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et ayant chacune 14 à 15 paires d’yeux, compte 5 segments
(1) Annélides du golfe de Naples, pl. XXX, fig. #. (2) Voir sur la régénération des PURE chez la D. Bombyx, Dalyell, loc. cit., p. 239.
thoraciques normaux ; le 6*° segment est thoracique à droite (l'animal étant vu du côté ventral) avec des soies dorsales et des crochets ventraux, et abdominal à gauche avec des soies ventrales et des crochets dorsaux. Le sillon copragogue ventral s'arrête avant le segment abdominal qui suit ce segment anormal pour passer sur le dos. Aux 65 segments abdominaux, outre le point oculiforme placé entre le faisceau sétigère et le tore uncinigère il y a à l’autre extrémité du tore, partout bordé de pigment brun, une autre tache oculaire en voie de formation où je ne puis pas plus qu à l’autre distinguer de cristallin. Les 2 lobes latéraux de la collerette se relient sur le dos par une mince membrane à 2 lobes dorsaux teintés de brun, sortant du corps et ressemblant aux pièces de soutien des branchies du Branchiomma vesiculosum.
Je range parmi les jeunes tous les exemplaires qui n'al-
teignent pas 10 millimètres de long tout compris. Ils ont moins de branchies que les adultes, moins d’yeux, moins de segments abdominaux, de soies et de crochets. Le plus petit que vai rencontré a 3 millimètres de long pour le corps et 2 millimètres pour les branchies, 5 branchies de chaque côté avec > paires d’yeux à chacune déjà bien marquées mais avec un petit nombre de bâtonnets et de cônes, 6 segments thoraciques et 24 abdominaux. Les segments thoraciques ont 8 soies et 14 crochels au maximum et les segments abdominaux 4 soies et 4 crochets.
La Dasychone Lucullana D. Ch. a le corps plus grêle que la D. Bombyx et les segments plus hauts. Ainsi un exemplaire de 30 millimètres de long venant de Naples n’a que 35 segments abdominaux. Le dos est plus clair et le ventre plus foncé. Les appendices dorsaux en lanière sont 2 fois plus longs et Les palpes 2 fois plus courts. Claparède et Metschnikoff (1) et M. Roule (2) en ont étudié le développement, ce
(A) Beitr. zur Kennt. der Entwick. der Chætopoden (Zeits. für Wiss. Zool., t.XIX, 1869, p. 197, et pl. XVI, fig. 1).
(2) Roule, Esquisse du développement de la Dasychone Lucullana D. Ch. (Revue des sc. nat., Montpellier, 3e série, t. IV, Liv. 1v, juin 1885, p. 463).
316 DE SAINT-JOSEPII.
que je n'ai pu faire pour la 1). Bombyx, ne l'ayant pas rencontrée à l’état de maturité.
Méditerranée. Mers du Nord. Manche.
GENRE JASMINEIRA Lang.
JASMINEIRA ELEGANS N.S.
PI. XIL, fig. 337-346.
Très commune dans les dragages. Se tenant entre les lamelles des coquilles d’huîtres où elle est très probablement logée dans un tube peu consistant que je ne parviens pas à découvrir, et qu'elle quitte facilement. Cet Annélide, qui nage la tête la première en serpentant, a le corps rond, d’un brun très clair, long de 12 à 18 millimètres, dont 2°*, 5 pour les branchies, sur 1 millimètre de large, et compte en tout 36 à 40 segments. Le sillon ventral passe du côté dorsal au 9° segment. Sur la limite du 3*° et du 4*° segment le corps est entouré d'une ligne mince, grise, réfringente.
La bouche terminale ciliée est précédée du côté dorsal d’abord par 2 appendices coniques, courts, ciliés, qui seraient peut-être les véritables antennes d’après Pruvot et Meyer, puis par 2 gros palpes (fig. 337) sans axe cartilagineux également ciliés où se dessine un vaisseau vert. Du côté ventral il y a 2 petites lèvres ventrales ciliées.
Les branchies, colorées en vert par le vaisseau sanguin et quelquefois légèrement pigmentées de rouge, au nombre de 8 à 12 de chaque côté, longues en tout de 2 millimètres à 2**, 5, offrent un axe de 2 cellules cartilagineuses lorsqu'on les examine de côté et par transparence. Elles sont garnies d’une double rangée de barbules à longs cils vibratiles possédant un vaisseau vert et un axe d’une seule cellule cartilagineuse, sont terminées par une partie nue longue de 0°”, 40, et sortent d’une base haute de 0"", 36. Cette lame basilaire épaisse, consistant en un périchondre dans lequel est noyée
ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE DINARD. ps: A7
l'extrémité postérieure des branchies avec leur axe cartila- gineux, est recouverte à l'extérieur par une couche de cellules épithéliales placée sous la cuticule et forme la base des 2 lobes branchiaux, réunis seulement du côté dorsal par une bande étroite de tissu cartilagineux. Chaque demi-cercle branchial se termine du côté ventral par 4 à 6 tentacules cilés longs de 1°", 12 qui, étant parcourus par un vaisseau renfermant du sang vert et un axe de cellules cartilagineuses en rangée simple, sont plutôt des branchies rudimentaires sans barbules. Entre chaque branchie et à l’intérieur de la base est placé un cirre buccal cilié, sans axe cartlilagineux, haut de 0"*, 40. Ces cirres ne me paraissent pas être des branchies et je ne crois pas qu’il faille voir ici rien de semblable à la double rangée de branchies qu’on observe chez la Laonome japonica Von Marenz., la L. spectabilis Gr. Von Marenz. et la Sabella Indica Sav. qui rentrent dans les Sabellæ astartæ de Savigny (genre Sabellastarte Kr.). Les branchies se rompent très facilement à l'endroit d'où elles émergent de la base. Au contraire les tentacules et les cirres buccaux ciliés ne sont pas caducs.
Le 1° segment fusionné avec le segment buccal est renfermé dans une large et haute collerette unie du côté veniral, profondément incisée du côté dorsal mais non béante (fig. 338). Il a en avant 2 yeux linéaires (fig. 338, a), puis 2 cœurs branchiaux verts (b) (1) dont il sera question plus loin, au-dessous d'eux, 2 organes thoraciques colorés en rouge (c) débouchant par un canal commun à la base des branchies du côté dorsal, puis 2 otocystes renfermant un seul otolithe toujours en mouvement, de 0°**, 012 de diamètre (fig. 338, d'et 345), et enfin 2 faisceaux de soies dorsales limbées (fig. 339) qui s'ouvrent un passage à travers le bas de la collerette. Dans les segments thoraciques 3-9, à ces soies limbées dorsales qui sont au nombre de 4 il se
(1) Il arrive aussi quelquefois, par suite d’un phénomène de dichroïsme dont il a été parlé, que le sang paraît rouge dans le sinus intestinal et branchial et vert dans les branchies.
joint 4 soies en spatule comme chez les Potamilla (fig. 340), et du côté ventral il apparaît 9 crochets avec long manubrium et vertex à plusieurs crêtes (fig. 341). L'interversion se produit au 10° segment. Les 25 à 29 segments abdominaux, suivis d'un segment anal achète cilié sans yeux, ont à la partie ventrale 5 à 6 soies en baïonnette faiblement limbées (fig. 342) et à la partie dorsale une rangée de 8 crochets semblables à ceux des Sabelles avec nombreux denticules au vertex (fig. 343), ce dont on se rend compte surtout en les regardant de face (fig. 344).
L’œsophage droit et court avec traînées de autés brunes (1) débouche au milieu du 2*° segment dans l’intestin brun qui est plus large. Cet intestin étranglé à chaque dissépiment est enveloppé d'une gaine vasculaire contenant du sang vert et se continuant en avant par un irès court vaisseau dorsal placé au-dessus de l’œsophage. Ce vaisseau parvenu au milieu du 1° segment envoie de chaque côté du corps une branchie ue se termine dans un (ou peut-être 2) réservoir sanguin qu'on pourrait appeler cœur branchial d’où part le vaisseau branchial.
Les sexes sont séparés. Le corps des mâles gonflé de spermatozoïdes est tout blanc et celui des femelles est coloré en gris ou en brun par les œufs, le sinus sanguin intestinal vert venant trancher sur le tout. Des femelles de 7 millimètres ont déjà des œuis.
Chez un exemplaire, j'observe dans l'intestin des Grégarines accompagnées de cytodes mobiles poussant des prolongements pseudopodiques (2).
Chez un autre je trouve aussi dans l'intestin plusieurs kystes de Grégarines avec un petit prolongement rigide (fig. 346) renfermant une masse granuleuse de couleur foncée. Des
(4) Voir sur les glandes œsophagiennes des Annélides : Graber, Die Gewebe und Drüsen des Anneliden-ŒEsophagus (Sitzb. der k. Akad. der Wiss.zu Wien, t. LXVII, mars 1873).
(2) Voir Ed. Van Beneden, Recherches sur l'évolution des Grégarines (Bull. Acad. des sc. de Belgique, t. XXXI, 1871, in-8, et Quarterly Microsc. Journ., 1871, p. 242, et pl. XII, fig. 5-6).
kystes de cette forme ont été signalés pour la première fois par Kôlliker (1) dans le Sipunculus nudus. On voit dans l’intérieur des kystes 2 denticules qui semblent indiquer la présence de 2 Grégarines appartenant au genre Pachysoma Mangazzini (2).
GENRE FABRICIA Blv. (Othonia Johnst., Amphicora Ehr.).
FABRICIA SABELLA Ehr. (3).
OTHONIA FABRICII Johnst. Johnston, London Mag. Nat. Hist., t. VIII, p.181, fig. 19.— Catalogue of brit. non parasit. Worms, p. 214. — — Gosse, On some new or litlle known marine animals (Ann. of nat. hist., 2me sér.,t. XVI, 1855, p. 33, et pl. IV, fig. 22). FABRICIA QUADRIPUNCTATA Fr. et Leuck. Frey et Leuckart Beitr. zur Kennt. wirbel. Thiere, in-4, Brunswick, p. 157, 18417.
Mecznikow, Beitr. zur Kennt. der Chætop. (Zeits. für Wiss. Zool., t. XV, 1865, p. 328, et pl. XXIV, fig. 1-4). AMPHICORA SABELLA OO. Schmidt, Neue Beitr, zur Naturg. der Würmer gesammelt auf einer Reise nach den Fürôr, 1848, in-8, p. 21. FABRICIA AFFINIS Leuck. Leuckart, Zur Kennt. der Fauna von Island (Archiv für, Naturg., 1849, p. 193).
— SABELLA Claparède, Recherches anat. sur les Annél. etc. des Hébrides, 1861, in-4, p. 50. — Annélides du golfe de Naples, p. 411.
