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GLANDES GÉNITALES MALES DES ELATERIDÆ, ETC

Famille des Elateridæ. — L. Dufour a donné une bonne description anatomique des glandes génitales mâles de l'Elater murinus (Voy.les Annales des Sciences nat., t. VI, 1825, p. 166).

Les testicules, dit-il, sont bien distincts, séparés l’un de l’autre, enchevêtrés par un lacis de trachées capillaires et constitués chacun par une agglomération arrondie ou sub-réniforme de capsules spermatiques ovalaires ou oblongues, au nombre d’une quarantaine. La petitesse et la contiguité de ces capsules ne m'ont point permis de constater leur mode de connexion pour la formation du canal déférent. Ce dernier naît brusquement du testicule. Il est long et flexueux. d’abord délié comme un cheveu; mais en approchant du canal éjaculateur, sur les côtés duquel il rampe, il devient plus gros, plus replié. Il s’insère audessous de la vésicule principale, immédiatement avant l'origine du conduit éjaculateur.

Il y a trois paires de vésicules séminales (g/andes annexes). La première ou principale est plus grande, plus blanche, plus compacte que les autres. Elle se contourne vers son extrémité, qui est divisée en deux cornes spiroïdes. La seconde paire est en forme de massue allongée et recourbée.

Elle s'implante à la face supérieure de la première paire, tout près de l’origine du conduit éjaculateur. Celles de la troisième paire sont forl courtes, placées au-dessous des autres et d’une configuration singulière qui les fait paraître doubles.

Le conduit éjaculateur est assez court, cylindrique et recourbé sur lui-même; il s'enfonce dans l’armure copulatrice à la base supérieure de celle-ci.

À cette description, nous ajouterons les observations suivantes.

Les vésicules ou capsules spermatiques sont, pour chaque testicule, au nombre de soixante-dix à quatre-vingts. Elles sont allongées, ovoïdes ou en forme de massue, faiblement pédicellées et mesurent plus d’un millimètre de longueur. Leur extrémité distale est arrondie, renflée, et la région proximale, amincie et cylindrique, constitue une sorte de canalicule déférent. Les canalicules vont parfois s'ouvrir, au nombre de trois ou quatre, en un ou même parfois en des points très rapprochés les uns des autres pour former un conduit d’un diamètre plus large que les premiers. Ces conduits de second ordre se réunissent à leur tour, et c’est de leurfusion que résulte le canal déférent. Ce dernier, d’abord étroit, sinueux, cylindrique, ne tarde pas à se dilater vers son extrémité postérieure pour constituer une vésicule séminale.

Les organes désignés par L. Dufour sous le nom de vésicules séminales ne renferment aucune trace de spermatozoïdes : ce sont des tubes glandulaires (g/andes annexes) sécrétant un produit hyalin, gluant, muqueux qui, dans certaines glandes, se concrète, durcit el prend une consistance cornée.

Corymbhites. — Les glandes génitales mâles des Corymbites sont caractérisées par la forme et la disposition des ampoules spermatiques, par la longueur des canaux déférents et la minceur de leurs parois, et enfin par la présence de trois paires de glandes annexes dont les deux paires internes peuventêtre homologuées à celles désignées par Escherich et Blat-

ter sous le nom d’ectadénies. Ajoutons queles dénominations d'ectadénies et de mésadénies ne correspondent pas toujours aux différentes particularités que présentent les glandes reproductrices mâles des Coléoptères. Les auteurs précédents n'ont étudié que trois types chez lesquels on ne constate que deux paires de glandes et l'assimilation est presque toujours impossible quand on s'adresse à des espèces possédant trois ou même quatre paires de glandes annexes.

Les testicules des Corymbites sont volumineux, blanchâtres et situés dans la région médio-abdominale, de chaque côté de l'intestin moyen. Ils sont constitués par un grand nombre {cinquante à soixante) de follicules ou ampoules spermatiques, pédiculées, généralement tronconiques ou en forme de massue, à extrémité distale renflée ou ovoïde et à région interne presque cylindrique allant déboucher à l'extrémité antérieure ramifiée du canal déférent. Parfois, les pédicules des ampoules se réunissent au nombre de deux ou de trois pour former un conduit très court, s’abouchant directement dans le canal déférent. Toutes les ampoules ou vésicules, étroitement serrées les unes contre les autres, donnent au testicule une apparence granuleuse et müriforme (Voy. PÉPENIX fie. et 2).

