs sont bruns ou d’un vert foncé (1). Je ne puis voir s’il y a 6 paires de glandes génitales dans les segments antérieurs, comme le disent Cunningham et Ramage.

Les jeunes de cette espèce, qui ont 11 à 15 millimètres de long sur ! millimètre à 1°°,5 de large, et 21 à 29 segments, me paraissent avoir été décrits par Quatrefages sous le nom de Chloræma Dujardinu. Ts sont en tout semblables aux adultes, sauf pour la taille, mais ils ont moitié moins de soies céphaliques et de branchies, et les papilles du corps manquent presque complètement du côté ventral. J’en ai trouvé un exemplaire sur un Échinoïde que j'ai négligé de déterminer.

La Flabelligera affinis ne peut se confondre avec la F.

(Siphonostomum) diplochaïtos. Celle-ci, telle que je l’observe venant de Naples, a au moins 70 à 80 millimètres de long sur 7 de large, 39 à 40 segments, 40 à 50 branchies au moins de chaque côté de la tête, plus de 200 soies céphaliques en tout, 12 à 14 soies simples annelées à la rame dorsale, et 4 à 5 soies composées à article recourbé à la rame ventrale. Ces différentes soies ne sont pas semblables à celles de la F. a/ffinis. Les anneaux des soies simples n'ont que 0°",0168 de haut et sont par conséquent plus serrés. Quant aux soies composées, l’article terminal dont l'extrémité seule est foncée est moins recourbé, et la hampe a d’abord 56 à 60 petits articles extrêmement serrés, suivis de 4 anneaux plus élevés mésurant chacun 0”*,048 de haut, après lesquels viennent environ 50 anneaux presque aussi serrés que les antérieurs (fig. 124).

(1) Voir sur ces œufs verts des Flabelligériens : Krükenberg, Vergl. Phys. Stud.,2teReihe,3te Abth.,p. 6. Heidelberg, 1882. Ueber die farbigen Zerzetzungsproducte des Chlorochromins des grünen Pigmentes in den Eiern von Siphonostoma diplochaïtos.

ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES (OTES DE DINARD. 101

Océan Glacial arctique. Mers du Nord. Manche. Atlantique (je la trouve au Croisic). Méditerranée (Dujardin).

GENRE STYLARIOIDES D. Ch. (PHERUSA Oken, Blv., TROPHONIA M. Edw., LOPHIOCEPHALA Costa).

Le nom de Pherusa ayant été écarté par Malmgren, comme employé par Leach en 1815, pour un genre de Crustacés, von Marenzeller (1) explique pourquoi celui de Trophonia doit également disparaître et faire place au nom de S/y/arioides qui est plus ancien.

STYLARIOIDES PLUMOSA O. F. Müller (2).

PagrusA Müzzerr Oken, Blainville, Dict. des sc. nat.,t. LVITI, 1827, p. 440. — — Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. I, p. 282. SIPHONOSTOMA PLUMOSUM Rathke, Rathke, Beitr. zur vergl. Anat. und Physiol. Reisebemerk. aus Skandin. Danzig, 1842, in-4, p. 84 et pl. VI, fig. 1-7. — Beitr. zur Fauna Norwegens (Nova acta, etc., t. XX, 1843, p. 208 et pl. XI, fig. 1-2).

PHERUSA OBsCURA Qfg. Quatrefages, Mém. sur la faim. des Chlor. (Ann. des sc. nat., | 3e série, t. XII, 1849, p. 289 et pl. IX, fig. 15-18). — Hist. nat. des Annél., t. 1, p. 419 et pl. XII, fig. 7. TROPHONIA PLuMOSA Johnston, Catal. of brit. non parasit. Worms, p. 224 et | pl. XIX, fig. 1-10.

— — Malmgren, Ann. polych., p. 192.

— — Grube, Mitth. über die Familie der Chloræminen (Jahresb. der Schles. Gesells. für 1876. Breslau, 1877, S. A. p. 8). — — Levinsen, Oversigt over de Nord. Annul. (Vidensk. Meddelser for 1883. Copenhague, 1884, p. 122).

— — Cunningham, Some points in the anat. of Polych. (Quart. Micr. Journal} n° CX, t. XXVIII, 1887, p. 260 et 262 et pl. XIX, fig. 17-19).

— Wiren, Beitr. zur Anat. und Physiol. der limivoren Annel. (K. Svenska Vetensk. Akad. Handlinger, t. XXII. Stockholm, in-4, 1887, p. 11, 21, 42 et pl. IL, fig. 3-5, 7, pl. IN, he 26, pl. IV, Ho. 6-1,.pl. V, ag. 15-16).

je — Cunningham and Ramage, The Polych. sedent. of the Firth of Forth (Trans. Edinb. Soc., t. XXXIIT, 1888, in-4, p. 674 et pl. XLVI, fig. 39).

PI. V, fig. 123.

Très rare à Dinard, où Je n’en lrouve qu'un exemplaire jeune dans un dragage auprès de la Tour du Jardin. (1) Spitzbergische Anneliden (Archiv für Naturg., 1889, p. 131).

(2) Amphitrite plumosa O. F. Müller, Zoo!. Dan., t. II, p. 16 et pl. XC, fig

Le corps long de 15 millimètres sur 2 millimètres de large, dans la partie la plus large, rond, fusiforme, de couleur orangé foncé, incrusté de sable, sans mamelons pédieux, a 28 segments. Il n’est pas entouré d’une épaisse couche de mucus comme celui de la F7. affinis. La peau est couverte de papilles transparentes, coniques, effilées, plus ou moins entourées de vase, hautes de 0**,07, dont Johnston donne une figure exacte (loc. cit., fig. 5). Elles sont plus hautes et beaucoup plus nombreuses sur le dos que sous le ventre, où elles sont rares. La bouche échancrée du côlé ventral est terminée par 2 gros tentacules roses, ciliés, longs de 0**,36 sur 0"*,18 de large, en arrière desquels sont placées 8 branchies vertes ciliées, plus petites, et toutes les 8 de même taille. La têle qui porte ces appendices et qui se rétracte dans l’intérieur du corps, est entourée de longues soies très droiles, dirigées en avant, qui forment une cage céphalique, à laquelle participent les 3 premiers segments. Les soies du 1* segment très longues (4**,80), sont au nombre de 6 de chaque côté; celles des 2° et 3*° segments, moitié moins longues, sont au nombre de 4 de chaque côté, dont 2 dorsales et 2 ventrales très rapprochées.

