GLANDES GÉNITALES MALES DES FERONIINÆ ET DES CICINDELIDÆ
Feroniinæ. — L'appareil génital mâle des FERONINÆ présente de nombreux rapports morphologiques avec celui des Cicindelidæ (Voy. PI. XX, fig. 2 et 4). Aussi, devrionsnous, si nous faisions une classification basée uniquement sur les modifications éprouvées par l'appareil mâle, placer les Amara, les Broscus, etc., immédiatement à côlé des Cicindèles. Les glandes annexes ont, dans les deux familles, une
grande ressemblance. Les principales différences à signaler
dans l’ensemble de l'organe portent sur la constitution de l’armure génitale, la disposition des tubes testiculaires et sur le renflement terminal des canaux déférents en vésicules séminales.
Les testicules du Platynus assimilis Payk. (Voy. PI. XX,
fig. 2) sont bien développés et constitués par un tube cylin-
drique très allongé, sinueux et terminé, à son extrémité libre, par un renflement ovoïde. Les replis que forme le tube testiculaire sont contournés sur eux-mêmes et constituent, de chaque côté des parois latéro-abdominales moyennes, deux gros pelotons cylindriques entourant et recouvrant presque complètement l'intestin moyen.
Les éesticules des Broscus, comme ceux de l'espèce précédente, sont longs, tubuleux et roulés en deux pelotons. Ces derniers, de forme ovoïde, sont localisés en arrière de la cavité abdominale, de chaque côté de l’ampoule rectale. Comme dans les espèces précédentes, c’est à l'extrémité antérieure de ces tubes que se développent les spermatozoïdes.
Le canal déférent fait directement suite au peloton glandulaire et se présente, chez le Platynus, sous la forme d'un tube cylindrique, plus étroit que la glande testiculaire, très sinueux, dirigé tout d'abord en avant, puis recourbé en-
suite en arrière. Il se dilate considérablement vers son extrémité terminale pour former une sorte de vésicule ou réceptacle séminal, dans lequel on peut constater une accumulalion considérable de spermatozoïdes, isolés ou groupés en faisceaux. Le conduit se rétrécit ensuite et va se fusionner, en s'évasant en forme d’entonnoir, avec la portion terminale des glandes accessoires (ectadénies). Le tube testiculaire et le canal déférent, complètement développés, dépassent quatre fois la longueur du corps de l’'Insecte.
Le canal déférent du Broscus est moins long que celui des autres Carahidæ. W se dirige en avanten décrivant quelques sinuosités et va déboucher vers l’extrémité postérieure des glandes accessoires, à 6 millimètres environ de leur point de convergence (Voy. PI. XX, fig. 4). Dans cette espèce, nous ne constatons pas la présence des gros renflements terminaux et des replis en hélice comme chez les Ophonus et les Brachinus : la partie terminale du canal déférent, légèrement dilatée, doit seule jouer le rôle de réceptacle séminal.
Les glandes accessoires (ectadénies) des P/atynus sont très volumineuses et présentent à peu près la même forme, la même disposition etla même structure que celles des Cicindèles. Elles sont recourbées en forme de Z, constituées par un tube cylindrique de 0**,4 à 0"*,6 de diamètre, situées au-dessous du tube digestif et reposent directement sur la paroi inférieure de la partie médiane de l’abdomen. Le tube glandulaire décrit ensuite deux courbures avant de s’unir au canal déférent. Sa partie inférieure se rétrécit finalement et se fusionne avec sa congénère de la glande opposée.
Les glandes accessoires (ectadénies) du Broscus sont cylindriques et recourbées en forme de crochet. Complètement développées, elles mesurent de 12 à 15 millimètres de longueur sur 1 millimètre et demi de diamètre. Elles sont à peu près cylindriques ou parfois légèrement aplaties transversalement à leur extrémité antérieure. Cette partie terminale est tronconique et repose, ainsi que le reste de Ja glande, sur la face inférieure de la région médio-abdominale,
au-dessus du système nerveux et immédiatement au-dessous de l'intestin moyen. Les deux glandes sont généralement placées l’une au-dessus de l’autre et ont leurs courbures superposées el dirigées en arrière. Après la première courbure, la glande se dirige transversalement et reçoit l'extrémité terminale, légèrement évasée, du canal déférent. Les régions postérieures des ectadénies se rétrécissent ensuite, convergent l’une vers l’autre et forment finalement le canal éjaculateur (Voy. PI. XXX, fig. 4). Ce dernier est court, peu sinueux et ne tarde pas à pénétrer dans l’axe de l’armure génitale. Ses parois sont épaisses, musculaires, et limitent une étroite lumière centrale.
