LA FLORE MALGACHE
K. parviflora.
Lamina ovato-oblonga,
Inflorescentia corymbiformis.
Flores parvi.
Calyx segmentis tubo æqualibus
semiorbicularibus abrupte cuspidatis lalioribus quam longioribus.
Corolla urceolata, segmentis suborbicularibus abrupte cuspidatis longioribus quam latioribus.
Antherae superiores corollae sesmentorum gentes.
Carpella oblongo-ovata,
medium attin-
stylis quam carpella longioribus.
Squamae semiorbiculares leviter emarginatae
paulum longiores quam latiores.
A l'exception de la couleur des fleurs qui m'a toujours paru sans valeur surtout lorsqu'on l'observe sur des échantil-
lons d’herbier, à l'exception aussi du rapport
corolle corolle
segments de la tube de la
qui m'avait paru identique dans les deux plantes,
les caractères différentiels auxquels j'avais eu recours, notamment la forme des sépales sur laquelle j'avais, dans ma clef analytique, basé la distinction des deux plantes, la grandeur des fleurs et la forme du tube corollin, sont les mêmes que ceux qu'avait employés Baker dans ses diagnoses originales.
Quelle était la réalité et la valeur systématique de ces caractères? c'est ce que l'étude minutieuse des échantillons authentiques des XÀ. campanulala et K. parviflora m'a, seule, permis de savoir.
J'ai pu constater, tout d'abord, que, dans les deux plantes, les feuilles ne sont nullement distinctes. Dans l’une comme dans l’autre, elles sont sessiles, oblongues, légèrement étranglées à la jonction du tiers médian et du tiers inférieur, obtuses au sommet, crénelées dans les deux tiers supérieurs mais entières dans le tiers inférieur. Dans le À. parviflora, de même que dans le X. campanulata, elles ont leur plus grand diamètre vers le milieu et, à partir de ce niveau, se rétrécissent peu à peu jusqu'à la jonction du tiers médian et du tiers inférieur, puis, à partir de ce point, s’élargissent peu à peu jusqu'au milieu du tiers inférieur, et enfin se rétrécissent légèrement à partir dudit milieu jusqu'à la base amplexicaule. L'identité des feuilles est même telle que leurs dimensions sont presque semblables dans les deux plantes. En effet, longues de 87 millimètres dans le À. campanulata et de 80 millimètres dans le X. parviflora, les feuilles sont larges de 23 millimètres dans le premier et de 23.50 millimètres dans le second. ;
J'ai constaté ensuite que les deux échantillons authentiques n'avaient point été récoltés à la même phase de leur développement. Tandis que les fleurs du Æ. campanulata sont pleinement épanouies, celles du X. parviflora sont encore en boutons. C’est à cette dissemblance dans le stade végétatif des spécimens originaux que sont dues les différences constatées dans la grandeur de leurs fleurs, dans la forme de leur tube corollin et dans celle de leurs écailles, enfin dans la longueur relative des carpelles et des styles. En ce qui concerne la dimension des fleurs, il est presque inutile de faire remarquer que les différents organes doivent être plus grands dans la fleur épanouie que dans le bouton. Pour la forme du tube corollin, les échantillons récoltés par M. Perrier de la Bâthie m'ont prouvé que ce tube avait primitivement son plus grand diamètre au-dessus du milieu et, à partir de ce niveau, d'une part se rétrécissait jusqu'à sa base, d'autre part s'atténuait peu à peu jusqu'à l'extrémité inférieure des segments ; mais que, après l’anthèse, il devenait souvent campanulé s’élargissant alors peu à peu depuis son extrémité inférieure jus-
qu'à la base des segments. Quant aux écailles nous savons depuis longtemps que, dans les Xalanchoe, elles sont indifféremment obtuses ou émarginées et s'élargissent progressivement au fur et à mesure de la transformation de la fleur en fruit. Aussi ne faut-il point s'étonner de trouver, dans les fleurs jeunes du À. parviflora, des écailles un peu plus hautes que larges, alors que, dans les fleurs plus âgées du X. campanulata, elles sont aussi hautes que larges ou même un peu plus larges que hautes. Leur forme est d’ailleurs identique dans les deux espèces qui présentent l’une et l’autre des écailles subquadrangulares ou subquadrangulaires-subobtrapézi formes, très obtuses. IL est vrai qu'elles portent au sommet, dans le À. campanulata une crénelure centrale, dans le X. parviflora quatre crénelures situées une à chaque extrémité latérale de l'organe, les deux autres en son milieu; mais l'étude des matériaux récoltés par M. Perrier de la Bâthie m'a prouvé que la désinence des écailles était assez variable dans cette espèce et qu'il n’y avait pas lieu de tenir compte d'un tel caractère. Enfin s'il est vrai que, dans le X. parviflora, les styles sont un peu plus longs que les carpelles, alors que, dans le X. campanulata, ils sont un peu plus brefs que ceux-ci, ce n'est point parce que leur longueur est réellement différente dans ces deux espèces, mais seulement parce que les carpelles sont complètement développés dans le second, alors que, dans le premier, ils n'ont point encore dépassé les stades initiaux de leur évolution.