L'extrémité antérieure du canal déférent porte un certain nombre de ramuscules latéraux (six à huit) au sommet et sur les côtés desquels viennent s'implanter les ampoules ou capsules spermatiques. Cette disposition dichotomique du canal déférent et de ses ramuscules terminaux rappelle à peu

‘ près celle que nous avons vue dans un certain nombre de

familles précédentes (Téléphorides, Clérides, etc.).

Les canaux déférenits du Corymbite æneus sont longs, minces et sinueux. Leur longueur totale dépasse celle du corps de l'Insecte. Ils décrivent de nombreuses circonvolutons, s’élargissent à leur extrémité postérieure (Voy. PI. XXIX, fig. 1), et vont déboucher à la base des glandes annexes externes (mésadénies), sur les parois latéro-dorsales

de la partie antérieure du conduit éjaculateur.

Chez le Corymbites latus, chaque canal déférent se dirige en arrière, longe les parois rectales, s’élargit progressivement pour constituer la vésicule séminale, et va s'ouvrir à la base des glandes accessoires externes, à l’origine du conduit éjaculateur. Près de son point d’embouchure, le canal forme une dilatation ovoïde, contiguë avec le renflement similaire de son congénère du côté opposé (Voy. PI. XXIX, fig. 2).

Glandes annexes. — Les divers Corymbites (Corymbites æneus et C°: latus),sont pourvus de trois paires de glandes annexes (Voy. PI. XXIX, fig. 1 et 2). La première paire (glandes tubuleuses) est située à la face supérieure de l’appareil génital. Elle est constituée par deux tubes cylindriques, dont le diamètre est à peu près le double de celui des canaux déférents. Leurs parois sont minces, transparentes, et leur contenu est clair, filant et muqueux. Ces glandes vont s'ouvrir en avant et à la base des canaux déférents.

La seconde paire deglandes annexes (ectadénies) est formée par deux tubes vésiculeux, larges, cylindriqueset à extrémité recourbée en forme de corne de bélier ou de crochet. Leurs parois sont épaisses, transparentes, et leur cavité renferme un produit compact, jaunâtre, fortement concrété, se laissant difficilement couper, élastique et de consistance cornée.

La troisième paire, située au-dessous de la précédente, présente à peu près le même diamètre que cette dernière. Elle en diffère pourtant par la minceur de ses parois et par la nature de son contenu, qui est transparent, hyalin et muqueux. De plus, on trouve fréquemment vers sa base de nombreux faisceaux de spermatozoïdes, ce qui porterait à croire que cet organe joue à la fois le rôle de glande muqueuse et de réceptacle séminal (Voy. PI. XXIX, fig. 1 et 2). On constate, en outre, à la face dorsale de l'extrémité postérieure de ces glandes, l'existence de deux cæcums qu'on peut considérer comme deux diverticules (1) glandulaires.

(4) Nous n'avons pas constaté l'existence de ces cæcums terminaux chez le Corymbites latus (Voy. PI. XXVII, fig. 2). — L. B.

Le conduit éjaculateur est constitué par un gros tube cylindrique, peu sinueux, et présentant une longueur de % à 6 millimètres. Ses paroïs sont musculaires et recouvertes intérieurement d’une intima chitineuse. Il pénètre dans l’armure génitale et va s'ouvrir, à son extrémité, entre deux paires de pinces (Voy. PI. XXIX, fig. 1).

L'armure génitale des Élatérides est peu compliquée et comprend, comme pièces principales : 1° une lamelle chilineuse supérieure convexe et échancrée en arrière, et 2° un étui pénial terminé postérieurement par deux paires de pinces entourant la partie terminale du conduit éjaculateur.

