‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 2)Chapitre 14 sur 149 · UN NOUVEAU GENRE MALGACHE D'ARACÉES · texte numérisé non relu

UN NOUVEAU GENRE MALGACHE D'ARACÉES

par M. Henri JUMELLE

L’Aracée (n° 18392 de l’Herbier Perrier de la Bâthie) que nous allons décrire ici croit, à Madagascar, dans la forêt orientale, près de Lohavanana, dans le bassin du Mangoro.

M. Perrier de la Bâthie n’en recueillit en mars 1927 que des tubercules, qui furent plantés, en décembre de la même année, à Tananarive, dans les serres de M. François.

Deux pieds ont fleuri cette année, et leurs fruits étaient mürs en février 1928.

Ces deux pieds ont été précieusement conservés, puisque ce sont les deux seuls représentants jusqu'ici connus de l’espèce. M. Perrier de la Bâthie en a toutefois prélevé quelques fragments (3 feuilles, 2 inflorescences et 2 fruits), qu'il nous à adressés, en accompagnant son envoi d’une description prise par lui-même, à Tananarive, sur les pieds vivants.

C’est donc en réunissant cette première description et nos observations sur les fragments que nous avons eus à notre disposition que nous pouvons donner la diagnose de cette intéressante espèce.

Les tubercules sont globuleux, de la grosseur d’une noix et portent à leur sommet quatre à cinq feuilles un peu crassulescentes, mais de formes diverses.

Les premières qui se développent sont à pétiole court (5 à 6 centimètres), à limbe simple, sagitté, à auricules aigus, mesu-

rant 5 centimètres de longueur depuis le point d’insertion sur le pétiole jusqu’au sommet, 5 centimètres de largeur entre les auricules et 3 centimètres dans la région médiane. .

Les feuilles suivantes sont plus grandes, et, en outre, triparttes, les divisions atteignant presque le sommet du pétiole. La division médiane, ovale, arrondie vers la base, acuminée au sommet, trinerve, a 7 à 8 centimètres de longueur sur 3 à 4 centimètres de largeur. Les deux divisions latérales, encore ovales, mais beaucoup plus étroites, sont anguleuses à la base, acuminées au sommet, également trinerves et ont 7 à 8 centimètres de longueur sur 1 em. 5 à 2 centimètres de larceur. L'une ou l’autre, ou toutes les deux, présentent parfois, vers la base, et à angle droit, un petit lobe externe, aigu.

Il y a une à trois inflorescences par pied.

La hampe, de 10 à 12 centimètres de longueur, est grêle, verte, avec quelques petites taches rougeûtres.

La spathe, au sommet de cette hampe, est en forme de cornet, longue de 5 à 7 centimètres, blane verdâtre. Sa partie inférieure, plus épaisse que la partie supérieure, haute de 15 à 18 millimètres, large de 10 millimètres, est enroulée sur ellemême et rouge noirâtre à l’intérieur. La partie supérieure, de plus en plus étalée, est aiguë et atténuée au sommet, Jaune clair intérieurement.

Le spadice, qui est libre, est plus court que la spathe ; 1l est long de 30 millimètres environ. A sa base sont huit fleurs femelles, chacune constituée par un ovaire unuoculaire, à un ovule orthotrope, que surmonte un style court et épais et qu'entoure basilairement un périanthe monophylle en forme de bourrelet circulaire, large et très aplati. Le style se termine par un stigmate tronqué, de même largeur que lui, couvert de fines papilles rouges. Au-dessus de ces fleurs femelles fertiles,

entre lesquelles on aperçoit la surface de l’axe revêtue de fines :

granulations rouges, sont, sur une partie moins épaissie de l'axe, d’autres fleurs femelles (huit encore, ordinairement, d’après M. Perrier de la Bâthie), mais qui sont, celles-ci, réduites à l’anneau périanthique, qui prend une forme ovale,

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