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Annales du Muse colonial de Marseille

Correspondant de l’Institut, Professeur à la Faculté des Sciences Directeur du Musée Colonial de Marseille

Trente-sixième année. 4 série, 6e volume (1928) PREMIER FASCICULE

PLANTES DE MAURITANIE RÉCOLTÉES PAR LE LIEUTENANT BOERY

par M. H. JUMELLE SE DAT

FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE MUSÉE COLONIAL PLACE VICTOR-HUGO

SOMMAIRES

des plus récents Volumes des Annales du Musée Colonial de Marseille :

1% Fascicule. — Félix GÉrarDp : Etude systématique, morphologique et anatomique des Chlaenacées.

G. Verner : Notes et Expériences sur la coagulation du latex d’hévéa.

R. CericneLzzt : La farine des graines et la fécule des tubercuies de l’Icacina senegalensis.

H JumeLzre : Les Aracées de Madagascar.

2me Fascicule. — E.DE WicpEeMman : Quelques Palmiers congolais. H. Carruezon : Revision des Cypéracées de Madagas£ar.

Denrer et VERNET : Etude bactériologique de la coagulation naturelle du latex d’hévéa.

G. GLor : Analyse de Pois du Gap de Madagascar. G. CLor : Composition chimique de deux graines de Palmiers de Madagascar.

1% Fascicule, — Aimé JaurFRET : Recherches sur la détermination des bois exotiques colorés d’après les caractères chimiques et spectroscopiques.

2me Fascicule, — Herbert Srove : Les Bois utiles de la Guyane Française (fin).

Supplément. — Index alphabétique des noms botaniques et indigènes cités dans Les Bois utiles de la Guyane Française.

PERRIER DE LA BATRIE : La Végétation malgache.

1% Fascicule. — H. JumeLre : Les Aponogeton malgaches. H. JumEeLze : Le Cycas Thouarsii.

28€ Fascicule, — H. CHERMEzON : Revision des Cypéracées de Madagascar (2° partie).

3% Fascicule. — H. Jumecre : Les Chrysalidocarpus, Palmiers de Madagascar.

ANNALES

DU

Année 1928

ANNALES

DU

MUSÉE COLONTIAL

FoNDÉES EN 1893 PAR EpouaArp HECKEL

DIRIGÉES PAR

M. HEnrt JUMELLE

Correspondant de l’Institut, Professeur à la Faculté des Sciences Directeur du Musée Colonial de Marseille

Trente-sixième année. 4 série, 6e volume (1928) PREMIER FASCICULE

PLANTES DE MAURITANIE RÉCOLTÉES PAR LE LIEUTENANT BOERY

par M. H. JUMELLE PRE SET

FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE MUSÉE COLONIAL PLACE VICTOR-HUGO

PLANTES DE MAURITANIE RÉCOLTÉES PAR LE LIEUTENANT BOERY

par M. Henri JUMELLE

Les plantes de Mauritanie dont nous allons donner ici l’énumération ont été récoltées de la fin de 1924 à la fin de 1926 par le lieutenant d'infanterie coloniale Boëry dans la région de Kiffa, ou, plus exactement, dans cette partie de la Mauritanie, voisine du Soudan Français, qui est située entre. 169 et 170,5 de Lat. N. et qui comprend, comme grandes régions, PAssaba, lAffollé, le Regueiba et le Rkiss.

Tout récemment, dans le Bulletin du Comité d'Etudes historiques et scientifiques de l'A frique Occidentale Française, le capitaine de Larminat a publié, sur La Résidence de Kiffa, un intéressant essai de géographie physique auquel nous croyons bon de faire tout d’abord quelques emprunts pour donner, au double point de vue géologique et climatique, un aperçu de cette région.

Le climat de l’Assaba — la Résidence de Kiffa étant une des deux subdivisions du Cercle ae l’Assaba — est, dit le capitaine de Larminat, du type sahélien, mixte entre le climat saharien et le climat soudanien. Il comporte, en gros, trois SaisONs :

Une saison sèche fraîche, de novembre à février, où le thermomètre descend parfois, pendant la nuit, à quelques degrés au-dessus de zéro, et où la température diurne ne s'élève Jjamais au-dessus de 200 à 250, |

Une saison sèche chaude, de mars à juilet, marquée par des températures élevées (la température du sable insolé atteignant à midi 650, et la température de l’intérieur des cases, à la même heure, s’élevant à 389 à 400) et une grande sécheresse de l’air, car c’est la saison des vents secs et chauds venant de l'Est et du Nord-Est ;

Une saison humide, de juillet à octobre, marquée par des pluies en tornade, une température plus basse, mais avec une humidité sensible de l’air, le total des pluies de cette saison étant, en moyenne, de 20 à 25 centimètres.

Au point de vue géologique, il y a, dans la région de Kiffa, deux types élémentaires de relief, dérivés de sols différents : le type roche et le type sables.

Le type rocheux est essentiellement représenté par la roche gréseuse ; et les grès du pays sont des grès primaires, de teinte rosée, ou grisätre, ou rouille. Ces grès sont tous à gros grain, et la dureté en est très variable, car ils s’altèrent, en général, progressivement sous l’action des intempéries, jusqu’à devenir très friables.

Les sables, d’autre part, occupent, dans la Résidence de Kiffa, tout le terrain que les eaux ont conquis sur la masse oréseuse (1).

Au point de vue hydrographique, il n’y a, dans le pays, aucun cours d’eau permanent, et «ce qui est baptisé de ce nom consiste en vallonnements plus ou moins nets, divisés en poches plus ou moins verdoyantes, que les pluies transforment, pour quelques semaines ou quelques mois, en chapelets de mares. Point d’eau courante, en général, sauf en montagne, et pour quelques heures ».

Du reste, aucun cours d’eau ne porte de nom d’ensemble. Les indigènes le caractérisent presque toujours par les noms

(1) « Ces grès, nous écrit le lieutenant Boëry, reposent sur des jaspes et sur des roches siliceuses craquelées qui sont percées, en de très rares points, par de petits affleurements calcaires. Ces trois formations apparaissent dans les régions où le plateau gréseux a disparu et sont, en général, masquées par les sables. »

successifs des poches qui jalonnent son cours, et qui, seules, les intéressent.

Ajoutons, pour aider à comprendre les termes qu’on trouvera employés plus loin, à propos des stations de certaines espèces, que la guelta est une poche d’eau alimentée par une source, et ordinairement permanente, et que le tamourt est une mare ‘d’hivernage où croît l’Acacia Adansonti, qui est amour des Maures.

Enfin, indiquons également, puisque ces termes géographiques seront fréquemment usités, que, dans la Résidence de Kiffa, le capitaine de Larminat distingue, comme régions ayant jusqu’à un certain point les caractères de régions naturelles :

10 A l’Ouest, le promontoire gréseux appelé Chaîne de l'Assaba et la Falaise du Tagant, dite « Haçera », avec ses prolongements ;

20 Le /aut-Bassin de l’oued Karakoro, constitué par la plaine du Regueiba, où se trouve Kiffa ;

90 Une annexe du Regueiba, qui forme région à part, tout en correspondant à la plaine qui prolonge le Regueiba vers le Sud-Est ;

40 Le massif de l’Affollé, principalement tributaire du Karakoro, qui y naît, mais dont une partie des eaux s'écoule vers le bassin sahélien ;

90 La bordure Est de l’Affollé, qui se draine tout entière vers le Sud-Est ;

60 La marge qui sépare, au Nord-Est, l’Affollé de l’Aouker, et dont la limite Sud est marquée par le massif du Rkiss et ses prolongements.

Comme le climat, la flore de la région de Kiffa — et nous utilisons, dans les lignes qui suivent, des notes manuscrites du lieutenant Boëry — forme transition entre la flore désertique et la flore soudanienne. Quand, dans le Cercle de lAssaba, on se déplace du Sud au Nord, cette transition est très bien indiquée par la disparition de certaines espèces, et, au contraire, l’apparition de certaines autres ; elle l’est également

par la variation de taille des arbres qu’on retrouve dans toute l'étendue du Cercle.

Ainsi l'A cacia Seyal, qui, dans la région riveraine du fleuve Sénégal, atteint 4 à 5 mètres de hauteur, avec un tronc de 15 à 25 centimètres de diamètre, n’a plus, à la latitude de Kiffa, qu’une hauteur de 2 à 3 mètres, avec un diamètre de tronc de 5 à 10 centimètres. De même l’A cacia tortilis, très bel arbre sur les bords du Sénégal, est déjà de plus petite taille dans les environs de Kiffa et diminue encore de hauteur sur les dunes de l’Aouker.

Ces différences d'aspect de végétation, du Sud vers le Nord, sont bien visibles sur les photographies qui accompagnent ce mémoire.

La figure 4 est une vue prise aux environs de Kiffa, sur terrain sablonneux plat. Il y a encore de beaux Acacia tortulis.

La figure 5 est une vue prise plus au Nord, sur une dune fixée. Il y a très peu d’arbres et une abondante végétation de Graminées.

