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pour distinguer ces deux espèces, les caractères secondaires que j ai indiqués dans ma monographie. Ces caractères sontils bien constants et l'étude des échantillons originaux aboutitelle à confirmer ou à infirmer leur existence ? C'est ce que je vais maintenant examiner.
Un problème se pose tout d'abord : L'inflorescence est-elle corymbiforme dans le Æ, orgyalis et paniculiforme dans le X. antanosiana, ainsi que l'affirment les diagnoses originales de ces deux plantes, ou est-elle corymbiforme dans l’un comme dans l'autre, ainsi que je l'ai admis dans ma monographie ? En réalité les échantillons originaux du X. orgyalis, tout comme ceux du X. antanosiana, sont réduits à des fragments qui interdisent de se prononcer, sur ce point, d'une façon définitive; si le n° 249 de Baron montre, en effet, des fleurs disposées en une cyme incontestablement corymbiforme, le n° 105 du même collecteur, ainsi que le spécimen authentique du X, antanosiana, laissent voir, au contraire, des axes floraux émettant des rameaux secondaires opposés et terminés par des cymes corymbiformes, ce qui donne à l’ensemble de chacun des fragments conservés l'aspect d'une véritable panicule. L'échantillon récolté par M. Perrier de la Bâthie m'a permis de comprendre la raison de cet apparent dimorphisme. En réalité les fragments examinés sont, non point des axes, mas des pédoncules primaires : les uns, simples, proviennent du sommet de l'inflorescence; les autres, ramifiés, sont extraits de la base de cette dernière.
Mais si les feuilles et l'inflorescence, sur la forme desquelles était basée la distinction originelle des Æ. orgyalis et X. antanosiana, sont absolument identiques dans ces deux plantes, n'en est-il point de même des caractères secondaires dont J'avais jadis admis l'existence ?
La mensuration d'un certain nombre de pédicelles montre que leur longueur est tantôt supérieure, tantôt inférieure, à celle du tube corollin, non seulement dans chacune des deux prétendues espèces, mais encore sur un même fragment.
Les segments corollins, aussi bien dans le À. orgyalis que dans le À, anlanosiana, sont plus ou moins largement ovés
et se rétrécissent peu à peu, à partir du niveau de leur plus grande largeur, niveau qui se trouve toujours au-dessous du milieu, jusqu'au sommet aigu et légèrement cuspidé.
Dans les deux plantes, le sommet des anthères oppositipétales, qui dépasse l'extrémité supérieure des anthères alternipétales, atteint environ le milieu des segments de la corolle.
Quant aux carpelles, ils sont absolument identiques dans les deux prétendues espèces.
On peut donc conclure à l'inexistence de tous les caractères distinctifs invoqués pour séparer le X, antanosiana du K. orgyalis, et il nous suflira, pour justifier la réunion de ces deux espèces, de faire remarquer que chaque organe est pratiquement identique dans l'une et dans l’autre, non seulement au point de vue de la forme mais même sous le rapport de la dimension.
C'est ce qui résulte du tableau comparatif suivant :
Voir p. 132.
On pourrait peut-être nous opposer que les sépales et les pétales sont un peu plus grands dans le X, antanosiana que dans le À. orgyalis, mais les échantillons récoltés par M. Perrier de la Bâthie m'ont montré, non seulement que les chiffres, exprimant la longueur de ces organes dans les spécimens originaux, étaient reliés par de nombreux intermédiaires, mais encore qu'ils ne représentaient même point les extrêmes de la série que la mensuration de nombreuses fleurs m'a permis de constituer. La longueur des sépales varie, en effet, de 1.60 à 4.80 mm. en passant par 1.75-2.20-2.40- 2.80-2.90-3.20-4: leur largeur, de 1.40 à 2.85 mm. avec 5 chiffres intermédiaires : 2-2.40-2.50-2.70 et 2.75. La longueur des pétales varie de 2.25 à 3.90 mm. en passant par 2.50-2.80-3 et 3.20 ; leur largeur va de 1.75 à 5.80 mm., avec # chiffres intermédiaires : 2.50-3.05-3.10 et 3.20.
On pourrait aussi arguer contre nous de ce que les sépales sont un peu plus larges que hauts dans le X, orgyalis, alors que dans le X. antanosiana, ils sont un peu plus hauts que larges. Mais cette différence tient à l’âge dissemblable des échantillons considérés. Les sépales, un peu plus hauts que
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larges dans leur jeunesse, s'élargissent peu à peu en vieillissant et parviennent à être plus larges que hauts.
IT. Kitchingia porphyrocalyx Baker, Kalanchoe porphyrocalyx Baillon et Kalanchoe sulphurea Baker.
