‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 2)Chapitre 44 sur 149 · DE L'AFRIQUE ÉQUATORIALE PAR M. A. BAUDON · texte numérisé non relu

DE L'AFRIQUE ÉQUATORIALE PAR M. A. BAUDON

Administrateur des Colontes

L'exploitation méthodique des ressources de nos colonies pour aider au relèvement économique de la France fait toujours l’objet de discussions nombreuses, mais il est regrettable de constater que depuis des années on n’a guère abouti à des solutions pratiques. Il faut toutefois reconnaitre que, si les résultats n’ont pas été très importants dans l’ensemble, il y a eu néanmoins des réalisations intéressantes du côté de l’exploitation des bois, par exemple. Grâce à une propagande active, tant de la part des administrations coloniales, dans les expositions et foires, que de celle des exploitants forestiers, ils sont de plus en plus utilisés en France, en Europe et même en Amérique. D’autres produits, du plus haut intérêt, devraient également retenir l’attention, car ils trouveraient certainement des débouchés et constitueraient une source de revenus appréciables à la fois pour la Métropole et pour les pays producteurs.

Parmi ces produits une mention spéciale doit être réservée aux graines oléagineuses ; et il convient, en effet, de noter que emploi de ces graines grasses s’accroit sans cesse et que l’industrie des corps gras a une tendance marquée à utiliser de plus en plus pour l’alimentation des huiles réservées autrefois à la savonnerie et à la stéarinerie. D'autre part, l’augmentation de la fabrication des graisses alimentaires d’origine végétale, très développée à l’étranger, s’organise de plus en

(o] A. BAUDON

plus chez nous, ce qui tend à diminuer nos importations de «compound lard» de composition inconnue, créant ainsi un débouché nouveau pour les oléagineux de nos possessions.

Les colonies que nous possédons en Afrique tropicale occidentale sont susceptibles de répondre à des demandes importantes lorsqu'on connaïitra mieux leurs ressources et qu'on aura organisé la récolte et l'exportation des oléagineux autres que ceux actuellement exploités.

L'étude des graines oléagineuses de ces régions a été amorcée depuis longtemps, car, à maintes reprises, on a tenté l’importation, tant en France qu’à l'étranger, de lots de graines diverses connues des indigènes, lesquelles ont été soumises à des essais de laboratoire. Toutefois, ces envois ayant été faits sporadiquement, ceux qui auraient été intéressés à les utiliser n’ont pu s’en procurer régulièrement et ont dû renoncer à s’en servir. Pour qu’un produit puisse retenir l’attention du commerce ou de l’industrie il faut que sa production soit abondante et régulière, ce qui, jusqu’à présent, n’a pas été réalisé pour les oléagineux dont nous allons parler. Tout l'effort s’est porté sur les arachides, l'huile et les amandes de palme et l’on a négligé d’autres graines qui auraient pu aussi trouver une utilisation si on avait fait le nécessaire. Une excuse à cela c’est que, avec les seuls produits exploités, le commerce gagnait beaucoup, que ceux qu’on proposait étaient mal connus, ce qui pouvait être une gène pour des transactions régulières. A l'heure actuelle, les conditions étant changées, il n’est peutêtre pas inopportun de s’en occuper à nouveau. Les documents que nous possédons sur les graines dont on pourrait avantageusement tirer un parti sont bien insuffisants, mais il y aurait lieu d’en reprendre l’étude systématique en procédant comme on l’a fait pour l’étude des bois au cours de ces dernières années. Lorsque, par des essais méthodiques, on aura déterminé les caractéristiques chimiques des huiles produites, ce qui permettra de connaitre leurs possibilités d'utilisation, 1l y aura lieu de procéder, dans les différentes colonies, pour les espèces retenues, à une prospection, afin d'établir approxima-

