‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 2)Chapitre 12 sur 149 · UN NOUVEAU GENRE MALGACHE DE PALMIERS · texte numérisé non relu

UN NOUVEAU GENRE MALGACHE DE PALMIERS

par M. Henri JUMELLE

Le Palmier de Madagascar pour lequel nous croyons devoir créer un nouveau genre est voisin des Veodypsis, dont il a l’albumen ruminé, mais 1l s’en éloigne, entre autres caractères, par ses anthères, qui sont à loges sagittées, et non parallèles, et par l’endocarpe de son fruit, qui est fortement fibreux, et non peu fibreux et plus ou moins friable, comme celui des Neodypsis.

La seule espèce que nous connaissions jusqu'alors est de faibles dimensions. Son tronc ne dépasse pas 2 à 4 mètres de hauteur et n’a guère, en réalité, plus de 20 centimètres de diamètre ; s’il parait plus gros, c’est parce que, comme chez les Raphia, il y a persistance des bases des gaines foliaires.

Les feuilles, qui sont ascendantes, vert clair, ont de 3 à 4 mètres de longueur, avec un pétiole de ! mètre à 1 m. 50 de longueur. Ce pétiole est large de 3 centimètres vers le sommet ; il est en gouttière, et muni, sur le dos, d’une forte carène qui se prolonge le long du rachis. Celui-ci est également d’abord en gouttière, mais présente ensuite supérieurement une carène à sommet obtus. Les segments qui le garnissent, et qui sont isolés, sont rédupliqués, assez roides, étalés ; les inférieurs ont 80 centimètres sur 12 millimètres et sont longuement aigus et non bifides au sommet ; les médians ont 95 centimètres sur 3 centimètres à 3 em. 8, portent une forte nervure sur la face

supérieure et sont parfois à sommet bifide ; les terminaux ont 50 à 60 centimètres sur 2 em. 5.

Il y a plusieurs spadices axillaires par pied.

La première spathe, de 40 à 60 centimètres, se fend au sommet : la seconde, longue de 90 centimètres, se fend latéralement, avec un long mucron de 10 centimètres et est promptement caduque.

La partie florifère est deux fois ramifiée.

Le pédonceule est long (plus de 1 mètre), épais (3 centimètres), un peu eémprimé ; l’axe de la partie florifère est plus court que les ramifications basilaires. Les rameaux primaires sont aplatis : les épis, longs de 45 centimètres à peu près, épais de 3 mm. 5, sont d'aspect un peu flexneux : ils portent normalement des glomérules triflores, mais qui, généralement, ne sont complets qu’à la base, car, plus haut, il n’y a plus que des fleurs femelles, qui, souvent même, sont les seules que porte tout Pépi.

Les boutons mâles sont ovoïdes, obtus, à pétales environ trois fois plus longs que les sépales. Ceux-ci, largement trianculaires, ont une forte carène tranchante ou obtuse, éperonnée. Les pétales sont ovales, concaves, bruns, striés extérieurement. Les six étamines ont des anthères basifixes, à loges allongées, obtuses, qui, par suite de leur écartement, forment avec le filet un fer de flèche. Le rudiment d’ovaire est ovoïde, rétréci vers le sommet, à peu près de même longueur que les filets staminaux.

Les boutons femelles sont presque aussi longs que les mâles, mais plus larges, et, par suite, dans l’ensemble, plus globuleux. Les sépales sont ceux des fleurs mâles. Les pétales sont aussi trois fois plus longs, mais plus larges, presque arrondis orbiculaires (5 millimètres sur 4 millimètres, au lieu de o mm. 5 sur 3 millimètres), striés extérieurement. L’ovaire est ovoide, vaguement trigone, avec trois larges stigmates qui sont d’abord terminaux et forment un cône large et bas, mais sont ensuite rejetés basilairement : il est primitivement triloculaire, puis est finalement réduit à une loge.

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