C’est pour une plante récoltée par Baron dans la région centrale de Madagascar, et conservée dans l'herbier de Kew sous le n° 1708, que Baker créa, en 1883, le binôme de Aitchingia porphyrocalyx qu'il caractérisa ! comme suit « Perennis, qlabra, caulibus decumentibus, foliis oppositis oboobtusis serralis sessilibus, floribus in paniculam lerminalem paucifloram ramis corymbhosis dispositis, pedicellis calyce longioribus, calycis laxi {ubo brevissimo segmentis orbicularibus mucronatis, corollae rubrae tubo infundibulari segmentis deltoideis, staminibus supra medium fubi insertis filamentis brevibus, antheris orbicularibus minultis, stylis carpellis aequilongis. — A fleshy perennial, glabrous in all its parts, with stout simple decumbent stems above a foot long. Leaves opposite, sessile, decussate, 1-15 in. long, very obtuse deltoid at the base, thick in texture, distinctly inciso-crenate green and glabrous on both surfaces. Flowers in à lax terminal panicle with corymbose branches ; pedicels slender, under ? in. long ; bracts minute, falling before the
flowers expand. Calyx fin. long & in. in diam. ; tube very
short, segments orbicular, with a distinct mucro. Corolla ?-7 in long with a funnel-shaped tube 5-5 in. in diam. and #4
deltoid segments. Stamens inserted above the middle of the corolla-tube ; filaments rather flattened, under { in. long ; anthers minute, orbicular, just protruded from the corollatube. Fruit-carpels subcylindrical, £ in. long, narrowed gradually into filform styles of the same length. »
Deux ans plus tard, Baillon * ayant, comme on sait, réuni
1. J. G. Baker, Contribut. Lo the FI. of Madagascar, in Journ. of the Linn. Soc., Bot.,t. XX, p. 142 (1883).
2. H. Baillon, Liste pl. Madag., in Bull, mens. Soc. linn. de Paris, n. 69, p. 469 (1885).
le genre Xifchingia au genre Kalanchoe, substitua au nom de Xitchinqia porphyrocalyr celui de Kalanchoe porphyrocalyr, mais, n'ayant pu examiner l'échantillon authentique de cette espèce, il dut se borner à la faire figurer, sans aucune observation, dans son énumération des Crassulacées malgaches.
En 1887, le créateur du Xüchingqia porphyrocalyx, considérant, comme un Âalanchoe nouveau, l'échantillon récolté par Baron sous le n° 4180, lui attribuait le nom spécifique de sulphurea et le décrivait ainsi! : « Perennis, glabra, foliis caulinis sessilibus oblongis obtusis carnosis, floribus paucis lare cymosis pedicellis elongatis cernuis, calyce laro tubo campanulalo dentibus deltoideis tubo aequilongis, corollae luteae tubo cylindrico, seymentis latis brevibus stylis elongatis. — À perennial, glabrous in all its parts. Leaves thick, fleshy, sessile, oblong, entire. Cymes lax-few-flowered : pedicels very slender, cernous 5 in. long. Calyx in. long. Corolla an inch long, with a cylindrical tube { in. in diam., and 4 short segments as broad as long. Stamens reaching halfway up the corolla segments. Ovaries cylindrical, narrowed gradually in a style ? in. long. »
N'ayant pu étudier, lors de la rédaction de ma monographie du genre ÆXalanchoe, les échantillons authentiques des K. porphyrocalyx et K. sulphurea, je dus alors me résigner à considérer ces deux espèces comme « non satis notae » et me résoudre à n’en publier qu'une incomplète description ? extraite de la diagnose originale.
Mais, en 1910, la direction de l'Herbier de Kew ayant, sur mes instances pressantes, consenti à mettre à ma disposition, sinon les spécimens originaux des X. porphyrocalyæ et Æ. sulphurea, du moins des dessins exécutés d'après eux par M. Smith, j'ai pu, dès lors, non seulement affirmer que ces deux plantes appartenaient à mon groupe 9, mais
1. J. G. Baker, Contribut. to the F1. of Madagascar, in Journ. of the Linn. Soc., Bot., t. XXII, p. #71 et 472 (1887).
2. Raymond-Hamet, Monogr. du g. Kalanchoe in Bull. Hb. Boissier, sér.2,t. VII, p. #1 (K. porphyrocalyæ) et 42 (K. sulphurea) (1908).
encore décrire leurs caractères ! aussi fidèlement du moins que le permettaient de simples dessins d’une exactitude toujours contestable. Pourtant, quoique les affinités des Æ. porphyrocalyx et K. sulphureä m'aient alors paru fort étroites je n'avais point osé réunir ces deux plantes, car il eût fallu pour cela faire abstraction des caractères différentiels révélés par les dessins de M. Snuth, dessins que, jusqu'à preuve contraire, J'étais contraint de considérer comme exacts.