Le conduit éjaculateur du Platynus(Voy. PL XX, fig. 2 et 3), d'abord élargi à son origine, présente, à sa face dorsale, une légère dépression à direction antéro-postérieure, limitée latéralement par deux bourrelets brunâtres. Le canal se réirécit ensuite, devient uniformément cylindrique et pénètre à l'extrémité antérieure de l’armure génitale. Il se continue dans l’axe de cette dernière et va s'ouvrir à l'extrémité postéro-inférieure, dans le cloaque, par un pore circulaire, entouré d'un bourrelet annulaire jouant le rôle de sphincter.
L'armure génitale est très simple et comprend, chez le P/atynus : l’une plaque basilaire en forme de fer à cheval ; 2°un tube chitmeux, conique (pénis), formé par une lame recourbée en cornet et limitant une fente inférieure, et 3° deux lamelles élargies, presque circulaires et fixées à l'extrémité antéro-supérieure de l’armure.
L'appareil copulateur du Broscus comprend également trois pièces principales : 1° la lamelle basilaire, aplatie et à bords latéraux chitineux ; 2° deux plaques falciformes, situées vers l’origine de l’armure, élargies en leur milieu mais amincies postérieurement et portant, sur leur bord interne, de nombreux poils chitineux disposés en une seule rangée (Voy. PI XX, fig. 5), et enfin 3° un tube pénial, ouvert antérieurement, à face supérieure convexe et se terminant en arrière par une pointe amincie et recourbée. A la face
inférieure existe une fente longitudinale, à l'extrémité de laquelle vient déboucher la verge.
Les glandes génitales mâles des autres Féroniens, Calathus, Zabrus, À mara, etc., présentent à peu près les mêmes caractères morphologiques que celles des deux espèces précédentes.
Cicindelidæ. — L'appureil génital mâle des Cicindelidæ diffère de tout point de celui de certains autres Coléoptères tels que les Melolonthinæ, les Cleridæ, les Chysomelidæ, ete., que nous étudierons dans la suite. Les principales modifications portent sur la forme des testicules, la disposition des glandes accessoires et la structure de l'appareil copulateur.
Les testicules sont pairs et uniquement constitués par un long tube cylindrique, blanchâtre et terminé, à son extrémité libre, par un renflement ovoïde (Voy. PI. XIX, fig. 1). Ce tube glandulaire décrit de nombreuses circonvolutions et forme un volumineux peloton localisé dans la région postérieure abdominale, de part et d'autre de l’armure génitale. C'est surtout à l'extrémité antérieure que se développent les spermatozoïdes ; aussi, cette partie doit-elle être considérée comme la vérilable région testiculaire.
Le tube glandulaire diminue sensiblement de diamètre dans sa seconde moitié et forme un nouveau peloton, de couleur jaune pâle, situé un peu au-dessous du premier et directement appliqué contre le pénis chilineux et la face interne des deux derniers segments abdominaux (Cïcindela sylvatica). C’est cette deuxième région dilatée du canal déférent qui doit jouer le rôle de vésicule séminale, ainsi que le prouvent les nombreux faisceaux de spermatozoïdes qu on y trouve accumulés (Voy. PI. XIX, fig. 1, V).
La partie terminale des canaux déférents cd est courte, sinueuse et va déboucher au quart (Cicindela sylvatica) ou au tiers (Cicindela campestris) postérieur de la région dilatée des glandes annexes. Les canaux que nous venons de décrire atteignent, dans leur complète extension, deux fois environ la longueur du corps de l’Insecte.
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Les glandes annexes (ectadénies) sont paires et constituées par deux tubes assez courts, comparativement aux organes similaires des autres Coléoptères (Voy. PI. XIX, fig. 2). Elles comprennent deux régions complètement différentes par leur diamètre. La première, qui atteint à peine de 3 à 4 millimètres de longueur, affecte une forme à peu près cylindrique. Elle est amincie à son extrémité antérieure et se dirige d'avant en arrière, en décrivant quelques légères sinuosités. Le tube se dilate ensuite brusquement, s’incurve et atteint un diamètre double de son diamètre primitif {Voy. PI. XIX, fig. 1,R).La glande se dirige d’arrière en avant, se recourbe en arc et s’accole à la seconde partie, considérablement dilatée, de l'organe. C'est à la face interne du tiers postérieur de cette partie terminale que vient déboucher le canal déférent. La
portion renflée 4, qui fait suite au canal déférent, ioue égale-
ment le rôle de réceptacle séminal (Voy. PI. XIX, fig. 1 et 2). Elle se rétrécit ensuite brusquement et se continue par un tube cylindrique et irrégulier qui, après s’être fusionné à son congénère, va constituer le conduit éjaculateur.