La figure 6 est une vue prise dans la région de l’Aouker, et qui montre la maigre végétation du sommet des dunes. Les Graminées se raréfient et les Acacia tortilis sont de petite taille.

Dans toutes les régions naturelles établies par le capitaine de Larminat, les plantes se trouvent groupées d’après les caractères du terrain ; et on peut ainsi approximativement distinguer, du point de vue, sinon de la constance et de l’exclusivité, du moins de la préférence et de la fréquence, les catégories suivantes :

1° Les espèces croissant de préférence sur les plateaux gréseUX ;

2° Les espèces des dunes fixées et des terrains sableux ;

3° Les espèces qui se plaisent plus particulièrement, entre les dunes fixées, dans les bas-fonds, tels que généralement les lits asséchés d’oueds, où l’eau se trouve à une profondeur variant de 0 m. 50 à 5 mètres ;

49 Les espèces qui vivent dans l’eau ou sur les bords des mares. :

I] faut, en outre, mentionner à part la maigre végétation de lAouker, région plus sèche que l’ensemble du Cercle de PAssaba.

Nous répétons que cette classification n’a pas de caractère absolu et que certaines espèces d’un groupement peuvent parfaitement se retrouver dans un autre. Sous cette réserve nécessaire, voici maintenant comment se classent, dans ces diverses catégories, quelques-unes des espèces dont la détermination va être donnée plus loin :

1° Sur les plateaux gréseux :

Euphorbia balsamifera (Euphorbiacées).

Boscia senegalensis (Capparidacées), sur les plateaux gréseux de l’Assaba, de l’Affollé et du Rkiss.

Cadaba farinosa (Capparidacées).

Cleome paradoxa (Capparidacées).

Balsamodendron africanum (Burséracées).

Adenium Honghel (Apocynacées).

20 Sur les dunes fixées et les terrains sableux :

Panicum turgidum (Graminées).

Tragus racemosus (Graminées).

Aristida Sieberiana (Graminées).

Cenchrus catharticus (Graminées).

Andropogon commutatus (Graminées), abondant dans le Sud du Cercle.

Andropogon Gayanus (Graminées), abondant dans la même région que le précédent.

Cyperus cruentus (Cypéracées).

Commelina Forskalei (Commélinacées).

Pancratium trianthum (Amarylladacées).

Melhania Denhami (Sterculiacées).

Pavonia Kotschyt (Malvacées).

Cleome tenella (Capparidacées).

Acacia Seyal (Légumineuses).

Acacia tortilis (Légumineuses).

Acacia Verek (Légumineuses).

Leptadenia S partum (Asclépiadacées).

30 Dans les bas-fonds :

Chloris meccana (Graminées).

Dactyloctenium ægyptiacum (Graminées).

Paspatum scrobiculatum (Graminées).

Panicum atrosanguineum (Graminées).

Panicum colonum (Graminées).

Kyllingia pumila (Cypéracées).

A lternanthera sessilis (Amarantacées).

A chyranthes aspera (Amarantacées).

Abutilon glaucum (Malvacées), en bas-fonds assez humides.

Capparis aphylla (Capparidacées).

Acacia atacaxantha (Légumineuses), sur les bords des oueds temporaires des plateaux gréseux.

Sizyphus S pina-Christi (Rhamnacées).

40 Dans l’eau ou sur les bords des mares temporaires : Cyperus alopecuroides (Cypéracées):

Pistia Stratiotes (Aracées), aquatique.

Polygonum limbatum (Polygonacées).

Polygonum plebeium (Polygonacées).

Alternanthera nodiflora (Amarantacées).

N'ymphæa Lotus (Nymphéacées), aquatique.

Acacia Adansonit (Légumineuses).

Limnanthemum senegalense (Gentianatées).

Eclipta erecta (Composées).

0° Sur les dunes de l’Aouker :

Acacia tortilis (Légumineuses) ici de petite taille. Lithospermum callosum (Borraginacées).

Zollikoferia spinosa (Composées).

Dans l’Assaba, les feux allumés par les indigènes sont, en général, peu nuisibles à la végétation arborescente, car, la végétation herbacée étant basse, l’incendie passe sans atteindre les branches des arbres. Mais le grand destructeur de ces arbres est le berger avec ses troupeaux de chèvres. Vers la fin de la période sèche lalors que l'herbe est devenue très rare, les pasteurs abattent les branches d’arbres pour en nourrir leurs bêtes, ou, du moins, les chèvres, car les moutons n'y touchent pas. Les arbres se rabougrissent et finissent par mourir.

Ce mode de destruction est bien réprimé par le code de lPindigénat, mais, dans ces vastes étendues, le nomade n’est presque Jamais pris en flagrant délit. Il faudrait, si c'était possible, chercher à remplacer peu à peu les troupeaux de chèvres par les troupeaux de moutons.

Dans tout le Cercle de l’Assaba, l’incision des troncs d’A caca Verek est interdite, alors qu’elle est autorisée dans les autres cercles.

Les palmeraies y sont petites et très rares, bien moins importantes que dans les cercles plus au Nord. Des encouragements ont cependant été donnés aux indigènes pour l’extension de ces plantations.

Là où les terrains sont couverts d’arbres, dans les vallées humides des plateaux gréseux, des défrichements ont été opérés pour permettre la culture du mil, mais avec, d’ailleurs, Jusqu'ici d'assez maigres résultats.

Ces renseignements généraux donnés, nous ne voudrions pas maintenant nous contenter d'établir la liste des plantes que nous avons pu déterminer grâce à l’Herbier remarquablement préparé que le lieutenant Boëry nous a remis pour le Musée colonial de Marseille ; il nous semble que l'intérêt de cette détermination serait augmenté si, dans la mesure du possible, nous tentions de rappeler, à propos de chaque espèce mentionnée, sa distribution géographique telle qu’elle nous est connue d’après les travaux antérieurs et les Flores où cette espèce a déjà été citée.

Ces comparaisons ne peuvent malheureusement avoir toujours toute la rigueur qui serait désirable, car c’est bien souvent, dans ces Flores, la contrée entière (Egypte, Abyssinie, ete.) qui est indiquée, plutôt que la localité avec ses conditions précises de climat et de sol; et la documentation phytogéographique reste ainsi assez vague. Cependant, très souvent, l’ensemble même des contrées énumérées laisse bien entrevoir avec quasi-certitude de quelle zone de végétation il s’agit ; et nous croyons que nous allons pouvoir nous rendre compte ainsi dans quelles limites, que l’on peut, du reste, prévoir très larges, la flore de cette région mauritanienne se rattache aux flores de ces autres contrées connues pour leur sol et leur climat plus ou moins analogues.

Comprise, ainsi qu'il a déjà été rappelé plus haut, entre la zone désertique qu'est le Sahara et la forêt-parc qu'est la zone soudanaise française, la Mauritanie n’est qu’une partie de cette large bande subdésertique, à caractère de steppe à épineux, qui s'étend, à travers tout le Nord de l’Afrique tropicale, depuis le Sénégal et la Mauritanie jusqu’au Somaliland, en comprenant une partie du Sénégal, la Mauritanie, le Nord du Soudan français, le Niger, la Haute-Nigérie Britannique, le Nord du Territoire du Tchad, en Afrique Equatoriale Française, puis le Soudan Anglo-Égyptien, la partie basse de PAbyssinie et l'Erythrée. Comme nous aurons souvent l’occasion de retrouver dans tous ou presque tous ces pays nos espèces mauritaniennes, nous désignerons conventionnellement l’ensemble, pour éviter de fastidieuses redites, sous le nom de «zone subdésertique du Nord-Africain tropical » (1).

On sait que, de l’Erythrée, de l’Abyssinie et du Soudan Anglo-Égyptien, cette zone de steppes, avec encore des Acacia tels, ici, que l’Acacia spirocarpa, V Acacia Kirkü, redescend, à l’est des Lacs, en Afrique orientale ; ce sera la «zone sub-

(1) Nous employons ici le terme de « tropical » dans son sens littéral (partie comprise entre les tropiques), sans préoccupation des moyennes thermiques.

désertique de l’Est-Africain ». Puis, au-dessous du lac Nyassa, la même zone revient, par la Rhodésie, et au-dessus du Désert de Kalahari, vers l’ancien Sud-Ouest Africain allemand et l’Angola ; ce sera, avec ses Acacia comme l’Acacia horrida, l'A cacia erioloba, VA cacia detinens, la « zone subdésertique du Sud-Africain tropical ».

Descendant, du reste, beaucoup plus bas, sur la côte orientale que dans l’Ouest, la steppe à épineux se prolonge, sur cette côte Est, en Afrique du Sud subtropicale, jusque vers le Cap.

