‹ Annales des sciences naturelles (volume 4)Chapitre 12 sur 27 · GENRE MERA N. G · texte numérisé non relu

GENRE MERA N. G

MERA PUSILLA N. S.

PI XIII, fig. 388-392.

Assez commune dans les dragages seulement, fixée à l'intérieur des vieilles coquilles d’huîtres.

Le tube calcaire, fragile, en spire nautiloïde, sans empâtement latéral, avec ombilic profondément enfoncé, décrit 3 ou 4 tours de spire et mesure 1 millimètre de diamètre. L'animal adulte (1)a au plus 1*°,20 de long, dont 0**,80 pour le corps et 0**,40 pour les branchies garnies d’une double rangée de barbules de 0**,12 de long : la partie nue de l’ex- trémité des branchies est de la longueur d’une barbule. Ces branchies sont au nombre de 3 de chaque côté ; la deuxième de droite est représentée par un pédoncule surmonté d'un opercule cylindro-conique creux. La base du cône, non tronquée latéralement, est en l’air, recouverte d’une plaque calcaire plate qui n’est pas assez large (0**,17) pour empècher l’animal de rentrer jusqu'au fond de la dernière spire: La collerette cihée, à peine incisée du côté ventral, est largement ouverte sur le dos, où elle est fusionnée avec la membrane thoracique.

Il y a 3 segments thoraciques, dont le 1% avec 6 soies dorsales de forme particulière (fig. 388), plus grandes que celles des autres segments, ayant un très petit aileron crénelé non suivi d’une échancrure, et terminées en faucille plissée au bord mais non jusqu’en haut ; elles sont accompagnées de soies capillaires très fines qu’on retrouve aussi aux deux segments suivants. Le 2° segment a 6 soies dorsales limbées ; le 3*°,4 sotes limbées el 2 soies en faucille sans aileron crenélé, à bord plissé jusqu’en haut (fig. 389). Du côté ventral de ces 2 segments apparaissent les plaques onciales au nombre de

(4) Le corps a une forme tout à fait semblable à celle de la Circeis (Spirorbis) lucida Mont. (Cunningham, loc. cit., pl. XLV, fig. 38).

. 65 environ, semblables à celles du Sparorbis borealis, mais n'ayant que 0"",015 de haut.

Au thorax succède, comme à l'ordinaire, un long espace non segmenté, puis un abdomen court composé de 8 segments, sans compter l’anal qui est oblus et achète, ayant chacun une soie en faucille plus accusée et à dos plus large qu’au 1” et au 3°* segments thoraciques (fig. 390). Les plaques onciales devenues dorsales sont plus petites que celles du thorax et à dents bien indistinctes. On remarquera la prédominance de la forme en faucille pour les soies de cette petite espèce. |

L’œsophage est incolore ; l'estomac, très cilié intérieurement et occupant la partie du corps non segmentée, est brun el l'intestin est coloré en brun rouge. Les 2 organes thoraciques placés dans le 1° segment et débouchant par un canal cilié à la base des branchies sont d’un brun orangé. Le sang, s’il yena,comme c'est probable, est incolore et je ne puis découvrir aucun organe de circulation comme Claparède chez la Leodora (Spirorbis) lænis Qfe.

Dans les 2 premiers segments abdominaux je vois toujours 3 ou 4 gros œufs et dans les suivants des spermatozoïdes en régime. De plus il y a quelquefois, mais pas toujours, 4 à 5 œufs ou embryons dans la cavité operculaire. Le pédoncule de l'opercule me paraît creux el en communication avec la cavité du corps; mais ce canal pédonculaire est séparé de la cavilé operculaire par une plaque calcaire (?) grise, inclinée obliquement, qui se soulève peut-être pour laisser passer les œufs dans la cavité operculaire (fig. 391). L'opercule étant transparent, jy vois les œufs à tous les états de développement et les embryons avec leur couronne de cils vibraüles tournoyant dans l'œuf. C’est alors qu'ils rompent l'enveloppe de l’œuf et qu'ils sortent de l’opercule en nageant. Y a-t1l sur les côtés de l’opercule, au-dessous de la plaque operculaire, un pore dilatable par lequel ils s’échappent, ou bien soulèvent-ils la plaque comme un couvercle? C’est ce dont je ne puis pas bien me rendre compte. Au moment où il de-

vient libre, l'embryon, long de 0"",13 sur 0"",10 de large, a une tête incolore avec 2 yeux el 1 petit poil taclile à sa partie antérieure. La tête est suivie d’une couronne de longs flagellum. Le reste du corps, cilié partout, se compose de 3 segments achètes. Le canal digestif rudimentaire contient le vitellus coloré en rouge brun (fig. 392). Cet état me parait

intermédiaire aux deux qui ont élé décrits plus haut chez la Salmacina Dysteri.

Océan (Arcachon).

GENRE POMATOCEROS Phil.

POMATOCEROS (SERPULA) TRIQUETER L. (1).

POMATOCEROS TRIQUETER Môrch, Revisio crilica Serpulidarum (Naturh. Tidskr. Copenhague, 3me série, t. I, 1863, p. 408).

— —— Malmgren, Ann. polych., p. 229.

— Hansen, Oversigt over de Norske Serpula arter (Archiv for Mathem. og Naturvid., t. TI, 1878. Christiania, p. 42, et pl. I, fig. 8-15).

— Levinsen, System. geogr. Oversigt over de Nord. Annul. (Vidensk. Meddels. for 1883, Copenhague, 1884, p. 197). — — Von Drasche, Beitr. zur Entwick. der Polych., [ter Heft : Pomutoceros triqueter. Wien, 1884, in-8, 10 pages et 3 planches.

— — Cunningham and Ramage, The Polychæta sedentaria of the Firth of Forth (Trans. Edinb. Soc., t. XXXIII, 1888, in-4, p. 613, et pl. XLV, fig. 36).

— TRICUSPIS Phil. Philipp i., Einige Bemerk. über die Gattung Serpula (Archiv für Nalurg., 1844, p. 194, et pl. VI, fig. P). — — Leuckart, Zur Kennt. der Fauna von Island (Archiv für Naturg., 1849, p. 187 et pl. IT, fig. 9).

— — Grube, Mitth. über die Serpulen (Jahresb. der Schles. Gesells. für 1861. Breslau, 1862, p. 66).

— TRIQUETROÏDES D. Ch. Delle Chiaje, Descriz. e notom. degli anim. senza vert. della Sicil. citer., t. ILE, p. 71 et t. V, p. 94. — — Claparède, Annélides du golfe de Naples, p. 442 et pie XX, He à.

— — Lo Bianco, Gli Annel. tubic. del golfo di Napoli (loc. cit., p. 86).

SERPULA CONICA Flem. Johnston, Cataloque of brit. non parasit. Worms, p.211.

VERMILIA FORRECTA O. F. Müll. O. F. Müller, Zoo!. Danica, t. lI, p. 9, et pl. LXXXVI, fig. 7-8. —— ns Môrch, Revisio crilica Serpulidarum, p. 390. — — Malmgren, Annul. Polych., p. 229.

— — Hansen, loc. cit., suprà.

Lauarcki Qfg. Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. II, p. 513, et pl. XII, fig. 19-23.

