‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 3)Chapitre 248 sur 285 · SUR LES · texte numérisé non relu

SUR LES

RESSOURCES.DES .COLONTES

Programme des Chemins de fer dans les Territoires du Sud. — Ce titre est le titre même d’une brochure fortement documentée, écrite avec clarté et méthode, que vient de publier M. le lieutenant-colonel du génie P. Godefroy, actuellement Chef du Service Technique des Travaux des Territoires du Sud.

On sait que ces Territoires du Sud-Algérien, organisés en colonie autonome par la loi du 24 Décembre 1902, et dont la superficie représente environ 2.200.000 kilomètres carrés, sont divisés en quatre commandements militaires : le Zerritoire d'Ain-Sefra, au sud du département d'Oran et à cheval sur les Hauts-Plateaux et le Sahara; /e Territoire de Ghardaïa, au sud du département d'Alger, s'étendant aussi, partie sur les Hauts-Plateaux et partie vers le Sahara; Le Territoire de Touggourt, au sud du département de Constantine, situé presque entièrement dans la zone saharienne ; /e Territoire des Oasis, au sud des précédents et, en totalité, au Sahara.

Tous ces Territoires, ainsi que le fait bien remarquer M. le Colonel Godefroy, ne pourront être réellement mis en valeur que le jour où des voies ferrées assureront des communications rapides et faciles entre leurs diverses régions, et aussi et surtout entre ces régions et le littoral, puis de là au dehors.

M. Godefroy précise quelles sont les voies ferrées qu'il y

aurait lieu de construire, leur ordre d'importance, et dans

ÿ RESSOURCES DES COLONIES

quelles conditions et suivant quel plan elles pourraient être installées.

Sur cette seconde partie du mémoire qui est celle intéressant particulièrement l'ingénieur, nous n'avons pas à nous arrêter ici, mais les chapitres où sont énumérées les ressources naturelles ou culturales que peut offrir le Sud- Algérien méritent de retenir l'attention du naturaliste, de l'économiste et du colon.

Dans l'ensemble, la valeur économique actuelle de tous ces

territoires est la suivante

Population..." à RAS eo 500.000 habitants Valeur en capital....... {r :--: 175.000.000 francs Production 1427-40 4 54.000 000 »

Exportations. 1 42e. rer 18.500 000 »

Importations...... PORC * 22.500.000 »

TRAME 2 mesurée eneare 9.000 000 »

Commerce extérieur général... 50 000.000 »

Cormerce spécial: à. ". 41 .000. 000 »

GCapitalpar habitant: 7702 350 »

Production par habitant ....... 108 »

Commerce extérieur par habitant 82 »

A titre de comparaison, M. Godefroy rappelle que, pour l'Algérie du Nord, le commerce spécial s'élève à environ 1.200.000.000 francs, soit 240 francs par habitant.

Les principales ressources des indigènes du Sud sont : pour les nomades, les troupeaux et leurs produits ; pour les sédentaires, les dattes et les céréales ; sur certaines parties des Hauts-Plateaux, l’alfa.

En 1913, le nombre de dattiers en rapport, dans les Territoires Militaires, était évalué approximativement :

Aïn-Sefra.. 1.620.000 produisant... 16.200 tonnes de dattes Ghardaïa .. 240.000 » a". “A600 » »

Touggourt. 2.400.000 Die Tant AO: 00DE- EU »

Oasis ... . 1.240.000 » Paso A2 400 » ”

On sait que la bonne datte d'exportation est la deglet-nour.

Elle provient du Territoire de Touggourt ; les autres Territoires produisent surtout les dattes communes. A Touggourt, la valeur d’un palmier peut être fixée à 15 francs et celle de sa production à 5 francs, annuellement. L'ouverture du chemin de fer de Biskra à Touggourt vient de donner un nouvel essor aux plantations de la contrée ; preuve nouvelle, s’il en était nécessaire, de l'influence qu'ont ces voies ferrées sur le mouvement colonisateur. |

Pour le moment on peut estimer à 25.000 tonnes l'exploitation des dattes du Sud-Algérien. À remarquer que, pour les dattes communes que consomment les indigènes du Tell, l'Algérie du Nord doit encore recourir à l'étranger et importe annuellement de 2.000 à 3.000 tonnes de dattes pressées provenant de Bassorah, à l'extrémité du golfe Persique. D'où cette anomalie, que le Nord-Algérien manque de dattes pendant que le Sud en a beaucoup trop pour son alimentation et ne peut même pas utiliser l'excédent comme monnaie d'échange pour d’autres productions. Tout cela par suite de l'insuffisance des moyens de transport. « Ce grand réservoir de dattes que constitue le groupe des oasis sahariennes est en partie inexploité, comme une mine trop écartée de la voie ferrée, qui pourrait seule y apporter le travail et la vie. Plus le rail s’avancera vers le Sud, plus la datte verra développer sa valeur latente; et plus les habitants verront s'améliorer leur situation matérielle grâce à la hausse immédiate qui se manifestera dans leur pouvoir d'achat”.

La culture des céréales dans ces mêmes Territoires est peu développée ; les superficies cultivées en 1913, en blé ou en orge, étaient :

Aïn-Sefra : 2 809 hectares de blé, ayant produit 13.558 quintaux

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