tivement les quantités dont on pourrait éventuellement disposer. Ces recherches locales aboutiront à établir l'aire de répartition des plantes, les époques de floraison, de fructification et par suite de récolte, cette dernière étant la plus importante au point de vue pratique. On déterminera ainsi les conditions dans lesquelles pourra se faire cette récolte, les difficultés qu’elle pourra présenter, les manipulations qu’elle entrainera, concassage pour briser le péricarpe ou dépulpage pour certaines, dessiccation, emmagasinage, transport, etc., autant de données qui seront nécessaires pour établir le prix de revient. Il apparaîtra à ce moment que certaines qui seraient intéressantes se conservent mal, ce qui empêchera leur exportation, puis que, pour d’autres, le rendement sera trop faible pour le poids de la matière première à transporter. On sera alors vraisemblablement amené à examiner s'il ne serait pas possible de traiter sur place certaines graines et de n’expédier que l'huile, opération qui, dans certains cas, pourrait être très avantageuse. En effet, alors que les tourteaux constituent souvent un sous-produit peu intéressant en Europe, voire même encombrant, ils pourraient au contraire être très utiles aux colonies où ils pourraient servir soit pour l’alimentation des animaux, soït comme engrais, puisque ceux-ci font défaut partout. Il y a là, ainsi qu'on le voit, des questions qui méritent de retenir l'attention d’une facon toute spéciale et qui doivent être étudiées dans chaque cas, la solution pouvant différer suivant les régions. Il apparait qu’à l’heure actuelle, et nous insistons sur ce point, la baisse du prix de vente du caoutchouc sylvestre, conséquence du développement des plantations et de la raréfaction de plus en plus grande des plantes spontanées, fait que les possibilités d'exploitation des oléagineux africains présentent une importance particulière pour nous. Il ne faut pas croire, du reste, que les résultats seront immédiats, car, outre les recherches préalables à faire, il sera nécessaire d'organiser l'exploitation ; on pourrait néanmoins fournir rapidement un tonnage appréciable de certaines graines parmi les plus connues et les plus répandues,

telles que Powala (Pentaclethra macrophylla), mais 1l sera indispensable, pour arriver à une exploitation rémunératrice, tant pour les récolteurs que pour le commerce, qu’elle porte sur le plus grand nombre possible d'espèces. Assuré d’un gain intéressant, l’indigène se mettra sans trop de répugnance à ce travail. Cette facon de procéder aurait l'avantage de remédier à l’irrégularité de répartition des essences, très dispersées dans la forêt, d'assurer une production plus importante et se répartissant sur une plus longue période de temps. Certaines espèces, telles que les Sapotacées, ont une période de fructification très courte, alors que d’autres, les Guttifères, ont des fruits presque toute l’année. En procédant ainsi, on arriverait à obtenir un tonnage important, irrégulier en quantité par espèces, suivant les régions, mais qui finalement, du fait du groupement dans les ports d'expédition, pourrait répondre aux besoins de l’industrie. On peut se faire une idée des conditions dans lesquelles pourrait évoluer le commerce des graines oléagineuses nouvelles en voyant ce qui s’est passé pour le karité.

Le beurre de karité est un des corps gras employés par les indigènes qui est connu depuis le plus long temps. Tous les explorateurs en ont parlé ; et, reconnu comme susceptible d'utilisation en stéarinerie et aussi comme graisse alimentaire, on avait envisagé dès l’origine la possibilité de lexporter. L’éloignement des zones où végètent les arbres à karité, l'absence de voies de communication, ce qui rendait les transports très onéreux, l’irrégularité de la production, avaient entravé toutes les tentatives. Depuis la guerre les essais ont été repris ; et, la création de routes et de chemins de fer facilitant les évacuations vers la côte, les résultats obtenus sont très satisfaisants, au point qu’à l'heure actuelle la production ne suffit pas pour répondre à la demande. On peut donc prévoir que, pour les autres oléagineux dont l’exploitation sera reconnue avantageuse, on arrivera à des résultats analogues : hésitation au début, avec une production irrégulière et insuffisante, puis développement de cette production lorsque l’indigène s’y intéressera et connaitra mieux la répartition, dans la forêt, des

arbres producteurs, ce qui facilitera pour lui la récolte. [Il convient de noter aussi qu'actuellement beaucoup de graines, et non des moins riches, sont inconnues non seulement des commerçants, mais aussi des populations chez lesquelles se rencontrent les arbres ; il y aura donc lieu de les faire connaitre aux uns et aux autres.

