OUGANDA
Le cacaoyer. — Les premières plantations de cacaoyers dans l'Ouganda remontent à 1901; elles furent faites au Jardin Botanique d'Entebbe, avec de jeunes plants envoyés de Kew. Les cacaos obtenus furent reconnus en 1907 de très bonne qualité; et il paraît établi aujourd'hui que le cacaoyer peut constituer en certains points de la colonie une culture rémunératrice. Une Station expérimentale a été établie à Kampala. Il n'y a pas de statistiques de culture bien complètes ; on indiquait cependant en 1913-1914 que, sur 86 plantations, 500 acres étaient plantés en cacaoyers de moins de cinq ans, 111 acres en arbres plus âgés; et de petites surfaces portaient encore des plantations mixtes de cacaoyers et d’Æ/evea.(1d., Juillet-Septembre 1915.)
Le caféier. — La culture du caféier progresse rapidement dans l'Ouganda. Dans les concessions européennes, il y avait en 1914-1915 3.825 acres de Coffea arabica de moins de deux ans, 5.726 acres de la même espèce au-dessus de deux ans, et respectivement, 74 et 293 acres de Co/ffea robusta; il y avait, en outre, quelques plantations mixtes avec //evea. D'autre part, et surtout dans le district de Bugana, 8.692 acres appartenaient aux indigènes. En 1914-1915 il était exporté 965.098 kil. de café en parche et 106.832 kilos de café décortiqué. Encore peu connu à Londres, ce café de FOuganda gagnera en valeur. (/d., Janvier-Mars 1916.)
NYASSALAND
Le cotonnier. — De grands efforts ont été faits au Nyassaland pour protéger l’agriculture contre l'introduction des insectes ou des champignons que pouvaient apporter des plants ou des graines d’origine étrangère; et une très sérieuse surveillance s'exerce, en particulier, sur les cotonniers. Il est prescrit aussi de brûler les vieux bois de cotonniers. Les plants doivent être arrachés et incinérés avant les derniers jours d'Octobre, sauf dans les districts de Lower Shire, de Ruo et de West Shire, où la date est la fin de Décembre. En cas d'infraction au règlement, des pénalités sont prévues, et les plants sont déracinés et brûlés aux frais du contrevenant.
Tous les cotons que les indigènes récoltent sur les terres de la Couronne, avec des graines fournies par le Gouvernement, sont travaillés dans le Protectorat, et les graines provenant de l’égrenage appartiennent à l'Administration. La distribution de semences doit être approuvée par le Directeur de l'Agriculture. Il faut aussi une licence pour acheter le coton obtenu par les indigènes sur les terres de la Couronne avec les graines qu’ils ont reçues. La licence est accordée par le résident du district, après paiement d’un droit, et n’est valable que sur place et jusqu’au 31 Mars. (/d., Juillet- Septembre 1913.)
Le tabac. — Le tabac est devenu le principal produit d'exportation du Nyassaland, qui en expédiait 25.775 kilos en 1904-1905 et 1.501.039 en 1914-1915. À cette dernière époque, la culture était de 3.851 hectares. Par suite du
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manque de fumure, le rendement est inférieur à celui des Etats-Unis; il était de 236 kilos par acre en 1910-1911 et l'appauvrissement du sol l'a amené à 138 kilos seulement en 1912-1913. Les variétés préférées sont le Go/d leaf, le Warne, le Congueror, le White Stem Orinoco. Depuis 1908, la presque totalité des exportations va aux Etats-Unis. (/4., Janvier-
Mars 1916.)
Huiles essentielles. — Plusieurs huiles essentielles de l'Afrique du Sud ont été examinées à l’Imperial Institute.
L'une provient des feuilles du Barosma venusta (Rutacées); elle diffère considérablement de l'essence du PBarosma betulina, et les feuilles ne peuvent donc pas être employées en médecine à la place de celles de ce dernier Barosira.