— — Langerhans, Ueber einige Canarische Annel. (Nova acta der k. Leop. Carol. Akad. der Naturf., t. XLIT, n° 3, p. 119, et pl. V, fig 28).
— — Lo Bianco, Gli Annel. tubic. del golfo di Napoli (loc. cit.,
— AMPHICORA Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. Il, p. 464. AMPHICORA FABRICIA Cunningham and Ramage, The Polychæta sedentaria of
the Firth of Forth (Trans. Edinb. Soc., t. XXXIII, in-4, 1888, p. 611).
PL. XII, fig. 347.
Cette Fabricia de pelite taille, rare dans les dragages, mesure 0°”, 24 de large et 1*°, 25 à 2 millimètres de long, branchies comprises pour un tiers de la longueur. Le 1° seg-
(1) Kôlliker, Beiträge zur Kenntniss niederer Thiere (Zeits. für Wiss. Zool., t. I, 1848, pl. [, fig. 4, a).
(2) Mangazzini, Gregarine monocystidee nuove 0 poco conosciute del golfo di Napoli (Atti dell’ Accad. dei Lincei, 4e série, t. VII, 1891, 2e semestre,. fasc. 7, p. 234). 7 |
(3) Amphicora Sabella. Ehrenberg, Mitth. aus der Verh. der Ges. Nat. Freunde zu Berlin, 1836, in-12, p. 2 et 4.
320 é DE SAINT-JOSEPITI.
ment (buccal) achète a 2 yeux noirs; le 2%, qui manque d’otocystes, a de chaque côté un faisceau de soies dorsales légèrement limbées terminées en longue pointe effilée au nombre de 5 à 6; 1l s’y joint aux 7 autres segments thoraciques, où elles sont semblables, 5 à 6 crochets ventraux à long manubrium avec 3 crêles au vertex. L'interversion se produit au 10° segment ; les segments abdominaux 10, 11 et 12, auxquels succède le segment anal achète avec 2 yeux noirs, ont des soies capillaires ventrales en baïonnette et environ 20 petites plaques onciales dorsales très serrées hautes de 0**, 0225, à base massive relativement élevée et dents nombreuses, tenant à la fois des plaques des Térébelliens et de celles des Serpulides, assez semblables à la figure qu'en donne Langerhans pour la Fabrica nigra Lang. (1). L’anus est dorsal. En avant des yeux, à la base de chacun des 2 lobes branchiaux qui ont chacun 3 branchies dont les barbules se terminent au même niveau, on observe un sinus sanguin (cœur branchial d'Ehrenberg et de Claparède) où Langerhans a compté 25 pulsations par minute. Mecznikow et Claparède y voient du sang rouge et moi du sang vert, ce qui tient au dichroïsme. L'inteslin est renfermé dans une gaine vasculaire.
Je trouve une fois dans un dragage une F. Sabella très jeune qui n’a que 0**, 74 de long sur 0°, 09 de large en avant et 0**, 035 à la fin du corps. Elle a les gros yeux noirs caractéristiques, dont 2 à la limite de la tête et du segment buccal et 2 au segment anal. La tête est ronde avec une bouche ciliée ventrale (fig. 347), au-dessous et en regard de laquelle s'élève une branchie unique assez massive formant panache autour de la têle et ayant déjà des rudiments de barbules ciliées. Au segment buccal nettement délimité font suite 8 segments thoraciques dont le 1* avec soies limbées seulement et les 7 autres avec soies limbées dorsales et 3 crochets ventraux à long manubrium. Il n’y a que 2 seg-
(4) Die Wurmfauna von Madeira, IL Beitrag (Zeits. für Wiss. Zool.,t. XXXIV, 1880, pl. V, fig. 33, b).
ments abdominaux avec 2 soies ventrales en baïonnette et 4 très petites plaques onciales de forme semblable à celles de l'animal adulte. Puis vient le segment anal. Le canal digestif est incolore. L’œsophage aboutit à l'intestin au milieu du 2° segment sétigère. D’après ce qui précède, on voit que chez la F. Sabella la tête ne se forme qu'après le reste du corps.
Mers du Nord. Méditerranée. Mer Noire. Atlantique.
GENRE ORIA Qfe.
OrIA ARMANDI Clpd. (1).
OrtA ArRmanDr Quatrefages, Hisé. nat. des Annél., t. II, p. 462. — — Claparède, Annélides du golfe de Naples, p. 413. — — Marion, Sur les organes générateurs de l'Oria Armandi (Comptes rendus, t. LXXIV, 1872, p. 1254).
— — Langerhans, Die Wurmfauna von Madeira, IIIe" Beitrag (Zeits. für Wiss. Zool., t. XXXIV, 1880, p. 116, et pl. V, fig. 30).
PI. XIL, fig. 348.
Assez commune dans les paquets de Æyriphlæa pinastroides ramenés par le chalut ; sur la côte au Rocher-Vidé, à la balise de Rochardien et aux Ehbiens.
Ce qui distingue l'O. Armandi de la Fabricia Sabella, c'est qu'elle a 1 collerette, 2 otocystes, une taille plus grande, des segments abdominaux plus nombreux, des plaques onciales abdominales de forme assez différente.
Le plus petit exemplaire que j'aie observé avait 0"", 6 de long sur 0", 1 de large, des branchies très courtes, 5 segments thoraciques avec un seul otocysle au 1°, 3 segments abdominaux et 1 anal à 2 yeux.
Les plus longs exemplaires mesuraient 6"", 20 sur 0"", 48 de large et contenaient soit des spermatozoïdes blancs, soit des œufs roses ou violets en petit nombre, par exemple 4 dans les trois derniers segments thoraciques. Ils avaient en
(4) Amphicorina Armandi. Claparède, Glanures zoot. parmi les Annél. de Port-Vendres, p. 36, et pl. M, fig. 2.
322 DE SAINT-JOSEPII.
tout 17 segments, dont le 1* achèle avec 2 yeux dorsaux et une bande ciliée ventrale, le 2°° avec dessoïes dorsales capil-
laires légèrement limbées seulement, une paire d’otocystes à
un ololithe puis en dessous de ces otocystes 2 organes excréteurs contournés en boyau, incolores ou quelquefois de couleur orangée, s’ouvrant à la partie ventrale par 2 pores ciliés et se réunissant en avant pour déboucher par un canal cilié commun dorsal au-dessous des branchies (1); les segments 3-9 avaient, outre 6 soies limbées dorsales, 9 crocheis à long manubrium avec vertex à 3 crêtes (fig. 348). L'interversion se produit au 10*° segment (2) ; les segments abdominaux au nombre de 7 ou 8 (5 seulement chez les exemplaires de 4 millimètres) suivis d’un segment anal achète à 2 yeux, ont 4 à 5 soies ventrales capillaires en baïonnette et 16 plaques onciales de Serpulides irès petites. à nombreuses dents très fines telles que Îles figure Langerhans (loc. cit., fig. 30). Je retrouve presque toujours dans la partie basilaire de l'appareil branchial la matière blanche signalée par Claparède. Il y a de chaque côté de la tête
(4) Ces organes me semblent bien s'ouvrir sur les côtés du segment comme chez l’Haplobranchus æstuarinus Bourne (Quart. microse. Journal, janvier 1883, p. 172), chez la Chone arenicola Lang. (Die Wurmfauna von Madeira, Zeits. für Waiss. Zool., t. XXXIV, 1880, p. 116 et pl. V, fig. 28 b), et la Chone Duneri (1bid., p. 115), ce qui serait cependant à vérifier. Depuis que M. Soulier (Sur la formation du tube chez quelques Annélides tubicoles. Comptes rendus, t. CVI, p. 505) a établi qu'ils ne servaient pas à la construction du tube, il faut se rallier à l’opinion de Meyer (Studien über den Kôrperbau der Annel., Mitth. aus der zool. Stat. zu Neapel, t. VIT, p. 722), qui les regarde comme des organes excréteurs thoraciques. M. Pruvot (Recherches sur le système nerveux des Annél. polych., Arch. de zool. expér., 2e série, t. III, 1885, p. 313), pour qui ils sont des glandes, observe que chez les Serpuliens ils se composent de deux sacs, de chacun desquels sort un canal dont l'un s’ouvre en dehors du segment, et l'autre à la base des branchies après s'être réunis au canal du sac correspondant. Nous avons vu plus haut (p. 278) à propos de la Sabella pavonina, qu'il n’y avait que le canal commun débouchant à la base des branchies. Pour l'Oria Armand, il en est peut-être de même, et ici la cause d’erreur serait qu’on voit par transparence le pavillon vibratile de chacun des organes thoraciques, qui semblerait être un pore cilié. Cependant, je crois bien avoir constaté que les cils vibratiles étaient extérieurs à la paroi du corps et entouraient un
ore.
s (2) Chez un exemplaire de 6"2,20, elle ne se produit qu'au 11%,
‘3 à 4 branchies décrites exactement par Claparède, et dont les barbules se terminent au même niveau. L'inteslin est bien nettement renfermé dans une gaine vasculaire contenant du sang vert. Les yeux antérieurs et postérieurs disparaissent dans la glycérine au bout de peu de temps, tandis que ceux de la Fabricia Sabella ne s’altèrent pas. C’est là un des exemples nombreux de la manière différente dont les réactifs agissent sur les Annélides selon les genres, les espèces et mème les individus.
Méditerranée. Atlantique.
Genre MYXICOLA H. Koch {f#de Gr. et Clpd.) (ERIOGRA-
PHIS Gr., ARIPPASA Johnst.) char. emend. (LEPTO- CHONE Clpd. encl.).
La diagnose du genre a été successivement remaniée par -Grube 1855, Sars 1861 (1), Malmgren 1865, Claparède 1870, - Grube 1878.
De plus Claparède (2) croyant que la région antérieure des Myxicoles manquait complètement de crochets ventraux, -avait établi le genre Leptochone pour une espèce très voisine avec crochets à long manubrium au thorax. Mais von Marenzeller (3) ayant observé des crochets de cette forme au thorax chez l’espèce lype, la M. infundibulum Mont. (4), où ils
(1) Sars, Foredrag om de ved Norges kyster forekommende arter af den Linnéiske Annelideslægt Sabella (Forh. à vidensk. Selsk. i Christiania, Aar 1861, Christiania, 1862, in-8,p. 119).
(2) Supplément aux Annélides du golfe de Naples, p. 149.
