‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 2)Chapitre 74 sur 149 · PT TT PDO NT TS PTT TT · texte numérisé non relu

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les formations libéro-ligneuses secondaires sont encore très faibles, même au voisinage du collet. k

Au contraire, dans les germinations de #7. Drouhardi de même âge — dont la racine présente la même structure anatomique générale que la précédente, — il y a déjà, même à faible distance de la pointe, par suite de la rapide apparition des formations secondaires, un épaississement sensible de la région libéro-ligneuse, dont le tissu mou acquiert une importance plus grande que la moelle; et cet épaisissement est encore bien plus nettement marqué au voisinage du collet.

Il l’est naturellement plus encore dans les racines de plantules de M. Drouhardi de trois mois, surtout vers la base.

Dans les plantules de M. Hildebrandtii de mème âge, il n'y a pas plus d’épaississement relatif de la région libéro-ligneuse, vers la pointe de la racine, qu'il n’y en avait dans les plantules d’une dizaine de jours, mais — comme peut de nouveau le faire pressentir la morphologie externe — vers le collet, on constate, au contraire, cet épaississement, l’ensemble du liber et du bois secondaires équivalant à deux fois environ l’ensemble de toutes les autres régions.

En résumé, aussi bien pour la racine que pour l’axe hypocotylé, c’est toujours la région libéro-ligneuse secondaire qui, en s’épaississant à l’état de tissu mou, surtout dans sa partie ligneuse, détermine la tubérisation de ces jeunes Moringa.

Amidon. — La réserve des parties tubérisées est de lamidon, qui, aussi bien dans l’axe hypocotylé que dans la racine, se présente sous forme de grains elliptiques dont le grand axe a, comme longueur la plus ordinaire, 8 à 9 millièmes de millimètre. On trouve de ces grains dans la moelle et dans lécorce secondaire, mais ils sont surtout abondants dans la région libéro-ligneuse secondaire, ainsi qu'il était à prévoir.

Cellules à myrosine. — La saveur de raifort des racines et des tiges de Moringa décèle tout de suite la présence, dans ces

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Moringa, de cellules à myronate de potassium et aussi, par suite, de cellules à myrosine. Jadin, qui a déjà recherché autrefois (1) dans ce genre la répartition des cellules à myrosine, a trouvé ces cellules dans l’écorce et le liber de la racine et de la tige et aussi dans les feuilles. Il nous était tout indiqué de chercher à constater à notre tour leur présence, au cours de notre étude anatomique des plantules.

On sait que le réactif employé est l’acide chlorhydrique, qui teinte en rouge le contenu de ces cellules à myrosine.

Or, malgré la forte saveur piquante des racines, cette réaction ne nous a jamais donné, pour ces racines, aucun résultat positif, ni dans l’une ni dans l’autre de nos deux espèces. Et pourtant, — ce qui nous empêche d’attribuer cet insuecès à un défaut de notre mode opératoire, —— nous avons facilement, au contraire, obtenu la réaction sur des racines fraiches de plantules d’un mois de diverses Capparidacées (Cleome pungens, Polanisia graveolens, Dactylaena micrantha). Au surplus, nous avons été plus heureux dans l’examen, au même point de vue, des axes hypocotylés, car, si nous n’avons. iei également, observé aucune cellule à enzyme dans les germinations de dix Jours, du moins avons-nous trouvé ces cellules dans le tiers inférieur des axes de plantules de trois mois. Et. comme pour les racines, nous avons, d’autre part, obtenu aisément les réactions de la myrosine dans l’écorce des tiges de plantules fraiches de Capparis spinosa, de Cleome pungens, de Polanisia graveolens, de Cleome arborea et de Dactylaena micrantha ; nous ne les avons pas obtenues, il est vrai, dans le lHber n1 dans la moelle de ces mêmes plantules.

Chez ces mêmes Capparidacées, les feuilles de leurs plantules présentent quelques cellules à myrosine dans la méristèle médiane et de part et d’autre de cette méristèle. Nous n’en avons pas vu dans les feuilles de nos jeunes Moringa.

Il nous semble donc que les Moringa de Madagascar, tout

(1) Jadin : Localisation de la myrosine et de la gomme chez les Moringa (C. R. de l’Académie des Sciences de Paris, 1900, vol. 130).

en possédant dans leur très jeune âge la myrosine, en sont bien moins riches que les Capparidacées.

Canaux gommeux. — Un autre caractère connu des Moringa est la présence possible de canaux gommeux dans la moelle de leurs tiges ; et Solereder semble même admettre que le nombre de ces canaux gommeux médullaires peut être un caractère spécifique, car il précise qu’il y en à un chez le Moringa pterygosperma et deux chez le Moringa aptera (1).

