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CHAPITRE II

GLANDES GÉNITALES MALES DES COCCINELLIDÆ, DES CANTHARIDIDÆ ET DES CLERIDÆ

Les glandes génitales mâles des Coccinellides se rapprochent, par la forme des testicules, de celles des Téléphorides, des Silphides, etc. Les organes sécréteurs sont pairs, les vésicules séminales volumineuses et les glandes annexes au nombre de six (trois de chaque côté).

Les testicules des Epilachna sont pairs, situés un peu en arrière de la région thoracique et recouverts par les circonvolutions intestinales et par celles des glandes annexes. Ils sont peu volumineux, disposés en grappe ou en ombelle et constitués par un petit nombre (vingt-cinq à trente) d’ampoules ou vésicules spermatiques pédicellées, dont la forme rappelle assez bien celle des Téléphorides. Chacune d'elles est constituée par un petit tube à extrémité externe dilatée et arrondie (Voy. PI. XXVIIL, fig. 7, et PI. XXIX, fig. 8). L’extrémité interne de ces vésicules s’amincit peu à peu et va s'ouvrir dans une ramification de l’extrémité antérieure du canal déférent. C’est surtout dans la région cæcale et

élargie des ampoules que se forment les spermatozoïdes.

Le canal déférent est court, peu sinueux et débute par une partie amincie et presque capillaire. Il sort du bord inférieur de chaque testicule et résulte de la fusion de quelques ramuscules, au sommet desquels vont déboucher les ampoules spermatiques (Voy. PI. XXVIIL, fig. 7). Le canal se dirige tout d’abord en arrière et, après un trajet de 1 millimètre et demi à 2 millimètres, il se dilate brusquement pour former une volumineuse vésicule séminale (V) eu égard aux dimensions des autres parties de l'appareil (Voy. PI. XXIX, fig. 8).

Chaque vésicule renferme de nombreux faisceaux de spermatozoïdes et présente une apparence réniforme à bords interne légèrement concave et externe convexe. Les extrémités antérieure et postérieure sont amincies. La partie terminale se rétrécit brusquement, se recourbe en crochet et se continue par un tube court, sinueux et très étroit qui va directement déboucher vers la région terminale de la glande annexe externe (Voy. PI. XXIX, fig. 8). La disposition sacciforme des réceptacles séminaux est tout à fait caractéristique, el dans aucune famille de l’ordre des Coléoptères, nous n’avons rencontré un organe aussi nettement délimité.

Les glandes annexes sont au nombre de trois paires et vont toutes déboucher à l'extrémité antérieure dilatée du conduit éjaculateur. La paire externe est formée par un tube cylindrique dans sa moitié inférieure, mais présentant, dans sa région antérieure, des constrictions et des dilatations,

n général peu accentuées. D'autre part, cette glande tubuleuse décrit de nombreuses sinuosités dont les replis, très serrés, forment un peloton recouvrant entièrement les testicules. Les replis de l'extrémité postérieure sont moins accusés et le tube suit peu à peu un trajet moins contourné et plus rectiligne. C’est un peu avant de déboucher dans le conduit éjaculateur qu’elle reçoit, perpendiculairement à sa direction, la partie terminale, rétrécie et capillaire, du canal déférent.

Les glandes annexes internes (Epilachna), au nombre de deux paires, ont un diamètre un peu inférieur à celui des organes précédents et sont constituées par des tubes cylindriques à parois minces et transparentes (Voy. PI. XXVIIT, fig. 7). La longueur de chacune d'elles égale à peine la moitié de celle des glandes externes. Ces organes, à contenu hyalin et transparent, présentent un léger renflement à leur extrémité antérieure et vont déboucher à l’origine du conduit éjaculateur, du côté interne de la première paire de glandes accessoires. |

Le conduit éjaculateur est un tube cylindrique dont la lonsueur dépasse 6 à 7 millimètres (Voy. PI. XXVIIF, fig. 7). Il débute par une partie renflée, vésiculiforme, échancrée sur son bord antérieur, et se rétrécit ensuite pour devenir uni-

formément cylindrique. Ses parois sont épaisses et muscu-

laires. Après avoir décrit deux ou trois replis, le conduit ne tarde pas à pénétrer à l’extrémité antérieure de l’appareil copulateur (ou mieux du pénis), qu'il poursuit suivant son

‘axe.