Ce dernier, élargi à son origine, ne tarde pas à devenir uniformément cylindrique et à pénétrer, après un trajet sinueux de ÿ à 6 millimètres de longueur, à l’extrémité antérieure de l’armure génitale qu'il traverse suivant son axe. Nous avons désigné sous le nom de verge celte partie terminale du conduit éjaculateur.
L'armure génilale mâle des Cicindélides est peu compliquée et ne comprend, outre deux petites pièces accessoires, les arcs-boutants et l’arceau supérieur, que le tube pénial proprement dit. C’est, du reste, un organe qui ne présente pas toujours une fixité absolue, non seulement dans les genres différents, mais parfois aussi dans les mêmes espèces. Pérez rapporte (1) que, dans une promenade entomologique avec L. Dufour, ce dernier lui dit, en parlant de l'armure copulatrice mâle : « C’est une clé qui ne peut ouvrir
(1) Voy. les Annales de la Société entomologique de France, 1894, p. 78.
qu'une seule serrure ». Cet organe a, en effet, des formes généralement constantes pour chaque espèce et différentes d’une espèce à l’autre. C'est un moyen employé par la nature pour meltre obstacle aux unions illégitimes et maintenir la fixité de l'espèce. L'appareil copulateur étant (rès compliqué, ajoute Pérez, est cependant quelquefois sujet à certaines variations et n'a pas toujours l’avantage de fournir un moyen pratique et sûr de distinguer entre elles les diverses espèces d'un même genre.
Chez la Cicindela sylvatica, le tube pénial est constitué par une lamelle chitineuse presque cylindrique, amincie et recourbée en avant, puis légèrement renflée et fusiforme à son extrémité postérieure. Sa région médiane est à peu près régulièrement tubuleuse et ses parois externes sont lisses et ne présentent aucune aspérité ou tubercule corné.
Le canal éjaculateur pénètre en avant, au-dessus de la partie recourbée, traverse l’axe du tube chitineux, formant ainsi la verge qui s'échappe en arrière par une échancrure triangulaire (Voy. PI. XIX, fig. 1). |
Les arcs-boutants sont deux tigelles qui, partant de l'extrémité antérieure de l'armure, vont se fixer au premier iers du tube pénial et se prolongent en avant par deux aiguilles à pointe amincie et acérée. Ces arcs soutiennent, d'autre part, les branches latérales de l’arcean supérieur. Ce dernier est constitué par une lamelle foliacée, lancéolée, échancrée en arrière et munie, de chaque côté, de deux: tigelles de nature cornée. Cette lamelle, tout à fait accessoire, est à cheval sur le tube pénal.
CHAPITRE II GLANDES ‘GÉNITALES MALES DES DYTISCIDÆ Dans la famille des Dvyriscipes ou HYDROCANTHARES, nous
avons pu examiner les espèces suivantes : Dytiscus marginalis L., Dytiscus circumflezus Fabr.,Dyt. punctulatus Fabr.,
Cybister rœselii Fabr., Acilius sulcatus L., Colymbetes fuscus L., Zlybius fuliginosus Fabr., Agabus chalconotus Panz., Agabus bipunctatus Fabr., Ag. paludosus Fabr., et Hydroporus inæqualis Fabr. Quelques-unes de ces espèces nous ont servi de types pour les descriptions qui vont suivre (Voy. PI. XXI, fig. 1 à 10).
Les organes génitaux mâles des Hydrocanthares ont été sommairement décrits par L. Dufour (Voy. les Annales des Sciences naturelles, 1825); et, si nous reprenons aujourd’hui cette élude, c'est afin de compléter sa description et de modifier certains termes de comparaison qu'il avait établis entre ces organes et ceux des Verlébrés. Les testicules des Dytiques présentent, dit-il, une grande analogie avec ceux des Carabiques. Ils sont enveloppés d’une tunique vaginale bien marquée ; l'épididyme est sphéroïde et son volume égale en grosseur le testicule lui-même, de sorte que l’on pourrait croire, au premier aperçu, qu'il y à deux paires de ces organes sécréteurs. Les vésicules séminales sont flexueuses et un peu renflées à leur extrémité et le conduit éjaculateur est beaucoup plus court que ces dernières.