Ces soies brillantes, irisées, annelées, tétragones, plus fortes que celles de la F7. affinis, ont 0°",033 de large dans la partie la plus large, et des anneaux de 0°”°,021 de haut. Au 4°° segment et aux suivants, les soies dorsales qui n’ont plus que 1**,40 de long, sont au nombre de 4 ou 5 et les soies ventrales au nombre de 3 ou 4. Ces dernières, dont la hampe a des anneaux de 0*°,017 de haut, sont simples, longues de 1**,86 sur 0**,034, d'un jaune brillant et terminées en croc (fig. 125). Chacune est accompagnée d’une soie mince longue de 0"",063, qui reste noyée dans le corps, et don il ne sort que la pointe extrêmement fine. |

Levinsen croit que celte espèce offre beaucoup de variations, quant à la grosseur des papilles, à la longueur des soies antérieures el à la forme des soies ventrales, el il y

assimile les Séylarioïdes (Trophonia) arctica, borealis et rugosa Hansen.

Océan Glacial arctique. Mers du Nord. Manche.

FAMILLE DES SCALIBREGMIDÉS Mgr.

Levinsen (1) a donné les caractères de la famille des Scalibregmidés établie sans aucun détail par Malmgren pour les genres Scalibregma Rathke et ÆEumenia OErst. Mais on a observé des espèces qui ne rentrent dans aucun de ces 2 genres et auxquelles cependant il faut faire une place dans la famille des Scalibregmidés en en modifiant la diagnose au point de vue des branchies. IL y aurait lieu maintenant de distinguer les 2 groupes suivants :

1° Scalibregmidés avec branchies : 2 genres : 1° Scali-

bregma Rathke ; 2° Eumenia OErst. ; |

2° Scalibregmidés sans branchies : 2 genres : 1° Sclerocheilus Gr. char. emend. (Sclerocheilus minutus Gr.) ; 2° Lipobranchius Cunn. et Ram. (Lipobranchius (Eumenia) Jeffreysu Mc Int., Lipobranchius (Eumenia) longisetosa Theel., Lipobranchius (Eumenia) reticulata Me Int. Chall., Lipobranchius (Eumenia) glabra Ehl., Lipobranchius intermedius N. S.).

GENRE SCLEROCHEILUS Gr. char. emend.

Grube créa le genre Sclerocheilus pour un Annélide trouvé sur {rois points différents des côtes de l’île de Lussin (2) par 17 à 35 brasses de profondeur, et dont il donna une description détaillée dans les Archiv für Naturgeschichte de 1863. IL le rencontra une fois depuis à Saint-Vaast (3) et en dit encore quelques mots à la suite de son mémoire sur la famille des

(4) Syst. geog. Overs. over de Nord. Annul. (Vidensk. Meddelser for 1883. Copenhague, 1884, p. 130).

(2) Die Insel Lussin und ihre Meeresfauna. Breslau, 1864, in-8, p. 85.

(3) Abhandlungen der Schles. Gesells. für Vaterl. Cultur (Abtheilung für Natürw. und Medizin), 1868-69, in-8, Breslau. Mittheil. über St Vaast, etc., p. 427.

Ophéliens (1). Marion l'indique aussi comme existant à Marseille (2).

Il est très commun entre les feuillets des vieilles coquilles d'huîtres et au milieu des tubes de Sabellaria spinulosa dragués par 7 à 25 mètres de profondeur le long des côtes de Dinard et de Saint-Malo, depuis la Conchée jusqu'au Vieux- Banc. Cetle circonstance me permet de compléter et de recüfier sur plusieurs points importants la description de Grube.

Le nom de Sclerocheilus donné au genre par Grube repose sur une appréciation inexacte et peut induire en erreur. En effet les prétendues lamelles ou lèvres cornées qui ont servi à cette dénomination sont pour moi des plaques d’yeux, comme je le montrerai plus loin. Je proposerai donc de modifier de la manière suivante la diagnose de Grube : = Corps rond, un peu en fuseau. Tête petite à deux processus antenniformes épais avec plaques d’yeux. Deux organes vibratiles rétractiles à la base de la tête. Segmem buccal achète. Deuxième segment avec cinq à six grosses soies aciculaires de chaque côté et autant de petites entremêlées placées entre le mamelon supérieur et le mamelon inférieur qui ont des soies purement capillaires. Aux mamelons des autres segments, soies capillaires accompagnées de soies en fourche plus fines et moins longues. Petits cirres ventraux en languette aux derniers segments seulement. Anus entouré de cirres. Pas de branchies.

SCLEROCHEILUS MINUTUS. Gr. (3).

PL. V, fig. 426-145.

Cet Annélide, très commun dans les dragages, long de 5 à 20 millimètres, se tenant sur le dos lorsqu'il est au repos, la tête et les derniers segments relevés de manière à décrire

(4) Jahresb. der Schles. Gesell. für 1868. Breslau, 1869, in-8, p. 41.

(2) Annélides du golfe de Marseille (Ann. des sc. nat., 6me série, t. IT, 1875, p. 86). — Dragages au large de Marseille (1bid., t. VII, 1879, p. 5). (3) Beschreib. neuer oder wenig bekannt. Annel. VI“ Beitrag. (Archiv für Naturg., 1863, p. 50 et pl. V, fig. 3).

un quart de cercle, nage en se tortillant avec une grande rapidité (1).

Le corps, d’un brun rougeûtre, rond, comptant 54 segments au plus, terminé en avant par une pelite têle, en arrière par un segment anal entouré de cinq ou très rarement six cirres (et non quatre comme le dit Grube), hérissés de longs poils tactiles, est renflé et comme turgescent du 4” au 30*° segment et s’amincit dans les segments postérieurs. Il a 0**,19 de large dans les premiers segments, puis 1°",8 et enfin 0°",7 à l’extrémité inférieure.

La cuticule très mince et incolore forme des ampoules diaphanes lorsque le Sclerocheilus est trop comprimé ou se décompose. L'hypoderme coloré est rempli de très petits follicules bacillipares virgulaires ou contournés (fig. 126 et 127) qui doivent déboucher hors de la cuticule par des pores que je n’ai pas réussi à découvrir. Ils renferment de minuscules bâtonnets. Lorsque le corps est distendu par le liquide périviscéral, l’hypoderme devient presque incolore et transparent ; mais quand il se contracte, on voit se dessiner à chaque segment trois raies transversales coupées par un grand nombre de raies longitudinales, le tout circonscrivant, comme chez le Scalibregma inflatum, de petits carrés bruns et opaques qui donnent à la peau une apparence rugueuse (fig. 128 et 129). Il se forme alors à la face ventrale un sillon mince divisant le corps en deux dans le sens longitudinal. Des muscles circulaires et longitudinaux puissants sont placés audessous de l’hypoderme. La membrane péritonéale est ciliée.