(1) Linné, S. N., X, 787, p. 644, fide Môrch. ANN. SC. NAT. ZOOL. XVII, 23

VERMILIA SOCIALIS Qfg. Quatrefages, loc. cit., p. 516, et pl. XV, fig. 14-17. — CONIGERA Qfg. Quatrefages, loc. cil., p. 521 et pl. XV, fig. ?40c, e et pl. XX, fig. 9).

> TRIFIDA Qfg. Quatrefages, loc. cit, p. 528, et pl. XV, fig. 24 d Et 29.

— ELONGATA Phil. Philippi, loc. cit., p. 193 et pl. VI, fig. L.

PI. XIII, fig. 393-407.

Très commun au rocher des Oitellières, où les tubes sont en colonies entremêlées de tubes de Sabelleria spinulosa, à l'ilot de Gleglin où ils sont fixés, isolés les uns des autres, sur les rochers, et à Grosse-Roche où ils sont sous les pierres ou sur les cadres en bois des casiers à huîtres, soit isolés, soit en colonies. Rare dans les dragages.

Cette espèce est irès variable. Tantôt le Lane. calcaire, blanc, qui est toujours rond à l’intérieur, est triangulaire à l'extérieur avec ou sans une pelite dent pointue plus ou moins longue, prolongement de la crête dorsale et dominant l’entrée ; tantôt il est rond à l'extérieur. Tantôt la crête dorsale est lisse, tantôt elle est un peu dentelée (1). Tantôt il est droit, tantôt la partie inférieure décrit une spire. Les plus gros ont 3 millimètres de diamètre. L’opercule consiste en un cône tronqué renversé dont la base légèrement creuse, se trouvant en l'air, est quelquelois nue, ou le plus souvent surmontée au centre par 1, 2 (fig. 393) ou 3 épines chilineuses assez grosses. Plus rarement au contraire la pointe du cône, alors plus massif, est dirigée en l’air, surmontée ou non de 3 pelites épines (fig. 394), ou bien sur la base du cône tronqué renversé, il y a au bord dorsal seulement un prolongement en cône obtus et le centre manque d’épines (fig. 395 et 396). Dans tous les cas, il y a deux ailerons membraneux en haut du pédoncule au-dessous de l’opercule. La collerette est à bords tantôt unis, tantôt découpés en élésantes dentelures bleues. Les branchies offrent toutes sortes

(1) Langerhans a très exactement décrit la structure de ces tubes triquètres de Pomatoceros, à propos de la Vermilia (Pomatoceros) Polytrema (Die Wurmfauna von Madeira. Zeits. für Wiss. Zool., t. XXXIV, 1880, p. 119, et pl. V, fig. 37).

de combinaisons des plus brillantes couleurs distribuées par zones successives : blanches à la base, rouges ensuile ; brunes à la base, puis blanches, puis brunes, puis bleues ou jaunes à l'extrémité ; noires à la base, puis blanches, noires et jaunes ; entièrement rouges avec des bandes rouges plus foncées ; rouges ou bleues ou vertes avec des zones blanches; rouges à la base, puis blanches et vertes tachetées de points blanc mat. Les branchies bleues avec zones blanches sont les plus communes; les nuances bleues persistent très bien dans l'alcool. Le corps est rouge, ou bien brun en dessous et jaune en dessus, ou bien vert piqueté de blanc ou entièrement bleu. On ne parvient pas à grouper ces différences pour établir des espèces. Que le tube soit triangulaire ou rond, il en sort indifféremment un opercule ayant une des formes quelconques décrites ci-dessus. Des exemplaires à opercule bifide ou trifide ont la collerette soit unie au bord, soit découpée; il en est de même des exemplaires qui ont les autres formes d’opercules ; enfin toutes les nuances si variées du corps et surtout des branchies sont distribuées sans aucune règle aux individus à tube et à opercule différents et à collerette à bord uni ou découpé. Les seules nuances qui paraissent constantes sont le bleu pour les festons de la collerette et le vert pour la membrane thoracique, parcourue par de nombreux vaisseaux verts.

Pour décrire sommairement le P. friqueter, qui l’a déjà été si souvent, Je choisirai la forme qui me paraît la plus commune, sans m'attacher à la coloration dont il a été déjà question plus haut.

Le corps (1), long de 25 millimètres au plus, branchies comprises, va toujours en s’amincissant jusqu’à l’extrémité postérieure, où les segments deviennent extrêmement serrés. Les écussons ventraux thoraciques, bien distincts, sont coupés en deux par un sillon qui n’est peut-être que la suite du large sillon copragogue de l'abdomen assez mal indiqué.

(1) Quatrefages (loc. cit., fig. 25) donne une très bonne figure de la Vermilia (Pomatoceros) trifida Qfg., qui est, selon moi, le Pomatoceros triqueter.

Les branchies, au nombre de 18 à 20 environ de chaque côté, hautes de 2°°,40 à partir de la base, réunies par unemembrane palmaire de 0*",9 de haut, ont deux rangées de barbules ciliées longues de 0°*,8, manquant, comme les branchies, de cellules carlilagineuses et parcourues comme elles par un vaisseau renfermant du sang vert; une strie se dessine au dos des branchies d'espace en espace, limitant deux barbules ; chaque branchie est terminée par une partie nue de la même longueur qu'une barbule. Les barbules descendent jusqu’à la base des branchies et il ne me semble pas qu'il y ait de bourrelets branchiaux. Très souvent j'observe des Trichodina pediculus Ehr. courant sur les branchies. A gauche, du côté dorsal (1), la première branchie du demicercle est précédée d’un opercule à pédoncule large, massif et aplati, veiné transversalement de bleu. À peu de distance de la base du pédoncule, il s’y forme une carène allant en s’élargissant jusqu’à l’opercule, qui repose en entier sur l’extrémité du pédoncule (2). Nous ne reviendrons pas sur ce qui a été dit des deux ailerons du pédoncule et de la forme de l’opercule. Très souvent le sommet de l’opercule est couvert de vase, d'algues et de Diatomées en assez grande épaisseur pour cacher les épines. Un vaisseau sinueux qu'on aperçoit bien chez les jeunes parvient dans l’opercule audessous des épines. Il n'y a pas de pseudopercule. Souvent on rencontre des exemplaires ayant perdu leur appareil operculaire et dont le pédoncule commence à se régénérer.

La bouche terminale est placée entre la lèvre dorsale et la lèvre ventrale. La lèvre dorsale, tendue entrela 2°° branchie du lobe branchial gauche et la 2*° du lobe droit, a 2 palpes cillés triangulaires, à pointe très fine, hauts de 0*”,60 à 0,70, en général teintés de bleu, renfermant un vaisseau longitudinal où circule le sang vert. La lèvre ventrale, plus

(4) La position de l’opercule ne semble pas varier chez le P. triqueter; sur 63 exemplaires que Grube à examinés, il n’a pas rencontré une seule fois l’opercule du côté droit. Je puis confirmer cette observation pour un

nombre d'exemplaires plus considérable.

(2) On verra plus bas deux exceptions à cette forme du pédoncule.

élevée que la dorsale, lui est parallèle et revient en arrière jusqu'à la 1”° branchie ventrale de chaque lobe branchial, après avoir suivi la base des branchies.

