‹ Annales des sciences naturelles (volume 4)Chapitre 10 sur 27 · Branchies à appendices dorsaux. — Tube fixé. — Opercule · texte numérisé non relu

Branchies à appendices dorsaux. — Tube fixé. — Opercule

glandiforme. — Dasynema N. G. (3)?

IL. Plaques onciales à dents plus ou moins nombreuses, et plus ou moins fines, terminées du côté le plus rapproché de la tête de l'animal par un prolongement en forme de grosse épine pleine en dessus et creuse en dessous comme une gouge.

a. Soies de tous les segments thoraciques limbées.

Soies abdominales en cornet comprimé terminé par une longue pointe. —Opercule précédé de 2 aïlerons membraneux et terminé par une plaque plane ou conique surmontée en général d’une ou GENE ns — Pomatoceros Phil.

b. Soies du 1°" segment thoracique étientéte avant la pointe terminale qui est souvent couverte de poils en brosse. Soies des autres segments thoraciques limbées.

Soies abdominales en cornet comprimé terminé par une longue pointe.

(1) Ce genre ainsi restreint comprendrait la V.'infundibulum Gm. sec. Clpd., et la V. annulata Schmarda sec. Eh.

(2) Ce genre comprendrait la Vermilia multivaricosa Môrch (V. infundibulum Gm. sec: Lang., V. spirorbis Lang.\, la Vermilia multicristata Phil. (V. mullicostata Phil. sec. Lang., V. clavigera Phil. sec. Lang.), la Vermilia torulosa D. Ch. (V. rugosa Lang.), la Vermilia agglutinata Von Marenz.

(3) Ce genre serait établi pour la Serpula Chrysogyrus Gr. Ann. Semper.

&. Opercule recouvert de cornes à plusieurs branches. — Spirobranchus Blv.

8. Opercule portant un axe sur lequel sont étagées plusieurs plaques. — Pomatostequs Schmarda.

IV. — Plaques onciales dont le bord libre, épais, arrondi et non dentelé ést couvert d’entailles transversales parallèles, et se termine par un petit prolongement en forme de gouge. Soies du 4% segment remplacées par une ceinture d'yeux.

Soies limbées aux autres segments thoraciques. —Oper- ‘cule terminé par une plaque plane. — Tube cristallin. — Placostegus Phil.

a. Soies abdominales en cornet comprimé terminé par une longue pointe. —S. G. Placostequs s. sér. (1). b. Soies abdominales légèrement géniculées et limbées. — S. G. Placostegopsis n. (2).

V. Plaques onciales, à dents très fines et extrêmement nombreuses, profondément échancrées du côté le plus éloigné de la tête de l'animal, et terminées à leur autre extrémité par une épine pleine et non creusée, ms mince et plus longue que dans le type III.

… Pas de soies particulières au 1° segment thoracique. A. Soies thoraciques limbées. — Pas d'opercule. — Protula Risso (incl. Psygmobranchus Phil.).

a. Soies abdominales en faucille. — $S. G. Protula s. sfr. (3). b. Soies abdominales en baïonnette obliques, plissées au bord. — $S. G. Protulopsis n. (4).

B. Soies thoraciques les unes limbées, les autres ayant une faucille terminale précédée d’un limbe court (soies d'Apomatus). — Opercule globuleux, corné, transparent, porté par un pédoncule garni de barbules. —Apomatus Phil. Mürch. à. Soies abdominales en faucille. — S. G. Apomatus s. sfr. (5). b. Soies abdominales géniculées. — S. G. Apomatopsis n. (6).

(1) Placostegus tridentatus Fabr.

(2) Placostegus Langerhansi Von Marenz. (P. tricuspidatus Lang.), Placostequs incomptus Ehl. l

(3) A ce sous-senre seraient attribuées la Protulu tubularia Mont., la P. Diomedeæ Benedict, la P. alba Benedict, la Protula Meilhaci Marion.

(4) À ce sous-genre serait attribuée la Protula intestinum Lmck. Phil.

(5) À ce sous-genre seraient attribués l’Apomatus similis Marion et Bobr. et l'A. globifer Theel.

(6) Ce sous-genre renfermerait l'Apomatus ampulliferus. Phil. (Protula Marioni Von Märenz. ?etl BÉRS sinidsé Von Marenz.

Le reproche à adresser à cette classification est de trop mulliplier lesgenres el sous-genres surtout dans le 2" groupe ; mais en prenant les soies pour base principale il était difficile d'éviter cet écueil. Il m’a fallu entre autres scinder les genres Placostequs, Protula et Apomatus, chacun en 2 sousgenres à cause des soies abdominales, le genre Sprorbis en 6 genres, le genre Omphalopoma en 3 etle genre Vermilia en 2 à cause de combinaisons variées entre les soies. D'un autre côté, par suite de la similitude des soies, j'ai pu rapprocher davantage du genre Serpula les genres Hydroides et Crucigera qui n’en sont plus que des sous-genres et pour la même raison le genre Sa/macina n’est plus qu’un sous-genre du genre F/ograna. Il m'a fallu créer un genre nouveau Hyalopomatopsis pour le Hyalopomatus Langerhansi. Ehl. et le H. Marenzelleri Lang., qui par la présence d’une membrane thoracique et par la forme des soies du 1° segment thoracique ne pouvaient rentrer, comme l'avait du reste prévu Langerhans, dans le genre Hyalopomatus tel que l'avait défini von Marenzeller. J'ai établi également un genre nouveau Dasynema, répondant au genre Dasychone de la tribu des Sabellides pour la Serpula Chrysogyrus Gr. Ann. Semper. qui est le seul Serpulide connu ayant des appendices dorsaux aux branchies et n’est certainement pas une Serpula; mais la description trop incomplète des plaques onciales donnée par Grube me fait douter de la place que ce genre nouveau doit occuper. Il en est de même et pour la même raison des genres (raleolaria, Ditrupa et Chitinopoma. On remarquera que les deux genres Protula et Pros et le sous-genre Sa/macina qui n’ont pas d’opercule sont placés chacun dans un groupe différent et que les deux genres sans membrane thoracique (Chitinopoma et Hyalopomatus) tout en faisant partie du même groupe sont éloignés l’un de l’autre.

Telle qu’elle est, cette classification par la forme des plaques onciales et des soies servira à rectifier des erreurs déjà commises et à en éviter de nouvelles, par exemple à ne pas

verser dans le genre Protula tous les Serpulides ayant perdu leur opercule. |

Ainsi Langerhans et von Marenzeller avaient déjà reconnu au moyen des soies que le Psygmobranchus cæcus Clpd. est une Serpula et von Marenzeller que le Psygmobranchus mulhcostatus Clpd. est une Vermilia el que la Protula antennata Eh]. n’est pas une Protula. C'est peut-être un Pomatoceros ayant perdu son opercule et ses soies abdominales fragiles en cornet. Ehlers avait vu aussi que la Protula arctica Hans. est une Proûs.

Il est probable que plusieurs espèces atlribuées au genre Vermilia devront en être retirées pour êlre versées dans d’autres. C’est ce que j'ai constaté pour la Vermiha conigera Qfg., pour la Vermilia trifida Qfg., la Vermilia elongata Phil., la Vermilia Lamarckiü Qfg. et la Vermilia socialis Qfg., qui sont des Pomatoceros. La Vermilia Polytrema Phil., telle que la décrit Langerhans (1), avec ses plaques onciales, ses soies et le pédoncule de son opercule à 2 ailerons me paraît êlre aussi un Pomatoceros (2). Cette dernière particularité me fait penser qu'il en est peutêtre de même de la Vermilia dinema Mürch (V. triquetra Lmck. sec. Phil.), et si le fait se vérifie ce sera une preuve que les caractères tirés de l’opercule ne sont pas à négliger lorsqu'on s’en sert avec prudence. |

Les Serpulides sont les mieux protégés des Annélides tubicoles tant par leur tube calcaire que par leur opercule qui les met à l'abri. Seuls parmi eux, ceux qui manquent d’opercule (Protula, Prolis, Salmacina) et ceux qui n’ont pas de membrane thoracique (Chitinopoma, Hyalopomatus) sont dans des conditions inférieures, car si l’opercule en bou-

(1) Die Wurmfauna von Madeira (Zeits. für Wiss. Zool., t. XXXIV, 1880, p.419,-et-pl.NV,.fig. 37).

(2) 2) Von Marenzeller (Bericht der Comm. des OEstl. Mittelm. : : Polychæten des Grundes. Denks. der k. Akad. der Wiss., t. LX, 1893, p. 16) trouve une ressemblance entre la V. Polytrema et le Pomatostegus latiscapus Von Marenz. et la range dans le genre Pomatostegqus malgré la grande différence entre les opercules.

chant le tube empêche les ennemis d'entrer dans la place, la membrane thoracique très mince et parcourue par de nombreux vaisseaux capillaires aide à la respiration en cas de perte des branchies et en attendant leur régénération qui est plus lente et plus difficile que chez les Sabellides comme l’a remarqué Ürley (1). | | |

Chez les Sabellides le tube .est st HinptéN moins imperméable, souvent ouvert aux deux bouts, et l’eau y circule plus librement, activée par les cils vibratiles plus développés du sillon copragogue ; lorsqu'ils perdent leurs branchies, la respiration cutanée est donc mieux ménagée que chez les

Serpulides. Pour suppléer au manque d’opercule, ils peuvent se retirer pour s’abriter dans leurs tubes beaucoup plus profondément que les Serpulides (saufles Syerorbis), mais malgré tout ils sont plus exposés. Aussi sont-ils souvent envahis par des Copépodes parasites : la Sabella Sarsi Kr. (S. pavonñina Sav.) par le Sabelliphilus elongatus Sars (2), la Chone (Euchone) papillosa Sars par le Chonephilus dispar Sars (3), la Myxicola Sarsii Kr. par le Sabellachares gracilis Sars (4), le Spirographis Spallanzanü Viv. par le Sabelliphilus Sarsu Clpd. (Lichomolqus Sarsi D. Valle) (5) et par le Sabelliphi-

(1) Orley, Ueber die Athmung der Ser ‘pulaceen im Allgemeinen mit besonderer Rücksicht auf den Werth ihrer Hautpigment (Természetrajzi Füzeiek, t. VII, 1884, in-8. Budapest, p. 199-207).

.(2) Sars, Afbildninger af fire nye par asistiske Copepoder (For. i Vidensk. Selsk. à Christiania, 1861. Fees 1862, in-8, p. 139).

(3) Ibid, p: 140. |

(4) Sars, Beretning om et nur ler D Kr ebsdyr (Ibid., p. 19.

(5) Claparède, Note sur les Crustacés parasites des Annélides et description du Sabelliphilus Sarsii (Ann. des sc: nat., 5e série, t. XIII, 1870, p. 10 et pl. VII). — Claus, Ueber Sabelliphilus Sarsii und dus Männchen derselben (Zeits. für Wiss. Zool., t. XXVI, 1876, p. 161-164 et pl. X). — Kossmann :

Zool. Ergeb. einer Reise in die Küstengebiet des Rothen Meeres : Entomostraca, p. 16 et pl. IL, fig. 2, in-4. Leipzig, 1877. — Della Valle, Sui Coriceidi parassiti e sull’ anatomia del genus Lichomolgus (Mütth. aus der z0ol. Stat. zu Neapel, t. 11, 1880, p. 87-97, et pl. V, fig. 1-26). — Lo Bianco, Notizie biologiche riguard. special. il periodo di maturità sessuale degli anim. del golfo di Napoli (Mitth. aus der zool. Stat. zu Neapel, t. VIII, p. 405). — Claus, Ueber neue oder wenig bekannte halbparasitische Copepoden (Arbeiten aus der 2001. Anst. in Triest, t. VIII, 1889, Liv. II, p. 14 et pl. I, fig. 8-10). — M. Cornu trouve aussi le Sabelliphilus Sarsii sur les branchies de la Sabella pavonina à Boulogne (Comptes rendus de l'Académie des sciences, 5 octobre 1891).

lus Sarsu var: Massiliensis Gourret (1), la Bispira volutacornis Mont. par le Gastrodelphys Clausii Græffe (2), comme je l'ai constaté souvent, et la Myxicola infundibulum Mont. par le Gastrodelphys Myxicolæ List (3). Enfin M. Thompson décrit un Lichomolqus Sabellæ qui est sinon le L. Sarsu, tout au moins une espèce bien voisine (4).

TRIBU DES SABELLIDES.

GENRE SABELLA L. (Sars et Mgr. rev.).

SABELLA PAVONINA Sav. (5).

SABELLIA PAVONIA Malmgren, Nord. er RENE p. 398 et pl. XX VII, fig. 82 (6). …. — — Levinsen, Syst. geogr. Oversigt over de Nord. Annul. (Vidensk. Meddels. Copenhague, 1884, p. 187).

— — Cunningham and Ramage, The Polychæta sedentaria of the Firth of Forth (Trans. of the Royal Soc. of Edinb., t. XXXIII, 1888, in-4, p. 669 et pl. XLIV, fig. 31). cr À O8 7 Lo Bianco, Gli Annel. tubic. del golfo di Napoli (loc. cit., à : p.66):

* AMPHITRITE VENTILABRUM Daly. Dalyell, Powers of the Creator, etc., t. II, p. 212 et pl. XXX.

© SABELLA PAVONINA Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. IT, p. 446. | — — Grube, Bemerk. über Annel. des Pari iser Museums (Archiv für Naturg., 1870, t. I, p. 346).

— — ** Grube, Mitth. über SE. Malo und Roscoff, etc. (4bhandl. | 4 der Schles. Gesells., 1868-1872, p. 112). — = . Pruvot, Système nerveux des Annélides (Arch. de zool.expér., | 9me sér., t. LIT, 1885, p. 312, et pl. XI, fig. 11, pl. XV, fe::12%143, pl XVI, fig. 1-4).

© — LONGIBRANCHIATA Qfg. Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. II, p. 445. — PENICILLUS Cuv. Quatrefages, Ibid., p. #42. — — Macé, De la structure du tube des Sabelles (Arch. de z0ol. « expér., 1re ed LX, 1882, p. IX).

” fa) Gourret, Note sur les Entomostracés du golfe de Marseille (Archives de

‘ biologie, t. IX, 1889, p. 475 et pl. XXXIV, fig. 1-6).

. : (2) Græffe, Gastrodelphis Clausii (Bollet. della Soc. Adriat. dise. nat., t. VIIT, 1883-84. Trieste, p. 206 et pl.). — List, Das Genus Gastrodelphys (Zeits. für Wiss. Zool., t. XLIX, 1889, p. 248-286, et pl. IV et V).

:"1U(3) List, dei cit, nie 286-314, et pl. VI et VIT.

(4) Science Gossip, 1888, p. 32 et fig. 15.à 18...

(5) Savigny, Système des Annélides, p. 79. — La S.pavonina m'ayant servi de type pour les Sabellides, j'en fais passer la description avant celle de la Bispira volutacornis qui devrait être la première en suivant l'ordre de la classification établie plus haut.

(6) Malmgren donne une DEORSSEAPRTE étendue à laquelle il faut ajouter les ouvrages ci-joints. li

SABELLA FLABELLATA Sav. Savigny, Système des Annélides, p. 19. D — Quatrefages, Mémoire sur le système nerveux des Annélides (Ann. des sc. nat., 2me série, t. XIV, 1850, p. 369 et pl.X, 4 — Quatrefages, Hist. nat. des Annél., p. 444. "Re Viallanes, Sur le squelette branchial de la Sabelle (Ann. des sc. nat., 6me série, t. XX, 1884).

