‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 2)Chapitre 45 sur 149 · RE · texte numérisé non relu

RE

LONGUEUR| LARGEUR [éparsseur| POIDS | 4ypanpre |PUURCENTAGE total de l'amande mm. mIn. nm, CT. gr.

Moyennes 7.152 31 24 13 8 61 Mama re HART 359 29 1S25 OS H'OP , , Minima.

En dehors des dimensions, la forme des graines est, au reste, très variable ; et, si on en comparait certaines, on les considérerait comme appartenant à des espèces différentes du type. Mais, comme on trouve entre ces formes extrèmes des intermédiaires nombreux, il est difficile de faire état des différences constatées. Il faut tenir compte que la documentation dont nous disposons est assez réduite, ce qui ne permet pas de faire état, faute de pouvoir les caractériser, des espèces Jordaniennes qui constituent les formes de transition. Les fruits arrivent à maturité à mi-janvier et ils commencent à tomber à ce moment. Abandonnées sur le sol, en cette période extrêmement humide, les graines ne tardent pas à germer, le tégument de la graine se fendant au sommet pour laisser passer la radicule.

Cette rapide germination ne sera pas, au pot de vue exploitation, sans présenter des inconvénients, car elle obligera à une récolte très rapide. Les indigènes, qui apprécient beaucoup le beurre de djave, font la récolte au début de février. Ils ramassent les graines, qu’ils débarrassent sur place de la pulpe, les mettent à sécher dans les cases sur des claies placées au-dessus du feu, puis brisent la coque et ne gardent que les amandes qui, placées dans des paniers, sont conservées dans les mêmes conditions.

Ces précautions sont indispensables car les graines moisissent rapidement.

Pour obtenir la graisse, on procède à peu près partout de la même manière: Les graines sont pilées au mortier, triturées

dans l’eau chaude, sur laquelle on écume, après refroidissement, une graisse blanche, de goût assez agréable, quoique légèrement amer. Cette amertume est toujours beaucoup plus accentuée lorsque la matière grasse a été obtenue par pression directe, au lieu de l’extraction par trituration dans l’eau, celle-ci devant entrainer une partie du principe amer. Avant d'aborder l'examen de l'aire de répartition des Pailloneila, nous croyons devoir mentionner, à l'appui de l’opinion émise que le B. Djave est différent du B. obovata, que, outre les caractères botaniques que nous venons d'indiquer, les corps gras extraits des graines présentent eux aussi des caractéristiques permettant de les distinguer. Nous relevons dans louvrage de M. H. Jumelle sur Les Huiles végétales, les indications ci-dessous :

B. Djave B. obovaia Poids®spécifique #41" 0,914 à 0,917 0,894 Pointide fusion ere 440,5 à 440,6 320 à 340 — solidification ... 380,8 260 à 250 Indice de saponification . 182 à 190 238 — Élennere ee 94,2 à 96,1 88,2 Fusion des acides gras ... 460,5 à 910 450 à 460

Ainsi qu'on peut le voir, l'analyse chimique confirme les données botaniques et permettrait, le cas échéant, de se rendre compte de la provenance d’un envoi.

Il est assez difficile d'indiquer d’une facon absolument p'écise l'aire de répartition des deux espèces, mais on peut néanmoins, en se basant sur les renseignements fournis par différents auteurs, la fixer approximativement. Le B. Djave se rencontrerait à partir du Bas Niger, dans toute la grande forêt du Cameroun et du Gabon; au contraire le BP. obovata ou Mimusops Pierreana Engl. serait l’arbre de la région dite du Mayumbe et de celle du Haut Ogooué, régions dans lesquelles existent aussi des forêts, mais où il y a de très vastes clairières. Au Congo Belge les Baïllonella ne semblent pas avoir été mentionnés en dehors du Mayumbe. M. de Wildeman indique

seulement, d’après de Briey (1), le M. Djave à Ganda Sundi, avec, comme nom indigène, moabt ; mais la description sommaire qui en est donnée correspond à celle du B. obovata.

Les Baillonella sont de très grands arbres qui ne végètent que dans la forêt, mais dans des terrains assez divers et dans des conditions de milieu différentes. On les trouve, en effet, aussi bien dans les terrains secs, sur les pentes des hauteurs, que dans les endroits humides, mais non inondés. Producteurs d’une huile concrète intéressante pour l’industrie, ils peuvent aussi fournir un beau bois utilisable pour les charpentes et pour l’ébénisterie, mais très lourd. Il est du reste exploité au Gabon sur une petite échelle. À ce point de vue, on peut se poser pour cet arbre, comme pour certains autres qui peuvent fournir et des bois et des graines oléagineuses, la question suivante : doit-on en tolérer ou en interdire lPabatage dans les règlements forestiers ? La solution doit évidemment différer suivant les cas : dans la région côtière, où se pratique normalement l'exploitation des bois, l’abatage, tout en étant réglementé, doit être autorisé ; partout ailleurs, elle doit être strictement interdite, en particulier dans les endroits où l’abatage est fait en vue de créer des plantations.