HISTOLOGIE

Sizpaa. — Üne section transversale, passant par l’axe du testicule de la Si/pha opaca, nous montre la disposition des ampoules spermatiques et la structure du réservoir central. Les ampoules, au nombre de quinze à vingt sur une coupe, sont sessiles, tronconiques, ou parfois même rectangulaires. Leur bord externe est large et légèrement convexe, tandis que leur extrémité interne est plus amincie et s'ouvre directement dans les ramifications latérales du réceptacle glandulaire. D'autre part, la portion antérieure du canal déférent située dans le testicule doit être considérée, par la structure de ses parois et la nature (spermatozoïdes) de son contenu, comme une véritable vésicule séminale. |

Chaque testicule est entouré d’une membrane commune externe, sorte de tunique péritonéale, mince et plissée. Audessous d’elle, viennent les enveloppes propres à chacune des capsules ou glomérules testiculaires. Ces enveloppes sont formées principalement par quelques assises de fibrilles circulaires et envoient des prolongements constituant les cloisons latérales des glomérules.

La cavité interne de ces derniers comprend, dans la région pariétale, de nombreux groupes de spermatogonies, et, dans

la région axiale, des faisceaux de spermatozoïdes. ANN. SC. NAT. ZOOL. Xe A

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Une coupe, perpendiculaire à l'axe, faite dans la partie médiane du canal déférent, nous présente, en allant du dehors en dedans : une membrane à fibres circulaires ét longitudinales, une tunique basale très mince, et enfin un épithélium aplati, formé par des cellules cubiques à noyau sphérique central.

La paire externe des glandes annexes (mésadénies) affecte un caractère glandulaire très net (Voy. PI. XXVIN, fig -" 100 Ses parois sont minces et constituées par des fibres cireulaires et longitudinales. Au-dessous de ces dernières vient la lLunica propria supportant l'épithélium cylindrique interne, composé d’une assise unique de cellules allongées et à parois latérales peu nettes. Le cytoplasme est granuleux, vacuolaire, le noyau est ovale et situé vers la région externe de chaque élément. Le bord libre des cellules est recouvert d'un bourrelet de globules hyalins et sphériques, produits par la sécrétion épithéliale. De pareils globules se montrent, de même, par groupes, dans la cavité du tube glandulaire. A côté de ces globules se trouve un produit muqueux et ie Dont coloré par les réactifs.

Erarer. — Nos recherches histologiques sur les glandes génitales mâles des Élatérides concernent tout spécialement l'Elater pomorum Herbst.

Une section transversale, passant par l’axe des testicules, nous montre très nettement la forme et la disposition des vésicules ou ampoules spermatiques (Voy. PI. XXIX, fig. 5). Ces dernières sont libres, isolées les unes des autres et ne sont pas entourées par une membrane recouvrante externe commune. Elles affectent toutes la forme d'une massue renflée, arrondie à son extrémité externe et amincie du côté interne où elle se termine par un court pédicule allant généralement s'unir à un ou plusieurs de ses congénères, avant de s’aboucher directement à l'extrémité antérieure du canal déférent. |

Chaque ampoule est entourée par une mince enveloppe, formée par quelques fibrilles circulaires. La paroi interne

est tapissée d'innombrables cellules génératrices des spermaltozoïdes groupées en faisceaux. Ces spermatogonies, à divers stades d'évolution, sont généralement sphériques, à cytoplasme clair, hyalin, et à gros noyau central plurinucléolé (Voy. PI. XXIX, fig. 5). Quant à la cavité de chaque ampoule, elle est complètement remplie de faisceaux de spermatozoïdes (#s.).

Dans une section oblique, nous sommes parvenu à intéresser le canalicule ou pédicelle d’une ampoule. Ce conduit est entouré par une mince membrane externe, à fibres circulaires. À l’intérieur, l’épithélium est composé de hautes cellules cylindriques à cytoplasme sombre et finement granuleux vers la région centrale. Chaque cellule possède un gros noyau basilaire, intensivement coloré par les réactifs el pourvu de nombreux nucléoles.

Au fur el à mesure qu'on s'éloigne du testicule, on voit l'épithélium s’aplatir de plus en plus et devenir cubique vers la partie médiane du canal déférent. Une coupe, pratiquée un peu au-dessous de la glande séminale, nous montre des cellules encore cylindriques, mais moins hautes que dans les pédicules des ampoules (Voy. PI. XXIX, fig. 6). Elles sont pourvues d’un cytoplasme granuleux et sombre vers la base, strié et parfois vacuolaire du côté interne. Les novaux sont volumineux, sphériques et pourvus de plusieurs nucléoles. Le nucléoplasme est plus sombre, plus fortement coloré et plus granuleux que le reste du contenu cellulaire. Enfin, une membrane basale, très ténue, sert de support à l’assise épithéliale.

