d'orge
Oasis : 1,045 » de blé » 1,819 »
436 » d'orge » 1.082 »
Le rendement moyen, très faible, est donc de 3 qx 3 à l'hectare. Au total, les Territoires du Sud cultivent 40.000 hectares de céréales diverses, d'une valeur de 6 millions de francs, produisant 15.000 tonnes de graines valant 4.500.000 francs. Actuellement cette production est insuffisante pour la consommation locale ; et 35.000 tonnes doivent être importées de l'Algérie du Nord.
D'autres cultures qui seraient susceptibles d’une grande extension sont celles des arbres fruitiers, des légumes, des fourrages et aussi de quelques plantes industrielles, comme le tabac, le coton et le ricin. L'olivier est recommandé dans certaines régions comme celle des Ziban. Pour le tabac, la région du Souf en produit d'assez grandes quantités (100.000 kilos environ), d'excellente qualité, recherchée par les indigènes comme tabac à priser. Au Touat, on a tenté la culture du cotonnier ; à Biskra, on a introduit celle du ricin.
Comme produit naturel, le principal est lalfa, qui se rencontre sur les hauts plateaux du Territoire d'Ain-Sefra, où il occupe 1.300.000 hectares, et sur ceux du Territoire de Ghardaïa, où il en couvre 300.000. Mais seule aujourd’hui la zone du Territoire d’Aïn-Sefra est exploitée, dans la région voisine du chemin de fer. En ces dernières années, la production moyenne a été de 18.000 tonnes environ, représentant, à la sortie du Territoire, à peu près 600.609 francs. Au point de vue animal, la grande ressource des populations du Sud est l'élevage, qui permet de tirer parti de terrains impropres à la culture. Approximativement, les indigènes des quatre territoires possèdent : 1.580.000 moutons, 480.000 chèvres, 20.000 bœufs, 140.000 chameaux, 35.000 chevaux, ânes ou mulets, 165.000 animaux de basse-cour. Cela représente un capital de 44.465.000 francs, donnant un produit de 22.315.000 francs. Depuis 1905, le nombre des moutons et des chèvres a peu varié, celui des bœufs a, au contraire, beaucoup augmenté. L'exportation porte sur les moutons ainsi que sur les laines et les peaux. ‘* Le mouton est Ii monnaie d'échange du nomade comme la datte est celle du sédentaire.” Les quantités annuellement dirigées sur le Nord sont, en
moyenne, de 400.000 têtes, dont 200.000 pour l'Algérie et 200.000 pour la France. La valeur est de 15 francs par tête environ; soit donc 6 millions de francs au total, auxquels il faut ajouter 3 millions de francs provenant de la vente de 200 tonnes de laines, cuirs et peaux.
Quant à la production minérale, elle est nulle aujourd’hui, au point de vue de l'exportation. Le sel gemme peut bien être obtenu dans tout le Sud, et particulièrement dans tout le Territoire de Ghardaïa, mais la faible valeur du produit restreint son commerce aux limites des besoins de la population du pays. On ne connaît, d'autre part, jusqu'alors, aucun gisement important de minerai quelconque.
En résumé, la culture et l'élevage peuvent être les deux grandes sources de revenus du Sud-Algérien : la culture, surtout celle du dattier, dans le Territoire de Touggourt ; l'élevage dans le Territoire d'Aïn-Sefra; de nouveau, la culture dans celui de Ghardaïa ; et la culture aussi, notamment dans la grande palmeraie d'Ouargla, dans le Territoire des Oasis, le plus déshérité.
Et si alors, comme le fait M. Godefroy, on tient compte de toutes les caractéristiques qui permettent d établir les degrés de productivité, actuelle ou possible, de toutes ces régions, on arrive à admettre que les quatre premières lignes ferrées nouvelles les plus urgentes sont :
1° Celle de Bouktoub à Géryville, qui, dans le Territoire d'’Aïn-Sefra, servirait tout d’abord au transport de l’alfa des Hauts-Plateaux, puis, progressivement, provoquerait l'extension de l'élevage et l'accroissement du commerce des produits de cet élevage, moutons, laines et peaux ;
2° Celle de Dieffa à Laghouat, qui, dans le Territoire de Ghardaïa, aurait exactement les mêmes influences ;
3° Celle de Djamaa à Guémar, qui, dans le Territoire de Touggourt, favoriserait l'exportation des dattes des oasis du Souf, augmenterait peut-être l'importance de la culture du tabac, assurerait le transport des moutons que vendent les nomades, enfin donnerait certainement une impulsion
nouvelle à l'industrie des tapis, qui font déjà l'objet d’un certain commerce ;
4° La ligne de Touggourt à Ouargla, qui, dans le même Territoire, et comme la précédente, indépendamment des facilités qu'elle offrirait au tourisme dans ces contrées pittoresques, faciliterait l'exportation des dattes et du bétail.
Les Territoires du Sud pourraient ainsi, comme le dit M. le colonel Godefroy, en terminant sa très remarquable
étude, ‘‘ si on leur en fournit les moyens, jouer un rôle utile dans l’œuvre de régénération de demain, et, après la lutte sur les champs de bataille donner, avec l'Algérie du Nord,
leur appoint pour la guerre économique qui se prépare. ”
Le Phœnix canariensis. Le Phœnix canariensis, qui s'est bien acclimaté et est fréquemment planté sur le littoral du Sud-Est de la France, a été aussi introduit sur le littoral algérien. C’est le PAœnix dactylifera var. Jubae Webb. et Berth., et aussi le Phœnix tenuis Hort., le Phæœnix Vigiert Hort., le Phœænix Jubae Christ. Le Bulletin of Miscellaneous Informations de Kew de 1916, n° 4, donne les caractères qui permettent de le distinguer du Phœnix dactylifera et du Phænix sylvestris.