Une troisième constatation a été celle de l’inexistence de certains caractères distinctifs, de très minime importance d'ailleurs, que les fragments mis jadis à ma disposition m'avaient paru présenter. C'est ainsi qu'à l'encontre de ce que J'avais signalé, les anthères oppositipétales atteignent dans les deux plantes un niveau identique, puisque, dans l’une comme dans l'autre, leur base dépasse très légèrement Île sommet du tube de la corolle sans que leur extrémité supérieure atteigne le milieu des segments corollins. C'est ainsi également qu'il n'y a aucune différence dans la forme des carpelles et que les inflorescences sont pratiquement iden-
Annales du Musée colonial de Marseille. — 3° série, 3° vol. 1915. 10
tiques. C'est ainsi, enfin, que les segments corollins ne présentent pas la moindre différence de forme dans les deux plantes, et sont, dans l'une comme dans l’autre, un peu plus larges que hauts, largement ovés, oblus au sommet au milieu duquel ils portent une petite cuspide.
Un seul caractère distinctif nous reste donc à examiner, celui que j'ai, après Baker, tiré de la forme des sépales et sur lequel, comme je l’ai déja indiqué plus haut, j'ai, dans ma clef analytique, basé la distinction des X. campanulata et K. parviflora. À dire vrai, les échantillons récoltés par M. Perrier de la Bâthie m'avaient déja démontré que l'on trouvait quelquefois, sur un même individu, des sépales subdeltoïdes et d’autres largement ovés ; mais il n’était point inutile de constater, comme j'ai pu le faire, l'existence, sur l'échantillon original même du À. campanulala, de ces deux formes de sépales. Il faut d'ailleurs remarquer qne les sépales ovés ne diffèrent des sépales deltoïdes que parce qu'ils sont rétréceis dans leur partie inférieure ; qu'ils affectent, en effet, l’une ou l'autre de ces deux formes, ils s'atténuent toujours depuis le niveau de leur plus grande largeur jusqu’au sommet subobtus au milieu duquel ils portent une brève cuspide. Il faut pourtant reconnaître que les sépales sont proportionnellement plus larges dans le X, parviflora que dans le ÆK. campanulata ; mais, outre que cette différence est en elle-même assez faible, les échantillons récoltés par M. Perrier de la Bâthie m'ont révélé la présence fréquente, sur un même échantillon, de sépales un peu plus hauts que larges ou un peu plus larges que hauts. Bien plus, l'échantillon original du X. parviflora m'a montré, lui aussi, des sépales qui, quoique proportionnellement un peu moins larges que ceux du À. campanulata, étaient quelquefois un peu plus hauts que larges.
Enfin si l’on remarque qu'il existe une absolue simillitude entre tous les organes du X, parviflora et ceux du A. campanülata, non seulement sous le rapport de la forme, mais même, à condition toutefois de tenir compte de la différence d'âge des deux spécimens originaux, et ainsi qu'on pourra s'en rendre compte par l'examen de tableau comparatif qui
termine cet article, au point de vue de leurs dimensions, on peut conclure avec certitude que le À. parviflora doit être réuni au À. campanulala.
Cette première réunion effectuée, nous devons étudier maintenant s'il convient de réunir aussi, en une seule espèce, le X. campanulata et le X. panduriformis : et, afin d'éclairer notre religion surce point, nous allons comparer les descriptions originales pour en extraire les caractères que Baker a considérés comme distinctifs de ces deux espèces, caractères qui sont les suivants:
K. campanulata. K. panduriformis.
Stems flexuose. Erecta.
Leaves linear-oblong Leaves oblong-panduriform.., subamplexicaul,
2-3 in. long. Flowers 12-20, in a lax globose compound terminal cyme.