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HISTORIQUE

L'étude des organes génitaux mâles des Insectes fut commencée au xvui° siècle par Swammerdam (1). Cet auteur, dans son ouvrage intitulé Biblia naturæ, composé vers 1669 et publié en 1737, a été le premier à décrire les organes internes de la génération chez les Insectes. Ses descriptions, quoique sommaires et incomplètes, sont cependant fort remarquables pour l’époque. C'est ainsi qu'il a représenté une vésicule (réceptacle séminal) annexée à l’'oviducte de l’Abeille femelle et lui a attribué, à tort il est vrai, la fonction de sécréter une substance glutineuse destinée à coller l’œuf au fond de l’alvéole.

À peu près vers la même époque, un célèbre anatomiste de Bologne, Malpighi (2), en faisant l'anatomie interne du Bombyx mori, décrivit, à l'entrée de l'appareil génital femelle, une sorte de vésicule remplie de sperme {poche copulatrice). De plus, il observa chez le mâle des appendices des canaux déférents.

Plus tard, Hunter (3) constata que pendant la fécondation le pénis du mâle pénètre jusqu’à l'entrée de la poche copulatrice.

Cependant, ce n’est qu'au commencement de ce siècle que les entomologistes étudièrent, avec quelques détails et précision, les organes génitaux mâles des Insectes. Herold (4) fut un des premiers qui, à cette époque, s’engagèrent dans cette voie. Il fit des observations nombreuses el intéressantes sur le développement des organes génitaux du Papillon du Chou (Pieris brassicæ L.).

1) Swammerdam, Biblia naturæ sive Historia Insectorum. Leyde, 1731. 2) Malpighi, Disserlatio epistolica de Bombyce, 1669.

3) Hunter, Observalions on Bees (Philosop. Trans., 1792).

( ( ( (4) Herold, Entwickelungsgeschichte der Schmetterlinge, 1815.

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Les recherches de Gaede (1) et celles de Hegetschweiler (2) sont remarquables par l’abondance des détails, mais manquent parfois de précision. Ce dernier auteur s'efforce d'établir des comparaisons absolument erronées : c'est ainsi qu'il compare les glandes annexes des Insectes à celles de Cooper et à la prostate des Mammifères.

Dans ses Recherches anatomiques sur la femelle du Drile jaunätre, V. Audouin (3) décrit, à la fin de son mémoire, les organes reproducteurs du mâle de cette espèce. Ces organes, dit-il, se composent de deux petits testicules, offrant à leur surface des tubercules arrondis qui sont autant de capsules spermatiques s’ouvrant dans une cavité commune, laquelle se continue avec le canal déférent, long et flexueux. Vient ensuite le canal éjaculateur qui porte, à son origine, deux paires de vésicules séminales. Cette description, ainsi que celle de l’appareiïl copulateur, quoique sommaire, est néanmoins fort remarquable pour l'époque. e

Deux ans après ses études sur le Drile, V. Audouin (4) fit paraître un nouveau mémoire, relativement complet, sur l’organisation extérieure et l'anatomie interne des Cantharides. La description des organes générateurs mâles fait l'objet d'un paragraphe spécial. Les testicules sont composés d'une infinilé de petites capsules en sachets, groupées à la circonférence de l’axe et serrées les unes contre les autres. Chaque capsule aboutit, par son ouverture, dans le centre du testicule duquel part le canal déférent. Les vésicules séminales, au nombre de quatre, ont chacune des formes, une organisalion et un développement différents. Le conduit spermatique commun prend naissance au point de réunion

(1) Gaede, Beiträge zur Anatomie der Insecten, 1815.

(2) Hegetschweiler, Dissertatio inaug. Zootomica de Insectorum genitalibus. Turici, 1820.

(3) V. Audouin, Recherches anatomiques sur la femelle du Drile jaunâtre et sur le mâle de celte espèce (Annales des Sciences naturelles, t. Il, p. 443, 4824).

(4) Id. Recherches pour servir à l’histoire naturelle des Cantharides (Note lue à l’Acad. des sciences le 3 septembre 1826).

des canaux déférents et des vésicules séminales. Cette description a été heureusement complétée, en 1886, par le D° H. Beauregard et la figure d'Audouin reproduite, sans modification, en 1896, par A. Acloque dans sa Faune des Coléoptères (1).

De tous les zoologistes du commencement de ce siècle, L. Dufour est un de ceux qui ont apporté la plus large contribution à l'étude de l’organisation interne des Arthropodes. Ses descriptions sont généralement si exactes, si précises, ses recherches si nombreuses, si variées et se rattachent à des sujets si divers qu'on peut, à juste titre, le considérer comme le créateur de l’anatomie entomologique. Certaines de ses figures (le tube digestif du Carabe, par exemple), faites il y à trois quarts de siècle, ont résisté à tous les progrès accomplis dans ces dernières années par les sciences naturelles et sont encore intercalées dans les traités de zoologie les plus récents.