L'armure copulatrice des Dytiscidæ a été étudiée, en 1849, par Ormancey. Plus tard, en 1877, les organes copulateurs mâles et femelles, ainsi que les phénomènes d’accouplement chez les Dytiques ont fait l’objet d’intéressantes recherches de la part du D° Régimbart. Tout récemment encore, L. Auerbach (1893) a également publié un mémoire sur l'appareil génital mâle et les spermatozoïdes du Dytiscus marginalis. Ce dernier auteur désigne, bien à tort, sous le nom de Zesticule latéral la partie élargie et peletonnée du canal déférent. Quant à nous, nous avons toujours considéré comme une vésicule séminale la région, plus ou moins dilatée, de chaque canal déférent, faisant suite aux testicules. Ces parties diffèrent, en effet, par la nature de leur contenu et surtout par leur structure histologique, du reste du conduit vecteur du sperme. Elles renferment le liquide
séminal et les spermatozoïdes qui sont expulsés au moment de la copulation.
Les glandes génitales mâles des Dytiscidæ comprennent les parlies suivantes : les éesticules, les canaux déférents, les vésicules séminales, les glandes annexes (ectadénies), le conduit éjaculateur et l’armure copulatrice.
Les testicules du C'ybister ræselii, au lieu d’être formés par des groupes de petites glandes arrondies, sont uniquement constitués par un tube cylindrique, entortilié et pelotonné un grand nombre de fois sur lui-même, formant ainsi une sorte de pelote ovoïde ou sphérique, dépassant 5 à 6 muillimètres de diamètre et située sur les parties latérales des premiers segments abdominaux (Voy. PI. XXI, fig. 1, T et T. 7).
La portion initiale du tube testiculaire commence par une extrémité arrondie, à laquelle fait suite la partie tubuleuse proprement dite, d'un diamètre un peu moindre. Ce tube sinueux ne tarde pas à se pelotonner une seconde fois, formant ainsi une boule blanchâtre maintenue en place par de nombreuses fibrilles conjonctives et d'innombrables ramifications trachéennes. Cette seconde partie entortillée du canal déférent doit être considérée comme un réservoir séminal, l'extrémité antérieure du tube jouant seule le rôle de glande génitale. Le contenu du tube est, dans cette partie, de couleur blanchâtre et renferme de nombreux spermatozoïdes groupés en faisceaux ou nageant au milieu d'un liquide gluant et épais.
Le canal déférent se dirige ensuite en arrière et va s'ouvrir vers la portion terminale, légèrement élargie, des glandes accessoires. Le testicule, la vésicule séminale et le canal déférent dépassent, dans leur complète extension, plusieurs fois la longueur totale du corps de l'Insecte.
Les testicules du Dytiscus circumflerus (Voy. PI. XXI, fig. 4) sont tubuleux, pelotonnés et terminés en cæcum à leur extrémité libre. Chaque peloton, de forme ovale, a environ 7 millimètres de longueur sur 4 ou 5 millimètres de large. Il
est situé dans la région médio-inférieure de l'abdomen, sous l'intestin moyen, en avant de l’armure génitale, et est maintenu dans une position à peu près fixe par de nombreuses ramifications trachéennes. Les divers rameaux trachéens, multipliés à l'infini, s’introduisent à travers les nombreuses circonvolutions du tube testiculaire et pénetrent même jusque dans l'épaisseur des parois de la slande.
Les parois de chaque tube sont minces, transparentes, el c'est de l'extrémité postérieure du peloton glandulaire que part le canal déférent. Ce dernier, plus étroit que les canaux formant les testicules, ne tarde pas à augmenter de diamètre et à former un second peloton aussi volumineux que le premier (testicule secondaire d’Auerbach) et que nous désignons sous le nom de vésicule séminale (Vox. PI. XXI, fig. 4 V. s.). Cette dénominalion nous paraît pleinement justifiée en nous basant sur la nature de son contenu et sur les différences de structure que présentent ses parois avec celles du canal déférent. Enfin, la portion du canal qui fait
| suite à la vésicule séminale va déboucher directement vers __ la partie terminale des glandes accessoires, à 5 millimètres | environ de leur point de fusion avec le conduit éjaculateur. Aux glandes génitales sont adjoints deux appendices tubuleux très développés, qui sont les GLANDES ACCESSOIRES ou ÉCTADÉNIES. Chez le Cybister, ces glandes se présentent | sous la forme de deux tubes cylindriques, longs et sinueux, plusieurs fois recourbés sur eux-mêmes et formant un volumineux peloton situé un peu en arrière de l'appareil copulateur. Chaque tube a un diamètre atteignant parfois 1 millimètre sur une longueur de 3 à 4 centimètres. Les portions terminales des glandes présentent une dilatation ovoide, convergent l’une vers l’autre et se fusionnent finalement en un canal impair constituant le conduit éjaculateur.