A — Corolle femelle deux fois plus longue que le calice. a — Des rejets. Fruits cylindriques, à péricarpe charnu
et sucré.
Ph. dactylifera
b — Troncs solitaires. Fruits oblongs-elliptiques, à péri-
carpe à peine charnu.
Ph. sylvestris
B — Corolle femelle à peine plus longue que le calice. Troncs solitaires, épais. Fruits globuleux ou ovoïdes,
à péricarpe à peine charnu.
. Ph. canariensis
L’orange Washington Navel. — L'orange Vavel, ombiliquée et sans pépins, a pris aujourd’hui en Californie, où elle est très appréciée, une très grande importance. Dix millions
ALGÉRIE 13 de caisses étaient expédiées en 1914. La culture de cette variété a été tentée en Algérie; il importe donc de connaître - les origines et les caractères de l'arbre, et M. A. D. Shamel a publié, à ce sujet, dans le /ournalof Heredity, de Washington, plusieurs notes intéressantes.
L'oranger ‘‘ Navel”estoriginaire de Bahia, où il a été obtenu vers 1822 par une mutation gemmaire d'une variété portugaise, dite /aranja selecta, introduite au Brésil, aux premiers temps de la colonisation. C’est encore à Bahia, où il y a 50.000 arbres en production, à raison de 270 pieds par hectare, que sont les principales plantations brésiliennes. Les orangeries y sont situées dans ies terres des coteaux et ne reçoivent aucune irrigation, la pluviosité annuelle étant de 1 m. 30 environ. La principale récolte a lieu en saison des pluies, de Mai à Juillet; une autre récolte est faite de Décembre à Février.
Aux Etats-Unis, la véritable introduction date de 1873. Deux orangers, plantés à cette époque chez M. Tibetts, ont été le point de départ de la plupart des pieds actuels, qui couvrent plus de 40.000 hectares, en Californie. La multiplication est faite comme à Bahia.: On greffe sur F ‘orange douce des Missions”, ou sur cette variété de pamplemousse qui est le grape-fruit, où sur bigaradier {Florida sour Orange), ou sur le citronnier Æough Lemon.
Mais, les mutations gemmaires de la variété étant fréquentes,
il n’y a pas, en réalité, un seul type de ‘* Washington Navel”, mais plutôt un mélange de types différents, dont plusieurs sont sans valeur. Dans les meilleures orangeries de la Californie méridionale, 25 pour cent des arbres sont improductifs ou donnent des fruits inférieurs. Pour propager et améliorer le meilleur type, M. Shamel recommande la méthode de sélection par bourgeon. On choisit le greflon sur les arbres et les branches qui ont produit nettement, pendant plusieurs années, les récoltes les plus abondantes et les plus régulières, et on grefle les bourgeons sur les arbres reconnus peu productifs, en même temps qu'on élimine, par élagage, tous
les rameaux plus ou moins stériles. La plantation est ainsi
uniformisée. (74e Journal of Heredity, Washington, Octobre 1915 et Février 1916).
Le café de figues. — L'intérêt qui, depuis un certain nombre d'années déjà, s’attachait à la question du commerce
algérien des figues pour ‘‘ café de figues”, s’est trouvé accru par le fait de la guerre. Avant l'ouverture des hostilités, en effet, l'Algérie exportait annuellement 20.000 quintaux, environ, de figues en Autriche-Hongrie, où l'industrie du ‘‘ Feigenkaffee” s'était localisée. Ce débouché a disparu, mais l'occupation de la Belgique et du Nord de là France, où se centralisait en grande partie la fabrication de la chicorée, peut encourager d’autres contrées à reprendre l’industrie autrichienne ; et la Suisse notamment, où la consommation du café au lait est considérable, est en état de développer ce commerce. Déjà des fabriques sont installées à Bâle, à Lausanne, dans le canton de Berne et de Saint-Gall; ces maisons emploient, en plus des figues d'Algérie, des figues d'Espagne, d'Italie et de Turquie, mais elles ont déclaré que les provenances algériennes donnaient le meilleur rendement en qualité et pour la fabrication. Les prix de vente du café de figues, en Suisse, sont de 1 fr. 10 le kilo en gros et 1 fr. 40 au détail, alors que ceux de la chicôrée sont respectivement de 0 fr. 90 à 1 franc; mais la chicorée devenant rare, le moment est favorable, à la fois, pour les exportations algériennes de figues sur le marché helvétique et pour l’industrie du café de figues dans notre colonie.
Pour la fabrication de ce café, on emploie indifféremment la figue noire ou la figue blanche, et, de préférence, les figues provenant des triages, la seule condition étant la présence de nombreux grains dans les fruits traités. La torréfaction est faite au moyen de séchoirs à tiroirs et à feu continu ; il faut environ 10 heures pour sécher une figue sans la brûler. Ces séchoirs sont les seuls appareils qui permettent d'obtenir un bon résultat. |
Les figues torréfiées ont, comme caractéristique, un pouvoir colorant intense, qui donne une teinte identique à celle du
bon café, un goût neutre et une valeur nutritive supérieure à celle de la chicorée.