(3) Von Marenzeller, Südjapanische Annel. If" Theil(Denks. der k. Akad. der Wiss. zu Wien, t. XLIX, in-4, p.214). — Sars (loc. cit.), avait déjà signalé des crochets thoraciques à long manubrium chez la Myxicola SarsiiKr., et Grube (Bemerk. über Annel. des Pariser Museums. Archiv für Naturg., 1870, p. 351), -chez la M. modesta Qfg., et plus tard chez la M. ommatophora Gr. (Annul. Semper., p. 265).
(4) J'ai vérifié cette observation de Marenzeller, qui est très exacte. Les crochets thoraciques de la M. infundibulum, dont je donne une figure (pl. XII, fig. 349), ont 0m»,12 de long; ils sont peu nombreux. C’est peutètre ce que Meyer (Stud. über den Kôrperbau der Annel., Mitth. aus der zoo. Stat. zu Neapel, t. VIII, p. 500), appelle des soies à pointe recourbée. Quant aux plaques onciales abdominales, qui n’ont que 0,04 de haut, je leur trouve
324 DE SAINT-JOSEPIT.
avaient échappé à Claparède, est d'avis que le genre Leptochône Clpd. doit disparaître. La diagnose de Sars serait alors exacte, mais il faudrait y supprimer comme caractères l’absence de collerette et de points oculiformes aux branchies, car la Myricola infundibulum a une collerette suffisamment distincte et on trouve des yeux aux branchies chez la M. ommatophora et la M. floscula (Amplatrite floscula) Dalvell (1).
Voici donc quelle serait selon moi la diagnose du genre Myxicola : |
De chaque côté de la tête un demi-cercle de branchies réunies entre elles par une membrane palmaire mince sur la plus grande partie de leur hauteur. Soies capillaires ou faiblement limbées à tous les segments sétigères. Pas de lores uncinigères saillants. A la partie antérieure du corps, crochets ventraux à long manubrium peu nombreux. A la parlie postérieure, ceinture presque complète de plaques onciales excessivement peliles, ressemblant un peu à celles de certains Polycirrides.
MyxicoLa DINARDENSIS N. S$.
PI. XII, fig. 350-357.
Trouvée souvent dans les dragages de toutes les profondeurs et deux fois sur la côte au Rocher-Vidé et à l’îlot de Gleglin. Se tenant entre les lamelles des coquilles d’huîtres, où elle habite probablement un tube peu consistant d’où elle sort pour vagabonder comme la Jasminerra elegans.
Les exemplaires mûrs les plus longs de cette espèce, qui marche indifféremment la lête en avant ou la queue la première, mesurent 15 millimètres de long, dont 3 millimètres pour les branchies, sur 1 miilimètre de large. Une fois je rencontre un exemplaire avec des œufs n'ayant que 5 millimètres.
la même fomre que Claparède, et pas de long manubrium comme l'indique
Meyer.
(1) Cette Amphitrite floscula ayant un tube gélatineux est une Myxicole, et
non une Chone comme le croyait Claparède.
Le corps légèrement rosé, composé de segments peu distincts, dont les tubercules sétigères sont à peine saillants, s’amincit progressivement en arrière; des trainées pigmentaires brunes, longiludinales, parallèles, placées entre le canal digestif et la paroi du corps, suivent l'intestin et l’œsophage de chaque côté (fig. 357).
La bouche terminale, ciliée, précédée du côté dorsal par deux palpes ciliés, massifs, arrondis en avant (fig. 350), est entourée de deux demi-cercles cartilagineux très caducs, réunis par une bande cartilagineuse mince et courte du côté dorsal. De chaque demi-cercle s'élèvent 5 à 7 branchies (fig. 351), dont l'axe, vu de côté, est formé de deux rangées de cellules cartilagineuses ayant un noyau d’où rayonnent des iraînées protoplasmiques. Chacune des branchies est garnie intérieurement d’une double rangée de longues barbules, atteignant près de 1 millimètre, à longs cils vibratiles, avec un axe composé d’une seule rangée de cellules carlilagineuses. Ces barbules ne continuent pas jusqu’à l'extrémité de la branchie, qui se termine en pointe lancéolée, nue, longue de 0**,60, couverte de cils vibratiles très fins entremèlés de quelques poils tactiles (fig. 352). Les branchies sont parcourues par un vaisseau unique se ramifiant dans les barbules et où circule le sang vert. Une membrane palmaire très mince, diaphane et ciliée extérieurement, réunit dans chaque demi-cercle les branchies jusqu’à la portion où cessent les barbules.
Le premier segment achète, sans collerette, porte à la partie dorsale 5 à 6 yeux de chaque côté en rangée transversale oblique. Le 2*° segment a un otocyste à un seul otolithe de chaque côté ; quelquefois il y a deux otocystes d’un côté et un seul de l'autre. À ce segment, dans l’intérieur du corps de chaque côté, s'ouvrent les pavillons ciliés des organes thoraciques, dont l’orifice a 0"*,27 de diamètre. Ces pavillons sont suivis de 2 canaux qui descendent dans le 3*° segment el remontent de là jusqu’au 1* pour ne former qu'un seul gros canal de sortie sur la ligne mé-
326 DE SAINT-JOSEPII.
diane dorsale, débouchant à la base des branchies. Tout cet ensemble des organes thoraciques, saut les pavillons incolores, est brun (1).
Au 4”° segment apparaît de chaque côté, près du bord, un. œil de 0"*,02 de diamètre persistant à tous les segments. suivants : quelquefois il y a deux yeux d’un côté et un seul de l’autre. Le segment anal achète, qui est un peu arrondi et aplali, porte de chaque côté 3 yeux (fig. 353). Tous ces. yeux céphaliques, latéraux et caudaux se résolvent en nombreux granules pigmentaires rouges entourant un cristallin.
Il y a en tout, selon l’âge des exemplaires, 17 à 50 segments. assez indistinctement biannelés dont l’anneau antérieur est couvert de cils vibratiles, et l'anneau postérieur, qui en manque, porte les soies et les yeux. Un sillon longitudinal cilié, étroit, copragogue, quin’est indiqué par aucune rainure, parcourt la partie ventrale du corps.
est le nombre des segments abdominaux qui varie seul, celui des segments thoraciques étant toujours de 3 faisant suite au premier segment achète. Ces 3 segments portent à la partie dorsale de chaque côté 4 à 6 soies capillaires légèrement limbées, longues de 0"",14, et à la partie ventrale, faisant suite à ces soies, un groupe de 5 à 8 crochets birostrés, de 0°*,067 de long (fig. 354), à manubrium allongé, un peu renflé avant le rostrum. Au 5°° segment, à lieu l’interversion des soies : à la partie ventrale, groupe de 5 à 6 soies semblables aux soies dorsales des segments thoraciques et ceinture complète de plaques onciales qui entourent aussi presque complètement le dos. Les soies limbées sont placées en avant de cette ceinture de plaques onciales abdominales qui, excessivement pelites, hautes seulement de 0**,0075, assez distantes les unes des autres, lrès nombreuses (180 à 200), r essemblant aux plaques onciales de certains Polycirrides, ont une base massive surmontée de deux
(1) M. Soulier (loc. cit., pl. X, fig. 1) donne pour les organes thoraciques . de la Myxicola (Leptochone) æsthetica Clpd., une figure qui me dispense d’en faire une pour la M. Dinardensis.
dents pointues placées au-dessus l’une de l’autre (fig. 355); en les regardant de face, on voit qu’il y a 3 petites dents supérieures parallèles et une inférieure (fig. 356). L'œsophage, garni intérieurement de glandes rougeûires, débouche dans l'intestin brun qui est renfermé dans un large sinus où circule le sang vert. En passant d’un segment dans l'autre, l'intestin et le sinus enveloppant sont étranglés à chaque dissépiment. Pour tout ce qui concerne la circulation, je ne puis que confirmer la description donnée par Claparède pour la Myxicola infundibulum (1) qui s'applique ici. Sur les anses transversales flottent quelquefois dans le liquide cavitaire des éléments sexuels. | Les sexes sont séparés. Chez les femelles, les œufs, d’un brun clair, de 0**,13 de diamètre, remplissent les 12 premiers segments abdominaux.
= Souvent l'intestin renferme des Grégarines à noyau clair et à épicyte strié, longues de 0°*,30 sur 0**,015 de large. Deux fois je vois un exemplaire régénérant ses branchies encore en petit nombre, qui ont déjà l’axe cartilagineux, mais ni barbules ni membrane palmaire. Dans un état plus avancé et sans que la membrane soit encore formée, les barbules apparaissent terminées chacune, aussi bien que la pointe nue lancéolée des branchies, par deux longs poils tactiles qui n'existent plus quand les branchies sont parvenues à leur taille définitive. Enfin, j'observe au 13*° segment d’un autre exemplaire, bourgeonnant sur le côté, deux petits segments abdominaux suivis d’un segment anal à deux yeux (fig. 357). M. Malaquin (2) a observé un cas semblable chez l’'Autolytus Smittiæe Malaq.
La M. Dinardensis se rapproche de l’Amphicorine Arqus Qfs. (3), qui me paraît être une Myxicole. Mais elle ressemble
(1) Claparède, Recherches sur la structure des Annélides sédentaires (Mém. de lu Soc. de phys. et d'hist. nat. de Genève, t. XXII, 1873, in-4, p. 83, et pl. VI et VII).
(2) Recherches sur les Syllidiens. Lille, gr. in-8, 1893, p. 352, et pl. XI, fig. 15. |
(3) Hist. nat. des Annél., t. IT. p. 478, et pl. XVI, fig. 5-10.
surtout à la Myxicola (Leptochone) æsthetica Clpd. (1), dont elle ne diffère que par les caractères suivants: elle n’a pas les raies noires caractéristiques sur le dos: elle n’a presque toujours que 2 otocystes (3 au plus) et non 4 à 6; les branchies sont élargies avant la pointe terminale, elles se tiennent toujours droites et formant enlonnoir sans se renverser en arrière ; les palpes sont de larges lobes membraneux et ne sont pas terminés en pointe comme les figure Claparède pour la L. æsthetica; enfin les crochets, vus de côlé, sont birosirés et non unirostrés.
TRIBU DES SERPULIDES.
GENRE SERPULA L. s. sir. Phil.
SOUS-GENRE SERPULA s. str.
SERPULA VERMICULARIS L. (2).
TuBus VERMICULARIS Ellis, Corall., p. 117, et pl. XXX VIII, fig. 2. SERPULA VERMICULARIS Môrch, Revisio critica Serpulidarum (Naturh. Tids., 3me sér., 3me liv. Copenhague, 1863, p. 381) (3).
— — Johnston, Cataloque of british non parasit. Worms, 1865, | p. 269. | — Malmgren, Ann. polych., p. 228.