La colleretle qui entoure le segment buccal indistinet du 1° segment séligère, a 2 lobes latéraux plus ou moins rapprochés l’un de l’autre du côté dorsal et 1 lobe ventral entier qui n’est pas fendu du côté du ventre. Tous ces lobes ont le bord uni ou découpé, sauf sur un petit espace du côté de l’axe ventral, en festons bleus denticulés, hauts de 0"",24, au nombre de 15 environ de chaque côté du corps.

Entre les lobes latéraux de la collerette et les lobes branchiaux s'élève de chaque côté du corps une petite languette non ciliée (fig. 397 et 398), dont la base, reliée par une pelite membrane basse et mince (fig. 398, a) au lobe ventral de la collerelte est d’un blanc crayeux, et dont l'extrémité supérieure, bifurquée, teintée de bleu et entourée de chaque côté d’un voile membraneux mince, est appliquée en général contre la2°° ella3*° et quelquefois contre la 3*° et la 4°° branchie dorsale. Haute de 0°*,72, d’un tissu plus résistant et plus épais que la collerette, elle est parcourue par un vaisseau longitudinal contenant du sang vert. La base, assez épaisse, renferme de très nombreuses cellules glandulaires allongées, remplies de mucus d’un brun clair; l'extrémité supérieure, plus plate, est formée surtout de lissu conjonctif à grosses cellules alvéolaires, entremêlées de quelques cellules glandulaires muqueuses moins grandes que celles de la base. Ce petit organe me paraît destiné à secréter du mucus entre la collerette et la base des branchies. Chez un exemplaire peut-être monstrueux, 1l est remplacé d'un seul côté du corps par une pièce pectinée de même tissu que la languette, colorée en bleu, dont je ne m'explique pas les fonctions. Cette pièce (fig. 399), longue de 1,24 sur 1 millimèlre de haut, a de chaque côté 2 grosses dents non ciliées, entre lesquelles s’élèvent 6 dents plus minces et plus basses couvertes de cils. Chacune des grosses et des petites dents contient un vaisseau vert longitudinal.

Les 2 lobes latéraux de la collerette sont fusionnés de chaque côté du dos avec la membrane thoracique mince et transparente, qui est parcourue par un élégant réseau de vaisseaux verts ; les denticules bleus de la collerette, rabattus sur ce fond vert, produisent un contraste de couleurs caractéristique. En arrière, les 2 côlés de la membrane thoracique se rejoignent sous le ventre au dernier segment thoracique et flottent au-dessus du 1° segment abdominal du côté ventral. Sa surface dorsale est couverte de cils vibratiles commele sont les segments {horaciques du côté dorsal.

La région thoracique se compose de 7 segments sétigères (1), dont le 1°’ n’a de chaque côté que 2 ou 3 soies dorsales faiblement limbées, perpendiculaires au corps (2), plus fines et moins longues que celles des 6 segments suivants (fig. 400), qui sont au nombre de 35 à 40 à chaque faisceau el dirigées un peu vers le bas. Dans la partie ventrale, il y à de chaque côté de ces 6 segments et faisant suite presque immédiatement aux soies dorsales un tore avec 150 à 200 plaques onciales. Chacune de ces plaques (fig. 401 et 402) est garnie de 7 à 10 dents, le plus souvent de 9, dont la 1"° (la plus éloignée de la tête) est très petite et dont la dernière esl suivie d’un prolongement convexe en-dessus et creusé en dessous comme une gouge (fig. 403), ainsi que l’a remarqué von Marenzeller (3). Comme chez les Térébelliens, à l’extrémité des rangées on voit souvent en formation une ou deux plaques indiquées seulement par une dent où on observe déjà un commencement de dédoublement (fig. 404). Placés de chaque côté du corps, à la partie ventrale, et débouchant par un canal commun à la base de la lèvre dorsale, les organes thoraciques occupent les 4 premiers segments sétigères.

Les segments abdominaux sont en général au nombre de

(1) C’est le compte que j'en trouve toujours. Ainsi cette espèce, qui est si peu variable sous d’autres rapports, paraît être fixée en ce qui concerne la position de l’opercule et le nombre des segments thoraciques, points qui au contraire sont variables chez beaucoup d’autres espèces.

(2) Je n'ai jamais vu ces soies manquer à aucun exemplaire.

(3) Südj. Annel. (Denks. der k. Akad. der Wiss. zu Wien, t. XLIX, p. 218).

60 à 72; le 1°, qui est recouvert du côté ventral par le bas de la membrane thoracique, estachète; commeles 9 suivants, il est plus haut que les autres. Tous ces segments ont du côté ventral des soies en forme de cornet dentelé et comprimé, dont un des bords se prolonge en une longue pointe fine (fig. 405); ellessont plus longues aux derniers segments, où elles persistent, tenant lieu des soies capillaires comme on en observe chez tant de Serpulides ; dans la partie dorsale, ‘il y a de chaque côté un tore avec plaques onciales semblables à celles du thorax, mais moins nombreuses et moins haules (0**,045 au lieu de 0"*,057). L'intestin, où circulent souvent des Grégarines, est renfermé dans un large sinus contenant du sang vert.

Sur les coupes transversales des faisceaux musculaires longitudinaux, on remarque, comme d’ordinaire chez les Serpulides, la forme pennée.

Au moment de la reproduction, les mâles ont le corps tout blanc, rempli de spermatozoïdes, du moins dans la région abdominale, et les femelles sont pleines d'œufs rouges.

Lorsqu'on pratique la fécondation artificielle, les œufs, qui ont une vésicule germinative, sont entourés de spermatozoïdes qui se fixent la tête en bas et la queue en l'air : la fécondation a lieu presque immédiatement, et au bout de 5 heures l'œuf est déjà parvenu au stade 36. Drasche décrit en détail le développement.

En faisant des coupes de l’abdomen chez des femelles mûres conservées dans l'alcool, je trouve dans la cavité du corps des œufs ronds d’un diamètre de 0"",044 et des œufs devenus oblongs, ces derniers renfermant chacun un embryon(fig. 406 et 407) dont l’état est assez semblable à celui que représente Fewkes (1) pour un embryon renfermé dans l’œuf du Spirorbis boreahs. Je n'y découvre pas, peut-être à cause du long séjour dans l'alcool, d'autre trace d'organisation qu'un œil composé de gros granules pigmentaires d’un brun rouge

(1) Fewkes, On the larval form of Spirorbis borealis (American Naturalist, t. XTX, 1885, p. 247 et suiv., fig. 1).

comme Hatschek{1) en a vu chez l’ÆEupomatus uncinatus Phil. à la fin de la période embryonnaire. Conn (2) avait déjà remarqué chez une larve de Serpula qu'un des yeux apparaissait deux ou {rois jours avant l’autre. Le Pomatoceros triqueter femelle renfermerailt donc des œufs fécondés comme la Sa/macina Dysteri (3). Sur les mêmes coupes j'observe, dans l'intestin, des Protozoaires de 0**,09 de long sur 0**,03 de: large, sans bouche, couverts partout de longs cils vibratiles, appartenant peut-être au genre Anoplophrya Stein, et chez lesquels l'alcool à fait disparaître les vésicules contractiles.