En Asie, d'autre part, on sait qu’on retrouve en Arabie, ainsi que dans le Nord-Ouest de l’Inde, notamment dans le Sind et le Radjputana, l’A cacia Verek ; on sait aussi que l'A cacia arabica, espèce largement indienne en même temps qu’africaine, est signalé, non seulement dans les mêmes régions, mais en Afghanistan ; enfin l’Acacia Jacquemontiana, également du Nord-Ouest de l’Inde, revient vers le Belouchistan et l'Afghanistan. C’est l'indication, — que confirmeront maintes fois les descriptions qui vont suivre — que, en Asie occidentale, dans la partie tout à fait méridionale, au-dessous du grand domaine des steppes de l’Asie intérieure, il est une zone qui, avec ses Acacia épineux, offre beaucoup de caractères de végétation analogues à ceux des précédentes zones africaines. Cette zone, qui, en plus de l'Arabie tropicale et subtropicale, comprend toute la partie subtropicale (jusqu'un peu au-dessus de 300 de latitude), correspondant au Sud de la Perse, au Sud de l’Afghanistan, au Belouchistan et au Nord-Ouest de l’Inde, et qui est tantôt steppe et tantôt désert, sera pour nous — très conventionnellement encore, — la zone «steppodésertique du Sud-Ouest Asiatique ».

La plupart de nos déterminations de l'Herbier Boëry ont été faites en septembre dernier au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, où nous avons pu comparer nos échantillons avec les collections aimablement mises à notre disposition par M. le professeur Lecomte. Nous remercions ici vivement

M. Lecomte et aussi ses collaborateurs, notamment MM. Pellegrin et Metman, dont l’obligeance nous a facilité nos recherches.

Fougères.

Nephrolepis biserrata Schott var. pubescens Sieber (1).

« Guelta de Galoula, au pied de la falaise, près de l’eau, 17 mars 1926 ». N° 1.

Les feuilles de notre échantillon sont de grandes feuilles de { m. 50 à 1 m. 80 de longueur.

Distr. géogr. : Espèce semi-cosmopolite dans toute la zone tropicale des Deux-Mondes. En Amérique du Nord, elle remonte jusqu’en Floride. Dans l’Angola, Welwitsch l’a trouvée, dans le Haut-Golonga, jusqu’à 700 mètres. Le Prince Bonaparte signale la variété pubescens, à côté du type, à Maurice.

Graminées.

Andropogon Gayanus Kunth var. genuinus Hack. (2).

«Kiffa, octobre 1925 ». Nos 78 et 79.

Distr. géogr. : L'espèce est répartie à travers toute l’Afrique tropicale ; la variété genuinus est signalée par Stapf au Sénégal, aux iles du Cap Vert, en Guinée française, en Nigérie, au Dahomey, au Chari et dans la région du Nil.

Cymbopogon commutatus Stapf.

« Kiffa, septembre 1925 ». No 77.

Les botanistes de Kew, à qui nous devons la détermination de cette espèce, font remarquer que l’absence de feuilles sur notre échantillon rend cette détermination un peu incertaine et seulement probable.

(1) Détermination de M. Metman, conservateur de l’Herbier Cosson, au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris.

(2) Détermination faite à Kew.

Jusqu'ici le Cymbopogon commutatus n’a été récolté qu’en Afrique tropicale boréo-orientale (Abyssinie, Erythrée et Somaliland) et dans le Sud-Ouest Asiatique.

Tragus racemosus Scop.

« Kiffa, août 1925 ». No 65.

Distr. géogr. : Plante des lieux sablonneux secs de diverses régions, non seulement tropicales et subtropicales, mais tempérées, de l’Ancien Monde (Europe, Asie et Afrique). On la trouve, en France, jusqu'aux environs de Paris, où toutefois elle est très rare, tandis qu’elle est plus fréquente dans le Sud- Est.

Digitaria marginata Link var. fimbriata Stapl.

« Kiffa. Septembre-octobre 1925 ». N° 76.

Nous croyons bien pouvoir rapporter à l’espèce marginata, et, plus particulièrement, à sa variété fimbriata, ce Digitarta annuel, de la section des « Sanguinales ». C’est alors le Panicum sanguinale var. ciliare Franch. et le Panicum sanguinale var. blepharanthum Hack.

Distr. géogr. : C’est, d’après Stapf, une espèce tropicale des deux hémisphères, mais très rare en Amérique. Elle à aussi quelquefois, mais rarement, été trouvée en dehors des tropiques.

En Afrique, on la rencontre notamment, dans les sables, dans la zone subdésertique du Nord-Africain tropical, en Afrique orientale, ainsi qu'à Sierra-Leone et au Gabon. Elle est fréquente dans les endroits cultivés.

Paspalum scrobiculatum Linn. var. Gommersonii Stapf.

« Kiffa, 2 août 1925 ». No 71.

Distr. géogr. : Ubiquiste (sentiers, terrains cultivés, prairies, etc.) dans toutes les régions tropicales de l’Ancien Monde.

Panicum colonum Lin.

«Guelta de Garaouel ; bord de l’eau. 7 décembre 1924 ». No 69.

Distr. géogr. : Semi-cosmopolite dans les zones tropicale et subtropicale des Deux Mondes.

Panicum turgidum Forst (1).

« Environs de Kiffa et Aouker ; commun dans les dunes du Sud. Merckcha des Maures ». N° 65.

Distr. géogr. : Espèce des oasis sahariennes, de la zone subdésertique du Nord-Africain tropical et de la zone steppodésertique du Sud-Ouest-Asiatique.

C’est partout un excellent fourrage pour les chameaux.

Panicum atrosanguineum Hochst.

« Kiffa. 10 octobre 1925. » No 57.

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africain tropical, Afrique orientale et zone subdésertique du Sud-Africain tropical ; Arabie tropicale.

Pennisetum violaceum Rich.

«Environs de Kiffa, route de Boybé à Moudjeria. Novembre et décembre 1924 ». No 67.

L’Index Kewensis et Hooker, dans la Flora of India, admettent la synonymie avec le Pennisetum typhoideum, ou petit mil, ou mil d'Egypte, dont ce serait tout au moins une variété.

Le Pennisetum violaceum Hort. est le Pennisetum setosum Rich.

Cenchrus echinatus Lin.

(Très abondant dans tout le Cercle de l’Assaba. Octobre 1926. L’/ssité des Maures ». N° 115.

Distr. géogr. : Le Cenchrus echinatus Lin. et le Cenchrus catharticus Delile sont deux espèces bien peu distinctes. Hooker, dans la /‘lora of India, ne les sépare que d’après la largeur des épines de l’involucelle, qui serait moindre dans le Cenchrus catharticus que dans le Cenchrus echinatus. Ainsi compris, le Cenchrus catharticus semble être, plus que le Cenchrus echinatus, l’espèce (ou la forme) de l’Asie occidentale (Arabie tropicale et Inde), tout en se retrouvant, avec le Cenchrus echinatus, en Afrique tropicale.

Ce Cenchrus echinatus serait de plus large extension, car il

(1) Détermination faite à Kew.

appartiendrait à toute la zone chaude africaine, aussi bien en Afrique occidentale qu’en Afrique orientale, ainsi qu’à la Réunion, à Maurice et à Madagascar ; puis ce serait aussi une espèce de l'Amérique tropicale, où ‘un autre Cenchrus très répandu, et s’avançant Jusque dans la zone subtropicale, est le Cenchrus tribuloides.

Cenchrus macrostachys Hochst.

« Kiffa. Août et septembre 1925 ». N°0 64.

Distr. géogr. : Espèce d’Abyssinie, déjà signalée par Benoist en Mauritanie, dans les dunes du Sbar, entre Nouakchott et Saint-Louis. Mais si, comme le pense Hooker, le Pennisetum Prieurii Kth. est la même espèce, la plante est encore de l'Inde, où elle est signalée au Sind et au Rajputana, et se trouve également en de nombreuses régions de l'Afrique tropicale, aussi bien au Soudan Français qu’au Congo.

Aristida Sieberiana Trin.

«Rkiss. Octobre 1926. » No 125. |

Distr. géogr. : Cette espèce est signalée par Boissier au Soudan Anglo-Egyptien et en Palestine. Chevalier la mentionne au Soudan Français et au Dahomey. On la retrouverait encore en Afrique du Nord, en Crète et en Palestine, par conséquent jusqu'aux dernières limites de la zone subtropicale.

Aristida sp.

Peut-être l’Aristida pungens Desf., dont, en tout cas, notre échantillon se rapproche ; mais le mauvais état des fleurs laisse quelque incertitude.

€ A partir du Sud de l’Aouker en allant vers le Nord. Sbath des Maures. Sert dans l’Adrar à faire des cordes. 20 nov. 1925 ». N°73:

Chloris meccana Hochst et Steud.

«Kiffa. 3 octobre 1925. » N° 62.

Distr. géogr. : Espèce de l'Egypte, de l’Arabie, du Belouchistan, et que Benoist signale, en Mauritanie, dans le Tasiast, entre le cap Blanc et l’Azeffal.