PI. X, fig. 279-284, et pl. XI, fig. 285-288.

Trouvée au fond de la mer avec la drague et le chalut et sur la côle dans la baie de Dinard près de la pointe de la Vicomté, à la plage des bains de Dinard, au Rocher Vidé, à l’île des Ehbiens et à Grosse-Roche, près de Saint- Jacut. |

Cette Sabelle, qui vit presque toujours en colonies habite un tube d'environ un tiers plus long qu’elle, dont la structure a été bien éludiée par M. Macé et auquel la vase grise solidifiée et agglutinée qui le recouvre partout, sauf à l’extrémilé inférieure, donne tout à fait l'apparence du caoutchouc. Les plus petites se tiennent au fond de la mer, le tube fixé à des algues, surlout aux ÆRytiphlæa pinastroides. Souvent, sur la même toulfe de Rytiphlæa, on en observe 20 à 30 de toutes les tailles, depuis 14 millimètres jusqu’à 4 ou 5 centimètres. Rien n’est plus curieux que de voir s'épanouir hors de leurs petits tubes grisâtres leurs branchies si harmonieusement colorées. Je restais quelquefois en admiration devant ces ravissantes fleurs animées qui se tournaient gracieusement de côté et d'autre comme pour apercevoir une proie ou fuir un danger et qui rentraient toutes ensemble dans leur tube à la moindre alerte avec la rapidité de l'éclair, pour en ressortir bientôt avec précaution. Les exemplaires de moyenne taille (12 à 20 centimètres) sont enfoncés dans la vase ou dans les prairies de zostères d’où l'extrémité de leur tube émerge seulement de 2 ou 3 centimètres. À Grosse- Roche, où les $.pavonina construisent leurs tubes sous des casierscarrés en bois, élevés sur pilotis, qui servent à l'élevage des huîtres, ces tubes bien abrités dépassent le sol de 8 centimètres au moins. Quant aux plus grands exemplaires, longs

de 25 à 50 centimètres, leurs tubes sont arrachés par la drague dans les fonds de 12 à 15 mètres. |

Le corps résistant, coloré en jaune vrangé très pâle, arrondi du côté dorsal, aplati du côté ventral, d’une largeur à peu près uniforme, sauf aux derniers segments abdominaux où il se rétrécit sensiblement, a quelquefois, surtout chez les Jeunes, 2 pelites taches brunes de chaque côté des segments ({) et au segment anal qui se termine par 2 papilles rondes. Il y a à chaque segment un écusson ventral épais, coupé en 2 parties égales par un sillon copragogue cilié longitudinal qui, partant de l'extrémité inférieure du corps, s'arrête à un segment dont le numéro varie sensiblement, comme on le verra bientôt, sans passer du côté dorsal. | | - Les segments thoraciques sont en général au nombre de 8 ; cependant j'en observe 6 chez un exemplaire de 36 centimètres de long, 9 chez un autre de 6 centimètres, 13 chez un 3° qui a encore 27 centimètres dans l'alcool, enfin 16 chez un 4*° de 50 centimètres. Sur 95 exemplaires adultes renfermant des éléments sexuels en voie de formation, larges de 3 à 4 millimèlres, longs de 15 centimètres environ sans compter les branchies de 4 centimètres de long, et ayant un nombre égal de segments thoraciques de chaque côté du corps, je trouve 58 exemplaires avec 8 segments thoraciques, 13 avec 7, 15 avec 9, 4 avec 6, 3 avec 10 et 2 avec 11.

Quant au sillon copragogue, chez les 58 exemplaires avec 8 segments thoraciques, pour #4 il s’arrêle avant le 2*° segment abdominal, pour 23 avant le 1° segment abdominal, pour 2 avant le dernier thoracique, pour 1 avant le 7° thoracique, pour { avant le 5°, pour 2 avant le 4*°, pour 1 avantle 3°, pour 19 avant le 2%* et pour 5 avant le 1°’. Chez ceux-de 7 segments thoraciques, il s'arrête pour 3 avant le 1° segment abdominal, pour 1 avant le 6*° thoracique, pour 1 avant le 4*°, pour 1 avant le 3*°, pour 3 avant le 2*°, pour 4 avant

(1) Une disposition semblable s'observe chez le Spirographis Spallanzanii Viv. |

le 1**. Chez ceux de 9 segments thoraciques, il s'arrête pour 4 avant le dernier thoracique, pour 13 avant le 2%, et pour 1 avant le 1”. Pour ceux de 6 segments thoraciques, il s'arrête pour 1 avant le 1° segment abdominal et pour 3 avant le 2° thoracique. Pour ceux de 10 segments thoraciques, il s'arrête pour 2 avant le 2°° thoraciqueet pour 1 avant le 2*° abdominal, et enfin chez ceux de 11 segments, il s'arrête pour l’un avant Je 2** thoracique et pour l’autre avant le 5*°. Si je suis entré dans lous ces détails, c’est pour montrer quelle variabilité existe dans cette espèce en ce qui concerne le nombre des segments thoraciques et la longueur du sillon copragogue, sans qu'il soit possible d'établir aucune corrélation entre l’un et l’autre, ni d’atiribuer ces différences à la taille de l’animal ou à son âge. #10 E Très souvent (par exemple chez 22 exemplaires sur 48,

ayant tous environ 15 centimètres de long) il y a un nombre inégal de segments thoraciques tantôt d’un côté du corps, tantôt de l’autre, chez le même animal. Aïnsi pour ces 22 exemplaires vus du côté ventral, 6 ont 7 segments thoraciques à gauche et 8 à droite, 4 en ont 8 à gauche et 7 à à droite, 4 en ont 9 à gauche et 8 à droite, 2 en ont 8 à gauche et 9 à droite, 2 en ont 7 à gauche et 6 à droite, 1 en a 6 à gauche et 8 à droite, 1 en a 7 à gauche et9 à droite, 1 ena 10 à gauche et 9 à droite, 1 en a 11 à gauche et 10 à droite. En général, c'est le 1* segment thoracique du côté le plus pauvre qui répond à 2 segments de l’autre côté (1). 18 de ces exemplaires ont le sillon copragogue s’arrêtant seulement avantle 2% segment thoracique. Chez un exemplaire qui a à gauche Île 1° et le 2° segment thoracique répondant au 1° de droite, je vois se produire sur la limite inférieure de ce dernier un très petit mamelon séligère supplémentaire indiquant qu'il

(1) Voir plus bas, p.288, à propos de la Bispira volutacornis. — Voir aussi : ma Notice sur la croissance asymétrique chez les Annélides polychètes (Comptes rendus du 24 novembre 1892). — Cori, Ueber Anomalien der Segmentirung bei Annel., ete. (Zeits. für Wiss. Zool., t. LIV, 1892, p. 569 et pl. XXV). — Miss Buchanan, Peculiarities in the segmentation of certain Polychæta (Quart. Microsc. Journal, New Series, t. XXXIV, avril 1893, p. 529 et pl. XLII).

se prépare un 2% segment de droite devant répondre au 2*° de gauche.

Le 1° oNenl thoracique, qui est din avec le segment buccal, n’a jamais que des soies limbées dorsales et pas de crochets ventraux.Ceux-ci apparaissent au 2°° segment. L’interversion des soies se produit au 1° segment abdominal. Le nombre des segments abdominaux dépend de la longueur de l’animal. Ceux de l'extrémité du corps sont très serrés et beaucoup moins hauts que les autres.

Les soies thoraciques sont limbées, les supérieures plus longues (fig. 279), à limbe plus étroit ; les inférieures plus courtes et à limbe un peu plus large. Les crochets aviculaires du thorax sont accompagnés chacun d’une soie en pioche (fig. 280) qui manque aux crochets aviculaires de l'abdomen moins forts et moins nombreux que les crochets thoraciques. Les soies abdominales sont limbées el semblables aux soies limbées les plus courtes du thorax ; à un certain nombre de segments dans le dernier tiers du corps, il apparaît en général 2 ou 3 soies si faiblement limbées qu'on peut presque les dire capillaires, rappelant celles de cette partie du corps chez les Serpules. Les soies lhoraciques et abdominales ne sont pas accompagnées d’acicules et il en est ainsi dans toute la famille des Serpuliens. Quand les crochets sont en voie de formation, la pointe apparaît d’abord, puis le veriex et la base ne se dessinent que plus tard. Vu de face, le vertex est couvert d'un pavé de petils denticules, comme celui que je figure pour les crochets de Potamilla reniformis (pl. XI, fig. 298).

Les rames séligères et les lores uncinigères sont entourés d’un tissu glandulaire formé de cellules en massue plus grandes que celles des écussons ventraux.

Le plus pelit exemplaire que j'observe a 14 millimètres de long, dont un tiers pour les branchies au nombre de 10 de chaque côté, 8 segments thoraciques avec 12 crochets ventraux et leurs soies en pioche, 70 segments abdominaux

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avec une tache brune de chaque côté entre les 2 rames (1) et 2 à 4 crochets dorsaux seulement. Le plus long exemplaire que je rencontre mesure 50 centimètres de long sur 1 centimètre de large et compte 16 segments thoraciques avec 34 soies limbées et 65 crochets et 614 segments abdominaux avec 15 soies limbées et 40 à 50 crochets. Les branchies de cet exemplaire qui sont régénérées n’ont que 2 centimètres de long (2); le sillon copragogue ventral s’arrête avant le 2*° segment thoracique. |

Entre ces deux exemplaires crane jen elfe un de 21 millimètres et 88 segments, dont 8 thoraciques ; les branchies au nombre de 22 en tout mesurent 5 millimètres, dont 0"*,24 pour la partie nue terminale ; les barbules ont 0°,90 et les palpes 1*°,60. Un autre de 7 centimètres, dont 2 centimètres pour les branchies, a 8 segments thoraciques et 126 abdominaux et des palpes de 13 millimètres de long. Un 3° de 20 centimètres et 286 segments, dont 8 thoraciques, a de chaque côté 25 branchies longues de 45 millimètres. Un 4°° de 37 centimètres sur 4°°,5 de large, compte 402 segments en tout, dont 6 thoraciques. Enfin un dernier, qui a encore 27 centimètres de long dans l'alcool sur 8 millimètres de large et dont les branchies ns oi. a 432 segments dont 13 thoraciques.

La tête, plus distincte que chez d° autres espèces de Sabellides, est entourée d’une collerette quadrilobée dont les bords sont en général teintés de brun vineux. Celle collerette consisle en 2 lobes latéraux minces, peu importants, arrondis, très largement béants du côté du dos qu'ils laissent à découvert (fig. 281, &), et en 2 lobes ventraux (fig. 282, à) beaucoup plus développés et plus épais, qui, très rapprochés l’un de l’autre sur la ligne ventrale, ont leurs bords rabattus sur le ventre et leur base fusionnée avec le 1° écusson ventral,

(4) On retrouve aussi ces taches pigmentaires chez la plupart des adultes, mais moins nettes. |

(2) Dalyell (loc. cit., p. 225 et pl. XXX, fig. 4, 9, 10, 11) donne des détails intéressants sur la régénération des branchies et la construction du tube.

dont le tissu composé de cellules glandulaires comme celui des autres écussons est parcouru par de nombreux vaisseaux.

À l’intérieur de la collerette 2 gros bourrelets de tissu conjonctif et musculaire que Claparède appelle bourrelets cervicaux entourent eux-mêmes les 2 lobes branchiaux dont les 2 bases cartilagineuses se soudent l’une à l’autre du côté dorsal par une étroite bande cartilagineuse cachée sous la peau et qui n'existe pas du côlé ventral. De la base cartilagineuse sortent les branchies peu caduques au nombre de 10 à 32 dans chaque lobe selon la taille des exemplaires. Elles atteignent 5 centimètres de long au plus et sont unies par une membrane palmaire qui n’a guère que le 16"*de leur hauteur (en général 3 millimètres) et qui est ciliée à la surface tournée vers la bouche. Elles sont d’un blanc légèrement jaunâtre, ponctuées au dos, selon les exemplaires, de 5 à 17 taches d’un brun vineux formant des zones concentriques et dont la 1* apparaît à l'endroit où cesse la membrane palmaire. En général la 1" branchie dorsale de chaque côté est d’un brun vineux; quelquefois les barbules des autres branchies sont de celte couleur au lieu d’être blanches ; mais dans ce cas le dos de la branchie reste blanchâtre avec les taches brunes. Plus rarement les branchies sont toutes de couleur orangée foncée, toujours avec des taches brunes au dos. Les barbules, courtes {1**,5 de long par exemple pour des branchies de 45 millimètres), très nombreuses (380 paires pour une branchie de 4 centimètres de long), sont disposées en double rangée du côté intérieur de la branchie dont une très petite portion à l'extrémité supérieure reste nue. À { millimètre environ au-dessous de la membrane palmaire, devenues beaucoup plus courtes, elles disparaissent et sont remplacées par une membrane flottante ciliée, dressée sur le bord dorsal de la branchie qu'elle suit jusqu’à sa base pour se recourber en U ‘et remonter sur le bord ventral de la branchie suivante et ainsi de suite. C’est ce que M. Soulier appelle les bourrelets branchiaux. Il y a donc là un appareil

vibratile puissant formant un canal de 2 millimètres de long, ANN. SC. NAT. ZOOL. XVII, 18

as . DE SAINT-JOSEPH,

terminé en cul-de-sac, ouvert sur une face, bordé latéralement par les 2 bourrelets branchiaux et dont le fond est tapissé par la membrane palmaire ciliée (fig. 286).

Vues de côté et par transparence, les branchies offrent 2 rangées de cellules cartilagineuses (1) ; mais en faisant des coupes transversales, on en découvre 4 (fig. 283). Les barbules ont un axe d’une seule cellule cartilagineuse: Les branchies, comme les barbules, ont sur leur face interne tournée vers la bouche une rainure garnie de cils vibraliles.

L'histologie de ces organes et des palpes a été traitée en détail dans le travail très complet de M. Viallanes, qui a constaté le premier la lacune où circule le liquide cavitaire dans les branchies et les barbules, et où baigne le vaisseau.

Au-dessous de chacun des deux lobes branchiaux du côté dorsal, il ya un mamelon coloré en brun vineux (fig. 281, a) non recouvert par les lobes latéraux de la colleretle et qui me paraît être un organe de soutien des branchiés (2).

Entre les deux lobes ventraux de la collerette et au-dessus d'eux débouche un sillon cilié qui, passant entre les deux lobes branchiaux, parvient Jusqu'à la bouche également eiliée. Il est dominé et bordé de chaque côlé par les deux lèvres inférieures ou ventrales, replis membraneux ciliés d'abord très minces, teintés de brun violet à la base, puis se gonflant en deux ampoules simulant deux folioles presque triangu-

(1) Krükenberg {Zur Kenntniss der organischen Bestandtheile der thierischen Gerüstsubstanzen : die Gerüste der Würmer, dans : Vergleichende physiologische Studien, 11 Reihe, I" Abtheilung, Heidelberg, 1882, p. 52) trouve que ces cellules ne sont comparables aux cellules carlilagineuses des Vertébrés qu’au point de vue histologique, mais qu'en réalité elles sont formées de peurs substances semblables à l’albumine.