Les glandes accessoires du Dyliscus circumflerus sont également volumineuses {Voy. PI. XXE, fig. 4, G. «.), cylin-
driques, recourbées et forment un volumineux massif situé au-dessous de l'intestin moven, remplissant de la sorte la presque totalité de la cavité médio-inférieure abdominale. Ces tubes atteignent, dans leur complète extension, une longueur de 40 à 45 millimètres, sur ! millimètre de diamètre. Leurs parois, assez épaisses, comprennent une assise musculaire longitudinale, une très mince couche annulaire et un épithélium glandulaire interne constitué par des cellules cylindriques, longues et étroites. Le contenu est une substance blanche et glaireuse, se prenant peu à peu en grumeaux, visible par transparence à travers la paroi et donnant aux tubes une teinte laiteuse. Chaque tube reçoit, vers son extrémité postérieure, le canal déférent, dont le /men central conserve tout d’abord son indépendance avant de se confondre avec celui de l’ectadénie. C’est au point de fusion des glandes accessoires que se trouve un petit arceau chitineux, en forme de .fer à cheval et situé à la face dorsale de l'extrémité antérieure du conduit éjaculateur.
Ce dernier est cylindrique, court, peu sinueux et ne tarde pas à pénétrer dans l'axe de l’armure génitale pour constituer le pénis membraneux ou verge.
L'armure copulatrice (1) comprend, indépendamment des parlies secondaires, deux pièces principales qui sont : la plaque basilaire et le pénis chilineux (Voy. PI. XXI, fig. 2,5 et à).
La pièce que nous désignons sous le nom de piaque basilaire présente la forme d’un anneau, disposé obliquement d'avant en arrière, qui entoure complètement le pénis chitineux. Cette partie n’est qu'une modification du dernier segment abdominal et comprend deux lamelles, élargies en arrière en forme de palettes, recourbées latéralement pour s'unir en avant du pénis. C’est sur le bord antérieur des
(4) À propos de l’armure copulatrice des Dytiscides, voyez les travaux d'Ormancey (1849) et surtout ceux du D° Régimbart (1877), qui se rapportent tout spécialement au Dytique.
palettes cornées que viennent s'ouvrir les conduits excréteurs des glandes anales. Enfin, de l’arc antérieur de la plaque basilaire part une lamelle aplatie, à bords émoussés, dirigée d'avant en arrière.
Le reste de l’appareil copulateur, bien que d'apparence compliqué, est néanmoins très simple et comprend deux parties principales : un tube central ou pénis et deux lames latérales ou valves (paramères). C'est dans l’axe du pénis que passe l'extrémité postérieure du conduit éjaculateur, constituant la verge.
Les valves sont formées par deux arcs chitineux, falciformes, à extrémités antérieures élargies, recourbées et
réunies en un point, tandis que l'extrémité postérieure, au
contraire, est émoussée. C’est de la région médiane du bord supérieur que part uné rangée de soies chitineuses, raides et dressées, dont la longueur maxima est à leur point d’origine et qui vont progressivement en diminuant au fur et à mesure qu’on se rapproche de l'extrémité postérieure.
Le pénis est un étui chitineux incomplet, creusé en gouttière, recourbé en crochet antérieurement et dont la région moyenne de la courbure va se mettre en contact avec le point de rencontre des deux valves. La face antérieure du crochet est creusée d’une gouttière qui se continue inférieurement Jusque près de l'extrémité libre proximale du pénis. Les bords médians de l’organe forment deux sortes d’ailerons. Ils se rejoignent ensuite et limitent ainsi une sorte de canal dans lequel est située la verge. Sur le bord supéro-postérieur du pénis se trouve implantée une double rangée de soies chitineuses, raides et courtes.
Enfin, une lamelle latérale, membraneuse et transparente, qui prend son origine au point de pénétration du canal éjaeulateur, recouvre inférieurement le pénis et présente, en avant et en bas, une crête chitineuse. La portion libre du pénis se termine par un petit bouton chitineux. Telle est, en quelques mots, la structure morphologique de l'appareil copulateur du Dytiscus circumflezus.
Acagus. — Les glandes génitales mâles des Agabes différent de celles des espèces précédentes par la forme des ecéadénies et par l'extrême réduction du peloton vésiculaire formé par la dilatalion dela région moyenne du canal déférent.
