‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 2)Chapitre 26 sur 149 · Neophloga Catatiana Beccari · texte numérisé non relu

Neophloga Catatiana Beccari

Dypsidium Catatianum Baïllon, loc. cit., 1894, n° 148.

Neophloga Catatiana Beccari, loc. eit., 1906 et 1912 (dans Palme del Madagascar, p. 28, fig. 21, pl. XXVH).

Neophloga indivisa Jum. et Perr. de la Bâthie, Palmiers de Madagascar, in Annales du Musée colonial de Marseille, 1913, p29, 09;

L'espèce qu'ont décrite Baillon, puis Beccari, était toujours à quatre segments foliaires ; c’est ce qui nous a fait désigner plus tard comme espèce différente, sous le nom de Veophloga indieisa Jumelle et Perrier de la Bâthie, un Palmier à hmbes tous simples (n° 11 974) récolté par M. Perrier de la Bâthie en septembre 1911 dans le bassin de Matitana, vers 1 000 mètres d'altitude. Mais, depuis lors, parmi les très nombreux échantillons de N. Catatiana que nous avons pu examiner, nous en avons trouvé un (n° 11 999) recueilli par M. Perrier de la Bâthie dans ia forêt d’Analamazaotra, vers 800 mètres, qui présente, réunies sur le même pied, des feuilles pluriséquées et deux feuilles à Hmbe simple : or, nous croyons pouvoir rapprocher ces dernières de celles de notre Neophloga indivisa, qui serait alors la forme vridivisa du Neophloga Catatiana.

Ce Neophloga Catatiana est un petit Palmier assez commun dans l’Est de Madagascar. [l atteint au plus 1 m. 30 de hauteur et semble à tronc presque toujours isolé, sans rejets, de 5 à 6 millimètres de diamètre, avec entre-nœuds nombreux, de 6 à 12 millimètres de longueur, et 4 à 6 feuilles.

Ces feuilles, de 20 centimètres environ, y compris le pétiole, qui a de 1 à 3 centimètres, peuvent donc être quelquefois formées d’une seule lame obtriangulaire et peu échancrée, Péchancrure ayant 6 à 9 centimètres de profondeur sur un limbre de 17 à 25 centimètres de longueur sur 5 à 8 centimètres de largeur totale au sommet ; mais, plus souvent, elles sont pluriséquées et à segments assez larges, les latéraux triangulaires et souvent incurvés vers le rachis, très acuminés, les deux terminaux sensiblement de même forme et de même largeur, mais un peu plus courts et à sommet tronqué et dentelé, s’arrondissant vers l’extérieur. Les feuilles Jeunes sont rougeâtres quand elles sont fraiches.

Sur un même pied on peut trouver des feuilles à 4 segments et des feuilles avec 3 segments d’un côté et 2 de l’autre, parce qu’alors un seul segment correspond aux deux segments supérieurs de l’autre côté, et aussi, quoique très rarement, puisque nous ne l’avons constaté qu'une fois, des feuilles formées d'une

seule lame de 20 centimètres sur 8 centimètres. avec échancrure de 6 à 7 centimètres.

Sur d’autres plantes (c'est la forme cndivisa) toutes les feuilles sont à une seule lame échancrée.

Sur d’autres encore, toutes les feuilles sont à 6 segments, les deux médians étant les plus larges (10 centimètres sur 2 centimètres), les extrêmes avant 6 centimètres sur 1 em. 5.

Sur certains pieds, il v a à la fois des feuilles à 6 segments et des feuilles à { segment d’un côté et 2 segments de l’autre.

On trouve également sur un seul pied des feuilles à 7 segments, dont 3 d’un côté et 4 de l’autre, les deux médians très étroits, et des feuilles à 8 segments, dont 4 d’un côté et 4 de l’autre, les deux médians encore très étroits.

Mais, le plus souvent — et c’est la forme type — les feuilles sont à 4 segments.

La gaine, longue de 4 à 5 centimètres, est tubuleuse, sur-

montée d’une petite languette oppositipétiole, roussâtre, scarieuse et frangée, qui correspond aux deux petites dents laté rales de la gaine ouverte. Cette gaine est revêtue de squamules laciniées rousses qu'on retrouve sur le pétiole et sur le rachis. Le pétiole est convexe en dessous et en gouttières en dessus.