La structure des glandes annexes exlernes ([mésadénies)} {Voy. PI. XXIX, fig. 6 et 7, Gt.) est tout à fait caractéristique par la forme et la disposition de l'épithélium interne. Une section faite dans la région médiane de l’organe se présente avec les couches suivantes :

1° Extérieurement, on trouve une membrane recouvrante formée par des faisceaux musculaires et obliques. Au-dessous de cette première enveloppe existe un très mince

ruban annulaire, constituant la membrane basale ({wnica propria) supportant l’épithélium sécréteur. |

2° Cet épithélium, à rebord interne sinueux, est formé par de hautes cellules cylindriques pourvues d’un noyau, très apparent et fortement coloré, situé vers la base de l'élément. Le cytoplasme cellulaire présente deux caractères fort différents suivant les régions. Extérieurement au noyau, il est transparent et hyalin, tandis que du côté interne il est granuleux et vacuolaire. Enfin, le bord libre des cellules est coiffé d’un globule muqueux, compact et intensivement coloré par les réactifs (Voy. PI. XXIX, fig. 7). Ce globule est un produit de sécrétion cellulaire. Le lumen du canal glandulaire est rempli par un liquide parfois granuleux, peu compact, aréolaire et présentant de nombreux groupes de granules sphériques, de tout point semblables à ceux qui se trouvent sur le bord libre des cellules sécrétrices. Par la nature de leur produit d'élaboration et la structure de leur épithélium, les glandes annexes externes des Æ£/ater sont des organes à sécrétion muqueuse ou glaireuse. Bien que se trouvant, par leur partie terminale, en connexion étroite avec l’extrémité des canaux déférents, les glandes annexes externes ne présentent, dans leur cavité, aucune trace de spermatozoïdes (Voy. PI. XXIX, fig. 1,2 G{ et 7) : leur fonction est donc purement sécrétrice, et le liquide provenant de leur activité physiologique doit avoir pour rôle de diluer le sperme.

Les glandes annexes internes (ectadénies) des Elatérides (Voy. PI. XXIX, fig, 1 et 2, G1.2, Ga.?) diffèrent des externes, non seulement par leur structure, mais surtout par la nature de leur contenu. De plus, elles présentent le caractère spécial de déboucher directement à l’extrémité antérieure du conduit éjaculateur.

L’enveloppe glandulaire estune membrane mince, à fibres circulaires et obliques, au-dessous de laquelle se trouve une tunique basilaire, de nature conjonctive, supportant l’épithélium interne. Ce dernier ne comprend qu'une seule

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assise de longues cellules cylindriques, très étroites, à noyaux ovales placés à des hauteurs différentes. Le cytoplasme, granuleux dans la région périnucléaire, est au contraire fibrillaire du côté interne.

Le contenu de la glande est hyalin, transparent et compact vers le centre, de couleur jaunâtre et de consistance cornée à la périphérie. Il forme un massif concrété par l’action de l’alcool, dur, élastique et pouvant s’enlever tout d’une pièce quand on pratique une section dans les parois de l'organe,

Conduit éjaculateur (Noy. PI. XXIX, fig. 9). — Le conduit éjaculateur des Élatérides est pourvu d’une très épaisse enveloppe musculaire, tandisquele lumen central est irrégulier et fort étroit. Sa forme est parfois allongée et parfois triangulaire ou sphérique.

La membrane recouvrante externe comprend des faisceaux circulaires au-dessous desquels se trouvent quelques assises obliques. Viennent ensuite les muscles longitudinaux, très caractéristiques et très apparents sur toutes les coupes faites en des régions les plus diverses du conduit (Elater sanquinolentus). |

L'assise épithéliale chitinogène interne repose sur une très mince membrane basale, de nature conjonctive. L’épithélium est composé de cellules cylindriques à parois latérales peu apparentes, mais à noyaux ovales très nets. Le rebord interne cellulaire se continue, par transitions insensibles, avec l’assise chitinogène. Cette dernière est dure, hyaline et présente quelques denticulations, dont trois sont très caractéristiques. Elles sont coniques, à large base et à sommet aminei et acéré. Leur présence est à peu près constante sur toute Ia longueur du tube et aux deux extrémités d'un même diamètre du lumen interne.

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