Nous avons indiqué précédemment que, une fois tombées à terre, les graines germent très rapidement ; aussi les Jeunes arbres ne sont-ils pas rares, et ils sont disséminés un peu partout, les indigènes rejetant les graines en bordure des sentiers, après avoir consommé la pulpe des fruits. Les jeunes arbustes croissent rapidement, et, après cinq mois de semis, nous en avons trouvé qui, en bordure d’une route en forêt, atteignaient 45 centimètres de haut. Dans la suite, la croissance se continue rapidement ; néanmoins, 1l faut compter une vingtaine d'années avant que l’arbre ne commence à fructifier. Etant donné la valeur de cette essence, elle est parmi celles qui devraient être propagées là où on voudrait reconstituer la forêt.

(1) DE WiLpEMAN, Mission forestière et agricole du Comte Jacques de Briey au Mayombe (Congo belge).

Après avoir précisé les caractères des deux Paillonella qui se rencontrent dans la zone équatoriale de l’Afrique occidentale, nous croyons utile de faire ressortir l’intérêt que présenterait l'exportation de leurs graines.

Utilisées par les indigènes, qui, par des moyens primitifs, en obtiennent une huile comestible, on peut, en les traitant par les méthodes en usage dans l’industrie, retirer, d’après M. H. Jumelle, du BP. Djave 60 à 68 p. 100 d'huile et du B. obovata 45 à 50 p. 100 seulement. Les rendements obtenus sont, en fait, très variables. D’un échantillon de graines de PB. obovata du Haut Ogocué on a retiré 65 p. 100 d’une huile qui présentait les caractéristiques suivantes :

POINTE AUSIONER EP EN CERN R 320 à 340 PL SONAINICALIONE Er M CPE UT EE 300

TndiCerdrACIANE RP M RE RE 6

InSaponifable ME NP METRE RE #,80

Cette huile, quoique concrète, reste à l’état pâteux : elle se prêterait donc parfaitement à la fabrication de graisse végétale alimentaire, l’amertume qu’elle présente pouvant s’éliminer facilement.

Envoyées d’abord par les premiers explorateurs, parmi beaucoup d’autres, les graines de djave avaient été signalées par eux surtout comme une source de matière grasse utilisée par les indigènes. Nous avons toutefois relevé dans À. Marche (1) la phrase suivante qui montre qu’en 1877, époque à laquelle 1l se trouvait au Gabon, on avait déjà envisagé la possibilité de leur exportation : «Les graines oléagineuses : le n'dyavi, le noumga, le dica, la noix de palme, etc., ne peuvent vraiment pas se compter comme objets de commerce, étant donné la quantité minime qu’on en exporte». A cette lointaine époque, on ne connaissait pas l’arbre producteur et 1l eût été vraiment prématuré de songer à l’exploiter : depuis, la situation n’a pas beaucoup changé pour des

(1) A. MARCHE, Trois voyages en Afrique Occidentale.

causes diverses. L'Afrique Equatoriale, pays du caoutchouc sylvestre, fournissait du caoutchouc, des bois dans la région côtière et c'était tout ; on en sort en outre actuellement des palmistes en petite quantité, un peu d'huile de palme, le caoutchouc conservant néanmoins le premier rang comme importance. Celui-ci ayant beaucoup diminué de valeur, alors qu'il se raréfie de plus en plus, ce qui fait que sa récolte devient plus pénible, en même temps qu’elle est moins rémunératrice, on est amené à rechercher d’autres produits pour le remplacer, et les graines de djave-moabhi paraissent pouvoir répondre à ce besoin. Arrivant à maturité au début de l’année, époque où l’indigène a besoin d’argent, les Noirs peuvent, hommes, femmes et enfants, ramasser ces graines sans aucune difficulté et trouver ainsi un moyen de gagner ce dont ils ont besoin. La récolte, la préparation, l'expédition ne demandent qu'un minimum de travail, la seule précaution à prendre étant la dessiccation des graines, d’abord pour les empêcher de germer, ensuite pour qu’elles ne moisissent pas. L’emballage et l’expédition par les commerçants ne sont pas plus difficiles. On manque, ainsi que nous l’avons dit, de données précises sur l'abondance et la répartition des Baïllonella dans les forêts. Ils sont connus des indigènes, mais jamais on n’a cherché, le besoin ne s’en étant pas fait sentir, à se documenter sur leur abondance ; l’eût-on fait qu’il est vraisemblable que les renseignements obtenus auraient été très vagues. Volontairement Pindigène a tendance à tromper l’Européen qui lui demande des renseignements sur les produits de la forêt, on pourrait même dire sur une question quelconque ; aussi faut-il se montrer très circonspect avant de faire état de leurs indications. On admet généralement que ces arbres sont rares et très irrégulièrement répartis, ce qui n’est pas absolument exact. Les grands arbres de la famille des Sapotacées, Batllonella, Dumoria, Autranella ne sont pas évidemment parmi les plus communs ; cependant on en trouve beaucoup. Il faut toutefois être assez habitué pour, à première vue, les distinguer les uns des autres. Il semble que l'exploitation des Zaillonella pour-