(2) Voir sur ces organes : Meyer, Studien über den ee der Annel: (Mitth. aus der zool. Stat. zù Neapel, t. VIT, 1888, p. 477). — Pour toutes les considérations générales sur la structure des Serpuliens, consulter surtout cet important Mémoire, et Claparède : Recherches sur la structure des Annél. sédentaires (Mém. de la Soc. de phys. et d'hist. nat. de Genève, t. XXII, 1873); pour ce qui a rapport spécialement au système nerveux : Pruvot, Syst, nerv. des Annél. polych. (Arch. de zool. expér., 2e série, t. III, 1885, p. 342 à 322) ; pour ce qui concerne les branchies et les opercules : Orley, Die Kiemen der Serpulaceen (Mitth. aus der zool. Stat. zu Neapel, t. V, Are et Viallanes, loc. cit.

Jaires de 2 millimètres de haut qui se dressent entre les deux lobes ventraux de la collerette et les 2 lobes branchiaux auxquels elles sont extérieures, surtout chez les animaux conservés à l'alcool (fig. 282, c) (1). Après avoir formé les 2 ampoules, les lèvres ventrales parallèles, s'enfonçant entre les 2 lobes branchiaux, se dirigent vers la bouche qu’elles embrassent dans un V dont les deux branches se prolongent du côté dorsal presque jusqu'à toucher la lèvre dorsale dont il sera question plusloin. Alors elles se recourbent en arrière, formant une sorte de voile à base teintée de brun violet, qui traverse obliquement l’espace laissé libre sur la tête entre la bouche ét la base de chacun des deux lobes branchiaux. C’est à la base de la 8°, 9%, 10°, 11*° ou 12° branchie de chaque lobe à partir du dos qu’elles viennent se fixer pour suivre la base de ces lobes au-dessous des bourrelets branchiaux en se dirigeant vers le ventre et se terminer à la {°° branche ventrale de chaque côté.

. La lèvre supérieure ou dorsale (fig. 281, ee), ciliée du côté qui est tourné vers la bouche, consiste en un voile membraneux mince, incolore, haut de 2 millimètres environ, tendu entre la 1* branchie dorsale de gauche et celle de droite, s’élevant en avant de la bouche du côté dorsal, la séparant du dos, et placé en regard des 2 lèvres ventrales. Comme l’a remarqué M. Soulier pour la Sabella Viola (2), la lèvre dorsale est plus longue que l’espace compris entre les 2 branchies dorsales qu’elle relie ; il en résulte des courbures tantôt dans un sens tantôt dans l’autre ; mais en général la convexité est tournée du côté qui regarde la bouche. Non loin de chacune des deux 1"* branchies dorsales, la lèvre dorsale se prolonge de chaque côté en un palpe, à base large et triangulaire, atteignant un peu plus du tiers de la longueur des branchies, et se terminant en une longue pointe fili- (4) M. Soulier (Études sur quelques points de l'anatomie des Annél. tubic. de la région de Cette, in-8, 1891, pl. X, fig. 17) donne pour la Sabella Viola Gr. uñe figure de l’entonnoir branchial qui répond assez bien à la disposition

des F2 ventrales et dorsale chez la S. pavonina, (2) Loc. cit., p. 104,

forme (fig. 281, /). Les parois des palpes (fig. 287) consistent en grosses cellules alvéolaires; ils renferment un vaisseau longitudinal, maintenu en place par 2 ligaments, un périchondre beaucoup plus épais que celui des filaments branchiaux où est logé un axe d’une seule cellule cartilagineuse de forme un peu irrégulière, et enfin une vaste lacune où circule le liquide cavitaire qui baigne le vaisseau. Les palpes sont bordés de chaque côté par une membrane creuse intérieurement où pénètre le liquide cavitaire circulant dans le palpe (fig. 287,/f). Ces deux membranes couvertes de cils vibratiles sur leur face intérieure, forment avec la paroi du palpe qu’elles dominent de chaque côté, et qui est ellemême ciliée, un canalicule dont tous les cils ont leur mouvement dirigé vers la pointe du palpe. LUE

Entre les 2 palpes et au-dessous de leur base, il y a du clé qui regarde le dos une D er frontale ie 281, 9) qui simule un orifice.

La bouche enfoncée profondément est etats é lhtérâlement par la base des branchies dorsales 2 à 7-11, du côté ventral par le À des lèvres inférieures, et du côté dbreu par la lèvre supérieure dont une portion en général convexe rentre presque dans le À de la lèvre inférieure. D'après ce qui précède. on voit de combien d'appareils vibratiles elle est entourée : branchies. et barbules avec leur rainure ciliée, membrane palmaire, bourrelets branchiaux, lèvres ventrales, lèvre dorsale avec les deux palpes. Les cils vibratiles qui les garnissent ne sont pas tous dirigés dans le même sens'et M. Soulier a étudié en détail le rôle qu’ils jouent soit pour éloigner de la bouche les corps étrangers nuisibles, soit Le à y apporter la nourriture.

Les parois du corps sont formées par la cuticule, Poe derme et lesystème musculaire. La cuticule (fig. 284, a)et l’épiderme (hypoderme des auteurs) (b) ont été décrits en grand détail par M. Soulier (1) pour plusieurs Sabellides, et ce qu'il

(4) Loc, cit., p. 180 à 240.

en dit me paraît s'appliquer à la S. pavonina. Quant au système musculaire il se compose : 1° d’une couche circulaire assez mince (c) constituant une véritable gaine ; 2° de 4 gros faisceaux longitudinaux (d et g), dont 2 dorsaux se touchant presque au milieu du dos et 2 ventraux séparés par la chaîne nerveuse ventrale. Ces faisceaux présentent sur les coupes une forme vaguement pennée. Dans l’espace laissé libre de chaque côté du corps par ces 4 faisceaux viennent s'insérer, sur la couche circulaire, des muscles obliques (s) rayonnant de la base des soies limbées et servant à les faire rentrer en partie dans le corps ou à les en faire sortir. | | |

A la bouche fait suite un œsophage court, puis l'intestin qui, étant étranglé à chaque dissépiment, paraît moniliforme. 1l est tapissé intérieurement d’un épithélium très épais surtout dans la région thoracique formant de gros plis tout autour du tube intestinal. Ces plis sont moins marqués dans la région abdominale où l'intestin, tout en étant étranglé à chaque dissépiment, devient spiralé (1) pour déboucher à l'extrémité inférieure du corps par un anus cilié. Dans la partie abdominale il est rempli de vase, de spicules d’éponges, de Diatomées et de Foraminifères. Il est maintenu en place par un ligament mésentérique dorsal et un ventral (fig.284, //).

Entre l'intestin et la paroi du corps sont placés dans tout le thorax de chaque côté les organes excréteurs thoraciques. Ces organes volumineux consistent chacun en deux longs sacs enchevêtrés, accolés l’un à l’autre, terminés en cæcums à leur extrémité inférieure, dont l’un, le plus rapproché du ventre, est plus lisse à la surface et de couleur plus claire, et l’autre, d’un brun très foncé et à surface bosselée, envoie dans chaque segment, dans la direction du dos, une sorte de plaque plurilobée creuse intérieurement. Il y a souvent dans ce dernier sac de nombreuses vésicules excrétoires d'un diamètre de

(1) Cette disposition de l'intestin explique comment quelquefois sur la même coupe on voit un intestin double.

0**,016 remplies de granulations brunes. Je crois comme Claparède (1) et Meyer (2) pour le Spirographis Spallanzani et comme Brunotie (3) pour le Branchiomma de l’étang de Thau que les sacs les plus clairs s'ouvrent chacun dans la cavité du 1° segment, par un pavillon vibratile. Quant aux sacs les plus bruns, ils se terminent chacun par une branche qui, contournant le faisceau musculaire longitudinal dorsal et passant entre ce faisceau et la paroi du corps, se dirige vers le dos, où elle rejoint la branche correspondante de l’autre sacpour ne plus former qu’un canal unique, court, de 0"",084 de diamètre, qui débouche au-dessus des deux soutiens de branchies sur la ligne médiane du dos, au-dessous des deux demi-cercies branchiaux (fig. 281, c). Ce canal commun, déjà observé par M. Pruvot (4) chez la Sabella pavonina, Va été aussi par Langerhans chez la Potamilla Stichophthalmos Gr. (5) et l’'Euchone rosea Lang. (6), par Haswell chez la Sabella velata Hasw. (7), par Meyer (8).et Soulier chez le Spirographis Spallanzani NViv., par Brunotte (9) et Soulier chez le Branchiomma de l'étang de Thau, etenfin par Soulier chez la Sabella Viola Gr. On peut donc dire que Claparède le refusait à tort aux Sabellides pour ne l’accorder qu’aux Serpulides etaux Ériographides, et que sa classification detoute lafamille des Serpuliens, fondée sur la présence oul’absence de ce canal commun, est inexacte. Ilétait d'avis que les tubes excréteurs débouchaient de chaque côté du corps à la base du 4° pied

(4) Recherches sur la structure des Annélides sédentaires (Mém. de la Soc. de phys. et d’hist. nat. de Genève, t. XXII, 1873, in-k, p. 133).

(2) Studien über den Kôrperbau der Annel. (Mitth. aus der zool. Stat. Neapel, t. VII, 1887, p. 716).

(3) Recherches anatomiques sur une espèce du genre Branchiomma. Nat 1888, in-4, p. 60.

(4) Loc. cit., p. 313.

(5) Die Wur mfauna von Madeira (Zeits. für Wiss. Zool., t. XL, 1884, p. 267).

(6) Ibid., p. 271, et pl. XVL, fig. 35, b.

(7) The marine Mhnelils of he order Serpulea. Re observations on their anatomy, with the characteristies of the Australian species (Proceed. Linn. Soc. New South Wales, t. IX, 1885, p. 657).

(8) Loc. cit., p. 718.

(9) Loc. cit., p. 60.

thoracique. Il y a là une erreur dont Chigi (1) explique la cause d’une manière qui me paraît d'autant plus plausible que

j'en ai fait l'expérience. Le tube forme une anse qui, passant tout près de la paroi du corps, est atteinte dans les coupes, et il semble alors qu'il yait une ouverture débouchant à la base du pied. Meyer (2) donne l’histologie détaillée des organes thoraciques à propos du Sirographis Spallanzanu. Claparède croyait que c'élaient des glandes tubipares et la plupart des auteurs (Bourne, Langerhans, Haswell, etc.) l'ont admis après lui. Mais je suis de l’avis de Cosmovici, Brunotte, Meyer et Chigi, qui les regardent comme des organes excréleurs (3). La confection du tube me semble être dévolue aux glandes si nombreuses des écussons ventraux, et au issu glandulaire qui entoure les rames sétigères et les tores uncinigères. L’intestin (fig. 284, g)est renfermé dans un sinus sanguin (p) qui se prolonge en avant par un court vaisseau dorsal occupant seulement la partie inférieure du 1° segment et débouchant dans un riche plexus péricervical et périæsophagien placé dans le 1° segment fusionné avec le segment buccal. Ce plexus continue dans le 2*° segment et on en trouve encore des traces dans le 3°°. [ls’en détache: 1° dans

(1) Chigi, Organi escretori e glandole tubipare delle Serpulacee. Foligno, 4 vol. gr. in-8, 1891, p. 34, et pl. IT, fig. 4.

(2) Studien über den Korperbau der Annel. (Mitth. aus der zool. Stat. zu Neayel, 1r° partie, t. VII, 1887, p. 725).

(3) En retranchant la partie antérieure du corps et par conséquent les organes thoraciques chez la Myxicola modesta Qfg., Cosmovici (Glandes génitales et organes segmentaires des Annélides polychètes. Arch. de zool. expér.,t. VIII, 14879 et 1880, p. 330) avait constaté le premier que la partie postérieure de l’animal se fabriquait un tube. Il en avait conclu avec raison que le mucus nécessaire était fourni par les glandes de la peau et non par Les organes thoraciques comme le croyait Claparède. M. Brunotte (loc. cit., p. 9 et 10) arriva au même résultat pour Sabella, Leptochone, Spirographis et Branchiomma, etM. Soulier, à la même époque et depuis(Comptesrendus du 13 février 1888, p. 505, et loc. cit. passim, 1891) donna de nombreuses preuves à l'appui de cette opinion, qui est partagée aussi par Meyer (Studien über den Kôürperbau der Annel.,2%e partie. Mitth. aus der z0o1. Stat. zu Neapel, t. VIII, 1888, p. 581) et par Chigi (Organi escretori e glandole tubipare delle Serpulacee, Foligno, 4 vol. gr. in-8, et 15 pl., 1890); ce dernier auteur fait cependant une réserve en accordant un rôle ancestral aux organes thoraciques dans la confection du tube. | |

le 1* segment deux gros vaisseaux branchiaux {un pour chaque lobe branchial) envoyant dans chacune des branchies un vaisseau aveugle qui fournit un ramuscule aveugle à chaque barbule branchiale ; 2° dans le 2*° segment deux vaisseaux se dirigeant du côté du ventre et se ramifiant dans les deux lobes ventraux de la collerelte et les lèvres inférieures ; 3° c'est enfin de ce plexus que part le vaisseau ventral qui commence à la limite du 1* et du 2°° ou du 2° et du 3” segment, comme on peut le constaier sur les coupes. Le vaisseau ventral (fig. 284, m), placé entre l'inteslin et la chaîne nerveuse, logé dans le ligament mésentérique ventral, se continue Jusqu'à l'extrémité inférieure du corps. Lorsqu'on ouvre l'animal parle dos et qu’on écarte l'intestin, 1l se dessine en noir, comme les deux branches en S qui s’en détachent à chaque dissépiment. Cette coloration est due à deux bandeleties de cellules chloragogènes (1) appliquées de chaque côté des vaisseaux sans les entourer complètement. Les deux branches latérales du vaisseau ventral (284, n) ne sont ainsi colorées que dans leur partie sinueuse ; elles se dirigent ensuite vers les pieds en suivant le bord du faisceau musculaire longitudinal ventral (284, 4) tourné vers la cavité du corps et en envoyant tout le long de leur trajet dans l'intérieur de ce faisceau des ramuscules qui le traversent pour aller former un riche réseau sanguin dans le tissu glandulaire des écussons ventraux placé au-dessous (284, 2). Avant de pénélrer dans les pieds, ils se réunissent à un rameau descendant du vaisseau latéral. |

De chaque côté du corps il y a un vaisseau latéral longitudinal (fig. 284, o) placé entre les pieds et la ligne médiane dorsale et adossé au bord du faisceau musculaire longitudinal dorsal (284, d) tourné vers la cavité du corps. Ces vaisseaux me paraissent se détacher du plexus périæsopha-

(4) Voir sur les cellules chloragogènes qui semblent remplir des fonctions excrétoires : Claparède, Hist. Unters. über den Regenwurm (Zeits. für Wiss. Zool., t. XIX, 1869, p. 615), et Structure des Annél. sédent., p. 94. — Küken-

thal : Ueber die lymphoiden Zellen der Annel. (lenaische Zeits. für Naturw., t. XVIII, 1885). — Eisig, Die Capitelliden, in-fol., 1887, p. #40.

gien à la limite du 2° et du 3°° segmentsans que Je puisse distinguer nettement leur point de départ. Moins développés dans la région thoracique, ils deviennent plus gros dans la région abdominale où, dans chaque segment, il s’en délache 3 rameaux principaux : le 1* se jette dans le sinus périviscéral ; le 2*° se dirigeant vers le dos, où 1l s'arrête avant le ligament mésentérique sans se réunir à son congénère qui vient de l’autre vaisseau latéral, court le long du bord du faisceau musculaire dorsal et projette des ramuscules d’un côté dans l'intérieur de ce faisceau, del’autre dans la cavité du corps où ils flottent aveugles ; le 3*° placé de même et se ramifiant de même, se dirige au contraire vers le pied et, avant d'y pénétrer, se réunit, comme nous l'avons dit, à la branche latérale du vaisseau ventral. Il forme dans les deux rames du pied un réseau sanguin avec de nombreux cæcums. On voit, d'après ce qui précède, à quel point ce système circulatoire, comme du reste dans toute la famille des Serpuliens, est riche en vaisseaux aveugles qui servent très probablement à la propulsion du sang ; cependant je n’y ai pas observé les pulsations qui sont si nettes dans les cæcums des pieds chez les Hétéronéréides.