La tête, ovale, portant de chaque côté deux épais processus antenniformes (fig. 130), mesure 0"*,2 de haut sur 0**,4 de large, antennes comprises. Le dessus en est occupé en partie par deux grandes taches pigmentaires à trois pointes se rejoignant presque à leur extrémité antérieure, formées de nombreux amas pigmentaires dont chacun est pourvu d’un cristallin qu’on ne résout qu'avec de forts grossissements

(1) Grube en donne une bonne figure, mais il a pris la partie ventrale pour la partie dorsale.

(fig. 131). Superficielles, disparaissant à la longue dans la glycérine, placées sur le cerveau, occupant la région antérieure de la tête, complètement immobiles, elles ne peuvent ètre des lamelles cornées, comme Grube le pense à tort (1). Ce sont des plaques d’yeux, comme il y en a quelquefois chez les Annélides polychètes (voir plus loin, fig. 366). D'une ouverlure située de chaque côté, entre la tête et le segment buccal, le S. minutus, lorsqu'il n’est pas inquiété, fait sortir deux organes vibratiles rétractiles à mouvement cilié très actif, qui rappellent ceux des Capitelliens et des Ophéliens (Polyophthalmiens compris) (fig. 130, a) (2).

Le segment buccal plus large que la tête est achète. Le 2** segment, qui rappelle le 5*° segment sétigère des Polydoriens, à de chaque côté un mamelon dorsal et un ventral d’où sortent des soies capillaires moins nombreuses au mamelon dorsal qu’au ventral. Un peu au-dessus du mamelon veniral, il y a cinq à six grosses soies (fig. 132) aciculaires rétractiles dont la dernière est moilié moins longue que les autres, qui sont entremêlées d'autant de soies aciculaires plus fines et plus courtes. Elles sont toutes recourbées à l’extrémité avec la pointe dirigée vers le ciel, et doivent servir à l’animal pour se creuser un abri dans les coquilles calcaires. Le 3*° segment et les suivants ont de chaque côté deux mamelons ovales superposés d’où sortent en éventail des soies capillaires qui sont plus longues (0**,9) et plus fortes au mamelon inférieur. En avant de ces faisceaux à chaque mamelon on observe des soies en fourche dont les deux branches sont barbelées intérieurement et dont la branche droite se terminant par une pointe flexible est plus longue que l'autre

(4) Sars avait signalé (Fauna littoralis Norwegiæ, Christiania, 1846, in-fol., {re livr., pl. X, fig. 21), dans l'Oligobranchus(Scalibregma) roseus (Scalibregmu inflatum Rathke), deux petits mamelons gris sur le dessus de la tête, qui pourraient bien être des organes de vision, quoique ni lui ni Külliker (Würzburger Naturw. Zeits., 1864, p. 243 : Ueber ein. an d. Westhküste von Schottland angest. vergl. Anat. Unters.) n'aient pu s’en convaincre.

(2) Spengel (Oligognathus Bonelliæ. Mitth. aus der zool. Stat. zu Neapel, t. II, p. 33) donne une liste des Annélides chez lesquels on a observé ces sortes d'organes, qui sont peut-être des organes de l'ouie ou du tact.

(fig. 133). Elles sont plus courtes que les soies capillaires parmi lesquelles elles sont difficiles à distinguer, surtout au mamelon inférieur où elles n’atteignent pas la moitié de la longueur des autres. Il n’y en a qu'une ou deux à chaque mamelon du 3*° segment, puis on en compte jusqu'à sept ou huit aux segments suivants, et le nombre en décroît à mesure qu'on approche de l’extrémilé postérieure du corps. Cette forme de soie signalée pour la première fois par Malmgren (Annul. poly., p. 187), chez l’Eumenia crassa, décrite et

figurée depuis par Me Intosh pour l’£wmenia Jeffreysi (Lipobranchius Jeffreysù Cunn. et Ramage) (1) et pour l’Aricia Groenlandica (2), à été trouvée par Hansen (3) sur le Scalibregma inflatum, le S. abyssorum, le S. parvum, chez lesquels les fourches ne sont pas barbelées, par Theel (4) et par Horst(5) chez l'Æumenia (Lipobranchius) longisetosa Theel, par Mc Intosh chez l'Eumenia (Lipobranchius) reticulata Me Int. (6),etenfin chez l’Eumenia (Lipobranchius) glabra par Eblers (7), et chez l’Aricia Latreilli Aud. et Edw., par moi (8). Ces soies se rapprochent beaucoup des soies en Iyre du genre Aglaophamus Kbg., mais chez celles-ci les deux branches sont égales (9).

(1) On the structure of the brit. Nermerteans and some new brit. Annel. (Trans. Edinb. Soc., t. XXV, 1865, pl. XVI, fig. 5).

(2) On the Annel. obtained during the cruise of H. M.S. « Valourous » to Das Strat in 1819. (Trans. Linn. Soc., 2e série, t. I, p. 504 et pl. LXV, fig. 7).

(3) Nyt Magazin for Naturvidenskaberne, t. XXIV, 1rclivr., 1878. Christiania, in-8 : Annelider fra den Norske Nordhavs expedition i 1876, p. 6 à 8 et pl. V, fig. 6, 14, 15, 46. — Den Norske Nordhavs expedition, 1876-18, VII, Zoologie Annelida, in-fol. Christiania, 1882, p. 34 à 36 et pl. V, fig. 1 à 19.

(4) Les Annélides polychètes des mers de la Nouvelle-Zemble (Kongl. Svenska Vetensk. Akad. Handl. Stockholm, in-4, t. XVI, 1879, p. 49 et pl. IL, fig. 470).

(5) Die Anneliden gesammelt während der Fahrten des « Willem Barents » in 1878-79 (Niederl. Archiv für Zool. Supplementarband I, liv. I, fig. 5).

(6) Report on the Annelida polychæta collected by H. M. S. « Challenger » (Reports, etc., Zoology, t. XII, p. 360 et pl. XXII À, fig. 20).

(7) Reports on the results of dredging, etc., in the Blake, XXXI. — Report on the Annelids by Ehlers (Florida Anneliden) (Memoirs of the Museum of comparative zool. at Harvard college, t. XV, pl. XLV, fig. 4).