Les testicules sont tubuleux comme ceux des Dytiques et enroulés sous forme de deux pelotons coniques ou ovoïdes localisés vers la région postéro-abdominale, de chaque côté du rectum et au-dessus de l’armure génitale (Voy. PI. XXI, fig. 6}. Les glandes anales sont situées en arrière de l’extrémité du peloton. Le tube testiculaire commence par une portion légèrement arrondie avant de prendre une forme régulièrement cylindrique. Il se rétrécit peu à peu et se continue par le canal déférent. Ce dernier est grêle, filiforme et sinueux. Avant de déboucher dans les glandes annexes, il se dilate légèrement, se pelotonne et forme ainsi un petit massif entouré de tissu adipeux et maintenu dans une position fixe par un lacis inextricable de filaments trachéens. Cette parlie ( V. s.) du canal constitue le réceptacle séminal. Le tube devient ensuite moins sinueux et va s’ouvrir vers l'extrémité terminale des glandes annexes. Le testicule, la vésicule séminale et le canal déférent dépassent, quand ils sont complètement étalés, une fois et demie la longueur du corps de l'Insecte.
Les glandes accessoires (ectadénies) de l’Agabus chalconotus sont volumineuses, eu égard aux dimensions du corps de l’Insecte. Elles sont paires et constituées par deux tubes recourbés en V dont l'extrémité terminale est aplatie et allongée en forme de fuseau. Le reste de chaque glande est à peu près uniformément cylindrique. La seconde partie, qui forme un angle aigu avec la première, diminue progressivement de diamètre, se rapproche peu à peu de sa congénère, puis se fusionne avec elle. Avant le point de fusion, on observe une légère dilatation dans laquelle vient déboucher le canal déférent. La structure histologique de ces glandes est à peu près la même que chez les Dytiques (Voy. PL XXI, fe 6. à).
Le conduit éjaculateur est un tube cylindrique, droit à son origine, puis recourbé en crochet ou en S avant de pénétrer dans l’axe de l’armure copulatrice (Voy. PI. XXI, fig. 6). Son lumen central est étroit et ses parois épaisses et musculaires. Après un trajet de 5 millimètres environ dans l’intérieur du pénis chitineux, 1l débouche au dehors par un orifice circulaire entouré d’un petit bourrelet.
L'armure génitale des Agabes (Voy. PI. XXI, fig. 7) comprend trois parties principales qui sont :
1° Une lame basilaire, aplatie, légèrement concave et bordée latéralement par un bourrelet chitineux ;
2° Un tube pénial également chitineux, conique, à extrémité postérieure amincie et légèrement recourbée vers le haut. Sa partie antérieure est dilatée et présente une large ouverture, livrant passage au conduit éjaculateur. Ce tube peut être considéré comme le résultat du reploiement d’une lamelle triangulaire convexe;
Enfiu, 3° le tube pénial qui est recouvert latéralement par deux lamelles chitineuses falciformes et élargies dans leur partie médiane interne, où elles présentent une touffe de poils caractéristiques. Ces poils ou soies se présentent sous deux formes différentes : les uns sont longs, rectilignes, unisériés et légèrement denticulés sur les côtés, tandis que les autres sont, au contraire, moitié moinslongs que les premiers, plus larges, cylindriques, sauf à leur partie antérieure qui est évasée, tronconique et présente une dépression en forme d’entonnoir ou de ventouse. Ces poils, raides et dilatés, doivent jouer le rôle de corps fixateurs au moment de la copulation {Voy. PI. XXI, fig.7).
HISTOLOGIE
GLANDES GÉNITALES MALES DES CARABIDÆ, DES CICINDELIDÆ, DES DYTISCIDÆ,. etc.
TesricuLes. — Pour l'étude histologique de ces organes, nous nous sommes adressé, dans le groupe des Coléoptères à teshcules tubuleux, aux espèces suivantes : Nebria cursor (Voy.PL. XIX, fig.9), Broscus cephalotes (Voy. PI. XIX, fig.10), Dytiscus marginalhs et Cybister ræselu (Noy. PI. XXI, fig. 8).
Les testicules des Nebria sont, ainsi que nous l'avons déjà vu, constitués par deux tubes cylindriques, longs, flexueux et disposés en un peloton plus ou moins compact. C'est vers leur extrémité cæcale que se développent les spermatozoïdes. Une section, faite suivant un plan perpendiculaire à l’axe, montre que ces organes ont une structure assez simple. Ils sont entourés extérieurementpar une mince membrane (enveloppe tesliculaire), dans laquelle on distingue quelques rares fibrilles circulaires. Quant à la couche épithéliale interne, on n’en trouve aucune trace, attendu qu'elle a été complètement transformée en spermatozoïdes.
