GUINÉE PORTUGAISE
A la suite d'un voyage dont il fut chargé par le Gouvernement Portugais, en vue d'organiser des services agricoles en Guinée Portugaise, M. Machado da Fonseca a rédigé un rapport très documenté sur la situation actuelle de cette colonie.
En général, les terres cultivables sont argilo-humo-calcaires ; très fertiles, elles ne nécessitent pas pour le moment beaucoup d'engrais.
On cultive en grand le riz et le maïs, et il y a beaucoup de rizières de montagne. On récolte de Décembre à Mars; le rendement est de 40 à 42 hectolitres à l’hectare. On cultive aussi d’autres céréales, ainsi que les maniocs et la patate douce. ù
Le cotonnier est un peu cultivé dans les régions de Farim, Bolama, Bafata et Cacine, et semble donner de bons résultats.
Il y à de grandes cultures d’arachides par les Européens. On sème après les premières pluies, de fin Mai à Juillet ; les semis sont faits en lignes. On récolte de Décembre à Mars, et environ 1.300 à 1.800 kilos à l’hectare.
Le palmiste est abondant, mais peu productif (6 kilos d'amandes et 3 litres d'huile par pied); il est affaibli par les récoltes de vin de palme.
Des Landolphia, tels que le Z. Heudelofii (\'auteur ajoute, mais évidemment à tort, le Z. senegalensis) donnent du caoutchouc dans les régions de Farim et de Batafa, où on les incise ou les abat de Novembre à Mai. On coagule avec le sel ou avec le suc du fruit de tamarinier, puis on sèche au soleil
et on faconne en boules.
Il n'y a que de très petites cultures de caféier et de cacaoyer. La canne à sucre est surtout cultivée par les colons, et sur une très petite surface, dans les régions de Farim et de Batafa, où la température moyenne annuelle est de 25 degrés à 26 degrés, la saison des pluies durant de Mai à Octobre. On plante de Mars à Mai: les boutures sont mises à 50 centimètres de distance, dans des sillons de 40 à 60 centimètres de largeur et de 30 à 50 centimètres de profondeur, espacés de 1 mètre à 1 m. 50. On récolte huit mois après, de Décembre à Mai. La plantation est renouvelée tous les trois ans, après trois coupes. On ne fabrique pas de sucre ; toute la canne est destinée à la fabrication de l'alcool. 14 colons seulement se livrent à cette culture, sur une superficie totale de 34 hectares. (Revista agronomica, 11° année, 2° série, vol. 2).
ANGOLA 177 ANGOLA L’Euphorbia Tirucalli. — Cette Euphorbiacée xérophile
croît spontanément en beaucoup de sols arides ou sablonneux de l'Afrique, dans l’Angola, au Natal et en Afrique Orientale Allemande. Elle est tout particulièrement exploitée dans l'Angola, où elle fournit la substance commercialement connue sous les noms d’a/méidine, de potato gum, d'euphorbia-gum, où encore de caoutchouc de tirucalii.
Le latex que laissent écouler les diverses parties de la plante, après incision, est composé de 64 à 67 pour cent d’eau et 33 à 36 pour cent de coagulat. M. Scassellati-Sforzolini, qui juge cette euphorbe intéressante pour la Somalie italienne méridionale, indique comme composition centésimale moyenne du coagulat :
Caontchonc nsc 14,03 Résine rt tu s 7014 RrOtÉIneS 2eme 1,46 Substances insolubles..... 5,40 } EEE TOM PTE ME Rte: 00
C'est, selon l'auteur, une substance qui est de valeur commerciale secondaire, mais qui ne doit pas être exagérément dédaignée. Elle pourrait avoir, par exemple, Fintérêt du jelutong de Malaisie et entrer en mélange dans la préparation de certains caoutchoucs ou de certaines guttas, En fait, il v a depuis longtemps des exportations d'alméidine de lAngola en Angleterre ; et des essais sur le produit ont déjà été faits à Londres par l’Imperial Institute. En 1911-1912 12.000 kilos étaient exportés du Natal en Angleterre. (Agricol{ura Coloniale ; Florence, 1916).
Le territoire portugais du Mozambique, situé au sud de l'Afrique Orientale Allemande, s'étend, vers le Sud, au delà du tropique du Capricorne. Sa partie méridionale est donc extra-tropicale ; c’est le cas de la région de Lourenço- Marquès.
L'industrie sucrière est parmi les plus importantes de la colonie ; les exportations de sucre, qui étaient déjà de plus de 30.000 tonnes en 1910, ont peut-être doublé depuis lors. Les vallées de lInkomati, du Buzi et du Zambèze sont particulièrement favorables à la culture de la canne.
Dans les forêts, les Landolphia donnent du caoutchouc, qu'on retire également du Mascarenhasia elastica. Dans le district de Quilimane, où les pluies atteignentannueilement 1 m: 950, en se répartissant à peu près régulièrement sur tous les mois, il y a des cultures de caoutchoutier de Céara. Au sud du Zambèze, la période de sécheresse est trop longue pour que ces mêmes cultures soient possibles.
Comme plantes oléagineuses, on connaît bien le 77afouraire, où 7richilia emetica, et le Telfairea pedatfa, où jikungu, ou nkwèrme. Le mafouraire est abondant dans la région d'Inhambané et s'étend sur une vaste zone, mais les trop faibles prix offerts et le manque de moyens de transport restreignent l'exportation annuelle des graines, qui ne dépasse guère.1.000 tonnes.
Les arachides ne sont cultivées que par les indigènes, qui, dans la région de Quilimane, s’en servent comme paiement de taxe en nature, auprès des Compagnies Prazo.
Parmi les textiles, le chanvre de Sisal semble particulièrement convenir au Mozambique, et, en fait, v est cultivé au voisinage des cours d’eau, notamment sur le territoire de la Compagnie du Mozambique et dans le district de Quilimane. La proximité de la rivière facilite l'extraction du chanvre. Le Fourcroya gigantea, qui peut croître à plus haute latitude que le chanvre de Sisal, est cultivé dans le district d'Inhambané; une plantation a été aussi établie près de Lourenço- Marquès. Mais le plus faible rendement de cette espèce, comparativement à celui du sisal, ne laisse guère prévoir une grande extension de la culture. On pourrait essayer le Phormium tenax, qui, comme lAgave sisalana, est sans épines et fournit 12 pour cent de filasse.
Quant au cotonnier, les variétés égyptiennes n'ont pas jusqu'alors donné de bons résultats ; peut-être le Nyassaland- Uplandconviendrait-il mieux, mais sans qu'il soit actuellement possible de se prononcer.
Enfin une culture qui pourrait offrir de l'intérêt est celle du tabac, puisqu'elle est satisfaisante dans le Nyassaland et en Rhodésie. Elle est déjà faite à Inharrimé, au sud d’Inhambané, où elle est principalement entre les mains des Grecs ; elle est entreprise également par la Compagnie du Zambèze à Bompona, sur les bords du Shire, où on a introduit des types américains, et fait aussi des essais sur les sortes de Turquie, de Sumatra et de Cuba. (Lyne : 7he Agriculture of Mozanmbique Province, Portuguese East Africa, dans le Bulletin of the Imperial Institute, Janvier-Mars 1913. — Zobaccos from Portuguese East Africa, dans ie même Bulletin.