Après ces quelques considérations d'ordre général, qui nous ont paru nécessaires, nous ne comptons pas reprendre l'étude complète des graines oléagineuses de l'Afrique tropicale susceptibles d'utilisation, mais nous préciserons les données connues en aidant à leur identification et, n us en ferons connaitre de nouvelles. Nous devons, au préalable, adresser nos re merciements à M. le Professeur Jumelle, quia bien voulu nous aider de ses conseils dans la préparation de cette étude.

Les graines oléagineuses susceptibles d’intéresser les industries des corps gras se répartissent entre diverses familles que nous examinerons séparément,

ASAPOTACÉES

La famille des Sapotacées est une de celles qui offrent le plus d'importance au point de vue production des graines oléagineuses. C’est à celle qu'appartiennent le Butyrospermum, ou Bassia Park, qui donne le beurre de karité, et bien d’autres espèces, tant africaines qu'asiatiques, exploitées ou exploitables. Les Sapotacées africaines dont nous voulons parler ici sont de grands arbres de la forêt, à l'exception toutefois du Butyrospermum Parkti, quise trouve dans la zone soudanienne, où 1l est à l’état semi-cultivé dans certaines contrées.

BUuTYROSPERMUM Kotschy.

L’espèce intéressante de ce genre est le Putyrosperrum Parkii Kotschy (ou Bassia Parkii Don).

Nous n’insisterons pas sur cet arbre, qui, ainsi que nous venons de le dire, se trouve dans les régions de l’intérieur, très

loin de la côte. Ses graines sont parmi celles qui sont les plus connues et le beurre a fait l’objet d’études nombreuses et très complètes. Les conditions dans lesquelles 1l végète, parmi des herbes et arbustes, font que la récolte des graines est facile. D'autre part, la multiplication des arbres serait assurée en préservant les jeunes plants contre les feux de brousse ; malheureusement, la mesure, simple par elle-même, est d’application difficile. Le développement des moyens de communication contribuera à rendre possible une exploitation de plus en plus intensive des karités, car de nouvelles régions seront ainsi susceptibles de devenir exportatrices, surtout si on arrive à diminuer les tarifs de transport par chemin de fer. Il convient toutefois de ne pas oublier que la fructification des Butyrospernum est irrégulière, une année de forte production étant suivie de deux années de rendement faible. Il s’ensuivra une certaine irrégularité des exportations, inconvénient que l’extension des zones de production tendra à réduire.

BAILLONELLA Pierre.

Les Paiilonella, dont on connait deux espèces, sont en quelque sorte les similaires du Butyrospermum pour la région des forêts, car, comme lui, ils fournissent une huile concrète consommée par les indigènes et qui est susceptible d’être exportée. [ls sont l'exemple le plus typique de l'incertitude de nos connaissances sur les plantes productrices de graines oléagineuses en Afrique ; et les nombreuses études publiées à leur sujet ne paraissent pas avoir mis complètement la question au point.

Le Bassia Djave fut mentionné d’abord par de Lanessan (1), qui n’en connut que la graine, qu'il décrivit. Il en fut ainsi pendant plusieurs années, et Pierre lui-même (2), malgré ses demandes réitérées, ne put obtenir de documents précis. La

) DE LANESSAN, Plantes utiles des colonies françaises, Paris, 1886. ) Pierre, Notes boianiques. Sapotacées.

plante a été décrite d’abord par Engler (1), qui en donna ensuite une série de figures (2) pouvant servir de base pour les recherches ultérieures. M. A. Chevalier (3), après avoir donné une nouvelle description du Baillonella toxisperma, en rejetant, pour des raisons qu'il explique, le nom de Baillonella Djave, reproduit la correspondance de Pierre avec le R. P. Klaine, son fidèle correspondant, de laquelle il ressort que dans les envois qui furent faits il y avait des graines de djavé (Baillonella toxisperma ou Baillonella Djave) et des graines de noungou, qui appartiennent au genre Tieghemella, devenu le genre Dumoria. l'incertitude qui a régné, et qui règne encore dans certains cas, sur l’origine des graines envoyées d'Afrique provient de ce que, les envois n'étant pas accompagnés d’échantillons botaniques, l'identification est impossible, car les graines ne sent pas toujours les mêmes. Les noms indigènes qui ont servi souvent pour les identifications ne peuvent pas, en général, donner d'indications précises ; plusieurs espèces voisines, mais que les Noirs ne distinguent pas, peuvent porter le même nom. On peut considérer actuellement que le B. Dave est nettement défini, mais il reste par contre quelque incertitude en ce qui concerne le B. obovata Pierre (Mimusops obovata Engl. et Mimusops Pierreana Engl.).