Ses travaux anatomiques sur les Organes de la génération des Carabiques et de plusieurs autres insectes Coléoptères (2), parus en 1825, sont remarquables par la précision et l’exactitude des descriptions. Les diverses familles des Coléoptères (Carabiques, Cicindélides, Brachélytres, Serricornes, Clavicornes, ele...) sont successivement passées en revue. Pourtant, il attribue à certains organes des fonctions qu'ils n’ont pas en réalité. C’est ainsi qu'il désigne sous le nom de vésicules séminales des appendices, ordinairement tubuleux ou ovoïdes, dont le rôle est nettement sécréteur (glandes annexes). L. Dufour reconnaît cependant avec raison, qu'à l’époque de la reproduction de l’espèce, les glandes génitales mâles se présentent avec un aspect fort différent de ce qu’elles étaient avant cette époque. La turgescence des canaux spermatiques, dit-il encore, met en évidence des conduits qui demeureraient imperceptibles sans celte condition et donne

(4) Voy. page 31, fig. 25.

(2) L. Dufour, Voy. les Annales des Sciences naturelles, t. VI, p. 150 et suiv., 1825.

souvent à l'abdomen un volume considérable. En résumé, bien qu'elles présentent parfois quelques erreurs de détail, les recherches de Dufour constitueront toujours les premières et solides assises sur lesquelles s’élèveront les travaux futurs sur l'anatomie des Insectes.

La belle monographie du Hanneton par Straus-Durkheim (1) peut être considérée comme un modèle du genre. Les monographies faites ultérieurement sur certains Arthropodes (Écrevisse, Blatte, etc.) ne sont qu’une imitation de ce premier travail, devenu classique. L'auteur décrit, avec minutie et précision, tous les organes internes du Hanneton. Aussi, les divers entomologistes qui, plus tard, se sont occupés des organes génitaux n'ont-ils eu que fort peu à ajouter aux détails de Straus.

Après L. Dufour, Straus, etc., Suckow (2) s’occupa également de l’appareil génital mâle des Coléoptères; mais, au lieu de décrire, comme l'avait fait Dufour, les nombreuses formes observées dans les différentes espèces, il essaya, guidé par de fausses idées philosophiques, d'établir un groupement morphologique dans lequelil classa les divers types d'organes. Sa classification des testicules en testiculeslinéaires, spiralés, rameux, etc... n'a pas survécu. Ilen est demême de sacomparaison des glandes génitales avecle tube digestif. D'autre part, les appendices glandulaires, décrits par Dufour comme des vésicules séminales, furent désignés par Suckow sous les nomsderéservoirs urinaires. Aussi, toutes ces erreurs ont-elles fait que son œuvre a laissé peu de traces dans la science entomologique.

De tous les anciens entomologistes, Burmeister (3) (1832) est un de ceux qui ont donné une description des plus exactes de l'appareil copulateur de certains Coléoptères. D'autre part,

(1) Straus-Durkheim, Considérations générales sur l'anatomie comparée des animaux articulés, auxquelles on a joint l’anatomie descriptive du Hanneton, in-40, 1828.

(2} Suckow, Geschlechtsorgane der Insekten (Heuzinger’s Zeitsch. für org. Physik, II, 4828.)

(3) Burmeister, Handbuch der Entomologie, I, Berlin,

à l'exemple de plusieurs de ses devanciers, il a essayé de diviser, en se basant uniquement sur les caractèresextérieurs, les diverses variétés de formes qu’affectent les testicules, en quatre groupes principaux qu'il a subdivisés à leur tour. Les testicules composés, par exemple, comprennent les types rameux, granuleux, vésiculeux, etc... Pour lui, les testicules du Blaps (type granuleux) sont constitués par une ampoule à la surface de laquelle sont fixés de nombreux acini. Les descriptions de Dufour, reproduites plus tard par Escherich, sont seules exactes et nousdonnent, avec quelque précision, la structure des organes reproducteurs du Blaps.

Après ces recherches générales, d’autres zoologistes se sont occupés de l'étude de l’armure copulatrice. On découvre, dit Ormancey (1), dans l’étui pénial des Coléoptères des rapports de tribu qui concordent avec leurs mœurs. On ne doit pourtant se servir de cet organe que comme révélant un rapport et non comme un moyen spécifique de classification. Pourtant, la méthode proposée peut, au dire de l'auteur, permettre de séparer une espèce douteuse par l'observation attentive des différentes pièces cornées qui composent l'armure du pénis ou étui pénial. Cet étui est formé d’un certain nombre de pièces qui sont: le pédoncule, les valves, l'armure et le pénis. Ce dernier, contrairement aux trois pièces antérieures, est membraneux, blanchâtre et filiforme. Grâce à la forme de ces diverses pièces, il est possible, d’après Ormancey, dereconnaître la #ibu à la forme générale de l’étui pénial; le genre à la forme des valves ; l'espèce à l'armure, à sa base et à son extrémité. Comme application de sa méthode, l’auteur cherche à caractériser, d'après la structure de l’étui pénial, certaines tribus telles que celles des Carabiques, des Hydrocanthares, des Lamellicornes, etc.

Bien que présentant quelque intérêt, cette étude est trop incomplèle et s'applique à un trop petit nombre d'espèces

(4) Ormancey, Recherches su l'étui pénial considéré comme limite de l'espèce dans les Coléoptères (Annales des Sciences naturelles : Zool., 3° série, t. XII, 1849).

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