En 1915, avec uñ matériel qui avait été acheté vers 1900 en Autriche-Hongrie, on a produit en Algérie 30.000 kilos de café de figues. {Rapport sur le fonctionnement de l'Office du Gouvernement Général de l'Algérie en 1915. Supplément au n°7; 1916).
L'utilisation de l’alfa pour la fabrication de la pâte à papier. — Très employées en Angleterre, pour la fabrication de la pâte à papier, les feuilles d’alfa le sont peu en France. D'après M. A. Crolard, président intérimaire du Syndicat des fabricants de papier de France, cet emploi limité tient chez nous à plusieurs raisons :
1° Le prix de revient est très élevé, la pâte d’alfa blanchie valant 10 francs de plus environ que les pâtes chimiques de bois ou de paille. Cette pâte d’alfa ne peut donc en remplacer d’autres qu'avec un renchérissement dans Île prix de la composition du papier. La fibre d’alfa, d'autre part, étant excessivement fine, ne peut être utilisée comme fibre de remplissage, c'est-à-dire concourant, avec des pâtes à qualités nettement caractérisées, à compléter la préparation de certains papiers. Se dispersant sans profit à travers les autres fibres, elle ne peut être employée en proportions réduites et il faut atteindre des proportions de 75 à 80 pour cent, qui déterminent tout de suite un prix plus élevé et des usages déterminés. Quant aux causes du prix de revient élevé, ce sont : en premier lieu, la sorte de monopolisation établie actuellement par les maisons anglaises chez les concessionnaires des alfas algériens ; en second lieu, le fret moins avantageux pour nous que pour l'Angleterre, qui profite du retour de ses nombreux bateaux fréquentant la Méditerranée ; et enfin les frais plus élevés pour nous du traitement chimique, en raison des prix du charbon et de la soude. Cette soude, en outre, dans les grandes usines anglaises, est régénérée dans des fours coûteux que ne peuvent pas installer des usines à petite
production ;
2° Il y a en Angleterre un écoulement plus grand que chez nous du papier supérieur, surtout pour l'illustration et le papier à lettres ;
3° On emploie beaucoup en Angleterre des papiers épais et légers ;
4° Les fabricants anglais ont acquis le tour de main qui leur permet de tirer le meilleur parti d’une. fibre de travail difficile ;
5° La teinte de la pâte d’alfa est toujours un peu jaunâtre, alors qu'on préfère en France les teintes azurées.
Mais toutes ces raisons ne sont pas de celles qui créent des difficultés insurmontables. Le prix de revient peut être diminué ; l'impulsion donnée par la guerre à notre industrie chimique peut avoir un retentissement sur le traitement de l’alfa, en raison des usines créées pour la fabrication du chlore et du développement des procédés électrolytiques ; les conditions de fret peuvent être améliorées. Et nous pourrions alors, avec les ressources que nous offrent les Hauts-Plateaux, préparer une pâte dont la valeur pour la fabrication du papier d'imprimerie — en raison de la souplesse avec laquelle ce papier d’alfa reçoit la pression des caractères, en même temps qu'il garde dans toute leur intensité et toute leur finesse les encres grasses — est depuis longtemps bien reconnue.
M. Crolard pense que la pâte doit être livrée écrue, après simple lavage à l’eau bouillante, et comprimée en blocs plats qui permettent l’empilage, ces blocs étant d’un poids de 60 kilos environ, et recouverts de papier collé. {Office du Gouvernement Général de l'Algérie ; 1-15 Juillet 1916).
La pomme de terre. - La culture de la pomme de terre est encore très peu développée en Tunisie, où cependant elle pourrait être rémunératrice comme elle l'est en Algérie. Dans cette dernière colonie, les exportations annuelles sont de plus de 300.000 quintaux, alors que la Régence est obligée de recourir à des importations de plus de 60.000 quintaux. D’après M. Chenevard, la cause réelle de certains insuccès constatés en Tunisie est la confusion trop fréquente entre les pommes de terre dites //o/lande, longues et à chair jaune, et qui sont de première qualité, et diverses pommes de terre ordinaires ou de grande culture. Or il y a là deux cultures absolument différentes, avec des exigences diverses; et vouloir faire l’une avec les méthodes de l'autre, c’est courir au-devant d'un échec certain. La culture des Æ/ollande est possible toute l’année, parce que, toute l’année, les prix de vente sont assez élevés pour être rémunérateurs. Il n’en est pas de même pour les ordinaires, qui nécessitent un plus grand emplacement et qui, en dehors de la saison qui leur est favorable, ne fournissent plus, pour un prix de vente inférieur, qu’un rendement qui ne dépasse plus celui des //ollande. Dans une étude très complète, M. Chenevard indique les procédés que doivent suivre les cultivateurs tunisiens, selon qu'ils veulent obtenir lune ou l’autre de ces deux catégories bien distinctes de tubercules. (Bulletin de la Direction Générale de l'Agriculture de Tunisie ; Mars-Avril 1916.)
Dans la Æevue Horticole de l'Algérie de Janvier-Février 1916, on trouvera la traduction d’un article d’Z7 Colfivatore,
dans lequel M. E. Voglino indique le procédé à employer pour augmenter par sélection la production de la pomme de terre.
