‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 3)Chapitre 267 sur 285 · d'écorces tannantes · texte numérisé non relu

d'écorces tannantes

52 » de kapok.

723 » de maïs.

36 » de tabac.

C'est donc le chanvre de Sisal qui était devenu en ces dernières années le grand article d'exportation de la colonie. La valeur des 16.738 tonnes de 1912 était approximativement de 9.200.000 francs. La culture de la plante textile dans FEst Africain remonte à 1893, époque où elle fut introduite par la Compagnie de FEst Africain Allemand; en 1912-1913, elle couvrait environ 25.000 hectares. Elle réussissait d’ailleurs dans des conditions de climat et de sol très diverses, et aussi bien dans les terres riches et argileuses de lUsambara que dans les terrains calcaires du littoral, dans le Nord comme dans le Sud. Les régions côtières de Tanga, de Pangani, de Lindi et de Mikindani semblent particulièrement convenir, mais, dans l'intérieur, le long de la voie ferrée du Tanganyka, par exemple à Kilosa, les essais faits dans la terre des steppes ont aussi donné de bons résultats, d’après M. Bruck. (Die Sisalkultur in Deutsch-Ostafrica, in Verhandlungen des Vorstandes des Kolonial-Wirthschaftlichen Komitees, Décembre 1912). On observe, cependant, suivant les sols, certaines différences. Dans les terrains très riches, comme ceux de l'Usambara, la végétation est rapide, et les rejets plantés donnent une première récolte au bout d’un an et demi; mais la plante est épuisée à trois ans. Dans les terrains très pauvres, comme les terrains calcaires du littoral, la première récolte doit être attendue 4 ou 5 ans et la plante dure longtemps, car la floraison est tardive. Dans les terrains moyens, la première coupe a lieu à trois ans et on peut récolter pendant 5 à 7 ans. Ce sont ces dernières terres qui sont évidemment les meilleures, celles qui viennent ensuite étant les terres pauvres, de préférence aux terres trop riches. En ces sols de richesse moyenne, un pied de sisal, qui duré environ 10 ans, donne, au total, 200 feuilles, avec 3,5 à 4 peur cent de filasse. La croissance de la plante est surtout rapide

si la plantation a été faite avec de vieux rejets, avant jusqu'à 59 centimètres de longueur. Il faut, en général, éviter plusieurs cultures successives de la plante sur la même terre. En sol convenable, et sans culture intermédiaire, les

meilleurs intervalles entre les pieds seraient de 2 m. 25

sur 1 m. 25.

Le second textile important pour l'Est Africain Allemand serait le coton; en tout cas, c'est dans cette colonie que les Allemands s'étaient activement attachés à la culture du cotonnier, qui occupait en 1913 22.000 hectares. Les 1844 tonnes de coton brut de 1912 représentaient plus de 2 millions et demi de francs, et en 1913-1914 les exportations étaient de 11.000 balles de 250 kilos, équivalant à 5 millions de francs. Sur les 22.060 hectares de 1913, 15.600 appartenaient aux indigènes et 6.400 aux Européens. Cette culture du cotonnier a surtout progressé dans les districts de Bagamoyo, Mohoro, Kilwa et Lindi, sur la côte, dans celui de Morogoro, sur le chemin de fer du Tanganyka, puis, plus au Nord, dans celui de Muansa, près du Victoria-Nyanza. Les meilleurs rendements ont été obtenus à Mohoro, Lindi et Kilwa. Dans le district de Morogoro, les insectes ont causé de grands dommages. Une des plus importantes plantations est la plantation Otto, créée en 1907 par un Wurtembourgeois à Kilosa, sur la voie ferrée du Tanganvka. Au moment des hostilités, quatre Stations cotonnières étaient déjà organisées dans le Protectorat. La sorte qui paraissait le mieux réussir était le ‘*Nyassaland Upland”, les variétés américaines semblant préférables aux variétés égyptiennes.

Enfin, une troisième culture textile qui était recommandée dans le Protectorat était celle du kapokier, qui était, en 1912, de plus de 2.500 hectares ; et nous avons vu, par le tableau donné plus haut, que les exportations étaient en 1912 de 52 tonnes (d'une valeur de plus de 78.000 francs.)

Par ce même tableau, on a pu se rendre compte aussi de l'extension qu'avait prise dans l'Est Africain la culture des caoutchoutiers, puisque le caoutchouc de plantation était

devenu en valeur le second article d'exportation (9.050.000 fr.),

bien autrement important que le caoutchouc sylvestre donné par le Landolphia Stolzii de Langenburg, ou le Zandolphia dondeensis du Sud, ou encoreles Landolbhia Kirkii et lucida, le Mascarenhasia arborescens et le Clitandra kilimand- Jarica. Le principal caoutchoutier cultivé était le Manihot Glaziovii, ou caoutchoutier de Céara, sur le mode d’exploitation duquel M. Zimmermann, le directeur de la Station d'Amani, avait fait de si nombreuses expériences. Bien plus réduites étaient les cultures de Funtumia elastica, d'Hevea brasiliensis et de Ficus elasfica, qui ne représentaient au total, en 1912-1913, que 414 hectares, alors que le caoutchoutier de Céara en couvrait 45.000 environ. Ce serait surtout dans les districts de Tanga et de Morogoro que cette culture s'était étendue.