Mais si, avec Hooker, on admet la synonymie entre cette espèce et le Chloris virgata Sw., l'aire de distribution s’élargit

énormément, car elle comprend toute l'Inde, la Birmanie, la Chine, la Mongolie, le Thibet occidental (jusqu’à 4 000 mètres), l’Afrique tropicale, l'Australie et diverses contrées d’Amérique. Ce serait donc, en ce cas, une espèce de climats excessivement divers.

Dactyloctenium ægyptiacum \\illd.

« Kiffa. 30 octobre 1925 ». N° 62.

Distr. géogr. : Espèce largement subcosmopolite, dans les terrains sablonneux des régions tropicales et subtropicales des Deux-Mondes, y compris la région méditerranéenne (Algérie, Sicile, Grèce, Italie méridionale, etc.). C’est toutefois en Amérique tropicale une espèce introduite.

En Mauritanie, Benoist la signale à Siga, dans les dunes littorales, entre Douakchott et Saint-Louis.

En certains pays, la plante est utilisée comme fourrage, et ses grains, à l’occasion, sont consommés.

Cypéracées.

Cyperus rotundus Lin.

« Kiffa. 2 août 1925 ». No 70.

Distr. géogr. : Mauvaise herbe largement semi-cosmopolite, à rhizomes munis de tubercules, commune dans les lieux incultes et aussi dans les terres cultivées des régions tropicales et subtropicales des Deux-Mondes.

En raison de ses tubercules profondément enterrés, 1l est souvent difficile de la détruire.

Cyperus cruentus Rotthb. var. excisus Clarke (1).

«Kiffa. Août et septembre 1925. » N° 66.

Cette espèce a été souvent confondue avec le Cyperus conzlomeratus Rottb., dont elle est très voisine, et auquel l’{ndex Kewensis la rattache. Clarke la distingue par ses épillets plus serrés, bruns à maturité, et par ses glumes moins distantes. La

(1) Cette espèce et les deux suivantes ont été déterminées par M. Chermezon.

variété excisus est à glumes plus fortement mucronées que celles du type.

Distr. géogr. : L’espèce-type est signalée par Clarke au Soudan Anglo-Egyptien, en Erythrée, en Egypte, ainsi qu’en Arabie et au Belouchistan. La variété est mentionnée au Sénégal.

Mais il est probable que l'extension de cette Cypéracée est plus large, beaucoup de spécimens déterminés comme Cyperus conglomeratus devant sans doute être rapportés plus exactement à cette espèce.

Juncellus alopecuroides Clarke. (Cyperus alopecuroides Rottb.).

«Guelta de Garaouel, sur les bords de l’eau. 7 décembre 1924. » N° 68.

Cette espèce a été plusieurs fois confondue avec le Cyperus exaltatus Retz, qui serait, d'autre part, le Cyperus dives Delile. Il est donc possible que, ici encore, il y ait quelques erreurs dans la répartition géographique qui lui est assignée.

Distr. géogr. : Semi-cosmopolite dans les régions tropicales et, Ça et là, les régions subtropicales des Deux-Mondes (Afrique, jusqu’en Basse-Egypte, Maurice, Réunion, Madagascar, Inde, Malaisie, Queensland, Guadeloupe, etc.).

Kyllingia pumila Michx.

« Kiffa et tout le Cercle de l’Assaba. 8 août 1925. » N° 83.

Distr. géogr. : Afrique tropicale, Madagascar, Maurice, et Amérique, depuis l'Ohio jusqu’au Sud du Brésil (Aillingia cæsptitosa Nees).

Palmiers.

Nous ne possédons pas d'échantillons du doum, visible sur une des photographies ci-jointes. On admet toujours que ce doum est l’Hyphane thebaica Mart., c’est-à-dire la même espèce qu'au Soudan Anglo-Egyptien ; mais Beccari, en 1908, a émis des doutes sur cette détermination. Selon lui, l'Ayphæne thebaica ne serait que le doum de la vallée du Nil et de la

Haute-Egypte, remplacé, vers l'Ouest, par une autre ou d’autres espèces. Nous ne pouvons qu’enregistrer cette hypothèse du botaniste italien, en remarquant toutefois qu’un fruit du Soudan français que nous possédons au Musée colonial de Marseille ressemble beaucoup au dessin de l’}yphæne thebaica donné par Beccari dans son mémoire sur Le Palme CDum » od « Hyphæne » publié en 1908 dans l’Agricoltura Coloniale.

Aracées.

Pistia Stratiotes Lin.

«Mares de Garaouel ;: Taktaket (Cercle de Guadimaka). Décembre à février. » N°0 37.

Distr. géogr. : Plante aquatique bien connue, flottant à la surface des eaux douces, dans les régions tropicales et même subtropicales des Deux-Mondes : Afrique tropicale et australe ; Madagascar et Comores ; Réunion ; Inde, Ceylan et Indochine ; Malaisie ; Amérique, depuis le Texas et la Floride, au Nord, jusqu'au Paraguay et l'Argentine, au Sud.

Amaryllidacées.

Pancratium trianthum Herb.

«Terrains sablonneux, aux environs de Moudjeria et entre Moudjeria et Kiffa. Juillet à novembre. Teirou en maure ; Foudende fourou en toucouleur ». N° 101.

Distr. géogr. : Espèce de l'Afrique tropicale, occidentale et orientale. On a signalé aussi en Mauritanie une autre espèce qui est, celle-ci, saharienne, le Pancratium Saharæ Coss.

Commélinacées.

Commelina Forskalaei Vahl.

« Kiffa ; terrains sablonneux. Août à septembre 1925 ». No219:

Distr. géogr. : Espèce de l'Afrique tropicale, de Madagascar, d'Arabie et du Sud de l'Inde.

Moracées.

Ficus indica Lin.

«Arbre de 4 à 5 mètres, avec un tronc de 10 à 15 centimètres de diamètre, perdant ses feuilles à partir d'avril. Garaouel (falaise du Tagant), à côté de la guelta, sur les grès ; Galoula (falaise de l’Assaba), à côté de la guelta, sur les grès ; vallée de Bou Nissah, au pied de la falaise, encore sur les grès ; et ailleurs ». No 42.

Ce F'icus de la Péninsule malaise et de Malaisie est évidemment ici une espèce introduite. L'espèce linnéenne comprend, d’ailleurs, vraisemblablement, plusieurs espèces.

Ficus Sycomorus Lin.

«Arbre de 4 mètres de hauteur, avec un tronc de 10 à 15 centimètres de diamètre. Rencontré une seule fois, en décembre 1924, près de la guelta de Garaouel, où se trouvait déjà le Ficus précédent ». N° 41.

Ce figuier, qui est le sycomore d'Egypte, et est, d’après Hutchinson, une espèce de l'Afrique orientale, depuis l'Egypte jusqu’à la Rhodésie, et d’Arabie, a été également apporté à Garaouel.

Loranthacées.

Loranthus Pentagonia DC.

«Parasite sur 6 (Palanites ægyptiaca), 39 (Zizyphus S pina- Christi), 47 (Acacia Verek), 109 (Leptadenia Spartum). et 118 (Bauhinia rufescens). Juillet à mars. Tagant, Brakna, Assaba ». N9:35.

L’échantillon que nous possédons est parasite sur le Pauhinia rufescens.

Distr. géogr. : Sprague, dans la Flora of Tropical Africa, ne signale cette Loranthacée qu’au Sénégal. Chevalier, dans son

Énumération des plantes récoltées en Afrique Occidentale Française, ne la mentionne qu’en Mauritanie, en ajoutant que, vers le Nord, elle ne dépasse pas l’Adrar.

Loranthus dodoneæfolius DC.

« Parasite à peu près uniquement sur le talha (Acacia tortilis), peut-être aussi sur le Leptadenia Spartum. Août à décembre 1925. Tagant, Brakna, Assaba ». N° 80.

Distr. géogr. : Espèce d’aire géographique bien plus étendue que la précédente, car elle est connue notamment au Sénégal, au Soudan, au Togo, au Dahomey, au Lagos, en Nigérie septentrionale, au Chari, dans l’Oubangui supérieur, et aussi, en Afrique orientale, dans lOuganda.

Il est curieux de constater que, en Mauritanie, M. Bio l’a observée sur de moins nombreuses espèces d’arbrés que le Loranthus Pentagonia, car ailleurs elle ne paraît pas très exclusive, puisque Sprague la cite sur les genres T'amarindus, Afzelia, Parkia (P. africana), Bauhinia (B. reticulata), Acacia, Terminalia, Adansonia, etc. <

Amarantacées.

Alternanthera sessilis R. Br.

« Fra Cedar. 28 août 1926 ». No 81.

Distr. géogr. : Espèce très largement semi-cosmopolite des régions tropicales et subtropicales des Deux-Mondes, remontant même jusqu’à la mer Caspienne et en Espagne méridionale, et plus ou moins commune en Afrique du Nord, en Afrique tropicale, à la Réunion, à Maurice, à Madagascar, en Asie tropicale, en Australie, en Amérique tropicale (toutes les Antilles).