Ces Protozoaires sont-ils les mêmes que ceux trouvés par M. Giard dans le P. triqueter (4) ?

Les plus petits tubes que je rencontre fixés sur les pierres, presque filiformes, longs de 1 millimètre, ont la forme triquètre avec dent dominant l'ouverture et crête dorsale. Les animaux qu'ils renferment n'ont encore qu’un opercule rudimentaire sans ailerons et sans épines, 7 segments thoraciques et 13 abdominaux. Les soies sont déjà bien formées et il y a 30 plaques onciales aux segments abdominaux. On s'explique ainsi la terminaison filiforme des tubes des animaux adultes et le chemin que ceux-ci ont à parcourir pour pousser en avant la construction de leur tube à mesure de: leur croissance.

La Vermilia porrecta O.F. Müller n’est qu’une des formes du P. triqueter avec tube rond et opercule sans épines comme l'a établi Hansen(/oc. cit.). La Vermiliaelongata Phil. est un P. triqueter qui a le bord dorsal de l’opercule prolongé en cône tronqué (fig. 395 et 396). La Vermilia trifida Qfg. est un P. triqueter qui a les bords de la collerette unis ou fes-

(1) Hatschek, Entwicklung dér Trochophora von Eupomatus uncinatus (Arbeiten aus dem zool. Inst. der Univ. Wien, und der zool. Stat. in Triest, pl. IV, fig.

% ) pe Note from the Chesapeake zool. laboratory. Development of Serpula (Zool. An. t. VII, n° 183, p. 672).

(3) Voir plus haut, p. 342.

(4) Giard, Le laboratoire de Wimereur en 1889 (Bull. scient. de la France et de la Belgique, t. XXII, 1890, p. 278).

tonnés el dont l’opercule est terminé par une pointe conique à 3 petites épines. Dans ce cas, le pédoncule aplati et sans carène vient s'appliquer seulement sur le dos de l’opercule, n’en occupant pas la base, qui peut recouvrir les branchies comme une sorte d’éteignoir lorsqu'elles sont rentrées dans le tube (fig. 394). La Vermilia conigera Qfg. est un P. triqueter qui a l’opercule en cône plus massif et plus haut que la V. /rifida, mais avec le pédoncule disposé de même (1). M. Adrien Dollfus a bien voulu me communiquer deux exemplaires de cette forme venant de Dieppe ; ils sont semblables à ceux de Dinard, sauf qu’ils ont une lache violette à l’extrémité de chacun des tores uncinigères thoraciques, du côté le plus rapproché du ventre. La Vermilia Lamarcki Qfe. est un P. triqueter qui vit isolé et dont l’opercule en cône tronqué renversé est surmonté de 2 épines assez grosses. La Vermilia socialis Qfs. est un P. triqueter vivant en colonies et dont l’opercule est semblable au précédent.

Ce qui me fait considérer ces 5 espèces anciennes que j'ai trouvées à Dinard comme identiques avec le P. friqueter, c'est qu'elles ont comme caractères communs avec ce dernier : la forme des soies et des plaques onciales, les ailerons du pédoncule de l’opercule, la position constante de l’opercule à gauche, le nombre invariable de 7 segments thoraciques, et enfin la présence de la petite languette bifurquée caractéristique à la base de 2 des 1° branchies dorsales. Il ne resle donc comme différence que des formes peu aberrantes d’opercule qui me paraissent insuffisantes pour établir des espèces distinctes.

Méditerranée. Mers du Nord. Manche.

4) Voir Quatrefages, pl. XX, fig. 9. Les deux ailerons du pédoncule indiqués dans le texte (p. 522) ont été oubliés sur la planche.

GENRE PROTULA Risso (incl. Psygmobranchus Phil.).

SOUS-GENRE PROTULA s. str.

Comme Schmarda (1), Grube (2), V. Carus (3) et von Marenzeller (4), j'incline à ne pas admettre le genre Psygmobranchus Phil. établi par Philippi pour les espèces de Serpulides sans opercule dont les branchies ne décrivent pas de spire ; mais on verra plus loin que chez la Protula tubularia (Psygmobranchus protensus) les branchies décrivent quelquefois presque autant de spires que chez la Protula intestinum. I y a donc là des différences trop insensibles pour être génériques.

PROTULA TUBULARIA Mont. (5).

? SERPULA PROTENSA Gmelin, Linn. Syst. nat.,'édit. XIII, t. 1, pars VI, p. 3744, fide Clpd.

PROTULA Runozpir Risso. Risso, Hist. nat. des principales productions de

l'Europe mérid., 1826, t. IV, p. 306.

Cu a. Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. IT, p. 469. PSYGMOBRANCHUS PROTENSUS Phil. Philippi, Einige Bemerk. über die Gatiung Serpula (Archiv für Naturg., 1844, p. 196).

7 — Môrch, Revisio critica Serpulidarum (Naturh. Tidssk., 3me série, t.1, liv. III, 1863, p. 359).

fs — Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. Il, p. 471. = — Claparède, Annélides du golfe de Naples, p. 432 et pl. XXX, fig. 7.

Fi TE Salensky, Études sur le développement des Annélides (Archives de biologie, t. LIL, 1882, p. 347 et pl. XIV et XV).

— — Langerhans, Die Wurmfauna von Madeira, IVter Beitr. (Zeits. für Wiss. Zool., t. XL, 1884, p. 216). — — Meyer, Studien über den Kürperbau der Annel. (Mitth. aus der zool. Stat. zu Neapel, t. VII, p. 713; t. VIIT, p. 463, 417, 480, 486, 491, 499, 495, 500, 514, 522, 529, 531, 536, 543, 554, 566, 515).

PROTULA PROTENSA ‘Grube, Ein Ausflug nach Triest und dem Quarnero. Berlin, 1861, in-8, p. 63.

(1) Schmarda, Neue wirbellose Thiere beob. und gesammelt auf einer Reise um die Erde. Lepzig, Engelmann, in-fol. Partie Il, 1861, p. 32.

(2) Grube, Mitth. über die Serpulen (Jahresb. der Schles. Gesells. für 1861. Breslau, 1862, p. 68).

(3) Carus, Prodromus faunæ Mediterraneæ, pars I, 1884, p. 278.

(4) Von Marenzeller, Südjapanische Anneliden II (Denks. der k. Akad. der Wiss. zu Wien, t. XLIX, 1884, p. 215, note 1).

(5) Montagu, Serpula tubularia. Testacea Britannica, in-k, 1803, p. 513.

PROTULA PROTENSA Grube, Die Insel Lussin. Breslau, 1864, in-8, p. 92. sv er Johnston, Catalogue of the british non parasitical Worms PSYGMOBRANCHUS TUBULARIS Quatrefages, loc. cit., p. 472. PROTULA TUBULARIA Lo Bianco, Gli Annel. tubic. del golfo di Napoli (loc. cit.,

= EE Von Marenzeller, Ber. der Comm. etc., 1893. Polychæten des Grundes, p. 14 et pl. IF, fig. 9.