Nous ne pouvons partager sur ce point l’opinion de Solereder, car nous avons trouvé dans la moelle du Moringa pterygosperma tantôt trois, tantôt deux canaux gommeux, tandis que le Moringa aptera n’en présentait parfois qu’un et que le Moringa Drouhardi en avait trois ou quatre. En réalité, le nombre de ces canaux varie, selon nous, pour une même espèce, d’un échantillon à l’autre, et même, sur un seul imdividu, d’un niveau à un autre ; et les différences prétendues spécifiques constatées par Solereder seraient des différences accidentelles observées un peu au hasard sur un trop petit nombre de plantes.

Mais, en tout cas, et c’est ce qui nous importe surtout ici, nous n’avons, comme Jadin (2), vu ces canaux que dans des rameaux de pieds adultes ayant poussé à l’état naturel; ils manquaient toujours dans les plantules obtenues en serre.

Jadin attribue cette absence aux conditions un peu anormales dans lesquelles se développent des Moringa en serre : nous croirions plus volontiers qu’elle est due au trop jeune âge de nos plantules, car, puisque ces canaux gommeux sont des lacunes résultant d’une dissociation cellulaire, on conçoit que ce soient des formations plus ou moins tardives.

(1) Solereder : Systematic Anatomy of the Dicotyledons ; 1908, €. 1, p. 249 et t. II,‘ p. 895.

(2)fJadins: oc eut 400 Jadin et Boucher : Sur la production de la gomme chez les Moringa. C. R. de l’Académie des Sciences, 1908, t.1%6.

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Résumé.

Quelques faits généraux se dégagent de l’étude que nous venons de faire des deux AMoringa malgaches, le M. Hildebrandtii et le M. Drouhardi.

i9° Tandis que la germination des Moringa pterygosperma et Moringa aptera est nettement hypogée, les deux Moringa de Madagascar sont à cotylédons non moins nettement épigés.

Ces cotylédons toutefois s'élèvent beaucoup plus au-dessus du sol chez le Moringa Hildebrandtii que chez le Moringa Lrouhardi, où ils restent toujours à peu près au ras de terre.

20 F1 n’y a pas de tubérisation pendant la péfiode germinative chez les Moringa pterygosperma et aptera ; 11 y en a une, au contraire, dans les Moringa malgaches.

Cette absence de tubérisation des deux premières espèces s'explique facilement, puisque la tubérisation des Moringa de Madagascar porte sur l’axe hypocotylé et que cet axe ne se développe pas dans les Moringa pterygosperma et aptera, qui sont à cotylédons hypogés.

Entre les deux espèces malgaches, 11 y a, d’autre part, cette différence que la tubérisation intéresse toute la longueur de l’axe hypocotylé dans le Moringa Drouhardi, tandis qu’elle se limite à peu près à la région inférieure de l'axe chez le Moringa Hildebrandtui.

La racine principale participe très peu à cette tubérisation, et presque uniquement au voisinage immédiat du collet ; elle est toutefois un peu plus épaisse, sur toute sa longueur, chez le Moringa Drouhardi que chez le Moringa Hildebrandtir.

De même la région tout à fait inférieure de la partie épicotylée présente chez le M. Drouhardi un léger épaississement qu’on n’observe pas chez le M. Hildebrandtii.

30 Dans les deux Moringa de Madagascar, la tubérisation, là où elle se manifeste, est due essentiellement au grand développement de la région libéro-ligneuse secondaire, qui reste

à De

presque entièrement formée de tissu mou, avec des cellules remplies de grains d’amidon.

49 Les cellules à myrosine semblent beaucoup moins nombreuses dans les plantules de Noringa que dans celles des Capparidacées ; nous n’avons constaté leur présence que dans le liber et surtout dans l’écorce de la partie inférieure de l’axe hypocotylé, chez des plantules de trois mois.

59 Ainsi que l’avait déjà remarqué Jadin pour le Moringa pterygosperma, nous n’avons pu observer de canaux gommeux médullaires dans nos plantules de HMoringa obtenues en serre. Nous attribuons cette absence, indépendamment de toute influence du milieu, au fait qu'il s’agit de plantes jeunes et que l'apparition de canaux qui sont des lacunes résultant d’une destruction cellulaire peut et doit même être plus ou moins tardive.

Au terme de ce petit travail, nous exprimons toute notre reconnaissance à M. H. Jumelle sous la direction-de qui il a été fait. Nous tenons aussi à adresser tous nos remerciements à MM. Choux et Gaffier, à la complaisance de qui nous ne fimes Jamais appel en vain.

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