Le sang, comme chez les aulres Serpuliens, est vert ou plutôt dichroïque ; car lorsqu'il yen à une certaine épaisseur il paraît rouge. Ainsi en ouvrant un animal vivant, le sang est rouge dans certains endroits du sinus intestinal et verl.dans d’autres, rouge dans le vaisseau ventral et vert dans les petits vaisseaux en cæcum. Dans l'alcool, où il se coagule, il est rouge. Ray Lankestier (1) ya constaté la présence d’une substance colorante qu'il appelle cklorocruorine (2).

Le cerveau et les deux gros nerfs branchiaux se distinguent facilement lorsque l'animal vient d'être tué, parce qu'ils sont colorés en .orangé ; la chaîne ventrale double, en échelle,

(1) Preliminary note of some observations with the spectroscope on animal substance (Journal of anat. and physiol., t. Il, 1868, p. 115).

: (2) Voir Griffith : Sur la composition de la chlorocruorine (Comptes rendus,

30 mai 1892, p. 1177). — On the blood ” Invertebrates ŒEn oceed. of the Roy. Soc. of Edinburgh, t. XIX, 1892, p. paul

s’observe aussi à la loupe lorsque après avoir ouvert le corps par le dos, on a écarté l’intestin et le HA ventral. Quant aux fibres tubulaires colossales (fig. 284, 2), on ne les voit bien que sur les coupes. Le cerveau pee peu près au niveau du pont cartilagineux qui réunit la base des deux lobes branchiaux du côté dorsal. Il se compose de deux petits ganglions situés entre le dos et l’œsophage et de deux gros ganglions placés de chaque côté de l'œsophage. Il se détache de chacun de ces derniers un gros nerf branchial, séparé du vaisseau branchial par le muscle branchial, et on distingue à leur surface supérieure un pelit cristallin qui est suivi d’une longue traînée de granules pigmentaires d’un brun rouge s'en fonçant dans l'épaisseur du ganglion. Ces deux gros ganglions enserrant l’œsophage et allant en s’effilant se dirigent du côté ventral, où ils sont réunis l’un à l’autre par une commissure transversale à l'extrémité antérieure du 1° segment séligère : ils se prolongent ensuite jusqu’à l’extrémité inférieure du corps en deux cordons nerveux (fig. 284, 7) qui, dans chaque segment, ont chacun un ganglion à la partie antérieure et à la partie postérieure du segment, soit 4ganglions en tout, réunis deux par deux par une commissure transversale. Les fibres tubulaires colossales (1) prennentnaïissance dans le cerveau et se prolongent jusqu’à la fin de l’abdomen; d’un faible diamètre à leur extrémité antérieure et postérieure, elles atteignent jusqu'à 0°*,12 de large au milieu du corps, et tout:ce qu'en dit Claparède (2) pour le Spirographis Spallanzanu peut s'appliquer ici, comme je l’ai vérifié sur les coupes (3). Je

(1) Elles ont été décrites pour la Sabella pavonina par Mc Intosh (Proceed. Roy. Soc. Edinb., 1877, in-8, p. 380), par M. Pruvot (loc. cit., p. 315; et pl. XVI, fig. 2t et 3 t),.et par. Cunningham : Some points in ihe andiomu of. Polychæta (Quart. Micr. Journal, t. XX VI, 1887, p. 271).

(2) Recherches sur la structure des Annél. sédent., p. 113-147.

(3) Outre Claparède (loc. cit.), on peut consulter surtout sur les res tubulaires colossalés des Annélides polychètes que Friedländer assimile aux tubes nerveux à myéline des Vertébrés, et qui sont plus développées chez les Serpuliens que dans aucune autre famillé, les ouvrages suivants : Mc Intosh, On the arrangement and relations of the great nerve-cords in the marine Annelids (Proceed. Roy. Soc. Edinb., in-8, 1877, p. 372-381). — Lan-

remarquerai seulement qu’elles traversent les ganglions sousœsophagiens presque à leur centre, tandis que dans l’abdomen elles sont situées extérieurement aux ganglions de la chaîne ventrale et plus rapprochées de la ligne médiane ventrale (fig. 284, £). Pour tousles autres détails qui concernent le système nerveux Je ne puis que Grid au mémoire de M. Pruvot.

Je n'ai pas observé de Sabella pavonina avec des spermatozoïdes ou des œufs complètement mûrs, mais seulement avec des éléments sexuels en voie de formation. Ces éléments, ovules ou plaques de zoospermes en voie de développement, qui ont une grande ressemblance à cet état, incolores, roses ou orangés, d’un diamètre de 0**,044 environ, naissent dans le tissu péritonéal, formant de chaque côté du corps deux amas (fig. 284, 2) au-dessous des dissépiments des segments abdominaux au niveau des pieds dans la cavité périviscérale où ils se psg après s'être détachés (fig. 284, r).

Les organes segmentaires abdominaux, très délicats et de petite taille, ne se découvrent bien que sur les coupes longitudinales (fig. 288). Le pavillon cilié en forme de large boutonnière, qui a un diamètre d’environ 0"",20, est accolé au-dessous de chaque dissépiment de chaque côté du corps (fig. 288, d). Un canal cilié court y faisant suite vient déboucher au- -dessous de la rame ventrale à soies limbées.

Je trouve 7 exemplaires, dont 2 de 17 el 1 de 25 centi-

gerhans, Die Wurmfauna von Madeira, ILI" Beitrag. (Zeits. für Wiss. Zool., t. XXXIV, 1880, p. 91). — Spengel, Oligognathus Bonelliæ (Mitth. aus cer 2001. Stat. zu Neapel, t. III, 1881, p. 39 et suiv.). — Rohde, Hist. Unters. über das: Nervensystem der Chætopoden (Schneider Zool. Britr., t. IL, 1887, p. 37 et suiv.). — Eisig, Die Capitelliden, in-fol. Berlin, 1887, p. 475 à 483, — Cunningham, Some points in the anatomy of Polychæta : neural canals (Quart. Micr. Journ., t. XX VIIL, 1887, p. 267-276, et pl. XIX, fig. 22-26). — Retzius, Ueber markhaltige Nervenfasern wirbelloser Thiere (Biologiske ‘forenings Fôrhanligar, Stockholm, 1889, t. I, p. 58). — Friedländer, Ueber die markhaltigen Nervenfasern und Neurochorde der Crustaceen und Anneliden (Mitth. aus der z0ol. Stat. zu Neapel, L. IX, 1889, p. 225-265 et pl VIII).

mètres n'ayant que des segments abdominaux, régénérant non pas seulement leurs branchies, mais la partie antérieure du corps. Chez tous, la région thoracique et probablement une portion de la région abdominale manque et la tête repousse sur le segment antérieur abdominal qui a les 2 écussons ventraux coupés par le sillon copragogue et de chaque côté des soies ventrales limbées et des CS dorsaux non accompagnés de soies en pioche. 1

Chez un de ces exemplaires qui a 9 centimètres dé long et 200 segments, les branchies, au nombre de 20 de chaque côté, n’atteignant encore que 1**°,68 de long, absolument filiformes et sans barbules, ont déjà leur axe cartilagineux et leur vaisseau branchial ; les crochets dorsaux du 1° segment, au nombre de 10, en voie de formation, manquent encore de base; la collerelte, à peu près formée du côté ventral, est en vole de formation côté dorsal, comme aussi les pièces de soutien des lobes branchiaux.

Chez les autres exemplaires, la collerette est cape mais encore très mince et beaucoup moins haute que chez un animal intact, et les branchies, avec leur axe de 4 cellules cartilagineuses et leur vaisseau branchial, accompagnées de 2 petits palpes, ont 6 millimètres de long. A la partie antérieure de la branchie, les barbules encore indistinctes paraissent sur le bord intérieur de la branchie comme des indentations dans chacune desquelles pénètre déjà une branche du vaisseau branchial:; plus bas ces barbules encore très courtes se découpent et deviennent indépendantes les unes des auires (fig. 285). Sur un de ces exemplaires long de 8 centimètres avec 170 segments, au niveau du pont cartilagineux qui réunit les 2 lobes branchiaux du côté dorsal, je constate qu’au 1° segment, qui est abdominal et sétigère, 11 y a un cerveau bilobé portant 2 yeux pigmentés de rouge ; du côté ventral existe la chaîne ventrale avec les 2 fibres tubulaires colossales, qui ne me paraît pas encore en communicalion avec le cerveau. L’intestin, qui a diminué de volume, se rétrécit pour former une bouche.

- Mers du Nord. Manche. Atlantique. Draguée à 1,326 mètres de profondeur pendant l'expédition du Porcupine (1).

Genre BISPIRA Krôyer (Distylia Ofg.) Char. auct.

Quatrefages, qui ne semble pas avoir eu connaissance du genre Pispira créé en quelques mols seulement par Krüyer (2), a établi pour les Sabellides à deux lobes branchiaux égaux en spirale le genre Distylia qui fait double emploi avec celui de Krüyer; mais sa diagnose est plus étendue et plus exacte. Je crois cependant qu'il faut y ajouter : crochets aviculaires accompagnés de soies en pioche aux tores de la région thoracique. Claparède (3) et Langcrhans (4) ont altribué au genre Bispira, le premier une rangée unique de crochets ventraux à long manubrium au thorax, le second une rangée unique de crochets aviculaires. L'erreur de Claparède vient de ce qu'il assimile à la Sabella volutacornis Mont. la S. volutacornis Rathke (5) qui a des crochets à long manubrium ; l’erreur de Langerhans a sans doute pour cause la description de la Distylia volutacornis (S. volutacornis Mont.) faite par Quatrefages, qui n'indique qu’une seule rangée de crochets aviculaires. La $S. volutacornis Ralhke, que du reste Rathke n’assimile qu'avec doute à celle de Montagu et que Grube en a séparée sous le nom de Sabella rubropunctata (6), est une Jasmineira. Quant à l'espèce de Montagu qui a servi à créer le genre, nous verrons qu'elle a bien des soies en pioche et des crochets aux tores thoraciques comme

(4) Ehlers, Beitr. zur Kennt. der Verticalverbreitung der Borstenw. im Meere (Zeits. für Wiss. Zool., t. XXV, 1874, p. 29).

(2) Bidrag til kundskab om Sabellerne især de Nordiske (K. Danske Vidensk. Selsk. forhand., 1856, Særskilt Aftryk, p. 13).

(3) Annélides du golfe de Naples, p. 429.

(4) Wurmfauna von Madeira (Zeits. für Wiss. Zool., t. XXXIV, 1880, p. 111). * (5) Beilräge zur Fauna Norwegens (Nova acta Acad. Leop. Carol. Natur.curios., t. XX, p. 223, et pl. XII, fig. 1-4).

(6) Beschr. neuer oder wenig bekannt. Annel. (Archiv für Naturg., 1846, p. 55). ; 1

Grube l'avait déjà constaté (1). La Bispira Mariæ Lo Bianco (2) ne semble pas, d’après la description de Lo Bianco, avoir de soies en pioche accompagnant les crochets aviculaires thoraciques. Dans ce cas il y aurait lieu de créer un genre nouveau pour cette espèce.

BISPIRA VOLUTACORNIS Mont. (3).

SABELLA VOLUTACORNIS Johnston, Catal, of britl. non parasit. Worms, p. 26%

DisTYLIA VOLUTACORNIS Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. II, p. 421, et pl. XX, fig. 5-1).

— — Grube, Bemerk. über Annel. des Pariser Museums (Archiv für

Naturg., 1810, p. 336).

2 A MPHITRITE JOSEPHINE Riss. Risso, Hist. nat. Europe mérid., t. IV, p. 410.

?SABELLA JosEPaiNÆ Grube, Beschr. neuer oder wenig bekannt. Annel. (Archiv für Naturg. 1846, p. 53, et pl. IL, fig. 6).

PI. XI, fig. 289-295.

Trouvée tous les ans sur la côte nord de Saint-Jacut-en face de l’île des Ehbiens, sous des rochers qui découvrent: à toutesles marées et dont le pied baigne dans des flaques d’eau.

Cette belle espèce, bien figurée par Quatrefages, vivant en général en colonies, se construit un tube semblable à celui de la Sabella pavonina, près de deux fois plus long que l'animal qu’il renferme ; sur plusieurs j'observe des À mathia lendigeraL. L’extrémité inférieure du tube n’est pas recouverte de vase grisâtre solidifiée comme le reste du iube; incolore et un peu transparente, elle consiste en plusieurs couches de mucine sécrétée par l’animal et agglutinée aux rochers. Souvent les jeunes font et appliquent leurs tubes minces contre les tubes plus gros des adulles.

Le corps presque rond, un peu aplati du côté ventral, est d’un brun violacé, mais le plus souvent le dos est coloré en

(1) Bemerk. über Annel. des Pariser Museums (Archiv für Naturg., 1870, * (2) Fs Bianco, Gli Annel. tubicoli del golfo di Napoli (Atti dell’ Accad. delle scienze di Napoli, 2%° série, t. V, 1893, p. 75 ; pl. I, fig. 2, et pl. Ill, fig. 7, 8, 13). (3) Sabella volutacornis Montagu, Description of several new and rare animals principally marine found on the south coast of Devonshire (Trans. of the Linnean Soc., t. VIIT, p. 80, et pl. VIL, fig. 10).

gris. Les écussons ventraux, très neltement marqués, sont divisés en deux par un sillon copragogue qui, partant de l’extrémilé inférieure du corps, s'arrêle quelquefois avant le 2*° segment abdominal, presque toujours avant le 1° abdominal et très rarement avant le dernier thoracique, pour passer du côlé dorsal dans la région thoracique où il n’est que faiblement indiqué. Il n’empiète jamais sur les écussons ventraux thoraciques comme nous avons vu quil arrive si souvent chez la S. pavonina. Ces écussons et le 1° écusson abdominal, quelquefois même le 2°, sont donc entiers. IL y a souvent quelques taches brunes au segment anal et dans la moitié inférieure de l'abdomen, entre le faisceau des soies ventrales et les tores uncinigères dorsaux. Les plus longs exemplaires atteignent (branchies non comprises) 13 centimètres de long sur 1 centimètre de large. Les exemplaires de 7 centimètres de Iong sont assez communs ; ils ont 8 millimètres de large et des branchies de 3 centimètres de long. Les segments abdominaux sont au nombre de 80 à 92, auxquels il faut ajouter les segments thoraciques variant de 5 à 11 sans qu'il soit possible d'attribuer ces écarts à des différences d'âge ou de taille. Ainsi un exemplaire de 7 millimètres et un de 20 millimètres ont 9 segments thoraciques, un de 11 centimètres n’en a que 6 et un autre de 13 centimètres n'en a que 8; un exemplaire de 42 millimètres en a 6, un de 70 millimètres en a 10, et trois autres, l’un de 40 millimètres, l’autre de 60 millimètres et le 3*°de80 millimètres, en ont 11 ; le nombre le plus ordinaire est 8 ou 9. Je trouve une seule fois un exemplaire de 6 centimètres avec 5 segments thoraciques seulement. Outre ces variations dans le nombre des segments thoraciques chez des exemplaires différents, il arrive très fréquemment, comme chez la Sabella pavonina, que le nombre des segments thoraciques n’est pas pareil de chaque côté du corps dans le même animal : ainsi 7 à gauche et 8 à droite (l'animal étant vu du côté ventral), 8 à gauche et 7 ou 9 à droite, 9 à gauche et 8 ou 10 à droite, 11 à gauche et 10 à droite, avec

1 seul segment d'écart ; 7 à gauche et 9 à droite, 9 à gauche el 7 à droite avec 2 segments d'écart. Dans le 1* cas, ou bien le 1* segment thoracique sétigère sans crochets du côté le plus pauvre répond à 2 segments de l’autre côté, l’un sétigère sans crochels, le 2*° séligère avec crochets, ou bien le dernier segment thoracique est thoracique du côté qui est le plus riche, et alors de l’autre côté il y a un segment abdominal, c’est-à-dire avec soies ventrales et crochets dorsaux, ou bien enfin du côté qui est le plus pauvre, plusieurs pieds sont plus écartés que ceux de l’autre côté, de manière à compenser l’espace occupé de ce côté opposé par le segment surnuméraire. Dans le 2** cas, beaucoup plus rare, quand il y a 7 segments à gauche et9à droite, le 1* de gauche répond aux {rois 1° de droite, et quand il y a 9 segments à gauche et 7 à droite, le 1° de droite répond aux deux 1°" de gauche, et le 3"° de droite répond aux 4° et 5"° de gauche (fig. 292). On voit que pour ces variations de nombre dans le même animal, pas plus que pour celles entre animaux différents, on ne peut établir de règle générale. Elles sont trop communes (par exemple 6 cas observés sur 13 individus de 6 à 11 centimètres) pour être considérées comme des monstruosités. La croissance est probablement inégale tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, et c’est seulement lorsqu'elle est terminée que le nombre dus segments thoraciques est égal des deux côtés.