(8) Voir ci-dessus,pl. V, fig. 116.

(9) Voir Ehlers, loc. cit., pl. XXXVIIL, fig. 6, pour soies d’Aglaophamus inermis Ehl.

108 DE SAINT-JOSEPI.

À partir du 22° ou seulement du 12" avant-dernier segment, il y a de chaque côté du corps au-dessous du mamelon veniral un petit cirre en lanière mince, long de 0°",20, terminé par une touffe de poils tactiles et portant de chaque côlé un ou deux de ces poils (fig. 134). Ce ne sont pas des branchies, car on n’y remarque aucun vaisseau eton n’y voit pas pénétrer le sang. Ces cirres avaient été figurés par Grube pour un des exemplaires trouvés à Lussin (/oc. cit., pl. V, fig. 3), mais il n’en avait pas parlé dans le texte; 1l les signale à la suite de son mémoire sur les Ophéliens (Jahresb. der Schles. Gesell., 1869, p. 41) à propos de son exemplaire de Saint-Vaast, mais continuant à prendre la partie ventrale pour la partie dorsale, il en fait des cirres dorsaux. Ces organes rappellent les languettes filiformes des derniers segments de la Spione trioculata OErst. (1); OErsted ne dit pas à combien de segments ils existent.

La bouche qui s’ouvre en dessous du segment buccal consiste en un trou rond plissé qu'il est presque impossible de distinguer quand :il est fermé. Elle livre passage à une trompe musculeuse, inerme, courte, s’étalant en une masse arrondie plus grosse que la tête et ciliée intérieurement (fig. 135, a). Il m'a semblé aussi voir une fois sortir en même temps une petite languette inerme semblable à celle que Sars a observée chez l’Oligobranchus (Scalibregma) roseus (loc. cit.). A celte trompe fait suite un pharynx court et élroit (135, 6), puis l’æœsophage en poche large allongée (135, c), puis l'estomac plus étroit que l’œsophage, tapissé de bandes longitudinales de grosses cellules épithéliales (?) colorées en vert brun (135, d), puis enfin l'intestin (135, e) garni imtérieurement de cils vibratiles, plus long que le corps, contourné, replié sur lui-même, présentant des poches et des parties plus élroites et ne devenant droit et d'une largeur

(1) OŒErsted, Fortegnelse over Dyr samlede à Christianiafjord ved Droback (Krôyer Naturh. Tidsk., 2° série, t. I, 1844-45, Copenhague, in-8, p. #13 et pl: IL, fig. 10). — Tauber (Annulata Danica, p. 119) croit que la Spione trioculata est la Leucodora ciliata Johnst.

uniforme que dans la parlie postérieure du corps. Il contient de l’air et de l’eau, ce qui doit servir à la respiration et suppléer à l'absence des branchies.

La circulation du sang est lacunaire entre les lissus de l'intestin et d’une parlie de l'estomac. Les lacunes quelquefois réunies les unes aux autres ont l’apparence de vaisseaux; ailleurs il s'y forme de gros amas de sang qui semblent isolés et privés de communication entre eux; vers le 8° ou 9*° segment elles se continuent en un vaisseau dorsal, bien distinct du canal digestif, qui au 3°° segment envoie 2 vaisseaux vers la tête. Ces 2 vaisseaux redescendent pour se jeter dans le vaisseau ventral qui se prolonge tout le iong du corps du côté ventral. Du vaisseau ventral partent à chaque segment d'un côlé un vaisseau transversal se rendant aux pieds, de l’autre côté un vaisseau intestinal flottant dans la cavité du corps el communiquant avec les lacunes de l’inteslin; comme le vaisseau ventral il est accompagné de deux bandeleties longitudinales de granulations brunes qui sont peut-être des cellules chloragogènes. Vers le 22*° ou 24°° segments, pendant plusieurs segments, ce vaisseau intestinal se divise en 2 ou plusieurs branches avant de se jeter dans la lacune intestinale (1).

Le système nerveux consiste en un cordon longitudinal ventral double (fig. 136) aboutissant par un collier œsophagien à un cerveau bilobé sur lequel sont placés les yeux.

A tous les segments sauf les 7 premiers etles 12 derniers, on remarque de chaque côté des corps bruns flottant dans le liquide périviscéral (fig. 137) comme les organes segmentaires du Notomastus (Clistomastus) lineatus Clpd. Ts consistent en un canal brun, cilié intérieurement, recourbé sur lui-même el dont les deux branches sont accolées l’une à l’autre (6). D'un côté il est fixé à la partie ventrale (4) où il débouche à la base du mamelon inférieur sétigère (e) par un pore cilié (a)

(1) Comparer la circulation chez l’Eumenia crassa OErst., dans Wiren : Beitr. zur Anat. und Histol. der limivoren Annel. (Kongl. Svenska Vetensk. Akad. Handl., t. XXII. Stockholm, 1887, n° 1, p. #1).

très difficile à apercevoir; de l’autre côté, après s'être recourbé il revient se fixer à la partie ventrale à côté du pore cilié et débouche dans l'intérieur par un large pavillon vibratile (c, d), accolé aux parois du corps. Toute cette portion incolore de l'organe forme un angle droil avec la portion colorée en brun qui, dirigée vers le dos de l'animal, flotte librement dans le liquide cavitaire (f). La coloration brune est due à des corpuscules bruns qui sont probablement des produits d’excrélion.

Ces organes sont des organes segmentaires servant surtout à l’excrétion, car ils existent chez des individus très jeunes. [ls servent sans doute aussi à l'expulsion des œufs et des spermatozoïdes, quoique je ne l’aie pas consiaté. Je n'y ai jamais trouvé d'éléments sexuels en voie de formation. |

La cavité du corps est remplie d'un liquide périviscéral abondant, constamment mis en mouvement par des contractions et des expansions continuelles de la paroi somalique. On y voit flotier les anses vasculaires, les corps bruns (organes segmentaires) qui pendant librement sont poussés en avant ou ramenés en arrière par les ondes du liquide cavitaire, et l’inteslin dont les circonvolutions suivent ces courants en sens inverse ets’y prêtent. Le liquide périviscéral renferme de nombreux corps lymphatiques, pâles, ronds, elliptiques, allongés, doués de mouvements amœæboïdes lents (fig. 138), et, presque toujours des éléments sexuels en voie de formation ou formés. Ces éléments sexuels naissent sous forme de petits disques plurinucléaires dans un tissu aréolaire (fig. 139) qui pend en franges grisâtres audessous des anses vasculaires (1). Chez les femelles ces dis-