L'armure génitale comprend un pénis chitineux, conique, recourbé en forme de crochet ou d’hamecçon et à pointe très acérée. Il est entourée d’une gaine cornée, en forme de gouttière et de couleur brunâtre. A la base de cette gaine sont fixées deux valves minces, cylindriques, styliformes, dirigées en arrière et de longueur à peu près égale à celle du pénis.

Famille des Cantharididæ. — Les Cantharides, par la structure anatomique compliquée de leurs glandes génitales mâles, par la forme de leurs testicules, composés d’une touffe d’ampoules spermatiques disposées en grappe simple ou épi, méritent d'être placées à côté des Coccinellides et des Élatérides.

Dans ses importantes recherches sur les Insectes vési-

-cants, H. Beauregard consacre un long chapitre à l'appareil

génilal mâle des genres Cantharis, Meloe Mylabris, Epicaula, Zontis, etc. L'auteur reprend les descriptions très

sommaires et parfois inexactes de Dufour, d'Audouin, de Brandt et Ratzburg et prend la Cantharide ordinaire (Cantharis vesicatoria) comme type de son étude (1).

D’après cet auteur, les testicules de la Cantharide sont à peu près sphériques, incolores ou légèrement jaunâtres et formés d’un très grand nombre de tubes allongés et renflés en massue à leur extrémité libre périphérique. Par leur extrémité centrale, ces tubes débouchent dans une cavité commune à laquelle aboutit le canal déférent. Ce dernier est cylindrique et se renfle à son extrémité postérieure pour former un réservoir spermatique que l’on trouve toujours rempli de spermatozoïdes.

Le conduit éjaculateur de la Cantharide s’évase à son extrémité antérieure, de manière à constituer une sorte d'urne arrondie dans laquelle débouchent, d’une part les glandes annexes et, de l’autre, les canaux déférents.

Les glandes accessoires sont au nombre de trois paires s’ouvrant dans la portion antérieure renflée du conduit éjaculateur, sur la face ventrale de ce dernier, à peu PEéE au niveau où débouchent les canaux déférents.

La première paire (glandes scorpioïdes) est formée par deux tubes à extrémité libre enroulée en forme de crosse. La seconde paire est insérée un peu en arrière et en dehors de la précédente. Ce sont deux cæcums courts, situés entre les glandes scorpioïdes et les canaux déférents.

La troisième paire consiste en deux longs tubes qui prennent naissance immédiatement en arrière des canaux déférents et s’enroulent de chaque côté du tube digestif. |

Les deux premières paires de glandes annexes fonctionnent comme organes de sécrétion de substance muqueuse. La troisième (glandes à cantharidine) sert à la fois de réservoir séminal et à l'élaboration d’un principe actif, la cantharidine.

(4) Voy. le Journal d'anat. et de physiol., t. XXII, 1886, p. 528 et suiv.

Famille des Cleridæ (1). — Les organes générateurs mâles des Clérides ont été décrits en quelques lignes par L. Dufour. Ils sont, dit-il, assez compliqués. Les testicules, bien séparés l’un de l’autre, sont des sachets ovoïdes dont la tunique, d’une grande finesse, est d’un rouge vif. Leur organisation intérieure consiste en un faisceau de capsules spermatiques en forme de gaines renflées à leur base. Le canal déférent a parfois une teinte rougeâtre et est un peu plus long que le testicule. Les vésicules séminales sont au nombre de quatre paires : deux d’entre elles sont courtes, renflées, ovalo-oblongues et obtuses. Les deux autres sont allongées et filiformes. Il en est de même du canal éjaculateur. L’armure copulatrice, de forme oblongue, est charnue et arrondie à sa base, cornée dans le reste de son étendue. Cette description est à la fois incomplète et inexacte, surtout en ce qui concerne la morphologie des testicules et principalement celle des vésicules séminales (glandes annexes).