Une autre essence a été extraite des tubercules du sherungulu, qui est le Xaermpferia Ethelae (Zingibéracées). Il en a été retiré 1,5 pour cent des tubercules humides (avec 25 pour cent d’eau) et 2 pour cent des tubercules secs. L’essence, jaune brunâtre, a un peu l'odeur de la fleur d'oranger, avec cependant une autre odeur moins agréable. Elle est très intéressante scientifiquement et a une valeur commerciale. Une communication à son sujet a été faite à laSociété Chimique de Londres par MM. Goulding et Roberts.
Le Madia sativa au Cap. — Cette Composée, originaire du Chili et de Californie, a été introduite en beaucoup de régions; en ces dernières années, la culture en a été tentée au Cap. Les grains reçus du Jardin Botanique de Kirstenbosch contenaient 5,1 pour cent d’eau et fournissaient 36,5 pour cent d’une huile liquide, brun jaunâtre, qui avait pour caractéristiques :
Point de solidification des acides gras.... 21° 7 Indice d'acide" 0.222: ET Pc 2,2 Indice de saponification........ AE 194,5 Indice d'i0de xs: 252 ee ter ess | 428,0 DONCICERE Indice de Hlehnes- Re mere ee 95,8 Acides volatils solubles............. AE 0,1
» » INSOIUDIEST, 5-50 ets 0,7
C'est une huile semi-siccative, utilisable pour l'éclairage et en savonnerie ; elle est comestible. Le tourteau obtenu après broyage contient environ 28,2 d’albuminoïdes, 27 d'amidon, 7 d'huile, 24,4 de cellulose et 5,8 de cendres. La teneur en albuminoïdes est plus élevée que dans les tourteaux de soleil et de coton. L'inconvénient peut être, pour lalimentation, la présence des enveloppes des grains, qui sont très fermes. Il n'y a ni alcaloïde, ni glucoside cyanogénique. {Bulletin of the {mperial Institute, Juillet-Septembre 1915.)
En Rhodésie en 1914-1915. — Dans la Rhodésie du Sud, la surface cultivée, du 1° Avril 1914 au 31 Mars 1915, par les fermiers européens, était de 73.076 hectares, dont un peu plus des trois quarts dans le Mashonaland et le reste dans le Matabeleland. La culture du maïs a été de 66.600 hectares, avec une production de 326.353 sacs, soit environ 29.668 tonnes, à destination surtout du Royaume-Uni et de l'Australie. L’élevage se développe ; le nombre des bêtes à corne des Européens et des indigènes, en 1914, était de 748.058 contre 463.923 en 1911. On élève de plus en plus le mouton pour la viande et pour la laine. Il n’y a pas de maladie contagieuse grave. La récolte du tabac en 1915-1916 a été, d'autre part, de 450.000 livres. L'or extrait dans cette Rhodésie du Sud, en 19135, a été de 3.823.167 livres sterling, soit 95.579.175 francs.
Dans la Rhodésie du Nord, la surface cultivée par les Européens en 1914-1915 a été de 11.490 hectares, dont un peu plus de moitié en maïs, le huitième en cotonniers et environ 360 hectares en tabac. De fin Mars 1914 à fin Février 1915 la production du cuivre a été de 813 tonnes, d'une valeur de 31.618 livres sterling. L'extraction du minerai de bismuth (à 60 à 70 pour cent de rendement) s'accroît. {Bulletin of the Imperial Institute, Avril-Juin 1916.)
Produits divers. — Le buis du Cap, où Buxus Macowant Oliv., est un petit arbre des forêts de la Province du Cap. Son bois, d’après les premières études faites à Fimperial Institute,
semble pouvoiy être utilisé comme celui du buis d'Europe.
Ss
Jusqu'alors le buis exporté du Cap provenait du Gonioma Kamassi (Apocynacées); il est surtout connu, commercialement sous le nom de buis de Knysna, d'après le port d'embarquement.