SRÉNGHOERANCRUS SIMPLEX Qfo. Quatrefages, loc. cit., p. 472 et pl. XV, fig. 13. — INTERMEDIUS Mar. Marion, Dragages profonds au large de Marseille (Revue des sc. nat., t. IV, 1875, p. 410), et Dragages au large de Marseille (Ann. des sc. nat., 6me série, t. VII, 1879, p. 28, et pl. VII, fig. 7).

PI. XIII, fig. 408-413.

Trouvée quelquefois dans les dragages.

Le tube adhérent aux vieilles coquilles, lisse, d’un blanc opaque, très rarement brun et rude à el. ayant une entrée ronde, unie, d'un diamètre de 2°°,5 à 5 millimètres, | qui est libre et se dresse droite, est plus ou moins tordu à son extrémité inférieure: |

Le corps long de 20 à 45 millimètres (sans les branchies), sur 2°°,5 à 5 millimètres de large, a l'abdomen rougeâtre ou orangé et le thorax verdâtre ; la membrane thoracique, quelquefois orangée, très mince, est veinée de vert par les nombreux vaisseaux qui la parcourent, et chaque segment y est délimité par une large raie rouge pigmentaire, transversale. Au dos du 1” segment, il y a quelquefois deux taches rouges ou orangées sans cristallin.

La lête, peu distincte, est bordée par une collerette qui a un lobe unique ventral et deux lobes latéraux se terminant du côté dorsal, soit en forme de feuilles arrondies, soit en forme de deux languettes pointues assez longues, souvent, pour se rejoindre.

Entre ces 2 lobes latéraux et au milieu du dos, ? soutiens de branchies, sous forme de protubérances assez saiïllantes, sont placés au-dessous des deux lames basilaires branchiales. Du côté ventral, où elles sont plus hautes que du côté dorsal, celles-ci sont séparées par une pièce rectangulaire presque semblable à celle figurée pour la Serpula vermicularis (pl. XII, fig. 360). Ces lames basilaires, sur les-

quelles il y a quelquefois 7 à 8 taches pigmentaires orangées, décrivent soit à peine une demi-spire, soit une spire entière.

Les filets branchiaux, longs de 10 à 12 millimètres, qui en sortent et qui sont au nombre de 34 à 63 de chaque côté, selon la taille des exemplaires, sont peu consistants, ont une apparence floconneuse et se tordent facilement en spirale, surtout dans l'alcool ; ils sont quelquefois de couleur orangée, avec 3 zones blanches, mais le plus souvent blancs avec 3 ou 4 zones orangées; de plus, au-dessus de la membrane palmaire qui les unit et qui a 1 millimètre ou 1**,5 de haut, il apparaît de chaque côté du dos de la branchie 15 à 18 taches d’un rouge vif, rondes et entourant un cristallin. Les branchies se terminent en haut par une pointe nue, effilée, de 0**,40, garnie, chez les petits exemplaires, de poils tactiles longs de 0"*,02. Du côté intérieur elles portent une double rangée de nombreuses barbules ciliées de 0°*,7 à 1 millimètre de long, parcourues par un vaisseau vert et qui, n’arrivant pas jusqu’au bas de la branchie, sont remplacées par un bourrelet branchial. Les branchies n'ont pas de cellules cartilagineuses, comme nous l’avons déjà dit, ni même de cellules mucipares comme celles que nous avons observées chez la Serpula vermicularis (voir ci-dessus pl. XIF, fig. 358, 4), et les coupes {ransversales offrent l’aspect représenté par OErley (1) pour la Protula intestinum.

Le pore de sortie du canal unique des organes thoraciques placés dans le2"° segment sétigère, est au-dessus des 2 soutiens de branchies sur la ligne médiane dorsale. La lèvre dorsale, ciliée et souvent bordée de brun, esttendue entre les 2 premières branchies dorsales de chacun des lobes branchiaux; il s’en élève 2 palpes assez épais, dont les bases se rapprochent assez l’une-de l’autre pour former un angle dont l a pointe est dirigée juste au-dessus du pore thoracique. La lèvre dorsale est séparée par la bouche de la lèvre ventrale, membrane incolore, mince et ciliée, parallèle à la lèvre dor-

(4) OŒrley, Die Kiemen der Serpulaceen (Mitth. aus der z00l. Stat. zu Neapel, 884,t. V, p. 208, et pl. XII, fig. 8).

sale, se reliant à chacun des lobes branchiaux, dont elle suit ja base en se repliant en arrière jusqu'en haut de la spire.

Le thorax est accompagné d’une large et mince membrane ciliée, fusionnée avec les lobes latéraux de la collerette et y faisant suite, flottante du côté dorsal où elle va diminuant progressivement de largeur du haut vers le bas, adhérente de chaque côté du ventre qu'elle ne recouvre pas et où les écussons sont bien indistincts, comme en général chez les Serpulides; en arrière seulement, au dernier segment thoracique, les deux lobes de la membrane se rejoignent audessus du ventre pour former une sorte de basque plus ou moins arrondie, qui flotte au-dessus des deux premiers segments abdominaux.

Au 1‘ et au dernier segment thoracique du côté ventral il y a une grosse plaque glandulaire épaisse ; celle du 1° segment est fusionnée avec le lobe ventral de la collerette ; celle du dernier segment, recouverte par la membrane thoracique transparente, est beaucoup plus netle. Du côté dorsal, la peau du thorax est ciliée et tellement mince qu'on voit très bien au travers le trajet tortueux de l’estomac.

Le thorax représente un quart ou un tiers de la longueur du corps et se compose d’un nombre de segments variable. Il y en a en général 7, souvent 6, mais quelquefois moins; ainsi j'en vois seulement 4 à un exemplaire de 25 millimètres avec 80 segments abdominaux, et seulement 5 à un exemplaire de 30 millimètres avec 75 segments abdominaux. À chacun des segments thoraciques, y compris Le 1°, il y a un gros faisceau de soies dorsales, jaunâtres, droites, limbées, les unes ayant un limbe large (fig. 408), les autres un limbe plus étroit. Von Marenzeller décrit (loc. cit., pl. IL, fig. 9, a) de grosses soies à long limbe se terminant par une poinle dentelée, el qu’il appelle soies de Salmacine. J'observe chez la P. fubularia d'assez nombreuses soies. dont le long limbe, couvert de stries obliques très accusées, persiste presque jusqu'à l'extrémité de la soie, où en se pré-

sentant d'une certaine facon, les stries simulent de fins denticules. Si ces denticules existent réellement dans l’espèce de la Méditerranée, elle serait distincte de celle de la Manche. Le nombre des soies limbées s'élève à 150 ou 200 par faisceau. Elles semblent percer la membranethoracique qui en réalité entoure les pieds sans les couvrir. Le segment buccal est fusionné avec le 1° segment thoracique séligère, dont les soies sont placées plus près du dos qu'aux autres segments. Les pieds suivants vont se rapprochant progressivement du ventre et s’écartant du dos.