Fort heureusement un séjour à Kew m'ayant permis d'étudier les échantillons authentiques des X. porphyrocalyx et K. sulphurea, je puis émettre, enfin, sur les affinités de ces deux plantes, une opinion que la simple comparaison de leurs diagnoses originales eûùt été impuissante à édifier. En effet, si l’on se borne à rapprocher l’un de l’autre les deux textes de Baker, on est conduit à admettre l'existence d'un certain nombre de caractères différentiels qui permettraient de séparer le X. sulphurea du X. porphyrocalyx, caractères dont voici l’énumération :
K. sulphurea. K. porphyrocalyz.
Foliis oblongis, entire. Foliis obovatis, deltoid at the base, serratis (distinctly incisocrenate).
Floribus laxe cymosis (cymes Floribus in paniculam pauci-
few-flowered). floram ramis corymbosis (lax terminal panicle).
Pedicels + in. long. Pedicels under + in. long. Calyx + in. long, Calyx £in. long, dentibus deltoideis segmentlis orbicularibus mucronatis, tubo aequilongis. tubo brevissimo.
Corollae luteae Corollae rubrae an inch long, 2 in. long, tubo cylindrico tubo infundibulari £ in. in diam. 5-5 in. in diam.
Stamens reaching halfway up the Anthers just protruded from the
corolla segments. corolla-tube.
1. Raymond-Hamet, Sur quelques Kalanchoe peu connus, in Bull. Soc. Bot. France,t. LVII, p. 49 (Æ. porphyrocalyæ) et 51-52 (K, sulphurea) (1910),
Ces prétendus caractères distinctifs sont, les uns inexistants, les autres sans valeur systématique.
En réalité, les feuilles sont, dans les deux plantes, oblongues et rétrécies à la base en un très court et assez large pétiole. Il est vrai que celles du Æ, porphyrocalyæ sont un peu plus larges que celles du X. sulphurea et ont des bords sinués et non largement crénelés: mais ces caractères ne peuvent être pris en considération, car les nombreux échantillons de X. porphyrocalyx récoltés récemment m’ont permis de constater la présence fréquente, sur un même individu, de feuilles plus ou moins larges et plus ou moins crénelées.
L'inflorescence est subcorymbiforme, pauciflore et lâche dans le À. sulphurea comme dans le X. porphyrocalyæ.
Les pédicelles ont une longueur de 10 millimètres dans le K. porphyrocalyx, de T à 16 millimètres dans le X. sulphurea.
Le calice se compose, dans le X. porphyrocalyx, d'un tube haut de 2.50 à 3.75 mm. et de quatre segments longs de 4.75 à 5.50 mm. et larges de 5.50 à 6 mm. Dans le X. sulphurea, le tube du calice est haut de 3 mm., les segments sont longs de 5 mm. et larges de 4.50 mm. Dans les deux plantes, les segments calycinaux sont ovés et mucronés au sommet; ils sont seulement un peu plus étroits dans le K. porphyrocalyx que dans le X. sulphurea, mais les échanüllons recueillis récemment montrent, non seulement l’insi- - gnifiance d’un tel caractère distinctif, mais encore la présence, sur un même individu, de sépales un peu plus hauts que larges et un peu plus larges que hauts.
La différence observée dans la couleur de la corolle peut d'autant moins être prise en considération qu'elle repose sur l'examen d'échantillons d’herbier dont les nuances varient suivant les circonstances de la dessiccation. La longueur du tube corollin est assez nettement différente dans les deux espèces puisqu'elle atteint 31 mm. dans le A. sulphurea alors qu’elle ne dépasse pas 22 mm. dans le X. porphyrocalyx, mais les échantillons récoltés récemment ont montré non seulement que le hiatus entre ces chiffres était comblé par
de nombreuses valeurs intermédiaires, mais encore que ces chiffres ne représentaient même point les extrêmes de la série exprimant la longueur du tube corollin dans les différents individus examinés, série qui va de 12 à 32 millimètres, en passant par 14, 15, 17.60, 21.50, 22, 23.50, 24.60, 25, 26.25 et 31. Quant à la forme du tube corollin et à son diamètre, les deux plantes sont identiques.
Les étamines dépassent le sommet du tube de la corolle aussi bien dans le X, porphyrocalyx que dans le Æ. sulphurea. Bien plus, à l'encontre de l’assertion de Baker, elles le dépassent même davantage dans le premier que dans le second.