Le 1* segment thoracique séligère est fusionné avec le segment buccal. Il a, comme les segments 2, 3 et 4, des soies dorsales limbées d'un jaune doré, dont les supérieures plus longues avec un limbe un peu moins large que les inférieures, qui sont plus courtes; au 5*° segment el aux segments thoraciques suivants, ces dernières sont remplacées par des soies caractéristiques en cimeterre (fig. 289), plates etnonlimbées, couvertes, vers leur extrémité, de stries très fines se coupant à angle droit. Les crochets aviculaires apparaissent au 2"° segment thoracique, accompagnés chacun d’une soie en pioche transparente (fig. 290); leur base est allongée et le verlex vu

de face se montre couvert d’une grande quantité de petites dents pointues, très fines, toutes de même grandeur (fig. 291). Sur un exemplaire de 13 centimètres, je compte au 6"° segment thoracique 60 soies dorsales limbées et 200 soies en cimeterre, et aux tores uncinigères 108 crochets aviculaires avec autant de soies en pioche, sur un exemplaire de 8 cenlimètres, 140 crochets au 2°° segment séligère.

Aux segments abdominaux, où l’interversion se produit, les soies devenues ventrales ont un limbe un peu plus large qu’au thorax, avec une pointe très fine; il n'y a plus de soies en cimeterre, et vers la dernière moitié de l'abdomen il s'y joint des soies presque capillaires comme chez la S. pavonina. Les crochets aviculaires ventraux sans soies en pioche ont le vertex semblable à ceux du thorax, mais la base plus massive et plus courte. Sur l’'exemplaire de 13 centimètres déjà cité, 1ly a au 40° segment abdominal 28 soies limbées avec 10 soies capillaires venirales et 60 crochets aviculaires dorsaux. Chez un exemplaire vu du côté ventral, les 34*° et 35° segments abdominaux de gauche répondent au 34°° de droite; chez un autre, le 58% et le 59° de gauche répondent au 58° de droite qui est déjà dédoublé sur la moitié de sa largeur à partir de l’'écusson ventral, mais le dédoublement ne va pas plus loin et il n’y a qu'un seul mamelon sétigère ventral et un seul tore uncinigère dorsal (fig. 293). C’est une asymétrie qui rappelle celles qui sont si fréquentes aux segments thoraciques.

La tête, moins saillante que chez la S. pavonina, est entourée d’une collerette quadrilobée d’un violet foncé, couleur de pensée, bordée de blanc, très largement ouverte du côté dorsal, avec deux lobes latéraux rabattus cachant presque le 1° faisceau de soies ; du côté ventralles deux lobes ventraux, très rapprochés l’un de l’autre, sont repliés sur le ventre et masquent à peu près le 1* écusson.

De chaque côlé de la tête, entre la coMbretie el la bouche,

entourant Les lèvres et Les palpes, se dressent les deux A ANN. SC. NAT. ZOOL. | xvII, 19

basilaires branchiales cartilagineuses décrivant 2 tours de spire (1). Chacune de ces lames sert de support à des branchies au Pre de 47 à 80 selon les exemplaires, mesurant 3 à 4 centimètres de long chez les grands exemplaires, unies jusqu’au 10**° de leur hauteur environ par une membrane palmaire et garnies intérieurement d’une double rangée de barbules très nombreuses (300 paires au moins), faiblement colorées en vert par le sang, ayant 1°",50 à 2*°,50 de long, sauf aux deux extrémités de la banc où elles diminuent progressivement de longueur. Les bourrelets branchiaux, disposés comme chez la S. pavonina, n’ont que 4 millimètre de haut.

Les branchies, presque toujours blanches et parcourues par un vaisseau contenant du sang vert, sont quelquefois d'un brun violet; plusieurs d’entre elles, mais non toutes, portent de chaque côté du dos, à des hauteurs variables et disposées 2 par 2, 4 grosses taches pigmentaires d’un brun très foncé, recouvertes d’une membrane transparente épaisse (fig. 294, 6) et qui sont peut-être des yeux. Elles ont un axe de 4 cellules carlilagineuses (fig. 294,e), et les barbules un axe d’une seule cellule. Avant de se différencier complètement à leur sortie de la base cartilagineuse, les branchies sont séparées les unes des autres par un intervalle qui reste vide. OErley représente très bien cette disposition chez la Serpula contortuplicata (2), et la figure qu'il donne est applicable ici. — Chez un exemplaire qui régénère un de ses lobes branchiaux, il n’y a encore que 12 filaments branchiaux blancs, très minces, avec des barbules à peine indiquées, et les 4 taches dorsales encore très petites. |

La bouche, les lèvres ventrales et la lèvre dorsale sont disposées comme chez la Sabella pavonina, seulement les lèvres ventrales, dont les deux ampoules sont incolores, sont ici plus hautes, cachant entièrement les bourrelets branchiaux, et

(4) Contractées dans l'alcool, elles en décrivent quelquefois 3 ou &. ae ) OŒrley, Die Kiemen der Serpulaceen (Mitth. aus der zool. Stat. zu Neapel, PSDE. AÎT, Ho 0 Et 0 HS). 77

suivent la base des branchies jusqu’en haut des spires. À la lèvre dorsale, les 2 palpes sont plus larges à la base, moins filiformes, moins rigides, ne me semblant pas contenir de cellules cartilagineuses, et ne dépassent guère 6 millimètres de haul. |

Pour le canal digestif, les organes excréteurs thoraciques, Je système circulatoire et le système nerveux, je ne pourrais guère que répéter ce qui à été dit à propos de la Sabella pavonina. Je signalerai seulement les points suivants : les organes thoraciques occupent les cinq 1° segments thoraciques. Le vaisseau ventral, qui apparaît au 2"° segment sétigère (fig. 295, c), a aussi un revêtement de cellules chloragogènes, mais les branches latérales qui s’en détachent n’en ont pas et ne sont pas en S (9). Les fibres lubulaires colossales ont 0"*,12 de diamètre (e), et renferment un liquide orangé qui se coagule à l’un des bords; elles deviennent très distinctes au 1°” segment sétigère, au bas duquel commencent aussi les organes thoraciques. Il y a 2 gros yeux composés de granules pigmentaires rouges sur le cerveau. Les fibres musculaires dorsales et ventrales ont sur les coupes l'aspect penné. Les muscles transversaux des soies, larges et plats, sont très puissants.

Lorsqu'on la touche, la Pispira volutacornis a des contractions brusques comme les Myxicoles. Friedländer pense que ces mouvements, qui s'étendent à tous les segments, sont réglés par les fibres tubulaires colossales.

Les éléments sexuels n'apparaissent qu'à la fin de septembre. Les œufs ont 0**,10 de diamètre et les spermatozoïdes sont très petits. Ils sortent du corps par les pores des organes segmentaires qui s'ouvrent aux segments abdominaux à la base de la rame sétigère ventrale.

Le plus petit exemplaire que je rencontre a 7 millimètres de long sur 1*",20 de large, 9 segments thoraciques et 19 abdominaux, dont les 5 derniers ont des soies capillaires accompagnant les sotes limbées. Les branchies, peu nom-

breuses, n’ont pas de taches pigmentaires dorsales et décrivent une spire.

. Sur les branchies de la Bispira volutacornis, j'ai découvert en 1875 et 1876,4 exemplaires femelles d’un Copépode parasite, que j'avais décrit sous le nom de Bispiraphilus tenax, et je l’ai observé depuis cette époque plusieurs fois, fixé par sa 2*° paire d'antennes, son rostre et sa plaque ventrale peclinée sur le dos des branchies, l'extrémité du corps dirigée parallèlement aux barbules. Une fois j'en aï:trouvé 4 exemplaires sur les branchies de la même Bispira. Mon travail n'ayant pas été publié, a été devancé par ceux de Græffe et de List (1). Graeffe, en 1883, trouva ce même Copépode à Trieste sur les branchies d’un Sabellide qui paraît être la Bispira volutacornis Mont. et lui donna le nom de Gastrodelphys Clausi. List le décrivit plus tard d’une manière très complète. Ce parasite, qui n’a encore été observé qu'à Dinard et à Trieste sur des points bien éloignés l’un de l’autre, semble jusqu à présent propre à la PB. volutacornis. C’est un des exemples curieux du lien qui existe entre une espèce délerminée de Crustacé parasite et une espèce déterminée d'Annélide (2).

L’A mplhutrite Josephinæ Kisso (Sabella Josephinæ Gr.) ayant les deux branchies spiralées égales, ne doit pas être le Spérographis Spallanzani Viv., comme le pensaient Claparède et Grube, et rentre plutôt dans le genre Bispira, selon l’avis de Quatrefages. Peut-être est-ce la PB. volutacornis.

Manche. Méditerranée.

GENRE POTAMILLA Mer.

PoTaAMILLA RENIFORMIS. O.-F. Müll. (3).

SABELLA RENIFORMIS Leuckart, Zur. Kennt. der Fauna von Island (Archiv für Naturg., 1849, p. 183, et pl. IT, fig. 8).

— — Sars, Foredrag om de ved Norges kyster forek. arter af den

(4) Voir ci-dessus, p. 267, notes 2 et 3.

(2) Je me réserve de publier plus tard une courte notice sur le Gastrodelphys Clausii, où je signalerai quelques différences avec les descriptions de Græffe et de List. |

(3) Die nierenformige Amphitrite. O.F. Müller, Von Würmern des süssen und salzigen Wassers, Copenhague, 1771, in-4, p.194, et pl. XVI, fig. 1-3.

Linnéiske Annelideslægt Sabella (Forh. 1 Vidensk. Selsk. à Chrisliania, Aar 1861. Christiania, 1862, p. 123). SABELLA RENIFORMIS Lo Bianco, Gli Annel. lubic. del golfo di Napoli (loc. cil., p.67). — OCULIFERA Leidy. Leidy, Marine Invert. of Rhode Isl. and New Jersey (Journ. of Acad. of Natur. sc. of Philadelphia, 2e série, t. III, 1855, p. 145, et pl. XI, fig. 55-61). ? — ASPERSA Kr. Krôyer, Bidrag til Kundskab om Sabellerne (K. Danske Videns. Selsk. Forh., 1856, S. A., p. 19).

Ca OCULATA Kr. Krôüyer, Ibid., p. 22.

— SAXICOLA Gr. Grube, Ein Ausflug nach Triest und dem Quarnero. Berlin, in-8°, 1861, p. 151.

= SAXICAVA Qfg. Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. II, p. 437, et DE XV, fig. 1-1.

— — Mc Intosh, On the boring of certain Annelids (Ann. of nat. hist., 4me série, t. II, 1868, p. 286, et pl. XX, fig. 5-8). — — Grube, Bemerk. über Annel. des Pariser Museums (Archiv für Naturg., 1810, p. 349).

POTAMILLA RENIFORMIS Malmgren, Ann. polych., 1867, p. 222, et pl. XIV, fig. 71. — — Marion et Bobretzky, Annélides du golfe de Marseille (Ann. desise..nat.. 6m° série.st. Ll:,1815, p. 91, et pl. XI, fie. 22). — — Marion, Dragages au large de Marseille (Ann. des sc. nat., 6me série, t. VIII, 1878, p. 26, et pl. XVI, fig. 6). — — Langerhans, Die Wurmfauna von Madeira, IIIte" Beitrag (Zeits für Wiss. Zool., t. XXXIV, 1880, p. 112).

— — Levinsen, Syst. geogr. Oversigt over de Nord. Annul. (Vidensk. Meddels. Copenhague, 1884, p. 187 et 285).

— — Andrews, pose eyes of Annelids (Journal of Morphology, t. V, gr. in-8. Boston, 1891, p. 210 à 219, et pl. XX, fig. 1-14). — OCULIFERA Verr. Verrill, ME anim. of Vineyard Sound (U. S. Comm. of fish and fisheries, part. I. Washington, 1873, p. 32? et 617, et pl. XVIL, fig. 86).

2? — ToRTUOSA Webst. Webster, Annel. chætop. of the Virginian Coast (Trans. of the Albany Inst.,t. IX, 1879, p. 265).

PI. XI, fig. 296-298.

La Potamilla reniformis habite un tube corné transparent, recouvert cà et là de sable fin, qu'on rencontre soit sur la côte (plage des Bains de Dinard, Rocher-Vidé, Rochardien, Grosse-Roche, Gleglin), enchevêtré entre la surface des roches granitiques et les Cynthia glomerata qui y sont adhérentes, soit décrivant de nombreux méandres dans l’épaisseur des grosses coquilles d’huîtres draguées au fond de la mer et perforées par l'animal. Dans ce dernier cas, l’exirémité antérieure et libre du tube dépasse de 5 à 6 millimètres la surface de la coquille, et quelquefois les bords libres de l'entrée se rapprochent l’un de l’autre et se rabattent en se roulant en volute, comme le figure M. Watson (1).

(4) The protective device of an Annelid (Nature, 24 septembre 1891, p. 507, et 5 mai 1892, p. 7).

Le corps fragile, légèrement aplati, que je ne puis parvenir à relirer intact du tube brunâtre, coriace et contourné, est de couleur rouge uniforme, sauf dans la partie thoracique et au segment anal, où il s’y joint sur les côtés une coloration d’un brun foncé. Il est parcouru du côté ventral par un sillon copragogue bien distinct, qui passe du côté dorsal où 1l est moins net au segment thoracique précédant l’abdomen. Les plus grands exemplaires atteignent 8 centimètres de long sans les branchies sur 2°",10 de large dans la région thoracique, et 1*°,86 dans la région abdominale, sauf aux segments postérieurs, où le corps s’amincit sensiblement.