Nous avons étudié, parmi les Clérides, les quatre espèces suivantes : Trichodes alvearius Fabr., Trichodes apiarius L., Thanasimus formicarius L. et Corynetes cæruleus Degeer.

Les festicules des Trichodes sont pairs, ovoïdes ou piriformes et situés vers la région médio-abdominale, de chaque côté de l’armure génitale. Ils sont en partie recouverts par les sinuosités des glandes annexes et maintenus dans une posilion fixe par de nombreux faisceaux trachéens qui partent des parois latérales du corps. Leurs dimensions sont les suivantes : longueur antéro-postérieure, 2 à3 millimètres, diamètre transversal, 1 millimètre.

Chaque testicule est constitué par un ensemble de tubes ou follicules spermatiques (Voy. PI. XXVIIT, fig. 8 et 10). Ces tubes sont irrégulièrement cylindriques, parfois renflés de

(1) Pour de plus amples détails sur cette famille, voyez notre mémoire : Contribution à l'étude des organes reproducteurs des Coléoptères : Glandes génitales mâles des Clérides (Annales de la Soc. entom. de France, p. 622 et suiv., 1898).

distance en distance, surtout dans la région médiane, et se terminent, à leur extrémité distale, par un filament qui va s’amincissant progressivement. Cette région externe et filiforme est sinueuse et longe, en se recourbant, les parois internes de l'organe. Chaque tube séminifère est flexueux et va s'ouvrir, soit directement à l’extrémité élargie du canal déférent, soit dans un conduit très court qui reçoit également trois ou quatre tubes semblables. Le tronc récepteur, après un très court trajet, débouche dans le canal déférent.

Le nombre de ces tubes séminifères (ou utricules) est peu considérable et se trouve compris entre vingt et vingt-cinq. Quand ces divers canalicules sont complètement étalés dans l’eau, ils présentent l’aspect d’un faisceau divergent flabelliforme, fixé à l'extrémité élargie d’un pédoncule correspondant au canal déférent (Voy. PI. XX VIIE, fig. 10).

Le canal déférent commence par une extrémité renflée située à peu de distance de [a paroi testiculaire. Parfois, cette même extrémité se ramifie en deux ou trois branches, très courtes, sur lesquelles viennent s'ouvrir les canalicules spermatiques. |

Après sa sortie du testicule, le canal déférent se dirige en avant en décrivant de nombreuses circonvolutions, puis transversalement. Il forme ensuite un petit peloton cylindrique avant de déboucher à la base de la face inférieure de la glande annexe externe (Voy. PI. XXVIIT, fig. 9). Pendant son trajet, ce canal conserve un diamètre uniformément cylindrique et ne fait que s’amincir légèrement à son extrémité terminale.

Glandes annexes. — 11 existe, chez les Clérides, quatre paires de glandes annexes ou accessoires, s'ouvrant toutes directement à l'extrémité antérieure élargie du conduit éjaculateur. Parmi ces glandes, les deux paires internes sont courtes, larges, vésiculeuses, légèrement concaves et réniformes, tandis que les deux paires externes sont beaucoup plus allongées, cylindriques et sinueuses. |