En beaucoup de ces pays les jeunes tiges et les feuilles sont consommées comme légumes.

Alternanthera noëiflora R. Br.

Kiffa, près des mares d’hivernage. Octobre et novembre 1925 ». No 26.

Cette espèce est parfois considérée comme une simple va-

riété de la précédente, dont elle diffère cependant par ses feuilles plus étroites.

Distr. géogr. : Peut-être parce qu’on ne l’en sépare pas toujours, cette espèce est citée en moins de régions que l’A, sessilis, tout en l’étant en Afrique tropicale, dans l'Inde, en Malaisie et en Australie.

Achyranthes aspera Lin. var. argentea.

«Fra Cedar. 28 août 1926 ». N° 96.

Distr. géogr. : Mauvaise herbe de beaucoup de parties tropicales et subtropicales des Deux-Mondes, y compris l’Europe méridionale.

Aerva tomentosa Forsk (Aerva javanica \\ight).

« Kiffa. 10 août 1925 ». N° 10.

Distr. géogr. : Plante tomenteuse blanchâtre des régions désertiques ou pierreuses de l'Afrique du Nord, de l’Afrique tropicale et de la zone steppo-désertique du Sud-Ouest-Asiatique. Se trouve aussi à la Réunion, dans la région basse. Aux iles du Cap Vert, vit en association avec le bombardeira, ou Calotropis procera.

Nyctaginacées.

Boerhavia adscendens \\illd.

« Kiffa. 17 août 1926. » N°0 86.

Distr. géogr. : Cette espèce, que Baker et Wright séparent du Poerhavia repens Lin., à laquelle on la rattache parfois, avec ses variétés diffusa et viscosa, se trouve dans presque toute l’Afrique tropicale et à Madagascar. Dans lAngola, c’est la hkerba tostao, où «herbe teston », des Portugais.

Polygonacées.

Polygonum plebeium R. Pr.

«Ajar, bords de la mare. 30 janvier 1925 ». N° 98.

Distr. géogr. : Espèce de toute la zone tropicale de l'Ancien Monde, et aussi de l'Egypte et de l'Afrique du Sud.

En divers pays, les feuilles et les jeunes pousses sont consommées comme légumes.

Polygonum limbatum.

« Kiffa, région marécageuse. Septembre et oCÉGbTE 1925. No 27.

Cette espèce est reconnaissable à son ochrea très poilu, qui s’élargit au sommet en une lame arrondie horizontale ciliée, à poils roides.

Distr. géogr. : Baker et Wright, dans la Flora of Tropical Africa, indiquent cette espèce en des contrées qui correspondent à la zone subdésertique du Nord-Africain tropical. Elle est aussi de l’Angola et on la retrouve encore dans l’Inde, au Bengale et dans la région du Gange.

Bégoniacées.

Begonia sp.

« Guelta de Galoula, en sol humide. 17 mars 1926 ». No 2.

Nous ne savons à quelle espèce rapporter ce Begonia. La consistance de ses feuilles, à long pétiole grêle et à limbe mince et translucide, est celle du Pegonia Chevaliert, mais la forme du limbe est toute différente. Le limbe du PB. Chevaliert est à sommet anguleux et à bords dentés ; celui de notre espèce est réniforme, nettement plus large que haut, et à bords seulement ondulés, avec dents très larges et peu marquées.

Aizoacées.

Mollugo Cerviana Ser.

« Kiffa, en sols sablonneux. 20 août 1925 ». No 7.

Distr. géogr. : Espèce des régions tropicales et subtropicales de lAncien-Monde, et de l'Europe méridionale (Espagne, Grèce, Russie méridionale) ; Afrique tropicale, Cap, Arabie, Inde, Asie tropicale, Nouvelle-Calédonie, Australie, etc.

Mollugo nudicaulis Lmk. (W/ollugo bellidifolia Ser.).

« Kiffa, en sol sablonneux, 20 août 1925 ». No 20.

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africain tropical, zone à épineux de l’Afrique orientale, Asie tropicale, Nouvelle-Calédonie, Amérique tropicale, dans les sables.

Nymphéacées.

Nymphea Lotus Lin.

«Mares d’hivernage, entre Kiffa et Moudjeria. Novembre et décembre.» No 29,

Distr. géogr. : Espèce tropicale et subtropicale de l'Ancien Monde, et même du Nouveau si le N. ampla DC. est la même espèce. Elle se plait particulièrement dans les mares des steppes. Le Nymphæa thermalis DC., des sources thermales de Hongrie, n’est, au plus, qu’une forme de cette espèce.

Malvacées.

Abutilon glaucum Webb.

€ Kiffa. Août 1925. » Sans numéro.

C’est l’Abutilon muticum Webb, et l’Abutilon asuaticum Guill. et Perr.

Espèce à synonymie très embrouillée, souvent confondue avec l’Abutilon asiaticum Don, chez lequel les carpelles sont surmontés d’un bec, alors qu’ils sont mutiques dans l'A. glau- Cuni.

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africain tropical et iles du Cap Vert. En Mauritanie, Benoist la cite dans le Tafolli, entre les dunes de l’Akchar et celles de l'Amoukrouz.

Pavonia zeylanica Cav. (Pavonia triloba Guill. et Perr.)

«Kiffa, en sols sablonneux. Août et octobre ». N° 97.

Distr. géogr. : Espèce des sables, dans la zone subdésertique du Nord-Africain tropical, et signalée aussi à Maurice, dans le Nord-Ouest et l'Ouest de l’Inde, à Ceylan, etc.

Pavonia Kotschyi Hochst.

CKiffa. Août 1925 ». Sans numéro.

Distr. géogr. : Dunes de Tombouctou, Soudan Anglo-Egyptien, Abyssinie et. Arabie.

Hibiscus Sabdariffa Lin.

«Kiffa. L mars 1925 ». No 107.

Distr. géogr. : Plante bien connue, originaire de l’Inde (roselle), selon les uns, de l'Afrique occidentale (oseille de Guinée), selon les autres, mais, en tout cas, aujourd’hui couramment cultivée dans la plupart des régions tropicales des Deux-Mondes.

Les feuilles sont mangées comme l’oseille ; et, avec les sépales, qui deviennent charnus après la floraison et qui contiennent un suc acidule et rafraichissant, on fait, dans l’Inde et aux Antilles, des gelées qui rappellent la gelée de groseilles, ainsi que, dans l’Inde, des tartes et des puddings. Les graines sont également consommées, soit grillées, soit bouillies et séchées.

Fugosia digitata Pers. (Cienfuegosia digitata Caw.).

«Kiffa, août 1925 ». No 14.

Distr. géogr. : Masters cite cette espèce au Sénégal et Chevalier au Soudan Français. Son aire semble très limitée.

Toutes les autres espèces du genre sont sud-africaines, ou sud-américaines, ou australiennes.

Sterculiacées.

Melhania Denhami R. Br. (Protera bracteosa Guill. et Perr.).

« Kiffa, en sols sablonneux. Plante de 25 à 50 centimètres de hauteur. Août 1925 ». No 31.

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africain tropical et zone steppo-désertique du Sud-Ouest-Asiatique.

Tiliacées.

Grewia populifolia Vahl.

«Buisson de 1 m. 50 de hauteur. Douara. 20 novembre

Distr. géogr. : Largement distribué, sous des formes un peu diverses, à travers presque toute l’Afrique tropicale, et, en Asie occidentale, depuis l'Arabie jusque dans le Nord-Ouest et l'Ouest de l'Inde.

Grewia bicolor Juss.

«Buisson de 3 à 4 mètres de hauteur. Kiffa. Juillet 1925. » No 100.

Distr. géogr. : À peu près la même répartition que celle de l'espèce précédente. Hiern cependant, qui cite dans PAngola le G. populifolia, ne cite pas ce G. bicolor.

Corchorus tridens Lin. (Corchorus trilocularis Burm.)

« Kiffa. 20 août 1925 ». N° 106.

Distr. géogr. : Espèce de l’Afrique tropicale, occidentale et orientale, et de toute l’Inde ; également australienne.

Euphorbiacées.

Euphorbia balsamifera Ait.

«Buisson de 1 m. 50 à 2 mètres. Un peu partout dans le Cercle de l’Assaba. Afzrinam en Maure. Octobre 1926 ». No 124.

Distr. géogr. : Espèce à peu près limitée à la région sahélienne de l'Afrique Occidentale Française, mais qu’on trouve également aux Canaries.

Bixacées.

Cochlospermum tinctorium Rich.

«Tiges fleuries de 10 à 15 centimètres, immédiatement au ras du sol; pas de feuilles lors de la floraison. De Zraguig à Zeguerelli (extrémité S. du Cercle de l'Assaba).» N° 99.

Les fleurs de notre échantillon ont jusqu’à 9 centimètres de diamètre.

Distr. géogr. : Cette espèce est connue au Sénégal, au Soudan Français, en Guinée Française, à la Côte d'Ivoire, en Nigérie Anglaise, et, d'autre part, dans la région du Nil.