D'autre part, dans le Bulletin de la Direction de l'Agriculture de Tunisie de Janvier-Février 1916, M. Marès rappelle que la pomme de terre est depuis longtemps cultivée à Porto-Farina, dans beaucoup de jardins qui s’étagent entre le rivage et le Djebel-Nadour. M. Marès donne les moyens qui doivent assurer la réussite et le développement de cette culture, sans le secours de l'irrigation, dans le Nord-Tunisien.
L’olivier. — D’après un article de la Revue Oléicole de Janvier 1916, la meilleure variété d'olive en Oranie est la Sigoise ou Olive du Tell;et la Revue préconise cette variété pour ‘‘toutes les régions de l'Afrique du Nord favorables à la culture de l'olivier, et pour le Maroc notamment.” M. Marcille estime que cette généralisation est un peu hâtive. La variété citée peut convenir aux conditions culturales de l'Oranie, mais d’autres variétés peuvent être préférables ailleurs. Ainsi, dans les régions sèches du Centre tunisien, à Sousse, à Sfax, la meilleure variété, devenue dominante, est la petite olive, du poids de 1 gramme, nommée Chemlali de Sfax, alors que dans les oasis à climat maritime, comme Gabès et ses environs, la variété à propager est la Zarazi de Gabëés, du poids moyen de 4 grammes ; et, dans les oasis intérieurs des plateaux, telles que Gafsa et Fériana, on a choisi avec raison la Chemchali, où Chermnlali de Gafsa, du poids de 3 grammes. La Chemlali de Sfax et la Zarazi de Gabés contiennent plus de 28 pour cent d'huile et rendent plus de 20 pour cent. La Tunisie possède aussi une excellente olive de table, la Zarazi de Tunis, aussi fine que la Zucgue, mais plus productive et de forme plus régulière. (Bulletin de la Direction Générale de l'Agriculture ; Novembre- Décembre 1915. — Sur les variétés d'olives tunisiennes et leurs caractères respectifs, voir aussi la remarquable étude de M. Ruby dans l'Agriculture Pratique des Pays chauds, de Juillet 1913.)
TUNISIE e 19
L’abricotier. — L'abricotier est largement cultivé dans les oasis du Sud-Tunisien, où il atteint une très grande taille. Il y a donc utilité de savoir qu'aux Baléares et aux Canaries, où il y a également de grandes cultures de cet arbre fruitier, il s’est établi avec l'Angleterre un commerce régulier des amandes extraites des noyaux.-Ces amandes sont employées en pâtisserie, comme celles de lamandier. Le quintal valait dans le premier semestre de 1916 145 francs environ.
D'après M. Trabut (Revue Horticole de l'Algérie, Septembre-Octobre 1915), ces petits abricots des oasis conviendraient parfaitement aussi pour la préparation de la pulpe en boîte. Enfin, après avoir été passés à la soufreuse et dénoyautés, ils peuvent également être facilement séchés en 24 heures ; et on peut ainsi obtenir de très beaux fruits secs, qui, paraît-il, ont été cotés à Paris, en 1905, 100 à 110 fr. Leur belle couleur vive les rend très appétissants et leur faible grosseur n’a aucun inconvénient pour la vente.
Sur Findustrie des pulpes de fruits, voir un article de M. Blin, dans la Vie Agricole et Rurale du 26 Août 1916.
Les légumes secs. — Le commerce des légumes secs avait acquis en France, avant la guerre, une certaine importance. Nous recevions en 1913 892.285 quintaux de légumes secs divers, 747.520 quintaux de fèves et 500.286 quintaux de pois pointus. Les légumes secs venaient surtout de Roumanie (229.727 quintaux), de Russie (216.774 quintaux), d'Allemagne (213.500 quintaux), d’Autriche-Hongrie (75.367 quintaux) et de Belgique (28.671 quintaux). Les légumes achetés à l'Allemagne provenaient d'ailleurs, en réalité, de Russie, d’où l'Allemagne les importait, pour nous les réexpédier ensuite, entiers ou cassés. Il y a, en effet, peu de casseries en Russie ; et c'est à Marseille, qu'étaient cassés, d'autre part, les pois ronds, qui nous venaient directement d'Odessa. Nous trouverions évidemment avantage à augmenter le nombre de nos usines de cassage et, en même temps, à étendre chez nous et dans nos possessions
de l'Afrique du Nord la culture pour légumes secs. Dans le Bulletin de la Direction du Service de l'Agriculture de Tunisie de Mars-Avril 1916, M. Fleury du Sert préconise, pour la Régence, une plus grande culture de la féverole. Déjà cette féverole est traitée en grande quantité dans les moulins marseillais pour la production de la févette, qui est la féverole cassée, et de la farine de fève ; et certains de ces moulins produisent, en moyenne, 100.000 quintaux de févettes par an. La Tunisie trouverait donc là des débouchés pour cet article d'exportation. La Régence pourrait aussi entreprendre la culture pour pois à casser. Les variétés qui, d'après M. Blin (Vie Agricole, 1915, p. 91), conviennent tout spécialement dans ce but sont le pois bleu et ses sousvariétés, dont il y eut jadis une certaine culture dans le Nord de la France, puis le gros carré vert normand et le pois nain vert ardennais. M. du Sert, dans l’article plus haut cité, donne les indications culturales nécessaires pour la Tunisie. D'après la Revue Horticole de l'Algérie de Septembre- Octobre 1915, on peut obtenir, selon la variété, 20 à 45 hectolitres de pois secs et 20 à 40 quintaux de tiges et feuilles desséchées par hectare. Comme féverole, la plus estimée actuellement est celle d'Egypte, plus blanche que celle de Tunisie.