Une tout autre culture, mais encore intéressante à citer, dans le Protectorat, est celle du caféier. Celle-ci s'est principalement développée dans le Nord-Ouest, vers la frontière de l'Ouganda, dans le district de Bukoba, près du Victoria-Nyanza, puis, dans le Nord-Est, dans les districts de Wilhelmstal, de Moschi et d’Arusha, ces deux derniers au sud-est du Kilimandjaro et du Méru. Dans toute cette région que dessert la voie ferrée de Tanga à Moschi, la zone des plantations s'élève jusque vers 1.500 mètres. La variété principale de caféier cultivée serait le Co//ea robusfa.

On sait que, d'autre part, lorsque, dans le Kilimandjaro- Méru, on s'élève en altitude et dans la direction du Nord-Ouest, la zone des plantations fait place à la zone des steppes ; et ces steppes Masai, moins humides et plus habitables à l'Européen que la zone plus basse, où règne la malaria et où l'indigène seul peut vivre, sont une région d'élevage, comme l'est encore, plus à l'Ouest, vers le Congo Belge, la contrée des Watussi (Ruanda, Urundi et Ujiji). Au total, on comptait en 1912 dans le Protectorat 2.500.000 bovidés ; et on relevait aux exportations, outre les 2.885 tonnes de peaux plus haut mentionnées, 324 tonnes de produits de laiterie (beurre, lait, fromage, œufs), consommés en divers points de la colonie, ou expédiés à Zanzibar ou dansl'Inde. Malheureusement la présence de la

tsétsé rend une grande partie du territoire impropre à l'élevage.

Comme minéraux, nous avons eu surtout à citer plus haut le mica et l'or.

Le mica, qui était entièrement exporté en Allemagne, est de la variété z1uscov1fe et est principalement exploité dans les districts de Bagamoyo, de Morogoro et de Mahenge, le grand centre étant dans les monts Uluguru, du district de Morogoro.

L'or est à l’état de dépôts alluvionnaires en divers points de la colonie, notamment dans le district de Muansa, sur le bord méridional du Victoria-N yanza et sur le plateau d'Iramba, au sud-est de Muansa.

Il faut encore signaler les grenats du district de Lindi, le charbon de la partie au nord du Nyassa, qui contient 60,60 pour cent de carbone et 18,50 de cendres, des minerais de fer, les minerais uranifères des pegmatites des monts Uluguru, etc.

Dans la région littorale et sur les plateaux avoisinants de Noto, Makondé et Muera les indigènes récoltent le copal, qu'ils extraient du sable d’une profondeur d'à peine C0 centimètres, et qui est exporté par Lindi et les autres ports vers

Zanzibar.

NOUVELLE-GUINEE ALLEMANDE

La Nouvelle-Guinée Allemande, composée d'îles ou de parties d'îles disséminées dans FOuest du Pacifique, comprend :

la portion Nord-Est de la Nouvelle-Guinée désignée sous le nom de Kaiser-Wilhelmsland, ou Terre de FEmpereur Guillaume (180.000 kilomètres carrés ;

l'archipel de Bismarck (peut-être 50.000 kilomètres carrés);

lies îles Bougainville et Buka, du groupe des Salomon {10.000 kilomètres carrés environ);

les îles Carolines, les îles Palaos et les îles Mariannes (1.600 à 2.000 kilomètres carrés) ;

les îles Marshall (415 kilomètres carrés).

Tout cet ensemble se trouve compris entre environ 21 degrés latitude Nord et 10 degrés latitude Sud et 130 degrés et 170 degrés longitude Est.

La prise de possession du Kaiser- Wilhelmsland par l'Allemagne date de 1884 et les frontières furent établies en 1885. L'Archipel Bismarck fut également acquis en 1884. Le Protectorat des Salomon date du 14 Octobre 1885, celui des Marshall de 1885 et 1886.

L'annexion des Carolines, des Palaos et des Mariannes est plus récente, puisque ces îles n’ont été achetées à l'Espagne qu'en 1899.

Dans le Kaiser-Wilhelmsland, dont la superficie représente environ 28 pour cent de la superficie totale de la Nouvelle- Guinée, la principale ville, qui est le siège du Gouvernement de la Nouvelle-Guinée, est Rabaul. Les principaux refuges sont Friedrich-Wilhelmshafen et Konstantinhafen. La contrée

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