‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 2)Chapitre 9 sur 149 · PAR · texte numérisé non relu

PAR

le Professeur J. PIERAERTS, directeur et F. De WINTER, docteur ès-sciences, du Service chimique du Ministère des Colonies

de Belgique.

Le genre Luffa, de la famille des Cucurbitacées, comprend un certain nombre d’espèces, dont quelques-unes sont employées parfois en guise de purgatif dans les régions tropicales.

Les fruits de Luffa offrent une particularité qui, vraisemblablement, trouvera, un jour, son application dans l’art chirurgical. Débarrassés de leur épicarpe, coupés longitudinalement en deux portions et lavés jusqu’à ce qu’ils soient complètement exempts de leur sue et de leurs graines, ces fruits laissent un squelette de fibres ligneuses, grossières, assez rudes au toucher et qu’on appelle : éponge végétale (1). Plongée dans de l’eau froide ou chaude, cette trame fibreuse s’imbibe abondamment, se ramollit et peut remplacer avantageusement l’éponge ordinaire, car elle est imputrescible.

On cultive deux espèces de Luffa.

a) Le Luffa acutangula Roxb., à fruits obovoides, pyri-

(1) Les fruits du Luffa cylindrica sont ceux qui conviennent le mieux à la préparation de l’éponge végétale.

formes, à dix côtes saillantes, est la papangaie où pipangaie de la Réunion, la liane torchon des Antilles françaises et le muop tau des Annamites.

b) Le Luffa cylindrica Roem. ou Luffa ægyptiaca Müll., ou Luffa petola Ser., est à fruits cylindriques, charnus, sans côtes, atteignant Jusque 60 centimètres de longueur, croissant jadis sauvage en Arabie, en Egypte et en Asie. Il paraît qu'il est cultivé en Amérique. C’est la courge torchon des Antilles françaises, le parte du Guatémala, le dhundul ou ghia tarni des Indes, le turi ou jurgi de l'Hindoustan et le pechangai du Malaya.

Les deux espèces précitées sont annuelles, grimpantes, très rameuses. On en orne souvent les tonnelles et les murs.

La récolte des fruits commence quinze jours ou trois semaines après la floraison, car il faut les consommer lorsqu'ils sont jeunes, sans quoi ils deviennent immangeables.

10 Zuffa cylindrica Roem.

D’après le Sylloge de Durand, cette espèce a été signalée en maints endroits du Congo Belge et notamment :

A Boma (Welw.) :

A Kabinga (Dup.) ;

A La Lemba (Dew.) :

À Lutete (Heus.) ;

A Kisantu (Gillet) :

A Ukaturaka (Em. Laurent) :

À Amadi (F. Seret) :

À Kapilumba (Lescrauwaet).

Ce dernier l’a trouvée également au lae Foa.

Dewèvre assure que l’espèce est cultivée aux environs de Bolobo. Selon F. Séret, la plante fait l’objet, chez les indigènes d'Amadi et environs (Haut-Uélé), d’une culture soignée et y est appelée n’dungu. Les Amadis rouissent les fruits à see; ils les exposent au soleil, sitôt mûrs. Dans ces conditions la couche externe se dessèche et se détache alors très aisément.

Page 1