— — Hansen, Oversigt over de Norske Serpula arter (Archiv for mathem. og naturv., Kristiania, t. III, 1878, p. 39 et pl 1);
— ?Langerhans, Die Wurmfauna von Madeira (Zeits. für Wiss. Zol., t. XXXIV, 1880, p. 118 et pl. V, fig. 34).
— — Levinsen, Syst. geogr. Oversigt over de Nord. Annul. (Vidensk. Meddelser for 1883 (1884), p. 198).
— — Von Marenzeller, Ber. der Comm. für Erforsch. des Est. Mittelm. VI. Zool. Ergebn. II. Polychæten des Grundes gesammell 1890, 1891 and 1892 (Denks. der k. Akad. der Wiss. zu Wien, t. LX, 1893, p. 20).
— Paiex Môrch. Môrch, Revisio critica Serpulidarum, p. 385.
— — Claparède, Annélides du golfe de Naples, p.438 et pl. XXXI, He TES
— FASCICULARIS Dan Lamarck, Hist. nat. des anim. sans vert.,?me édit., 1838, t. V, p. 618.
(1) Abe du golfe de Naples. Supplément, 1870, p. 150, et pl. XIV PET 1. (2) S. N. XII, p. 1266, Nr. 805, fide Môrch.
(3) Môrch donne la bibliographie jusqu’à 1863; je ne fais que la compléter pour les ouvrages postérieurs.
SERPULA FASCICULARIS Quatrefages, His{. nat. des Annél., t. II, p. 497, et pl. XV,
fig. 24 a.
— CONTORTUPLICATA Sav. nec L., Savigny, Système des Annélides, p. 73.
— — Blainville, Dict. des sc. nat., article Serpule, t. XLVIIT, P. 553.
— — Lamarck, Hist. nat. des anim. sans vert., 2me édit., 1838, LV D 1619:
— — ? Cuvier, Règne animal illustré, pl. I, fig. 1.
— — Grube, Actinien, Echinodermen und Würmer des Adriatischen und Miltelm. Kônigsb., 1840, in-4, p. 64.
PI. XII, fig. 358-365.
Trouvée quelquefois dans les dragages sur les vieilles coquilles d’huîlres et quatre fois aux Ormelettes sur les rochers ou sous les pierres.
Cette espèce est très variable en ce qui concerne la forme du tube et la coloration. R
Le tube toujours rosé, une seule fois verdâtre, long de 4 à 10 centimètres (1), n’a pas, comme l’a déjà remarqué Hansen, une forme fixe. Tantôt rond et uni, tantôt couvert de rides transversales espacées, tantôt muni d'une carène dorsale peu élevée, interrompue de loin en loin et que je vois une seule fois s’avançant un peu comme une petite épine au-dessus de l’entrée toujours ronde et un peu en forme de pavillon de trompette, il est solitaire et, sauf sur une petite partie de son extrémité antérieure qui se redresse, 1l est appliqué par sa face inférieure, en général un peu aplatie, sur les coquilles ou les rochers. Il décrit le plus souvent deux courbes à grand rayon et son extrémilé postérieure est contournée en spirale. Je ne rencontre qu’une seule fois deux tubes accolés l’un à l’autre.
Le corps de couleur rougeâtre ou orangée mesure, branchies comprises, tantôt 2 centimètres de long sur 1,5 de large avec 102 segments, lantôt 4 à 5 centimèlres sur 4 à 5 millimètres de large avec 147 à 157 segments en tout. Le thorax compte environ pour un quart dans la longueur du
(1) Chez les Serpulides, plus l'animal est âgé, plus son tube calcaire est long; à mesure qu'il grossit et qu'il grandit, il allonge et élargit le tube qui ne serait plus fait pour sa taille, et dont l extrémité inférieure devenue trop étroite est alors sans utilité.
330 DE SAINT-JOSEPII.
corps, et comme il se compose de 7 segmenlis, les segments y sont très espacés comparativement à ceux de la région abdominale où, vers la fin du corps surtout, ils sont excessivement serrés.
Les deux lames basilaires branchiales en demi-cercle colorées en rouge sont beaucoup plus hautes de côté ventral que du côté dorsal; 1l en sort des branchies au nombre de 30 à 32 de chaque côté, ayant à peu près un tiers de la longueur du corps et garnies chacune intérieurement d’une double rangée de barbules ciliées au nombre de 84 paires environ, ne persistant pas jusqu’à l'extrémité qui reste nue sur une longueur de 0**,48. La membrane palmaire qui unit les branchies est épaisse ; elle est plus haute du côté ventral où elle atteint 2 millimètres. Les branchies, qui sont parcourues du côté dorsal pendant 2 millimètres à partir de la base par deux raies longitudinales parallèles d’un blanc crayeux, sont tantôt entièrement rouges, tantôt blanches avec des zones d’un blanc mat au dos, tantôt rouges avec des zones blanches ; tantôt la base seule est rouge et le reste blanc, ou blanc avec zones rouges. Les barbules, quicomme les branchies renferment un vaisseau unique aveugle rempli de sang vert, sont de la même couleur que le dos des branchies : rouges en regard des partiesrouges, blanches en regard des zones blanches. Elles ne vont pas jusqu’au bas des branchies et sont remplacées par les bourrelets branchiaux semblables à ceux de la Sabella pavonina. Chez les exemplaires très jeunes la lame basilaire est rouge et les branchies d’un vert tendre à cause du sang qu’on voit par transparence.
Pour Grube (1), Quatrefages (2), Claparède (3), Levinsen (4), les branchies chez les Serpulides ont un squelette cartilagineux, comme chez les Sabellides ; mais Lüwe (5) établit qu'il
(1) Mitth. über Serpulen (Jahresb. der Schles. Gesells., 1862 (1863), p. 60).
(2) Hist: nat. des Annél., t. I, p. 68.
(3) Supplém. aux Annél. du golfe de Naples, p. 162.
(4) System. geogr. Oversigt over de Nord. Annul. (Vidensk. Meddels. 18383 (1884), p. 190).
(5) Studien in d. Athmungsorgane : I. Zur Anat. d. Serpulakieme (Zeits. für Wiss. Zool., t. XXXII, p. 158-188, et 1 pl.).
n'y avait pas de cellules cartilagineuses chez le Syrrorbis, Orley (1) confirma cette observation pour plusieurs espèces de Serpuliens, et Jaquet (2) pour la Protula intestinum. En faisant une coupe transversale d’une branchie de Serpula vermicularis on peut se convaincre facilement qu’elle ne conüent pas de cellules cartilagineuses (fig. 358). Elle est entourée d’une cuticule réfringente criblée de pelits pores, épaisse du côté dorsal de la branchie, allant toujours en s’amincissant du côté intérieur. Je ne puis que renvoyer à Lüwe et à Orley pour les détails histologiques sur lesquels je n'ai pas à m'étendre; j'insisterai seulement sur un seul. Du côté dorsal de la branchie, on voit sur la coupe deux poches (fig. 358, 0) remplies de cellules glandulaires transparentes en forme de sac allongé, séparées les unes des autres par des granules pigmentaires bruns. Ces deux poches, qui rappellent les glandes pédieuses des Polydora, sont en réalité une tranche de deux colonnes de cellules mucipares (seifliche Zellsäule de Lôwe). Lorsqu'on examine la branchie de côté et par transparence, ces deux colonnes ressemblent à peu près à deux files de cellules cartilagineuses, ce qui explique l'opinion des premiers observateurs. On ne les retrouve pas dans les barbules branchiales qui sont garnies de cils vibratiles à la face intérieure.
Du côté dorsal, la première branchie du lobe branchial droit est transformée en une tige blanche, nue, avec un anneau rouge, d'un diamètre deux fois supérieur à celui des autres branchies, les dépassant très sensiblement en longueur et surmontée d’un opercule en forme d’entonnoir découpé au bord en un nombre de dents le plus souvent incolores très variable {50 à 106). Ces denis, qui finissent en pointe légèrement obtuse, sont séparées les unes des autres dans l’intérieur de l’entonnoir par des côtes qui sont tantôt toutes
(1) Die Kiemen der Serpuluceen, etc. (Mitth. aus der z0ol. Stat. zu Neapel, t. V, 1884, p. 197-228, et pl. XII et XIII).
(2) Recherches sur le système vasculaire des Annélides (Mitth. aus der 2001. Stat. zu Neapel, t. VI, 1885, p. 364, et pl. XXII, fig. 73-74).
395 DE SAINT-JOSEPIX.
rouges, tantôt toutes blanches, ou le plus souvent une côte rouge alternant régulièrement avec une blanche, ou enfinles côtes rouges étant plus nombreuses queles blanches. Aucune d'elles ne parvient jusqu’au fond de l’entonnoir; quelquesunes seulement en approchent. Ainsi pour un opercule à 58 dents, 12 côtes parviennent non loin du fond ; les autres qui se sont formées plus tard atteignent des niveaux différents, mais moins inférieurs. Claparède figure très bien pour la Serpula Philippi Môrch (1) cette disposition et les vaisseaux sinueux qui se prolongent dans l’opercule entre chaque côte (2). Il n’y a pas de papilles au fond de l’entonnoir. En regard de la tige operculigère et par conséquent du côlé gauche, la première branchie du lobe branchial gauche est transformée en une tige nue de 2 millimètres à 2°°,5 de haut chez les gros exemplaires, terminée par un faux opercule en forme de massue (fig. 359). La disposition inverse s’observe aussi souvent que celle que nous venons de décrire : l’opercule est à gauche et le faux opercule à droite (3).
La bouche s'ouvre entre les deux lobes branchiaux plusprès du ventre que du dos. Elle est dominée du côté dorsal par une lèvre supérieure sans palpes, ciliée, membrane blanche entière et non fendue tendue entre les 2 deuxièmes branchies de chaque demi-cercle branchial. Un sillon partant du pore thoracique dont il sera question plus loin et passant à égale distance des deux demi-cercles branchiaux, y aboutit. Du côté ventral, la lèvre inférieure blanche ciliée, parallèle à la lèvre dorsale et plus élevée, se relie à chacun des lobes branchiaux, dont elle suit la base en se repliant en arrière jusqu’à la 1” branchie ventrale. Elle s'appuie en arrière sur une pièce médiane rectangulaire d’un blanc nacré, parcourue par un sillon longitudinal externe, reliant entre elles les ba-
(1) Annélides du golfe de Naples, pl. XXXI, fig. 2.
(2) Orlev (loc. cit., p. 210, et pl. XI, fig. 21-25) a décrit et figuré d’une manière exacte l’histologie de l’opercule chez la Serpula vermicularis.