Les branchies colorées en brun vineux, très caduques, au nombre de 12 ou 15 de chaque côté, longues de 5 à 6 millimètres, parcourues par un Vaisseau vert, sont garnies intérieurement d’une double rangée de plus de 80 barbules ciliées, atteignant au plus 1"",30 de long avec axe d’une seule cellule cartilagineuse, et elles portent au dos 1, 2, 3, 4 ou 5 yeux composés bien figurés par Marion, tous placés sur la moitié inférieure de la branchie (1). Ces yeux manquent de chaque côté à la première branchie ventrale et aux 6 ou 7 premières branchies dorsales. De forme ronde et d’un diamètre de 0°*,08, recouverts par la cuticule de la branchie, ils renferment plus de 30 cristallins ovoïdes hauts de 0"*,022 (fig. 296) enchâssés dans une masse pigmentaire d’un brun foncé. En faisant une coupe transversale de la branchie, on voit que l'axe cartilagineux se compose de 2 cellules basilaires un peu plus grosses, entourées sur les côtés et en dessus par 6 autres plus petites (fig. 297). Les deux lobes branchiaux sont réunis du côté dorsal par une bande cartilagineuse qui est la continuation des lames basilaires.

Il ne me semble y avoir ni membrane palmaire n1 bourrelets branchiaux. À chaque lobe branchial, j'observe 2 palpes (4 en tout) ciliés, à large base, finissant en pointe, placés l’un derrière l’autre, celui qui est le plus rapproché du dos

(4) Andrews (loc. cit.) en donne l’histologie détaillée.

étant plus long et mesurant 1*",40, tandis que l’autre, plus court et à base plus large, n’atteint que 0"",85.

Deux lobes foliacés, en général colorés en brun comme le segment, sont appliqués contre la partie supérieure du 1°" segment thoracique du côté dorsal et dirigés vers la base des branchies ; ils semblent distincts de la collerette dont ils soni séparés par une fente (1). Ce sont ces organes que Brunotte (2) appelle lobes dorsaux et que Meyer (3) considère comme des pièces de soutien des branchies. La collerette, dont les bords plus ou moins sinueux ne sont pas fendus sur les côtés, est légèrement incisée du côté ventral et ses bords sont rabattus vers le ventre. |

La partie antérieure du corps comprend 9 à 12 segments thoraciques, dont le 1‘, fusionné avec le segment buccal, n’a que des soies dorsales limbées au nombre de 12. Les autres ont 6 à 7 soies limbées et 4 à 5 soies en spatule surmontées d'une pointe courte très fine (Mgr., oc. at., fig. 77, D‘), avec une quarantaine de crochets aviculaires ventraux à longue base, accompagnés d'autant de soies en pioche. Aux segments abdominaux, qui atteignent le nombre de plus de 200 chez les grands exemplaires, l’interversion se produit : les soies en spatule surmontées d'une longue pointe, bien représentées par Quatrefages (/oc. cit., pl. XV, fig. 6), au nombre de 5 à 6, deviennent ventrales et ne sont plus que d'une seule sorte tenant à la fois des soies limbées et des soies en spatule du thorax. Du côté dorsal, il y a environ 20 à 25 crochets aviculaires à base tronquée qui ne sont plus accompagnés de soies en pioche et qui, vus de face, offrent au-dessus de la grosse dent un nombre considérable de petits denticules qu’on retrouve du reste aussi aux crochets thoraciques (fig. 298). Mc Intosh (/oc. cit.) donne des figures exactes de toutes les soies. |

(1) Voir Malmgren, Ann. polych., pl. XIV, fig. 77 A. (2) Recherches anatomiques sur une espèce du genre Branchiomma, in-#4, 1888, Nancy, p. 4 et 28.

(3) Studien über den Kôrperbau der Annel. (Mitth. aus der zool. Stat. zu Neapel, t. VIII, 1888, p. 478).

Les œufs sont gris.

Un exemplaire qui régénère ses branchies en a 10 de chaque côté sans yeux avec barbules très courtes. Levinsen fait remarquer que les exemplaires de la Méditerranée ont des branchies plus longues et un nombre d’yeux plus considérable que ceux du Nord. Notre espèce rentrerait plutôt dans celle du Nord.

Je ne vois aucune différence entre les individus de la côte et ceux des dragages. Marion avait observé qu’au delà de 100 mètres de profondeur les branchies étaient plus pâles et les yeux en plus petit nombre.

Peut-être faut-il assimiler à la P. reniformis la P. tortuosa Webst. qui se creuse des galeries dans les coquilles, comme je: l'ai constaté à Dinard pour la P. reniformis.

À Saint-Jean-de-Luz, auprès de Sainte-Barbe, je trouve la P. reniformis (Sabella saxicava Qfg.) entre les feuillets des roches calcaires, habitant un tube corné très brun ou noir. La roche tout autour du tube est colorée en noir, ce qui semble indiquer qu'elle est attaquée par un acide que sécrète l'animal. Les plus longs exemplaires ont 12 centimètres, dont 1 centimètre pour les branchies, et 290 à 300 segments. Le corps est rose du côté dorsal et rouge vineux du côté ventral. Les branchies sont quelquefois d’un brun clair. Les yeux manquent de chaque côté à la 1" branchie dorsale et aux 6 où 7 premières branchies ventrales, ce qui est l’inverse de ce qu’on observe chez les exemplaires de Dinard.

Cette espèce a une aire fort étendue : Océan Glacial arctique, mers du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée.

Poramizza Torezzr Mgr. (1).

SABELLA (PoramiLLa) Torezu Langerhans, Die Wurmfauna von Madeira (Zeits. für Wiss. Zool., t. XXXIV, 1880, p. 112, et pl. V, fig. 26).

PoramiLza Torezcr Von Marenzeller, Südjapanische Annel. Ilt Theil. (Densk. der k. Akad. der Wiss. zu Wien, t. XLIX, in-4,S. A.,p. 14, et pl. IL, fig. 1).

(1) Malmgren, Nordiska hafs Annul. (Ofvers. af k. vet. Akad. Fôrh., 1865, p. 402). — Annul. polych. (Ibid., 1867, p. 222, et pl. XIV, fig. 76).

Poramizza Torezzr Me Intosh, Report on the Annelida polychæta collected by H. M.S. Challenger (Reports, etc., Zoology, t. XII, p. 484,et

pl. LIIT, fig. 2; pl. XXIX A, fig. 16-19).

— Lo Bianco, Gli Annel. tubic. del golfo di Napoli (loc. cit., p. 11).

PI. XI, fig. 299-302.

Trouvée quelquefois dans les dragages et deux fois sur la côte au Rocher-Vidé au milieu de Cynthia glomerata et à Grosse-Roche parmi des tubes de Pomatoceros triqueter. Habitant un tube transparent de consistance cornée recouvert en partie de sable, semblable à celui de la Potamilla reniformis. Les exemplaires des dragages qui se creusent des trous dans les vieilles coquilles d’huîtres sont de petite taille (6 à 13 millimètres sans les branchies) ; celui du Rocher-Vidé est plus grand, mais je n’ai pu en obtenir que la partie antérieure, longue de 2 centimètres.

Les caractères communs à tous ces exemplaires sont : un corps légèrement brun avec larges taches pigmentaires blanches, l’absence d’yeux branchiaux et d’otocystes, la présence de 2 yeux au 1” segment et de 6 à 8 yeux au segment anal, enfin le petit nombre de segments thoraciques sétigères dont la quantité n’est pas invariable. Aïnsi 1l y en a 7, 6 ou 5 dont le 1° avec des soies dorsales limbées seulement et les autres avec des soies limbées et des soies en spatule surmontée d'une pointe fine plus longue que chez la Potamilla reniformis; les crochets aviculaires de cette parie du corps ont une base relativement moins longue que chez la Potamilla reniformis et sont accompagnés de soies en pioche. Les segments abdominaux, sans compter le segment anal, sont au nombre de 33 à 52, tous avec des soies limbées ventrales un peu plus larges, moins longues et moins droites que celles du thorax et des crochets aviculaires dorsaux (fig. 299) sans soies en pioche un peu plus petits que ceux des segments antérieurs. Les crochets, comme ceux du thorax, ont au vertex de nombreuses crêles qui, vues de face, ont l’apparence d’un pavé de petits points (fig. 300).

Le sillon copragogue ventral passe du côté du dos au dernier segment thoracique.

Les branchies au nombre de 8 à 12 en tout, hautes de 2 millimètres chez les petits exemplaires, de 5 millimètres chez le grand, avec des barbules courtes (0,4 à 0*®,6), ont sur le dos de loin en loin des taches dont la coloration en lie de vin ou en gris mat, le tout brouillé et un peu floconneux, s'étend sur les barbules placées en regard; chez les Jeunes, 1l y a une partie terminale nue, longue de 0°*,6, finissant en spatule colorée par Riauee de taches grises et parcourue par le vaisseau vert qui s’y prolonge. Deux paipes ciliés sont placés près de la bouche.

La collerette largement ouverte et rabatiue du côté dorsal se redresse du côté ventral en deux pointes triangulaires séparées par un espace beaucoup moins large.

Le 1” segment fusionné avec le segment buccal porte 2 yeux linéaires, n'a que des soies limbées dorsales, et renferme les deux organes excréteurs thoraciques qui se réunissent sur le dos en un canal commun.

L’œsophage droit et étroit débouche au 4°° segment dans l'intestin qui est étranglé aux segments suivants par les dissépiments et entouré d’un sinus renfermant du sang vert.

Quelquefois je trouve de petits exemplaires en train de régénérer la partie antérieure de leur corps. Voici la marche que me paraît suivre la rédintégralion : le 1° segment sétigère qui est un segment abdominal est surmonté immédiatement d’un petit segment achète d’où s'élèvent 4 moignons, rudiments de branchies, dans chacun desquels pénètre un vaisseau rempli de sang vert (fig. 301) ; les branchies étant nécessaires à la vie de l'animal, c’est par là que commence le travail de reconstitution (1), puis les 1° segments thoraciques apparaissent avec un rudiment de collerette et se

(1) Grabe a vu la rédintégration des branchies chez la Sabella saxicola (Potamilla reniformis) : Die Eigenthümlichkeiten des Kôrperbaues, die Systematik und Verbreitung der Sabellen (Jahresb, der Schles. Gesells., 1862. Breslau, 1863, p. 46).

complètent peu à peu, les soies limbées se montrant d’abord, puis les soies en spatule, puis les crochets ventraux avec les soies en pioche : toutes ces soies sont alors de très pelite dimension. En même temps le nombre des branchies se complète et on en voit saillir de petites protubérances arrondies (fig. 302) qui sont des barbules branchiales en voie de formation.

Comme l'espèce précédente, la P. Torelli a une aire très

vaste : Mers du Nord, Atlantique, Manche, mer du Japon, Méditerranée.

POTAMILLA INCERTA Lang. (1).

SABELLA (POTAMILLA) BREVIBERBIS Gr. Langerhaus, Ueber einige Canarische Annel. (Nova acta der k. Leop. Carol. Akad. der Naturf., t. XLII, 1881, n° 3, p. 118, et fig. 27) (2).

Cette Potamilla très voisine de la P. Torelli et dont je ne connais pas le tube est beaucoup plus rare. Je ne la rencontre que deux fois sur la côte à la Balise de Rochardien et au Rocher-Vidé. |

L'exemplaire le plus long mesure 2 centimètres, y compris les branchies zébrées de rouge brun qui ont des barbules très courtes. Il y a 6 segments thoraciques sétigères, dont le 1° qui ne porte que des soies dorsales limbées renferme deux otocystes à nombreux otolithes anguleux. Les segments abdominaux sont au nombre de 8U. Les soies sont sensiblement les mêmes que chez la P. Torelli. En tout la description de Langerhans me paraît se rapporter à cet exemplaire.

Celui qui est plus petit n'a que 7*°,60 dont 0**,60 pour les branchies, le corps moucheté de blanc. 5 segments thoraciques sétigères, 32 abdominaux dont les 2 anteanaux achètes, 4 branchies de chaque côté à barbules très courtes,

(4) Langerhans, Die Wurmfauna von Madeira (Zeits. für Wiss. Zool., t. XL, 1884, p. 267, et pl. XVI, fig. 29).

(2) L'espèce de Grube est une Sabella et celle des Canaries une Potamilla. Langerhans reconnut plus tard son erreur.

2 yeux au 1” segment el 2 otocystes avec otolithes anguleux. On voit très bien les canaux des organes thoraciques se réunissant en un canal unique qui débouche à la base des branchies.

Atlantique.

GENRE BRANCHIOMMA Käll., Clpd. rev.

BRANCHIOMMA VESICULOSUM Mont. (1).

SABELLA VESICULOSA Milne-Edwards, Règne animal illustré, pl. V, fig. 3 et3 a. — — Johnston, Catalogue of british non parasitical Worms, p. 259.

— — Grube, Bemerk. über Annel. des Pariser Museums (Arehiv für Naturg., 1810, p. 345). — Annulata Semperiana (Mém. de l’Acad. des sc. de Saint-Pétersbourg, me série, t. XXV, 1818, p. 259).

— LANIGERA Gr. Grube, Beschr.neuer oder wenig bekannter Annel. (Archiv für Naturg., 1846, p. 51, et pl. Il, fig. 1). — Bemerk. (loc. cit. suprà, p. 345).

BRANCHIOMMA VESICULOSUM Langerhans, Die Wurmfauna von Madeira (Zeits. für Wiss. Zool., t. XL, 1884, p. 268, et pl. XVI, fig. 31). ? — — Mc Intosh, Report on the Annelids of the Challenger (Reports, etc., t. XII, p. 493, et pl. XXX A, fig. 10-12). — — Soulier, Études sur quelques points de l'anatomie des Annélides tubicoles de la région de Cette, 1 vol. in-8, 1891,-p. 30, 38, 53, 98, 129, 235:

— — Lo Bianco, Gli Annel. tubic. del golfo di Napoli (loc. cit., p. 69, et pl. III, fig. 4).

— — VAR. NEAPOLITANA Clpd. Claparède, Annélides du note de Naples, p. 424, et pl. XXII, fig. 5. — Recherches sur la structure des Annélides PARUS p. 33, 48, 99, 117, et pl. XIV, fig. 9-11.

— DE L'ÉTANG DE THAU Brunotte, Recherches anatomiques sur une espèce du genre Branchiomma. Nancy, in-4, 1888.

Des TEREBELLOÏDESs Qfg. Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. II, p. 438. — KRÔYERI Qfg. Quatrefages, 1bid., p. 438.

? — ARENILEGA Qfg. Quatrefages, 1bid., p. 439.

PI. XI, fig. 303-314.

Sur la côte à l’îlot de Gleglin et dans les dragages de toutes les profondeurs, renfermé dans un tube parcheminé fixé soit sous les pierres qui ne découvrent qu'aux grandes marées, soit dans les grosses coquilles vides du fond de la mer. Ce tube assez semblable à celui d’une Térébelle est

(1) Amphitrite vesiculosa. Montagu, Description of several new and rare

animals principally marine found on the South coast of Devonshire (Trans. of the Linnean Soc., t. XI, 1815, p. 19, et pl. V, fig. 1).

encroûté de petits cailloux et de débris de coquillages comme le décrit et le figure Montagu (1). Je trouve aussi Le B. vesiculosum dans les herbiers du Rocher-Vidé et des Ehbiens au N.-E. de la Tour, et dans la vase de la baie de Dinard non loin de Ja pointe de la Vicomté au milieu d’une colonie de Sabella pavonina. Dans ces trois localités, les tubes sont enfoncés verticalement dans le sol et il n’en émerge qu’un centimètre environ. Très sales, beaucoup plus longs que ceux qu'on rencontre sous les pierres ou dans les coquilles, atteignant jusqu’à 20 centimètres de long, ils renferment aussi des animaux de taille plus considérable.