En règle générale les plaques onciales apparaissent au 3*° segment; mais chez les Jeunes exemplaires de 12 à 15 millimètres de long, je les trouve au 2*° au nombre de 25 et au 3° au nombre de 95. Chez les gros exemplaires, ils ne se montrent quau 4% ou 5". Von Marenzeller (1) pense qu’elles se rencontrent à des segments thoraciques de plus en plus éloignés el même manquent complètement à mesure que l'animal avance en âge (2). |

Les plaques onciales, qui n'apparaissent le plus souvent qu'au 3 segment, où elles sont peu nombreuses pour le devenir beaucoup plus aux segments suivants, mesurent 0"*,070 de long sur 0**,022 dans la partie la plus large. Elles sont semblables à l'abdomen, mais plus petites (0°*,045 de long). Ce sont celles-ci que je décrirai. Vues de côté, elles sont fortement échancrées dans la partie qui est la plus éloignée de la tête de l'animal, et elles sont terminées à l’autre extrémité par un croc qui, comparé avec celui des plaques du Pomatoceros triqueter, est plus long, plus mince et non creusé en dessous; le bord des plaques est garni de plus de 60 denticules excessivement fins ; de l’intervalle qui sépare chacun de ces denticules part une strie qui se prolonge sur le dos convexe de la plaque et sur sa partie plate

(1) Die Polychæten der Bremer Expedition nach Ostspitzbergen (Zool. Jahrbücher, Abth. für System., etc., t. VI, 1892, p. 431).

(2) C'est ce que Langerhans avait constaté également chez le Polycirrus.

aurantiacus Gr., et ce que j'ai vu chez le Polycirrus tenuisetis Lang., et le Polycirrus denticulatus N. S.

(fig. 409). Lorsqu'on examine la plaque de face, elle apparaît comme une bande extrêmement mince mouchetée de petits points qui sont les denticules (fig. 410). Si on l’incline alors légèrement de côlé, on voit les raies qui séparent les denticules les uns des autres et la tranche a l'apparence d’une lime (fig. 411).

L'abdomen, qui fait suite au thorax, diminue de largeur vers l’extrémité inférieure du corps; comme chez les autres Serpulides, il n’a pas d’écussons ventraux; le sillon copragogue, peu marqué, est assez large. Il y a 75 à 105 segments abdominaux. Le 1” et le 2% segments, assez indistincts, sont achètes ; les suivants, bien marqués, ont de chaque côté du corps un tore saillant portant les plaques onciales dorsales décrites plus haut, au nombre de 255 au moins. Il y a donc 510 plaques onciales par segment, et un exemplaire de 7 segments thoraciques et 105 segments abdominaux a environ 56600 plaques garnies d’environ 3400000 denticules. Les soies ventrales (fig. 412), dont il y a 15 à 20 et qui sont droites, comme les représente Marion pour le Ps. intermedius, el non sinueuses comme les figure Claparède, se terminent par une large faucille dont le bord intérieur n'est pas dentelé, mais garni de plis qui simulent des denticules. Vers l'extrémité inférieure de l'abdomen elles sont accompagnées pendant quelques segments de longues soies capillaires qui demeurent seules aux 15-40 derniers segments (ainsi 25 segments avec soies capillaires, dont les 7 anlérieurs ont encore des soies en faucille). Le dos de ces segments, dans sa parlie médiane, est occupé par une carène blanche qu'avait observée Claparède et qui est composée de cellulesglandulaires servant peut-être àla construction du tube.

Je trouve quelquefois dans la cavité du corps des ovules non mûrs, renfermant de grosses goultesgraisseuses(fig.413). Les œufs sont rouges.

Telle est l'espèce de Dinard. Elle ne me semble différer que sur quelques points peu importants du Psygmobranchus protensus de la Méditerranée, si l’on s’en rapporte à la des-

cription de Claparède: le nombre des branchies et celui des segments abdominaux est plus élevé ; les soies abdominales en faucille ne sont pas sinueuses; je ne parle pas des circonvolutions des branchies que Claparède passe sous silence et qui, d’après Grube (/oc. ct.) décrivent une spire entière. Elle doit être assimilée à la Protula Rudolphu, qui a la collerette ventrale entière (1) et non échancrée (comme l’a très bien vu Quatrefages, quoi qu’en dise Claparède, et comme je l'ai vérifié), qui a les soies abdominales en faucille non sinueuse el qu’on ne peut confondre avec la Protula intestinum de taille plus considérable, dont la collerette ventrale est échancrée et dont les soies abdominales sont en forme de baïonnette et non de faucille.

Chez un exemplaire de cette dernière espèce, venant de Naples, je trouve que le corps (sans les branchies) a 9 centimètres de long sur 12 millimètres de large, avec7 segments thoraciques et 120 abdominaux, et que les branchies très nombreuses, décrivant deux trous despire, ont 35 millimètres de long. Le lobe ventral de la collerette est simplement incisé, sans qu'il y ait 2 lobes proprement dits. Les plaques glandulaires sont de grande taille, les 2 palpes larges et très longs. Il y a une carène dorsale blanche aux 38 derniers segments abdominaux. Pour les soies thoraciques limbées, Je ferai la même remarque que pour celles de la P. fubularia. Les soies abdominales sont non en forme de faucille, mais en forme de baïonnette oblique (fig. 414), avec des plis marginaux simulant des denticules. J’observe des plaques onciales thoraciques qui ont échappé à Claparède (2); Quatrefages n'en avait pas remarqué non plus chez la Protula Rudolph, mais l’exemplaire qu'il avait examiné était en mauvais état. Ces plaques thoraciques sont plus grandes, mais de même forme que celles de la P. fubularia.

(1) La présence ou l'absence de deux lobes ventraux peut être un bon FEnee spécifique, mais rien de plus.

(2) IL m'est arrivé aussi plusieurs fois pour la Protula tubularia, de ne pas trouver d’abord de plaques thoraciques et, sauf sur deux exemplaires, de ne parvenir à les découvrir qu'avec peine.

Un autre exemplaire de même taille a 180 segments abdominaux, avec des soies capillaires aux 120 derniers ; les plaques thoraciques commencent au 4° segment.

Méditerranée. Atlantique. Manche.

GENRE APOMATUS Phil., Mürch.

SOUS-GENRE APOMATUS s. str.\

APOMATUS simiIs Mar. et Bobr. (1).

APOMATUS simicis Marion, Dragages au large de Marseille, Ann. des sc. nat., éme série, t. VIII, 1879, p. 29, et pl. XVII, fig. 9). — — Langerhans, Die Wurm/auna von Madeira IVter Beitrag (Zeils. für wiss. Zool.; t. XL, 1884, p. 271).

— — Lo Bianco, Gli Annel. tubic. del golfo di Napoli (loc. cit., p. 90).

PI. XIUL, fig. 415-419.

Trouvé assez souvent dans les dragages de toutes les profondeurs.

L’A.similis habite un petit tube blanc isolé, uni, à stries fines, circulaires, et à entrée ronde de 1**,25 à 1*°,50 de diamètre, fixé aux vieilles coquilles et souvent couvert de Bryozoaires. Une fois je rencontre sur un de ces tubes des Folliculina ampulla OÔ. F. Müller (2) d'un beau vert sombre, retirées dans leur carapace lagéniforme, qui a 0,29 de long et 0**,42 de large au goulot. Stein (3) en avait déjà observé sur les tubes de Spirorbis Nautiloïdes (S. borealis).