(3) Grube (Mitth. über Serpulen. Jahresb. der Schles. Gesellsch., 1862 (1863), . p. 56) a insisté sur ces variations dans la position de l’opercule chez les Serpulides.
ses des 2 lobes branchiaux du côté ventral (fig. 360 et 361) et semblant destinée à les tenir écartés. Cette pièce, que Levinsen me semble déjà avoir signalée, ne peut s'apercevoir que lorsqu'on écarte la collerelte qui la recouvre. Elle me paraît être homologue aux 2 ampoules de la lèvre inférieure chez certains Sabellides.
La collerette échancrée du côté dorsal forme un seul lobe ventral entier non échancré et 2 lobes latéraux dont les pointes prolongées se rejoignent presque sur le dos de l’animal, qui est parcouru à cet endroit par une raie médiane longitudinale blanchâtre indiquant le canal sous-jacent des organes tharaciques qui débouche sur un pore en arrière de la tige de l’opercule et de celle du pseudopercule entre ces deux tiges. Les lobes latéraux sont continus avec la membrane thoracique, qui estmince, incolore, ou de couleur rouge, rose ou orangée, et parcourue par un riche réseau vasculaire. Elle flotte sur chacun des côtés dorsaux du thorax, recouvre les rames dorsales et ventrales dont les soies la traversent et va toujours en s’écartant progressivement du dos jusqu à ce que ses deux parties finissent par se réunir sur le dernier segment thoracique du côté ventral, et former une basque appelée par Meyer collerette ventrale postérieure qui recouvre les 2 ou 3 premiers segments abdominaux, mais sans y adhérer. Le dos de la membrane thoracique est recouvert de cils vibratiles comme le côté dorsal des segments thoraciques.
Le segment buccal sur lequel est placée la collerette est fusionné avec le premier segment sétigère, qui ne porte que des soies dorsales d’un beau jaune doré, très saillantes. Ce qui distingue le faisceau des soies dorsales de ce segment du faisceau des autres segments thoraciques, c’est qu'il est dirigé perpendiculairement à l'animal, traversant la collerette, tandis que les autres sont plutôt inclinés vers le bas, et que les soies qui le composent sont de deux sortes, les unes capillaires, très indistinctement limbées, finement dentelées au bord et légèrement arquées ou sinueuses, au nombre de 16
334 DE SAINT-JOSEPIL
à 20, les autres au nombre de 10 à 12 très massives, avec 2 gros moignons courts et une longue pointe terminale un peu inclinée en arrière qui dans les deux derniers tiers est bordée de fins denticules ; des petits mamelons cornés sont placés au-dessous des moignons sur les côlés (fig. 362). Aux 6 autres segments thoraciques, les soies dorsales, au nombre de 60 environ, ne sont plus que d’une seule sorte, capillaires avec un limbe étroit, finement dentelées au bord, plus fortes et moins longues qu’au 1° segment ; 1l s’y joint du côté
ventral une rangée de plaques onciales qui sont rétrogres-
sives comme à l'ordinaire, et munies chacune de 5 dents.
L'interversion se produit au 8”° segment sétigère, où les plaques onciales deviennent dorsales et les soies ventrales. Ces dernières, au nombre de 16 à 20, très peu saillantes, ont la forme d’un cornet creux dentelé au bord (fig. 363); aux 30-45 derniers segments 1l s'y mêle de longues soies capillaires très fines qui manquent aux 4 ou 5 derniers. Quant aux plaques onciales, hautes de 0”**,042, il ÿ en a en général 18 à chaque segment abdominal, sauf aux 2 premiers et aux derniers où elles sont beaucoup moins nombreuses. Elles ont la même forme qu'aux segments thoraciques; mais ici elles ont 6 dents au lieu de 5, et aux derniers segments abdominaux elles en ont 7 et 8 (fig. 364 et 365). Il n'y a pas d’écussons ventraux à l'abdomen. Ceux du thorax, recouverts en partie par la membrane thoracique, sont en général assez indistincts. Le sillon copragogue est large et mal indiqué. Le segment anal se termine par 2 pelites palettes avec poils tactiles.
Du côté ventral du premier segment sétigère, il y a deux gros organes excréteurs thoraciques blanchâtres, placés en regard l’un de l’autre, dont les 2 canaux dirigés vers la tête se réunissent en un canal de sortie commun débouchant sur le dos comme il a été dit plus haut.
Lorsqu'on écarte la collerette du côté ventral, on voit sur la limite du 1°*et du 2*° segment, de chaque côté et au-dessous
de la pièce rectangulaire blanche placée entre les 2 lames ba-
laires branchiales, un gros point blanc qui est peut-être la
nine :
partie inférieure en cul-de-sac des organes thoraciques aperçue par transparence à travers les parois du corps.
Sur les coupes transversales des faisceaux musculaires longitudinaux, les muscles ont la forme pennée.
Les œufs sont de couleur orangée et les spermatozoïdes blancs. Je trouve un exemplaire rempli de pseudonavicelles.
Je recueille une fois à la pêche pélagique un très petit Serpulien, que je crois être une S. vermicularis, renfermé dans un tube calcaire tellement mince qu'ilest encore transparent. L’opercule est en entonnoir et les branchies, au nombre de 6 de chaque côté, teintées en vert par le sang, mesurent 0**,50 de long. Le corps a 1**,13 de long, dont 0""*,27 pour le thorax qui a 5 segments et 0"*,85 pour l'abdomen qui en a ‘environ 40. Les sotes me paraissent être celles d’une S. vermicularis; mais un accident m'empêche de les déterminer d’une manière précise.
Von Marenzeller confond la S. vermicularis avec la S. Philippüi Môrch, et Langerhans avec la S. pallida Phil. la S. echinata Gm., la S. aspera Phil., et la S. octocostata Qfg. La S. vermicularis de O. F. Müller est un Æydroides et celle de Cuvier un Pomatoceros.
Mers du Nord. Manche. Atlantique. Méditerranée. Draguée par le Knight Errant près de l’île de North Rona à 96 mètres de profondeur.
GENRE FILOGRANA Oken.
SOus-GENRE FILOGRANA s. str.
FILOGRANA IMPLEXA Berk. (1).
FILOGRANA IMPLEXA Sars, Fauna lititoralis Norvegiæ, pars I, in-fol. Christiania 1846, p. 88, et pl. X, fig. 12-19.
— — Keferstein, Uuters. über niedere Seethiere (Zeits. für Wiss. Zool., t. XIL, 1862, p. 128, et pl. XI, fig. 23, 24).
(1) Berkeley : Descriplions of the animal inhabitants of two british Serpulæ {Zool. Journal, t. III, 1827, p. 230, et pl. XVIIL fig. 3). Voir aussi pour la définition du genre, Berkeley : Observations upon the Dentalium subulatum of Deshayes (Zool. Journ., t. V, 1835, p. 427).
330 DE SAINT-JOSEPII.
FILOGRANA IMPLEXA Johnston, Cataloque of brit. non paras. Worms, 1866, p. 2173.
— — Quatrefages, Hist. nal. des Annél., t. II, p. 487.
— —— Levinsen, Syst. geog. Overs. over de Nord. Annul. (Vidensk. Meddels, 1884. Copenhague, p. 197, et pl. IL, fig. 8, b, c).
- — Cunningham and Ramage, The Polychæta sedentaria of the Firth of Forth (Trans. Edinb. Soc., t. XXXIII, 1888, in-4, p. 673, et pl. XLV, fig. 35).
SCHLEIDENI Schm. O. Schmidt, Beitr. zur Naturg. der Würmer gesammelt auf einer Reise nach der Fürôr in 1848. Iéna, 1848, in°8s D. sel. pl. Héthoe 1.
PI. XII, fig. 366-369, et pl. XHL, fig. 370-374.
Trouvée une fois dans un dragage sur une vieille coquille et plusieurs fois sur la côte à la balise de Rochardien et à l’île du Haumet attachée aux rochers.
La F. implexa vit en colonies et habite des tubes calcaires blancs très fins (0*",25 de diamètre au plus), à entrée ronde, unis, très souvent couveris de Fo/hculina ampulla 0. F. Müller (voir ci-dessous p. 369) ou de Fo/liculina atropurpurea Stret. Wright, agrégés entre eux en forme de polypiers et s’anastomosant de manière à former de larges mailles dans l'intérieur desquelles s’abritent de petites éponges, des Coryne pusilla Gärtn., des Coryne fruticosa Hincks et quelquefois de pelits œufs de Sépioles isolés ou en chaîne, de couleur orangée, ressemblant à première vue à certains œufs de Gastéropodes (1).
Le corps un peu gris atteint au maximum 3 millimètres de long, sans les branchies, sur une largeur de 0°*,20 en avant.
La collerette incolore légèrement échancrée, mais non incisée jusqu'en bas, du côté ventral, a 2 lobes latéraux dont les bords arrondis laissent un large espace découvert sur le dos du 1* segment. La tête est saillante et arrondie avec 2 yeux à la base et bouche terminale ciliée, s’ouvrant entre 2 petites lèvres et dominée par 2 palpes ciliés relativement assez larges. Les yeux consistent en 2 laches pigmentaires allongées, que les forts grossissements résolvent en 8 ou
(1) Je réserve pour un travail à part les détails sur ces œufs curieux à capsule coriace, si différents des autres œufs de Céphalopodes.
10 cristallins (fig. 366) entourés chacun d’un amas de granules d’un brun sombre. |
Les branchies, longues de 1"*,20 à 1°*,50, sont au nombre de 4 de chaque côté; la première dorsale de chaque côté, tout en ayant les mêmes barbules que les autres, est terminée par un opercule de tissu transparent chitineux très mince en forme de cuiller, dirigé obliquement par rapport à la branchie (fig. 367). Les 2 opercules sont de même taille ; ils se superposent quand l'animal rentre dans son tube, où les branchies sont très serrées les unes contre les autres et tordues en spirale comme les figure exactement Eblers chez la Fuograna Huxleyi (1). L'opercule supérieur bouche l'entrée du tube comme le font d'ordinaire les opercules des Serpulides. Les branchies non operculifères sont terminées par une partie nue non renflée assez courte. Toutes, comme les barbules qui ont 0**,23 de long, sont parcourues par un vaisseau contenant du sang vert. Elles ont 2 axes dorsaux de cellules muqueuses qui, vues de côté, ont l'apparence de cellules cartilagineuses.