Rappelons que le cassage des légumes secs consiste à passer les graines entre deux meules convenablement réglées — le réglage variant naturellement suivant les espèces, fèves ou pois — pour éviter le broyage et obtenir seulement le bris du tégument et la séparation des deux cotylédons. Tous ces cotylédons détachés sont ensuite blutés; et, après avoir été ainsi débarrassés des tigelles (vulgairement germes) et des
brisures, ils sont classés par grosseur.
La lignite. — Piusieurs mines de lignites sont déjà exploitées en Algérie. La plus connue est celle de Condé-Smendou, à 78 kilomètres de Philippeville. D’autres ont été signalées en divers points.-En Oranie, par exemple, au sud-ouest de Tlemcen, ainsi qu’à Eckmül, près d'Oran, il y a des bancs
importants du combustible. La Tunisie, à son tour, se préoccupe de cette exploitation, qui, d’après les /nformations Algériennes, a été récemment entreprise au cap Bon.
Les phosphates. — La production des phosphates, qui avait été de 946.587 tonnes en 1914, s'est élevée en 1915 à 983.601 tonnes, dont 859.879 pour Metlaoui et 393.722 pour Redeyef.
[En be
Le Maroc au 31 Juillet 1914. Après un retard qu'expliquent suffisamment les événements qui ont surgi au moment où l'impression en était commencée, le Rapport Général sur la situation du Protectorat du Maroc au 31 Juillet 1914 est paru pendant le premier semestre de 1916; et c'est un. remarquable résumé de la belle œuvre accomplie dans notre nouveau Protectorat par M. le Général Lyautey. Nous n'avons pas à analyser ici tout ce document de 500 pages ; nous n’y relevons que quelques faits relatifs à la culture et au commerce.
Sur une superficie totale du Maroc de 600.000 kilomètres carrés, la superficie de la zone française est de 572.000 kilomètres (la superficie réellement occupée au 1‘ Janvier 1914 étant de 205.000 kilomètres). La superficie totale de la zone espagnole est, d’autre part, de 28.000 kilomètres carrés, le territoire effectivement occupé couvrant 4.000 kilomètres.
Nos exportations en 1913 étaient les suivantes :
Amandes 2.100. 3.796.598 kilos 7.593.196 francs laine en stint- 27.2. 32047:093 09 40370-21200 Œuts 752 RER 2:346.391 0 », 3:574:220 09 Peaux de chèvres..... 1:660:765 5. 3.504-92110%5 »e-de-bœuts.7. 1.554.264, 1.» 253-077-4490 »- de moutons:.-. 101-792-3495 12981-96200 Orge amet cree 6. 465 -900 » 12999: 739 »
Conandre:- 0e 1.447.100 >» 546.527 »
Graines de lin.---. 1.619.678 » 502.100 »
laine‘ Tavée.ft see 221-2580 0 486.725 »
Pois chiches 2547 1.610.800 » 483.240 »
Gomme sandaraque... 321.150 » 481.725 »
Fenugrec ecrire 3 981.700 » 219.974 000
COMITE ER EEE 436.882. » 192.228 »
Dans la région de la Chaouïa, qui exporte principalement par Casablanca, la surface des cultures et le rendement en 1911-1912, qui fut une très bonne année, étaient les suivants :
Oïrge.........,... 197.000 hectares 21 hectolitres par hectare à RER ER .. ‘104.000 » 13 » »
|, FTCARAMENEPEAREE 24.000 » 90 » »
Pois chiches .., 13.000 » 8 » »
Graines de lin.. 7.000 » 9 » »
Fenugrec... ... 6 500 » 12 » »
Henesi ti, Let 6.000 » 34 » »
Coriandre . ..... 2.000 » 22 » »
SoÉgho::,. 7 2.000 » 100 » »
Au 1°" Janvier 1913, les propriétés possédées par les Européens dans cette Chaouïa représentaient une superficie de 28.769 hectares, dont 24.751 aux Français et 1905 à des Allemands (au lieu de 6.310 au 1‘ Janvier 1912). Dans l'ensemble des parties occupées du Protectorat français, on admettait provisoirement en 1914 qu'il y avait 2.561.989 ovins, 368.525 bovins, 39.299 chevaux, 22.763 juments, 9.273 poulains, 150.353 ânes et 33.016 mulets. Dans tout le Protectorat, la superficie des propriétés rurales européennes était, au 1* Janvier 1913, de 101.037 hectares, dont 95.857 à des Français et 2.075 à des Allemands.
En 1913, le commerce extérieur a dépassé 225 millions de francs, si l’on tient compte, à la fois, du mouvement maritime et du trafic terrestre. Or, si l’on songe que le commerce extérieur de la Tunisie, par terre et par mer, a été exactement de la même somme en 1910 et de 265 millions en 1911, alors que la Tunisie est occupée depuis 34 ans et que les exportations de minerais et de phosphates contribuent pour une large part au développement de son commerce, on doit évidemment augurer très favorablement de l'avenir du trafic marocain.