Dans les feuilles à limbe simple, le pétiole est très court (à peine { centimètre) et la lame a les dimensions déjà indiquées plus haut. }

Dans les feuilles à 4 segments, les segments latéraux ont de 10 à 13 centimètres de longueur, sur 2 em. 5 de largeur, avec 4 ou 5 fortes nervures saillantes sur la face supérieure, la face inférieure étant parsemée, sur toutes les nervures, de très fines

quamules rougeâtres ; la lame terminale formée par les deux

segments supérieurs à 7 à 10 centimètres de longueur sur 4 em. 5 à 6 centimètres de largeur au sommet, son échancrure avant » à 7 centimètres de profondeur, et les deux segments qui la forment, à peine plus décurrents sur le rachis que les segments latéraux, ont 7 à 9 centimètres sur 1 em. 5 à 2 centimetres.

Les inflorescences sont ordinairement simples, très excep-

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DS Wen jt,

LES NEOPHLOGA, PALMIERS DE MADAGASCAR 23 tionnellement à deux épis, comme nous l'avons vu une fois sur un échantillon (n° 11 948) des bois de Masoala. Le spadice a de 13 à 14 centimètres de longueur, avec une partie florifère de 5 centimètres environ. Les deux spathes sont striées, rougeâtres, parsemées de squamules laciniées, l’inférieure ayant de 5 à 7 centimètres et la supérieure la dépassant de 2 à » centimètres.

La bractée axillante de chaque glomérule est petite, concave et triangulaire. Les boutons mâles et femelles sont presque globuleux. La fleur mâle est à trois sépales peu carénés et non éperonnés, ciliolés ; les pétales sont largement ovales, presque aussi larges que longs, au moins deux fois plus longs que les sépales, triangulaires au sommet : les six étamines sont à anthères petites et courtes, avec un assez large connectif. La fleur femelle est à sépales concaves, largement ovales, obtusément carénés sur le dos ; les pétales sont environ deux fois plus longs que ces sépales, triangulaires au sommet ; 11 y à six petites staminodes :

: l'ovaire est subglobuleux, trigone, avec trois stiemates d’abord terminaux, puis rejetés sur le côté, et alors l'ovaire est gibbeux.

Nous avons vu sur quelques glomérules — ce qui est toul à fait exceptionnel dans ces Palmiers — deux fleurs femelles, et une fleur mâle latérale.

Les fruits, à stiomates basilaires, sont, lorsqu'ils sont mûrs, ovales-elliptiques, de 12 à 13 millimètres sur 6 à 7 millimètres : ils sont d’un rouge vif.

Est : Forêt de Didy (Catat, Herbier du Muséum de Paris, 1732). — Forêt d'Analamazaotra, vers 800 mètres d'altitude, aux confins du Centre (Perrier de la Bâthie, juillet 1915, 11 999 ; septembre 1913, 11 996 ; décembre 1913, 11 995 ; février 1912, 11 980 : sans date, 11 998). — Forêt d’'Ambatovola, sous-bois, vers 500 mètres (Perrier de la Bâthie, 11 997). — Bois du versant oriental du massif d'Andringitra, près de l’'Thovika, dans le bassin du Matitana, vers 1 000 mètres, sur les gneiss ; forme indivisa (Perrier de la Bâthie, septembre 1911, 11 974).—- Bois sees de Masoala, vers 500 mètres (Perrier

de la Bâthie, octobre 1912, 11 948). — Forêt d’Amalanazaotra (Viguier et Humbert, 1912, 1 084).

Nous trouvons dans l'Herbier Perrier de la Bâthie, sous le n° 12 026, un petit Palmier récolté en novembre 1912 aux environs du Tsaratanana, dans les forêts à sous-bois herbacé à 1 200 mètres d'altitude, et dont les feuilles sont à 4 segments absolument semblables aux précédents et les épis (dont toutes les fleurs sont tomhées) courts et simples. Mais les feuilles sont au moins deux fo's plus grandes que dans tous les exemplaires plus haut décrits, puis le Palmier pousse en touffes. Nous ne pouvons donc le rapporter qu'avec un léger doute au NV. Catatiana.

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