L'Imperial Institute a encore étudié, au point de vue de leur teneur en tannin (Bulletin de Juillet-Septembre 1913), les gousses de la variété Xraussiana de V Acacia arabica. Ces gousses complètes ont donné 11,6 pour cent d’eau, 19,6 de tannin, 20,8 de matières extractives et 3,7 de cendres. Des gousses également complètes, mais de lespèce-type, et provenant de la Nigérie du Nord, contenaient 26,69 pour cent de tannin.
L'or. — L'Afrique Australe a fourni en 1915 pour 46.381.785 livres sterling, soit 1.159.544.625 francs, d'or, dont 38.627.461 livres représentent la part du Transvaal, et 4 millions environ celle de la Rhodésie.
En cette même année, la production mondiale a été de 97.869.870 livres, soit 2.446.736.750 francs, dont les deux tiers environ proviennent des possessions britanniques. (Dépéche Coloniale, 28 Avril 1916.)
Zanzibar est située entre 5°42 et 6°28 de latitude Sud; l'île de Pemba est à 64 kilomètres environ au Nord, entre 4°50 et 5°30 de latitude Sud. A Zanzibar même, la pluviosité moyenne est de 1 m. 525. Pemba a une moyenne plus élevée, surtout dans le centre ; à Banani, il est tombé, en 1913, 2 m. 172 d'eau. Les saisons pluvieuses sont bien délimitées ; les grosses pluies se produisent en Avril et Mai, avant le commencement de la mousson Sud-Ouest, et les petites pluies en Novembre et Décembre, avant le début de la mousson Nord-Est.
La superficie totale de Zanzibar est de 160.000 hectares, sur une grande partie desquels le sol est coralliaire, couvert d'une végétation buissonnante ou herbacée. La superficie de Pemba est d'environ 98.000 hectares. En 1910, il y avait 114.669 habitants à Zanzibar et 85.000 à Pemba.
La principale source de richesse du Protectorat est aujourd'hui le giroflier, dont les premières graines, en provenance de la Réunion, furent introduites en 1818. Un ouragan ayant détruit toutes les plantations de Zanzibar en 1872, les girofliers actuels de File datent, au plus, de cette année-là ; à Pemba, qui ne fut pas atteint, il y a des arbres de 80 à 90 ans. Le commerce annuel des clous est de plus de 400.000 frasilas, soit 8.242.000 kilos, la frasila étant de 55 livres anglaises. En 1913, il a été exporté 8.068.383 kilos ; et pour 1913-1914, les récoltes ont été de 135.399 frasilas à Zanzibar et ° 591.222 à Pemba. Pemba représente, avec 14.000 à 20.000 hectares, plus des deux tiers de la culture du giroflier ; et il y a probablement dans les deux îles réunies 5 à 6 millions d'arbres
en rapport. Les Arabes, d'ailleurs, qui s'occupent spéciale-
ment de cette culture ont depuis longtemps cessé d'établir de nouvelles plantations.
Ce serait entre 30 et 40 ans que Îe giroflier donnerait son maximum de rapport. Les récoltes, on le sait, sont très variables ; il y en a une bonne tous les 3 à 5 ans. En bonne année, de gros arbres donneront 60 à 70 livres de clous secs, d’autres donneront beaucoup moins. La moyenne annuelle générale dans les plantations arabes peut être évaluée à 3 livres 1/2 à 4 livres de clous secs par pied. 100 livres de clous frais fournissent environ 47 livres 1/2 de clous desséchés.
Après le giroflier, l’arbre le plus important du Protectorat est le cocotier, dont l'importation est aussi cependant récente. On admet qu'il y a environ aujourd’hui 2.500.000 arbres, couvrant environ 18.000 hectares. Ces arbres correspondent à cinq variétés, dont deux de Pemba. Une variété rouge de Zanzibar est considérée comine la meilleure; lune des deux variétés de Pemba est surtout appréciée pour son lait, l’autre pour le coprah. D'une façon générale, le coprah de Zanzibar n'est pas de bonne qualité. Il est, soit séché au soleil, soit enfumé, mais, en ce dernier cas, est tout à fait inférieur. En 1913 les exportations des deux îles réunies ont été de 7.412 tonnes. Une certaine quantité d'huile est préparée dans les îles mêmes ; et les exportations réunies d'huile de coprah et d'huile de sésame ont représenté en 1913 35.918 roupies. Il n’y à pas de fabrication de coir.