Oliver l'indique comme un petit arbre de 1 m. 65 à 2 mètres de hauteur. La plante de Mauritanie, par sa taille plus réduite, correspond à la variété (innommée) que Chevalier dit être commune dans la brousse du Soudan Français, partout où le sol est nu ou a été brûlé.

Capparidacées.

Cleome monophylla Lin.

«Kiffa. 18 août 1926. » N° 82.

Distr. géogr. : Espèce de l'Afrique tropicale, occidentale et orientale, du Cap et de tout l'Ouest de l'Inde.

Cleome tenella Lin. f.

«Kiffa. Août 1925 ». No 105.

Distr. géogr. : Espèce du Sénégal, de la zone à épineux du Soudan Français, du Soudan Anglo-Égyptien (Sennar) et de l'Inde. ;

Cleome paradoxa Br.

«Affollé ; route d’Aleg à Moudjeria, dans les massifs gréseux. Novembre et décembre 1924 et 1925. » No 43.

Distr. géogr. : Espèce du Soudan Français (Goundam), du Soudan Anglo-Égyptien, d’Abyssinie et de l'Arabie méridionale.

Cleome viscosa Lin.

«Kiffa. 18 août 1926. » No 89.

Distr. géogr. : De distribution plus large que celle des espèces précédentes, car on ne la trouve pas seulement au Soudan Français et au Soudan Anglo-Égyptien, mais elle est très commune dans l’Inde, d’où elle remonte vers la Chine, et on la connaît aussi en Australie et en Amérique tropicale (Antilles).

Gynandropsis pentaphylla DC.

« Kiffa. 20 août 1925. » No 22.

Distr. géogr. : Régions tropicales et subtropicalés des deux Mondes (peut-être introduite en Amérique, où, en tout cas, elle est aujourd’hui abondante).

C’est en divers pays une plante potagère.

Cadaba farinosa Forsk.

«Arbuste de 1 m. 50. Massif de l’Affollé. 25 décembre 1925. » N° 36.

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africain tropical et zone steppo-désertique du Sud-Ouest-Asiatique ; Himalaya ; Tibet, jusqu’à de très hautes altitudes ; Europe méridionale ; Australie ; Sandwich.

Les feuilles sont comestibles.

Boscia senegalensis Lamk.

CArbuste de 1 à 3 mètres de hauteur. Assaba, Affollé et Fkiss. Æzmaï en maure. Octobre 1926.» N° 112.

Distr. géogr. : Cette espèce très commune en Mauritanie appartient à presque toute la zone subdésertique du Nord- Africain tropical.

Capparis aphylla Roth.

«Buisson de 3 à 4 mètres de hauteur. Ales et Kiffa. Août et décembre.» N° 11.

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africain tropical et zone steppo-désertique du Sud-Ouest-Asiatique.

Zygophyllacées.

Tribulus terrestris Lin.

«Assaba et Tagant. Tadress en maure. Août et décembre.» : No:90;

Distr. géogr. : Très largement semi-cosmopolite dans les régions tropicales, subtropicales, et même dans quelques endroits de la zone tempérée de l’Ancien-Monde (en France, notamment, dans le Midi et l'Ouest). Elle serait aussi de l'Amérique tropicale, des Antilles, par exemple, si l'on admet que le Tribulus cistoides Lin. n’en est qu’une variété.

Simarubacées.

Balanites ægyptiaca Del.

« Arbre de 5 à 7 mètres de hauteur, toujours vert, fleuris-

sant deux fois, en avril-mai et en novembre-décembre. Dans tout l’Assaba, en terrains sablonneux.» N° 6.

Cette espèce est bien connue pour ses fruits comestibles et ses graines oléagineuses, dont l’huile se rapproche de celle de coton.

Distr. géogr. : Arbre commun dans toute la zone subdésertique du Nord-Africain tropical et dans la zone à épineux de l'Afrique orientale. On le retrouve au Congo Belge et il est représenté dans l’Angola par la variété angolensis, à fruits de forme un peu différente. Le Balanites Roxburghi Planch. des parties sèches de l’Inde et de Birmanie en semble être une autre variété.

Burséracées.

Balsamodendron africanum Arn.

«Arbre de 2 à 3 mètres de hauteur. Un peu partout dans le Cercle de l’Assaba. Octobre 1926.» No 113.

C’est l’arbre producteur du bdellium d’ Afrique, qui est une gomme-résine, avec environ deux tiers de résine et un tiers de gomme. L'étude de cette gomme-résine, faite par M. Labrande au Laboratoire de l’Institut du Pin, à Bordeaux, a été publiée dans les Annales du Wusée colonial de Marseille (1925, premier fascicule). Les conclusions de ce travail sont que le bdellium d'Afrique ne pourrait être utilisé pour la fabrication de vernis que par transformation en résinates fondus où en résinates précipités, et encore à la condition qu’il fût importé en France à un prix assez bas.

Distr. géogr. : Soudan Français, Dahomey, Afrique orientale (Abyssinie et Mozambique), Angola.

Polygalacées.

Polygala erioptera DC. (P. triflora Lin.).

«Environs de Kiffa.» Sans numéro. Distr. géogr. : Notre échantillon a les feuilles linéaires,

PLANTES DE MAURITANIE Sul

étroites et aiguës au. sommet, de la variété erecta qu'Oliver signale au Sénégal, au Soudan Anglo-Égyptien, en Abyssinie et aux îles du Cap Vert, en mentionnant, d’autre part, la variété diffusa, à feuilles lancéolées-oblongues, ordinairement obtuses, en Nigérie septentrionale, dans la région du Tchad, au Soudan Anglo-Égyptien. Dans l’Angola, c’est la variété angolensis Chodat. Chevalier cite l'espèce au Soudan Français. On la retrouve en Arabie tropicale, dans POuest de l'Inde et en Birmanie.

Légumineuses.

Neptunia oleracea Lour.

«Mares de Kiffa, 20 octobre 1925.» No 21.

Distr. géogr. : Cette Légumineuse herbacée annuelle, à tiges horizontales flottant dans les eaux stagnantes, et qu’on consomme en certains pays, est répartie dans à peu près toute la zone tropicale des Deux-Mondes.

Acacia Verek Guil. et Perr.

«Arbre de 3 mètres à 3 m. 50, produisant la gomme arabique. Abondant dans le Cercle de lAssaba. 11 fleurit au début de septembre, fructifie en octobre et perd ses feuilles pendant la saison sèche.» N° 47. |

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africain tropical et zone steppo-désertique du Sud-Ouest-Asiatique. Hiern à aussi signalé cette espèce dans l’Angola, dans la région de Mossamédès, mais la détermination est très douteuse.

Acacia Adansonii Guill. et Perr.

«Arbre pouvant atteindre 8 à 10 mètres, avec un tronc de 50 à 60 centimètres de diamètre. Très bon bois de construction. Les gousses sont utilisées pour le tannage. L'espèce vit au milieu des mares temporaires appelées tamourt (mares plantées d'amour). Les feuilles tombent pendant la saison sèche. Amour (nom collectif) et amraya en maure. Octobre 1925. » No 49,

Distr. géogr. : Espèce mauritanienne, souvent considérée

comme une variété de l’Acacia arabica. Au Sénégal, Guillemin et Perrottet l’ont mentionnée dans les dépressions des bords du fleuve depuis le marigot des Maringouins, dans le Oualo, jusqu’à Bakel. Beccari la cite en Abyssinie, en la distinguant bien de l’Acacia arabica.

Acacia tortilis Hayne.

«Arbre de 4 à 5 mètres de hauteur, dont les feuilles sont une bonne nourriture pour les chameaux. Cercle de lAssaba ; prédominant dans l’Aouker. Les feuilles tombent pendant la saison sèche. Juillet à novembre. Tal’ha en maure. » N° 50.

Distr. géogr. : Espèce de la zone subdésertique du Nord- Africain tropical et d'Arabie, mais qui, en Afrique, remonte; en Tunisie, jusque vers EI Djem, un peu au nord de Sfax (vers 350 Lat. N.), ce qui l’a fait quelquefois appeler gommier de Tunisie, et en Egypte sur le littoral de la Mer Rouge jusqu’au delà de 250 Lat.

Sa gomme rouge, incomplèétement soluble, fut autrefois la gomme de Barbarte.

Acacia Seyal Delile.

«Arbre de plus en plus élevé au fur et à mesure qu’on descend vers le Sud ; à Selibary, 1l a 4 à 5 mètres de hauteur, avec un tronc de 10 à 15 centimètres de diamètre. Les indigènes coupent les branches pour la nourriture de leurs animaux. Cercle de lAssaba ; très abondant dans le Guidimaka. Sadralberg en maure.» N° 48.

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africain tropical et zone à épineux de l'Afrique orientale ; Arabie.

La gomme de cet arbre, qui est dextrogyre, comme celle de l'Acacia arabica, et non lévogyre, comme celle de l’Acacia Verek, est inférieure, rouge et très cassante.