(1) Etude des Annél. du golfe de Marseille (Ann. des sc. nat., 6me série, t. IT, 1875, p. 97, et pl. XII, fig. 25).

(2) Voir entre autres sur le genre Folliculina Lmck. (Freya Clpd. et Lachm., Lagotia Stret. Wright) : Claparède et Lachmann, Efudes sur les Infusoires et les Rhizopodes, 1° partie, 1858. Tirage à part, p. 217, et pl. IX et X.—-Strethill Wright, Description of new Protozoa (Edinb. New Phil. Journal, new series, t. VII, 1858, p. 277, pl. VIL, fig, 1-4, et t. X, 1859, p. 97 et pl. VII, fig. 1-6). — Stein, Der Organismus der Infusionsthiere, in-fol., Leipzig. Abth. IT, 1867, p. 275, etpl. X et XI. — Saville Kent : A Manual of the Infusoria, 1882, in-8°, p. 596 et pl. XXIX. — Môbius, Das flaschenthierchen Folliculina ampulla (Abh. Nat. Ver. Hamburg, t. X, 1887). — Giard, Fragments biologiques sur le genre Folliculina (Bull. scient. de la France et de la Belgique, 3%e série, t. I, 1888, p. 310 et pl. XX).

(3) Loc. cit., p. 276 et pl. X, fig. Tet 8.

Le corps rougeâtre, large de 1**,25 à 1°*,50 en avant, mesure de 8 à 15 millimètres de long, sans les branchies.

La collerette incolore, largement ouverte du côté dorsal, est entière. Les 7 à 9 paires de branchies n’ont pas d’axe de cellules cartilagineuses; garnies intérieurement d’une double rangée de barbules ciliées, ayant une apparence floconneuse comme chez la Protula tubularia, elles se tordent facilement en spirale, et sont terminées par une partie nue, légèrement spatulée, de 0**,26 de long. Elles ont le dos blanc, avec 10 à 18 taches d’un rouge foncé, contenant chacune 8 à 15 cristallins (fig. 415), placées en regard l'une de l’autre de chaque côté du dos, et souvent reliées l’une à l’autre par une raie transversale d’un rouge clair. La 2° branchie dorsale à gauche, tout en conservant ses barbules, est surmontée d’un opercule globuleux corné, transparent, rempli d'un liquide incolore, et dont la paroi est parcourue par un réseau de vaisseaux contenant du sang vert. Cet opercule, d’un diamètre de 0**,40 à 4 millimètre, dont Marion donne une très bonne figure (/oc. cif., fig. 25, f), bouche l’orifice du tube quand l'animal y est rentré. Souvent il y a un 2" opercule à la 2°° branchie à droite, plus petit que l’autre, comme un pseudopercule de Serpule, ou de même taille comme chez les Filograna. Du côté ventral les 2 lobes branchiaux sont séparés par une petite pièce rectangulaire semblable à celle de la Protula tubularia. La bouche s'ouvre entre les 2 lèvres transversales, comme à l'ordinaire chez les Serpulides.

La membrane thoracique ciliée, très mince, colorée en vert par un réseau de vaisseaux capillaires où vient respirer le sang, est fusionnée avec la collerette, et se termine au dernier segment thoracique par une basque courte qui flotte du côté ventral au-dessus de l'abdomen. Le thorax, qui représente environ un quart de la longueur du corps, se compose presque toujours de 7 segments séligères; une seule fois j'en observe 8. Le segment buccal, fusionné avec le 1° segment, porte 2 taches pigmentaires rouges probable-

ment oculaires (fig. 417, d), à sa partie dorsale, et n'a que des soies dorsales à limbe plus ou moins large (Voir Marion, loc. cit., fig. 9, à et 9, 4”), semblables à celles des segments suivants; 1l y en à 25 au 1” segment et 12 à 20 aux autres. Les plaques onciales ventrales apparaissent au 2" segment, où les soies dorsales sont semblables à celles du 1”. Ces plaques extrêmement fines, hautes de 0"*,037, ont été exactement représentées par Von Marenzeller (1); elles sont au nombre de 160 à 200 environ à chaque tore thoracique. Aux 3°-7"*segments, il se joint aux 15- 20 soies limbées dorsales, 2 à 5 soies limbées d’une forme particulière (fig. 416), observées d’abord par Marion chez l’Apomatus ampulliferus Phil. et l'A. sèmelis Marion (2), puis par Levinsen (3) chez l'A. glohifer Theel, et par Von Marenzeller chez l'A. Enosimæ (4) et l'A. glohfer (5). Plus transparentes que les autres, elles ont un limbe court, saillant, suivi d’une partie courbe non limbée, en forme de faucille (moins accusée chez les animaux conservés à l'alcool), bordée de petits plissements très fins qui simulent des denticules. Ces soies, que J'appellerai soies d’A pomatus, et dont il a déjà été question (p.338, en note), sont une transition entre les soies limbées ordinaires et les soies non limbées en faucille, ou véritables soies de Sa/macine. On les retrouve au thorax chez la Vermiliopsis mulhvaricosa Mürch (V. infundibulum Gm.. sec. Lang., V. spirorbis Lang.), chez la Vermiliopsis muliicristata Phil. (V. mudlticostata Phil., sec. Lang., V. clani-

(1) Bericht der Comm. für Erforsch. des Æstl. Mittelm. VI. Zool. Ergeb. II, Polychæten des Grundes (Denksch. der k. Akad. der Wiss. zu Wien, t. LX, 1893, pl. IL, fig. 42). ù

(2) Annél. de Marseille (loc. cit., pl. XI, fig. 25, b). — Dragages au large de Marseille (Ann. des sc. nat., 62e série, t. VIII, pl. XVIL, fig. 9, c).

(3) Syst. geogr. Overs. over de Nord. Annul. (Vidensk. Meddels. for 1883, Copenhague, 1884, p. 197). — Diÿmphna Togtets Zool. Bot. Udbytte, 1886 : Kara-havets Ledorme, p. 300, et pl. XXV, fig. 11.

(4) Südjapanische Annel. II (Densks. der k. Akad. der Wiss. zu Wien, t. XLIX, 1884, p. 220 et pl. IV, fig. 7, c).

(5) Die Polychæten der Bremer Expedition nach Ostspitzbergen (Zool. Jahrbücher, Abth. für system. t. VI, 1892, pl. XIX, fig. 8 A). — Bericht der Comm., etc. Polychæten des Grundes, pl. IE, fig. 11, c.

gera Phil.), la Vermiliopsis agglutinata Non Marenz., la Janua (Spirorbis) Pagenstecheri Qfg., lOmphalopoma cristata Lang., l'Omphalopomopsis (Omphalopoma) Langerhansü Von Marenz., comme l’indiquent nettement les figures de Langerhans et de Von Marenzeller.

La portion du corps qui fait suite au thorax et qui renferme l'estomac, où sont toujours accumulés des aliments digérés, mêlés de particules de vase, est nue, non segmentée, achète, longue de 1*°,8 à 2 millimètres, soit la valeur de 10 segments environ, et les parois du corps y sont minces et peu résistantes.