La membrane thoracique, qui ne fait qu'un avec les lobes latéraux de la collerette, finit par une basque très courte, flottant du côté ventral un peu en arrière du dernier segment thoracique. Le thorax à 7 ou 8 segments, dont le 1° fusionné avec le segment buccal et plus haut que les autres porte, non loin de sa limite inférieure, les 2 premiers faisceaux de soies dorsales dirigés présque perpendiculairement au corps, comme il en est d'ordinaire chez les Serpulides. Ces 2 faisceaux consistent chacun en 2 ou 3 soies limbées (fig. 368) et en s ou 6 longues soies particulières géniculées finissant en une pointe dont le limbe, bordé de plissements simulant des denticules, est séparé par une échancrure d'un aileron crénelé d’environ 10 dents serrées (fig. 369). Le 2% segment a 5 soies limbées seulement, le 3% 4 soies
(1) Ehlers, Florida Anneliden (Reports on the results of dredgings, etc. Memoirs of the Museum of comp. Zool. at Harvard college, t. XV, in-4, Cambridge 1887, pl. LVI, fig. 4).
“ mu —
338 DE SAINT-JOSEPIE.
limbées et 1 ou 2 soies en faucille (fig. 371) plissée au bord, (soies de Salmacine) (1); les segments thoraciques suivants ont 2 ou 3 soies de cette dernière sorte, outre les soies limbées.
(1) Langerhans (Die Wurmf. von Madeira, IIT*" Beitrag. Zeits. für Wiss. Zool., t. XXXIV, 1880, p. 122, et pl. V, fig. 40 a), en décrivant la Salmacina ædificatrix Clpd., appelle soies particulières les soies en faucille qui apparaissent au 3%° segment. Plus tard ([Vt Beitrag, ibid., t. XL, 1884, p. 274), il dit: « Dans le type Filograna, les segments thoraciques ont, outre les soies. limbées du genre Serpula, à partir du 3"* segment, une soie que Claparède. a décrite le premier chez les Salmacines, et à laquelle je donne pour cela le. nom de soie de Salmacine (cfr. fig. Æl ej. » 11 s’agit donc bien là de la soie en faucille du 3° segment thoracique figurée par Claparède pour la Salmacina incrustans (Annél. du golfe de Naples, pl. XXX, fig. 5 D) et pour la Salmacina ædificatriæ (Suppl. aux Annél. du golfe de Naples, pl. XINH, fig. 4 C), n'ayant pas de limbe avant la faucille. Mais si l’on se reporte à la figure 41 e, à laquelle Langerhans renvoie par erreur, on trouve une soie en faucille précédée d’un large limbe qui existe au thorax chez la Vermilia infundibulum Gm., et dont il dit dans la description de cette espèce qu’elle ressemble un peu (ähneln) aux soies de Salmacine. Sa véritable soie de Salmacine est celle qu’il figure pour la Sulmacina setosa (fig. 40 d), et qu'il avait déjà figurée pour la S. ædificatrix et la S. incrustans en 1880. C’est une faucille non précédée d’un limbe. S’en rapportant au renvoi inexact. de Langerhans, von Marenzeller (Südjapanische Annel. Il. Denks. der k. Akad. der Wiss. zu Wien, t. XLIV, 1884, p. 215, note 2) me paraît avoir: considéré comme soies de Salmacine les soies en faucille précédée d’un limbe court que Marion avait relevées le premier chez les Apomatus et. que j'appelle pour cette raison: soies d’Apomatus. C’est sur le bord de la partie terminale de ces soies que von Marenzeller a remarqué qu'il y avait non des denticules, mais des plissements simulant des denticules.
Les soies de Salmacine s’observent au thorax chez les différentes espèces de Salmacina, chez la Filogranu impleæa Berk., le Spirorbis borealis Daud., le Spirorbis carinatus Mont., le Spirorbis Beneti Marion, la Mera pusilla N.S., la Filogranula gracilis Lang., et à l'abdomen chez la Leodora (Spirorbis) lævis Q'g., la Mera pusilla N. S., la Protula tubularia Mont., la Protula Diomedeæ Benedict., la Protula alba Benedict,la Protula Meilhaci Marion, l’Apo-matus similis Marion, l’Apomatus globifer Theel.
Les soies d’'Apomatus n’ont encore été rencontrées jusqu'ici qu’au thorax. Nous y reviendrons plus loin à propos du genre Apomatus, et on verra pourquoi je suis entré dans tous ces détails, afin de les bien distinguer des soies de Salmacine.
Pour toutes ces soies délicates terminées en faucille, il faut remarquer que le séjour dans l'alcool ou dâäns les milieux conservateurs tend à faire diminuer la courbure de la faucille (voir Apomatus similis, pl. XI, fig. 418 et 419). C’est ce qui explique pourquoi elle disparaît presque quelquefois dans les figures qu'on en a données, où il arrive même qu'elle soit renversée en arrière, et pourquoi elle est mieux marquée pour les soies plus résistantes de la Protulà tubularia (pl. XIII, fig. 412) que pour les soies plus minces de la Filograna implexa (pi. XII, fig. 371). Il est très préférable de les examiner sur l’animal vivant et dans leur milieu naturel.
A partir du 2% segment inclusivement, apparaissent du côté ventral des plaques onciales hautes de 0"",018, au nombre de 35 à 40 qui, vues de côté, se composent chacune d'une grosse dent placée à l’extrémité de la plaque la plus rapprochée de la tête de l'animal, et de 10 à 13 petits denticules très fins (fig. 372, 373, 374).
Au thorax fait suite une partie du corps nue et non segmentée, longue de 0**,06 à 0**,07, qui contient l'estomac et à laquelle succède l’äbdomen, où se trouve l'instestin un peu sinueux renfermé dans une gaine où circule le sang vert. L'abdomen se compose de 20 à 26 segments dont chacun a 1 ou 2 soies ventrales géniculées et dentelées (fig. 370), et des plaques onciales dorsales semblables aux plaques ventrales du thorax, mais un tiers plus petites etun tiers environ moins nombreuses. Le segment anal se termine par 2 papilles qui servent peut-être à la construction du tube.
Les sexes sont séparés, les œufs rouges et les embryons semblables à ceux que nous décrirons plus loin pour la Salmacina Dysteri.
On sait qu’en outre la F. 2mplexa se reproduit par scissiparité et bourgeonnement. Dans ce cas, l’animal est court (2 millimètres environ, branchies el bourgeon compris). Il a 7 ou 8 segments thoraciques et 18 abdominaux au plus. Au 7% ou 8* segment abdominal, il se forme 2 fentes latérales d'où sortent de chaque côté du corps 3 ou 4 papilles en massue, rudiments des branchies du bourgeon qui se trouve alors composé des derniers segments abdominaux de la souche ; 1l se complète ensuite en formant tous ses segments thoraciques aux dépens du 8° segment abdominal de celle-ci. Je n'ai jamais observé d'éléments sexuels dans la souche et je n'ai Jamais vu le bourgeon se détacher ; mais j'ai rencontré des animaux avec un abdomen très court de 7 segments, d’où un bourgeon venait certainement de se séparer.
Mers du Nord. Manche. Méditerranée (1).
(1) Grube signale la F. implexza à Zaole et à Portore, et j en ai trouvé dans des tubes mêlés à des tubes de Salmacina Dysteri venant de Naples.
À SOUS-GENRE SALMACINA Clpd.
SALMACINA DysTERr: Huxl. (4).
ProruLa Dysrtert Claparède, Beob. über Anat. und Entwick. Wirbel. thiere, etc., in-fol. Leipzig, 1863, p. 31, et pl. XV, fig. 16-23.
SALMACINA Dysteri Giard, Notes sur l'embryogénie et le développement de la S.Dysteri (Comptes rendus, 17 et 24 janvier 1876).
FiciPoRA FILOGRANA Dalyell, Powers of the Creator, etc., t. II, in-4, 1853, p. 250, et pl. XXXIV en entier (2).
PI. XIII, fig. 375-380.
Trouvée fréquemment dans les dragages, fixée à des vieilles coquilles ou à des Rytiphlæa pinastroides et quelquefois sur la côte à la balise de Rochardien, attachée aux rochers, età l’îlot des Ormelettes formant des plaques sous des pierres ou sous des Codium bursa.
Habitant en colonies des tubes tout pareils à ceux de la Filograna implexa (3), souvent couverts de Bryozoaires, de Folliculina et donnant asile à des Nématoïdes libres (Thauracostoma Schneider: Bütschli, elc.), à des Polynoes, à des éponges, etc. Ils ressemblent à de petits polypiers d’où sortent les branchies comme autant de fleurs. Au bout de quelques heures, ces petits Annélides, qui sont fort délicats, tombent de leurs tubes dans les vases où on les conserve.
La S. Dysteri atteint au plus 6 millimètres de long, dont 4*%,80 pour le corps et 1**,20 pour les branchies. Le corps (4) est rouge et les branchies sont blanches, sauf à leur base de couleur rougeûtre.
La collerette, qui a 2 lobes latéraux largement ouverts du côté dorsal, est entière du côté ventral, avec un bord à festons
arrondis.
La tête saillante, terminée par une bouche ciliée, avec
(1) Huxley : On a hermaphrodite and fissiparous species of tubicolar Annelid (Protula Dysteri) (Edinb. New Phil. Journal, New series, t. I, 1855, p. 113, et fig. 1-11).
(2) L'espèce de Dalyell n’ayant pas d’opercules, me paraît être une Salmacina et non une Filograna.
(3) Dalyell en donne une excellente figure (loc. cit., fig. 1).
(4) Huxley le représente très exactement (loc. cit., fig. 3).
2 yeux comme chez la F. implexa, est dominée par 2 palpes ciliés cylindriques hauts, de 0"*,12 parcourus par un vais-. seau vert et fixés à l’intérieur de chaque lobe branchial du côté dorsal.
Les branchies, au nombre de 4 de chaque côté de la tête, ont 2 axes de cellules muqueuses comme la 7”. tmplexa. Elles sont garnies à l’intérieur de 15 à 20 paires de barbules ciliées en avant de chacune desquelles, sur le dos de la branchie, il y a un amas saillant de cellules glandulaires ovales au nombre de 20 à 25, remplies de granulations grises (fig. 375). Chaque branchie est terminée par une partie nue en forme de massue allongée (fig. 376), dont le centre est creux et parcouru par le vaisseau vert et dont les 2 bords saillants sont composés d'un bourrelet de grosses cellules allongées (fig. 377), entremêlées de poils tactiles. Ces cellules sont à peu près semblables à celles des amas placés sur le dos des branchies en avant des barbules; d’après Ehlers (1), elles serviraient à engluer la proie. Les barbules sont terminées par quelques cellules de même sorte, beaucoup plus petites.