Alors que la première espèce est signalée au Cameroun et dans l’Ogooué, l’autre a été trouvée par M. H. Lecomte dans la région de Loango. M. A. Chevalier, dans les observations qui suivent sa description du Baillonella toxisperma, dit, en effet : «Se nomme »roabi en langue bayaka. D’après Engler, Île moabi de Loango recueilli par Lecomte serait une autre espèce, le Mimusops Pierreana Engler, qui se différencie par des feuilles obovales lancéolées. Il est très probable que les deux plantes appartiennent à la même espèce, car nous avons observé de grandes variations dans la forme des feuilles du #2. fox1s-

(4) EnxGzer, Pflanzenfamiulien, Nachträge.

(2) Exczer, Die Pflanzenwelt Afrikas.

(3) A. CHEVALIER, La forêt et les bois du Gabon.

perma. Jusqu'à ce qu'une nouvelle enquête permette de trancher la question avec certitude, nous considérons donc le moab! du Mayumbe comme identique au moabhi de lOgooué». Nous estimons que, contrairement à ce que pense M. Chevalier, l’on doit regarder les deux espèces comme cifférentes. Lorsque Engler a décrit le NW. Pierreana, il ne possédait pas de fleurs et il s’est basé sur des rameaux feuillus et des graines, en indiquant que la forme des feuilles est différente de celles des feuilles de djave, ce que marque le terme obovata de Pierre ; puis il figure la nervation et la réticulation, qui sont bien différentes dans les deux espèces, et il insiste sur ce caractère, qui constitue un élément de comparaison facile à examiner. Nous noterons à ce propos qu'ultérieurement Dubard (1) a insisté sur les différences du feuillage chez les Sapotacées pour l'étude de cette famille. Il est exact, ainsi que l'indique M. A. Chevalier, que les feuilles des Baillonella présentent de très grandes différences : toutefois, dans Îles arbres adultes elles sont toujours identiques. C’est donc cellesc1 qu'on doit examiner, et non celles de jeunes sujets chez lesquels elles varient énormément de taille. Dans les jeunes arbustes de B. obovata, la tige noirâtre est recouverte d’un épais tomentum roux, les feuilles sont obklongues, plus ou moins longuement acuminées au sommet, glabres, à l’excepton de la nervure médiane, qui. en dessous, porte des poils roux plus ou moins nombreux : leurs dimensions sont en moyenne de 27 centimètres de long. 6 centimètres de large avec 2 em. » pour le pétiole. Pour un arbre de 6 à 8 mètres de hauteur, la forme et les dimensions des feuilles changent complètement. Elles deviennent obovales-elliptiques, atteignant 50 centimètres de long pour 10 de large, avec un pétiole de # centimètres : le limbe se rétrécit graduellement à partir du tiers supérieur, pour se terminer en acumen long et grêle. Elles sont encore glabres, mais les poils, sur la nervure médiane,

(1) Duparp, Les Sapotacées du groupe des Sideroxylinées-Mimusopées. Annales du Musée Colonial de Marseille, 1915.