(1) Selenka trouva aussi les éléments sexuels naissant sur ces vaisseaux flottants chez l'Aphrodile aculeata (Niederl. Archiv für Zool., t. IF, 1° livr., 1873 : Das Gefässsystem der Aphrodite aculeata, p. #1), et Ehlers (Die Borstenwürmer, p. 420 et pl. XVII fig. 31) constate que les ovaires de la Halla (Cirrobranchia) Parthenopeia D. Ch. se forment sur les vaisseaux des dissépiments, observation confirmée par Spengel et étendue par lui au genre A rabella (Oligognathus Bonelliæ eine Schmarotzende Eunicee. Mitth. aus der z0ol.

ques (fig. 140) se détachant du vaisseau lombent dans le liquide cavitaire, y grossissent et chaque nucléus s’entourant d'une couche de protoplasma prend l'apparence d’un ovule. Les disques se rompent, les ovules (fig. 141) se répandent dans le corps et continuent à y grossir (fig. 142); ils sont de couleur grise. Les œufs mùrs sont rosés. Chez les mâles, les disques qui renferment les éléments sexuels ont, au moment où ils se détachent de l’anse vasculaire, la même apparence que chez les femelles (fig. 143), mais quand ils sont tombés dans la cavité du corps, les noyaux ne s’entourent pas de protoplasma et chacun d’eux devient un spermatozoïde. Lorsque le disque se rompt, les spermatozoïdes flottent dans le corps soit isolés (fig. 144), soit en régimes (fig. 145). ;

Danielssen, dans un mémoire peu connu {{), après avoir décrit les systèmes digestif, circulatoire et nerveux du Scalibregma inflatum, consacre un chapitre intéressant aux organes de la génération. Il décrit des sacs au nombre de 40 à 242 flottant par paire dans la cavilé périviscérale à chaque segment depuis le 7*° jusqu à l’anal, plus gros entre le7*°et le 13*° et diminuant ensuite progressivement de taille. Ces sacs sont remplis de cellules rondes qui se transforment en œufs tombant dans le liquide cavitaire. De plus il trouve à chaque pied à partir du 15°° des corps lancéolés ou cordiformes déjà observés par Rathke et Sars et qui pour lui sont des testicules renfermant des spermatophores remplis de spermatozoïdes. Il n’a pu découvrir de communication entre ces testicules et la cavité du corps, mais, d’après lui, cette communication doit exister, car 1l a trouvé des spermatozoïdes mêlés aux œufs dans le liquide cavitaire. Il en conclut que

Stat. zu Neapel, t. III, 1881, p. 50). — Voir aussi: Cuénot, Études sur le sang et les glandes lymphatiques (Invertébrés) (Arch. de Zool. expérim., 2° série, t. IX, 1891, p. 427 et pl. XVII, fig. 2, 3, 4).

(1) Beretning om en Zoologisk reise à sommeren 1858 : Anatomisk physiologisk undersügelse af Scalibregma inflatum Rathke, avec 2 pl. (Det Kongl. Norske Videnskabers Selskabs Skrifter à det 194% aarhundrede. Trondhjem, 1859, t. IV, petit in-4, p. 165 et pl. I et IT).

le Scalibregma inflatum est hermaphrodite. Cette observation n’a-pas élé contrôlée depuis Danielssen.

J'ai bien relrouvé, comme on l’a vu, chez le Sclerocheilus minutus les nombreux sacs flottants aperçus par Danielssen chez le Scalibregma inflatum ; mais j'ai expliqué plus haut quelles fonctions je leur attribue. Ce ne sont pas des sacs à œufs. Quant aux testicules du Scalibregma inflatum, 1 n'y a rien qui y ressemble chez le Sc/erocheilus minutus pour qui les sexes sont séparés.

D’après la description précédente du Sclerocheilus minutus, on voit que cet intéressant Annélide tient des Spionidiens par l’échancrure céphalique, des Capitelliens et des Ophéliens par les boutons vibratiles rétractiles de la base de la tête, des Polydoriens par les fortes soies aciculaires du 2°° segment qui ressemblent tellement à celles du 5*° segment des Polydora ou du 3*° des Disoma, ainsi que Quatrefages et Grube l’ont remarqué. Mais il tient surtout des Scalibregmidés selon l'opinion de Grube que je partage entièrement et à l’appui de laquelle j'ai apporté de nouvelles preuves. Comme les Scalibregma, le Sclerocheilus a la portion postérieure du corps amincie, le segment anal terminé par plusieurs cirres, la trompe ronde et courte, deux mamelons sétigères, la peau quadrillée avec trois raies secondaires transversales à chaque segment (1), et enfin les soies capillaires et les soies en fourche. L'absence de branchies est le seul point important qui les en séparerait si l’on s’en tenait aux caractères de la famille telle que l’a établie Malmgren ; mais nous avons vu plus haut qu'il n’y avait plus lieu maintenant de tenir compte de la présence ou de l’absence des branchies. Je proposerai donc de ranger ce genre dans la famille des Scalibregmidés ; il la représenterait dans la Manche et la Méditerranée.

Manche. Méditerranée.

(4) Sars en trouvait quatre à l’Oligobranchus (Scalibregma) roseus. Les Eumenia en ont trois en général.

GENRE LIPOBRANCHIUS Cunn. et Ram.

LIPOBRANCHIUS INTERMEDIUS N. S.

PI. V, fig. 146-147.

Cette espèce, que je recueille une seule fois sur la côte à ‘ilot de Gleglin, est aussi commune dans les dragages que le Sclerocheilus minutus el à première vue il est difficile de l’en distinguer. Elle appartient cependant à un autre genre et en diffère par les caractères suivants : |

Il n’y a pas d'organes de vision à la tête, ni de cirres aux segments postérieurs. Au 2° segment, les soies aciculaires sont plus de moitié plus courtes et plus fines que chez le S. minutus et de forme différente (fig. 146) ; elles persistent en diminuant encore de taille aux 3”° et 4*° segments. Les organes segmentaires de même grosseur que chez le S. minutus consistent aussi en un long pavillon vibralile incolore suivi d’une partie brune recourbée, mais ici cette portion brune forme une véritable anse dont les deux branches écartées et non accolées l’une à l’autre sont fixées à la paroi ventrale du corps et ne flotient pas dans le liquide périviscéral (fig. 147). Les œufs de 0**,075 de diamètre sont gris et non rosés. Dans la cavilé du corps on observe souvent des corpuscules incolores de 0**,012 à 0°*,015 de diamètre réunis quelquefois en amas et renfermant chacun 20 à 30 granules d’un brun rouge qui sont probablement des produits d’excrétion. Sous tous les autres rapports, le L. intermedius est absolument semblable au S. minutus, et je ne puis que renvoyer à la description de ce dernier.