La portion abdominale qui vient ensuite, renfermant l'intestin en spirale logé dans un sinus sanguin, est composée de 45 à 60 segments sétigères, avec plaques onciales dorsales au nombre de 60 à 70 environ par tore, et avec 3 ou 4 soles ventrales dont la faucille n’est pas précédée d’un limbe (fig. 418 et 419). Les plaques onciales sont moins hautes que celles du thorax, n'ayant que 0**,022 de haul; mais la tranche est plus bise et, vue de face, présente des rangées transversales de denticules superposées qui n'existent pas aux plaques thoraciques, où il y à une rangée unique de denticules placés au-dessus les uns des autres.

Aux 15 derniers segments, il y a des soies capillaires qui sont accompagnées d’une soie en faucille, sauf aux 5 derniers. Les derniers segments ont une carène dorsale d’un blanc mat, comme la Protula tubularia. Le segment anal se termine par 2 petites palettes.

Les sexes sont séparés; les femelles ont des œufs rouges. Dans le 2*° segment thoracique, on peut observer par transparence les 2 organes excréteurs thoraciques bordés de brun, qui se prolongent dans le 1” segment, où ils se réunissent en un canal commun cilié, qui passe entre les 2 taches pigmentaires dorsales et débouche à la base des branchies (fig. 417, e).

À première vue il y a une grande ressemblance, à parL l'opercule, entre l’A. simalis et la Protula tubularia. Mais l'A.

similis adulte est de bien plus petite taille, le thorax est beaucoup moins large relativement et moins aplati avec des soies thoraciques différentes, la partie nue qui suit le thorax est plus longue. Enfin il ne peut être un jeune de la P. tubularia, puisque je le rencontre souvent à l’état de maturité, ‘ etil n’est pas une monstruosité de celte espèce, puisqu'il est sensiblement plus commun qu'elle.

Ce genre À pomatus est intéressant. Il sert de transition entre le genre Protula et le genre Félograna. Comme le genre Protula, il a des branchies peu consistantes, des soies limbées ordinaires au 1* segment, des plaques onciales en forme de peigne à long croc terminal mince, non creusé en dessous, au thorax et à l'abdomen et une carène dorsale blanche à la fin du corps. Mais il se rapproche du genre Fi/0grana par sa petite taille, par l’opercule qui termine une ou deux de ses branchies conservant leurs barbules, par la région nue antérieure de l'abdomen. Il a tantôt les soies abdominales en faucille des Protula (Apomatus similis, A. globifer), tantôt les soies abdominales géniculées et denticulées des Filograna(A.ampulliferus, À. Enosimæ composant le sous-genre Apomatopsis n.). Mais ni dans le genre Protula ni dans le genre F/ograna, du moins dans les espèces observées jusqu’à présent, on ne trouve les soies limbées thoraciques à court limbe bien accusé, terminées par une faucille (soies d'A pomatus), dont il a été question plus haut. C’est ce qui me fait croire beaucoup plus que l’opercule globuleux, caractère secondaire, qu'on doit conserver le genre Àpomatus, dont le nom est si mal approprié, et ne pas regarder, avec Grube {1), les espèces qui le composent comme des monstruosités du genre Protula. |

Von Marenzeller (2) admet également le genre À pomatus comme distinct du genre Protula, mais pour d'autres raisons que les miennes, c'est-à-dire à cause de l'apparition

(4) Grube, Mitth. über die Serpulen (Jahresb. der Schles. Gesells. für 1861.

Breslau, 1862, p. 69).

(2) Die Polychæten der Bremer Expedition, p. 430.

des plaques onciales dès le 2° segment, et de la forme en faucille des soies abdominales, les Protula, selon lui, n'ayant pas de plaques onciales avant le 3%° segment et la forme des soies abdominales s’y rapprochant de celle des soies thoraciques.

Pour moi, je ne tiendrais pas compte du numéro du seg- : ment où commencent les plaques, car j'en ai trouvé, comme il a été dit plus haut, plusieurs fois au 2*° segment chez la Protula tubularia, et Sars'(1) avait déjà observé que chez la Protula borealis Sars, animal de 53 millimètres de long, elles apparaissaient aussi au 2% segment. Il est donc probable que les Protula peuvent avoir des plaques onciales, au moins à l’état jeune, dès le 2° segment. Mais plus tard, comment établir le numéro exact du segment où elles commencent, puisque l'animal les perd peu à peu avec l’âge, et que quelquefois peut-être il ne lui en reste plus du tout? En ce qui concerne l’Apomatus ampulliferus, chez lequel on n’en a encore trouvé qu’à partir du 3° segment, il peut se produire sous ce rapport une différence avec les autres espèces d'Apomalus, sans qu'il y ait là un caractère générique.

De même pour la forme des soies abdominales, elles sont en faucille chez i'Apomatus similis, VA. globifer, la Protula tubularia, la P. Diomedeæ el la P. alba, et plus ou moins géniculées chez l'Apomatus ampulliferus, VA. Enosimæ et la P. intestinum. XI y à donc là des caractères communs aux deux genres.

La présence d’un opercule globuleux et celle des soies de Salmacine (soies d'A pomaitus selon moi), sont-elles aussi des caractères communs comme le pense Von Marenzeller? Il est de cet avis pour l'opercule globuleux, parce qu'il en a observé un chez une Protula de Molyneux, et parce qu'il regarde l’Apomatus ampulliferus comme une Protulu. Mais

(1) Diagnoser af nye Annelider fra Christianiafjorden (Vidensk. Selsk. Forh. for 1871. Christiania, 1872, p. #17).

je pense qu'on doit maintenir celte dernière espèce dans le genre Apomatus, Marion lui attribuant des soies en faucille précédées d’un limbe (1) et disant dans le texte (2), que les soies thoraciques de l'A. similis rappellent celles de l'A. ampulliferus. Quant à la Protula de Molyneux, avant de la verser dans le genre Protula, il faudrait peut-être vérifier si les soies d’Apomatus manquent au thorax. Provisoirement, outre la présence des soies d'Apomatus au thorax, je laisse comme caractère secondaire au genre Apomatus l'existence d'un opercule globuleux.

J'ai déjà parlé plus haut (p. 365) des soies de Sa/macine thoraciques découvertes par Von Marenzeller chez les Protula. En admettant qu’elles aient des denticules à leur extrémité, le long limbe qui les précéde ne ressemble en rien à celui des soies thoraciques d’A pomatus. Il n’en est peut-être pas de même de celles de la Protula Marion: Von Marenz. (3). Ici le limbe est plus large et beaucoup plus court, et se rapproche de celui des soies d’A pomatus. Les soies abdominales rappellent celles de l'A . ampulliferus, et Von Marenzeller n’est pas éloigné de croire que les deux espèces doivent se confondre.

En résumé, il me semble que les Protula n’ont ni soies thoraciques d’Apomatus, ni opercule globuleux, caractères qui sont ceux du genre Apomatus.

Méditerranée. Atlantique.

(1) Annélides du golfe de Marseille, loc. cit., pl. XII, fig. 24, b.

(2) Ibid., p. 97.

(3\ Ber. der Comm. für Erforsch. der Æstl. Mittelm. VI. Zool. Ergebn. II, Poly-

chæten des Grundes (Denks. der k. Akad. der Wiss. zu Wien, t. LX 1893, pl. Il, fig. 10, b).

Page 1