Le corps des exemplaires adultes, coloré en brun clair moucheté de blanc, avec une teinte d’un brun violet foncé sur la région dorsale au thorax et aux 1% segments abdo- minaux (2), mesure de 25 à 110 millimètres de long (sans les branchies) sur 3 à 5 millimètres de large et compte en tout 80 à 110 segments dont les derniers sont très serrés. Il est partout de même largeur sauf aux 8*°— 10° segments anteanaux où 1l se rétrécit. Le segment anal se termine par une petite papille. Le dos légèrement convexe s’aplatit à la fin de la région abdominale. Du côté ventral, il y a à tous les segments un écusson rectangulaire épais, coupé en deux, mais seulement aux segments abdominaux, par le sillon copragogue longitudinal qui s'arrête un, deux ou même trois segments avant la région (thoracique sur le dos de laquelle il passe, mais où il est moins bien marqué. Je ne constate pas la double branche observée par Claparède (Annél. Naples, p. 426) et par Soulier (loc. cit., p. 38 et pl. X, fig. 15). Les coupes montrent que la cuticule qui recouvre les écussons est extrêmement mince et que le tissu hypodermique est

(4) Sur la manière dont le B. vesiculosum construit son tube, voir Gosse : A Sabella building its tube (Intellectual Observer, t. II, 1863, p. 77). — Soulier,

Études sur quelques points de l'anatomie des Annélides tubicoles de la région de Cette, 1 vol. in-8, 1891, p. 53 et suiv.

(2) Quelquefois de grands exemplaires, dont le tube est enfoncé dans la vase, ont le corps, surtout à la région antérieure, coloré en rouge vineux ou en violet foncé. C’est en se fondant sur ces différences de coloration que M. Soulier a établi deux variétés de B. vesiculosum : a, fuscum ; b, violaceum.

composé de longues cellules glandulaires sécrétant un mucus abondant qui sert à la construction du tube.

La têle peu saillante est entourée d’une collerette incolore bilobée, largement ouverte du côté dorsal et fendue seulement du côté ventral, où elle se termine en deux pointes, soit triangulaires, soit arrondies, rabattues l’une sur l’autre. Dans l'intervalle laissé libre sur le dos entre les deux moiliés de la collerette, s'élèvent deux lobes déjà signalés par Claparède el que Montagu même semble avoir figurés. Comme il a été dit plus haut pour la Pofamilla reniformis, Brunotte les appelle lobes dorsaux et Meyer les regarde comme des pièces de soutien des branchies. Ces lobes (fig. 303), qui ne sont séparés l’un de l’autre que par le sillon copragogue dorsal, sont colorés en brun violet comme l’estle corps à cel endroit ; ils sont adhérents au dos de l’animal, mais seulement tout le long du sillon copragogue ; partout ailleurs ils sont flottants et leur extrémité supérieure arrondie se reliant à la collerette. par une sorte de gousset, on peut dire qu'ils sont intimement fusionnés avec elle.

Les branchies très caduques sortent d’une base cartilagineuse décrivant de chaque côté sur la tête un demi-cercle sans spire ; réunies au-dessus de cette base par une palmure de { millimètre de haut, ayant des bourrelets branchiaux très bas, elles sont au nombre de 18 à 24 de chaque côté et atteignent une hauteur de 10 à 20 millimètres, selon la taille des exemplaires. Le dos en est blanc, ou entièrement brun violet, ou alternativement blanc et brun violet ; quelquefois elles sont entièrement couleur de rouille ou gris de souris. Vues de côté, elles offrent un axe de 5 à 6 cellules cartilagineuses, mais en en faisant une coupe transversale, on découvre qu'il y a en réalité 12 à 15 de ces cellules (fig. 304). En avant de l’axe cartilagineux un vaisseau longitudinal contenant du sang vert parcourt toute la branchie, envoyant une petite branche unique dans les barbules disposées au nombre de 170 paires environ tout le long de chaque branchie du côté interne et presque toujours colorées en

brun violet. Chacune de ces barbules très ciliée et Lerminée à son extrémité par quelques poils tactiles, renferme un axe d'une seule rangée de cellules cartilagineuses. Elles atteignent 1**,90 de long, sauf à l'extrémité supérieure de la branchie, où elles décroissent progressivement de longueur.

La 1°° branchie dorsale de chaque côté, un peu plus longue et sensiblement plus massive que les autres, porte un gros œil (fig. 305) à 0**,24 au-dessous de son extrémité supérieure libre où le vaisseau branchial continue, mais où l’axe cartilagineux fait défaut. Cet œil sphérique, coloré en violet foncé, bien entier du côté interne de la branchie, est recouvert du côté dorsal par le filament branchial qui le préserve du contact avec le tube lorsque l'animal y rentre la tête. D'un diamètre de 0"*,30, il se compose d’un nombre considérable de petits yeux juxtaposés consistant chacun en un cône cristallin, très court, de 0”",026 de diamètre, s’enfonçant dans la masse pigmentaire violette qui les entoure de tous côtés, sauf à la face externe recouverte par une cuticule épaisse et réfringente qui prend la forme hémisphérique audessus de chaque cristallin (1). Les barbules les plus rapprochées de la base de ces deux premières branchies dorsales sont plus longues qu'aux autres branchies et M. Soulier leur attribue un rôle dans la formation du peloton de mucus. Les branchies suivantes ont un œil moins gros et une pointe terminale le dépassant davantage, avec axe carlilagineux. Quelquefois les 2 ou trois dernières branchies ventrales sont dépourvues d’yeux et semblent en voie de formation, étant beaucoup plus petites et n’ayant que des barbules très courtes et incolores.

Lorsque l'animal sort la tête de son tube, ou bien toutes les branchies retombent gracieusement comme la corolle d'un Convolvulus ainsi que l’a remarqué Claparède pour le

(1) M. Brunotte donne des détails intéressants sur l’histologie de l'œil du Branchiomma de l'étang de Thau, qui, d’après M. Soulier, serait le B. vesiculosum (loc. cit., p. 35 à 44, et pl. I, fig. 11-16).

Branchiomma vigilans Clpd. (1), les barbules retombent aussi, ce qui donne à l’ensemble des branchies une apparence floconneuse caractéristique (2),et les deux branchies dorsales à gros œil sont seules dressées en vigie ou bien, plus rarement, toutes restent droites sans retomber.

La tête est parcourue par un sillon longitudinal qui, conlinuant le sillon copragogue, passant entre les deux lèvres dorsales représentées par les palpes et se terminant à l’extrémité ventrale de la gouttière ciliée qui sépare les deux lèvres ventrales, n’est interrompue que par la bouche quise trouve sur son trajet, cachée profondément entre la base des deux palpes et les deux ampoules des lèvres ventrales. Les palpes triangulaires, ciliés, sans axe cartilagineux, parcourus par un vaisseau longitudinal, le plus souvent colorés en brun du côté dorsal, ont une large base et se terminent en pointe fine; ils sont concaves du côté qui regarde la bouche, à laquelle au contraire Les deux ampoules foliacées des lèvres ventrales opposent leur convexité, le côté concave cilié étant tourné vers le venire. M. Soulier décrit et figure très exactement tous ces organes (/oc. cit., p. 98 et pl. X, fig. 6).

Le nombre des segments thoraciques n’est pas constant; il varie de 6 à 9 et le plus ordinairement il est de 8. Chez un exemplaire vu du côté ventral, il y a 9 segments thoraciques à gauche et 8 à droite; le 2% et le 3° segments de gauche, qui ont des soies et des crochets aviculaires, ne répondent qu’à un seul segment du côté droit, le 2%, qui a aussi des soies et des crochets. Chez un autre qui a également 9 segments thoraciques à gauche et 8 à droite, le 9° segment de droite est abdominal, ayant des soies ventrales et des crochets dorsaux. Au 1* segment thoracique fusionné avec le segment buccal appartiennent la collerette, les deux lobes dorsaux, le 1° écusson ventral et un pied rudimentaire placé au bas de la collerette du côté dorsal avec

(4) Supplément aux Annélides du golfe de Naples, p. 438, et pl. XIV, fig. 3.

(2) C’est ce qui explique pourquoi Grube avait adopté Le nom de Sabella lanigera.

un faisceau de soies un peu courbes à limbe étroit (fig. 306), accompagnées de 2 ou 3 soies à limbe plus large placées audessous des autres (fig. 307). Les autres segments thoraciques ont un mamelon pédieux dorsal très accusé avec 25 à 30 soies semblables à celles du 1” segment. Le mamelon dorsal y est suivi du côté ventral par un tore portant jusqu'à 60 crochets aviculaires (fig. 310) accompagnés chacun d’une soie en pioche (fig. 311). Aux segments abdominaux, qui sont au nombre de 72 à 97, l’interversion se produit : les soies, dont il y a 13 à 15, deviennent ventrales; elles sont recourbées et à limbe un peu large (fig. 308). Les crochets aviculaires, devenus dorsaux, ne sont plus accompagnés de soies en pioche, sont plus hauts, plus massifs et n’ont pas de base allongée (fig. 312).

Sur les coupes, les faisceaux musculaires longitudinaux ont un aspect penné beaucoup plus net que chez la Sabella pavonina, où 1l est peu accusé.

Les fibres tubulaires colossales se retrouvent comme c’est l'ordinaire dans la famille et deviennent très distinctes au 2°° segment sétigère (1). Les organes excréteurs thoraciques sont placés de chaque côté du corps à la partie inférieure du 1* segment sétigère et dans le 2°° et le 3%, et débouchent à la base des branchies par un canal commun qu'on voit nettement sur les coupes. M. Brunotte les a bien décrits et tigurés (/oc. t., p. 59 et pl. I, fig. 31). IL a bien décril également le système circulatoire et le sinus sanguin vert qui entoure l'intestin. Je trouve sur le cerveau 2 grosses {aches oculaires où je ne puis distinguer de cristallin et qui se composent de très nombreux granules rouges réfringents. Il y a à la hauteur du cerveau, de chaque côté, entre la base du lobe branchial et la paroi du corps, un otocyste renfermant de nombreux otolithes et semblable à celui que figure Brunotte (loc. ct., fig. 18).

Un exemplaire de 2 centimètres de long sans les bran-

(1) Voir Claparède, Recherches sur les Annél. sédent. P XIV, fig. 10, et Brunotte, loc. cit., pl. I, fig. 33.

306 DE SAINT-JOSEPII.

chies, avec 8 segments thoraciques et 75 abdominaux, a déjà des œufs.

Les jeunes, parmi lesquels je compte les animaux de 8 à 20 millimètres de long, branchies comprises, diffèrent sur plusieurs points des adultes. Ce sont eux seuls que Langerhans a décrits. Ils progressent la queue en avant. Le nombre des branchies varie de 14 à 16. Les 2 premières branchies dorsales ont loujours chacune un @œ1l plus gros que les autres; mais celles-ci n’en ont pas encore toutes et plusieurs sont en voie de formation du côté ventral. Le 1” segment thoracique est moins complètement fusionné que chez les adultes avec le segment buccal, sur lequel deux taches oculaires dorsales, composées de granules pigmentaires rougeâlres, sont placées à la base des branchies de chaque côté. Le 1°” segment thoracique, qui à 2 otocystes à plusieurs ololithes, n’a que des soies à limbe très étroit. Aux segments thoraciques suivants, qui sont au nombre de 6 ou 7, il s’y joint des soies à limbe très large qui se rapprochent de la forme spatulée (fig. 309). Il est probable que chez les adultes la soie s’allongeant, le limbe s’allonge également et il y a moins de ressemblance avec une spatule. Les crochets thoraciques et abdominaux et les soies abdominales sont comme chez les adultes.

Du côté ventral, le segment anal est muni de deux petits lobes séparés l’un de l’autre par le sillon copragogue qui remonte ensuite sur le segment anteanal (fig. 313); du côté dorsal il a 4 à 8 taches oculaires qui disparaissent chez les adultes, comme nous avons vu souvent les taches oculaires céphaliques des jeunes disparaître chez les adultes dans la famille des Euniciens. Il est à remarquer aussi que les yeux et les otocystes ne sont'plus apparents chez les adultes et pénètrent plus profondément dans le corps.

Chez un exemplaire adulte, je trouve dans l'intestin d'assez nombreuses Grégarines en virgule (fig. 314) de 0°*,036 de long sur 0"”,02 de large dont tout le corps, sauf la têle, est couvert de stries longitudinales et qui doivent appartenir au genre Polyrabdina Mangazzini.

L'espèce de Dinard est de plus petite taille que celles des côtes du Devonshire et de Naples; les jeunes sont semblables à ceux que Langerhans a trouvés à Madère.

Grube (1) assimile la S. Terebelloides Qfe., la S. Krüyeri Qfg., la S. arenileqa Qfg. au Branchiomma vesiculosum, quoique chez la 1" la collerette ait 6 lobes et que chez les deux autres elle en ail 4, tandis qu'elle est seulement bilobée chez le B. vesiculosum; les tubes sont semblables.

. Manche. Atlantique. Méditerranée.

GENRE AMPHIGLENA Clpd.

AMPHIGLENA MEDITERRANEA Leydig (2).

AMPHIGLENA ARrmanpr Clpd. Claparède, Glanures zoot. parmi les Annél. de Port-Vendres, p. 31, 128, et pl. IIL, fig. 1. — MED1ITERRANEA Claparède, Annélides du golfe de Naples, p. 414, et pl. XII, fig. 6.

— —— Marion et Bobretzky, Annélides du golfe de Marseille (Ann. des sc. nat., 6me série, t. II, p. 91). — — Langerhans, Ueber einige Canarische Annel. (Nova acta der k. Leop. Carol. Ak. der Naturf., t. XLIL, n° 3, p. 119, et pl. V, fig. 23).

— — Meyer, Sfudien über den Kôrperbau der Anneliden (Mitth. aus der zool. Stat. zu Neapel, t. VII, p. 721, et t. VII, p. 419, 485, 492, 530, 536, 547, 561, 573).

Chigi, Organi escretori e glandole tubipare delle Serpulacee. Foligno, gr. in-8, 1890, p. 51 et 77.

pÊ. Lo Bianco, Gli Annel. tubicoli del golfo di Napoli (loc. cit., p. 81).

PI. XI, fig. 315-322.

Trouvée quelquetois dans les dragages et avec Le chalut; sur la côte, à la plage des Bains de Dinard. |

Les exemplaires adultes de cette espèce, qui circule indifféremment la tête ou la queue en avant, ne dépassent pas à Dinard une longueur de 6 à 8 millimètres sur 0"*,60 de large, et comptent en tout 34 à 41 segments.

Il y a 5 branchies à chacun des lobes branchiaux, avec

(1) Bemerk. über Annel. des Pariser Museums (loc. cit., p. 345). (2) Amphicora Mediterranea. Leydig, Bemerk, über Carinaria, Firola und Amphicora (Zeits. für Wiss. Zool., t. IT, 1851, p. 328, et pl. IX, fig. 6-7).

barbules plus longues que celles que figure Claparède.