rait se faire d’une façon avantageuse, si on y intéressait le commerce et si l'Administration intervenait pour inciter les indigènes à récolter ces graines à l’époque voulue ; et il n’apparait pas excessif de demander cette intervention, puisqu'elle est de pratique courante pour le caoutchouc et qu'elle se produit en maintes circonstances pour aider le commerce. On arriverait à des résultats rapidement, la prospection des forêts devant avoir comme conséquence l’accroissement de la production. Il y aura lieu toutefois d’examiner pour ces graines, comme pour certaines autres, s’il n’y aurait pas avantage à extraire l'huile sur place plutôt que d'exporter les graines.

Dumortïra A. Chev.

Le genre Dumoria, créé par M. A. Chevalier pour une espèce de la Côte d'Ivoire, le D. Heckeli, comprend actuellement deux espèces : ce 1. Heckeli et le D. africana qui se rencontre du Cameroun au Congo. Les graines de Dumoria furent d’abord seules connues, comme pour le djave. Elles furent d’abord décrites par Pierre, qui créa pour elles le genre Tieghemella et lPespèce T. africana. Ultérieurement cette espèce fut rapportée au genre Dumoria par M. À. Chevalier, changement qui fut approuvé par M. Dubard (1), ces deux auteurs donnant les raisons qui les ont amenés à fusionner les deux genres. Le premier publia, comme pour le djave, la correspondance échangée entre Pierre et le R. P. Klaine au sujet du 2). africana.

Le D. africana est un très grand arbre qui se rapproche beaucoup, comme aspect, du B. Dave dont il a le port. Il en diffère toutefois beaucoup par le feuillage, car ses feuilles sont petites, obovales, glabres, à nervation serrée. Nous n’avons pas eu l’occasion de rencontrer ces arbres en fleurs; par contre nous avons trouvé plusieurs fois des fruits et nous

4) Dusarp, Les Sapotacées du groupe des Sideroxylinées-Mimusopées, Annales du Musée Colonial de Marseille, 1928, 2.

avons donc pu récolter des graines. Les arbres que nous avons rencontrés dans le Haut Ogooué répondent bien au D. africana tel qu'il est décrit par M. A. Chevalier dans « Les bois du Gabon»; mais nous remarquons que la forme des feuilles est très variable et que sur le même rameau on en trouve qui correspondent à celles de l'échantillon décrit, tandis que d’autres sont oblongues, voire même elliptiques. Le fruit est aussi identique à celui décrit, mais certaines graines paraissent différer nettement du type. Voici donc la description des fruits que nous avons vus : Drupe de 10-12 centimètres, ovoide, toujours asymétrique et apiculée au sommet, vertjaunâtre, tournant au brun à maturité complète, lisse, renfermant une pulpe qui se rapproche de celle du djave. Pédoncule ligneux, fort, de 15-18 millimètres de long, 7-9 millimètres de diamètre. Une graine, rarement deux, par fruit, elliptique, plus ou moins allongée, à testa très dur, marron clair ; raphé très rugueux, sillonné ; omphalodium épais, long de 7 à 9 millimètres, large de 4 à 4,5, épais de 3 à 3,5. Dans les fruits à deux graines un des côtés est très aplati, de telle sorte qu’elles sont asymétriques, à extrémités plus pointues (n° 3851 Riv. Passa, décembre 1926).

A ces données, qui correspondent à la description de la plante au moment dela récolte, nous ajouterons des précisions sur les caractéristiques des graines :

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