[est très voisin du Lipobranchius Jeffreysii Me Int. (1), qui est toutefois de taille plus longue et plus massive et qui n’a

(1) Eumenia Jeffreysü, Mc Intosh, On the structure of the brit. Nemert. and some new brit. Annel. (Trans. Roy. Soc. of Edinb.,t. XXV, in-4, 1868, p. 419 et pl. XVI, fig. 5). — Lipobranchius Jeffreysü, Cunningham and Ramage, The Polychæta sedent. of the Firth of Forth (Ibid., t. XXXIIT, p. 655 et pl. XLHI,

fig. 49).

os TA DE SAINT-JOSEPH.

pas de soies particulières au 2*° segment. Manquant de cirres latéraux comme tous les Lipobranchius, ayant des soies aciculaires comme le Sclerocheilus minutus, 11 sert de transition entre les deux genres, tout en me paraissant devoir être rangé dans le genre Lipobranchius, dont le caractère est l'absence de branchies et de cirres latéraux.

FAMILLE DES OPHÉLIENS Gr. (incl.

POLYOPHTHALMIENS Ofs.).

Cette famille n’est LS ainsi dire pas représentée à Dinard où je n’en connais qu'une espèce appartenant au genre rare Armanda. ;

GENRE ARMANDIA Fil.

ARMANDIA DoLzFrust N. S.

PI. VI, fig. 148-151.

Je dois à l’obligeance de M. Adrien Dollfus l'exemplaire unique conservé dans l’alcool que je vais décrire :

Le corps fusiforme long de 20 millimètres sur 2 millimètres de large compte 33 segments séligères. Recouvert d’une cuticule brillante d’un brun clair, il a le dos arrondi et le ventre plat parcouru en Tr par un sillon longitudinal profond qui commence un peu en avant de la bouche et s'étend jusqu'à l'anus. Le dos est couvert de petits anneaux très serrés, moins apparents el moins nombreux du côté ventral, parmi lesquels de plus saillants indiquent la délimitation des segments; enire chacun de ces anneaux saillants, il y en a 5 qui le sont moins, excepté aux dermiers segments où 1l n'y en a plus que 4 ou 3 assez peu distincts. Sauf les 3 premiers et les 7 derniers qui sont moins hauts, les segments ont 0**,66 à 0"*,72 de haut.

La tête presque aussi arrondie que celle d'un Polyphthalmien estterminée en avant par un cirre tentaculaire mince (0",6), long de 0"*,40, servant probablement d’organe de

tact (fig. 148). [l n’y a pas d’yeux céphaliques apparents. Le segment buccal semble fusionné avec la tête. La bouche s'ouvre tout à fait à la limite inférieure de ce segment dans le sillon ventral; il en sort une trompe globuleuse courte et plurilobée absolument semblable à celle que figure Kükenthal pour l’Armandia Polyophthalma Kük. (1). Au niveau de la bouche, de chaque côté du corps et sur la même ligne que les pieds des segments suivants, on distingue un organe latéral de forme auriculaire comme il en existe chez tous les Ophéliens.

Les pieds sont placés toul le long du corps de chaque côté dans un sillon longitudinal qui le parcourt entre le dos convexe et le bourrelet qui domine le sillon ventral. La première paire qui apparaît à la limite inférieure du segment buccal se compose d’un mamelon incolore en cône tronqué avec un petit cirre ventral et deux faisceaux de soies capillaires les unes dorsales plus longues, les autres plus courtes sortant entre le mamelon et le cirre ventral. A tous les pieds suivants jusqu'au segment anal, il s’y ajoute, sortant du mamelon au-dessous de longues soies dorsales qui la recouvrent et la protègent, une branchie plale dirigée vers le bas, en forme de languette finissant un peu en pointe (fig. 149, d); étant plus longue que la hauteur du segment elle s’avance sur le segment suivant. J’y vois au centre un vaisseau recourbé en anse dont les deux branches sont reliées par de nombreuses anses vasculaires transversales. Ce système circulatoire s'arrête avant l’extrémilé qui est remplie de petites fibrilles longitudinales très fines dont j'ignore la nature (fig. 150). Les branchies sont partout à peu près de même taille (1**,20 de long sur 0"*,12 de large) sauf aux derniers segments où elles sont légèrement plus longues et sensiblement plus minces. Les cirres ventraux qui ont en général

(1) Kükenthal, Ueber das Nervensystem der Opheliaceen (Jenaische Zeits. für Naturw., t. XX, 1887, pl. XXXIII, fig. 28). — D'après Lo Bianco, Gli Annel. tubic. del golfo di Napoli (Atti dell Accad. del scienze di Napoli, 2° série,

t. V, 1893), l'A. Polyophthalma a tout à fait la même apparence que l’Amphioxus.

0**,18 de long sont un peu plus courts aux segments postérieurs. Quant aux soies, légèrement courbes, elles se composent d'un nombre considérable de fibrilles très fines qui se dissocient quand la soie est brisée et se déploient en éventail. Beaucoup plus longues dans les derniers segments, elles forment une sorte de cage caudale au tube anal.

Du 6° au 21*° pied, soit pendant 16 segments, il y a de chaque côté du corps une tache oculiforme colorée en violet foncé où Je ne découvre pas de cristallin (fig. 149, c). Les 9 premières taches sont un peu plus grosses que les 7 dernières.

Les 7 segments postérieurs beaucoup moins hauts que les précédents, avec leurs branchies minces et leurs longues soies, se rapprochent de ceux que figure Kükenthal pour la partie postérieure de l'Armandia Polyophthalma (1).

Le corps est terminé par un segment anal aussi long que les 5 précédents. Ce segment apode et achète, long de 1°%,56, est un tube membraneux échancré à son extrémité du côté ventral et garni le long de l’échancrure de chaque côté de 5 papilles digitiformes, soit 10 en tout, dont les 2 plus basses sont plus massives que les autres. On reconnait dans la membrane la irace de 6 segments au moins ayant chacun 3 ou 4 anneaux encore plus indistincts (fig. 151).

