LACET ER CAN
épées à
feuilles de leurs plantules, dont nous avons, du reste, incidemment, examiné en même temps les autres organes.
Notre attention s’est, naturellement, particulièrement portée sur la structure anatomique de la languette oppositipétiole, car 1l nous devenait ainsi possible de comparer avec les faisceaux qu’on y observe la structure des filaments du piassave commercial.
Cette comparaison était d'autant plus utile, même nécessaire, que Sadebeck a bien jadis (1) décrit l’histologie de ce piassave malgache à l’occasion de son étude sur le piassave brésilien, mais sans avoir à cette époque une idée exacte de la provenance du crin de Madagascar.
Or, d’après les données fournies par M. Perrier de la Bâthie, deux espèces, le Vonitra Thouarsiana, de la côte Est de Madagascar, et le Voraitra utilis, du même versant, mais de la région plus intérieure, seraient & priori intéressantes.
M. Perrier de la Bâthie tend même à penser que le Vonitra utulis est celui qui donne le meilleur produit, quoiqu'il le donne, semble-t-il, en moindre abondance que le Vonrtra Thouarsiana. |
Quel est, en réalité, le grand producteur de erin malgache ? C’est ce que nous chercherons à établir ; mais nous ferons tout d’abord l’étude anatomique des feuilles en examinant successivement les Vonitra Thouarsiana, utilis, crinita et loucoubensis.
19 VONITRA THOUARSIANA.
On trouve cette espèce de Palmier sur le versant Est de Madagascar, dans la forêt littorale, aux environs de Vatomandry, puis sur le mont Vatovavy, ainsi que dans la forêt d'Analamazaotra. C’est le vonitra ambohitra, ou vonitra des collines, des indigènes.
Le tronc de ce palmier, plutôt grêle, à rejets, atteint 4 à
(4) Sadebeck : Ueber die sudamerikanischen Piassavearten. Berichte der deutschen botanischen Gesellschajt, 1902.
8 AIMÉE DAMIANI
8 mètres de hauteur et 10 à 12 centimètres de diamètre ; il est généralement ramifié.
Segments foliaires. — Sans insister sur la forme générale
et les dimensions des feuilles déjà connues et décrites, rap-
pelons que leurs segments, dont nous allons donner la struc-
LEZ Frc. 1, — Section transversale d’un segment foliaire de Vonitra Thouartiana : ep., épiderme, f. s., fibre scléreuses ; par., parenchyme ; g.s.p., gaine scléreuse péridesmique ; par. m., parenchyme méristélique ; b, boïs ; L, liber.
ture anatomique, sont rigides et ensiformes, nombreux, à peu
près équidistants, alternes, longs et étroits, de 50 à 60 centi-
mètres de longueur sur 2 à 3 centimètres de largeur. Ils sont à fortes nervures, dont une médiane et deux latérales: ilyen a deux autres plus faibles entre la médiane et ces deux laté- : rales ; et enfin de nombreuses autres nervures intermédiaires … parallèles, beaucoup plus fines, forment une striation régu-
lière bien visible, même sur la face supérieure.
Base du segment. __Si nous pratiquons une première section
transversale vers la base de l’un de ces segments, nous voyons
qu'au niveau de la nervure principale, dont la structure est particulièrement intéressante, les principaux caractères ana-
tomiques sont les suivants (fig. 1).
LE
Sous un épiderme à cellules plutôt petites, mais avec cuticule bien nette, est un parenchyme dont les cellules, dans la partie supérieure de la nervure, sont polygonales assez irrégulières, tandis que, sur les côtés de la méristèle, et surtout vers la face inférieure, elles s’agrandissent, en même temps que leurs parois deviennent plus sinueuses.
En outre, immédiatement sous l’épiderme, et intercalés à
ces cellules du parenchyme, sont de petits faisceaux scléreux
assez rapprochés, composés chacun de une à trois, ou, quelquefois, quatre files de fibres. A l’intérieur de ce parenchyme, la méristèle, qui occupe presque toute l’épaisseur de la nervure, est assez régulièrement ovale, arrondie inférieurement, plus étroite et vaguement anguleuse supérieurement.
L'ensemble des faisceaux libéro-ligneux qui constituent cette méristèle est entouré par une gaine scléreuse péridesmique, composée de sept à huit assises de fibres à parois épaisses avec une cavité très réduite.
Cette gaine atteint inférieurement l’épiderme, tandis que, sur la face supérieure, une dizaine d’assises de cellules parenchymateuses séparent son sommet de l’épiderme.
Les faisceaux libéro-ligneux sont assez nombreux : de cinq au minimum. [ls sont séparés entre eux par un parenchyme à cellules arrondies et à parois assez épaisses, mais non lignifiées. L'un de ces faisceaux, l’inférieur, est le plus grand :ilen est deux autres ou davantage, plus petits, qui lui sont superposés ; et enfin latéralement, entre le faisceau inférieur et celui qui est immédiatement au-dessus, en sont deux autres.
Chacun de ces faisceaux comprend, suivant ses dimensions, un ou deux groupes libériens, il y en a deux dans les grands et un seulement dans les petits.
Tous ces groupes libériens sont entourés de cellules seléreuses, légèrement plus petites que celles qui constituent la gaine péridesmique. Les vaisseaux du bois sont de dimensions variables, les uns très grands ‘et à section polygonale, les autres petits et à section arrondie.