Le thorax a 7, 8 ou 9 segments dont les soies et les plaques onciales sont tout à fait semblables à celles de la Z”. implexa, comme l’est aussi la membrane thoracique. Il y à au 1°” segment, 8 soies limbées et 8 soies géniculées à aileron crénelé, comme celles que J'ai figurées pour la Flograna implexa; au 2°, 8 soies limbées seules ; au 3"° et aux suivants, 1l s’yjoint 2, 3 ou 4 soies en faucille. Les plaques onciales qui commencent au 2” segment sont au nombre de 45 à 50 et hautes de 0”*,02.
La parlie nue qui fait suite au thorax a la longueur de 10 à 12 segments. L’abdomen proprement dit, qui commence ensuite, à 40 à 50 segments, dont les 11 à 12 premiers plus larges, les suivants très étroits, avec 2 petits mamelons latéraux saillants à chaque segment formés par les tores uncini-
(4) Ehlers, Florida Anneliden, etc., p. 317, à propos de la Filigrana Huxleyi Eh].
342 DE SAINT-JOSEPIT.
gères, et Les 8 derniers s’élargissant de nouveau, ayant une carène dorsale et suivis d’un segment anal avec 2 petites papilles terminales. Les soies et les plaques onciales abdominales sont les mêmes que chez la F. ëmplexa, ces dernières au nombre de 6 à 7 et mesurant 0"*,012 de haut.
Le canal digestif, cilié intérieurement, se compose de l’æœsophage brun qui occupe le thorax, de l'estomac rouge qui remplit l'espace nu faisant suite au thorax et enfin de l'intestin légèrement sinueux, qui estcontenu dans l’abdomen et se termine à l’anus cilié. |
Le sinus sanguin enveloppant le canal digestif se prolonge à parlir du 2° segment en un vaisseau dorsal court qui se bifurque en 2 vaisseaux branchiaux envoyant chacun 4 vaisseaux plus petits à chacune des branchies. Les anses latérales, à la partie inférieure du corps, ont des cæcums aveugles comme Huxley en a décrit dans notre espèce et Claparède chez la Dasychone Lucullana (À).
Les organes excréteurs thoraciques bien figurés par Huxley et dont la présence est signalée par des granules pigmentaires rouges, débouchent par un canal commun cihé à la base de la tête.
La S. Dysteri est, comme on le sait, hermaphrodite.
Les spermatozoïdes, dont la tête allongée mesure 0°*,012 de haut (fig. 378), remplissent les3 à 5 premiers segments abdominaux (2); les 8 à 9 suivants contiennent les œufs rouges et peu nombreux.
En comprimant le corps d'exemplaires mûrs, j'en fais sortir des œufs auxquels sont mêlés des embryons ciliés, ce qui prouve que la fécondation se fait dans le corps de la Salmacine (3). Parmi ces embryons les uns atroques, très
(4) Annélides du golfe de Naples, p. 429, et pl. XXX, fig. 4.
(2) Voir sur la spermatogenèse des Salmacines, Sabatier : De la spermatogenèse chez les Annélides (Revue des se. nat., Montpellier, in-8, t. X, mars 1882, p. 249, et pl VII et VIIT).
(3) Max Schultze (Ueber die Entwickelung von Arenicola piscatorum nebst : Bemerk. über die Entw. anderer Kiemenwtürmer. Halle S. A., 1856, p. 2), avait vu aussi des embryons ciliés sortir du corps de la Nereis diversicolor
petits, de même taille que les œufs, ont 2 petits yeux antérieurs, un reste de vitellus de couleur orangée foncée et un revêtement complet de cils vibratiles courts (fig. 379), les autres, plus avancés, monotroques (fig. 380), ont la tête arrondie portant trois poils tactiles frontaux et 2 yeux rouges, entourée en arrière par une collerette basse bordée de cils vibratiles courts; vient ensuite une couronne de longs flagellum qui est suivie d’un segment achète dans lequel on distingue du côté dorsal 5 grosses cellules aux dépens desquelles se formera probablement le manteau (membrane thoracique) dont parle M. Giard. Le reste du corps de l'embryon se compose de 3 segments sétigères et du segment anal. Le 1" segment sétigère a de chaque côté2soies limbées ; le 2° et le 3”en ont chacun une et le segment anal achète est lerminé par 2 poils tactiles; les plaques onciales manquent encore. Cet élat me paraît antérieur à celui décrit par M. Giard pour la larve qui se lance hors du tube maternel.
La reproduction se fait aussi par scissiparité et bourgeonnement comme chezla F. ëmplexra. Dans ce cas, la souche a 7 ou 8 segments thoraciques et 15 à 17 abdominaux sans éléments sexuels ; au 8*° ou 9°° segment abdominal se produit le bourgeon de la même manière que chez la F. implexa, et lorsqu'il est sur le point de se détacher les 8 branchies sont bien formées. |
En résumé, on rencontre la S. Dysteri à 4 états différents : 1° animal hermaphrodite sans bourgeons mesurant 6 millimètres de long, avec les 1** segments abdominaux renfermant les éléments sexuels mâles et femelles, les segments suivants filiformes, et les derniers plus élargis; 2° animal moitié plus court, à 20 segments abdominaux, auquel manque toute la portion filiforme de l'abdomen et qui se prépare à
0. F. Müller, ce que Mendthal (Unfers. über die Mollusken und Annel. des frischen Haffs. Künigsberg, 1889, in-4. p. 14), explique en établissant que la N. diversicolor est hermaphrodite, et Schrôüder (Anat. hist. Unters. von N. diversicolor. Rathenow, 1886, in-8, p. 35) que la fécondation a lieu dans le corps de la femelle. On verra plus loin que j'observe aussi ce mode de fécondation chez le Pomatoceros triqueter.
bourgeonner ou qui peut-être ayant déjà bourgeonné s’est reconslitué les segments détachés ; 3° animal de même taille que le précédent ayant son bourgeon au 8° ou 9"° segment abdominal; 4° animal plus court encore, dont le bourgeon s'est détaché, auquel il ne reste que 9 à 10 segments abdominaux et qui quelquefois manque d’yeux. Dans les 4 cas la portion thoracique est la même, ayant indifféremment 7 à 9 segments; c’est la portion abdominale seule qui varie.
Les mêmes animaux se reproduisent-ils sexuellement et aussi par bourgeon et dans quel ordre ? Ceux qui ont bourgeonné se reconstituent-ils la portion abdominale qui s’est séparée d'eux ? On n’a pas encore de réponse bien nette à ces. questions el je n’ai pu suivre le même animal assez longtemps pour arriver à une certitude.
Il y a une telle ressemblance entre la S. Dysteri a la Filograna implexa (1) qu'on pourrait penser que la F. implera est une S. Dysteri chez laquelle l'extrémité de 2 branchies se transforme en opercule. Fr. Müller (2) avait vu un petit Serpulide avec 6 branchies sans opercule comme une Protula, acquérir un opercule poussant sur une de ses branchies qui conservait ses barbules comme une Filograna, puis perdre: les barbules de cette branchie qui devenait alors un pédoncule d’opereule de Serpula. Ici je n’observe rien de semblable. La S. Dysteri jusqu'à maturité complète conserve toutes ses branchies terminées en massue sans qu'aucune d’elles offre le moindre indice de transformation en opercule. La Filograna implexa jusqu'à complète maturité conserve les barbules de ses 2 branchies operculaires. Il me semble donc que ce sont deux espèces stables et distinctes.
(1) Cunningham et Ramage en font une seule et unique espèce.
(2) Für Darwin (trad. franc. de M. Debray dans : Bull. scient. du départe-. ment du Nord, 6e année, 1883, p. 30, et fig. 65-67). Il est bien évident que ce Serpulide de Fr. Müller n’est pas une véritable Protula, se transformant en Filograna, puis en Serpula. Si les soies avaient été décrites on saurait à quel genre il appartient. Peut-être est-ce une espèce du genre Filogranula
Lang., chez lequel le pédoncule de l’opercule est tantôt nu, tantôt garni. de barbules.
Ehlers (1) propose de supprimer le genre Sa/macina Clpd. et de ne conserver que le genre Filograna Oken à cause de la ressemblance des soies; la Æ#. Dysteri Huxl. et la F. Huxleyi Ehl. y auraient une place à part, parce que toutes leurs branchies sont terminées par un renflement en forme de massue. On a pu voir dans ma classification que j'admettais le genre Filograna comme le comprend Ehlers, mais que Je le divisaïs en 2 sous-genres : Flograna s. str. pour les espèces à opercule et Sa/macina pour les espèces sans opercule ayant l'extrémité des branchies soit nue, soit terminée par une bordure saillante de grosses cellules qui n’ont rien de commun avec un opercule.
Canal de Bristol. Manche. Méditerranée.
GENRE SPIRORBIS Daud.s. sér.
SPIRORBIS BOREALIS Daud. (2).
SPIRORBIS BOREALIS Môrch, Revisio crilica Serpulidarum (Naturh. Tids. Copenhague, 1863, 3me série, t. I, liv. IIT, p. 429) (3). — — Levinsen, Syst. geogr. Overs. over .de Nord. Annul. (Vidensk. Meudels. for 1883. Copenhague, 1884, p. 200 et 206, pl. Il, fig. 8e, et pl. IT, fig. 4-6).
= — Fewkes, On the larval form ofS. borealis (American Naluralist, L'XIX "1885, p.241 et pl XT'et XII):
— Cunningham and Ramage, The Polychæta sedentaria of the Firth of Forth (Trans. Edinb. Soc., t. XXXIII, 1888, in-4, p- 674, et pl. XLV et XLVI, fig. 37).
— ‘ NAUTILOIDES Lmck. Lamarck, Syst. des anim. sans vert., 1801, in-8, p. 326. | — — Johnston, Catal. of brit. non paras. Worms, p. 348. — — Willemoës Suhm, Biol. Unters. über nied. Meeresth. (Zeits. für Wiss. Zool., t. XXI ,1871, p. 394, et pl. XXXI, fig. 9). — Gôtte, Abh. zur Entwick. der ‘Tiere. Leipzig, 1882, in-8. — I. Unters. zur Entwick. der Würmer : S. nauliloïdes, p. 91.et pl. VI, fig. 21-23.
— communs Flem. Fleming, Edinb. Encycl., 1820, t. VII, p. 68. — — Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. II, p. 489.
PL. XIII, fig. 381-386.
Extrêmement commun tout le long de la côte sur les
(1) Loc. cit., p. 320.
(2) Daudin, Recueil de mémoires et de notes sur les espèces inédites ou peu connues de Mollusques, Vers et Zoophytes. Paris, 1800, in-12, p. 38.
(3) Môrch donne une bibliographie détaillée de l'espèce.
Fucus vesiculosus, Fucus serratus, Läminäria saccharina et Cutleria mulhifida. Rare sur les pierres.