Cette espèce dont je crois devoir faire une espèce nouvelle se rapproche surtout de l’Armandia Polyophthalma Kük. Mais elle en diffère par la forme de la tête qui rappelle celle de l'Armandia oligops Von Marenz. (2), par la conformation du segment anal qui est échancré en dessous, comme chez l’Armandia leptocirris Gr. (3) et l'Armandia exiqua Kük. (4), et

(4) Loc. cit, pl. XXXIV, fig. 30.

(2) Von Marenzeller,Zur Kennt. der Adriat. Annel. (Sitzb.der k.Akad. der Wiss. zu Wien, t. LXIX, 1874, S. A.,p. 64 et pl. VII, fig. 4). — Langerhans, Die Wurmfauna von Madeira (Zeits. für wiss. Zool., t. XXXIV, 1880, p. 101 et pl. IV, fig. 13).

(3) Grube, Annulata Semperiana (Mém. de l'Acad. des sciences de Saint- Pétersbourg, t. XXV, 1878, n° 8, p. 194).

(4 Kükenthal, Die Opheliaceen der Expedition der « Vettore Pisani » (Jenaische Zeits. für Naturw., t.XXI, 1887, p. 368 et pl. XXI, fig. 8).

qui na pas autant de papilles, par le nombre des anneaux de chaque segment qui est de 5 comme chez l’Armandia de Grube (1), enfin par la largeur des branchies qui chez l'A. Polyophthalma ne seraient peut-être que des cirres filiformes d’après Kükenthal.

FAMILLE DES CAPITELLIENS Gr. (HALELMINTHEA V. Carus).

GENRE NOTOMASTUS Sars (SANDANIS Kbg., ARENIA Qfs.).

NOTOMASTUS LATERICEUS Sars (2),

NoTOMASTUS LATERICEUS Horst, Die Annel. gesammelt wührend der Fahrten des Wil- ; lem Barents, in 1818 und 1879 (Niederl. Archiv für Zool. Supplementband, 1881-82, p. 20 et pl. Annél., fig. 7). —- — Langerhans, Die Wur mfauna von Madeira,IVter ‘Beitr. (Zeits. für wiss. Zool., t. XL, 18S4, p. 259).

— — Eisig, Die Capitelliden. Berlin, 1887, in-fol., p. 861. — — Cunningham and Ramage, The Polych: sedent. of the Firth of Forth (Trans. Edinh. Soc.,t. XXXIII, in-4, 1888, p. 681 et pl. XLVII, fig. 44).

? CAPITELLA RUBICUNDA Kef. Keferstein, Unters. über niedere Seethiere (Zeits. für wiss. Zool., t. XII, 1862, p. 123 et pl. XI, fig. 7-18). — Claparède, Beob. über Anat., etc. Leipzig, 1863, in-fol., p. 26 et pl. XV, fig. 1-14.

? Sanpanis RuBIcUuNDUS Kbg. Kinberg, Annul. nova (Üfvers. Vet. Akad. Fôrh. Aar 1866. Stockholm, 1867, p. 343).

2NOTOMASTUS RUBICUNDUS Eisig, Die Capitelliden, p. 863. ? ARENIA CRUENTA Qfg. Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. II, p. 250 et pl. XI, fig. 16-23.

PI, VI, fig. 152-157.

Rare sur la côte entre Dinard et Saint-Énogat dans le sable où il circule librement.

La tête biannelée a la forme d’un cône à pointe légèrement obtuse. Le corps extrêmement fragile, long de 150 à 300 millimètres sur 3 à 4 millimètres de large dans la partie | (1) Grube, Familie der Opheliaceen (Jahresb. des Schles. Gesells. für 1868. Breslau, 1869, p. 60). — Cette Armandia innommée est soit l'A. cirrosa Fil., soit l’A. oligops comme von Marenzeller et Grube, dans ses Annulala Semperiana, p. 195, semblent disposés à l’admettre.

(2) Sars, Koren et Danielssen, Fauna liltoralis Norvegiæ, 22e Livr. DRE UN 1856, in-fol., p9-12etpl IE, fig. 8-17.

la plus large du thorax, avec 125 à 130 segments, très rouge: en-avant, puis jaune rouge, puis transparent à l'extrémité inférieure, se compose de 2 régions bien différentes : le thorax rond, un peu renflé au milieu, à peau quadrillée, et. 12 segments biannelés dont 11 sétigères, longs de 13 à 20 millimètres environ, et l'abdomen, très long, à peau unie, avec 113 à 118 segments non biannelés, un peu moins large et d’une apparence tout autre que celle du thorax à cause des tores uncinigères saillants qui ont une certaine ressemblance avec ceux des Maldaniens. |

Le segment buccal est achète ; les autres segments thoraciques ont de chaque côté un faisceau de soies dorsales et ventrales limbées très fines (fig. 152) qui sorlent du corps au nombre de 10 à 14 à chaque faisceau, reposant à leur base sur une grosse glande plus ou moins rétractile placée dans l’intérieur du corps. Les soies limbées disparaissent à l’abdomen où il n y a que des crochets disposés en ligne transversale sur 2 tores dorsaux et 2 ventraux. Cependant aux 9 à 12 premiers segments,iln’ya qu'un seul petittore dorsal médian (fig. 155, a) sur lequel sont implantés 36 à 40 crochets dont moitié à gauche et moitié à droite, chaque groupe étant séparé l’un de l’autre par un faible intervalle. Les 2 tores ventraux qui se rejoignent jusque sous le ventre ont chacun 150 à 175 crochets de même forme. Peu à peu le tore dorsal s’allonge (ainsi au 14° segment il y a 100 crochets), puis se dédouble et les tores ventraux diminuent et à la fin du corpsil ya 2 tores dorsaux et2 ventraux égaux entre eux. Les crochets recourbés petits et minces, longs de 0**,15 environ, ont à peu près à la fin du 1” tiers de leur tige un renflement qui reste caché dans l’intérieur du corps et doit servir à empêcher qu'ils n'en soient arrachés. Ils'sont terminés en avant par une grosse dent surmontée de 2 petites et le tout est recouvert par un capuchon transparent (fig. 153). Lorsqu'on les regarde de face, la 1° dent qui surmonte la grosse et qu’on peut seule découvrir paraît composée d’une rangée de 5 à 6 très petits denticules (fig. 154).