Le principal facteur de la richesse publique reste d’ailleurs l’agriculture. En 1912, sur un total de 66 millions de francs de marchandises exportées, les produits agricoles représentent 61 millions.
Il y à donc bien lieu de se préoccuper des améliorations culturales, et c'est dans ce but qu'ont été créés les trois Jardins d'Essais de Rabat, de Marrakech et de Meknès.
A Meknès est, en outre, entretenue l’autrucherie qui avait été créée par le Makhzen, et où continue à être étudiée la question de l'élevage au Maroc.
Dans le Maroc occidental, une des possibilités envisagées est celle de la culture du cotonnier. Pour être fixé sur la réalité des espoirs conçus à ce sujet, les Services de l'Agriculture ont fourni aux agriculteurs, des semences sélectionnées des variétés égyptiennes : Mit-Afifi, Nubari, Yanowitch et Sakellaridès. Les essais en cours dans le Haouz, en Chaouïa, dans les plaines des Beni-Hassen et du Gharb et dans les Cherarda permettront de déterminer les aptitudes régionales et la mesure dans laquelle lirrigation est
plus ou moins nécessaire.
Les forêts au Maroc.— Le Maroc présente trois zones forestières bien distinctes.
1° Au Nord-Ouest, dans la région comprise entre Casablanca, Mehdia et Meknès, s'étend la zone du chène-liège, dont le principal massif est celui de la Mamora. Cette immense forêt, qui n’a pas moins de 125.000 hectares de superficie, est peuplée, soit exclusivement de chènes-lièges, soit, en certains points, de ces chênes mélangés avec des poiriers sauvages(1). La végétation est généralement vigoureuse.
La caractéristique est l'absence presque complète de ce sous-bois brousailleux qui rend si difficile l’accès et l’exploitation des forêts d'Algérie et de Tunisie. L'aspect est celui d’un immense parc. C’est sur ce massif que le Service forestier a porté ses premiers efforts, en arrêtant les dévastations des charbonniers de Salé et des écorceurs. Ces derniers, pour récolter les 10.000 quintaux de tannin nécessaires aux tanneries locales, tuaient annuellement, en les décortiquant
(1) M. Pitard, dans son ouvrage sur la Flore du Maroc {Exploration Scierttifique du Maroc; Masson, 1913), signale dans la Mamora le Pirus cordata et le Pirus longipes,
sur pied, 100.000 à 150.000 beaux arbres de 1 mètre à 1 m. 50 de circonférence. Le remède provisoire employé par l'Administration à consisté à prendre en main la fabrication du charbon et du tannin. Pour le charbon, on a substitué, aux procédés anciens une exploitation régulière en régie des arbres écorcés ou mutilés, impropres à la production du liège. Pour le tannin, les quantités nécessaires aux besoins locaux sont fournies par les chantiers de l'Etat ; et, comme la destination de ces peuplements est, avant tout, la production du liège, une partie du charbon et du tannin viendra désormais de l'extérieur, et l’usage des extraits tanniques sera vulgarisé chez les tanneurs.
D'autres forêts que la Mamora, en Chaouïa, chez les Zamer, les Zemmour etc., représentent encore des boisements importants de chèênes-lièges ; et la surface totale de ces chènes, au Maroc, ne doit pas être inférieure à 200.000 ou 225.000 hectares exploitables. La valeur économique de l'ensemble doit être, au moins, d’un revenu de 4 millions.
2° Dans le Moyen-Atlas, principalement sur le Territoire des Beni-Mtir et des Beni-Mguild, c’est la zorze du cèdre. Les premiers boisements que l’on rencontre au sud de Meknès sont ceux de Jaba. Cette forêt, peuplée par le chêneliège et le chène zeen {/Quercus Mirbeckii), se relie insensiblement au grand massif des Beni-Mguild, qui s'étend sur ies versants du Moyen-Atlas, entre 1.400 et 2.500 mètres. D'abord mélangé avec le chêne vert et le zeen, le cèdre devient, à partir de 1.800 à 2.000 mètres, l'essence principale. La grande forêt de cèdres va de l'Est à l'Ouest, du pays des Beni-Ouaraïn au delà de Khénifra, et, vers le Sud, jusqu’à la Moulouya, soit sur 120 à 150 kilomètres de longueur et 50 à 60 kilomètres de largeur. La valeur économique de ce massif, d'une superficie minima de 300.000 hectares, est considérable. Malheureusement toutes ces forêts sont encore mal exploitées, et les indigènes ne savent pas débiter le cèdre, car ils ne tirent le plus souvent d'un arbre de 1235 à 250 ans qu'un madrier de 4 à 5 mètres de longueur et 7 à 8 centimètres d'épaisseur. La mesure eflicace à préconiser
est de restreindre l'emploi du cèdre dans la charpente et la menuiserie communes, en remplaçant cette essence par d'autres. L'emploi de bois du Nord ne pourra toutefois se généraliser qu'après la construction du chemin de fer de Tanger à Fez. La difficulté d'exploitations méthodiques réside dans le fait que les forêts de cèdre se trouvent encore en dehors de la zone d'occupation.