Le tube sénestre calcaire, souvent rugueux et empâté, plat du côté qui repose sur les fucus, ayant au plus 2 millimètres à 2 millimètres et demi de diamètre, décrit de 2 à 4 tours de spire nautiloïde, selon l’âge de l’animal, autour d’un ombilic assez profondément enfoncé. L'animal s’v sécrète une enveloppe muqueuse mince et transparente, souvent envahie par de longs filaments de Peggiatoa. 3
Le corps d’un rouge orangé mesure 3 millimètres à 3°*,50 de long tout compris, sur 0**,48 de large dans la partie antérieure. J'en rencontre cependant un exemplaire de 4°*,64 de long, dont 0**,84 pour les branchies, 0**,78 pour le thorax, 0**,42 pour l’espace nu entre le thorax et l'abdomen, et 2"" 60 pour l'abdomen.
La collerette incolore, ciliée, est entière, ouverte seulement du côté dorsal; la membrane thoracique avec laquelle elle est fusionnée, quelquefois mais rarement de couleur bleue, est ciliée du côté qui est tourné vers le dos et ne dépasse pas le dernier segment thoracique à la face ventrale. Du côté dorsal, à la base des branchies, il v a 2 petits yeux qui manquent souvent. La bouche terminale s’ouvre entre les lèvres dorsale et ventrale.
Les branchies, longues de 0**,65 à 0**,84, au nombre de 4 de chaque côté de la tête, ont une partie nue terminale courte et sont garnies intérieurement de 16 à 20 paires de barbules ciliées ayant 0°",26 de long. Au dos de chacune des branchies se dessine d'espace en espace une strie limitant 2 barbules. La partie du dos de la branchie comprise entre chaque strie est saillante etcomme boursouflée, surtout dans l'alcool (1). Incolores et parcourues par un vaisseau contenant du sang vert, elles n’ont pas de cellules cartilagineuses. C’est sur les branchies des Spirorbis que Lôwe (2) a
(1) La figure de Cunningham rend bien cette disposition. (2) Lüwe, Studien in der Anatomie der Athmungsorgan. Zur Anat. der Serpulakieme (Zeits. für Wiss. Zool., t. XXXII, 1879, p. 158).
constaté chez les Serpulides l'absence de ces cellules, qui sont remplacées en général par des cellules muqueuses. L'opercule est à gauche, devant la 1" branchie, reposant en entier sur un pédoncule assez massif parcouru par un vaisseau vert. Infundibuliforme, tronqué obliquement par une plaque légèrement concave (fig. 381), d’un diamètre de 0"",40, qui est formée d’un calcaire grisätre fragile et souvent couverle de Diatomées, l’opercule, plus étroit que l'entrée du tube, n'empêche pas l'animal de <e RAD US au fond du ir tour de spire.
Le thorax est toujours composé de 3 segments, dont Le 1° a de chaque côté un faisceau de soies dorsales, les unes inférieures, capillaires, au nombre de 2 à 5, les autres de forme particulière, au nombre de 6, avec un aileron crénelé suivi d'une échancrure et d’un limbe finement plissé au bord (fig. 382). Le 2*° segment n’a que des soies capillaires limbées au nombre de 6 à 14, comme celle que j'ai figurée pour la Filograna implera (pl. XI, fig. 368), accompagnées de soles capillaires droites, très fines, non limbées; au 3*° segment 1l se joint aux 2 sortes de soies précédentes 4 soies en faucille comme celle que j'ai figurée pour la Fi/ograna implexa (pl. XIII, fig. 371). Aux 2°° et 3*° segments apparaissent 23 à 55 plaques onciales ventrales hautes de 0°”,052. Une grosse dent obtuse placée à l'extrémité de la plaque la plus rapprochée de la tête de l’animal est suivie de plus de 40 petites dents très fines (fig. 383). Vus de face, les denücules apparaissent comme des points et la grosse dent comme un petit mamelon corné (fig. 384); cette dent, lorsque la plaque est légèrement inclinée sur le côté, donne à celle-ci l'apparence d’être terminée par un croc à deux pointes mousses divergentes (fig. 385).
L’abdomen est séparé du thorax par un espace nu et non segmenté qui a presque la moitié de la longueur du thorax; la paroi du corps du côté ventral y est épaisse, tandis qu'elle est mince et cilée du côté dorsal. L’abdomen proprement dit compte 18 à 32 segments, dont les 8 derniers, suivis
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d’un segment anal achète terminé par 2 palettes arrondies, sont quelquefois plus larges et moins hauts que les autres. À tous les segments abdominaux, il y a de chaque côté 1 ou 2soies ventrales géniculées, à bord dentelé (fig. 386), et6 à 18 crochets dorsaux semblables à ceux du thorax, mais beaucoup plus petits (0°*,012 à 0®*,017 de haut).
Le canal digestif se compose d’un œsophage droit occupant le thorax, puis d’un gros estomac cylindrique brun remplissant l’espace nu qui fait suite au thorax, et enfin de l'inteslin sinueux cilié intérieurement. L’estomac contient ordinairement de la vase, des $picules d’éponge et des Diatomées, entre autres des Sphenosira Catena Ehr. Un sinus renfermant du sang vert entoure le canal digestif, et dans les derniers segments abdominaux Îles anses latérales ont des cæcums qui pendent dans chaque segment. Il y a dans le 1 segment thoracique 2 organes excréteurs qui se réunissent en un canal cilié commun débouchant à la base des branchies. |
Le S. boreals est hermaphrodite; à l'inverse de ce qui existe chez les Salmacina, les œufs occupent les 2 premiers segments abdominaux et les spermatozoïdes en régime ou isolés remplissent les segments suivants.
Les œufs, gros, d’un brun rouge, ayant un diamètre de 0**,18, sont pondus en chapelet dans l'intérieur du tube et renfermés dans une gaine muqueuse transparente digitiforme. Cette gaine se place entre le dos de l’animal et Le tube, adhère par son extrémité supérieure au 1° segment ovigère et est fixée au tube par un funicule qui termine son extrémité inférieure, dépassant quelquefois les derniers segments abdominaux du Spirorbis. Les œufs y sont rangés en file simple, double, triple ou quadruple. En général il y a 12 à 15 œuis en file simple; mais j'en rencontre jusqu'à 72 en file quadruple dans une gaine de 3"*,6 de long. Il y a en même temps des œufs au nombre de 15 environ encore renfermés dans les 2 premiers segments abdominaux. |
Les embryons se développent dans les chapelets d'œuis.
L'état le moins avancé dans lequel je les observe est celui qui a été décrit et figuré par Willemoës Suhm (/oc. cf.); ils agitent dans l'œuf les longs flagellum qui composent leur couronne ciliée en arrière de la tête à 2 yeux; ils n'ont pas encore trace de segments et l'intérieur du corps est rempli par le vitellus de couleur orangée. Un peu plus tard 1l se dessine en arrière de la couronne ciliée 3 segments ayant chacun ! ou 2 soies limbées de chaque côté et pas encore de plaques onciales. C’est sous cette forme que les embryons sortent de l'œuf pour nager hors du tube. Fewkes les a suivis dans leur développement ultérieur (1).
Souvent, sur l’opercule, je trouve des Cofhurnia maritima, dont beaucoup en voie de se reproduire par fissiparité longitudinale.
Je rencontre une fois sur un tube une Fol/hculina ampulla et une autre fois dans l'intérieur d’un tube vide 15 petits œufs cornés lransparents de 0"*,12 de diamètre, pondus en file, mais indépendants les uns des autres, d’où je vois sortir des embryons ciliés d'A wfomolos unipunctatus Graff (Monocelis uripunctatus OErst.) mesurant 0**,48 de long sur 0°°,06 de large. |
C'est probablement au S. borealis qu'il faut rattacher un très petit Spirorbis recueilli à la pêche pélagique. Le tube, calcaire et opaque, de 0"*,24 de diamètre, a 2 tours de spire. L'animal qu'il renferme sort et rentre sa tête, qui a 4 branchies sans barbulesde chaque côté dominant une bouche ciliée et un très petitopercule semblable à celui du Sperorbis borealis.
(1) Pour plus de détails sur le développement des Spirorbis, on peut consulter : Pagenstecher, Unters. über nied. Seeth. aus Cette, VII. Entwick. und Brutflege von S. spirillum (Zeits. für Wiss. Zool., t. XII, 1862, p. 486, et pl. XXX VIII et XXXIX). — A. Agassiz : On the young forms of a few Annelids (Annals Lyceum Nat. hist. of New York, t. VIII, 1866, p. 318, et pl. VIT, fig. 18, 20-25. Reproduit dans : Annals of Nat. hist., 32e série, t. XIX, 1867, p. 215). Il s'occupe du S. spirillum Gould, dont les œufs sont pondus en chaine et non sous l’opercule comme chez le S. spirillum Pagenst., que Quatrefages appellé S. Pagenstecheri. — Claparède et Mecznikow, Beitr. zur Entwick. der Chætopoden (Zeits. für Wiss. Zool., t. XIX, 1869, p. 197, et pl. XVI, Gg. 2) à propos du S. Pagenstecheri.
Mers du Nord. Océan Glacial arctique. Manche. Atlantique. Méditerranée.
RAR CIRCEIS N. G.
CIiRCEIS ARMORICANA N. S.
PI. XIII, fig. 387.
Une Langouste(Palinurus quadricornis Latr.) que j'examine à Dinard est couverte de tubes tout à fait semblables à eeux du Sprrorbis borealis. Les animaux qu’ils renferment ont plusieurs caractères communs avec celte espèce : le corps de même couleur et de même taille, le même nombre de segments thoraciques et abdominaux, la collerette ciliée de même formé, les 2 organes thoraciques semblables débouchant entre une paire de petits yeux placés à la base des branchies, les soies abdominales identiques, les œufs pondus en chaîne de 20 à 30 dans une gaine. Mais il y a plusieurs différences qui ne permettent pas de confondre les deux espèces : 1° le 1* segment thoracique de la Circeis armoricana a des soies particulières simplement géniculées et plissées au bord sans aileron crénelé (fig. 387), terminées par une longue pointe fine ; 2° le 2°**et le 3*° segments thoraciques n’ont que des soies limbées sans soies en faucille (1); 3° les plaques onciales thoraciques n’ont que 0°",026 de haut; 4° l’opercule est à droite et la plaque qui le surmonle est couverte de stries concentriques ; 5° au-dessus du pore de sorlie du canal commun des organes thoraciques il y a une rangée iransversale de longs cils vibratiles au-dessous de la lèvre dorsale.
(1) Aux 3 segments thoraciques, des soies très fines capillaires sont mêlées aux autres.