Acacia atacaxantha DC.

«Buisson de 3 à 4 mètres de hauteur. Bords des ouidanes dans l’Affollé. Novembre 1925.» No 46.

Distr. géogr. : L'espèce semble de distribution géographique beaucoup plus limitée que les Acacia précédents. Guillemin, Perrottet et Richard l’ont signalée dans les sables du Cayor,

PLANTES DE MAWRITANIE 33

du Oualo et de Galam, où elle fleurit de septembre à novembre ; elle ne dépasserait pas, vers l'Est, le Moyen-Niger.

Sa gomme serait blonde et ressemblerait à celle de l’ Acacia Verek, mais la production en est très peu abondante.

Cassia obovata Coll.

ÇUn peu partout dans l’Assaba. Octobre 1926.» N° 116.

Distr. géogr. : Espèce de la zone subdésertique du Nord- Africain tropical et zone steppo-désertique du Sud-Ouest-Asiatique. Welwitsch l’a trouvée dans l’Angola. Elle a été introduite et est parfois cultivée en Amérique tropicale, aux Antilles notamment.

Ses feuilles et ses gousses, qui causent des coliques, ont été appelées sené d'Italie parce que l’espèce fut, dès le xvie siècle, cultivée en Italie.

Cassia tora Lin. |

«Bas-fonds de l’Affollé. J'alegze en maure. Octobre 1926. » NOT:

Distr. géogr. : Espèce largement semi-cosmopolite dans toute la zone tropicale des deux Mondes.

Bauhinia articulata DC.

«Arbre de 4 à 5 mètres de hauteur, avec un tronc de 30 à 40 centimètres de diamètre, fructifiant en décembre. Un peu partout dans les vallées.» N° 40.

Distr. géogr. : A peu près toute l'Afrique tropicale.

Baudhinia rufescens Lamk.

«Arbre de 3 à 5 mètres de hauteur. Bas-fonds dans tout le cercle de lAssaba. »

Espèce à feuilles et à fruits beaucoup plus petits que dans l'espèce précédente.

Distr. gécgr. : Zone subdésertique du Nord-Africain tropical; Guinée Française et Dahomevy. Parfois cultivé dans l'Inde.

Dalbergia melanoxylon Guill. et Perr.

«Arbre de 3 à 4 mètres de hauteur, dont le bois noir est utilisé en bijouterie maure. Dans le lit des oueds, dans l’Assaba et le Tagant. Août 1925.» N° 105.

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africain tropical et zone à épineux de l’Afrique orientale.

Alysicarpus vaginalis DC.

« Kiffa. 18 août 1926.» N° 84.

Plante annuelle, bisannuelle ou vivace, partout signalée comme bon fourrage.

Distr. géogr. : Semi-cosmopolite dans la zone tropicale des deux Mondes, mais peut-être introduite en Amérique.

Sesbania ægyptiaca Pers.

« Kiffa, dans les endroits marécageux, pendant l’hivernage. . Octobre 1925.» No 110.

Distr. géogr. : Arbrisseau semi-cosmopolite dans la zone tropicale des deux Mondes.

Tephrosia leptostachya DC. (T. purpurea Pers.).

Sans indication et sans numéro.

Les graines sont parfois employées comme succédané du café.

Distr. géogr. : Semi-cosmopolite dans la zone tropicale des deux Mondes.

Tephrosia linearis Pers.

« Un peu partout dans les terrains sablonneux, entre Moudjeria et Kiffa.» No 44.

Distr. géogr. : Afrique occidentale tropicale, du Sénégal à PAngola ; Soudan Anglo-Egyptien ; Madagascar.

Tephrosia obcordata Bak.

«Terrains sablonneux, entre Kiffa et Hassi m’Barck.» Décembre 1925.» No 15.

Espèce bien reconnaissable à ses feuilles simples, obcordées, coriaces, vert-pâle, assez fortement velues, surtout endessous. |

Distr, géogr. : Zone sahélienne de l’Afrique Occidentale Française et Soudan Anglo-Égyptien.

Indigofera paucifolia Delile.

« Buisson de 1 mètre de hauteur, toujours vert. Bords des oueds, en terrains sablonneux, dans l’Assaba et le Tagant. Octobre à décembre.» No 111.

écan dites tit dissietièts DE

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africain tropical ; Angola ; zone steppo-désertique du Sud-Ouest-Asiatique ; Inde ; Java.

Indigofera aspera Perr.

«Kiffa, en terrains sablonneux. Août-octobre.» N° 45.

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africain tropical ; Dahomey (sables près de la lagune, d’après Chevalier) ; Angola (Mossamédès).

Célastracées.

Celastrus senegalensis Lamk.

«Buisson de 2 mètres à 2 m. 50 de hauteur. Environs de Kiffa. Eichk en maure. Fin de juin.» N° 32.

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africam tropical, Afrique orientale, Angola, et zone steppo-désertique du Sud-Ouest-Asiatique. L'espèce serait aussi commune dans toutes les parties sèches de l'Inde, de Ceylan, de la Malaisie et d'Australie si on y rattache le Celastrus montana \\. et À. ; elle serait également du Maroc et du Sud de l'Espagne si on

n’en sépare pas le Celastrus europaeus Boïss.

Rhamnacées.

Zizyphus Spina-Christi Willd.

«Arbre de 2 à 4 mètres, qui fleurit en Juillet et août et donne en novembre des fruits qui sont consommés par Îles gens de basse condition. Cercles de l’Assaba et du Tagant. » INOSPE

Distr. géogr. : Soudan Français, Egypte, Soudan Anglo- Égyptien, Ahyssinie, Madagascar (où il a été introduit) ; cultivé dans les oasis de l'Afrique du Nord.

Œnothéracées.

Jussieua diffusa Forsk

« Garaouel, en terrains marécageux. 8 décembre 1924 ». N° 9, 2%

La

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africain tropical, Afrique orientale et Madagascar.

Mais, si on considère comme étant la même espèce le Jussieua repens Lin., à feuilles obovales ou oblongues, l'aire de répartition de la plante devient beaucoup plus large, car elle correspond à presque toutes les régions tropicales et subtropicales des deux Mondes et remonte jusqu’en Algérie, en Tripolitaine, en Basse-Egypte, en Asie Mineure, en Corée.

Jussieua erecta Lin. (Jussieua altissima Guill. et Perr. ; Jussieua linifolia Oliv. non Vahl ; Jussieua acuminata SW. non Benth.).

« Buisson de 1 mètre de hauteur. Guelta de Garaouel. Décembre 1924. » No 25.

Distr. géogr. : Semi-cosmopolite dans la zone tropicale des deux Mondes; mais les confusions fréquentes qui se sont produites entre les Jussieua erecta, acuminata, linifolia des divers auteurs laissent des incertitudes sur la répartition géographique précise de cette espèce, que nous admettons telle que la décrit Hiern dans le Catalog of the African Plants collected by Dr. Welwitsch ».

Combrétacées.

Combretum aculeatum Vent.

« Buisson de 1 à 2 mètres de hauteur. Route d’Aleg à Moudjeria et un peu partout dans le cercle de l’Assaba. Septembre à décembre.» N° 24,

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africain tropical.

Combretum micranthum Don (C. Raimbaulti Heck.).

« Arbuste de 1 m. 50 à 2 mètres. Rochers du Rkiss. Octobre 1926.

Notre échantillon ne porte que des feuilles, mais bien reconnaissables notamment aux poils glanduleux brunâtres de leur face inférieure.

Ces feuilles en décoction sont réputées comme remède contre la fièvre bilieuse hématurique.

Distr. géogr. : Sénégal, où c’est, d’après Leprieur, le tampons de la région de Bakel, et Guinée Française, où c’est le kinkelibah.

Guiera senegalensis Lamk.

«Buisson de 2 mètres de hauteur. Un peu partout dans le Cercle de l’Assaba. Liené en maure. Octobre 1926.» No 123,

Distr. géogr. : Espèce du Sénégal et du Soudan Français, qu'on retrouverait dans l’Angola, dans les sables de Mossamédès, où elle forme de grands fourrés à Mata dos Carpenteiros.

Cucurbitacées.

Lagenaria vulgaris Scr.

«Endroits humides à Tag Heïssit. 2 février 1925.» No 4.

Distr. géogr. : Originaire de l'Afrique tropicale et de l'Inde, la gourde est aujourd'hui cultivée (pour ses jeunes fruits consommés comme légume) et subspontanée dans la plupart des pays chauds. On sait qu’elle est, d’ailleurs, cultivable en pays tempérés, en Corse, en France, etc.

Momordica Balsamina Lin.

«Plante grimpante. Kiffa, en terrains sablonneux. Décembre 1924.» No 3.

Distr. géogr. : Espèce sans doute d’origine africaine, mais cultivée aujourd’hui dans toutes les régions tropicales et subtropicales des deux Mondes.

Cucumis ficifolius Rich.