De la bouche, fente transversale placée sous le segment buccal, sort une trompe globuleuse énorme, couverte de très nombreuses papilles en cône obtus, hautes de 0"*,032 sur 0"*,028 de large à la base dont le sommet est couronné par un organe en forme de gobelet d’où sort une brosse de poils tactiles courts (1). L’œsophage étroit qui fait suite à la trompe occupe toute la région thoracique et l'intestin commence avec la région abdominale ; il est bourré de sable comme l'intestin des Synapta, ce qui rend le corps du N. latericeus aussi cassant que celui de ces Échinodermes. Il se termine par un anus qui débouche à la surface dorsale d’une plaque membraneuse mince terminant le segment anal achète (fig. 156). Il n’y à pas de système vasculaire et le sang circule dans l’espace cavitaire mis en mouvement par les contractions rythmiques du corps. Comme il est projeté en avant, le thorax paraît toujours plus rouge et la partie postérieure de l'abdomen est presque transparente. Le sang se compose d’un plasma incolore et de disques d’un diamètre de 0"".,010 à 0"°*,014 renfermant de nombreuses concrétions d’un rouge brun. Il pénètre dans la cavité des tores dorsaux et ventraux et vient respirer surtout dans une languette qui lermine les lores ventraux du côté le plus rapproché du dos fig. 155, c).

Sous la cuticule et l’hypoderme, le corps est entouré d’une couche de muscles circulaires au-dessous de laquelle sont placés plusieurs faisceaux de muscles longitudinaux dorsaux et ventraux. Ces derniers très développés dans les 1° segments abdominaux y sont au nombre de 5 dont un médian ventral au-dessous duquel flotte dans le corps, maintenu par des muscles transversaux, le cordon nerveux ventral ovale large de 0*°,24 parcouru près de son bord dorsal par une fibre nerveuse colossale. De chaque côté de la base de la tête il y a un amas de 30 à 40 très petits yeux placés au bord

(4) Eisig donne une bonne figure de ces organes chez le Notomastus lineatus Clpd. (Die Seitenorgane und Becherformigen Organe der Capitelliden. (Mitth. aus der z0ol. Stat. zu Neapel, t. I, 1879, pl. VIL, fig. 12).

de 2 fossettes d’où sorlent 2 organes vibratiles rétractiles.

Entre les 2 faisceaux de soies dorsales et ventrales au thorax s'ouvre un pore de 0"",020 de diamètre où rentre et d'où peut sortir l'organe latéral, petit mamelon couvert de poils tactiles. Ces organes latéraux sont placés à l'abdomen dans l’espace qui sépare les tores ventraux des tores dorsaux et sur la même ligne qu'eux (fig. 155, 6). Ils sont plus rapprochés du dos dans les segments antérieurs de l'abdomen et s’en écartent progressivement en même temps que la ligne latérale du corps; ils ne sont pas rétractiles comme au thorax et restent toujours saillants.

Les organes segmentaires, qui se trouvent comme les organes latéraux à tous les segments abdominaux et qui s’observent facilement dans le dernier tiers du corps à cause de sa transparence, sont de gros sacs dont les cellules sont remplies de concrétions d’un jaune orangé et qui sont traversés par le canal de l'organe. Ce canal garni intérieurement de cils vibratiles, recourbé en anse, débouche dans l’intérieur du corps par un pavillon vibratile bifide et à l'extérieur par un simple pore (fig. 157). Je donne la figure d'un organe segmentaire d’après l’animal vivant, mais j'ai omis de noter à quel segment il nt ae et où est situé le pore de sortie.

Au 1* segment abdominal et aux 6-11 suivants, 1l y a au-dessous de l'organe latéral un gros mamelon percé d’un pore lerminal qui est l’orifice de sortie des glandes génitales (fig. 155, d). Quelquefois ces mamelons manquent complètement, probablement parce que l’animal n’est pas mûr.

Les animaux que j'ai recueillis étaient tellement remplis de sable et souvent d'œufs et tellement en morceaux que je n'ai pu me rendre compte des rapports entre les sacs génitaux et les organes segmentaires et entre l’intestin principal et l'intestin accessoire (Nebendarm). Je lrouve une fois de nombreux Loxosomes sur le corps d’un exemplaire.

Eisig dans son importante monographie des Capitellides établit le sous-genre Tremomastus sur la présence des sacs

génitaux à un certain nombre de segments abdominaux. Le nombre de paires de ces sacs serait un caractère distinctif entre les espèces. Mais ce nombre est-il constant dans chacune ? Sars en trouve 20 paires chez le N. latericeus, Horst 11 paires; on a vu que j'en avais constaté de 7 à 12 et que quelquefois il n’y en avait pas. Il me paraît donc difficile d'établir un sous-genre ou des espèces sur un caractère qui paraît être transitoire, variable, ou absent selon l’état de maturité de l'animal.

Le Notomastus rubicundus (Capitella rubicun da Kef.) ne se distingue du À. latericeus que parce que les segments thoraciques ne sont pas biannelés. Est-ce un caractère suffisant pour séparer les 2 espèces? Ce serait en tous cas à vérifier. L’Arenia cruenta Qfg. me paraît aussi pouvoir être assimilée au N. latericeus.

Océan Glacial arctique. Mers du Nord. Atlantique (Le Croisic. Concarneau. Madère). Manche.

FAMILLE DES ARÉNICOLIENS Aud. et Edw. (1).

(TÉLÉTHUSIENS Sav.).

GENRE ARENICOLA Lmck.

ARENICOLA MARINA L. (2).

ARENICOLA MARINA Fregatten Eugenies Resa. Stockholm, 1857-58, in-4, pl. XXVIIT,

ner2reltr2 re

= — Schmarda, Neue wirbell. Thiere gesammelt auf einer Reise um die Erde. Leipzig, t. Il, 1859, p. 52.

— —— Lenz, Die wirbell. Thiere der Travemünder Bucht, in-fol. Berlin, 1875, p. 11.

— — Levinsen, Overs. over de Nord. Annul. (Vidensk. Meddels. for 1883. Copenhague, 1884, p. 134).

— — Cunningham, On some points in the anat. of Polych. (Quart. microsc. Journ., 1887, p. 241 et pl. XVII, fig. 1 et 2).

(1) J’adopte ce nom, quoique moins ancien que celui donné par Savigny, parce qu’il rappelle le nom du genre, tandis que celui de Teléthusiens n'y a aucun rapport.

(2) Lumbricus marinus Linné, S. N. XIL t. I, P. II, p. 1077, fide Mgr. — Voir pour la bibliographie : Johnston, Cat. of brit. non paras. Worms, p. 229, et Malmgren, Ann. Polych., p. 188, et y ajouter les ouvrages ci-joints.

ARENICOLA

Page 1