3% Au sud de Tensift, sur le Territoire des Haha et des Chiadma, est la troisième zone forestière, qui est la zone de l'arganier. Cette Sapotacée à graines grasses, dont l'huile est très employée dans l’alimentation indigène, et qui croît sur les sols les plus ingrats, forme d'immenses boisements dans la région de Mogador et dans le Sous, et recouvre les versants des derniers contreforts de lAtlas. A côté de l’arganier, ou en mélange avec lui, poussent le thuya et le genévrier de Phénicie. Il faudra encore réprimer dans cette zone les dévastations causées par les charbonniers en vue de leur commerce sur Casablanca et sur Tanger. (Général Lyautey : Rapport général sur la situation du Protectorat du Maroc, au 31 Juillet 1914). Sur la végétation du Maroc, voir Pitard : Exploration Scientifique du Maroc; Botanique, 1912, Masson Paris.
Sur l’arganier, voir l'étude de M. Perrot, dans Les re. Utiles de l'Afrique Occidentale Française, fascicule II. Challamel, Paris, 1907.
Les gisements de pétrole. — Des gisements de pétrole ont déjà été signalés en divers points de notre Afrique du Nord. En Tunisie, on en connaît dans la vallée de l'Oued- Cartonna, dans le Djebel-Bou-Debbout. En Aigérie, on a constaté leur présence notamment en Oranie, sur les deux flancs de la vallée du Chélif, dans la grande dépression quaternaire qui commence à la Grande Sebkra, au sud d'Oran, pour finir, vers l'Est, à Orléansville ; on la reconnu également dans la région de Blida, à Boghar, au sud de Médéa, sur le Territoire de Ferdjioua, à Aïn-Beidah, près de
Constantine, et enfin à Claire-Fontaine.
Or le Maroc semble être beaucoup plus riche en pétrole que l'Algérie, principalement dans la région de Fez;et les recherches de M. Meunier ont déjà permis d'isoler de nombreux points pétrolifères. Les travaux de forage commencés par une Société Française se présentèrent dans des conditions très favorables. Le pétrole se trouve dans des calcaires bleus et on a pu l’obtenir, avec une venue d'eau, à quelques mètres de profondeur.
Des analyses de ce pétrole marocain faites par M. Boyer ont donné :
RER Un rase ne 5 o/o init himpante. "arreter set SO Paraffine ..... RU, Rues En D im Huile de graissage......... ; 435
C'est un type d'huile lourde excessivement riche en paraffine. (Georges Boyer : Les gisements de pétrole de la province d'Oran et du Maroc, dans Les Matières Grasses, 15 Août 1916.)
La Mauritanie en 1913. — La campagne de pêche, qui en Mauritanie dure ordinairement de Novembre à Mai, a été écourtée en 1913 par le départ, au début d'Avril, d’une partie des pêcheurs bretons. En cette année 1913, il a été exporté 197.000 kilos de poisson salé et 34.000 kilos de poisson séché. Au début de l’année, un droit de douane de 240 pesetas par tonne, réduit ensuite à la moitié, a été établi aux Canaries sur le poisson apporté par les pêcheurs bretons; c’est alors que deux des Compagnies bretonnes sont rentrées en France. La Société coopérative bretonne mauritanienne, qui continua la pêche jusqu'en Juin, a cependant vendu son poisson dans de bonnes conditions à des commerçants de la côte, soit pour être consommé à Dakar, soit pour être expédié dans les colonies du Sud. Il y a là un nouveau débouché à signaler. Si les Bretons sont habiles pêcheurs, le travail du séchage du poisson leur sourit peu ; il faudrait donc que des entreprises industrielles, comme il y en a déjà quelques-unes à Port- Etienne, achetâssent le produit brut de la pêche dans le but de le préparer.
Les exportations de langoustes ont été au minimum, en 1913, de 69.500 kilos, à destination surtout de France et un peu de Dakar. Les langoustiers fréquentent de préférence le Cap Blanc et Goreye, point situé à 40 milles environ au nord du Cap Blanc. Les langoustes, y étant plus volumineuses, ont une plus grande valeur, puisqu'elles sont vendues au poids.
Les principales lignes caravanières actuelles de la Mauritanie sont celles qui relient au fleuve Sénégal le Tagant-Hodh et surtout la région éloignée de lAdrar. En 1913, l’Adrar a
expédié 150.000 kilos de dattes et plus de 100.000 kilos de sel. sur Boutilimit et Moudjéria. Ces deux centres paraissent être les deux principaux lieux de croisement des caravanes évoluant à l’est et à l’ouest de Ia Mauritanie.
Le sel provient des salines qui sont échelonnées le long du littoral, dans le Trarza, entre Saint-Louis et Nouakchott. Ces salines sont d'anciens étangs littoraux qui contiennent des bancs de sel continus, suffisamment épais pour qu'il soit possible d'y tailler des barres. Les plus importantes sont celles de N’Térert, Tin Djemaran, Touidermit et Tin Niébérar, dont l'exploitation indigène est en progression constante.
La vigne plantée à Atar pousse dans de bonnes conditions : des plantations d'arbres fruitiers à Aleg, Kaédi, Boghé, Lelibaby donnent aussi de bons résultats. Des essais d’introduction de riz du Soudan ont été tentés à Boghé et à Kaédi. (Rapport d'ensemble annuel du Gouverneur Général de l'Afrigue Occidentale Francaise pour 1913. Paris 1916).