La cavité interne de chaque tube glandulaire est remplie par le liquide" séminal, de couleur terne, légèrement granuleux, etrenferme, outre les éléments fécondateurs, quelques débris cellulaires. Les spermatozoïdes y sont également très nombreux et remplissent la cavité centrale d’un réseau filamenteux assez compact : les uns sont isolés, les autres réunis en faisceaux et d’autres sectionnés perpendiculairement à leur longueur. Ces derniers apparaissent alors sous forme de pelites granulations groupées circulairement. Sur cerlaines sections on aperçoit parfois cependant, de distance en distance, quelques rares cellules génératrices des spermatozoïdes, bien que la cavité centrale soit remplie par les éléments fécondateurs.
Suivant l'époque à laquelle on fait les coupes et suivant le
degré d'évolution de l’épithélium interne, la glande génitale mâle se présente sous un aspect tout différent de celui que nous venons de décrire. C’est ainsi que des sections faites vers l’extrémité antérieure du {ube testiculaire du Broscus cephalotes et du Cybister ræselü, nous ont montré l’existence de deux enveloppes, dont l’interne est très mince (Voy. PI. XIX, fig. 10, et PI. XXI, fig. 8).
Chez le Cybister, on rencontre tout d’abord une enveloppe testiculaire (£. £.), très visible sur les coupes. Celte membrane recouvrante externe renferme des éléments nucléés et quelques fibrilles musculaires à direction circulaire. Sa paroi interne est nettement délimitée, tandis que l’externe est sinueuse et irrégulière, Au-dessous de celte première enve-
loppe vient une membrane basale, très mince, à faces paral-
lèles, supportant l’épithélium germinatif. Ce dernier est constitué par de grosses cellules {spermatogonies), sphériques ou ovoides, à contenu granuleux et à gros noyau central renfermant quelques nucléoles(1 à 3) fortement colorés par les réactifs (Voy. PI. XXI fig. 8, Ep.). Ces cellules génératrices des spermatozoïdes sont généralement appliquées contre la membrane basale. Parfois aussi, elles sont groupées en massifs laissant entre eux des espaces vides. Les cellules pariétales ne sont pas toujours étroitement unies entre elles et sont souvent séparées les unes des autres par des lacunes.
CANAL DÉFÉRENT. — Le canal déférent a une structure histologique assez simple. Chezle Pl/atynus assimilis (Noy. PI. XX, fig. 9), ce tube comprend extérieurement une gaine formée par une membrane musculaire à fibres circulaires et longitudinales. Vient ensuite une très mince lamelle basale supportant l’épithélium interne. Ce dernier est formé par des cellules cylindriques, étroitement unies entre elles et pourvues d’un gros noyau localisé vers la base de l'élément. Dans certaines régions, la forme de l’épithélium interne est sensiblement différente : les cellules deviennent plus étroites, plus hautes et jouent alors un rôle nettement
sécréteur. L'épithélium de la partie du canal déférent correspondant à la vésicule séminale comprend des cellules moins allongées et ayant une forme sensiblement cubique.
GLANDES ACCESSOIRES (ectadénies). — La structure des parois des glandes annexes varie suivant la région considérée de l'organe et suivant les animaux soumis à l’examen. C'est ainsi que, chez le Broscus, nous avons constaté l'existence d’une épaisse assise de muscles circulaires et obliques {Voy. PI. XX, fig. 7 et 8), tandis que, chez les Dytiscides, l'enveloppe externe comprend surtout des fibres longitudinales au-dessous desquelles existe un très mince ruban de fibres annulaires (Voy. PI. XXI, fig. 9 et 10). L’ensemble de la structure de l'organe diffère, du reste, sensiblement de la structure des glandes accessoires des Chrysomélides (1).