D'ailleurs une étude approfondie des échantillons authentiques des À. porphyrocalyx et K. sulphurea m'a permis de me convaincre que tous les organes de ces deux plantes étaient absolument identiques et qu'il était impossible de trouver la moindre différence, non seulement dans la forme de leurs pétales, de leurs étamines, de leurs carpelles, de leurs styles, de leurs écailles et de leurs graines, mais encore dans les dimensions de ces différentes parties. On en trouvera la preuve dans le tableau suivant :
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IV. Kitchingia campanulata Baker, Kitchingia parviflora Baker, Kitchingia panduriformis Baker, Kitchingia amplexicaulis Baker, Kalanchoe campanulata Baillon, Kalanchoë parviflora Baillon, Kalanchoe panduriformis Baillon et Kalanchoe amplexicaulis Ballon.
C'est en 1881 que le binôme de Xifchingia campanulata fut créé par Baker ! pour une Crassulacée malgache présentant, d'après cet auteur, les caractères suivants: « Stems stouter than in the other species, terete, flexuose. Leaves sessile, linear-oblong, obtuse, cuneate at the base, conspicuously crenate, 2-3 in. long. Flowers 12-20, in a lax globose compound terminal cyme ; bracts minute, linear ; pedicels 5-* in. long. Calyx { in. long : segments deltoid, subacute, rather longer than the tube. Corolla bright red * in.long, the tube broadest at the throat, where it is ? in. diam. ; segments deltoid orbicular, half as long as the tube. Stamens inserted about the middle of the corolla tube ; filaments filiform, 5-5 in. long; anthers minute, globose, Ovaries oblong ? in. long ; style rather longer than the ovary; stigma minute, capitate. »
En 1883, Baker fit connaître trois Aifchingia nouveaux récoltés dans la région centrale de Madagascar par le Révérend Baron.
Le premier fut, sous le nom de ÆXïchingia parviflora, décrit ? comme suit : « Perennis, erecta, glabra, foliis caulinis sessilibus oblongo-lanceolatis obtusis crenatis, floribus in cymam compositam terminalem dispositis, pedicellis bresibus, calycis tubo campanulato segmentis semiorbicularibus, corollae luteae tubo oblongo segmentis ovalis, staminibus infra tubi medium insertis antheris orbicularibus, stylo quam ovarium longiore. — An erect perennial terete, glabrous in all its parts, with stilf simple stems a foot long. Leaves in
1.J.G. Baker, Not. on a collect. of flow. pl. made by L. Kitching in Madagascar, in The Journ. of the Linn. Soc., Bot., t. XVIII, p. 269 (1881).
2. J. G. Baker, Contrib, to the F1, of Madagascar, in The Journ. of the Linn. Soc., Bot.,t. XX,p. 1#1 (1853).
pairs 5-1 in. apart along the lower half of the stem, decussale, erecto-patent, fleshy, obtuse, distinctly crenate, the lower 2-3 in.long, the upper growing gradually smaller and more remote. Flowers numerous, in a corymbose terminal compound eyme 15-2 in. in diam.; pedicels 5-5 in. Calyx campanulate, ? in.long, with a short tube and # semiorbicular segments. Corolla yellow, under ? in. long, with an oblong tube and # obtuse segments one third as long as the tube. Stamens 8, inserted below the middle of the corollatube, with filiform filaments À in. long and small orbicular anthers. Ovaries #, ovoid, Lin. long: styles divergent, longer than the ovary ; stigma capitate. »
Au second, Baker imposa le nom de Xifchingia panduriformis et attribua ! les caractères suivants : « Perennis, erecta, glabra, foliis caulinis sessilibus panduriformibus obtusis crenalis, floribus in paniculam terminalem ramis densifloris corymbosis dispositis, pedicellis flori subaequilongis, calycis parvi tubo campanulato segmentis suborbicularibus staminibus ad tubi corollae medium insertis, stylo quam ovarium paulo longiore. — À glabrous perennial herb, with stiff simple erect stems. Leaves numerous along the lower part of the stem, in pairs 1-1 ? in. apart, sessile, ascending, oblong-panduriform, obtuse, fleshy, 4-5 in. long, crenate, subamplexicaul. Flowers very numerous, arranged in a broad terminal paniele with dense-flowered corymbose branches and a long g, with
a short tube and 4 suborbicular segments. Corolla reddish, under fin. long, with an oblong tube ? in. in diam. and 4 suborbicular spreading segments. Stamens inserted at the middle of the corolla-tube, with filiform filaments £ in. long and small reniform anthers. Carpels as long as the corolla in the fruitingstage, diverding ; style ? in. long. »
Quant au troisième, il reçut le nom de Æitchinqia amplexi-
caulis et fut caractérisé? comme suit : « Perennis, glabra,
naked peduncle. Calyx campanulate, glabrous Lin. lon