Glandes en tubes. — La paire externe des glandes annexes

tubuleuses diffère de l’interne par son diamètre plus étroit et par ses nombreuses circonvolutions (Voy. PI. XX VIII, fig. 9). Elle est formée par un tube régulièrement cylindrique, de 6 à 7 millimètres de longueur sur 1/3 de millimètre de diamètre. Leur direction transversale est perpendiculaire au plan de symétrie du corps de l’animal(Voy. PI. XXVIIE, fig. 9). Pendant leur trajet, elles décrivent de nombreux tours de spire, très serrés et groupés en un peloton ovoïde. en arrière duquel sont situés les testicules. L’extrémité terminale est cependant libre et légèrement arrondie. Quant à la région proximale, elle est amincie et se fusionne à la partie correspondante de la glande interne. La portion commune, très courte, débouche un peu au-dessous des orifices des deux glandes vésiculeuses médianes (Voy. PI. XXVIIE, fig. 9). Les glandes annexes internes ((ri.) sont également au nombre de deux, de longueur un peuinférieure à celle de leurs congénères externes. Elles se dirigent en avant et se recourbent en crosse à leur extrémité libre. Leur portion terminale est légèrement renflée et se fusionne avec celle des glandes externes. Ces deux sortes d'organes sont de couleur blanchâtre ; leurs parois, minces, hyalines, molles, se laissent facilement déchirer. Le produit de sécrétion glandulaire est une masse homogène, gluante, laïiteuse et transparente. La nature glaireuse de ce produit doit faire considérer les glandes tubuleuses que nous venons de décrire comme des organes à sécrétion muqueuse. Le liquide produit doit s'ajouter au sperme et jouer un certain rôle au moment de l’accouplement, car à l’époque de l’activité des fonctions génésiques, ces glandes sont hypertrophiées et fonctionnent avec beaucoup plus d'intensité qu'en temps ordinaire. Glandes vésiculeuses. — Les glandes vésiculeuses, au nombre de deux paires, diffèrent, par leur structure et la nature de leur contenu, des glandes tubuleuses. Elles se présentent sous l’aspect de deux petits appendices digitiformes, courts, larges et à extrémité libre émoussée (Voy. PI. XXVIIT, fig. 9, Gv.). La paire externe est plus large et

plus renflée que l’interne; elle est, en outre, en rapport, par- son extrémité terminale, avec le canal déférent correspondant. Chaque glande est concave intérieurement, convexe sur son bord opposé et se termine par une extrémité libre conique ou arrondie. Leurs parois, ainsi que celles des testicules, sont fortement colorées en rouge; de plus, leur cavité renferme un produit de même teinte. Cette glande vésiculeuse externe, à parois épaisses et musculaires, va s’ouvrir, par son extrémité postérieure amincie et recourbée, à la partie initiale du conduit éjaculateur. Le canal déférent correspondant s'ouvre à sa face inféro-interne, tout près de l’orifice contigu des deux glandes vésiculeuses proximales. |

La paire interne des deux glandes vésiculeuses comprend deux tubes courts, adhérents l’un à l’autre et présentant extérieurement une légère dilatation. Leur extrémité libre est arrondie ou conique, tandis que l’opposée, également élargie, débouche à la partie antérieure dilatée du conduit éjaculateur. C’est dans l’espace compris entre chaque paire de glandes vésiculeuses que s'ouvrent également dans le conduit éjaculateur les deux glandes tubuleuses correspondantes (Voy. PI. XXVIIL, fig. 9).

Le contenu des glandes vésiculeuses est une masse, parfois granuleuse, mais généralement homogène et compacte, de couleur rouge foncé comme les parois de l'organe. Il est tout d’abord mou, flexible, élastique, mais ne tarde pas, par l’action des liquides fixateurs, à prendre une consistance dure et cornée, rendant ainsi très difficiles les coupes microscopiques. Il se prend presque toujours en un bloc compact, moulant exactement la cavité interne de la glande. |

Le conduit éjaculateur est court, cylindrique, etne présente qu'une légère courbure antérieure. Son extrémité posté- - rieure, à peu près recliligne, pénètre directement dans l'axe de l’armure copulatrice. La portion du conduit ainsi entourée par l’armure est plus étroite et constitue la verge.

Ce conduit est élargi et aplati transversalement à son extrémité initiale, où il reçoit les canaux déférents et les glandes annexes. Sa cavité interne est tapissée par une épaisse intima chitineuse.

L'armure génitale est allongée, presque cylindrique et recouverte antérieurement par un bourrelet musculaire, au sommet duquel pénètre le conduit éjaculateur. L'ensemble de l’armure comprend, outre le pénis, deux paires de tigelles longitudinales, de nature chitineuse.

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