‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 3)Chapitre 30 sur 285 · Raymond-Hamet, loco cit., t, VII, p · texte numérisé non relu

Raymond-Hamet, loco cit., t, VII, p

choe crenata d'Haworth, l'autonomie spécifique que je lui avais déniée dans ma monographie, je dus, dans un récent mémoire !, restituer à la plante de Baker le binôme que je lui avais primitivement imposé.

Quelques années auparavant, la Direction de l'herbier de Kew m'ayant fait parvenir un dessin exécuté, par M. Smith, d'après l'échantillon authentique du ÆXalanchoe laxiflora, javais signalé? la similitude probable de cette espèce et du Xalanchoe crenata R. H.. Mais c'est seulement au cours de l'an dernier que l'étude des spécimens originaux du Æalanchoe laxiflora et du Bryophyllum crenatum me convainquit de l'identité de ces deux plantes.

En effet, parmi les caractères que la comparaison des diagnoses originales permettrait de considérer comme différentiels de ces deux Crassulacées, la couleur de la corolle, rouge dans le Bryophyllum crenalum, jaune dans le Xalanchoe laxiflora, et la forme des pétales, orbiculaire-cunéiforme dans le premier, ovée dans le second, pourraient seuls être prises en considération ; mais l'étude des spécimens authentiques m'a permis de constater que ces prétendues différences n'’existient que dans les descriptions. Cette étude m'a permis en outre de me convaincre de l'identité du Bryophyllum crenatum et du KXalanchoe laxiflora, non seulement au point de vue de la forme des organes, mais même à celui de leurs dimensions. Ces deux espèces doivent done être réunies en une seule qui portera le nom de Xalanchoe lariflora. En effet, s'il est exact que le nom le plus ancien qui ait été attribué à cette espèce soit celui de Bryophyllum crenatum, 11 est évident qu'on ne peut, dans le transfert reconnu obligatoire de cette plante dans le genre Xalanchoe, lui conserver son épithète spécifique princeps, puisqu'il existe déjà un Xalanchoe crenata créé valablement par Haworth. Quant au nom de Xalanchoe Tieq-

{. Raymond-Hamet (en collaboration avec Perrier de la Bäthie), Nouv. Contrib. à l'étude des Crassulacées malgaches, in Ann. du Mus. Colon. de Marseille, sér. 3, t. II, p. 31-33 (1914).

2. Raymond-Hamet, Sur quelques Kalanchoe peu connus, in Bull. Soc. bot. France, t. LVII, p. 24 (1910),

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hemi, il est postérieur à celui de Xalanchoe lariflora et doit donc s'’effacer devant lui depuis la constatation de l'identité de ce dernier et du Bryophyllum crenatum.

II. Kalanchoe orgyalis Baker et Kalanchoe antanosiana Drake del Castillo.

Sous le nom nouveau de ÆXalanchoe orgyalis, Baker a décrit !, en 1882, deux échantillons récoltés par Baron dans la région de Betsiléo et conservés dans l’herbier de Kew sous les n% 105 et 279, échantillons auxquels il a attribué les caractères suivants : « An erect glabrous succulent perennial, with stems 6-7 feet long. Lower leaves oblong-spathulate, entire, 3-5 in. long. Flowers in dense corymbose cymes: bracts minute ; pedicels as long or shorter than the flowers. Sepals #, deltoid, glabrous! in. long, connate only at the very base. Corolla vellow, urceolate, lin. long, with four spreading deltoid cuspidate segments not morethan ? as long as the ovoid tube, which is 5-7 in. diam. Stamens 8, inserted biseriately near the throat of the corolla-tube; filaments very short : anthers minute, ovate. Fruit-carpels #, ? in. diam., as long as the corolla, narrowed gradually into the short styles. »

En 1903, Drake del Castillo?, ayant étudié un intéressant Kalanchoe récolté dans le Sud de Madagascar par M. G. Grandidier, le considérait comme une espèce nouvelle que, sous le nom de Xalanchoe antanosiana, 11 décrivait ainsi « Sulfrutex (?) foliis oratis (0 m. 010 >< 0 m. 009) vix acutis basi in petrolum brevem constrictis. Panicula ampla (pedalis etultra), laxa, ramis ascendentibus, ramulis brevibus puberulis, podicellis longiusculis (ad. 1 centim.) ad apicem ramulorum

subconfertis. Calyx campanulatus, lobis deltoideis reflexis.

1. J. G. Baker, Contrib. to the F1. of Madagascar, in Trimen's Journ. of Bot., N. sér., t. XI, p. 110 (1882).

2. Drake del Castillo, Note s. les pl. rec. par M. G. Grandidier dans le S. de Madagascar, in Bull. Mus, Iisl, natur. de Paris, p. #1 (1903.

Corolla urceolata (8-10 millim.) extus superne puberula. Carpella conniventia. »

À ne considérer que les descriptions originales que je viens de transerire, le Xalanchoe antanosiana devrait être considéré comme une espèce distincte du Xalanchoe orgyalis, puisqu'il posséderait des feuilles toutes « ovatis! », et non « lower leaves oblong-spathulate », des fleurs disposées en « pamicula ampla (pedalis et ultra), laxa, ramis ascendentibus ramulis brevibus puberulis, pedicellis ? longiusculis (ad. 1 centim.) ad apicem ramulorum subconfertis » et non point « in dense corymbose cymas ». De plus, alors que le Xalanchoe orqyalis serait complètement glabre, le Xaianchoe antanosiana aurait des « ramulis.. puberulis » et une corolle « extus superne puberula ».

Ces caractères n'ont point, il est vrai, une extrême importance, mais ils présentent cependant une valeur systématique suffisante pour autoriser la distinction spécifique des Æalanchoe antanosiana et K. orgyalis. C’est pourquoi, ayant eu à ma disposition, lors de la rédaction de ma monographie du genre Kalanchoe, non point les échantillons authentiques du K. orgyalis, mais seulement quelques fragments incomplets de ces spécimens, je n'avais point osé m’autoriser de la comparaison de ce matériel rudimentaire avec l'original du Æ. antanosiana, pour réunir cette espèce au À. orgyalis, et, provisoirement du moins, j'avais tenu pour distinctes ces deux Crassulacées.

Certes, cette distinction était basée principalement, ainsi que le prouve mon tableau analytique”, sur la forme des feuilles que je n'avais pu malheureusement vérifier que dans une seule des deux prétendues espèces, mais elle reposait aussi sur quelques caractères différentiels de très minime valeur, il est vrai, mais qui, par suite de la défection de celui que Drake del Castillo avait cru pouvoir tirer de l'inflores-

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