Considérons maintenant, toujours à la base, la partie du
10 AIMÉE DAMIANI
limbe située de part et d'autre de la nervure. Les cellules des deux épidermes, en cette région, sont tout à fait semblables à celles de la nervure. Au contraire les cellules du mésophylle, qui est homogène, tout en étant encore polygonales, sont nettement plus grandes que les cellules du parenchyme de la nervure. Sous les deux épidermes, intercalés encore à ce parenchyme sont les mêmes faisceaux fibreux, et ici aussi assez rapprochés. Les méristèles qui, dans cette partie du limbe, avoisinent la grosse nervure, sont petites, à section arrondie ; la gaine péridesmique, qu'entoure un endoderme assez visible, est composée de deux à trois assises de sclérenchyme.
Sommet du segment. — Nous allons chercher les différences que peut présenter la structure anatomique du sommet du segment, comparée à celie du voisinage de la base. En fait, ces différences sont faibles. La méristèle est de forme à peu près semblable ; elle est seulement à sommet plus aigu, sans que d’ailleurs ce sommet vienne toucher l’épiderme supérieur. D'autre part, petite différence avec ce que nous avons constaté pour la base du segment, la partie arrondie et inférieure de cette méristèle est 1c1 séparée de l’épiderme par deux ou trois assises de parenchyme.
Les faisceaux libéro-ligneux sont moins nombreux et tous superposés, le plus grand se trouvant encore à la face inférieure.
Languette oppositipétiole (fig. 2). — Cette languette, longue au moins de 40 à 50 centimètres, est très épaisse et parcourue par de nombreux cordons libéro-ligneux, de couleur noire, bien visibles déjà à l’œil nu sur une section transversale.
A l’examen microscopique, l’épiderme apparait formé de toutes petites cellules à section rectangulaire, à cuticule nette, Le parenchyme, dépourvu de faisceaux scléreux, est à grandes cellules très allongées dans le sens de la largeur de la languette, polyédriques et sans lacunes.
Parmi les cordons libéroligneux (correspondant à des
di dite Tes dd
méristèles), les uns, très gros, occupent presque tout l’espace compris entre les deux épidermes, les autres,
- plus nombreux, sont beaucoup plus petits et séparés
des épidermes par une bien plus grande épaisseur de parenchyme. Mais, quelles que soient leurs dimensions, tous ces cor-
Fire. 2. — Section transversale d’une languette oppositipétiole de Vonitra Thouarsiana (mêmes abréviations que fig. 1).
dons sont à contours arrondis, légèrement ovales, car 1ls sont un peu plus larges que longs.
Leur gaine scléreuse, très épaisse, est formée de nombreuses assises de fibres, à cavité extrêmement réduite.
Cette gaine entoure un seul faisceau libéro-ligneux, dont le liber correspond à deux ilots libériens séparés l’un de Pautre et du bois par du sclérenchyme. Les vaisseaux du bois, à section polyédrique ou arrondie, sont plongés dans un tissu formé de cellules ligneuses à parois épaisses, mais, cette fois, à large cavité.
12 | AIMÉE DAMIANI
20 VONITRA UTILIS
C’est un Palmier de l’Analamazaotra producteur également de piassave comme le Vonitra Thouarsiana ; mais les deux espèces sont à première vue bien distinctes.
Le tronc du Vonitra utilis est plus élevé (10 à 15 mètres au lieu de 4 à 8 mètres), plus robuste et plus épais (33 à 35 centimètres de diamètre, au lieu de 40 à 20 centimètres) que celui du Vonitra Thouarsiana.
Ses jeunes feuilles sont vertes, et non rouges, et ses inflorescences sont beaucoup plus grandes et à épis ra plus longs que dans cette autre espèce.
Le tronc, qui est à rejets, est plusieurs fois bifurqué, annelé, grisâtre, assez tendre, et surmonté de feuilles de 5 à 6 mètres de longueur.
La gaine est longue de 70 centimètres à 1 mètre, et davantage, avec une longue languette oppositipétiole de 40 à 60 centimètres, qui est triangulaire et se dissocie finalement en longs filaments bruns comme dans le Vonitra Thouarsiana.
Segments foliaires. — Ces segments sont nombreux, 1s0lés et rédupliqués. Ils sont d’abord étroits et rapprochés, puis plus espacés et plus larges, atteignant, vers le milieu du limbe, de 80 centimètres à 1 mètre de longueur sur 3 centimètres de largeur. Cinq à sept fortes nervures, dont une médiane et quatre à six latérales, sont accompagnées de nervures intermédiaires qui forment, sur la face supérieure, une striation moins régulière, moins fine et moins nette que dans le Vonitra Thouarsiana.
Base du segment (fig. 3). —T.a nervure principale d’un segment foliaire de Vonitra utilis est moins saillante que celle du Vonitra Thouarsiana.
Sur la section transversale, que nous étudierons tout d’abord comme précédemment, l’épiderme se montre formé de petites cellules à cuticule nette.
Le parenchyme est analogue à celui de la précédente espèce, avec des faisceaux sous-épidermiques disposés de même, formés également chacun de une à trois files de fibres scléreuses, mais un peu plus rapprochés que dans le Vonitra Thouarsiana.
Dans cette espèce encore, la méristèle borde par sa base