Les branchies vues de côté ont un axe composé d’une double rangée de cellules cartilagineuses et les barbules n’en ont qu'une rangée simple. À la base de chacun des deux palpes ciliés on reconnaît facilement un organe en forme de pavillon d'oreille (fig. 315), rempli de granules pigmentaires d'un rouge brun qui, d'après Meyer, serait le repli de la lèvre supérieure, formant de chaque côté de la bouche une chambre latérale supérieure. Il n’y a pas de collerette.

Le 1* segment achète porte deux paires d'yeux; le 2°, 2otocystes à nombreux otolithes etrien que 2 ou 3 pelites soies limbées dorsales; les segments 3-9 ont chacun un faisceau de soies dorsales, dont les supérieures limbées (fig. 316) et les inférieures en spatule; parmi ces dernières, celles qui sont le plus rapprochées des soies limbées ont la spatule surmontée d’une longue pointe fine (fig. 317) qui devient rudimenliaire (fig. 318) pour la soie la plus basse du faisceau; du côté ventral, il y a 11 crochets aviculaires offrant l'aspect d’un cygne fendant l’eau (fig. 319) et dont les longues bases reposent sur la hampe d’autant de soies en pioche (fig. 320). L'interversion se produit au 10° segment, quelquefois même au 9”°. Les segments abdominaux, auxquels fait suite un segment anal arrondi avec 4 à 6 paires d'yeux caudaux, sont au nombre de 23 à 30; ils ont à la partie ventrale 2 ou 3 soies limbées (fig. 321) et à la partie dorsale 10 à 11 crochets aviculaires dont le nombre va progressivement en décroissant, si bien qu'au dernier segment abdominal il n'y en a plus qu'un. Les crochets (fig. 322) sont d'une forme différente de ceux du thorax; ils sont plus arrondis en avant et leur base est moins prolongée en arrière; vus de face, ils sont tels que lesfigure Langerhans (/oc. cif., fig. 23, c) avec un pavé de petits denticules au vertex, semblables du reste sous ce rapport aux crochets thoraciques.

L'A. Mediterranea est hermaphrodite : les œufs, rouges, très gros, ont 0"*,27 de diamètre; dans un exemplaire de 40 segments, ils occupent, au nombre de 16, les 10 premiers

segments abdominaux, et les spermatozoïdes, soit isolés, soit en régime, les 19 derniers.

Méditerranée. Atlantique.

Genre DASYCHONE Sars.

DasycnowE Bomsyx Dalyell (1).

BRanNCHiOmMA DaLyeLLt Küll. Külliker, Ueber Kopfkiemer mit Augen an den Kiemen (Zeits. für Wiss. Zool., t. IX, 1858, p. 539). DASYCHONE arGus Sars. Sars, Foredrag om de ved Norges kyster forekommende arter af de Linnéiske Annelideslægt Sabella(Forh.iVidensk. Selsk. i Christiania Aar 1861. Christiania, 1862, p. 125). — Geol. og zool. Tagttagelser, etc. (Nyt Magazin, etc. Christiania, t. XII, 1863, p. 319).

— — Malmgren, Nordiska hafs Annul., p.403 et pl. XX VIII, fig. 89. SABELLA POLYZONOSs Gr. Grube, Beschr. neuer oder wenig bekannt. Annel. (Archiv für Naturg., 1863, p. 63, et pl. VI, fig. 5). — Die Insel Lussin,p. 90. — Mitth. über St. Vaast la Hougue (Abhand. der Schles. Gesells. für 1868-69, p. 110).

— BouByx Johnston, Catal. of brit. non yaras. Worms, p. 261. — VERTICILLATA Qfe. Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. II, p. 440, et pl. XX, fig. 3-4. L — — Grube, Bemerx. über die Annel. des Pariser Museums (Archiv für Naturg., 18170, p. 349).

DasvcaonE Dazyezzr Malmgren, Ann. polych., p. 224. — — Malm, Annul. i hafvet utmed Sverges vestküst och omring Gôteborg (Gôleb. kongl. Velensk. Handl., 1874, in-80, p. 101).

— —- Levinsen, Syst. geog. Oversigt over de Nord. Annul. (Vidensk. Meddels for 1883. Copenhague, 1884, p. 186).

— BomByx J. Chatin, Recherches pour servir à l'histoire du bälonnet optique chez les Crustacés et les Vers (Ann. des sc. nat., 6ne série, t. VII, 1878, p. 28, et pl. IL, fig. 40-42). — POLYZONOS Lo Bianco, Gli Annel. tubic. del golfo di Napoli (loc. cit., p. 73).

PI. XI, fig. 323-326 et pl. XI, fig. 327-336.

Sur la côte à la balise de Rochardien, au Haumet, à l'île des Ehbiens et à Grosse-Roche; assez commune dans les dragages de toutes les profondeurs.

Le tube parcheminé, assez mou, qu’elle habite et qu’elle sécrète, est fixé aux coquilles ou aux algues (2) et recouvert

(1) Amphitrite Bombyx, Dalyell, The powers of the Creator displayed in the creation, etc., t. II, 1853, p. 236, et pl. XXXI, fig. 1-7, pl. XXXII et XXXIII en entier.

(2) Une fois je trouve sur la côte nord de Saint-Jacut des tubes agglutinés à des tubes de Bispira volutacornis.

310 DE SAINT-JOSEPII.

en avan{ d’une couche d'argile grise et à la partie postérieure de quelques grains de sable, spicules d’éponge et Foraminifères. Quand il est détaché de la coquille ou de l’algue à laquelle il adhère, la D. argus en refait très rapidement l’extrémité inférieure, qu’elle aggluline aux objets qui sont à sa porlée. |

Le corps des exemplaires adultes, assez massif, convexe du côté dorsal où il est coloré en brun clair, plus aplati du côlé ventral qui est d’un brun violet foncé, atteint 25 à 50 millimètres de long sans les branchies sur 2°%,5 à 5 millimètres de large, et compte en tout 50 à 75 segments qui sont partout de même largeur, sauf les 10 à 12 derniers qui se rétrécissent brusquement. Tous les segments ont du côlé ventral un écusson rectangulaire moins épais et à cuticule moins mince que le Branchiomma vesiculosum, coupé en deux portions égales à la région abdominale seulement par le sillon copragogue longitudinal qui s'arrête régulièrement avant le 1* segment abdominal pour passer de là sur le dos où 1l n’est plus apparent. Tous les écussons abdominaux et thoraciques, ces derniers piquetés de brun, renferment de nombreux vaisseaux en cæcum. |

La tête peu marquée est entourée d’une collerette quadrilobée fendue latéralement, dont les 2 lobes ventraux arrondis sont en général rabatlus sur le 1” écusson ventral, et dont les 2 lobes latéraux se terminent sur le dos soit en se rapprochant l’un de l’autre presque à se toucher (fig. 323), soit en laissant entre eux un large espace vide (fig. 324) quelquefois rempli à peu près par 2 petits lobes plus bas (fig. 325), qui le plus souvent n’en sont pas distincts, mais quip uvent, ainsi que nous le verrons plus loin, arriver à s’en différencier assez-pour former 2 lobes dorsaux comme chez le Branchiomma vesiculosum (fig. 326).

Les branchies peu caduques en demi-cercle sans spire, placées de chaque côté de la tête, sortent d'une base composée de petites cellules cartilagineuses qui est ponctuée à l'extérieur, dans l'intervalle entre chaque branchie, par une

tache brune longitudinale. Elles sont au nombre de 13 à 25 de chaque côlé, réunies par une palmure peu élevée au-dessous de laquelle Les bourrelets branchiaux n’ont que 0"",5 de haut; quelquefois elles ne sont pas en quantité égale des deux côtés, ce qui lient peut-êlre à ce qu'il y en a de détruites; souvent on en observe de très petites qui sont en voie de régénération. Elles ont 6 à 12 millimètres de haut et sont relativement plus longues chez les petits exemplaires que chez les grands : le dos en est blanc avec plusieurs zones d'un brun violel en face de chacune desquelles les barbules sont de la même couleur. Ces barbules très ciliées, qui gar- nissent l’intérieur de la branchie au nombre de 150 paires au moins, mesurent { millimètre à 2**,75 de long. Il ya une grosse tache brune allongée soit sur la base de la 1° branchie dorsale de chaque côté, soit sur les 2 lobes dorsaux quand ils existent, soit sur le corps lui-même quand ils manquent. Les branchies ont un axe de 4 cellules cartilagineuses comme on le voit sur les coupes (fig. 327), un vaisseau avec sang vert et 2 petits filets nerveux; le tout se prolonge dans la partie terminale de la branchie longue de 0**,64 environ, dépourvue de barbules et sur laquelle s'élèvent plusieurs petites papilles saillantes d’où sort un poil tactile (fig. 328) qui se prolongeant dans l’intérieur de la papille doit être en communication avec le filel nerveux branchial, quoique je n'aie pu réussir à le constater. J’ai observé souvent, comme Kôülliker (1), des poils tactiles sur les branchies des Serpuliens, mais sans papilles semblables à celles qui existent ici. Les barbules ont un axe d’une seule cellule cartilagineuse, dont la 1° plus grosse et plus ronde que les autres s'applique sur la plus interne de l'axe branchial (fig. 327, dj.

Les branchies portent au dos de chaque côté de la ligne médiane 9 à 20 paires d’yeux espacées régulièrement dont la 1° apparaît aussitôt après la palmure. Ces yeux, qui ont un diamètre de 0"*,084 et dont la structure devient bien

(1) Kôlliker, Bericht über ein. vergl. anat. Unters. an der Westk. der Schottland angest. (Würzb. Naturw. Leits., t. V, 1864, p. 248, et pl. VI, fig. 8).

apparente après un séjour prolongé dans la glycérine, naissent dans une sorte de verrue d’un brun violet foncé qui est annoncée à l'avance par des cellules pigmentaires de même couleur formant ces zones colorées dont il a été question plus haut (fig. 329). Ils sont un peu saillants au-dessus de la branchie, recouverts par une cuticule réfringente et se composent de 20 à 30 bâtonnets terminés par autant de cônes cristallins réfringents (1). Les bâtonnets (fig. 330, a) hauts de 0**,060, que M. Chatin appelle ainsi d’après l’analogie de cet organe avec celui des Crustacés, sont colorés en brun violet très foncé, indépendants les uns des autres et plongés dans la matière pigmentaire brune de la verrue oculaire. Lescônes (fig.330, 0) hauts de 0**,025, forment sur la cuticule réfringente enveloppant l'œil des cornéules non saillantes qui apparaissent lorsqu'on emploie l’acide nitrique (fig. 331). En arrière de chaque œil composé et pouvant le recouvrir complètement comme une paupière quand l'animal rentre dans son tube, il y a à la branchie un appendice dorsal haut de 0"*, 25 à 0", 30, incolore ou coloré en brun, formé de lissu conjonctif recouvert de grandes cellules épithéliales. Ces appendices, qui ont une tige engainant une partie du dos de la branchie, vont en s’élargissant et se découpent en lobes hérissés de poils lactiles (fig. 332). Pendant la croissance de la branchie, ils apparaissent avant l'œil qu'ils sont destinés à protéger.

Les 2 lèvres ventrales avec leurs ampoules et la lèvre dorsale avec ses 2 palpes sont disposées autour de la bouche comme chez la Sabella pavonina. Les 2 palpes (fig. 333), sont colorés en rouge brun, hauts de 3*°, 5 à 5 millimètres, assez larges à la base, terminés en pointe, canaliculés, ayant un axe d'une seule cellule cartilagineuse ; la partie creuse et ciliée est tournée vers la bouche. Lorsqu'on les aplatit, on voit qu'ils ont la forme triangulaire ; on en trouve quelquefois qui sont en train de se régénérer.

(1) Sars estime de 1200 à 1400 le nombre des yeux de la D. Bombyx. M. Chatin ne trouve que 4 bâtonnets et cônes à chaque œil composé.

Le nombre des segments thoraciques est un peu variable ; il est presque toujours de 8, mais aussi quelquefois de 5, 6 ou 7 sans que la aille de l’animal y soit pour rien. Au 1% segment fusionné avec le buccal appartiennent le 1° pied dorsal rudimentaire, avec 20 à 25 soies longues à limbe étroit comme celles que figure Malmgren (1), la collerette, les 2 lobes dorsaux quand ils existent, et le 1% écusson ventral qui, comme il arrive souvent chez les Sabellides, est plus haut, plus large, plus épais que les autres et fusionné avec les 2 lobes ventraux de la collerette, composés comme l’écusson de cellules glandulaires servant à la confection du tube. Les autres segments thoraciques ont un mamelon pédieux dorsal un peu conique avec des soies semblables à celles du 1® segment, auxquelles il s’en joint d’autres plus courtes à limbe plus large. Le tore ventral, qui apparaît au 2*° segment et qui fait suite au mamelon dorsal, est garni de crochets aviculaires dont la base se termine en arrière par un petit prolongement recourbé vers le bas{fig. 334), comme il en existe chez la Dasychon e japonica Me Int. et la D. nigro-maculata Baird. La crête du crochet vue de côté offre environ 10 stries très fines; de face on y aperçoit un nombre de denticules considérable (fig. 335). Ces tores comme ceux de l'abdomen ont en général le bord supérieur teinté de brun foncé. Les crochets ne sont pas accompagnés de soies en pioche.

Aux segments abdominaux, qui sont au nombre de 40 à 65 et où l'interversion se produit, les crochets aviculaires et les soies sont de même forme qu’au thorax, mais . les crocheis sont moins hauts et les soies moins longues. Le nombre des soies et des crochets varie beaucoup dans les 2régions du corpsselon les exemplaires. Il y a de 20 à 60 soies thoraciques, de 24 à 60 soies abdominales, de 15 à 20 crochets thoraciques et de 20 à 70 crochets abdominaux. Il est à remarquer qu'au thorax, c’est le 1°” segment uncinigère

(4) Loc. cit., pl. XX VII, fig. 89, B.

qui a la plus grande quantité de crochets, et que le nombre de ceux-ci va en décroissant progressivement aux segments suivants.

À tous les segments, il y a une tache oculiforme brune entre le faisceau de soies et le tore uncinigère, plus forte au thorax, moins marquée à l’abdomen ; elle existe aussi au 1° segment thoracique après le faisceau de soies. Pas plus que Külliker et M. Chatin, je n'ai pu y découvrir de cristallin. |

Le segment anal est terminé par 2 palettes arrondies (fig. 336) qui servent peut-être comme 2 truelles à fixer le iube aux corps étrangers.

L'œsophage occupe le 1° et le 2°° segments; l'intestin est un peu en spirale à partir du 4*°-8*° segment abdominal. Les organes excréteurs thoraciques sont de couleur foncée comme à l'ordinaire.

J'observe les vaisseaux en anses latéraux avec les cæcums que Claparède figure pour la Dasychone Lucullana D. Ch. (1). Le vaisseau ventral etses branches latérales, qui ne sont pas sinueuses, n’ont pas de revêtement de cellules chloragogènes. Les 2 yeux cervicaux ont un cristallin mieux marqué que dans les autres espèces de Sabellides.

Parmi les nombreux exemplaires que j'ai examinés, J'en citerai 2 qui me paraissent offrir un certain intérêt. Le 1°, régénérant ses branchies, a 15 millimètres de long sur 1°°,5 de large, 8 segments thoraciques et 46 abdominaux. Les branchies, très minces et très grêles, sont au nombre de 15 de chaque côté avec 4 paires d'yeux à chacune, encore mal définies, et des barbules à peine distinctes; 2 petits palpes sont: déjà formés (2). Le 2*° exemplaire, qui est une femelle avec des œufs, de 35 millimètres de long sur 3 millimètres de large avec 36 branchies en tout longues de 12 millimètres

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