«Plante rampante. Fond des mares desséchées, à Leftatar. 1er novembre 1924.» No 5.

Distr. géogr. : Notre échantillon, malheureusement dépourvu de fruits, nous semble, d’après ses feuilles, appartenir plus spécialement à la variété echinophora que Cogniaux signale dans les iles du Cap Vert, au Sénégal, en Guinée, au Soudan Anglo-Égyptien, en Abyssinie, dans J’Angola et en Arabie.

Borraginacées.

Heliotropium undulatum Vahl.

« Kiffa, 10 août 1926.» N° 92.

Distr. géogr. : Espèce de la zone subdésertique du Nord- Africain tropical, et aussi des îles du Cap Vert, du Sahara, d'Egypte, de Palestine, d'Arabie et d’Asie tropicale, se plaisant partout dans les sables.

Heliotropium strigosum Willd.

« Kiffa. Août 1925.» Nos 19 et 88.

Distr. géogr. : Espèce de l’Afrique tropicale, de la zone steppo-désertique du Sud-Ouest-Asiatique et d'Australie.

Lithospermum callosum Vahl.

«Tinjamar, Hassi m'Barek, dans le Sud de l’Aouker, dans les dunes. Ahchad en maure, 20 novembre 1925.» No 16.

Distr. géogr. : Espèce des déserts : Sahara, Egypte, Palestine, Arabie, Perse.

Convolvulacées.

Ipomoea repens Lamk.

« Kiffa. bords des mares. Octobre et novembre.» No 51.

Distr. géogr. : Semi-cosmopolite dans la zone tropicale des deux Mondes.

Ipomoea eriocarpa R. Br.

« Kiffa. 17 novembre 1925.» No 55.

Distr. géogr. : Afrique tropicale, Madagascar, Asie tropicale et Australie septentrionale.

Ipomoea pilosa Sweet.

«Affollé. 25 décembre 1925.» No 54.

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africain trcpical ; zone à épineux de l’Afrique orientale ;: Angola, Soudan Français (Koulikoro) : Côte d'Ivoire.

Ipomoea hellebarda Schweinf.

« Affollé. 25 décembre 1925. » No 53.

Distr. géogr. : Afrique tropicale.

PLANTES DE MAURITANIE 3€ Merremia pentaphylla Hallier.

«Plante grimpante. Affollé. 25 décembre 1925. » N° 52. Distr. géogr. : Semi-cosmopolite dans la zone tropicale des deux Mondes.

Apocynacées.

Adenium Honghel IC.

CArbuste de { m. 50 à 2 mètres de hauteur. En feuilles en juillet et août, puis perd ses feuilles au moment de la floraison, en novembre et décembre. Un peu partout dans le Cercle de PAssaba, principalement en terrains gréseux. T'eidouma ez zib (ou «baobab du cheval ») en maure.» N° 38.

Arbuste bien connu pour la violente toxicité de toutes ses parties. D’après Leprince, le principe actif serait un glucoside, l’adéniine, qui serait un poison cardiaque, à la façon de la digitaline ou de l’ouabaïine,

Distr. géogr. : Sénégal, Soudan Français et Haute-Nigérie.

Asclépiadacées.

Leptadenia Spartum Wight.

«Buisson ordinairement de 1 mètre à 1 m. 50, mais pouvant atteindre 2 mètres à 2 m. 50, toujours vert. Très abondant dans les Cercles du Brakna, du Tagant et de l’Assaba. Tütarik des Maures. Février 1925.» No 109.

Cette Asclépiadacée aphylle, à port de genêt, peut fournir une pâte qui, d’après les essais faits par MM. Vidal et Aribert à l'Ecole de Papeterie de Grenoble (Annales du Musée colonial de Marseille, 1924) conviendrait à la fabrication du papier d'emballage, tout en n'étant que de qualité moyenne, en raison de sa faible ténacité. Blanchie, cette pâte serait utilisable pour papiers fins d'écriture ou d'impression, car elle a un assez Joli aspect et est, pour cet usage, suffisamment tenace. Elle est moins indiquée pour les papiers mi-fins, pour impressions communes ou journaux, car elle ne supporterait pas l’adjonction de la moindre quantité de pâte mécanique.

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africain tropical et zone steppo-désertique du Sud-Ouest-Asiatique.

Leptadenia lancifolia Dene.

«Plante grimpante. Un peu partout dans le Cercle de l’Assaba. Août à novembre.» N° 95.

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africain tropical, et Afrique occidentale, au moins jusqu’au Dahomey.

Pédaliacées.

Ceratotheca sesamoides {ndl.

« Kiffa. Août et septembre 1925.» N° 104.

Distr. géogr. : Chevalier signale l'espèce au Soudan Français et en Guinée Française.

Rogeria adenophylla Gay.

« Plante herbacée de 50 à 80 centimètres de hauteur. Kiffa, sur les grès. 1er décembre 1925.» N° 30.

Distr. géogr. : Soudan Français, Angola.

Sesamum alatum Thonn, (Sesamum sabulosum Chev.).

« Kiffa, 20 août 1925.» No 23.

Distr. géogr. : Oasis du Sahara et Soudan Français ; désert de Kalahari. On retrouve l’espèce encore plus au Sud, jusqu’au Cap, si on y réunit le Sesamum capense.

Acanthacées.

Blepharis linariæfolia Pers.

«Un peu partout dans le Cercle de l’Assaba. Août et décembre.» No 91.

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africain tropical, zone à épineux de l’Afrique orientale, zone à épineux

du Sud-Africain, jusqu’à PAngola, et zone steppo-désertique du Sud-ouest-Asiatique.

vérpanes medias eiGut

Gentianacées.

Limnanthemum senegalense Br.

«Mares d’hivernage, à Kiffa. 2 octobre.» N° 28.

Distr. géogr. : Nous croyons que, en dehors de la Mauritanie, l'espèce n’est connue jusqu'ici qu'au Sénégal.

Labiées.

Ocimum menthaefolium Hochst.

«Sur les grès, dans l’Affollé et dans le Tagant. Août à octobre 1926.» No 121.

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africain tropical et Arabie.

Ocimum Thonningii Schum. (Ocimum tereticaule Poir.).

(€ Kiffa. 18 août 1926.» N° 87.

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africamn tropical et zone à épineux de l'Afrique orientale.

Rubiacées.

Mitracarpum scabrum Zucc. (A. senegalense DC.).

«Kiffa. 10 août 1926.» N° 93.

Distr. géogr. : Zone subdésertique du Nord-Africain tropical, iles du Cap Vert et Afrique tropicale occidentale.

Composées.

Eclipta alba Hassk.

« Kiffa, 30 octobre 1925 ; Ajar, près d’une mare, 30 janvire 1925.» No 8 (Kiffa) et N° 102 (Ajar).

Distr. géogr. : Espèce largement semi-cosmopolite, en sols humides, dans les régions tropicales et subtropicales des deux Mondes. Elle remonte jusque dans la région de la mer Caspienne.

Zollikoferia spinosa Boiss.

«Dunes d’Hassi m’Barek. 20 novembre 1925.» No 17.

Distr. géogr. : Espèce de la zone subtropicale plutôt que de la zone tropicale ; commune dans les lieux secs en Algérie, au Sahara, dans le désert égyptien, en Arabie, aux Canaries et même dans le Sud-Est de l'Espagne.

Sans vouloir imprudemment tirer de cette étude des conclusions trop rigoureuses, on peut cependant faire quelques constatations qui auront tout au moins l’avantage de donner, mieux qu'une simple énumération de noms de plantes, une idée un peu générale de la nature de la flore mauritanienne, au point de vue de la plus ou moins large répartition géographique des espèces qui la composent.

Sur la centaine environ de ces espèces ici mentionnées (104, si l’on met à part un Pegonia qui reste d’espèce indéterminée et deux /'cus introduits) presque le tiers (30) correspond à des espèces qui sont largement semi-cosmopolites, car elles appartiennent aujourd’hui à la flore soit tropicale, soit tropicale et subtropicale, des deux Mondes; et, pour quelques-unes mêmes de ces espèces, l’aire de distribution remonte jusqu’en Europe méridionale.

= Un second tiers (37) s'étend — et encore en zone tropicale ou en zone tropicale et subtropicale, et parfois aussi, pour quelques-unes, Jusqu'en Europe méridionale —- soit dans tout l'Ancien Monde (huit espèces), soit, en tout cas, en certaines parties plus ou moins nombreuses de l’Afrique et de l’Asie.

Ce n’est donc plus déjà qu’un tiers seulement à peu près (37) des plantes énumérées qui est composé d’ espèces paraissant exclusivement africaines.

De ces espèces, quelques-unes sont disséminées à travers presque toute lAfrique tropicale, d’autres descendent plus ou moins loin en Afrique occidentale, d’autres (une vimgtaine environ) sont plus spécialement limitées, soit à toute là zone à épineux du Nord, de l'Est et du Sud de l'Afrique tropicale, soit à une partie plus ou moins étendue de cett

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