Le caoutchouc indigène provient surtout du Zandolphia Kirkii, qui se trouve en forêt à Pemba; un peu aussf est donné par le Mascarenhasia elastica. En 1913, il a été exporté une tonne environ de caoutchouc. De grandes plantations de caoutchoutiers de Céara avaient été faites en 1907 dans ie Nord de Pémba, mais les difficultés de main-d'œuvre et de communications Îies ont fait abandonner.
À Zanzibar imnême on ne récolte plus aujourd’hui de copal. Les exportations (164.159 livres en 1915) étaient alimentées en ces dernières années par lEst Africain Allemand, mais la
diminution des récoltes dans la coionie allemande, puis la
concurrence du kaori de Nouvelle-Zélande les ont fait décliner. 5
En déclin aussi l’industrie des piments, que cultivèrent un moment en grand, sur la bande coralliaire de la côte Est de Zanzibar, les indigènes de l'île, les Wahadima. La diminution de ce commerce est due à la fois au manque de soin des indigènes dans la récolte et dans la préparation et aux procédés déshonnêtes ou défectueux des maisons d'achat des villes. Puis les cultivateurs donnent de plus en plus la préférence au giroflier. Les exportations, en 1905, étaient de 500.309 livres ; en 1912, elles étaient de 104.720, et, en 1913, de 76.513, d’une valeur de 1.042 livres sterling.
L'industrie sucrière, qui fut prospère à l’époque de Fesclavage, est aujourd'hui presque abandonnée. Quant à la vanille, dont le Gouvernement en 1897 encouragea la culture, et dont une plantation fut établie à Dunga, ni les Arabes ni les indigènes n’ont consenti à s’y intéresser, et sa production reste localisée aux Seychelles.
Parmi les cultures accessoires, il faut encore citer celle des Légumineuses, notamment de larachide et du voandzou, puis celle du sésame, du Jafropha Curcas, du Telfairia pedata— qui est principalement une culture des Wahadimu,— du ricin, du Sapindus Saponaria, du tabac — que les Wahadimu et surtout les Wapemba, aborigènes de Pemba, cultivent avec l’arec et le bétel pour le chiquer —des agrumes et autres arbres fruitiers, etc. Le palmiste est indigène; le kapokier est commun. (Pulletin of the Imperial Institute, Juillet-Septembre 1914.)
Les noix de Canarium. — L'Imperial Institute a analysé des graines du Canarium Colophania de Maurice, en comparaison avec des graines de Canarium commune de Malaisie et de Canarium rufum des Straits Settlements.
Les noix de Canarium Colophania se composent de 96 pour cent de noyau et 4 pour cent de graine; celles de Canarium rufum de 95,3 pour cent de noyau et 4,7 pour cent
de graine; et celles de Canarium commune de 87,1 pour cent de noyau et 12,9 pour cent de graine.
Toutes ces graines ont comme composition entésimale :
C. commune C. rufum C. Colophania Eau:ss ee tere > A MER EURS Dire flo See 4,2 Albuminoides.55.. 01153) 00r:-s 1104 Er ULEE 15,9 Amidonr 2e 21 - TA Ce APRES et 9 Substances grasses 072,300. 7000 ec re 64,6 Cellulose sm RARE Re an Re Te PEN 2,1 Cendres 72 DOTE Sn ne de 4,2
Ily a donc, dans les deux premières espèces surtout, un très haut pourcentage d'huile, mais la forte proportion de noyau et la difficulté qu'on éprouve pour le casser en diminuent l'intérêt, soit pour l'extraction de cette huile, soit pour l’utilisation de lamande en confiserie. Cette amande n’a d’ailleurs pas de saveur qui puisse la faire préférer aux autres sortes actuellement employées. (Bulletin of the Imperial Institute, Octobre-Décembre 1914.)