Proscus cephalotes. — Les glandes accessoires (ectadénies) du Broscus comprennent une enveloppe externe composée d'une épaisse couche musculaire formée de fibres circulaires et de quelques faisceaux de fibres obliques et longitudinales (Voy. PI. XX, fig. 7). Dans certaines régions, l’assise circulaire persiste seule (Voy. fig. 8). Vient ensuite une membrane basilaire, de nature conjonctive, généralement fort étroite, pourvue çà et là de quelques novaux et servant de soutien à l’épithélium interne. Ce dernier, qui présente à peu près partout les mêmes caractères, esl formé de longues cellules, étroitement unies entre elles el disposées suivant une assise unique. Ces cellules glandulaires sont très allongées et fort étroites ; elles sont à peu près régulièrement cylindriques, légèrement élargies à leurs deux extrémités et un peu rétrécies vers leur région médiane. C'est dans leur partie basilaire que sont localisés de pelits noyaux ovales, à peu près également espacés les uns des autres. Le protoplasme de chaque cellule est granuleux vers la base, de couleur sombre et de nature vacuo-
(4) Voy. notre Mémoire : Recherches sur les organes générateurs mâles des Chrysomelidæ (Journal d’anat. et de physiol., juillet 1899).
laire à l'extrémité opposée. Le bord libre de l’épithélium est en contact avec le produit de sécrétion qui remplit le lumen du canal.
Dytiscidæ. — La structure des glandes annexes des Cybister et des À gabus diffère sensiblement de celle décrite dans l'espèce précédente {Voy. PI. XXI, fig. 9 et 10). L'enveloppe externe, relativement mince, est composée, en allant de dehors en dedans, d’une membrane musculaire longitudinale, à faisceaux nettement séparés et entre lesquels on rencontre, çà et là, quelques prolongements de tubes trachéens.
Vient ensuite une très mince lamelle formée par des fibrilles circulaires (Voy. PI. XXI, fig. 9). Cette membrane
est nette, continue et se poursuit sur tout le pourtour
de l'organe. Sur sa face interne est appliquée la membrane basale, très ténue, qui sert de support à l’épithélium glandulaire. Ce dernier est formé par des cellules cylindriques, hautes et très étroites. Elles sont unies entre elles et pourvues d'un petit noyau situé vers leur région basilaire. Chaque cellule est généralement élargie extérieurement et rétrécie vers son extrémité interne. Le contenu cellulaire est constitué par un cytoplasme granuleux dans la région périnucléaire, tandis qu’il est, au contraire, sombre et fibrillaire du côté de la cavité de la glande.
Le produit de sécrétion, qui remplit la presque totalité du /umen central, est une masse hyaline, d’un blanc mat, présentant parfois de fines granulations. Sous l'influence de l'alcool il se contracte et se localise alors dans la partie médiane de la cavité de la glande.
Les glandes annexes du Colymbetes et celles de l’'Hydroporus (Voy. PI. XXI, fig. 10) présentent une structure un peu différente. Si l'on pratique une coupe un peu au-dessus du point d’embouchure du canal déférent, on trouve : 1° une assise musculaire longitudinale ; 2° une couche musculaire circulaire constituée par un ruban très étroit, et enfin, 3° une membrane basale, très ténue, supportant l’épithé-
lium glandulaire interne. Ce dernier ne présente que fort peu de replis et limite le /wmen du canal. Ses cellules sont hautes, cylindriques et à parois latérales peu apparentes (Voy. PI. XXI, fig. 10). Leur protoplasme est granuleux à la base, sombre et pourvu de striations longitudinales vers le bord interne. C’est surtout vers ce bord que les contours cellulaires disparaissent insensiblement et où l’on n’aperçoit qu'une masse striée et pourvue de quelques rares vacuoles. Ce rebord épithélial interne est peu net et se continue insensiblement avec le produit de sécrétion.
ConDuiT ÉJACULATEUR (Voy. PI. XXI, fig. 11). — Le conduit éjaculateur présente, chez le Broscus, la structure suivante : 4° une membrane recouvrante externe, très mince, ou membrane péritonéale ; 2° une couche formée par des fibres circulaires ; 3° des fibres obliques et, à l’intérieur, quelques fibres longitudinales, et enfin 4° une assise épithéliale chitinogène, formée par de petites cellules cubiques ou aplaties. La surface de ces cellules est recouverte par une intima chitineuse, pourvue de soies de même nature. Signalons, en passant, que les parois du conduit éjaculateur sont beaucoup plus épaisses que celles des glandes accessoires. |
Chez le Proscus, comme du reste chez les Dytiques, nous avons constaté, à l'intérieur du conduit éjaculateur, un certain nombre de replis (Voy. PI. XXI, fig. 11), dont deux sont surtout remarquables par leur hauteur. Dans l’axe de ces replis ou bourrelets pénètrent des prolongements musculaires de la paroi externe. Les soies ou poils chitineux dont nous avons parlé sont surtout localisés sur les crêtes.
Ajoutons, avant de terminer, que de pareilles crêles ou papilles ont été signalées par Blatter, en 1892, dans le conduit éjaculateur de la Periplaneta orientalis.
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