ER LE
PIASSAVA DE MADAGASCAR pAR Mie AIMÉE DAMIANI
Le genre Vonitra est un genre de Palmiers spécial à Madagascar, et qui fut créé en 1906 (1) par Beccari pour l’espèce Dypsis Thouarsiana Baïllon, dont le botaniste italien fit l’espèce Vonitra Thouarsiana.
Baillon avait, en effet (2), fortement étendu le genre Dypsts, dans lequel rentraient des espèces à trois étamines et des espèces à six étamines, certaines de ces espèces étant, d'autre part, les unes à albumen homogène et les autres à albumen ruminé.
Aujourd’hui, tous les Dypsis sont des Palmiers à trois étamines et à albumen homogène, alors que les Vonitra sont à six étamines et à albumen ruminé.
En 1912, Beccari (3) créait une seconde espèce du genre : le Vonitra fibrosa.
Cette espèce toutefois ne fut pas admise par MM. H. Jumelle et Perrier de la Bâthie (4), quila rattachèrent au Vonitra
(1) Beccari ; Palmarum madogascariensium Synopis. Engler’s Beiblatt
- zu den Bot Jahrbüchern, XX XVII, fase. 3 (1906).
(2) Baïllon : Soc. Linn. Paris, n° 147.
(3) Beccari : Palme del Madagascar, 1912, p. 7, pl. :
(4) H. Jumelle et H. Perrier de la Bâthie : Palmiers de Madagascar. Annales du Musée colonial de Marseille, 1912, p. 5.
Thouarsiana. Par contre, il semble bien exact que l’ancien Dictyosperma fibrosum (Wright (1) est ce même Voritra Thouar-
siana. Jusqu'à ce moment il n’y a donc qu’une seule espèce
de Vonitra signalée.
Mais en 1913 (loc. cit.) MM. H. Jumelle et Perrier de la Bâthie décrivent une seconde espèce : le Vonitra crinita du Sambirano. Puis, plus tard, M. H. Jumelle crée deux autres espèces : le Vonitra loucoubensis de Nossi-Bé, qu’il mentionne une première fois en 1922 dans la « Revue de botanique appliquée » (2), et dont 1l donne une description plus complète en 1927 (3), et le Vonitra utilis, également mentionné dès 1927 (4) mais plus complètement décrit dans le même mémoire que le précédent (loc. cit.).
Au point de vue économique, les Vonitra offrent quelque intérêt, car ce sont certaines de leurs espèces qui fournissent le piassave, ou crin végétal, régulièrement exporté de Madagascar.
Pendant longtemps, l’origine exacte de ce crin a été ignorée. Non seulement on ne connaissait pas la plante productrice, mais on pensait que ces filaments provenaient des spathes du Palmier qui le donnait.
C’est M. Perrier de la Bâthie qui, le premier, a constaté que la partie de la plante qui le fournit est la partie de la gaine qui se continue par une très longue languette oppositipétiole.
Ces faits rappelés, nous nous sommes proposé d'entreprendre ici pour les quatre espèces de Vonitra actuellement connues l'étude anatomique de leurs feuilles qui n’a pas encore été faite. Nous avons pu, pour deux de ces espèces surtout, compléter cette étude en comparant les feuilles adultes avec les
(1) Wright : Madagascar Piassava. Kew Bull., 1891.
(2; H. Jumelle : Les Palmiers à crin végétal de Madagascar. Revue de botanique appliquée, 30 avril 1922.
(3) H. Jumelle : Les Vonitra, palmiers de Madagascar. Annales du Musée col. de Marseille, 1927.
(4) H. JumeLze : Les Palmiers à crin végétal de Madagascar. C. R. Acad. des Sciences, 11 juin 1917.
ve à PAU Ts