L’arachide au Sénégal. — [l'exportation des arachides du Sénégal, en 1913, fut de 237.882.507 kilos. Dans les cercles de Thiès et Sine-Saloum, du Cayor et du Baol, la récolte fut supérieure à celle de 1912. Au contraire, elle fut inférieure dans le cercle de Louga. Mais ce cercle est d’ailleurs le moins favorable pour la culture de larachide, car il correspond à la limite Nord de cette culture en Afrique occidentale, et la production de cette zone ne dépasse guère 8.000 tonnes, alors que celle du Sénégal est supérieure à 200.000 tonnes.
C’est aussi dans ce cercle de Louga que se sont principalement manifestés les dégâts, dus à des ennemis ou parasites divers, sur lesquels l'attention a été appelée en ces dernières années. Les insectes sont surtout dangereux pour les gousses des pieds encore en végétation, car ces gousses sont piquées ; et la proportion de ces gousses piquées, dans les provinces du cercle de Louga les plus voisines de Saint-Louis, est, en moyenne, de 20 à 25 pour cent et peut atteindre 30 à 40.
Les perforations semblent dues à des termites et à d’autres
insectes, et la question qui se pose est de savoir si les termites
.sont la cause première ou bien pénètrent dans les fruits à la
faveur des altérations provoquées par les autres insectes, parmi lesquels serait principalement un Scydnoemus. On trouve dans les mêmes conditions, c'est-à-dire surtout par temps secs, une fourmi rousse, le /hogmus fascipennis.
Il n’est, au reste, jusqu'alors aucun moyen bien sûr de lutte directe ; et il est heureux que la zone où sont constatés ces dégâts soit très restreinte, ce qui n’amène pas une dépréciation sensible pour l’ensemble de la colonie, d'autant plus que les rendements normaux de la région (souvent moins de 200 kilos à l’hectare) sont assez faibles.
Un autre danger plus grand, parce que plus général, est l'attaque des arachides récoltées, et mises en tas, par des insectes parfaits ou larvaires. Un Ténébrionide notamment, le Tribolium confusum, peut causer des avaries qui atteignent parfois de 6 à 13 pour cent des lots. Le traitement par l’acide cyanhydrique, sous l’action d’une dose de 12 à 24 grammes de cyanure de potassium par mètre cube, a seulement réduit cette proportion à 3 pour cent. Le sulfure de carbone (200 grammes par mètre cube), non plus que le gaz Clayton, n’ont eu d'action. En attendant qu’on ait perfectionné ces moyens ou trouvé les ‘doses convenables, le mieux est d'éliminer les coques piquées à demi-vides et les débris mélangés aux arachides, par un vannage au tarare. On a reconnu que ce nettoyage, même pratiqué tardivement, diminue très notablement la proportion des avaries.
C’est en 1912 que la question des insectes nuisibles à l’arachide fut brusquement soulevée au Sénégal ; et en 1913, un Laboratoire de Recherches sur l’arachide fut créé à M'hbambey, dans le Baol, avec mission de poursuivre, à la fois, des études culturales et pathologiques.
Au point de vue cultural, il est résulté des premiers essais que les variétés de Chine et de Birmanie sont inférieures, pour le Sénégal, aux variétés locales. Pour celles-ci, le rendement a été en fonction de la profondeur du labour, tout en présentant des différences selon qu'il s'agissait de la paille ou des fruits. Entre 2 et 30 centimètres, le rendement en paille
n'a été accru que de 50 pour cent, tandis que celui des fruits a été de 300 pour cent. {Rapport d'ensemble annuel du Gouverneur Général de l'Afrique Occidentale Française pour 1913. Paris 1916.)
A propos de larachide, signalons qu'il est de plus en plus reconnu que ses tourteaux conviennent parfaitement pour la nourriture des chevaux en remplacement de lavoine. On peut, par exemple, dans la ration journalière du cheval, remplacer 4 kilos d'avoine par un mélange formé de 2 kilogrammes de gros son et de 2 kilogrammes de tourteau d’arachides. Le tourteau est donné en morceaux de la grosseur d’une noix ou d'une noisette. Après quelques jours d’hésitation, les chevaux absorbent volontiers cet aliment. On peut les habituer en leur donnant tout d’abord un mélange de tourteau et d'avoine.
Le déboisement au Sénégal. En raison des funestes effets d’un déboisement intensif au Sénégal, effets qui se sont particulièrement fait sentir dans les cercles de Louga, de Tivaouane et de Thiès, le lieutenant-gouverneur du Sénégal, par Circulaire du 10 Juillet 1916, a réglementé plus sévèrement les autorisations de coupes. Il a de nouveau défendu l'abatage par la mise à feu, a fait surveiller plus rigoureusement les défrichements par les indigènes et a recommandé de constituer des réserves d’un minimum de 2.006 à 3.000 hectares chacune. {Journal Officiel du Sénégal, 13 Juillet 1916).
L'élevage au Sénégal. — Les avantages du Sénégal, au point de vue de l'élevage des bovidés, sont sa proximité de la métropole et la facilité et la rapidité des communications intérieures. Aussi lexportation des bœufs est-elle en progression constante.
Le bétail doit partir gras ; c'est donc après la saison des pluies, lorsqu'il y a encore de Fleau, vers Novembre et Décembre, que les troupeaux destinés à lexportation doivent être rapprochés du port d'embarquement, Dakar.
Des études pour l'amélioration des conditions de transport
sont toujours poursuivies, et l'on se préoccupe d'aménager