deviennent beaucoup plus nombreux et ils apparaissent sur ies nervures secondaires. Le pétiole, très épaissi à la base, est, lui aussi, pourvu d’un épais tomentum roux, de même que les nombreuses bractées qui se trouvent à l’extrémité des rameaux, lesquels sont aussi densément couverts du même tomentum, formant un véritable feutrage, qui disparait ensuite, en même temps que les bractées tombent, le tout s’écaillant peu à peu. Les feuillages des arbres adultes diffèrent encore, et cela d’une facon très marquée. Les feuilles ont seulement 20-25 centimètres de long pour 7 à 8 de large, en comptant le pétiole, qui a 4 centimètres environ ; elles sont nettement obovales, en coin à la base, arrondies au sommet, avec un court acumen obtus de 3-4 millimètres de long. Le limbe est glabre en dessus, mais la nervure médiane, qui est en creux, et les secondaires sont recouvertes de poils roux. En dessous existe un feutrage roux, dense, qui recouvre aussi le pétiole. La nervure médiane et les secondaires sont très saillantes en dessous ; elles sont au nombre de 25-30 de chaque côté et forment un angle de 50° environ avec la médiane. Elles sont anastomosées en arc près du bord, lequel est replié en-dessous sur un millimètre environ. Le limbe est assez coriace. Peu après le commencement de la saison des pluies toutes les feuilles tombent, et c’est à ce moment (du moins dans le Haut- Ogooué) que se produit la floraison, qui a lieu en septembre. Eile est extrêmement abondante, quoique très variable d’une année à l’autre, mais il tombe beaucoup de fleurs.

Si on compare cette description avec celles données par Engler, tant pour le Wimusops Djave que pour le W7. Pierreana, on voit que, pour le premier, l’auteur allemand donne 4 centimètres de long pour le pétiole, 16-39 centimètres pour le limbe avec 9-7,5 de large et 3-7 millimètres pour l’acumen, 35 à 40 nervures, et que, pour le NW. Pierreana, ces chiffres sont : o centimètres pour le péticle, 12 à 20 sur 5 à 8 pour le limbe, avec 25-30 nervures. L'espèce décrite par M. A. Chevalier est done bien le Baillonella Djave, ce qui est normal, puisqu'elle a été récoltée dans le Bas Ogooué. Nous avons insisté tout

particulièrement sur les caractères de la feuille, car ce sont ces feuilles qu’on trouve le plus aisément : de plus, elles peuvent donner très facilement des indications sur l’espèce rencontrée, les caractères de la fleur et du fruit apparaissant comme moins nets. Ainsi que nous l’avons indiqué, la floraison des Baillonella a lieu après le début de la saison pluvieuse, alors que les feuilles sont déjà tombées. On peut toutefois trouver des arbres ayant de jeunes feuilles en même temps que des fleurs. Celles-ci sont groupées aux extrémités des rameaux. Les fleurs de P. obovata n'ayant pas été décrites, à notre connaissance, nous allons le faire en nous basant sur celles que nous avons recueillies dans le Haut Ogooué, où ces arbres sont communs. Le pédoncule, densément pubescent, a 3 centimètres de long : 1l est fort, recouvert d’un épais tomentum roux, identique à celui qu'on trouve sur les feuilles. Les sépales, de 8 millimètres de long, 4 de large, sont ovales, très acuminés, recouverts, à l'extérieur, de longs poils roux, glabres en dedans : les pétales ont 7 millimètres sur 4, ils sont ovales, mais moins aigus au sommet que les sépales : les staminodes et les étamines sont identiques à ceux de B. Djave ; les anthères ont 2 millimètres de long. L’ovaire, densément couvert de poils roux, à à millimètres de long, et est surmonté d’un style de 2 millimètres. Le fruit est une drupe globuleuse, avec un fort pédoncule : il est apiculé au sommet et peut atteindre 10 centimètres de diamètre. Verdâtre extérieurement, avec un péricarpe mince, cette drupe est formée par une pulpe molle, jaune, à odeur caractéristique assez forte, plutôt désagréable ; est elle comestible et les indigènes la consomment, ainsi que certains animaux. Elle renferme une à trois graines oblongues, comprimées latéralement, luisantes à l’état frais, mates ensuite, de couleur plus ou moins foncée, portant une cicatrice longue et rugueuse avec un omphalodium très court. Le plus souvent, 1l n’y a qu’une graine par fruit. Lorsqu'il y en a deux ou trois, elles sont plus petites et de forme irrégulière. Les mensurations et les pesées faites sur des graines récoltées depuis un mois environ ont donné les chiffres suivants :

PLANTES OLÉAGINEUESS DE L'AFRIQUES ÉQUATORIALE 15

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